Après deux semaines de mobilisation des lycéennes et des lycéens, la mobilisation du 6 octobre a été une réussite. Près de 500 000 personnes, jeunes, salariéEs, parents, venus en soutien et en protection à l’appel des syndicats, ont participé aux nombreuses manifestations qui ont eu lieu partout en France.
En totalisant les lycées fermés administrativement par le ministère et ceux qui ont été bloqués, 1800 lycées, soit près de la moitié des lycées du territoire, ont été dans le mouvement. Dans le 93 ou à Paris, certains collèges les ont rejoints dans la lutte, ainsi que des enseignants du secondaire ou de l’enseignement supérieur.
Le mouvement s’est désormais largement développé dans les universités : plus de 50 sites universitaires sont aussi bloqués ou fermés. Avec les mêmes revendications : refus de la politique d’austérité à l’École, rejet des réformes Blanquer et suppression de Parcoursup, exigence de conditions d’études moins aliénantes et fin du 8h-18h. Mais aussi la détestation de l’extrême droite, des violences policières et du racisme, du capitalisme, et des violences sexuelles.
Ce sont eux les casseurs
Et pour quelle réponse ? D’abord une répression d’une brutalité inouïe, assumée par Lecornu, Nuñez et ce gouvernement de casseurs, qui a déjà fait plusieurs dizaines de blessés, dont de très graves. Puis le gouvernement a tenté de décrédibiliser le mouvement des jeunes en les accusant d’être manipulés par “la FI et ses proxy d’ultragauche”, mais aussi en rejetant la responsabilité des violences sur les parents. Ces derniers, comme les enseignantEs, ont pris leurs responsabilités et ont accompagné les jeunes.
Le gouvernement concède un peu de saupoudrage avec la plate-forme ouverte par le ministre de l’Éducation nationale… qui sera bien vite fermée et oubliée. Enfin, pour gagner un peu de temps, “un temps de démocratie interne”, selon Sébastien Lecornu. Impossible, en effet, pour ce gouvernement, qui deale avec des investisseurs les taux d’intérêts de la dette, de répondre en quelques semaines à 20 ans de désengagement financier dans l’éducation et l’enseignement supérieur et à 10 ans de casse des services publics. Quant à la suppression de Parcoursup, elle n’est pas à l’ordre du jour, le gouvernement refusant d’ouvrir les places nécessaires à l’accueil des jeunes des classes populaires à l’université.
La démocratie, elle est devant les lycées, les facs et les boîtes
La vraie démocratie, elle est dans la rue, dans les assemblées générales de lycéens et celles des personnels mobiliséEs. Ce mouvement sait s’organiser, discuter, décider et ne se laissera pas imposer son emploi du temps par le pouvoir, au gré des fermetures administratives et des suspensions de cours.
La question clé pour le monde du travail est celle de rejoindre, par la grève, le mouvement lycéen. C’est ce que les personnels d’éducation et d’autres salariéEs ont commencé à faire ce 6 octobre et continueront dans les jours qui viennent, en solidarité avec les jeunes et pour leurs revendications.
Dès le 8 octobre, nous serons dans la rue avec les jeunes, pour leur avenir, pour notre avenir. D’autres dates sont à construire : journées de grève mais aussi journées de manifestation le week-end pour mobiliser très largement.
Face à l’austérité, à la répression et au racisme, étendre la grève et les luttes permettra de construire un grand “Tous ensemble” contre Macron, Le Pen et leur monde.