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Actualités nationales...

  • La révolte de la jeunesse ouvre une brèche...

    La révolte lycéenne est déjà historique par son ampleur et par la violence de la répression qu’elle affronte. Partie des quartiers populaires, elle a entraîné des centaines d’établissements et rassemblé deux mardis de suite près d’un demi-million de personnes le 6 et le 13 octobre.

    En luttant pour leurs conditions de travail, les lycéenNEs réclament des moyens et l’égalité. Leur mobilisation exprime aussi le refus du racisme institutionnel et de la fascisation. Face à la menace d’une victoire du RN, des mineurEs prennent part au combat antifasciste et veulent reprendre du pouvoir sur leur avenir. Le monde du travail peut élargir cette lutte par la grève, en portant ses propres exigences et en soutenant celles des jeunes. Du 17 octobre à la relance du 5 novembre, préparons les moyens d’étendre cette révolte.

    Dossier coordonné par la rédaction, avec la contribution des Jeunesses anticapitalistes, de la Commission éducation nationale
    et de la Commission nationale antiracisme

  • Contre le Racisme national, toustes à Orléans le 24 octobre !

    Les 24 et 25 octobre, le RN tiendra son congrès à Orléans pour lancer sa campagne présidentielle. Face à cette démonstration de force, la mobilisation antifasciste s’élargit.

    Si, au sortir de cet été caniculaire, une cinquantaine d’organisations étaient signataires de l’appel unitaire, ce sont maintenant au moins 66 organisations qui appellent à se mobiliser le 24 octobre à Orléans.

    L’unité la plus large contre le FN/RN

    Le front syndical composé de la CGT, de la FSU et de Solidaires a vu la CFDT et l’UNSA rejoindre la mobilisation. Du NPA-A à la LDH, de la Confédération paysanne à Tsedek, de LFI à la Marche des solidarités en passant par les organisations syndicales, l’arc des forces est impressionnant.

    Notre porte-parole Christine Poupin sera présente, comme Sophie Binet, Bally Bagayoko, Clémentine Autain ou Emmanuel Duplessy…

    D’autres initiatives se préparent pour le 25, mais la mobilisation du 24 représente sans doute déjà le plus large cadre unitaire jamais constitué contre le FN/RN.

    Elle doit donc être l’occasion de réussir une manifestation massive le 24, mais aussi de (re)construire les fronts antifascistes, larges et unitaires, que nous défendons.

    Faire dérailler la campagne du RN

    Aujourd’hui, la campagne de Le Pen patine. Il y a d’abord eu les crises internes avec le retour de Marion Maréchal qui déplaît à Bardella et la purge des bardellistes. Puis les révélations médiatiques sur le passé antisémite et soralien du même Jordan Bardella, qui ne surprennent personne mais qui ont paralysé le RN.

    Le RN n’arrive pas à se faire entendre pendant cette séquence de mobilisations sociales, et son budget d’hyper-austérité a même été étrillé par tous les économistes bourgeois que Marine Le Pen veut draguer.

    L’objectif, c’est de faire complètement dérailler sa campagne dès le 24 octobre.

    Par une mobilisation de masse, nous pouvons montrer qu’une majorité du monde du travail et des classes populaires rejette son suprémacisme blanc, ses politiques racistes, sexistes, LGBTIphobes, climato-négationnistes…

    Par une mobilisation de masse, nous pouvons invisibiliser Le Pen et son meeting, comme nous avons réussi à le faire l’an dernier à Montargis face à leur Fête de la Victoire.

    Par une mobilisation de masse, nous pouvons leur mettre la pression et attiser les clivages internes. Ce fut le cas lors de la manifestation contre le congrès du FN à Strasbourg en 1997, qui a accéléré les dynamiques centrifuges entre Le Pen père et Mégret et abouti à l’explosion de 1998-1999.

    Par une mobilisation de masse, nous pouvons redonner confiance à notre camp social, montrer qu’il est possible de relever la tête, construire des cadres collectifs larges pour les solidarités et les résistances d’aujourd’hui et de demain, et pourrir partout la campagne de Le Pen.

    Convergeons à Orléans !

    Différents cars et covoiturages se préparent un peu partout pour converger sur Orléans le 24. Ils partiront de région parisienne, de Bretagne, du Grand Est, de Marseille, d’Occitanie… Ils sont organisés par des UD CGT, la Marche des solidarités, des collectifs unitaires… ou par le NPA-A, notamment à Paris en lien avec les camarades de l’UCL et des FemRevs…

    Pas de fachos dans nos quartiers, pas de fachos dans nos campagnes, pas de fachos à Orléans, pas de fachos à l’Élysée ! Toustes à Orléans le 24 octobre pour la manifestation et le village antifasciste !

    Sally Brina

  • Mobilisations 17 octobre : toustes ensemble pour élargir la révolte !

    Depuis trois semaines, les lycéenNEs bousculent la situation politique. Les manifestations des 6 et 13 octobre ont réuni chacune près d’un demi-million de personnes.

    Ni la brutalité policière ni les fermetures de lycées n’ont étouffé la mobilisation. Cette jeunesse redonne confiance à celles et ceux qui refusent de subir. Le 17 octobre, transformons cet élan en une riposte commune aux attaques du gouvernement.

    L’élan lycéen

    Derrière les blocages, il y a des cours sans professeurE, des classes surchargées, des bâtiments dégradés et des journées épuisantes. Cette lutte pour les conditions de travail des lycéenNEs met en cause une école qui distribue inégalement les moyens et les possibilités d’avenir. Parcoursup et les orientations imposées aggravent ce tri. Les jeunes des quartiers populaires refusent que leur adresse ou leur origine supposée détermine leurs droits. Leur révolte oppose à la fascisation une aspiration à l’émancipation : des mineurEs n’attendent pas de pouvoir voter pour agir (lire pages 6-7).

    Le gouvernement traite ces adolescentEs en ennemiEs. Au 8 octobre, 6 877 gardes à vue étaient recensées, dont 5 890 concernant des mineurEs. Aux mutilations s’ajoute le lock-out de plus de 400 lycées. Une partie des médias couvre cette violence en réduisant le mouvement aux incendies et aux affrontements (lire pages 6-7). La détention de Ritchy Thibault, militant contre l’antitsiganisme interpellé après une prise de parole devant des lycéenNEs, montre que la ­répression frappe aussi leurs soutiens (page 3). Sa libération, l’amnistie des jeunes et le départ de Nuñez et Geffray sont l’affaire de tout notre camp.

    Des combats à unir

    Alors que le budget 2027 arrive en séance à l’Assemblée, les revers subis en commission ne doivent pas faire illusion : les députéEs repartent du texte gouvernemental. L’« effort » annoncé atteint 54 milliards d’euros, dont 43 milliards de mesures nouvelles. Retraites, prestations sociales, santé et services publics sont visés, tandis que les armées recevraient 6,4 milliards supplémentaires. Les manques dénoncés dans les lycées procèdent de ces choix de classe. Aux salariéEs de les combattre avec leurs propres exigences : hausse des salaires et des pensions, blocage des prix, emplois et moyens pour les services publics, financement pris sur les profits.

    L’austérité compromet aussi la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Après le vote du 13 octobre, la « loi intégrale » reste loin des demandes féministes et enfantistes. Les financements promis ne sont pas garantis. Sans personnels, sans hébergements et sans ressources pour quitter un conjoint violent, les droits restent largement inaccessibles. Les moyens de la prévention et de la protection des victimes font pleinement partie de la bataille budgétaire (page 5).

    Les drapeaux palestiniens dans les manifestations disent aussi le refus d’un avenir fait de guerre et d’oppression. Face au génocide et à la complicité française, notre solidarité doit imposer l’arrêt des livraisons d’armes à Israël (page 4). Construire ce camp de la solidarité exige également de barrer la route au RN. Le 24 octobre, retrouvons-nous à Orléans contre son congrès, avec les syndicats, associations et organisations politiques réunis dans un large appel unitaire (page 3).

    Le 17, rassemblons nos forces !

    Soixante-cinq ans après le massacre du 17 octobre 1961, réclamer vérité et justice, c’est aussi contester le racisme d’État qui persiste aujourd’hui (page 5). 

    Faisons du 17 une journée où se rejoignent les lycéenNEs, les salariéEs et toutes les luttes contre la vie chère, les discriminations et la répression. Les vacances commencent ce jour-là : gardons le contact pour préparer la reprise des blocages à la rentrée. Dans les entreprises, organisons la grève sans attendre le calendrier scolaire. Fixé trop loin au départ, le 5 novembre peut maintenant devenir un rendez-vous pour entraîner de nouveaux secteurs. D’ici là, multiplions les assemblées et les échanges.

    Le 17 octobre, prenons la rue ; le 5 novembre, faisons grandir la grève !

  • 17 octobre : révolte générale !

    Le 13 octobre, des centaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues du pays, démontrant, encore une fois,  la force de la mobilisation des jeunes, lycéenNEs et étudiantEs et la solidarité qui les entoure. Mais il faut aller encore plus loin si nous voulons gagner : le 17 octobre doit être le rendez-vous de toutes nos colères. 

    Le ministre de l’éducation espérait probablement que l’annonce du remplacement de 3000 professeurs suffirait à calmer la colère, mais ce n’est qu’un effet d’annonce et du “bricolage”. Loin des 10 milliards exigés par le mouvement et loin de répondre aux immenses besoins que met en lumière la mobilisation des lycéenNes. Aucune réponse sérieuse ne pourra venir de ce gouvernement, car sur le fond, ils refusent de remettre en cause les raisons de notre précarité : l’inégale répartition des richesses, entre celles et ceux qui ont tout et celles et ceux qui sont privés de tout.

    Le projet de budget est d’ailleurs un pas de plus dans l’austérité et viendra mettre encore plus à mal l’ensemble de nos services publics : écoles, universités, hôpitaux… Les lycéenNEs ne demandent d’ailleurs pas que des sous pour l’école publique : ils revendiquent le respect et la dignité, le droit à une avenir et la fin du tri social, dénonce les politiques racistes et les violences policières ! 

    Pour reprendre la main, tout en réprimant violemment les lycéenNEs, le gouvernement tente de diviser le mouvement en opposant les « casseurs » à celles et ceux qui manifestent avec des pancartes, en jouant sur des logiques racistes pour discréditer la révolte et justifier la répression. Laisser la division gagner ferait perdre le mouvement. Il faut au contraire assumer que nos luttes prennent des formes différentes et sont complémentaires. Nos combats ont un même ennemi : le capitalisme et les politiques des gouvernements à son service, qui détruisent nos vies et la planète. 

    Le 17 octobre doit nous servir à mettre toutes nos colères sur table, par la grève et dans la rue : lycéenNEs, étudiantEs, salariéEs, public, privé, paysanNEs, retraitéEs, chômeurEs… Faisons du 17 octobre une révolte générale !

  • Glucksmann et le PS sont dans un bateau…

    Glucksmann et le PS sont dans un bateau. Le PS tombe à l’eau. Qu’est-ce qui reste ?

    Le piège s’est refermé sur le PS. À force de se dire de gauche sans l’être, le parti qui fut hégémonique à gauche pendant des décennies se range derrière un homme qui n’est même pas des siens, celui-là même qui proclamait en 2019 que le PS devait mourir. Un sabordage.

    Glucksmann remporte la primaire dès le premier tour avec 66 % des voix, contre 14,5 % pour Olivier Faure. Après des décennies de politiques libérales, accélérées sous Hollande, la dégringolade se poursuit. En tirant des bords à bâbord et à tribord, Faure se retrouve le bec dans l’eau.

    Il faut dire que cette primaire était taillée sur mesure pour le chef de Place publique : un scrutin restreint (résultat : 79 000 votantEs, quand Benoît Hamon avait recueilli à lui seul 600 000 voix au premier tour de la primaire de 2017), des règles à sa main. Qui, en effet, débourse 15 euros pour un tel vote, sinon les plus déterminéEs à faire barrage… à Mélenchon ? 

    Car ce vote n’avait qu’une fonction réelle : un référendum du centre gauche sur l’alliance avec Mélenchon et La France insoumise, ne fût-ce qu’au second tour ou pour les législatives. Sans surprise, le refus l’a emporté.

    Face au danger de l’extrême droite, cette orientation est désastreuse. Glucksmann prétend barrer la route au RN, mais c’est contre une partie de la gauche qu’il dresse un cordon sanitaire, en diabolisant LFI et son candidat, notamment pour sa dénonciation du génocide en Palestine.

    Il revient à toutes et tous, de LFI à l’ensemble des composantes de la gauche sociale et politique, de construire un front unique antifasciste, avec la candidature Mélenchon comme modalité électorale. Cela suppose une démarche unitaire, qui laisse sa place à chacune des forces engagées.

    Mais ce front se construira d’abord par en bas : dans la révolte de la jeunesse, dans les luttes écologistes et antiracistes, contre l’austérité et la répression, dans les syndicats, les quartiers et les cadres unitaires. C’est là que se forge la force capable de faire reculer l’extrême droite et de changer la société.

    ​​​​​​​Olivier Lek Lafferrière
  • Une révolte politique...

    Après avoir annoncé « aucune consigne de retenue », Nuñez refuse de s’excuser auprès des lycéenNEs blesséEs. À Tours, un jeune a perdu un œil ; à Lens, une grenade policière a arraché la main d’un élève de 15 ans ; à Belfort, un adolescent accuse un policier d’avoir tenté de le noyer, et des sénateurs LR réclament pour cet agent la Légion d’honneur ! Avant le 6 octobre, le ministère de la Justice recensait déjà 5 060 gardes à vue, dont 4 406 mineurEs. Le pouvoir veut terroriser une génération. En vain.

    Cette révolte est inédite par son ampleur, sa nature politique et la répression qu’elle subit. Partie des quartiers populaires, elle est devenue un mouvement d’ensemble. En réclamant moyens et égalité, les lycéenNEs raciséEs expriment aussi leur volonté de reprendre collectivement du pouvoir sur leur vie, face au tri scolaire, à Parcoursup et aux discriminations. C’est d’abord cette jeunesse, déjà confrontée au racisme policier, que frappe la répression : élargir le mouvement exige de porter ses aspirations sans effacer sa dimension antiraciste.

    Refusons donc le partage entre un mouvement « légitime » et des « débordements » qui lui seraient extérieurs : il reproduit des hiérarchies racistes et de classe. Dégradations matérielles et résistance aux agressions policières font aussi partie de la mobilisation. La lutte de cette jeunesse pour son avenir, et le refus de laisser une génération se faire massacrer par la police, sont au cœur du combat contre la fascisation : l’omniprésence des slogans antifascistes dans les cortèges témoigne de sa lucidité.

    L’appel intersyndical au 5 novembre n’est pas à la hauteur. Ne nous épuisons pas à le commenter : la mobilisation massive du 6 appelle des suites immédiates, à construire avec les équipes syndicales combatives et tous les cadres unitaires de lutte. Soyons chaque jour au plus près des lycéenNEs pour soutenir leur organisation et nous interposer face à la répression. Étendons la grève partout où c’est possible. Organisons aussi des mobilisations rassembleuses hors du temps de travail, en faisant du 17 octobre un point d’appui pour unir exigences sociales et combat antiraciste. Mais n’attendons pas le 17 : cette révolte peut changer le rapport de forces, à nous toustes de l’étendre dès maintenant. 

    Contre le racisme, l’austérité et la répression, ce mouvement est une révolte politique contre l’ordre capitaliste.

    Olivier Lek Lafferrière
    Manon Boltansky
  • Toustes ensemble ! Le 13 octobre, un pas vers la grève

    Après avoir rassemblé un demi-million de personnes dans la rue le mardi 6 octobre, la mobilisation lancée par les lycéenNEs contre les inégalités et pour leurs conditions de vie et d’étude se poursuit. Elle franchit un nouveau cap le 13 octobre : de plus en plus de secteurs entrent dans la grève, par solidarité avec la révolte de la jeunesse et contre la répression, mais aussi pour faire converger les luttes contre l’austérité et pour l’augmentation des salaires, des pensions et des minima sociaux.

    Au-delà de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, les appels à la grève du 13 octobre se multiplient. SUD Rail et FO Cheminots, SUD PTT, la CGT-Culture et SUD Culture, Solidaires Finances publiques et la CGT des missions locales appellent à cesser le travail, tout comme la CNT. La FSU étend son appel à la grève aux agentEs des collectivités territoriales et de la PJJ.

    L’UFSE-CGT appelle les agentEs de l’État à rejoindre les manifestations « par tout moyen, y compris la grève », la Fédération CGT des services publics couvre les territoriaux par un préavis courant jusqu’au 31 octobre, et FO Fonction publique appelle également à la mobilisation, dans le cadre d’un préavis courant jusqu’à fin décembre.

    Au niveau interprofessionnel, l’Union syndicale Solidaires veut faire de la journée un temps fort de convergence par la grève, tandis que la CGT, au niveau confédéral, appelle l’ensemble de ses organisations à se tenir aux côtés de la jeunesse et à être présentes dans les cortèges. Des unions départementales FO, CGT, FSU et Solidaires s’engagent aussi dans la mobilisation interprofessionnelle, parfois en appelant explicitement à la grève dans le public comme dans le privé.

    Une brèche est ouverte. Amplifier les manifestations, généraliser et reconduire la grève partout où c’est possible, multiplier les cadres d’auto-organisation (assemblées générales, coordinations, etc.) : voilà la meilleure réponse à la répression et aux tentatives de division.

    Toustes ensemble, nous pouvons renverser le rapport de force et rouvrir les possibles face à la fascisation et au rouleau compresseur capitaliste, à ses politiques antisociales, racistes et écocidaires.