Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Communiqués du NPA...

  • France calcinée : Macron se félicite, le vivant crame...

    Canicules, incendies, mers surchauffées, rivières asphyxiées : le déréglement climatique détruit la biodiversité. 

    Le Haut Conseil pour le climat (HCC) publie son huitième rapport de l’ère Macron, un document de 420 pages intitulé « Dangers climatiques : la France face à ses responsabilités ». Un réquisitoire : adaptation insuffisante, financements trop faibles, ralentissement de la baisse des émissions en 2025. Le HCC alerte depuis des années, mais ­personne ne l’écoute.

    Une baisse des émissions en trompe-l’œil

    Pendant que le pays suffoque, Macron se félicite d’une baisse des émissions début 2026… due à un hiver doux et à une baisse de l’activité économique. On ne décarbone pas, on ­désindustrialise.

    Pour respecter l’Accord de Paris, la France devrait réduire ses émissions de plus de 4 % par an entre 2026 et 2028. Or, le rythme de la baisse des émissions en France a encore ralenti, passant de 6,8 % en 2023 à 3 % en 2024 et 2,1 % en 2025.

    Sur le terrain, ça brûle. Le 9 juillet, la Sécurité civile annonçait plus de 8 000 départs de feu et 25 000 hectares brûlés. Nous ne sommes que début juillet et 2026 se classe déjà au quatrième rang des années les plus dévastatrices depuis 2006.

    Le vivant part en fumée bien au-delà des forêts

    La biodiversité disparaît en silence : amphibiens déshydratés, corridors écologiques impraticables, effondrement du point chaud de biodiversité méditerranéen. Les effets des incendies sur la biodiversité sont complexes et souvent paradoxaux.

    En région méditerranéenne, par exemple, les pelouses et les forêts matures ont reculé depuis les années 1950 et 1960, tandis que le maquis, les forêts de pins ou d’eucalyptus et l’urbanisation se sont développés. La disparition des zones tampons et le mitage du paysage ont considérablement accru son inflammabilité.

    L’augmentation du nombre et de l’ampleur des incendies est aussi liée aux paysages méditerranéens plus inflammables qui apparaissent après chaque incendie et préparent le suivant. Il est urgent de restaurer des paysages agricoles et forestiers en mosaïque : forêts matures, pelouses ­entretenues par le pâturage, cultures, vignes, zones en libre évolution, grâce à une agriculture paysanne intégrant la préservation de la biodiversité. Toute l’économie agricole est à repenser.

    La mer aussi s’embrase

    Le vivant marin en paie le prix. Au premier semestre 2026, des vagues de chaleur marine ont touché 98 % de la surface de la Méditerranée, qui se réchauffe environ 20 % plus vite que la moyenne mondiale. Ces coups de chaud ont déjà décimé les forêts de gorgones rouges des Calanques : plus de 90 % des colonies ont été touchées, alors que ces habitats abritent 15 à 20 % des espèces méditerranéennes. Posidonies fragilisées, espèces invasives comme le poisson-lion : tout un écosystème bascule sous la surface.

    Les rivières étouffent

    Une eau plus chaude retient moins d’oxygène. Des poissons meurent par asphyxie. En juin 2026, des milliers de cadavres ont été retrouvés dans la Loire, le Val d’Allier, le marais de Brière ou en Charente-Maritime. Un massacre invisible qui prive aussi les grenouilles et les oiseaux d’eau d’une part de leur subsistance.

    La crise du vivant ne se résume pas aux seules flammes. Selon l’IGN, la mortalité des arbres a augmenté de 125 % en dix ans, passant de 7,4 à 16,7 millions de mètres cubes par an. « Un arbre sur vingt est mort » dans les forêts françaises, résume le coordinateur de l’Observatoire des forêts françaises. Le puits de carbone forestier s’est réduit de 38 % entre les périodes 2005-2013 et 2015-2023.

    De plus, selon l’Office français de la biodiversité (OFB), 87 % des zones humides ont disparu depuis le 18e siècle. Les prairies naturelles reculent aussi : 55 271 hectares ont été perdus du fait de l’artificialisation entre 1990 et 2018 et 6,5 millions d’hectares se sont embroussaillés depuis 1970. En montagne, Jonathan Lenoir, chercheur au CNRS, montre que plus de 2 000 espèces des Alpes grimpent en altitude pour fuir la chaleur.

    Adaptation et rupture écosocialistes

    Le HCC lie le retard de l’action climatique à l’aggravation des inégalités. Le gouvernement « fait des choix » : A69, Fonds vert réduit à 837 millions d’euros, réintroduction de l’acétamipride… Le capitalisme vert n’éteindra pas les incendies, ne sauvera ni les amphibiens des mares à sec, ni la flore de montagne, ni les habitantEs des passoires thermiques. Il faut imposer un plan d’adaptation social, démocratique et public, ainsi qu’une bifurcation écosocialiste !

    Commission nationale écologie

  • Procès Le Pen : la présidentielle en bracelet !

    La cour d’appel a rendu sa décision dans le procès des détournements de fonds du RN qui visait sa dirigeante Marine Le Pen. Les faits n'étaient pas contestés : un détournement de plusieurs millions d’euros pour servir au fonctionnement du parti d'extrême droite. Le Pen a évidemment été reconnue coupable.

    Les peines de prison, on le savait également, allaient être aménagées avec bracelet électronique. Verdict : 3 ans dont 2 avec sursis, pour un préjudice de plusieurs millions d’euros pendant que des milliers de personnes prennent des mois voire des années pour des infractions bien moins graves.

    Le seul suspense était l’inéligibilité. Dans une conception curieuse, les juges ont confirmé la peine d’inéligibilité, en la réduisant à 15 mois exécutables, le reste relevant du sursis. Marine Le Pen n’est donc plus inéligible, ayant déjà « effectué » sa peine, hors période électorale… À titre de comparaison, François Fillon avait été condamné à 10 ans d'inéligibilité en appel pour un détournement de 900 000 euros.

    Il s’agit bien évidemment d’un scandale. Un scandale d’une justice tout d’abord de classe, qui est souple avec les Sarkozy, Chirac, etc. mais intransigeante avec les pauvres. Cette justice à deux vitesses est encore plus criante lorsque l'on compare les peines pour les personnalités politiques avec les convocations et peines de prison réclamées pour « apologie de terrorisme » pour des militantEs et personnalités politiques qui ont combattu un génocide à Gaza. Elle est d'ailleurs déjà invitée sur tous les plateaux télé !

    Le message a bien été entendu par Le Pen, qui va bien être candidate. Il suffira de se pourvoir en cassation pour éviter le bracelet électronique pendant la durée de la campagne.

    Marine Le Pen est la dirigeante d’une organisation d'extrême droite raciste et dont une éventuelle victoire aux élections en mai prochain nous plongerait dans un avenir fait de répression, de reculs, voire de la suppression des droits des minorités, des droits de s’organiser, de se syndiquer et de toute résistance.

    Le RN n’est pas un parti comme les autres, c'est un danger pour tous.

    La place de Marine Le Pen est en prison, comme toute son équipe dirigeante. Et pas seulement pour détournement de fonds.

    Nous invitons toute la gauche sociale et politique à s’organiser dans l’unité la plus large pour que ce parti soit mis au ban et ne parvienne jamais à la tête de l’exécutif français.

  • Permis de tuer pour la police...

    La France s’apprête à adopter une nouvelle loi qui présumerait que tout tir de policier ou de gendarme serait légal.

    Ce texte, la PPL 691 sur la « présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre », a été adopté par l’Assemblée nationale le 7 juillet. Il va poursuivre son cheminement parlementaire en passant par le Sénat.

    La police tue déjà impunément

    La liste des victimes des violences policières est longue : Zineb, Sullivan, Nahel, Adam, Liu, Claude, Zyed, Bouna, Théo ou Adama. Cette année, c’est El Hacen Diarra qui a été tué en janvier à Paris puis Mehdi en avril à Marseille. S’il n’y avait jamais eu de vidéo dans le meurtre raciste de Nahel, le tir du policier responsable de sa mort serait considéré comme légal, et Florian M. n’aurait jamais pu être mis en examen pour homicide volontaire.

    La police n’a donc pas attendu cette loi pour ôter des vies dans une très large impunité. Le rôle de la police est précisément d’avoir le monopole de la violence légitime, en décidant qui peut vivre ou non. Dans les faits, les tirs policiers sont déjà présumés « légitimes », surtout lorsqu’ils visent majoritairement des hommes non blancs des milieux populaires.

    Cependant, l’adoption de cette loi aggraverait encore la situation et marquerait une bascule inquiétante en offrant à l’institution policière un véritable permis de tuer, désormais officialisé. 

    Que contient cette proposition de loi ?

    La loi de 2017 avait déjà élargi les conditions d’usage des armes par la police. Depuis, les tirs mortels sur des véhicules en mouvement sont cinq fois plus nombreux. Mais elle faisait toujours porter à la police la charge de démontrer qu’un tir était strictement nécessaire et proportionné. La PPL 691 supprime ce petit garde-fou : tout tir policier serait désormais présumé légal.

    Les proches des victimes devront donc apporter les preuves démontrant que le tir mortel n’était ni nécessaire ni proportionné. Et ce, en plein deuil, sans avoir été présentEs et sans accès aux ­caméras, rapports ou témoignages. C’est contraire aux décisions de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). 

    Le travail d’enquête, déjà long, difficile et n’aboutissant ­généralement pas, sera encore affaibli.

    Les personnes racisées, déjà les plus ciblées par les violences policières, seront les premières touchées par cette impunité renforcée. Elle risque d’augmenter le nombre de tirs, notamment mortels. Entre 2017 et 2026, moins de 2 % des affaires ont abouti à une condamnation ferme, sur 437 cas recensés.

    Un permis de tuer fascisant

    Portée depuis des années par plusieurs syndicats policiers, cette revendication figurait déjà dans le programme de Jean-Marie Le Pen en 2007 avant d’être reprise par Marine Le Pen. En 2012, Nicolas Sarkozy s’en empare durant la campagne présidentielle et Marine Le Pen salue alors une « victoire idéo­logique » du Front national. 

    Aujourd’hui ce sont Les Républicains, par le biais du député Éric Pauget, qui sont à l’initiative de cette proposition de loi, qui avait donné lieu à un premier débat en janvier 2026. Nuñez, ministre de l’Intérieur, avait réaffirmé que le gouvernement soutiendrait le texte dans sa version modifiée en janvier, substituant à la « présomption de légitime défense » la notion de « présomption d’usage légitime de l’arme ». La proposition de loi a été adoptée par l’Assemblée nationale le 7 juillet avec les voix de toutes les droites, de la majorité présidentielle au RN.

    Un cas d’école : toute la droite, du prétendu centre macroniste à ses partis les plus traditionnels, s’aligne toujours davantage sur l’extrême droite. 

    Il n’y aura pas d’antifascisme sans antiracisme !

    Mobilisons-nous, avec les collectifs luttant contre cette proposition de loi, en signant notamment la pétition qui a déjà des centaines de milliers de signatures : https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-6334

    Commission nationale immigration et antiracisme

  • Juin 2026, la France brûle. Qui aurait pu prédire ?

    90 départements en vigilance orange, 49 en rouge. Près de 500 records. 44,1 °C à Saumur. Santé publique France annonce provisoirement 1 000 décès supplémentaires.

    Le SAMU de Paris recensait 109 morts le 27 juin, contre 7 habituellement. 55 noyades entre le 18 et le 25 juin — des gens qui cherchaient à fuir la chaleur. Pendant ce temps, le gouvernement organise des réunions avec climatisation et Nuñez répond : « Non, ce n’est pas un fiasco. Nous étions préparés. » On transmettra aux familles. Lecornu convoque la « responsabilité individuelle » — cette vieille rengaine libérale qui transforme chaque catastrophe systémique en faute personnelle. Si vous crevez de chaud, c’est que vous n’avez pas bu assez d’eau.

    Ils savaient. Ils savent encore et ne font rien.

    En 1988, le GIEC est mis en place avec plus de 2 500 scientifiques. Ses conclusions sont sans ambiguïté. 36 ans de rapports, de conférences, de COP — et chaque fois le même constat : les gouvernements ne sont pas à la hauteur. 

    En 2021, le secrétaire général de l’ONU qualifiait le 6e rapport d’« alerte rouge pour l’humanité ». Pendant ce temps, les émissions fossiles ont continué d’augmenter. C’est le résultat de choix politiques au profit de ceux qui lobbyisent à Bruxelles, financent les partis et siègent dans les conseils d’administration. La science criait, l’industrie fossile murmurait à l’oreille des ministres. 

    Pendant qu’on brûle, un sommet d’extrême droite européen louait le pétrole : « le climat n’est pas un gros problème ». Où trouvent-ils toute cette énergie ?

    Lecornu annonce 100 millions pour les hôpitaux — pour acheter des climatiseurs alors qu’on aurait dû isoler depuis vingt ans. Édouard Philippe propose de « doubler » le Fonds vert pour financer la climatisation des lieux publics. Le nucléaire pour combattre les effets des énergies fossiles. Le capitalisme dans toute sa cohérence circulaire. À quand un plan massif d’isolation des hôpitaux et des écoles ?

    Le Fonds vert saigné, les lois écocides votées

    Le Fonds vert est passé de 2,5 milliards en 2024 à 837,5 millions en 2026 — une coupe de deux tiers, en pleine accélération climatique. Le ministre le justifiait par « l’état des finances publiques » — ces finances qui ont permis des milliards de cadeaux aux riches et de subventions aux fossiles. Les caisses sont vides, mais ­toujours dans le même sens. 

    Pendant que Macron défendait ses neuf années de bilan devant un Conseil des ministres sans aucune mesure d’urgence, son gouvernement votait des lois écocides : la loi Duplomb réintroduisant les néonicotinoïdes qui ravagent nappes phréatiques et cours d’eau, facilitant les mégabassines, remplaçant les sanctions pénales pour destruction d’espèces protégées par une amende de 450 euros — éventuellement un stage de sensibilisation. La directive européenne sur la criminalité environnementale est toujours en attente. Aucune condamnation pour écocide en France à ce jour. Sabrer les outils de protection du vivant d’une main, exiger des individus d’être « responsables » de l’autre.

    Ce qui brûle, c’est un système ; notre réponse, c’est l’écosocialisme

    Cette canicule est le produit d’un système qui privatise les profits et socialise les catastrophes. Si la trajectoire actuelle se maintient, la France file vers + 4 °C d’ici 2100 et 23 382 morts liés à la chaleur par an — une guerre permanente contre les plus vulnérables. Nous refusons les faux choix entre l’austérité verte des libéraux et le déni climatique des fascistes.

    Notre réponse : planification écosocialiste démocratique, isolation massive du parc immobilier sous contrôle public, sortie accélérée des fossiles avec reconversion des travailleurEs, mise sous tutelle collective de l’eau et de l’énergie, végétalisation et débétonnage massifs, taxation des superprofits. Sortir du capitalisme — pas le repeindre en vert.

    Juin 2026 restera l’un des mois les plus frais du reste de nos vies. Pas une métaphore. Pas une projection. Une trajectoire. Il n’y a pas de plan de communication qui tienne face à 44 °C. Il y a urgence à tout embraser.

    Commission nationale écologie

  • Ukraine : pas de combat antiguerre sans soutien à la résistance...

    Portée par Stop the War Coalition, une des principales coalitions antiguerre au Royaume-Uni, la Conférence internationale contre la guerre s’est tenue à Londres le 20 juin 2026, sans aucune solidarité avec la résistance ukrainienne.

    Les objectifs de cette conférence : s’opposer à la logique de guerre permanente du capitalisme contemporain, aux programmes de réarmement et à la militarisation en Europe ; renforcer la solidarité internationale et construire un mouvement antiguerre.

    À ces objectifs légitimes, il manque la solidarité active avec la résistance ukrainienne. Notre camarade Snizhana Oleksun, présidente du Conseil de l’organisation socialiste démocratique ukrainienne Sotsialnyi Rukh (Mouvement social), le souligne dans sa lettre ouverte aux participantEs de la Conférence.

    Elle regrette que cette conférence se tienne sans les syndicats combatifs, les organisations féministes, les collectifs socialistes et les réseaux d’entraide, alors que l’Ukraine est l’un des principaux terrains de guerre aujourd’hui. « Nos voix — celles de personnes qui résistent à l’impérialisme, qui défendent la justice sociale et qui vivent cette guerre au quotidien — sont absentes. »

    La guerre en Ukraine est une guerre populaire

    « Plus d’un million d’UkrainienNEs servent dans les forces de défense ; des millions d’autres assurent le fonctionnement du pays : cheminotEs, infirmierEs, travailleurs et travailleuses du secteur de l’énergie, enseignantEs, bénévoles. » Soutenir la société ukrainienne, c’est soutenir les luttes sociales qui se poursuivent malgré la guerre. « Nous rejetons à la fois l’impérialisme et l’austérité. Nous luttons pour une Ukraine libre, démocratique et socialement juste. »

    L’appel lancé lors de la conférence exhorte les personnes à « baisser les armes ». Snizhana remet en cause un pacifisme hors-sol : « Pour les travailleurs et travailleuses ukrainienNEs, ce n’est pas une option. Si nous baissons les armes, nous sommes vaincuEs. » Cela revient à exiger leur capitulation face à l’occupation qui « apporte les fosses communes, les déportations, l’enlèvement d’enfants et la destruction de toute vie syndicale et civique indépendante ».

    Plus que jamais, contre l’agression russe, le peuple ukrainien a besoin de solidarité.

    Des combats très intenses, sans percée décisive majeure

    Les villes de l’arrière-front, Sloviansk, Kherson ou Kostiantynivka, subissent une pression continue de l’armée russe, qui poursuit son offensive d’été en payant un prix humain élevé. L’Ukraine mène une campagne de frappes en profondeur sur le territoire de la Russie et dans les territoires occupés. En ciblant les bases aériennes, les ports militaires et les systèmes de défense antiaérienne, elle vise à accentuer la pression sur le Kremlin. Le bombardement des raffineries et dépôts pétroliers provoque des pénuries de carburant et montre au peuple russe que l’occupation et l’agression ont un coût durable. Depuis le début de l’année, l’armée ukrainienne cherche à isoler la Crimée pour affaiblir les capacités de projection russe vers le front sud. Frappée par les drones, les missiles de précision et les sabotages, elle n’est plus un « arrière sécurisé ».

    En Ukraine, la guerre accentue les difficultés économiques et sociales : inflation, menaces sur le droit du travail et 4,5⁄milliards de hryvnias de salaires impayés par les entreprises privées ou l’État lui-même. Cette situation affaiblit la défense du pays, sape le moral de la population et, comme l’explique un syndicat KVPU des mineurs de Lviv, elle « prive également de la possibilité d’aider plus de 800 employés de notre entreprise qui sont dans les forces armées ukrainiennes et auxquels les mineurs fournissent tout le nécessaire ».

    Comme l’écrit Snizhana Oleksun, « une défaite de l’Ukraine renforcerait les forces fascistes et autoritaires partout dans le monde ». Elle ajoute : « S’opposer à l’envoi d’armes à l’Ukraine nous laisse sans défense. » Nous devons exiger une paix « juste » et non impériale, décidée dans le dos des UkrainienNEs et contre leurs droits politiques et sociaux.

    Groupe d’intervention Solidarité Ukraine du NPA
     
  • Vers une vaste campagne pour la remigration ?

    Deux jours avant la manifestation « Remigration et reconquête » à Rome (voir L’Anticapitaliste n° 805, « Les partisans de la remigration en force »), une action, un peu piteuse, lance à Saint-Denis un « nouveau » mouvement, Objectif remigration. Au-delà de la reconstitution de Génération identitaire, les suites de cette apparition sont à surveiller, comme toute l’agitation autour du « racisme antiblanc ».

    « Ceux qui n’ont pas le droit de rester doivent repartir », se réjouit le RN, après le vote du Règlement retour au Parlement européen. Les émojis d’avion fleurissent dans la fachosphère. L’idée de remigration revient en force. Une « initiative citoyenne » propose même une charte, Save Europe Act, signée par des figures comme Orbán ou Zemmour. Si le RN se garde bien d’utiliser le terme, ses partenaires européens n’ont pas la même pudeur, notamment Vox, le FPÖ ou Vlaams Belang, pionnier en la matière — dont Bardella vient de rencontrer la direction.

    Un débat tactique au sein des extrêmes droites

    Issu des Identitaires, le thème de la remigration s’appuie désormais sur le « livre de combat » de Le Gallou, quarante ans après son ouvrage sur la préférence nationale. Depuis, l’environnement politico-médiatique a été bousculé, permettant une circulation aisée des mots d’ordre radicaux. La « remigration » reste aujourd’hui un marqueur clivant au sein des extrêmes droites, les divergences qu’elle suscite étant cependant davantage stratégiques qu’idéologiques.

    Ce clivage est d’abord générationnel. Les jeunes de la nébuleuse radicale, futurs cadres adultes, y sont favorables. « Objectif Remigration » est la déclinaison française d’un « mouvement patriotique professionnel » que Sellner, jeune identitaire autrichien derrière le Save Europe Act, cherche à construire. Leur logique de « changement de régime par la droite » articule parti, mouvement d’action, contre-information, contre-culture et théorie. Pousser le RN à se positionner est un de leurs objectifs.

    Ce clivage sépare les volontaristes convaincus et les incrédules tenus par leur morale, les pessimistes doutant de sa faisabilité et les velléitaires n’allant pas jusqu’au bout de leurs ambitions xénophobes. Le RN rejette l’idée ou botte en touche — le terme est sulfureux — mais il pourrait se faire piéger par ses marges radicales.

    Une conception raciste de la nationalité

    Pour autant, les mesures du RN ne détonnent pas dans un programme de remigration, jusqu’à son projet référendaire. Remettant à plus tard une campagne de fond, le RN évite de clarifier l’élément central d’une « maîtrise des flux migratoires » : la catégorisation des populations à expulser. Les critères de tri sont pourtant au cœur du dispositif de Le Gallou, parmi les étrangerEs comme parmi les naturaliséEs : « les assimilés, les mal assimilés mais non hostiles, les hostiles et les délinquants »...

    Ces catégories s’inscrivent dans une conception de la nationalité que Le Gallou dit être « devenue vide de sens, bradée par le droit du sol et les naturalisations de complaisance ». On comprend pourquoi il entend s’attaquer d’abord à l’État de droit, pour éviter que des décisions soient cassées. La critique du « gouvernement des juges » permet de dérouler un argumentaire pro-remigration. C’est le « JUGEXIT », central dans sa thèse.

    Du « racisme antiblanc » à la remigration

    Chez Le Gallou et ses acolytes, la remigration prendrait une dimension de « mythe mobilisateur » (« Bien chez nous ») opposable à la « culture de la culpabilité, à cause de la Shoah, (…) de la colonisation et de l’esclavage ». Le « racisme anti-blanc » devient un outil puissant pour recouvrer sa fierté « de Blancs, de Blancs européens, de Blancs européens et chrétiens » et dénoncer « l’idéologie antiraciste » responsable du « racisme antiblanc ». Ce terme est repris par le RN comme par les radicaux, et au-delà même de la fachosphère. Il manque peu de chose pour que s’enclenche une campagne qui dénoncerait les « antifas », les juges, les associations (antiracistes, de soutien aux immigréEs, de défense des droits humains…), dont l’issue serait la remigration.

    Le déroulement sans accroc de la manifestation du 21 juin indique qu’Objectif remigration n’est pas (encore) passé à une étape « à la Némésis » visant à perturber les initiatives anti-racistes. Mais Le Gallou a déjà prévu d’organiser, le 31 octobre, la prochaine édition du Remigration Summit... le genre de rencontre qui galvanise une bonne partie de la fachosphère. Ce n’est qu’un début.

    Commission nationale antifasciste

  • Présidentielles 2027 : front antifasciste, pour la victoire de la gauche de rupture, unitaires et révolutionnaires !

    Afin de définir sa position pour les présidentielles 2027, le NPA-l’Anticapitaliste s’est réuni en conférence nationale les 27 et 28 juin 2026. Cette conférence a réuni des délégué·es, représentant les militantes et militants du NPA-l’Anticapitaliste qui ont débattu et voté dans les assemblées générales réunies dans le courant du mois du juin. 

    Au vu du danger de l'extrême droite, le NPA-l’Anticapitaliste ne présentera pas de candidature à l’élection présidentielle, œuvrera à la construction d’un front antifasciste large et à une candidature de rassemblement de la gauche de rupture.

    À l’heure actuelle, la candidature de Jean-Luc Mélenchon est la mieux à même de rassembler les votes des classes populaires pour permettre à la gauche d’affronter l’extrême droite dans les urnes.

    À l’issue des discussions qu’il mène avec LFI et les organisations et courants de la gauche de rupture, le NPA-l’Anticapitaliste décidera des formes de son engagement dans la campagne et des modalités de son soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, tout en menant une campagne en propre avec des meetings, des réunions publiques, du matériel, pour porter la nécessité du front unique antifasciste. 

    Le NPA-l'Anticapitaliste appelle l’ensemble des militantes et des militants du mouvement social et syndical, de la gauche, des révolutionnaires et des écologistes à se mobiliser et à constituer, partout où c’est possible, des fronts d’action antifascistes, des comités contre l’extrême droite dans l’unité la plus large. La victoire de l'extrême droite et de la droite n’est pas inéluctable ! Mobilisons-nous pour redonner l’espoir à notre camp social pour s’affronter aux classes dominantes et à leurs politiques mortifères !

    Montreuil, le 28 juin 2026

    Déclaration de la Conférence nationale présidentielle du NPA-l'Anticapitaliste (28 juin 2026)

  • Ni OGM ni NTG dans nos assiettes !

    Le 17 juin, les eurodéputéEs ont voté une réglementation sur les « nouveaux OGM » : les NTG (nouvelles techniques génomiques).

    Ces OGM dernière génération sont présentés comme étant conçus pour « résister aux nuisibles et au réchauffement climatique » et « pour promouvoir une agriculture plus résiliente, innovante et compétitive ». Comprendre : pour toujours plus de fric dans l’escarcelle de l’agrochimie. C’est la porte grande ouverte à leur déploiement, sans traçabilité, sans étiquetage et sans évaluation, avec un brevetage en perspective — donc à la privatisation du vivant.

    Qu’est-ce qui va changer avec les NTG?

    Les NTG sont des plantes modifiées génétiquement par altération ciblée du génome (mutagénèse), contrairement aux « anciens OGM » qui subissaient l’ajout d’un gène étranger (transgénèse) et restent sévèrement encadrés dans l’Union européenne. Trop contraignant pour les géants de l’agrochimie, Bayer, Syngenta, BASF... également leaders mondiaux sur les pesticides ! Ainsi, la Commission européenne a distingué deux catégories de NTG. D’une part, les NTG-1, qui ont subi moins de 20 modifications ciblées, sont considérées comme des plantes « équivalentes » à celles qui vivent dans la nature — donc pas besoin de les tracer, d’évaluer les risques, d’étiqueter : impossible de savoir si on mange des OGM ou pas ! D’autre part, les NTG-2, qui sont davantage modifiées, resteront soumises à la réglementation OGM.

    Les NTG-1 : grosse inquiétude chez les paysanNEs bio

    Comment garantir une filière bio exempte d’OGM et l’accès à des semences sans NTG ? La coexistence de cultures bio à proximité de cultures NTG risque de contaminer les premières, avec l’action du vent, des pollinisateurs... De plus, les sacs de semence seront étiquetés, mais une fois semées, plus d’étiquetage ou de traçabilité. Impossible de savoir si les récoltes obtenues contiennent des NTG. En outre, ces technologies peuvent provoquer des mutations aléatoires chez les plantes, avec des conséquences potentielles sur l’environnement et la santé.

    Brevetage du vivant

    Les NTG-1 ne seront soumises à aucune évaluation avant leur mise sur le marché et pourront être brevetées par les firmes qui les développent, contrairement aux plantes et semences conventionnelles.

    Avec les brevets, impossible pour les agriculteurEs de mettre au point leurs propres semences. Si, par croisement ou mutation naturelle, un paysan obtenait la même modification génétique qu’une plante NTG, il pourra être poursuivi pour contrefaçon.

    Que dire du « code de conduite », non contraignant, que la Commission a obligation d’« essayer d’élaborer », pour prévoir l’octroi de licences « à des conditions équitables et raisonnables » ? Les capitalistes de la chimie ne sont ni raisonnables ni équitables, mais seulement des criminels qui empoisonnent les corps vivants, à petits feux, pour gagner toujours plus.

    Retirons-leur le pouvoir de nuisance!

    Cultiver sans pesticides est possible, comme le montre une étude menée par l’INRAE sur dix ans.

    Partout, des milliers de personnes s’organisent : blocage du site BASF de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, en Seine-Maritime, du site de Bayer à Rennes. Occupation et reprises de terres menacées et de chantiers.

    Le 26 septembre prochain, des actions seront organisées dans 25 pays contre les pesticides et les géants de la chimie. Rendez-vous dans l’Eure, à l’appel de la Confédération paysanne, de Cancer colère, du CSVPO (collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’ouest), des Soulèvements de la Terre. Le NPA-A y sera.

    Commission nationale écologie

  • Justice pour les victimes de l’agent orange et du chlordécone !

    Cette semaine, la justice française examine deux cas emblématiques du colonialisme chimique des États et des multinationales : le crime de l’agent orange au Vietnam et le scandale du chlordécone en Guadeloupe et en Martinique. Le capitalisme agrochimique continue d’empoisonner les populations, et notamment les ouvrierEs agricoles, en toute impunité.

    Le 16 juin a eu lieu l’audience du procès en cassation de Tran To Nga contre les firmes ayant produit ou commercialisé l’agent orange. Pour rappel, intenté depuis 2014, le procès en première instance au Tribunal d’Évry en 2021 s’est soldé par un rejet de la plainte, confirmé par la Cour d’appel de Paris en 2024. Ce pourvoi en cassation constitue la dernière chance pour Tran To Nga de faire condamner Monsanto, Dow Chemical et Cie, et de rendre justice aux 3 millions de victimes du Vietnam, du Cambodge et du Laos. Le verdict sera rendu le 16 septembre prochain.

    Le 22 juin, la Cour d’appel de Paris a confirmé sa décision sur l’appel formé contre l’ordonnance de non-lieu du 2 janvier 2023 dans l’affaire pénale dite de la « pollution au chlordécone », ouverte notamment pour empoisonnement, mise en danger de la vie d’autrui et administration de substances nuisibles. Après plus de quinze ans d’instruction, la confirmation de ce non-lieu est un véritable déni de justice pour les populations de Guadeloupe et de Martinique. Alors que l’empoisonnement des terres, des eaux, de l’alimentation et des corps est documenté, aucune responsabilité pénale n’a, à ce jour, été reconnue. L’extension récente de la Charte sociale européenne aux outre-mer oblige désormais l’État français à assumer juridiquement ce scandale sanitaire, environnemental et colonial.

    Le NPA-l’Anticapitaliste soutient Tran To Nga dans sa lutte pour les victimes de l’agent orange et dénonce l’impunité des multinationales de l’agrochimie.

    Le NPA-l’Anticapitaliste dénonce le rôle colonial de l’État français dans le scandale du chlordécone et soutient les associations plaignantes face à la soi-disant « prescription », qui ne doit pas protéger les empoisonneurs.

    Le NPA-l’Anticapitaliste exige justice et réparations pour les victimes de l’agent orange et du chlordécone, ainsi que pour toutes les victimes du colonialisme chimique.

  • LGBTI : contre l’offensive réactionnaire, lutter, résister...

    À travers la planète, les attaques contre les personnes LGBTI+ s’intensifient. Des États-Unis à l’Inde, en passant par le Royaume-Uni, les droits LGBTI reculent après des années d’offensive et de campagnes réactionnaires financées par des milliardaires, et en particulier les droits des personnes trans. La France n’est pas épargnée.

    Depuis plusieurs années, une offensive réactionnaire et anti-trans se déploie dans de nombreux pays. Elle connaît aujourd’hui une nouvelle accélération à mesure que, partout dans le monde, les droites réactionnaires gagnent du terrain. À travers cette offensive, c’est le droit à l’auto-détermination des personnes et l’ensemble des droits reproductifs qui sont attaqués. 

    En France comme ailleurs, ces attaques et discours de haine ont libre antenne dans les médias tandis que les guets-apens et agressions homophobes et transphobes persistent. Bolloré et Stérin s’en prennent à l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS). L’accès à la PMA pour toustes est loin d’être garanti dans les faits, rendu difficile par l’absence de moyens et les coupes budgétaires successives dans le secteur de la santé.

    Un gouvernement ouvert aux réactionnaires

    Les proches de La Manif pour Tous, ceux qui ont voté contre le mariage pour toustes, contre la PMA pour les couples de femmes, contre la pénalisation des thérapies de conversion, sont entrés dans les derniers gouvernements de Barnier, Bayrou et Lecornu. Certains d’entre eux, comme Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur jusqu’en octobre 2025, ont soutenu au printemps 2024 le projet de loi s’attaquant aux mineurEs trans.

    Plus récemment encore, le gouvernement n’a pas hésité à soutenir la proposition de loi Rodwell. Ce texte raciste et liberticide vise notamment à restreindre l’accès au changement de prénom en conditionnant le droit à engager cette démarche à la présentation du casier judiciaire et en la rendant plus difficile pour les personnes ayant un acte de naissance étranger. Si les personnes trans ne sont que victimes collatérales d’un énième texte écrit sous couvert de lutte contre le terrorisme, il n’en constitue pas moins un recul inédit des droits trans en France. 

    Autre dommage collatéral, une mesure du budget 2026 a instauré depuis le 1er mars des frais de 50 € pour saisir le tribunal judiciaire ou le conseil des prud’hommes. De quoi compliquer davantage les demandes de changement d’état civil des personnes trans, une procédure déjà inutilement longue et complexe nécessitant le passage devant un juge au tribunal judiciaire.

     

    Contre-attaquer, pour gagner de nouveaux droits

    Dans ce contexte, nous savons qu’il n’y a plus rien à attendre des grands groupes capitalistes qui se font de plus en plus discrets pour le mois des fiertés depuis le retour au pouvoir de Trump, montrant bien l’hypocrisie du capitalisme arc-en-ciel. Nous n’étions de toutes façons pas dupes : c’est bien parce que le capitalisme a besoin de la famille hétérosexuelle pour sa survie que la division de genre et l’hétérosexualité comme normes indépassables existent. 

    Face au danger réactionnaire et face à une extrême droite qui, vent en poupe, donne le tempo dans tout le champ politique, l’urgence est à l’unité la plus large de notre camp social pour nos droits. Cette unité doit être l’occasion de passer à l’offensive pour aller gagner de nouveaux droits sans se contenter de répondre aux attaques des réactionnaires. En premier lieu, se mobiliser pour le changement d’État civil sur simple demande, gratuit, sans passage devant un psy ou un juge, pour toutes les personnes trans, avec ou sans papiers. C’est non seulement une revendication de longue date des organisations trans mais c’est aussi ce qui existe déjà en Irlande, en Espagne, en Allemagne ou encore en Suède. Sur le plus long terme, demandons la suppression de la mention de sexe à l’état civil. Continuons de nous battre pour des services publics de qualité pour toustes, pour nos ­transitions.

    Repartir à l’offensive, contre-­attaquer, là est l’urgence pour les droits LGBTI et reproductifs. Un mouvement d’ensemble qui mette un coup d’arrêt aux attaques, qui soit assez fort pour arrêter l’extrême droite et dégager le gouvernement, là est l’urgence !

    Commission nationale LGBTI