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Communiqués du NPA...

  • Ceuta : ouvrons les frontières, refugees welcome !

    Les images ont fait le tour du monde cette semaine : venant du Maroc, plus de 60 000 personnes ont forcé, par la mer essentiellement mais aussi en partie par la frontière terrestre, l’entrée dans « l’enclave » de Ceuta, résidu colonial du protectorat du Maroc espagnol (avec la ville de Melilla).

    Le bilan est terrible : une centaine de morts par noyade et piétinement, la militarisation des rues de Ceuta par l’armée espagnole, des attaques organisées dans les rues par des groupes fascistes, les magasins fermés pour empêcher les migrantEs d’y accéder. La majorité des exiléEs ont déjà été renvoyéEs vers le Maroc, à l’exception de quelques milliers de mineurEs se trouvant dans des centres d’hébergement, dans des conditions indignes.

    Les causes de cette tragédie sont multiples. D’abord, les conditions de vie indignes au Maroc pour la grande majorité de la population, entre régime politique dictatorial, pauvreté massive et chômage structurel. Mais s’y ajoute l’asymétrie économique, politique et sociale, sous les yeux de la population marocaine, avec une enclave possédée par l’une des principales puissances impérialistes et barricadée derrière une frontière meurtrière. Enfin, les accords entre le Maroc et l’Union européenne font du royaume chérifien un sous-traitant des politiques migratoires de l’UE.

    En France, toute l’extrême droite et la droite ont profité de ce drame migratoire pour mettre en avant leur politique raciste, proposant de fermer les frontières, de suspendre la libre circulation entre l’État espagnol et l’UE et de sortir de Schengen face à une prétendue « invasion migratoire ». De leur côté, Macron et Nuñez ont annoncé « renforcer les contrôles aux frontières », répondant ainsi aux pressions de l’extrême droite française et du gouvernement Meloni, tout en annonçant un nouveau durcissement autoritaire. 

    À rebours de certains discours à gauche, mais surtout face au danger de l’extrême droite et au renforcement policier et autoritaire de l’UE, au NPA-A, avec nos camarades espagnolEs d’Anticapitalistas et marocainEs d’Al-Mounadil-a, nous affirmons notre solidarité pleine et entière avec toustes les exiléEs et les populations fuyant la misère.

    Il est temps d’en finir avec leur monde de frontières et de barbelés. Les frontières tuent. Nous revendiquons :

    • le démantèlement de la frontière entre le Maroc et les enclaves de Ceuta et Melilla ;
    • la fin des accords de sous-traitance migratoire et la dissolution de Frontex ;
    • la décolonisation et la rétrocession du Sahara occidental, de Ceuta et Melilla, ainsi que de Gibraltar (colonie anglaise en terre espagnole) ;
    • la liberté totale de circulation et d’installation, des droits et des moyens pour l’accueil de touTEs les migrantEs ;
    • le soutien aux mouvements sociaux et à touTEs les militantEs répriméEs et emprisonnéEs par le tyran Mohammed VI.
  • En solidarité avec les LGBTI à Berlin et contre les instrumentalisations racistes...

    Samedi 25 juillet 2026, alors que les habitantEs de Berlin manifestaient à la Pride, un homme a attaqué un cortège en fonçant avec sa voiture sur la foule. Cette attaque a causé la mort d’une femme et des dizaines de blesséEs. Le NPA-l’Anticapitaliste adresse ses pensées aux victimes et à leurs proches. 

    Cette violence déchaînée contre l’une des plus grandes marches des fiertés d’Europe est une illustration criante de la montée de la haine homophobe et transphobe à travers l’Europe et dans le monde, et de l’ascension des extrêmes droites. 

    En laissant se banaliser la haine LGBTIphobe, les gouvernements européens portent une part de responsabilité dans la multiplication de ces agressions. L’extrême droite instrumentalise cette attaque à des fins racistes et xénophobes. En Europe, elle s’oppose à l’interdiction des thérapies de conversion au sein de l’Union européenne ces derniers mois, et s’attaquent régulièrement aux droits et aux existences LGBTI. 

    Les extrêmes droites sont notre ennemi partout dans le monde. Face à l’attaque meurtrière de Berlin, le NPA-A a participé au rassemblement du lundi 27 juillet à Paris pour adresser toute sa solidarité au mouvement LGBTI berlinois. La mobilisation de toutes et tous reste cruciale pour lutter contre la montée des extrêmes droites et de la haine LGBTIphobe.

  • Qui sème l’inaction climatique récolte l’incendie...

    Des dizaines de milliers d'hectares sont partis en fumée. Des centaines de milliers de personnes ont dû être évacuées. Routes, trains et aéroport sont paralysés. Face à cette catastrophe, nous saluons le travail des pompiers, des soignant·es, des bénévoles, des agriculteurs et de toutes celles et ceux qui, une fois de plus, protègent les populations pendant que les responsables politiques viennent faire leur tournée médiatique.

    Comme en 2022, Emmanuel Macron est venu promettre que « l'État sera au rendez-vous ». Mais les mégafeux ne sont pas une surprise. Scientifiques, pompiers et écologistes alertent depuis des décennies sur les conséquences du dérèglement climatique. Ils alertent aussi sur la vulnérabilité du massif landais, façonné par des décennies de monoculture intensive du pin maritime, organisée au profit de la filière forestière. Une forêt pensée comme une usine à bois devient aussi un formidable combustible lorsque les sécheresses et les canicules se multiplient.

    Depuis des années, les gouvernements ont réduit les budgets et les moyens alloués à la prévention des incendies et à la lutte contre les feux de forêts. En 2024, le gouvernement de Gabriel Attal annulait la commande de 2 Canadairs. Alors que Macron dépense des milliards d’euros dans loi de programmation militaire et commande des dizaines d’avions Rafales, le projet de loi de finance 2026 ne dégageait que 209 millions pour des bombardiers d’eau supplémentaires.

    Ces incendies révèlent aussi les inégalités de classe. Les moyens considérables déployés pour protéger les zones les plus riches, comme le Cap-Ferret, contrastent avec la situation vécue dans d'autres territoires touchés, comme Le Porge ou l'intérieur du massif. Derrière les discours sur l'égalité républicaine, ce sont toujours les intérêts économiques, le patrimoine des plus riches et les infrastructures stratégiques qui concentrent l’attention des pouvoirs publics, pendant que les classes populaires subissent les conséquences des politiques d'austérité. Alors que des centaines de milliers de personnes de la région se sont retrouvées sous les particules fines des incendies, la priorité des entreprises privées comme des employeurs publics a été de maintenir une activité économique normale alors que des principes de préventions devaient s’appliquer : arrêt des chantiers, autorisations spéciales d’absences pour les plus vulnérables… Une fois encore, la rentabilité et les profits avant la santé des travailleurs·euses et de la population.    

    Car le véritable responsable est connu : le capitalisme. Celui qui détruit le climat, organise une sylviculture productiviste, affaiblit les services publics et préfère consacrer des milliards au réarmement plutôt qu'aux pompiers, à l'ONF, aux hôpitaux ou à la prévention.

    Nous exigeons un renforcement massif des moyens des SDIS (service départemental d’incendie et de secours) et de l'ONF (office national des forêts), une transformation de la gestion forestière rompant avec la monoculture industrielle, et la réorientation des budgets militaires vers les services publics et la bifurcation écologique, qui suppose de produire autrement en fonction des besoins et en tenant compte des ressources et avec sobriété.

    Le climat brûle parce que le capitalisme brûle la planète. Nos vies valent plus que leurs profits.

  • Arrêter le massacre en Cisjordanie !

    Après les attaques meurtrières menées par des colons israéliens contre le village palestinien de Tell, près de Naplouse, le gouvernement de Netanyahou a annoncé le lancement d'une « vaste opération antiterroriste » en Cisjordanie occupée, une nouvelle étape dans la guerre d'effacement du peuple palestinien. La mort d’un colon lors d’une de ces attaques sert de prétexte, alors qu’il a été tué par sa propre arme. Les PalestinienNEs savent que l’autodéfense contre les exactions de colons est réprimée dans le sang par l’armée israélienne, qui comme les colons, bénéficie d’une totale impunité.

    Les premières mesures sont déjà en cours : bouclage de la région de Naplouse, arrestations massives, raids de l'armée, démolitions de maisons palestiniennes et accélération de la colonisation. Dans le même temps, les violences des colons s’intensifient encore en toute impunité, avec la complicité de l'armée israélienne. Plusieurs ministres israéliens d’extrême droite, à commencer par Itamar Ben Gvir une fois de plus, multiplient les discours suprémacistes et génocidaires en appelant à « raser ces villages depuis les airs ». 

    Israël poursuit sa politique de colonisation, d'annexion de fait et de nettoyage ethnique de la Cisjordanie à une fréquence inédite. Dans la bande de Gaza, l’armée israélienne pérennise un contrôle territorial toujours plus vaste et asphyxie la population palestinienne.

    Le NPA-l'Anticapitaliste réaffirme sa solidarité avec le peuple palestinien qui résiste à l'occupation, à la colonisation et à l'apartheid et lutte pour ses droits fondamentaux. 

    Le NPA-l'Anticapitaliste condamne l’(in)action de l’État français, qui juge la situation « inquiétante » depuis plusieurs mois sans jamais qu’aucune mesure ne soit prise. 

    Plus que jamais, il est nécessaire d'imposer des sanctions contre l'État d'Israël, de soutenir la campagne BDS pour mettre fin à toute coopération militaire, économique, industrielle, diplomatique, universitaire, sportive et culturelle, et de refuser tout ce qui contribue à la normalisation.

    Il faut stopper Israël ! Justice et liberté pour le peuple palestinien !

  • France calcinée : Macron se félicite, le vivant crame...

    Canicules, incendies, mers surchauffées, rivières asphyxiées : le déréglement climatique détruit la biodiversité. 

    Le Haut Conseil pour le climat (HCC) publie son huitième rapport de l’ère Macron, un document de 420 pages intitulé « Dangers climatiques : la France face à ses responsabilités ». Un réquisitoire : adaptation insuffisante, financements trop faibles, ralentissement de la baisse des émissions en 2025. Le HCC alerte depuis des années, mais ­personne ne l’écoute.

    Une baisse des émissions en trompe-l’œil

    Pendant que le pays suffoque, Macron se félicite d’une baisse des émissions début 2026… due à un hiver doux et à une baisse de l’activité économique. On ne décarbone pas, on ­désindustrialise.

    Pour respecter l’Accord de Paris, la France devrait réduire ses émissions de plus de 4 % par an entre 2026 et 2028. Or, le rythme de la baisse des émissions en France a encore ralenti, passant de 6,8 % en 2023 à 3 % en 2024 et 2,1 % en 2025.

    Sur le terrain, ça brûle. Le 9 juillet, la Sécurité civile annonçait plus de 8 000 départs de feu et 25 000 hectares brûlés. Nous ne sommes que début juillet et 2026 se classe déjà au quatrième rang des années les plus dévastatrices depuis 2006.

    Le vivant part en fumée bien au-delà des forêts

    La biodiversité disparaît en silence : amphibiens déshydratés, corridors écologiques impraticables, effondrement du point chaud de biodiversité méditerranéen. Les effets des incendies sur la biodiversité sont complexes et souvent paradoxaux.

    En région méditerranéenne, par exemple, les pelouses et les forêts matures ont reculé depuis les années 1950 et 1960, tandis que le maquis, les forêts de pins ou d’eucalyptus et l’urbanisation se sont développés. La disparition des zones tampons et le mitage du paysage ont considérablement accru son inflammabilité.

    L’augmentation du nombre et de l’ampleur des incendies est aussi liée aux paysages méditerranéens plus inflammables qui apparaissent après chaque incendie et préparent le suivant. Il est urgent de restaurer des paysages agricoles et forestiers en mosaïque : forêts matures, pelouses ­entretenues par le pâturage, cultures, vignes, zones en libre évolution, grâce à une agriculture paysanne intégrant la préservation de la biodiversité. Toute l’économie agricole est à repenser.

    La mer aussi s’embrase

    Le vivant marin en paie le prix. Au premier semestre 2026, des vagues de chaleur marine ont touché 98 % de la surface de la Méditerranée, qui se réchauffe environ 20 % plus vite que la moyenne mondiale. Ces coups de chaud ont déjà décimé les forêts de gorgones rouges des Calanques : plus de 90 % des colonies ont été touchées, alors que ces habitats abritent 15 à 20 % des espèces méditerranéennes. Posidonies fragilisées, espèces invasives comme le poisson-lion : tout un écosystème bascule sous la surface.

    Les rivières étouffent

    Une eau plus chaude retient moins d’oxygène. Des poissons meurent par asphyxie. En juin 2026, des milliers de cadavres ont été retrouvés dans la Loire, le Val d’Allier, le marais de Brière ou en Charente-Maritime. Un massacre invisible qui prive aussi les grenouilles et les oiseaux d’eau d’une part de leur subsistance.

    La crise du vivant ne se résume pas aux seules flammes. Selon l’IGN, la mortalité des arbres a augmenté de 125 % en dix ans, passant de 7,4 à 16,7 millions de mètres cubes par an. « Un arbre sur vingt est mort » dans les forêts françaises, résume le coordinateur de l’Observatoire des forêts françaises. Le puits de carbone forestier s’est réduit de 38 % entre les périodes 2005-2013 et 2015-2023.

    De plus, selon l’Office français de la biodiversité (OFB), 87 % des zones humides ont disparu depuis le 18e siècle. Les prairies naturelles reculent aussi : 55 271 hectares ont été perdus du fait de l’artificialisation entre 1990 et 2018 et 6,5 millions d’hectares se sont embroussaillés depuis 1970. En montagne, Jonathan Lenoir, chercheur au CNRS, montre que plus de 2 000 espèces des Alpes grimpent en altitude pour fuir la chaleur.

    Adaptation et rupture écosocialistes

    Le HCC lie le retard de l’action climatique à l’aggravation des inégalités. Le gouvernement « fait des choix » : A69, Fonds vert réduit à 837 millions d’euros, réintroduction de l’acétamipride… Le capitalisme vert n’éteindra pas les incendies, ne sauvera ni les amphibiens des mares à sec, ni la flore de montagne, ni les habitantEs des passoires thermiques. Il faut imposer un plan d’adaptation social, démocratique et public, ainsi qu’une bifurcation écosocialiste !

    Commission nationale écologie

  • Procès Le Pen : la présidentielle en bracelet !

    La cour d’appel a rendu sa décision dans le procès des détournements de fonds du RN qui visait sa dirigeante Marine Le Pen. Les faits n'étaient pas contestés : un détournement de plusieurs millions d’euros pour servir au fonctionnement du parti d'extrême droite. Le Pen a évidemment été reconnue coupable.

    Les peines de prison, on le savait également, allaient être aménagées avec bracelet électronique. Verdict : 3 ans dont 2 avec sursis, pour un préjudice de plusieurs millions d’euros pendant que des milliers de personnes prennent des mois voire des années pour des infractions bien moins graves.

    Le seul suspense était l’inéligibilité. Dans une conception curieuse, les juges ont confirmé la peine d’inéligibilité, en la réduisant à 15 mois exécutables, le reste relevant du sursis. Marine Le Pen n’est donc plus inéligible, ayant déjà « effectué » sa peine, hors période électorale… À titre de comparaison, François Fillon avait été condamné à 10 ans d'inéligibilité en appel pour un détournement de 900 000 euros.

    Il s’agit bien évidemment d’un scandale. Un scandale d’une justice tout d’abord de classe, qui est souple avec les Sarkozy, Chirac, etc. mais intransigeante avec les pauvres. Cette justice à deux vitesses est encore plus criante lorsque l'on compare les peines pour les personnalités politiques avec les convocations et peines de prison réclamées pour « apologie de terrorisme » pour des militantEs et personnalités politiques qui ont combattu un génocide à Gaza. Elle est d'ailleurs déjà invitée sur tous les plateaux télé !

    Le message a bien été entendu par Le Pen, qui va bien être candidate. Il suffira de se pourvoir en cassation pour éviter le bracelet électronique pendant la durée de la campagne.

    Marine Le Pen est la dirigeante d’une organisation d'extrême droite raciste et dont une éventuelle victoire aux élections en mai prochain nous plongerait dans un avenir fait de répression, de reculs, voire de la suppression des droits des minorités, des droits de s’organiser, de se syndiquer et de toute résistance.

    Le RN n’est pas un parti comme les autres, c'est un danger pour tous.

    La place de Marine Le Pen est en prison, comme toute son équipe dirigeante. Et pas seulement pour détournement de fonds.

    Nous invitons toute la gauche sociale et politique à s’organiser dans l’unité la plus large pour que ce parti soit mis au ban et ne parvienne jamais à la tête de l’exécutif français.

  • Permis de tuer pour la police...

    La France s’apprête à adopter une nouvelle loi qui présumerait que tout tir de policier ou de gendarme serait légal.

    Ce texte, la PPL 691 sur la « présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre », a été adopté par l’Assemblée nationale le 7 juillet. Il va poursuivre son cheminement parlementaire en passant par le Sénat.

    La police tue déjà impunément

    La liste des victimes des violences policières est longue : Zineb, Sullivan, Nahel, Adam, Liu, Claude, Zyed, Bouna, Théo ou Adama. Cette année, c’est El Hacen Diarra qui a été tué en janvier à Paris puis Mehdi en avril à Marseille. S’il n’y avait jamais eu de vidéo dans le meurtre raciste de Nahel, le tir du policier responsable de sa mort serait considéré comme légal, et Florian M. n’aurait jamais pu être mis en examen pour homicide volontaire.

    La police n’a donc pas attendu cette loi pour ôter des vies dans une très large impunité. Le rôle de la police est précisément d’avoir le monopole de la violence légitime, en décidant qui peut vivre ou non. Dans les faits, les tirs policiers sont déjà présumés « légitimes », surtout lorsqu’ils visent majoritairement des hommes non blancs des milieux populaires.

    Cependant, l’adoption de cette loi aggraverait encore la situation et marquerait une bascule inquiétante en offrant à l’institution policière un véritable permis de tuer, désormais officialisé. 

    Que contient cette proposition de loi ?

    La loi de 2017 avait déjà élargi les conditions d’usage des armes par la police. Depuis, les tirs mortels sur des véhicules en mouvement sont cinq fois plus nombreux. Mais elle faisait toujours porter à la police la charge de démontrer qu’un tir était strictement nécessaire et proportionné. La PPL 691 supprime ce petit garde-fou : tout tir policier serait désormais présumé légal.

    Les proches des victimes devront donc apporter les preuves démontrant que le tir mortel n’était ni nécessaire ni proportionné. Et ce, en plein deuil, sans avoir été présentEs et sans accès aux ­caméras, rapports ou témoignages. C’est contraire aux décisions de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). 

    Le travail d’enquête, déjà long, difficile et n’aboutissant ­généralement pas, sera encore affaibli.

    Les personnes racisées, déjà les plus ciblées par les violences policières, seront les premières touchées par cette impunité renforcée. Elle risque d’augmenter le nombre de tirs, notamment mortels. Entre 2017 et 2026, moins de 2 % des affaires ont abouti à une condamnation ferme, sur 437 cas recensés.

    Un permis de tuer fascisant

    Portée depuis des années par plusieurs syndicats policiers, cette revendication figurait déjà dans le programme de Jean-Marie Le Pen en 2007 avant d’être reprise par Marine Le Pen. En 2012, Nicolas Sarkozy s’en empare durant la campagne présidentielle et Marine Le Pen salue alors une « victoire idéo­logique » du Front national. 

    Aujourd’hui ce sont Les Républicains, par le biais du député Éric Pauget, qui sont à l’initiative de cette proposition de loi, qui avait donné lieu à un premier débat en janvier 2026. Nuñez, ministre de l’Intérieur, avait réaffirmé que le gouvernement soutiendrait le texte dans sa version modifiée en janvier, substituant à la « présomption de légitime défense » la notion de « présomption d’usage légitime de l’arme ». La proposition de loi a été adoptée par l’Assemblée nationale le 7 juillet avec les voix de toutes les droites, de la majorité présidentielle au RN.

    Un cas d’école : toute la droite, du prétendu centre macroniste à ses partis les plus traditionnels, s’aligne toujours davantage sur l’extrême droite. 

    Il n’y aura pas d’antifascisme sans antiracisme !

    Mobilisons-nous, avec les collectifs luttant contre cette proposition de loi, en signant notamment la pétition qui a déjà des centaines de milliers de signatures : https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-6334

    Commission nationale immigration et antiracisme

  • Juin 2026, la France brûle. Qui aurait pu prédire ?

    90 départements en vigilance orange, 49 en rouge. Près de 500 records. 44,1 °C à Saumur. Santé publique France annonce provisoirement 1 000 décès supplémentaires.

    Le SAMU de Paris recensait 109 morts le 27 juin, contre 7 habituellement. 55 noyades entre le 18 et le 25 juin — des gens qui cherchaient à fuir la chaleur. Pendant ce temps, le gouvernement organise des réunions avec climatisation et Nuñez répond : « Non, ce n’est pas un fiasco. Nous étions préparés. » On transmettra aux familles. Lecornu convoque la « responsabilité individuelle » — cette vieille rengaine libérale qui transforme chaque catastrophe systémique en faute personnelle. Si vous crevez de chaud, c’est que vous n’avez pas bu assez d’eau.

    Ils savaient. Ils savent encore et ne font rien.

    En 1988, le GIEC est mis en place avec plus de 2 500 scientifiques. Ses conclusions sont sans ambiguïté. 36 ans de rapports, de conférences, de COP — et chaque fois le même constat : les gouvernements ne sont pas à la hauteur. 

    En 2021, le secrétaire général de l’ONU qualifiait le 6e rapport d’« alerte rouge pour l’humanité ». Pendant ce temps, les émissions fossiles ont continué d’augmenter. C’est le résultat de choix politiques au profit de ceux qui lobbyisent à Bruxelles, financent les partis et siègent dans les conseils d’administration. La science criait, l’industrie fossile murmurait à l’oreille des ministres. 

    Pendant qu’on brûle, un sommet d’extrême droite européen louait le pétrole : « le climat n’est pas un gros problème ». Où trouvent-ils toute cette énergie ?

    Lecornu annonce 100 millions pour les hôpitaux — pour acheter des climatiseurs alors qu’on aurait dû isoler depuis vingt ans. Édouard Philippe propose de « doubler » le Fonds vert pour financer la climatisation des lieux publics. Le nucléaire pour combattre les effets des énergies fossiles. Le capitalisme dans toute sa cohérence circulaire. À quand un plan massif d’isolation des hôpitaux et des écoles ?

    Le Fonds vert saigné, les lois écocides votées

    Le Fonds vert est passé de 2,5 milliards en 2024 à 837,5 millions en 2026 — une coupe de deux tiers, en pleine accélération climatique. Le ministre le justifiait par « l’état des finances publiques » — ces finances qui ont permis des milliards de cadeaux aux riches et de subventions aux fossiles. Les caisses sont vides, mais ­toujours dans le même sens. 

    Pendant que Macron défendait ses neuf années de bilan devant un Conseil des ministres sans aucune mesure d’urgence, son gouvernement votait des lois écocides : la loi Duplomb réintroduisant les néonicotinoïdes qui ravagent nappes phréatiques et cours d’eau, facilitant les mégabassines, remplaçant les sanctions pénales pour destruction d’espèces protégées par une amende de 450 euros — éventuellement un stage de sensibilisation. La directive européenne sur la criminalité environnementale est toujours en attente. Aucune condamnation pour écocide en France à ce jour. Sabrer les outils de protection du vivant d’une main, exiger des individus d’être « responsables » de l’autre.

    Ce qui brûle, c’est un système ; notre réponse, c’est l’écosocialisme

    Cette canicule est le produit d’un système qui privatise les profits et socialise les catastrophes. Si la trajectoire actuelle se maintient, la France file vers + 4 °C d’ici 2100 et 23 382 morts liés à la chaleur par an — une guerre permanente contre les plus vulnérables. Nous refusons les faux choix entre l’austérité verte des libéraux et le déni climatique des fascistes.

    Notre réponse : planification écosocialiste démocratique, isolation massive du parc immobilier sous contrôle public, sortie accélérée des fossiles avec reconversion des travailleurEs, mise sous tutelle collective de l’eau et de l’énergie, végétalisation et débétonnage massifs, taxation des superprofits. Sortir du capitalisme — pas le repeindre en vert.

    Juin 2026 restera l’un des mois les plus frais du reste de nos vies. Pas une métaphore. Pas une projection. Une trajectoire. Il n’y a pas de plan de communication qui tienne face à 44 °C. Il y a urgence à tout embraser.

    Commission nationale écologie

  • Ukraine : pas de combat antiguerre sans soutien à la résistance...

    Portée par Stop the War Coalition, une des principales coalitions antiguerre au Royaume-Uni, la Conférence internationale contre la guerre s’est tenue à Londres le 20 juin 2026, sans aucune solidarité avec la résistance ukrainienne.

    Les objectifs de cette conférence : s’opposer à la logique de guerre permanente du capitalisme contemporain, aux programmes de réarmement et à la militarisation en Europe ; renforcer la solidarité internationale et construire un mouvement antiguerre.

    À ces objectifs légitimes, il manque la solidarité active avec la résistance ukrainienne. Notre camarade Snizhana Oleksun, présidente du Conseil de l’organisation socialiste démocratique ukrainienne Sotsialnyi Rukh (Mouvement social), le souligne dans sa lettre ouverte aux participantEs de la Conférence.

    Elle regrette que cette conférence se tienne sans les syndicats combatifs, les organisations féministes, les collectifs socialistes et les réseaux d’entraide, alors que l’Ukraine est l’un des principaux terrains de guerre aujourd’hui. « Nos voix — celles de personnes qui résistent à l’impérialisme, qui défendent la justice sociale et qui vivent cette guerre au quotidien — sont absentes. »

    La guerre en Ukraine est une guerre populaire

    « Plus d’un million d’UkrainienNEs servent dans les forces de défense ; des millions d’autres assurent le fonctionnement du pays : cheminotEs, infirmierEs, travailleurs et travailleuses du secteur de l’énergie, enseignantEs, bénévoles. » Soutenir la société ukrainienne, c’est soutenir les luttes sociales qui se poursuivent malgré la guerre. « Nous rejetons à la fois l’impérialisme et l’austérité. Nous luttons pour une Ukraine libre, démocratique et socialement juste. »

    L’appel lancé lors de la conférence exhorte les personnes à « baisser les armes ». Snizhana remet en cause un pacifisme hors-sol : « Pour les travailleurs et travailleuses ukrainienNEs, ce n’est pas une option. Si nous baissons les armes, nous sommes vaincuEs. » Cela revient à exiger leur capitulation face à l’occupation qui « apporte les fosses communes, les déportations, l’enlèvement d’enfants et la destruction de toute vie syndicale et civique indépendante ».

    Plus que jamais, contre l’agression russe, le peuple ukrainien a besoin de solidarité.

    Des combats très intenses, sans percée décisive majeure

    Les villes de l’arrière-front, Sloviansk, Kherson ou Kostiantynivka, subissent une pression continue de l’armée russe, qui poursuit son offensive d’été en payant un prix humain élevé. L’Ukraine mène une campagne de frappes en profondeur sur le territoire de la Russie et dans les territoires occupés. En ciblant les bases aériennes, les ports militaires et les systèmes de défense antiaérienne, elle vise à accentuer la pression sur le Kremlin. Le bombardement des raffineries et dépôts pétroliers provoque des pénuries de carburant et montre au peuple russe que l’occupation et l’agression ont un coût durable. Depuis le début de l’année, l’armée ukrainienne cherche à isoler la Crimée pour affaiblir les capacités de projection russe vers le front sud. Frappée par les drones, les missiles de précision et les sabotages, elle n’est plus un « arrière sécurisé ».

    En Ukraine, la guerre accentue les difficultés économiques et sociales : inflation, menaces sur le droit du travail et 4,5⁄milliards de hryvnias de salaires impayés par les entreprises privées ou l’État lui-même. Cette situation affaiblit la défense du pays, sape le moral de la population et, comme l’explique un syndicat KVPU des mineurs de Lviv, elle « prive également de la possibilité d’aider plus de 800 employés de notre entreprise qui sont dans les forces armées ukrainiennes et auxquels les mineurs fournissent tout le nécessaire ».

    Comme l’écrit Snizhana Oleksun, « une défaite de l’Ukraine renforcerait les forces fascistes et autoritaires partout dans le monde ». Elle ajoute : « S’opposer à l’envoi d’armes à l’Ukraine nous laisse sans défense. » Nous devons exiger une paix « juste » et non impériale, décidée dans le dos des UkrainienNEs et contre leurs droits politiques et sociaux.

    Groupe d’intervention Solidarité Ukraine du NPA
     
  • Vers une vaste campagne pour la remigration ?

    Deux jours avant la manifestation « Remigration et reconquête » à Rome (voir L’Anticapitaliste n° 805, « Les partisans de la remigration en force »), une action, un peu piteuse, lance à Saint-Denis un « nouveau » mouvement, Objectif remigration. Au-delà de la reconstitution de Génération identitaire, les suites de cette apparition sont à surveiller, comme toute l’agitation autour du « racisme antiblanc ».

    « Ceux qui n’ont pas le droit de rester doivent repartir », se réjouit le RN, après le vote du Règlement retour au Parlement européen. Les émojis d’avion fleurissent dans la fachosphère. L’idée de remigration revient en force. Une « initiative citoyenne » propose même une charte, Save Europe Act, signée par des figures comme Orbán ou Zemmour. Si le RN se garde bien d’utiliser le terme, ses partenaires européens n’ont pas la même pudeur, notamment Vox, le FPÖ ou Vlaams Belang, pionnier en la matière — dont Bardella vient de rencontrer la direction.

    Un débat tactique au sein des extrêmes droites

    Issu des Identitaires, le thème de la remigration s’appuie désormais sur le « livre de combat » de Le Gallou, quarante ans après son ouvrage sur la préférence nationale. Depuis, l’environnement politico-médiatique a été bousculé, permettant une circulation aisée des mots d’ordre radicaux. La « remigration » reste aujourd’hui un marqueur clivant au sein des extrêmes droites, les divergences qu’elle suscite étant cependant davantage stratégiques qu’idéologiques.

    Ce clivage est d’abord générationnel. Les jeunes de la nébuleuse radicale, futurs cadres adultes, y sont favorables. « Objectif Remigration » est la déclinaison française d’un « mouvement patriotique professionnel » que Sellner, jeune identitaire autrichien derrière le Save Europe Act, cherche à construire. Leur logique de « changement de régime par la droite » articule parti, mouvement d’action, contre-information, contre-culture et théorie. Pousser le RN à se positionner est un de leurs objectifs.

    Ce clivage sépare les volontaristes convaincus et les incrédules tenus par leur morale, les pessimistes doutant de sa faisabilité et les velléitaires n’allant pas jusqu’au bout de leurs ambitions xénophobes. Le RN rejette l’idée ou botte en touche — le terme est sulfureux — mais il pourrait se faire piéger par ses marges radicales.

    Une conception raciste de la nationalité

    Pour autant, les mesures du RN ne détonnent pas dans un programme de remigration, jusqu’à son projet référendaire. Remettant à plus tard une campagne de fond, le RN évite de clarifier l’élément central d’une « maîtrise des flux migratoires » : la catégorisation des populations à expulser. Les critères de tri sont pourtant au cœur du dispositif de Le Gallou, parmi les étrangerEs comme parmi les naturaliséEs : « les assimilés, les mal assimilés mais non hostiles, les hostiles et les délinquants »...

    Ces catégories s’inscrivent dans une conception de la nationalité que Le Gallou dit être « devenue vide de sens, bradée par le droit du sol et les naturalisations de complaisance ». On comprend pourquoi il entend s’attaquer d’abord à l’État de droit, pour éviter que des décisions soient cassées. La critique du « gouvernement des juges » permet de dérouler un argumentaire pro-remigration. C’est le « JUGEXIT », central dans sa thèse.

    Du « racisme antiblanc » à la remigration

    Chez Le Gallou et ses acolytes, la remigration prendrait une dimension de « mythe mobilisateur » (« Bien chez nous ») opposable à la « culture de la culpabilité, à cause de la Shoah, (…) de la colonisation et de l’esclavage ». Le « racisme anti-blanc » devient un outil puissant pour recouvrer sa fierté « de Blancs, de Blancs européens, de Blancs européens et chrétiens » et dénoncer « l’idéologie antiraciste » responsable du « racisme antiblanc ». Ce terme est repris par le RN comme par les radicaux, et au-delà même de la fachosphère. Il manque peu de chose pour que s’enclenche une campagne qui dénoncerait les « antifas », les juges, les associations (antiracistes, de soutien aux immigréEs, de défense des droits humains…), dont l’issue serait la remigration.

    Le déroulement sans accroc de la manifestation du 21 juin indique qu’Objectif remigration n’est pas (encore) passé à une étape « à la Némésis » visant à perturber les initiatives anti-racistes. Mais Le Gallou a déjà prévu d’organiser, le 31 octobre, la prochaine édition du Remigration Summit... le genre de rencontre qui galvanise une bonne partie de la fachosphère. Ce n’est qu’un début.

    Commission nationale antifasciste