Alors que la mobilisation s’amplifie dans l’éducation nationale sous des formes diverses et avec des rythmes différenciés, la coordination a réuni 70 délégués venant de 18 départements et 40 établissements, ainsi que les collectifs « touche pas à ma ZEP », « touche pas à mon lycée pro » et des stylos rouges de l'académie de Créteil.
Une mobilisation très diversifiée
La politique du très réactionnaire ministre de l’éducation nationale Blanquer se heurte à une reprise de la mobilisation au retour des vacances d’hiver. Pour protester contre l’utilisation des évaluations à des fins de sélection, environ 400 lycées se sont lancés dans la désobéissance avec les opérations 20/20. Il s’agit d’empêcher la sélection par la plateforme « Parcours sup » ou d’empêcher que les directions d’établissement éliminent les choix de spécialité des élèves sur la base de leurs notes, en mettant une moyenne de 20/20 dans le bulletin. Devant la fonction de tri social qu’on veut leur faire jouer, d’autres ont choisi de démissionner de leur rôle de professeur principal.
Dans le premier degré, c’est la question des évaluations qui est remise en cause par des mouvements de désobéissance. Les « écoles du socle » votées à l’occasion de la loi « école de la confiance » sont aussi contestées. La volonté de rassembler les écoles d’un secteur autour d’un collège avec la suppression des directeurs et directrice d’école au profit du principal de collège jouant un rôle de chef d’établissement. Dans les collèges, ce sont les « dotations horaires », c’est-à-dire le nombre d’heures hebdomadaires, qui mettent le feu aux poudres. Et c’est sans compter le ras le bol des directions d’établissements et des petits chefs, du musellement des personnels par l’article 1 de la loi « école de la confiance », de la dégradation des conditions de travail, des locaux dégradés ou insalubres, de la perte de 25 % de pouvoir d’achat avec le gel des salaires, la possibilité pour les directions d‘imposer deux heures supplémentaires, les projets de loi remettant en cause les retraites ou les statuts des enseignants, le recours massif aux contrats précaires, le financement des écoles privées par l’argent public, la mise en place du service national universel pour ne pas dire le service militaire…
Alors que le mouvement de désobéissance s’étend, certains établissements se sont lancés dans des grèves reconductibles. Des assemblées générales d’établissements, des coordinations de villes, de département ou d’académies se réunissent pour organiser et unifier cette contestation. La plus importante a eu lieu la semaine dernière à Nantes, réunissant 400 délégués d’établissements de toute la Loire atlantique et décidant la reconduction de la grève. En région parisienne, un mouvement similaire avait eu lieu avant les vacances et certains établissements, lycées ou collèges ont repris des grèves au retour des vacances sur une journée ou en reconduisant leur grève chaque jour.
Une plateforme unificatrice
Devant le rouleau compresseur et la multiplication des attaques contre le service public d’éducation, la coordination s’est attachée à dépasser son cadre revendicatif de départ et à proposer une plateforme d’unification des luttes pour les écoles, les collèges les lycées et les établissements d’enseignement supérieur.
N’oubliant pas que le système actuel n’est certainement pas un modèle, la coordination appelle les personnels, les parents, les élèves et les étudiants à se réunir en assemblées dès le 18 mars dans les établissements et à tous les niveaux pour formuler des exigences en vue d’une école émancipatrice. Les premières exigences seront portées au niveau national devant le ministère le 2 avril.
Trois semaines pour agir contre Blanquer et ses réformes
Comme les vacances de printemps commencent dans 3 semaines pour les premières zones, un calendrier de mobilisation entend s’appuyer sur les dates de mobilisation annoncées par les syndicats pour construire une grève générale reconductible de l’éducation. Il est demandé de se réunir en assemblée générale de grève le 19 mars après les manifestations pour décider la reconduction de la grève. Des actions de visibilité pour les désobéisseurs et les désobéisseuses auront lieu le 20 mars. Le 27 mars, la coordination nationale demande à décider la grève et à renforcer les mouvements de grèves reconductible. Des actions d’enterrement de l’éducation nationale sont prévues le 28 mars avec mise en vente des établissements sur le bon coin et la publication de rubriques nécrologiques. Les associations de parents sont sollicitées pour organiser des journées « écoles mortes » le 29 mars. Le 30 mars la coordination appelle à participer à la manifestation nationale ou aux manifestions régionales suivant ce que décideront les organisations syndicales.
Correspondant