Alors que le budget de la Sécurité sociale est passé in extremis le 16 décembre, l’Assemblée nationale vient de reprendre l’examen du budget de l’État. Par la voix du député Philippe Brun, le PS se désespère : « Le gouvernement ne fait rien pour faire naître le compromis espéré ». Toutes leurs propositions ont en effet été rejetées en commission, aussi bien par la droite que par les macronistes.
La loi spéciale, adoptée le 23 décembre, ne remplace en effet pas un « vrai » budget de l’État. Le gouvernement doit donc trouver impérativement une majorité pour approuver le Projet de loi de finances (PLF). Celui-ci passe un nouveau seuil dans la baisse des budgets des collectivités territoriales. Les services publics vont également continuer à se dégrader autant pour les usagerEs que pour les conditions de travail des salariéEs. Mais le pouvoir macronien ne lâche rien sur la fiscalité pour les entreprises et les plus riches. Il n’y a aucune remise en cause des 211 milliards d’aides aux entreprises, révélées par le rapport de la commission sénatoriale de l’été dernier. Pendant que l’hôpital public s’effondre, le budget de la défense est sanctuarisé et pire, augmente encore plus que ce qui était prévu par la Loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030, avec une rallonge de 3,5 milliards d’euros qui vont s’ajouter à l’augmentation de 3,2 milliards prévue dans la LPM. Depuis 2027 le budget des armées a quasi doublé.
Instabilité et chantage à la dissolution
Mécontent de ne pas trouver de majorité, Macron, via Lecornu, agite la menace d’une nouvelle dissolution. S’il fait ce choix, il risque en conscience d’amener l’extrême droite au pouvoir. Le NPA-l’Anticapitaliste s’était inscrit dans la campagne du Nouveau Front populaire, pour construire une unité large visant à battre le RN et à assurer la victoire d’une gauche de rupture. Aujourd’hui la gauche est divisée et le mouvement lancé le 10 septembre a échoué. Nous défendons malgré tout la perspective d’un front politique et social de la gauche anticapitaliste et antilibérale, au service des luttes. Nous militons pour l’unité, pas une unité abstraite mais l’unité comme un outil pour remettre notre camp social en mouvement, dans l’action, contre les politiques libérales.
Retrouvons le chemin des mobilisations !
Pour que les travailleurEs, les classes populaires reprennent la main, il faut reprendre la rue et sortir de l’enfermement dans les échéances institutionnelles. « La vraie démocratie, elle est ici » : dans nos cortèges, dans nos assemblées générales, dans les organisations politiques ou syndicales, les collectifs qui défendent nos droits !
SalariéEs et usagerEs des services publics, nous devons nous mobiliser ensemble pour des services publics de qualité, pour défendre la Sécurité sociale qui assure la protection en cas de chômage, de maladie, et lorsqu’on vieillit. SalariéEs du privé, nous devons faire converger nos luttes contre les licenciements, réclamer un contrôle strict de l’argent public, pour une politique industrielle au service des besoins et respectueuse de l’environnement et des ressources de la planète.
Face à un gouvernement au service des capitalistes, il y a urgence à trouver le chemin de mobilisations larges, unitaires, pour la défense des intérêts collectifs, contre ce système productiviste et destructeur : pour la réduction massive du temps de travail, pour l’arrêt des grands projets inutiles et destructeurs, pour une réelle démocratie, pour nos vies et pas pour leurs profits !
Alex Bachman