Communiqué du RESU, Réseau européen de solidarité avec l'Ukraine...

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Le scandale de l’établissement scolaire Notre-Dame de Bétharram remet sur le devant de la scène les violences faites aux enfants. Il y a aujourd’hui plus d’une centaine de plaintes et les faits s’étalent sur plusieurs décennies.
Nous devons prendre en compte dans nos luttes féministes ces violences contre les enfants car elles sont aussi le produit terrible du patriarcat.
Il faut briser la loi du silence, refuser d’être complices de ces agressions et être solidaires des victimes.
Le 18 février, l'adoption au Sénat d’un projet de loi porté par un sénateur de la majorité (Michel Savin, LR) qui vise l’interdiction du port du hijab lors des compétitions sportives initie une nouvelle séquence législative islamophobe. Cette proposition se situe dans la continuité du choix fait par la France, et condamné par l’ONU et plus généralement la presse internationale, d’interdire aux athlètes françaises le port du voile lors des compétitions sportives durant les Jeux Olympiques de cet été.
Le sénateur prétexte d’un prétendu « objectif de radicalisme religieux » pour criminaliser le port d’un vêtement que de nombreuses musulmanes choisissent de porter et participe ainsi à véhiculer une vision islamophobe et raciste de leurs pratiques cultuelles, alors que le ministère de l’Intérieur lui-même concluait en 2022 à l’absence de radicalisation ou de communautarisme dans le sport.
Plus encore, la proposition de loi instrumentalise les sports afin d’empêcher la pratique cultuelle de l’islam : en effet, son deuxième article, qui vise à limiter le prêt des équipements sportifs aux associations cultuelles, met en danger l’observation des fêtes religieuses musulmanes. Celles-ci requièrent souvent d'accueillir davantage de croyantEs que ne le permettent les locaux ordinaires des mosquées.
Cette disposition juridique tend à renforcer les difficultés pour les musulmanEs à organiser leur culte, et ouvrir aux municipalités islamophobes de nouvelles voies pour limiter la pratique de l'islam.
Il n’est pas difficile d’identifier la continuité entre cette démarche et celles qui ont été à l’origine de la loi de 2004 et de l’interdiction des signes religieux dits ostentatoires dans les établissements scolaires.
Une telle mesure constitue une nouvelle atteinte aux libertés des musulmanEs, qui les stigmatise toujours davantage, au point de rendre difficile leur vie sociale en France.
Elle correspond à une criminalisation dangereuse de la pratique de l’islam, et constitue un pas supplémentaire dans l’institutionnalisation de l’islamophobie.
Le NPA-A réaffirme son soutien à l’ensemble des musulmanEs et des personnes assignéEs à l’islam discriminées en France. Nous dénonçons les propos islamophobes du porteur de ce projet de loi, qui identifie la visibilité de l’islam au « radicalisme religieux », et ce projet de loi qui conduit à une interdiction globale du port du hijab et sa criminalisation, un point qui fait partie du programme du RN.
Le NPA-A soutient l’abrogation de la loi de 2004 et de l’ensemble des lois islamophobes, chaque jour plus urgente et appelle à soutenir toutes les initiatives des musulmanEs qui visent à défendre leurs droits et appelle à une large mobilisation de l’ensemble de notre camp social pour la dignité des musulmanEs.
Entretien. La IVe internationale qui tient son congrès en février 2025 discutera de « Rompre avec la croissance capitaliste, pour une alternative écosocialiste » autour d’un Manifeste du marxisme révolutionnaire à l’ère de la destruction écologique et sociale. Nous avons demandé à Christine Poupin de nous en dire plus sur ce manifeste.
En juin 2018, lors d’une réunion du Bureau, un camarade a dit que nous devrions travailler à un projet de société future. J’ai rarement vu une proposition emporter une telle adhésion. Le manque d’un horizon enthousiasmant est si criant que cette proposition est apparue comme une évidence, et le chantier s’est ouvert. Le Comité international de 2019 a discuté d’une « Proposition pour un débat programmatique » et a décidé de poursuivre largement et publiquement le débat. Courant 2020, trois commissions — sur l’écologie, les questions LGBTIQ et l’oppression des femmes et le féminisme — ont produit chacune une contribution sur le type de société que nous voulons. Un groupe de travail s’est ensuite constitué pour s’atteler au travail de rédaction. Premier plan, premières rédactions des différentes parties, échanges avec des scientifiques… Un travail de plusieurs mois débouche sur une première « Contribution à l’élaboration d’un programme écosocialiste dans le cadre de la nécessaire réduction de la production matérielle globale » qui est adoptée comme base de travail par le Comité international de février 2022. C’est désormais un texte global dans lequel « le monde pour lequel nous nous battons » occupe une place importante. Le travail se poursuit — rapport en octobre 2023, changement de plan, changement de titre… — pour aboutir à une version « provisoirement définitive » adoptée par le Comité international de février 2024. C’est cette version qui, traduite en français, anglais, castillan, arabe, portugais… est discutée dans les différentes sections. Discussions qui donnent lieu à de nombreux amendements, apportant précisions, nuances, compléments. Un nouveau travail d’enrichissement du document aboutit au texte qui est soumis au vote du Congrès mondial de février 2025.
À partir de là, le Manifeste entame une nouvelle vie, publique, car nous souhaitons qu’il soit largement débattu bien au-delà des rangs de la Quatrième internationale.
Je pense que ce texte est très important pour la IVe Internationale, et au-delà. Juste une première précision : ce n’est pas un texte « écolo ». Nous avons déjà adopté des textes importants sur l’écologie au 15e congrès en 2003 avec « Écologie et socialisme » et au dernier congrès en 2018 avec « La destruction capitalisme de l’environnement et l’alternative écosocialiste ». Là, c’est autre chose ; c’est véritablement un Manifeste écosocialiste, un Manifeste du marxisme révolutionnaire d’aujourd’hui. Dire « aujourd’hui », cela signifie dans une situation qui est surdéterminée par la menace de cataclysme que le bouleversement climatique fait peser sur l’humanité. Et cela conditionne notre programme, notre projet.
Dès l’intro, le texte donne le cadre et le niveau de l’enjeu. Notre époque est celle d’une double crise historique : la crise de l’alternative socialiste face à la crise multiforme de la « civilisation » capitaliste. L’objectif est bien de contribuer à répondre à cette crise de l’alternative. D’y contribuer à partir des acquis historiques de notre courant, marxiste, révolutionnaire, antibureaucratique et de ses actualisations inspirées des luttes sociales et écologiques, et des réflexions critiques anticapitalistes qui se développent dans le monde.
Nous sommes convaincuEs que la révolution est plus que jamais nécessaire, non seulement pour mettre fin à l’exploitation, aux oppressions, à la domination du capital sur nos vies, mais aussi pour « tirer le frein d’urgence » et sauver l’humanité d’une catastrophe écologique sans précédent dans l’histoire humaine. Mais nous sommes aussi convaincuEs aussi qu’il ne suffit pas de dire « une seule solution la révolution » (même si c’est vrai !)… Nous avons besoin de mieux comprendre le monde et les multiples crises qui le secouent, et sur cette base de construire un programme de revendications à partir des besoins et des exigences des exploitéEs et des oppriméEs, un programme qui inévitablement pose la question du pouvoir, qui dirige ? qui possède ? Un programme pour aider à agir, car nous savons que c’est dans l’action, dans l’auto-organisation que se construisent l’envie, la force et la conscience de pouvoir changer le monde.
Dans notre vocabulaire, on appelle cela la démarche de transition. Rien que de très classique ! Mais elle doit absolument être réactualisée dans son contenu pour répondre aux menaces et aux défis globaux posés par la crise écologique.
Deux fois oui ! Le monde est à un moment de bascule. Comme le dit notre camarade Daniel Tanuro : « Il est trop tard pour éviter la catastrophe, il s’agit d’empêcher qu’elle se transforme en cataclysme. L’enjeu est la soutenabilité physique de l’espèce humaine sur la seule planète vivable du système solaire ».
Le bouleversement écologique n’est pas une manifestation parmi d’autres de la crise historique du capitalisme. Il est au cœur des contradictions insurmontables de ce système, qu’il aggrave tout en étant aggravé par ces contradictions.
Il ne s’agit donc plus seulement d’intégrer l’écologie dans quelques chapitres de notre programme mais de faire du respect des équilibres écologiques de la planète son fil conducteur.
Nous utilisons le terme « écosocialisme » depuis longtemps déjà, mais nous avons besoin d’en tirer toutes les implications. La décroissance de la consommation globale d’énergie, donc la décroissance de la production matérielle et des transports, est une contrainte physique incontournable. La décroissance n’est ni un programme ni un projet de société, mais une décroissance juste, tenant compte des responsabilités différenciées et des conséquences inégales, doit imprégner notre programme, tout notre programme.
Il s’agit aussi d’intégrer pleinement les apports du féminisme sur la place de la reproduction sociale et de mettre le soin aux humains et au vivant au centre. L’obligation de rompre avec le tout-productivisme, qui a imprégné et imprègne encore le mouvement ouvrier, a aussi des implications stratégiques. Nous devons partir des luttes écosociales existantes, pour gagner la participation des salariéEs et les arracher à l’hégémonie productiviste du capital, ce qui est un enjeu décisif. Ainsi, les luttes antiproductivistes et contre toutes les oppressions ne sont pas à côté des luttes contre l’exploitation mais font partie de la lutte des classes vivante. Tel est le sens de ce projet de Manifeste. Faire vraiment de l’écosocialisme notre programme.
Propos recueillis par la rédaction
La campagne contre l’Afrique du Sud de Trump, construite sur de fausses informations, concentre ses thèmes de prédilection les plus réactionnaires.
Le 7 février 2025, un énième décret a été signé par le milliardaire de la Maison Blanche. La nouvelle cible, l’Afrique du Sud. Trump et son acolyte Elon Musk, originaire de ce pays, reproche au pays arc-en-ciel de mener une politique nuisant aux intérêts des États-Unis.
Les partisans de Trump, mais ils ne sont pas les seuls, reprochent à l’Afrique du Sud d’avoir saisi la CIJ (Cour internationale de Justice) contre le génocide mené par Israël. Une action analysée comme une attaque portée à un proche allié des États-Unis, d’autant que le succès juridique a été notable.
Autre critique, l’adhésion au groupe des BRICS+ (fondé par le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, et l’Afrique du Sud) dont l’ambition affichée est de disputer l’hégémonie occidentale sur la conduite des affaires mondiales. Ce qui implique notamment une remise en cause du dollar comme monnaie unique de référence dans les échanges internationaux.
En parallèle de ces sanctions, le secrétaire d’État Marco Rubio a annoncé qu’il ne participerait pas à la réunion du G20, présidée par l’Afrique du Sud, portant sur « la solidarité, l’équité et la durabilité ». Thèmes abhorrés par l’administration Trump.
Les sanctions contre l’Afrique du Sud ont été précédées par une campagne de fausses informations, délivrées sur le réseau social X de Musk qu’il a lui-même relayées sur son compte personnel, à propos de la volonté du gouvernement sud-africain d’adopter une loi sur le foncier pour « promouvoir l’inclusivité ». Dans un pays où, trente ans après la fin l’apartheid, 72 % des terre arables appartiennent à la minorité blanche, en conséquence du Natives Land Act de 1913 qui a spolié les populations noires…
La réforme prévoit une redistribution avec des compensations financières selon la valeur du bien. Ces compensations peuvent être nulles si le bien n’a aucune valeur par exemple lorsqu’il est abandonné. Une partie des Afrikaners a agité le chiffon (on n’ose pas dire rouge !) dénonçant une discrimination, certains même évoquant un génocide !
Pour Trump et Musk, il « est immoral et injuste » de « confisquer des terres ». Ils ne font évidemment pas allusion aux PalestinienNEs victimes des colons israéliens de Cisjordanie. Leur inquiétude est pour les Afrikaners, qui rappelons-le, sont surreprésentés parmi les plus riches du pays. Ainsi, Trump a signé un nouveau décret ouvrant les frontières des USA aux blancs qui n’ont d’ailleurs jamais demandé à partir. Mais peu importe, la rhétorique du racisme antiblanc reste très populaire dans les rangs républicains … et pas seulement étatsuniens.
Le grotesque le dispute au cynisme quand Trump se scandalise sur une loi que la juriste de l’Agricultural Business Chamber sud-africaine ne considère pas comme des expropriations arbitraires, alors que lui s’apprête à expulser près de deux millions de GazaouiEs de leur terre.
Paul Martial
Alors que quelques signaux d’alarme avaient déjà mobilisé le secteur culturel et associatif ces derniers mois, dans la région Pays de la Loire et plus récemment dans l’Hérault, le budget ultra-austéritaire adopté il y a quelques semaines, associé à un climat politique et médiatique fascisant, renforce l’urgence d’une mobilisation.
La meilleure façon de financer les retraites, c’est d’augmenter les salaires et d’embaucher, pour augmenter les cotisations sociales ! Et si besoin de majorer le taux de cotisation « dite patronale » en fonction des besoins !