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Iran, stopper la guerre impérialiste...

Les États-Unis et l’État d’Israël ont déclenché, samedi 28 février, une nouvelle guerre au Moyen-Orient, dont nul ne peut aujourd’hui mesurer les conséquences pour l’Iran et l’ensemble de la région. 

Trump a décidé d’attaquer alors que des négociations étaient en cours et que la République islamique d’Iran venait d’accepter l’ouverture de ses installations nucléaires à des inspections, ainsi que la sortie du territoire d’une partie de l’uranium enrichi.

Des victimes méprisées

La campagne de frappes est dévastatrice pour les populations civiles. Téhéran et plus de 130 villes sont bombardées. Dès les premières heures, une école de filles a été touchée à Minab, dans la province de Hormozgan : plus de 150 morts, dont de nombreuses enfants. En trois jours, plus de 600 civils auraient été tuéEs et des milliers blesséEs. Écoles, hôpitaux, services publics, quartiers résidentiels sont frappés.

Le traitement médiatique de cette guerre en Occident vient éclairer le peu d’importance accordée aux victimes des guerres quand iels ne sont pas occidentalEs. Depuis deux jours, les médias ne parlent que des 6 soldats étatsuniens morts au combat dans l’exercice de leur sale métier. Les enfants mortes dans l’attaque contre leur école n’ont évidemment pas droit au même traitement. Il faut mesurer l’humiliation et la rage que cela peut soulever dans une partie importante du monde.

Le régime ne tombera pas par les bombes

En riposte aux bombardements israélo-étatsuniens, la République islamique d’Iran menace de fermer le détroit d’Ormuz et lance des missiles contre Israël et contre des pays abritant des bases américaines, mais aussi contre les positions de l’opposition kurde dans la région autonome de l’Irak. Parallèlement, Israël bombarde massivement le Liban.

Si des scènes de liesse ont éclaté dans le pays à l’annonce de la mort du Guide, tant la haine du régime est profonde, les peuples d’Iran aspirent à juger eux-mêmes leurs bourreaux, responsables de décennies de répression et de massacres. 
Une session exceptionnelle de l’Assemblée des experts chargée de statuer sur le remplacement de Khamenei a été bombardée mardi après-midi. Trump et Netanyahou décapitent le régime mais celui-ci ne tombera pas par une campagne de bombardement.

Une guerre impérialiste

Cette guerre s’inscrit dans la séquence ouverte par le génocide mené à Gaza par Netanyahou et par le retour de Trump au pouvoir.
Trump accélère une politique belliciste visant à renforcer l’hégémonie des États-Unis. Comme au Venezuela, il veut imposer aux peuples d’Iran des dirigeants serviles et faire main basse sur les réserves du pays, d’autant plus que cela fermerait l’accès de la Chine au pétrole iranien. La loi du plus fort remplace toute notion de droit.

Peu importe si cela passe par des milliers de morts, peu importe si les dirigeants que Trump souhaite imposer sont issus du sérail de la République islamique d’Iran ou de courants réactionnaires dans la diaspora, notamment incarnés par les monarchistes qui applaudissent l’intervention, ou des Moudjahidine du Peuple.

L’impérialisme ne libère pas les peuples

L’histoire montre pourtant que les ingérences impérialistes n’ont jamais libéré les peuples. L’élimination de Saddam Hussein et de Mouammar Kadhafi n’a pas apporté la liberté aux peuples irakien et libyen. En Afghanistan, après vingt ans d’occupation américaine, les talibans sont revenus aux affaires avec la bénédiction de la Maison Blanche.

La République islamique d’Iran accroît encore sa répression contre la population, contre les secteurs en lutte et contre les détenuEs politiques. Les villes sont quadrillées par les forces de répression et le climat sécuritaire est à son maximum. Cette guerre met un coup d’arrêt momentané à la reprise des luttes que l’on voyait notamment dans les universités.

Soutien aux peuples d’Iran

Cette guerre relègue au second plan le massacre de janvier dernier. À la douleur des familles frappées par la répression, qui a fait plus de 30 000 morts il y a à peine un mois, s’ajoutent désormais les destructions et les nouveaux crimes de guerre de Trump et Netanyahou.

Il est urgent de construire un mouvement international contre la guerre qui combine la lutte contre les puissances impérialistes et le soutien aux résistances populaires contre les dictatures. Il incombe aux forces de la gauche sociale et politique de construire des mobilisations massives dans les pays impérialistes pour imposer l’arrêt de cette nouvelle guerre et défendre le droit à l’autodétermination des peuples.

Babak Kia, 3 mars 2026

L’Europe partenaire de la guerre contre l’Iran

La plupart des chancelleries européennes ont développé un narratif de soutien à l’agression israélo-étasuniennes contre l’Iran, parlant de « désescalade » et invoquant le « droit international » : l’Iran exercerait une menace existentielle et, pire encore, sa riposte constituerait une attaque !

Macron s’apprête à défendre les pays « alliés », qui ont tous comme point commun de terroriser leur population et de réprimer toute contestation. Merz est obligé de contourner la réalité en « oubliant » qui a déclenché la guerre tout en demandant des négociations… qui étaient en cours ! Mais la palme revient sans doute à Keir Starmer, le Premier ministre britannique, qui demande aux UkrainienNEs de prêter leur savoir-faire en matière de défense contre les missiles iraniens ! Seul l’État espagnol ne participe pas à cette mascarade.

L’Union européenne est un partenaire colonial d’un génocide en Palestine et d’une guerre impériale, au mépris du droit international et des peuples concernés.

Édouard Soulier

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