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  • Soutien inconditionnel aux mineurEs en lutte à la Gaîté Lyrique à Paris face au racisme d’État et aux fascistes...

    La manifestation du 24 janvier pour les 1 an de la loi Darmanin et contre la circulaire Retailleau, organisée par les collectifs sans-papiers a été perturbée par le groupuscule identitaire les Natifs. Ils ont été repoussés par les manifestantEs. Cette attaque constitue une provocation raciste inacceptable. Leur action s’inscrit dans l’accélération des attaques d’extrême droite contre les personnes exilées : les intimidations racistes de Reconquête et des médias d’extrême droite se font hebdomadaires, voire quotidiennes à la Gaîté Lyrique, le lieu que le collectif des Jeunes du parc de Belleville a décidé d’occuper pour exiger de l’État la reconnaissance des droits et de la dignité des mineurEs isoléEs.
     
    Depuis le 10 décembre 2024, la Gaîté Lyrique, lieu emblématique de la culture parisienne, est devenue le symbole d’une lutte fondamentale : celle des mineurEs isoléEs pour leurs droits et leur dignité. Organisée par le Collectif des jeunes du parc de Belleville, cette occupation rassemble aujourd’hui près de 400 jeunes.
    Ces jeunes, qualifiés arbitrairement de « majeurEs » à l’issue d’évaluations expéditives et souvent racistes, sont laissés dans un vide juridique et institutionnel. Après une décision de refus par l’Aide sociale à l’enfance (ASE), ils et elles doivent saisir unE juge pour enfants. Ce recours, qui peut prendre jusqu’à un an, les laisse sans hébergement, sans statut et sans protection, livréEs à la rue.
     
    L’occupation de la Gaîté Lyrique est donc à la fois un acte de survie et une revendication politique. Les mineurEs et leurs soutiens exigent un hébergement immédiat et digne, ainsi qu’une prise en charge effective par les institutions, comme l’impose pourtant la loi. Face à l’indifférence de l’État, ils et elles appellent également la mairie de Paris à réquisitionner les logements vides pour répondre à cette urgence.
     
    Ce type de d’événement comme celui du 24 janvier ne peut se banaliser, et il nous faut organiser la résistance antifasciste. Ces attaques sont rendues possibles par l’amplification institutionnelle des discours racistes, relayés par le Premier ministre de centre-droit, François Bayrou, qui parle honteusement de « submersion migratoire » adoubant ainsi les thèses suprémacistes blanches du Grand Remplacement de Renaud Camus, ayant inspiré les pires tueries racistes comme l’attentat islamophobe de Christchurch. Il s’agit bel et bien d’une submersion des idées racistes !
     
    Le NPA-l’Anticapitaliste appelle à l’organisation rapide d’un front antifasciste à la mesure de l’urgence de la situation et réitère son soutien inconditionnel aux mineurEs en lutte du Collectif des Jeunes de Belleville, et plus largement aux luttes des personnes sans-papiers en France, pour leur régularisation et un hébergement digne et durable pour toustEs !

  • Le combat indispensable de la revue +972 Magazine...

    Magazine +972 : https://www.972mag.com/

    Depuis une quinzaine d’années, la revue en ligne +972 (le code téléphonique international d’Israël) s’est donnée pour but de « promouvoir un journalisme indépendant » associant « des journalistes israéliens et palestiniens engagés dans la lutte contre l’apartheid et pour la démocratie, l’égalité, la justice et la liberté de l’information et de la presse ». 

    Elle est publiée en anglais, avec un second site en hébreu, Local Call. Elle présente un suivi précieux de l’actualité israélo-palestinienne, des rapports d’enquête particulièrement fouillés, des analyses et commentaires. Informant à contre-­courant de la propagande gouvernementale relayée par la majorité des médias, elle s’est d’autant plus attachée à maintenir la rigueur et la « crédibilité journalistique » de ses articles, gagnant de ce fait une véritable reconnaissance internationale. Ainsi, en 2024, +972 et Locall Call ont reçu un titre honorifique décerné par la Vrije Universiteit Brussel (VUB) et l’Université libre de Bruxelles (ULB) — à l’occasion de leur « Difference Day », qui marque la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai — pour la qualité du travail d’information réalisé dans des conditions dangereuses.

    Informer par temps de multiples guerres peut effectivement être dangereux. De même que Haaretz, +972 a réussi à maintenir des liens avec des correspondantEs à Gaza, documentant le génocide et les terribles conditions de survie dans lesquelles le régime israélien a plongé la population. Des correspondantEs qui peuvent devenir la cible des assassinats extrajudiciaires dont l’armée israélienne est coutumière — elle qui protège aussi en Cisjordanie les colons suprémacistes juifs. En Israël même, défendre les PalestinienNEs provoque un ostracisme social et des menaces croissantes. Le prix reçu en Belgique à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse est bien mérité !

    Comment maintenir vivante la solidarité judéo-arabe après les 7 et 8 octobre 2024 ? Cela n’avait rien d’évident, et +972 aborde de front cette question. Elle a réussi à traverser l’épreuve, en faisant du journalisme indépendant une raison impérative de cimenter ce lien solidaire. Elle reste ainsi pour nous une source irremplaçable d’information et de réflexion critique — à l’inverse de ce que serait une simple « contre-propagande ». Que les équipes éditoriales de +972 et de Local Call en soient remerciées.

    Pierre Rousset