Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- Page 2

  • Iran : entre pressions impérialistes et résistance populaire...

    Alors que la République islamique d’Iran sort affaiblie d’une guerre éclair menée par Israël et les États-Unis, la contestation intérieure ne faiblit pas. Malgré la répression, les exécutions et le racisme d’État, la société iranienne continue de résister. Trois ans après le mouvement Femme, Vie, Liberté, le régime est plus isolé que jamais, pris en tenaille entre la pression impérialiste et les résistances populaires.

    Lire la suite

  • Ruée sur les mines en Guyane...

    Dans la séance de questions au gouvernement du 20 janvier, le député de Guyane Jean-Victor Castor (membre du Mouvement de Décolonisation et d’Émancipation Sociale) a alerté sur des demandes d’exploration minière dans le Nord-Ouest de la Guyane. Elles sont symptomatiques de politiques coloniales d’accaparement de ressources et d’extractivisme au nom de la « transition énergétique ».

    Trois demandes de Permis Exclusif de Recherche (PER) de mines ont été déposées fin 2025 par la société EURO STRATMET sur une surface de 253 km² en Guyane. Un PER autorise une entreprise à faire des recherches de gisements et lui donne l’exclusivité des explorations. S’il n’autorise pas directement d’exploiter les ressources, c’est la première étape puisqu’il existe ensuite une procédure dérogatoire en Guyane permettant d’ouvrir une mine de moins de 25 hectares sans demander de titre minier.

    Une politique coloniale

    L’entreprise qui demande ces PER, créée fin 2024 dans la Drôme, n’a pas de salariéE, comme d’autres entreprises du même patron. La situation a tout l’air d’un montage financier dans le but de verrouiller l’exploration minière dans une grande région de la Guyane et de spéculer dessus. Elle s’engouffre dans la brèche ouverte par Macron et sa « stratégie de souveraineté » sur l’exploitation de métaux, en particulier pour l’industrie de l’armement, qui passe notamment par un inventaire des ressources minières en Guyane lancé début 2025.

    Jean-Victor Castor dénonce un « droit minier à deux vitesses » où les entreprises locales font face à des procédures longues et à des refus systématiques, quand les demandes des entreprises extérieures sont traitées en quelques mois. Si l’exploitation minière doit être fortement contrainte, il est inadmissible que les ressources soient accaparées par des entreprises occidentales, sans transparence et sans contrôle par les habitantEs des régions concernées qui paient le prix des conséquences désastreuses sur l’environnement. Il s’agit d’un pillage organisé.

    La « transition énergétique » à la rescousse du capitalisme

    Ces explorations concernent du tantale, du niobium, du lithium et des terres rares. Ces métaux jouent un rôle essentiel en microélectronique, dans l’armement, et dans la production et le stockage d’électricité. Leur exploitation est généralement justifiée par le besoin de sortir des énergies fossiles sans prendre en compte les dégâts de l’extractivisme. Comme l’écrit la journaliste et philosophe Célia Izoard, « tout indique qu’on est en train d’enfouir la crise climatique et écologique au fond des mines, dans un impensé qui permet de gagner du temps ».

    Face à la destruction du vivant, la soi-disant « transition énergétique » est une fausse réponse dont le but est de maintenir la production globale en remplaçant les énergies fossiles par des métaux. L’enjeu n’est pas technique mais politique : il faut réduire drastiquement la consommation d’énergie et de ressources dans les pays du Nord global par la décroissance écosocialiste de la production.

    Commission nationale écologie

  • Des peuples sans État face à des États sans peuple : une lecture kurde des solidarités empêchées au Moyen-Orient...

    Dans les approches géopolitiques dominantes du Moyen-Orient, les États-nations et leurs élites continuent de structurer l’analyse, reléguant au second plan les subjectivités politiques des peuples sans État. Cette marginalisation épistémique invisibilise les résistances de communautés subalternisées, telles que les Kurdes, peuple de près de quarante millions d’individus répartis entre l’Iran, la Turquie, la Syrie et l’Irak.

    Lire la suite

  • L’extension de l’hégémonie américano-israélienne au Moyen-Orient...

    Les trois articles suivants sont issus d’une soirée du Centre d’études marxistes, le 13 octobre 2025. Ces formations visent à la fois un objectif d’autoformation et de réflexion critique. Elles empruntent donc beaucoup à des travaux préexistants de camarades issu·es ou non de notre courant. Les autrices et auteurs y exposent l’état du Moyen-Orient deux ans après le 7 octobre 2025.

    Lire la suite

  • Multiplication des agressions racistes en bande organisée...

    À Décines-Charpieu, un lycéen de 17 ans a été violemment agressé lundi 19 janvier par plusieurs individus cagoulés alors qu’il se rendait en cours : frappé, insulté, rasé, le visage lacéré. Le fait qu’ils aient agi en groupe, masqués, avec des pratiques d’humiliation et d’intimidation, ne doit rien au hasard. Comme à Nice, en décembre dernier, où une quinzaine d’hommes cagoulés ont attaqué des jeunes en proférant des insultes racistes dans le Vieux-Nice, ces violences portent la marque de groupes organisés.

    Elles s’inscrivent dans un continuum qui va jusqu’au meurtre raciste commis récemment près de Lyon, où le corps d’un jeune homme de 20 ans a été retrouvé dans un étang, et pour lequel une information judiciaire a été ouverte du chef de meurtre en raison de la race, de l’ethnie, de la nation ou de la religion.

    Ce continuum raciste est rendu possible par un contexte politique, médiatique et institutionnel où le racisme se déploie en toute impunité. La stigmatisation permanente des personnes racisées, des musulmanEs et des migrantEs, les politiques sécuritaires et islamophobes de l’État, l’impunité policière et judiciaire, favorisent ces passages à l’acte. La mort d’El Hacen Diarra au commissariat du 20ᵉ arrondissement de Paris rappelle que le racisme tue d’abord par la violence d’État.

    Dans le même temps, le gouvernement choisit de dissoudre des organisations antifascistes, comme la Jeune Garde, dont le rôle est précisément de lutter contre les groupes d’extrême droite violents et d’empêcher les agressions racistes, plutôt que de s’attaquer au racisme institutionnel. Pire encore, il en est un acteur central, tandis que les médias dominants et les responsables politiques déroulent le tapis rouge aux thèmes du Rassemblement national.

    Face à cette situation, une riposte collective et unitaire est indispensable. La mobilisation antifasciste et antiraciste massive à Nice le 17 janvier montre que c’est possible qu’une riposte collective existe et qu’une partie de la société refuse de laisser l’extrême droite et le racisme s’installer dans l’espace public. Nous refusons la banalisation et le silence. Il faut nommer les violences racistes pour ce qu’elles sont, combattre les groupes qui les organisent, mettre fin à l’impunité dont ils bénéficient et combattre le racisme d’État.

    Agir partout, s’organiser collectivement, renforcer les solidarités, rejoindre et renforcer les cadres antiracistes et antifascistes : c’est une urgence. L’unité et la détermination contre le racisme et le fascisme sont la seule réponse à la hauteur. Pour que la peur change de camp.

    Le NPA-l’Anticapitaliste appelle à participer aux deux mobilisations organisées le dimanche 25 janvier :

    Paris (75) : Marche « Justice et vérité pour El Hacen Diarra », 14h au Foyer des Muriers. Métro Père Lachaise.

    Lyon (69) : Rassemblement « Justice pour Ismael Aali », 15h devant le Palais de Justice des 24 colonnes.

  • Colères agricoles : Répression pour les uns, immunité pour les autres...

    La mobilisation agricole de janvier 2026 révèle l’autoritarisme de l’État et sa collusion avec l’agrobusiness. Derrière le spectacle des tracteurs dans Paris se cache une réalité brutale : répression des syndicats paysans, impunité pour les violences d’extrême droite, récupération politique au service du lobby agro-industriel.

    Au cœur de la colère paysanne, l’accord de libre-échange UE-Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) permettra l’importation massive de produits agricoles issus de la déforestation, de l’usage de pesticides interdits en Europe, de l’exploitation des travailleurEs. Cet accord menace directement les revenus des agriculteurEs européens. L’agriculture industrielle, les fermes-usines et la course au rendement menacent aussi les petits paysans sud-­américains. Le Mercosur incarne un modèle productiviste et le primat du libre-échange néolibéral sur la souveraineté alimentaire.

    La Confédération paysanne dans le viseur de la répression

    Face à cette offensive, la Confédération paysanne, syndicat progressiste, se mobilise depuis des mois. Seule réponse : la matraque et les arrestations. Le 9 janvier, deux porte-­parole nationaux, Thomas Gibert et Stéphane Galais, sont violemment interpellés place de l’Étoile alors qu’ils manifestaient pacifiquement. Le 14 janvier, 150 manifestantEs occupent une annexe du ministère avec un message clair : « L’agriculture, on veut en vivre, pas en mourir ». Résultat : 52 gardes à vue, suivies d’un classement sans suite confirmant l’absence de violence. Ces intimidations visent celles et ceux qui dérangent le pouvoir en exigeant un changement de modèle agricole.

    Pendant ce temps, la Coordination rurale (proche de l’extrême droite) multiplie les violences en toute impunité, voire avec l’accord de la police : tête de sanglier devant la Ligue de protection des oiseaux, local vandalisé d’un député écologiste, etc. Le gouvernement tolère la violence réactionnaire, mais criminalise la contestation paysanne.

    La FNSEA, syndicat d’État

    La FNSEA bénéficie d’un traitement de faveur. Le 13 janvier, 352 tracteurs défilent librement dans Paris, déversent 30 tonnes de pommes de terre devant l’Assemblée. Arnaud Rousseau, président de la FNSEA et du groupe agro-­industriel Avril, est reçu à Matignon. Réponse immédiate aux demandes de la FNSEA, qui a soutenu le gouvernement tout au long du dernier mois : « loi d’urgence », accélération de la loi Duplomb (fermes-usines et mégabassines), hausse de 10 % des quotas d’abattage de loups. Thomas Gibert dénonce un « système de cogestion entre la FNSEA et le gouvernement ».

    Le 13 janvier, Lecornu a annoncé un moratoire sur la politique de l’eau jusqu’en mars. Concrètement, gel du Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) de la Vilaine qui prévoyait l’interdiction des herbicides sur les zones de captage d’eau potable. Trois ans de travail démocratique suspendus sous la pression de la FNSEA, qui a perturbé les réunions et menacé les élus. La voix de plus de 3 500 manifestantEs à Rennes n’a pas été entendue. Ce moratoire ouvre la voie à l’assouplissement des normes nitrates, au déblocage des mégabassines et à la pollution des nappes. Le gouvernement délivre à la FNSEA le droit de piétiner le débat ­démocratique et la santé publique.

    Entre profits de l’agrobusiness et agriculture paysanne, le gouvernement a choisi. La politique délibérée du « deux poids, deux mesures » défend le capitalisme agricole contre l’alternative émancipatrice. Face à cette collusion, la Confédération paysanne appelle la population à amplifier la mobilisation. Associations écologistes, syndicats, partis politiques doivent rejoindre ce combat pour notre avenir. La solution viendra de notre capacité à faire converger nos luttes, pas de l’État bourgeois !

    Commission nationale écologie