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  • ICE, FRONTEX assassins !

    Ces dix derniers jours, dans une très raciste indifférence, des centaines de personnes se sont noyées ou sont portées disparues en Méditerranée à la suite de naufrages causés par le cyclone Harry. Dans le même temps s’est ouvert à Crotone, en Calabre, le procès de quatre policiers et deux garde-côtes italiens. Ils sont accusés de ne pas avoir secouru un bateau de migrantEs, dont le naufrage avait entraîné au moins une centaine de mortEs en 2023 – de nombreux corps n’ayant pas été retrouvés.

    Des politiques meurtrières

    Il ne s’agit pas d’accidents tragiques. C’est le résultat d’un racisme d’État qui hiérarchise les vies. Les polices des frontières européennes, Frontex, les accords avec des régimes autoritaires et les politiques de dissuasion constituent un système de violence institutionnelle. Depuis 2014, au moins 25 000 personnes sont mortes ou ont disparu en Méditerranée centrale et plusieurs dizaines en traversant la Manche.

    L’agence Frontex joue un rôle central : surveillance, coopération avec des garde-côtes impliqués dans des violations massives des droits humains, refoulements illégaux... À cela s’ajoute la criminalisation des ONG de sauvetage, avec amendes, saisies de navires et obligations de débarquement dans des ports lointains.

    Un combat de l’extrême droite 

    Des groupes d’extrême droite britanniques et français font la chasse aux migrantEs à Calais et harcèlent les associations d’aide aux exiléEs. Leur prétention à faire régner leur ordre raciste est telle que le ministère de l’Intérieur a été obligé de distribuer des OQTF à une dizaine de membres du groupe raciste anglais « Raise the Colours ».

    Cette pression d’extrême droite soutient des politiques extrêmement répressives qui sont en passe, partout dans le monde, de devenir une mode de gestion de l’ensemble de la population. Ce qui se passe avec l’ICE aux États-Unis va être amené à se généraliser. Le contrôle raciste des frontières en est un marqueur : cette question sera martelée pendant les municipales et la présidentielle. 

    Pour la liberté de circulation

    Le cyclone Harry révèle la convergence entre crise climatique, impérialisme et fermeture racialisée des frontières. Mettre fin à cette hécatombe suppose de rompre avec l’externalisation des frontières, de démanteler Frontex, de cesser la criminalisation de la solidarité et d’imposer la liberté de circulation et d’installation. Ces politiques racistes et meurtrières de gestion des corps doivent cesser !

  • Le budget 2026 fait l’impasse sur les enjeux environnementaux !

    En instaurant une Trajectoire de Réchauffement de Référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC), le gouvernement reconnaît l’importance de la menace climatique. Pourtant, il n’en tient pas compte dans son budget 2026.

    Cette trajectoire fixe les hypothèses officielles de réchauffement attendu pour la France en 2030 (+2 °C), 2050 (+2,7 °C) et 2100 (+4 °C, au lieu de + 1,5 °C fixé en 2015 par la COP21). Ce scénario de référence est censé guider l’action publique en anticipant les risques climatiques (vagues de chaleur, sécheresses, inondations…) et en orientant les mesures d’adaptation : renforcement des infrastructures, rénovation énergétique, gestion de l’eau, protection des populations vulnérables…

    Les reculs sur les politiques environnementales ont des conséquences fortes. La réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) ne devrait atteindre que 1,6 % en 2025, loin des 4,6 % annuels d’ici 2030 pour viser la « neutralité carbone » en 2050.

    Un budget en recul face aux nouvelles conditions climatiques

    Les engagements du gouvernement sont très en-dessous des enjeux, tant pour la lutte contre le changement climatique que pour l’adaptation à ses effets déjà dramatiques pour les plus vulnérables. Le Fonds vert — outil important pour les collectivités locales — a cofinancé près de 20 000 projets (rénovation d’écoles, aménagements cyclables, végétalisation, etc.). De 2,5 milliards € en 2023, son budget est réduit à 850 millions €. MaPrimeRénov’ est rabotée de près de 600 millions € par rapport à 2025.

    Seuls 31 millions € sont prévus pour le Plan vélo. L’ambition initiale était d’y consacrer 400 millions € par an pour atteindre 2 milliards € sur cinq ans. On en est très loin ! Et, face aux lobbies, le gouvernement renonce à taxer davantage l’achat des véhicules lourds et polluants, ou les industriels du plastique.

    Cerise sur le gâteau, l’État confirme la dissolution de l’Institut national de la consommation (INC) et la disparition/privatisation du magazine 60 millions de consommateurs. C’est l’INC qui a alerté sur l’omniprésence des aliments ultra-transformés dans l’alimentation, la présence de plastifiants dans des huiles d’olive ou les pratiques des assureurs en matière de catastrophes naturelles.

    Dans le contexte des municipales, un enjeu démocratique évident

    La trajectoire fixée par l’État permettra aux services préfectoraux d’évaluer les projets des collectivités. Comme les budgets de soutien aux projets environnementaux diminuent, le tour est joué. Les collectivités devront adapter les écoles, les Ehpad, repenser l’urbanisme, gérer l’eau, les îlots de chaleur, les risques, sans soutien financier. Les communes riches auront les moyens de s’adapter, les communes pauvres bricoleront, les territoires vulnérables (ruralité, outre-mer, quartiers populaires) cumuleront les risques.

    Le budget 2026 ne répond pas au défi climatique, le gouvernement accroît les inégalités sociales et territoriales. Raison de plus pour organiser ensemble une contre-offensive unitaire et populaire contre ces régressions démocratiques et environnementales.

    Commission nationale écologie

  • Des entreprises françaises collaborent avec le fascisme trumpien...

    Aux États-Unis, Trump a organisé une vaste chasse aux migrantEs, un élément central de sa politique fasciste, en s’appuyant sur l’ICE, la police fédérale de l’immigration. Or tout cela coûte cher : le budget de l’ICE a explosé, pour le plus grand profit d’entreprises privées, dont des entreprises françaises, Thales (applications militaires), Parrot (fabricant de drones) et… Capgemini.

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  • Arrêter Trump et toutes les offensives néo-coloniales !

    Provisoirement adoubée, par l’appareil d’État du régime et par Trump lui-même, comme présidente par interim, Delcy Rodriguez semble naviguer à vue entre deux nécessités : céder au chantage de Trump qui veut s’emparer à marche forcée des ressources en pétrole et en minerais du pays tout en maintenant une certaine stabilité du régime et le calme dans la société et dans la rue.

    Depuis des mois, Trump menait en parallèle des négociations avec Maduro et ses représentants et la mise en place croissante de mesures de menaces militaires. Logiquement, une fois la décision de frapper militairement prise, Trump a choisi l’option la moins couteuse en hommes et la moins incertaine en conséquence politiques. Une action de commando à l’abri d’une énorme supériorité aérienne et technologique, combinée à une négociation politico-économique en position de force avec un appareil maduriste décapité mais toujours capable d’encadrer la population et éventuellement de garantir la « transition » qu’exige les États-Unis.

    Prendre la mesure de l’agression militaire du 3 janvier

    Il s’agit de la mise en œuvre d’une politique qui s’est élaborée depuis des année et a été écrite dans le document d’orientation de « sécurité nationale » de novembre 2025 : Les États-Unis, face à leur affaiblissement économique et géopolitique veulent récupérer au maximum le terrain perdu, à commencer par celui qu’ils n’ont jamais cessé de considérer comme leur arrière-cour, l’Amérique latine. Pour ce faire, tous les moyens sont bons, jusqu’aux interventions militaires directes. Les administrations des États Unis, à l’heure d’intervenir contre ceux qu’ils estimaient dangereux pour eux ne se sont jamais imposé trop de limites diplomatiques, démocratiques ou humanitaires.

    Le 3 janvier n’est pas un coup de folie d’un président mégalomane, c’est le premier acte d’une nouvelle version, sans fard et sans scrupule, d’une politique impérialiste, colonialiste, profondément réactionnaire. Elle s’appuie, sur les forces et les gouvernements d’extrême droite en Amérique Latine et dans le monde qui toutes, de Milei en Argentine à Netanhyaou en Israël ont salué l’agression militaire contre le Venezuela. Ce qui n’est qu’un juste retour des choses puisqu’on sait que Trump n’a cessé de défendre et d’appuyer ces forces et de favoriser leur arrivée au pouvoir.

    Elle s’appuie aussi sur l’hypocrisie ou la lâcheté des gouvernements et partis « démocratique », en Europe ou en Amérique qui au mieux ont « déploré » la méthode de Trump, sans rien faire pour s’y opposer. La palme revenant à Macron qui dans un premier temps été jusqu’à seulement se féliciter de la capture de Maduro.

    Pour une politique anti-impérialiste

    La timidité ou la faiblesse des réactions des rares gouvernements d’Amérique latine qui ont clairement dénoncé l’agression ne suffiront pas à freiner la politique néo coloniale et le chantage permanent qui va avec. Que ce soit au Sheinbaum au Mexique, Petro en Colombie ou Lula au Brésil, leurs discours ou leurs initiatives diplomatiques ne pèseront pas assez lourd sans des mobilisations bien plus massives dans leurs pays mais aussi dans toute l’Amérique, États-Unis compris, pour arrêter Trump et son administration.

    C’est cela qui doit guider la politique et les initiatives des révolutionnaires dans le monde. Encourager, favoriser, appuyer partout des mobilisations les plus massives et les plus unitaires possibles Dénoncer et combattre toutes les agressions coloniales, impériales, toutes les forces d’extrême droite et racistes. Il s’agit des mêmes ennemis, des mêmes menaces.

    Les appels dans ce sens se multiplient. Il faut notamment saluer celui lancé le 5 janvier dernier par plus de 150 personnalités et organisations d’Amérique Latine qui invitent partis politiques, associations et syndicats à se réunir dans une conférence Conférence internationale antifasciste et pour la souveraineté des peuples, qui se tiendra fin mars au Brésil Porto Alegre. Cet appel se conclue notamment par ce qui devrait constituer la base de toutes les mobilisations à venir :

    —  Retrait immédiat de l’immense force militaire que les États-Unis maintiennent depuis des mois dans les Caraïbes ;

    —  Fin immédiate des agressions militaires ! Le respect de la souveraineté territoriale et politique du Venezuela, de l’Amérique latine et de tous les territoires et nations souverains du monde !

    Fabrice Thomas