Comme dans l’ensemble de l’Europe, les résultats des élections européennes confirment la crise politique que nous connaissons ici : près de 50 % d’abstention, des votes pour l’extrême droite très élevés, un pouvoir globalement discrédité mais qui sauvegarde son capital électoral, et des forces de gauche atomisées et dominées par le social-libéralisme couleur verte...
Contre le capitalisme, pour la justice sociale, il manque – encore et surtout – une voix pour le monde du travail.
Actualités nationales... - Page 226
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Urgence anticapitaliste et internationaliste !
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Comprendre les projets de Blanquer pour mieux les combattre...
Nous devons prendre au sérieux la déclaration de Jean-Michel Blanquer au Parisien (23 février 2019) : « Nous voulons redonner une cohérence globale [à l’éducation nationale].
C’est le sens de la transformation en cours et cela va générer tout un processus dans les trois ans à venir. » -
« Beaucoup de personnes qui voyaient l’avortement comme un tabou ont commencé à comprendre que c’était un droit pour lequel il fallait se battre »...
Entretien. À l’occasion de la projection au Festival de Cannes du documentaire « Que Sea Ley » de Juan Solanas, qui retrace la lutte des féministes argentines pour le droit à l’avortement, nous avons rencontré Victoria Tresoriero et Agustina Vidales Agüero, sociologues et militantes.
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Le 2 juin, contre la répression, avec les mutiléEs...
Les semaines se suivent, et se ressemblent malheureusement. C’est ainsi que samedi dernier, lors de l’Acte 28 des Gilets jaunes, de nombreux cas de violences policières ont été recensés : contre des manifestantEs, contre des journalistes, contre des passantEs… Dans plusieurs villes, les forces de répression ont en outre procédé à de nombreuses arrestations, comme à Paris où ce sont des dizaines de personnes qui ont été interpellées et maintenues en garde à vue. Quatre camarades du NPA ont ainsi fait les frais de cette répression policière et judiciaire, avec des gardes à vue de 48 heures et des défèrements pour le seul fait d’avoir eu en leur possession des équipements de protection face aux gaz lacrymogènes. Rien que le minimum nécessaire pourtant, lorsque l’on sait que la stratégie policière consistant à inonder les manifestations de gaz pour tenter de les disperser, ou tout simplement de les empêcher, est devenue la norme.
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Journalistes convoqués à la DGSI : la liberté d’informer de plus en plus menacée...
Nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer, dans nos colonnes, la multiplication des attaques contre la liberté de la presse et le droit d’informer, particulièrement préoccupante depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron.
Ces dernières semaines, de nouveaux événements se sont produits, qui confirment que l’autoritarisme en marche n’épargne personne et que les journalistes sont en première ligne. -
Un outil de fichage des personnes psychiatrisées...
Le 6 mai 2019 a été publié un décret1 de modification d’un texte du 23 mai 20182, « autorisant les traitements de données à caractère personnel relatifs au suivi des personnes en soins psychiatriques sans consentement » ; un décret initial pour le moins dangereux pour les personnes psychiatrisées, paru dans le plus grand silence médiatique et politique.
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L’urgence de construire une alternative anticapitaliste et internationaliste...
Face au danger de l’extrême-droite,
L’urgence de construire une alternative anticapitaliste et internationaliste
Les résultats des élections européennes confirment la crise politique en France comme en Europe : 50 % d’abstention, des votes pour l’extrême-droite très élevés, des partis de gouvernement globalement discrétisés mais qui sauvegardent leur capital électoral. Contre le capitalisme, pour la justice sociale, il manque - encore et surtout - une voix pour le monde du travail.
L’extrême-droite menace
Comme en 2014, le Rassemblement national arrive en tête en s’appuyant sur le rejet de l’Union européenne pour dévoyer les colères sur le terrain du racisme et de la lutte du touTEs contre touTEs.
Avec ses comparses en Italie, en Belgique ou en Hongrie, il incarne un danger mortel : celui de la concurrence la plus féroce entre les pays, avec les conséquences dramatiques qui en découleraient pour les classes populaires, pour les femmes, pour les immigréEs, et pour l’ensemble des droits démocratiques et sociaux.
Les partis de gouvernement sauvent leurs places
Bien que totalement désavoués par les mobilisations de ces derniers mois , Macron et LREM parviennent à limiter la casse. De la même façon, en Allemagne et dans l’État espagnol, la droite ou le PS se maintiennent bien que leurs politiques aient aussi été rejetées par les populations. Ces forces vont dominer le futur parlement européen, ce qui montre une fois de plus le caractère antidémocratique de ces institutions.
Ces formations se présentent comme des remparts contre l’extrême-droite. Mais ce sont les politiques qu’elles mènent, de casse des droits sociaux, de privatisations, de mépris contre les classes populaires, qui nourrissent en réalité l’extrême-droite.
Les Verts ont remporté des scores importants en s’appuyant sur des préoccupations écologiques grandissantes et des mobilisations pour la justice climatique. Avec aux alentours de 30 % des voix, les partis de gauche sont globalement au plus bas, payant leur participation aux politiques libérales, notamment dans le cadre de l’Union européenne, leur division et les difficultés de mobilisations sociales qui ont du mal à gagner.
Lutter, débattre, construire
La crise économique, sociale, écologique, va continuer à se renforcer et le choix à faire est de plus en plus net : soit l’extrême-droite prend de plus en plus de place - jusqu’au pouvoir ? - car les partis de gouvernement n’arrêteront pas son avancée, soit le monde du travail parvient à surmonter ses faiblesses pour construire une véritable alternative aux politiques libérales et/ou nationalistes.
Il est vain de vouloir aménager le système. Nous avons besoin d’une gauche radicale, indépendante des institutions, anticapitaliste et internationaliste, pour la rupture révolutionnaire avec le système, et dont le centre de gravité est la défense concrète du monde du travail.
Il y a urgence à construire une représentation politique pour tous les exploitéEs. Sans nier les désaccords qui existent, par la discussion et la confrontation des points de vue, nous voulons œuvrer à l’unité de notre camp social, être capable de s’unir pour agir contre le gouvernement, contre la répression, pour nos revendications sociales, démocratiques et écologiques. Il est déjà possible de se coordonner pour que les luttes gagnent ensemble au lieu de perdre les unes après les autres.
Pour ces mobilisations, à ce travail de construction, urgent et nécessaire, le NPA entend prendre toute sa part.
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Fiat et Renault : grandes manœuvres dans l'industrie automobile mondialisée...
Depuis dix ans, la concurrence s’était stabilisée au sein de l’industrie automobile mondialisée et avait permis d’augmenter partout les profits des principales firmes qui n’ont cessé d’augmenter leurs productions mondiales de voitures.
Aujourd’hui, une nouvelle phase de restructurations s’ouvre.
Rien de plus classique que cette alternance de phases dans une industrie capitaliste. Le nouveau tient aux facteurs qui sont à l’origine de cette situation. -
« Stop Dublin ! » : Une résistance à la forteresse Europe raciste...
C’est sur la frontière catalane entre la France et l’Etat espagnol, au Perthus (département des Pyrénées-Orientales), qu’a eu lieu, dans le cadre de l’initiative européenne Stop Dublin Campaign (qui a mobilisé plusieurs milliers de manifestantEs), la marche « Sauvons le droit d’asile ! Stop Dublin », samedi 25 mai.
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Communiqué de nos camarades de Lutte Ouvrière...
Au soir des élections européennes, le Rassemblement national s’est félicité d’avoir dépassé La république en marche, et celle-ci s’est félicitée d’avoir limité les dégâts grâce à une participation plus grande à cette consultation électorale. Mais l’électorat populaire, avec les salariés, les chômeurs, les retraités du monde du travail, est largement resté à l’écart des européennes. Aux abstentionnistes, il faut ajouter tous ceux, principalement dans les quartiers populaires, qui sont tellement dégoutés des élections qui ne changent rien à leur sort qu’ils ne sont même plus inscrits sur les listes électorales. Sans parler de tous ceux qui, immigrés, n’ont pas le droit de vote bien qu’exploités dans ce pays et sont une fraction importante du prolétariat.
Le jeu des partis dans ces élections n’a laissé à l’électorat populaire que le choix entre le représentant caricatural de la morgue bourgeoise envers les travailleurs et la millionnaire Le Pen. Le choix entre la peste et le choléra.
Au temps où fonctionnait le système de l’alternance entre la droite et la gauche, cette dernière bénéficiait d’un passé qui la reliait encore au mouvement ouvrier.
Au-delà du rejet que la gauche provoque aujourd’hui dans l’électorat populaire, c’est tout le système de la démocratie bourgeoise qui est mis en cause, tant il apparaît que les élections, au lieu de permettre le changement, ne servent qu’à masquer le fait que rien ne change.
La bourgeoisie des grandes puissances impérialistes a trouvé avec le parlementarisme un système qui lui permet de dissimuler sa mainmise sur la société, en donnant à la population l’illusion que c’est d’elle et de ses votes que dépend la vie sociale, alors qu’en réalité, elle est soumise à la dictature impitoyable du grand capital. Mais cette illusion ne fonctionne que tant qu’elle est crédible. C’est de moins en moins le cas.
Les racines de la crise de la démocratie bourgeoise sont là, ainsi que les raisons de la montée de courants politiques partisans de régimes autoritaires.
Au moment où la démocratie bourgeoise est minée par la faillite du capitalisme, par la crise économique, par la menace de guerres et de catastrophes écologiques, d’aucuns ont pour ambition de reconstruire la gauche.
La gauche, tant qu’elle avait un certain crédit parmi les travailleurs, a été un moyen d’enchainer le mouvement ouvrier au système institutionnel de la bourgeoisie. Cet instrument s’est brisé en remplissant cette tâche, et tous ceux qui veulent le réparer trompent les travailleurs alors que la société est poussée vers le précipice.
S’opposer à l’extrême droite avec toutes les saletés réactionnaires et antiouvrières qu’elle charrie, ne pourra pas se faire en ressuscitant le cadavre des vieux partis. Ce qu’il est vital de reconstituer, c’est le mouvement ouvrier pour qu’il reprenne le drapeau du combat contre la dictature de la bourgeoisie sur la société.
Aussi restreint que soit le nombre de ceux qui se retrouvent dans les idées de la lutte de classe, ce sont eux qui représentent l’avenir. Le camp des travailleurs n’est pas une abstraction. Avant d’être un choix politique conscient, c’est une réalité sociale.
La guerre que la grande bourgeoisie mène contre les travailleurs ne pourra cesser qu’avec la fin des luttes de classe, c’est-à-dire avec la destruction de l’organisation capitaliste de la société.
L’opposition au capitalisme sera en permanence secrétée par le capitalisme lui-même, par l’avidité de la grande bourgeoisie et par son incapacité à répondre à quelque problème sérieux que ce soit qui se pose à l’humanité.
L’organisation capitaliste de la société ne peut fonctionner qu’en maintenant dans l’exploitation et l’oppression une partie de la société, le prolétariat. Aussi féroce que puisse être la dictature de la grande bourgeoisie et précisément à cause de cette férocité, elle fera tôt ou tard surgir la révolte.
C’est dans cette révolte que la minorité de travailleurs conscients peut devenir la majorité et transformer la société en mettant fin à la domination du grand capital par l’expropriation de la grande bourgeoisie.
Les résultats de Lutte Ouvrière, pour modestes qu’ils soient, confirment la présence d’un courant politique qui maintient la tradition révolutionnaire du mouvement ouvrier, l’internationalisme face à la montée des nationalismes, le drapeau rouge face au drapeau tricolore de la bourgeoisie. Renforcer ce courant, lui donner la force d’intervenir dans la lutte de classe que les travailleurs ont à mener contre la grande bourgeoisie est la tâche essentielle en cette période de crise économique et d’offensive de la classe capitaliste. C’est de cet effort que pourra surgir le parti ouvrier révolutionnaire représentant les intérêts matériels et politiques des exploités.
La classe ouvrière a la force et les moyens de mettre fin à la dictature du grand capital sur la société. Il lui manque la conscience de ses formidables possibilités. Cette conscience ne peut s’incarner que dans un parti ayant pour objectif de mener la révolution sociale jusqu’au bout, un parti communiste révolutionnaire. L’avenir de l’humanité et peut-être même sa survie en dépendent.
Nathalie Arthaud et Jean-Pierre Mercier