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  • Sacrifier ou libérer les otages ? Les manifestantEs israéliens ont choisi leur camp...

    Pour Benyamin Netanyahou, les manifestations de masse qui ont éclaté dans tout le pays visaient à le renverser, lui et son gouvernement. Cet objectif a été explicitement énoncé par presque toutEs les orateurEs montés sur scène lors de la principale manifestation à Tel Aviv, où plus de 300 000 IsraélienNEs ont envahi les rues après que l’armée a récupéré les corps de six otages de Gaza. […]

    La libération des otages avant tout

    Dans l’ensemble, l’opposition à la poursuite de la guerre n’est pas motivée par des préoccupations morales : les actions génocidaires d’Israël à Gaza n’ont pas été mentionnées, et aucun appel à la réconciliation ou à la paix avec les PalestinienNEs n’a été lancé. Les manifestantEs se préoccupent avant tout de leurs concitoyenNEs détenuEs à Gaza et réclament un « Deal Now » qui aboutirait à leur libération. Néanmoins, ces appels ont une portée considérable.

    Même dans l’éventualité d’un cessez-le-feu temporaire qui faciliterait un premier échange d’otages et de prisonnierEs, tel que celui envisagé par l’accord actuellement sur la table, il semble que Netanyahou craigne la difficulté à renouveler l’effort de guerre, une fois l’armée retirée des corridors de Philadelphie et de Netzarim, et après que des centaines de milliers de PalestinienNEs auront été autorisés à retourner dans le nord de la bande de Gaza. […]

    Les manifestantEs ne croient pas que l’arrêt de la guerre, du moins à ce stade, constitue une menace pour leur existence, contrairement à ce que prétendent Netanyahou et ses porte-parole depuis les premiers jours des combats. Bien au contraire, ils et elles perçoivent la poursuite de la guerre comme une menace directe pour la vie des otages et, dans une certaine mesure, pour la leur. C’est le sens subversif de l’appel au « Deal Now », même si toutes celles et ceux qui l’ont lancé n’en ont pas compris l’implication.

    Un choix entre « Deal Now » et « Sacrifice Now »

    La droite israélienne continue d’affirmer que ce n’est pas le corridor Philadelphie qui fait obstacle à un accord, mais plutôt le chef du Hamas Yahya Sinwar et ses conditions impossibles. La plupart des analystes israélienNEs de haut niveau en matière de sécurité rejettent désormais cet argument, insistant plutôt sur le fait que ce sont les conditions fixées par Netanyahou, sous la pression de Bezalel Smotrich et d’autres membres de l’extrême droite de son gouvernement, qui sabotent l’accord — même après que le Hamas a surpris Israël en acceptant une proposition qu’Israël avait lui-même soumise. […]

    Le choix est maintenant, quoique tardivement, clair pour tous et toutes : poursuivre la guerre indéfiniment en mettant en danger la vie des otages ou mettre fin à la guerre pour les libérer. La droite israélienne choisit la première solution, tandis que les centaines de milliers de personnes qui descendent dans la rue estiment qu’aucun objectif de guerre ne vaut le sang des otages. […]

    Il est difficile de prévoir si cette large mobilisation débouchera sur un changement politique ; cela dépendra de nombreux éléments sans rapport avec le mouvement de protestation, y compris la pression américaine. Le défi est énorme : non seulement renverser un gouvernement et contrecarrer son projet législatif, mais aussi arrêter la guerre la plus longue et la plus sanglante de l’histoire du conflit israélo-palestinien. Mais un refus massif d’accepter le récit qui vient d’en haut est un premier pas important — et c’est exactement ce à quoi nous assistons aujourd’hui.

    Meron Rapoport, le 4 septembre 2024, traduction JB pour l’Agence Media Palestine

    À lire en intégralité : « Sacrifier ou libérer les otages ? Les manifestantEs israéliens ont choisi leur camp » https://agencemediapales…

  • Draguignan, 1974 : des soldats manifestent dans la rue...

    Au lendemain d’un Mai 68 durant lequel les casernes sont restées presque muettes, l’esprit « soixante huitard » y pénètre peu à peu : révoltes individuelles, soldats sanctionnés pour avoir distribué des tracts antimilitaristes, début d’organisation dans des comités éphémères. 

    Les mobilisations s’amplifient à partir de la loi Debré visant à supprimer les sursis à l’incorporation des appelés du contingent. En 1973, l’élection de Giscard met fin au gaullisme et à sa relation particulière à l’État et à l’armée. Le développement des armes nucléaires ouvre la voie au débat sur l’organisation de la défense nationale. La lutte des paysans du Larzac renouvelle l’antimilitarisme. La jeunesse issue de mai 1968 arrive dans les casernes. 

    L’Appel des Cent

    Dans ce cadre de l’élection présidentielle, les militants révolutionnaires engagent la signature d’une pétition : augmentation de la solde, libertés démocratiques, refus des missions anti-ouvrières, une vingtaine de revendications précèdent les signatures de cent soldats du contingent, rendues publiques en mai 1974 1. Si ce type de lutte avait fait ses preuves avec le Manifeste des 121 contre la guerre d’Algérie ou le Manifeste des 343 pour l’avortement, les conditions de lutte de 100 anonymes isolés dans leurs casernes sont plus délicates. 

    Avec quelques flottements, la hiérarchie militaire et le gouvernement se lancent dans une répression modérée : mise en prison pour quelques semaines, mutations, menaces diverses. Cependant les signatures se multiplient, les mutations favorisant la diffusion de l’Appel des Cent. Le glacis médiatique se brise et le débat devient public.

    La manifestation

    À Draguignan dans le Var, dans le 19e régiment d’artillerie, des signataires de l’Appel créent un comité de soldats. En arrivant dans la caserne, certains appelés se renseignent : « Où peut-on signer l’Appel des Cent ? » L’ambiance s’en ressent. Tout est prétexte à résistance, à incidents : brimades, problèmes de cantine, propos racistes, etc. Les derniers mois ont vu se développer dans les prisons des modes d’action spectaculaires qui ont porté les revendications sur le devant de la scène. L’idée fait son chemin dans l’esprit des appelés qui souhaitent faire connaître leurs luttes et leurs revendications.

    Lundi 9 septembre, en fin de journée, le comité distribue dans la caserne un tract contenant l’Appel des Cent et la liste des 200 signataires de l’unité, accompagné d’un texte des « Antillais » dénonçant le racisme et les brimades dont ils sont les victimes. Réunis le soir, nous décidons de nous retrouver le lendemain pour poursuivre l’action. L’idée d’une manifestation fait son chemin. 

    Le lendemain, le 10 septembre 1974, bien que la hiérarchie ne se manifeste guère, l’ambiance est tendue. À 13 h 30, nous nous retrouvons à une trentaine : discussions, votes, nous décidons de nous retrouver à 14 heures dans la cour pour sortir en manifestation. À 14 heures, nous commençons à nous compter : 10, puis 20, puis 50 ; après on ne compte plus ! Nous estimons que nous sommes assez nombreux pour manifester. Le lieutenant de service se place dérisoirement sur notre chemin devant la porte de sortie. Nous nous retrouvons dans la rue. 

    Après quelques hésitations, les premiers mots d’ordre sortent des rangs : « La solde à 1 000 francs », « Sorties en civil », « Des perms toutes les semaines », « On est des hommes, pas des bêtes », « Faites l’amour, pas la guerre ». La présence de journalistes finit de créer l’ambiance, et c’est sans complexe que nous traversons la ville. 

    Nous faisons un sit-in devant la sous-préfecture. Le commandant de la caserne tente de nous faire rentrer tranquillement en camion. Nous décidons de rentrer en manifestant dans le centre-ville. Au retour, nous nous payons un tour de caserne en appelant nos collègues enfermés dans les bâtiments à nous rejoindre. Quelques heures plus tard, le commandant de la région militaire vient entendre nos revendications, assortissant ses réponses de menaces. 

    La répression

    Le lendemain, la riposte de la hiérarchie militaire est rapide et brutale : dans le cours de la matinée, neuf appelés sont emmenés subrepticement et emprisonnés au camp de Canjuers, toujours dans le Var. Des dizaines de soldats sont interrogés. La Sécurité militaire cherche des meneurs.

    La classe politique est horrifiée. Syndicats et partis de gauche soutiennent avec des grands « mais nous ne sommes pas antimilitaristes ». Après deux mois d’arrêt de rigueur dans différentes casernes de France, trois meneurs sont fabriqués par l’instruction. Pelletier, Ravet et Taurus sont présentés devant le tribunal permanent des forces armées de Marseille et emprisonnés aux Baumettes. Une campagne de soutien sans précédent se développe, alliant notre défense à la condamnation de l’armée bourgeoise. Pétitions, meetings, manifestations se multiplient associant organisations politiques, syndicats, organisations antimilitaristes et de défense des droits humains.

    Le procès qui a lieu à Marseille les 7 et 8 janvier 1975 se termine en débâcle pour l’institution militaire et le gouvernement avec des peines de principe pour les trois appelés. C’était le début d’un combat de plusieurs années dans les casernes.

    Robert Pelletier

    • 1. Robert Pelletier, « Il y a 50 ans, un antimilitarisme actif déstabilise l’armée », La revue l’Anticapitaliste n° 155, avril 2024.
  • Antimilitarisme et solidarité ouvrière...

    Dès la fin du 19e siècle, le rôle de l’armée dans la répression de la Commune de Paris et des grèves ouvrières nourrit un antimilitarisme ouvrier. 

    Un tel mouvement d’opinion n’empêche nullement la boucherie de la Première Guerre mondiale, malgré les positions de Lénine et des Bolcheviks, reprises dans la quatrième des 21 conditions d’adhésion à la IIIe internationale, fixées par le 2e Congrès en 1920 1

    La propagande communiste parmi les troupes rarement mise en œuvre

    La « mise en œuvre » n’est victorieuse que dans la Russie de 1917, malgré les tentatives notamment dans l’armée ­allemande. Si le Parti communiste français tient encore le cap lors de la guerre du Rif (intervention de la France à partir de 1924), ces belles résolutions ne résistent pas à la stalinisation du PCF et de l’IC. 

    De la stalinisation au renouveau des luttes 

    En 1935, dans un communiqué commun, Laval et Staline affirment « ne laisser aucun des moyens de leur défense nationale s’affaiblir » et reconnaissent le droit de la France à « maintenir ses forces armées à un niveau conforme à sa sécurité ».

    Le contexte de la Deuxième Guerre mondiale ne se prête guère aux manifestations d’antimilitarisme, même si un petit nombre de militantEs, notamment trotskistes, tentent d’imposer une distinction entre la guerre contre les nazis et celle contre les « boches ». 

    Les guerres coloniales réactivent une hostilité à l’armée. Et les débats s’amplifient avec le coup d’État au Chili et l’action décisive du Mouvement des Forces armées dans le renversement du fascisme au Portugal. Un renouveau générationnel et militant pour des luttes antimilitaristes. 

    Robert Pelletier

    • 1. « Le devoir de propager les idées communistes implique le besoin particulier d’une propagande systématique et persévérante parmi les troupes. Là où elle interdite par des lois d’exception, elle doit se poursuivre illégalement. S’y refuser, c’est trahir le devoir révolutionnaire, chose incompatible avec l’affiliation à la IIIe Internationale. » Les Quatre Premiers Congrès mondiaux de l’Internationale communiste, 1919-1923, réédition en fac-similé, Maspero, p. 39 et 40.
  • Déclaration de soutien de Sotsialnyi Rukh aux revendications des familles exigeant des conditions de service (dans l’armée, sur le front) claires ...

    Le 24 août, des militantEs du Sotsialnyi Rukh de Lviv ont soutenu un rassemblement de femmes et d’enfants, qui exigeaient des conditions de service claires. Des étudiants et d’autres citoyens actifs se sont également joints à la manifestation.

    Après deux ans d’invasion à grande échelle, les volontaires qui sont allés défendre l’Ukraine dans les premiers jours de la guerre sont toujours en service et ne savent pas quand ils pourront rentrer. Un service prolongé au front sans conditions de service clairement définies exerce une pression psychologique sur les militaires et leurs familles, sapant le moral et l’état de préparation au combat de l’armée. L’absence de lois sur les conditions de service démotive également la population civile et réduit l’efficacité de la mobilisation, augmentant le risque de corruption et de désertion.

    Sotsialnyi Rukh soutient les justes revendications des activistes du mouvement pour des « conditions de service » claires. Nous défendons une juste répartition du fardeau de la guerre sur la société ukrainienne et des garanties sociales pour les militaires et leurs familles. N’oublions pas que militaires épuisés = guerre perdue !

    Sotsialnyi Rukh (Mouvement social)

  • Imposer les mesures d’urgence sociale, démocratique et écologique...

    Pris à son propre piège, Macron continue de mépriser les résultats des urnes… pour mieux servir les riches. Il est temps d’imposer les mesures d’urgence sociale, démocratique et écologique du NFP et d’affronter ceux qui détiennent le pouvoir.

    Olympique ! Voici comment on pourrait qualifier la vie politique française depuis le 9 juin. Le gouvernement Attal pulvérise des records en matière d’autoritarisme. Il détient le record de longévité des gouvernements démissionnaires depuis 1948 : près de 50 jours.

    Le suspense ne semble pas près d’être levé : à peine énoncés, les noms des hypothétiques Premiers ministres disparaissent. Thierry Beaudet, Bernard Cazeneuve, Xavier Bertrand ? Nul ne sait qui l’emportera. Une chose est sûre, il n’aura pas la tâche facile… de ne rien changer à la politique du président.

    Ne rien changer, faire du « pro-business »

    Sous le bruissement médiatique, Macron répond davantage à la pression du Medef qui, fustigeant le programme NFP jusqu’à l’annonce que Lucie Castets ne serait pas nommée, exhortait les futurs dirigeants du pays à poursuivre l’action de Bruno Le Maire. Lequel a été, selon le président du Medef « un artisan déterminé et déterminant [des] politiques pro-business. » Avec le résultat qu’on connaît pour les comptes publics, les services publics et notre avenir ! 

    Au même moment, Patrick Pouyanné, le PDG de Total, mettait en garde contre l’augmentation du Smic, avec l’objectif de défendre les petites et moyennes entreprises. La stratégie de Macron consiste à chercher sur les marges du faible bloc central un Premier ministre susceptible de continuer comme avant sa politique, celle-là même qui vient d’être par deux fois profondément rejetée par la population. 

    Il s’apprête ainsi à nommer un Premier ministre qui ne reviendra pas sur la réforme des retraites, qui se refusera à augmenter immédiatement de 200 euros le SMIC et qui appliquera pieds et poings liés une politique d’austérité au profit des plus riches. Et tant pis si, pour ce faire, il lui faudra composer avec le Rassemblement national et s’assurer qu’il ne vote pas la censure contre un nouveau gouvernement Macron. Marine Le Pen et Bardella ont d’ailleurs annoncé qu’ils étaient prêts à entrer dans ce jeu, certainement en échange de nouvelles offensives racistes et sécuritaires qui ne posent aucun problème à Macron.

    Le déni de démocratie doit prendre fin

    Après avoir dissous l’Assemblée, il a décidé de dissoudre la volonté populaire, ce qui témoigne d’une très profonde crise de régime. Afin de dénoncer ce scandale démocratique, des manifestations se mettent en place pour le 7 septembre. Le NPA-l’Anticapitaliste participera à ces manifestations et appelle d’ores et déjà à les poursuivre dans la durée. Le déni de démocratie doit prendre fin, il faut imposer le programme du Nouveau Front populaire : l’augmentation des salaires et revenus, l’abrogation de la réforme des retraites, des moyens pour les services publics, une planification écologique, etc.

    Pour faire appliquer ne serait-ce que ces mesures d’urgence du programme du NFP, il nous faudra vaincre les résistances des ultra-riches et de la bourgeoisie qui a taillé sur mesure les institutions avec lesquelles Macron continuera de jouer tant que nous le laisserons faire… et poser la question du pouvoir. 

    La Ve République a fait son temps. Les institutions actuelles sont profondément anti-démocratiques et ne permettent pas de répondre à l’urgence sociale et écologique. Elles offrent en effet aux possédants de quoi contourner la volonté populaire de mettre en place une politique de progrès social, qui serait la seule voie à suivre pour faire vraiment reculer l’extrême droite.

    Une vraie démocratie fondée sur les besoins

    Pour changer cette société usée, une assemblée constituante représentative de notre camp social, issue des luttes et démocratiquement élue, doit renouveler en profondeur les institutions. Il nous faut en finir avec la concentration des pouvoirs par un président. Nous voulons une véritable démocratie, fondée sur le débat démocratique à la base, sur les besoins de la population organisée et active.

    Partis, syndicats, associations, électeurs du NFP, ensemble, l’heure est à l’unité des forces de gauche sociales et politiques et à la mobilisation contre Macron et sa politique, pour faire reculer l’extrême droite. Nous avons confiance en nos forces !