Maksym Boutkevytch est un défenseur ukrainien des droits humains, des réfugiéEs et des migrantEs qui, dès l’invasion russe, s’est engagé dans une unité de volontaires à Kiev, le 210e bataillon spécial « Berlingo ». Après l’échec de l’offensive des forces russes sur Kiev, son bataillon fut envoyé dans le Donbass. C’est là que le lieutenant Boutkevytch, « Moses » (Moïse) de son nom de guerre, fut capturé avec huit autres hommes, le 18 juin 2022, et détenu dans la province (oblast) occupée de Louhansk, annexée par la Russie en septembre 2022. Prisonnier de guerre, comme tous les combattants ukrainiens, il fut condamné, en mars 2023, à treize ans de prison, par un tribunal, pour un « crime de guerre » qu’il était censé avoir commis à Sievierodonetsk... où il n’était pas à l’époque. Il est alors incarcéré avec des criminels de droit commun pendant que se déployait une campagne internationale contre ce pseudo-procès et ses mensonges (lire Amnesty International). Il a fait partie des prisonniers libérés en octobre 2024 (lire l’article du « Monde », « En Ukraine, les deux ans de captivité et d’interrogatoires de Maksym Boutkevytch »), et poursuit depuis lors son combat pour la libération de l’Ukraine et contre les discours mensongers de Poutine, comme il le fait dans ce texte.
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Violences faites aux enfants : mettre fin à l’inacceptable...
Le scandale de l’établissement scolaire Notre-Dame de Bétharram remet sur le devant de la scène les violences faites aux enfants. La Ciivise (Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants) avait déjà rendu en 2023 un rapport accablant. Aujourd’hui, c’est bien la complicité de l’État, jusqu’au plus haut niveau, qui est mise en lumière.
À Bétharram, il y a plus d’une centaine de plaintes, les faits s’étalent sur plusieurs décennies et ne sont pas isolés. Dans cette école privée catholique les violences sont institutionnalisées, encouragées comme méthode éducative. On ne parle pas seulement de brimades (qui seraient déjà inacceptables) mais de violences physiques, sexuelles et de viols.
Des violences d’une ampleur inimaginable
En 2023, la Ciivise estimait à 160 000 le nombre d’enfants victimes de violences sexuelles chaque année et à 5,4 millions le nombre d’adultes agressés dans leur enfance. Dans 97% des cas les agresseurs sont des hommes et 81 % des agressions sont commises par des membres de la famille.
Sur les 11 % d’agressions commises dans dans un cadre institutionnel par un adulte, 25 % le sont par un religieux, 19 % par un professionnel de l’éducation et 8 % par un entraîneur sportif.
Les femmes sont souvent en première ligne pour les constater, en particulier les mères. Il est anormal que lorsqu’elles dénoncent les faits d’inceste de leur conjoint, elles soient accusées “d’aliénation parentale” puis de “non-présentation d’enfant” si elles refusent de confier leur enfant au parent agresseur.
C’est tout un système qui permet de telles violences
Depuis le mouvement #metoo, les femmes ont enfin réussi à faire entendre leur voix lorsqu’elles dénoncent les violences qui leur sont faites. On estime à 94 000 le nombre de femmes victimes de viol ou tentatives de viol chaque année soit presque deux fois moins que les enfants. Pourtant, aujourd'hui encore le silence garantit l’impunité pour les agresseurs d’enfants que ce soit dans la famille ou les institutions éducatives.
Ces violences sont rendues possibles par un système de domination patriarcal qui donne une toute-puissance aux hommes pour exercer des violences, y compris sexuelles. C’est également un système de domination des adultes sur les enfants qui nie leur droit de s’exprimer, qui délégitime totalement leur parole.
L’affaire Bétharram montre à quel point l’ensemble de la société est gangrené jusqu’au plus hauts niveaux : Église catholique, Justice, fonctionnaires des ministères, ministres…
En finir avec toutes les violences patriarcales !
Nous devons prendre en compte dans nos luttes ces violences contre les enfants car elles sont aussi le produit terrible du patriarcat. Il faut briser la loi du silence, refuser d’être complices de ces agressions et être solidaires des victimes. Nous devons nous battre pour faire reconnaître la voix des enfants. Cela passera par leur donner la place d’acteurEs qui doit être la leur. Il faut développer des espaces de parole, de démocratie, des débats, à l’école et dans les familles. Il est urgent de mettre en œuvre une éducation non sexiste, qui éduque au respect des corps et du consentement, dès le plus jeune âge pour enrayer ce fléau des violences. Repenser une éducation réellement émancipatrice est une nécessité pour protéger les enfants dès aujourd'hui et surtout pour construire une société débarrassée de tous les rapports de domination.
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Prochainement, 1...
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Prochainement, 2...
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Solidarité avec l'Ukraine résistante !
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Soutenons la résistance ukrainienne !
Trois ans après le début de la guerre, faire connaître ce qu’en disent celles et ceux qui ont combattu à la fois l’invasion russe de l’Ukraine et les attaques sociales infligées par le président Zelensky, est un acte élémentaire d’internationalisme.
Il s’agit de la guerre d’agression d’un impérialisme niant que l’Ukraine existe comme nation indépendante. Cet impérialisme fascisant est soutenu par les extrêmes droites du monde.
Il revient au peuple concerné de faire le choix de résister plutôt que de se soumettre.
À nous de soutenir ces choix, de façon indépendante de tous les gouvernements et contre tous les blocs militaires. -
Dissolution du Collectif Palestine Vaincra : l’offensive autoritaire contre la solidarité avec la Palestine se poursuit...
Le Conseil d’État a rejeté le recours contre le décret de dissolution du Collectif Palestine vaincra, confirmant une fois de plus une dérive autoritaire et sa volonté d’étouffer toute voix dissidente. L'État français avait demandé la dissolution en 2022 sur le fondement de la loi liberticide « séparatisme ». Elle s’inscrit dans une offensive plus large visant à criminaliser le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien.
Cette décision est d’autant plus inique que le Conseil d’État reconnaît qu’il n’y a rien à reprocher au Collectif Palestine Vaincra, ni dans les actes ni dans leur discours. Mais sous prétexte de « manque de modération dans les commentaires de leurs réseaux sociaux », il entérine de fait la politique de répression frontale de l’État français contre celles et ceux qui dénoncent l’occupation israélienne et défendent le droit des PalestinienNEs à résister à l’oppression. Après l’interdiction des manifestations en soutien à Gaza, après la répression systématique des militantEs pro-palestinienEs et des mouvements universitaires des étudiantEs, cette dissolution marque une nouvelle étape dans l’intimidation et la criminalisation du mouvement de solidarité.
Le Collectif Palestine Vaincra est dissous, mais nous savons que le gouvernement ne s’arrêtera pas là. Les autres collectifs engagés, comme Urgence Palestine ou Samidoun sont clairement dans son viseur. Cette offensive répond à une volonté plus large de museler toute contestation politique, toute dénonciation du génocide en Palestine et tout moyen d’expression de soutien au mouvement de résistance palestinien.
Nous dénonçons fermement cette dissolution, qui s’attaque non seulement aux militantEs engagéEs pour la justice en Palestine, mais plus largement aux libertés démocratiques et au droit de manifester une solidarité internationale. Face à cette offensive répressive, nous affirmons plus que jamais notre engagement aux côtés du peuple palestinien et de toutes les forces qui luttent contre l’impérialisme et la colonisation.
Le NPA-l’Anticapitaliste appelle à une mobilisation massive contre cette répression et pour la défense du droit à la solidarité avec la Palestine. Nous refusons de nous taire face à l’injustice, et nous continuerons, aux côtés de nos camarades et des collectifs attaqués, à faire entendre la voix de la résistance et de la justice.
Solidarité avec la Palestine ! Non à la criminalisation du mouvement de solidarité !
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Libérez Georges Ibrahim Abdallah, symbole de la lutte pour la Palestine !
Jeudi 20 février, Georges Ibrahim Abdallah aurait dû être libéré après 40 ans de détention. Alors que le tribunal d’application des peines avait émis un avis favorable à sa libération en novembre dernier, une nouvelle manœuvre judiciaire est venue entraver ce droit élémentaire. Sous prétexte que Georges Ibrahim Abdallah devrait « justifier de l’indemnisation des parties civiles », l’État français a une nouvelle fois participé aux exigences de l’impérialisme en repoussant sa libération. Cette condition, qui n’avait même pas été mentionnée dans la décision du tribunal, est une injustice pure et simple, une manœuvre administrative destinée à retarder indéfiniment sa sortie par celles et ceux qui veulent le voir mourir en prison.
Cette décision n’a rien de juridique, elle est éminemment politique. Depuis 1999, Georges Ibrahim Abdallah est libérable, et pourtant il demeure enfermé sous la pression des États-Unis et d’Israël, qui ne supportent pas l’idée de voir libre un combattant révolutionnaire et un militant inflexible de la cause palestinienne. Son incarcération prolongée illustre l’acharnement de l’État français contre celles et ceux qui osent résister à l’ordre impérialiste.
Si Georges Ibrahim Abdallah est toujours enfermé, ce n’est ni pour des raisons de droit ni de justice, mais parce qu’il est un symbole vivant de la résistance anticoloniale et anti-impérialiste. Pour la même raison, depuis des années, la France criminalise la solidarité avec la Palestine, interdit des manifestations, dissout des organisations et persécute celles et ceux qui dénoncent l’occupation et l’apartheid israélien.
Le NPA-l’Anticapitaliste réaffirme son soutien total à Georges Ibrahim Abdallah et exige sa libération immédiate et inconditionnelle. Nous appelons à poursuivre et intensifier la mobilisation contre cet acharnement et à amplifier la solidarité avec toutes les personnes emprisonnées pour leur engagement politique et leur soutien à la cause palestinienne.
Liberté pour Georges Ibrahim Abdallah ! Justice pour la Palestine !
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Solidarité avec l’enseignante victime de la Cocarde étudiante...
Mardi 4 février, l’université de Toulon a été le théâtre d’une action d’agitation fasciste organisée par la Cocarde étudiante, le syndicat étudiant d’extrême droite soutenu depuis sa fondation par le RN et Reconquête ! À son entrée dans sa salle de classe, l’enseignante de droit Hélène Hurpy fait face à la propagande électorale du syndicat – dont les propositions racistes appuyées sur la « préférence nationale » sont anticonstitutionnelles. Elle estime pertinent de faire de l’occasion un moment pédagogique – que les militantes d’extrême droite filment à son insu pour diffuser une séquence sur les réseaux sociaux et accuser la politisation de la séance. Elle subit depuis un harcèlement constant et a dû être placée sous protection fonctionnelle.
Il importe de rétablir pourtant les faits face aux contrevérités assénées par l’extrême droite :
– l’enseignante dispose d’une liberté pédagogique qui justifie son usage des circonstances qui entourent son cours pour dispenser ses enseignements ;
– le rappel des fondamentaux de la constitution par opposition à des propositions politiques d’extrême droite constitue un réflexe minimal dans la période ;
– vouloir piéger un ou une enseignante est contraire à la dispensation des enseignements.
Ces intimidations de l’extrême droite sont intolérables et manifestent la prise de confiance des organisations fascistes, qui s’attaquent de manière coordonnée à l’ensemble des universités à l’occasion de l’élection des représentantes étudiantes.
Le soutien de la députée RN aux actions de la Cocarde étudiante illustre la convergence et la coordination des différentes organisations d’extrême droite.
S’attaquer au rappel de la constitution est un signal quant au rejet désormais décomplexé de l’État de droit par les organisations d’extrême droite : c’est une alerte quant à leur présence à l’Assemblée nationale.
Nous affirmons notre soutien à Hélène Hurpy et plus largement notre attachement à la liberté pédagogique des enseignantEs.
Nous soutenons également l’ensemble des mobilisations de soutien à l’enseignante harcelée et appelons à élargir cette solidarité concrète.
Cet épisode parmi d’autres nous démontre la dangerosité de l’extrême droite, institutionnelle comme le RN ou en cours d’institutionnalisation comme la Cocarde étudiante.
Le NPA-l’Anticapitaliste réaffirme enfin la nécessité d’un vaste front antifasciste en mesure de mettre un coup d'arrêt à la menace fasciste partout sur le territoire.
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« Depuis 1967, 35 % à 37 % de la société palestinienne est passée dans les prisons israéliennes »...
Lors de la réunion publique qui s’est tenue à Bourges le 4 février, Salah Hamouri a exposé la situation des prisonniers palestiniens.