Selon la porte-parole du gouvernement « le Premier ministre porte un budget de combat ». 60 milliards d’économies dans un contexte économique morose, c’est donc le prix d’une dérive budgétaire… et surtout d’années et d’années de cadeaux aux riches qu’on s’apprête à nous faire payer.
Actualités nationales... - Page 51
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Contre la rigueur et les licenciements, décider ensemble et produire autrement...
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Sécurité sociale : aujourd’hui l’austérité, demain la privatisation...
Les budgets, celui de l’État (PLF) et celui de la Sécurité sociale (PLFSS) ont été présentés conjointement à la presse le 10 octobre et adoptés en Conseil des ministres.
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En quête de respectabilité, l’extrême droite agite le péril rouge...
Immigration et insécurité sont le combo gagnant pour saturer l’espace médiatique et politique, jusque dans la rue. La mobilisation unanime autour de l’affaire Philippine Le Noir de Carlan masque les contradictions qui traversent la fachosphère. Mais ces forces peuvent entrer en phase pour frapper ensemble : par exemple sur une gauche qualifiée à l’envi d’« immigrationniste » ou même « antisémite ».
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Jeudi 17 Octobre, toutes et tous devant le Mondial de l'automobile...
(Ici un reportage vidéo de l'Anticapitaliste sur MA France)
L'automobile va de crise en crise et ils osent parader avec ce Mondial de l'automobile au luxe toujours indécent.
La crise frappe de nombreux pays européens. En Allemagne, pour la première fois de son histoire Volkswagen menace d'y fermer une usine, en Belgique, la filiale Audi veut fermer une usine, entrainant une manifestation de 10 000 personnes, en Italie le 18 octobre, une journée de mobilisation qualifiée d'historique par tous les syndicats contre les plans de Tavares le patron jusqu'en 2026 de Stellantis.
Ici en France, ce même patron de Stellantis n'exclut pas de fermer des usines. Les équipementiers, puissants groupes mondialisés comme Valeo et sous traitants étranglés par leurs donneurs d'ordre licencient et ferment des usines.
La dernière usine automobile de Seine-Saint-Denis, MA France, fournissant notamment des pièces d’emboutissage pour l’usine Stellantis de Poissy, a été mise en liquidation : 400 emplois supprimés. Dans les Ardennes, les deux sites de l’usine Walor à Vouziers et Bogny-sur-Meuse fabriquant des pièces de fonderie pour les moteurs thermiques sont menacés de fermeture. À Strasbourg, l’usine Dumarey Powerglide fabriquant des boîtes de vitesses est étranglée par l’arrêt des commandes de l’équipementier allemand DF, qui lui-même supprime 15 000 emplois en Allemagne.
Ce 17 octobre est une première occasion depuis des mois d'une convergence des résistances dans toutes les usines attaquées ou menacées. Patrons de l'automobile et gouvernement sont ensemble contre notre emploi et nos salaires. Ensemble, de la filière automobile et de tous les autres secteurs attaqués, empêchons les de continuer à nuire.
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14 milliards d’euros d’économies sur le budget de la Sécu ! C’est non…
Face à cette attaque sans précédent, le « Tour de France pour la Santé » veut multiplier les étapes, essaye de bâtir une plateforme revendicative portée par la soixantaine d’organisations qui la compose, et prend contact avec les éluEs du NFP (Nouveau Front populaire) pour préparer une mobilisation contre un PLFSS (Projet de loi de financement de la Sécurité sociale) qui concentre toutes les attaques.
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Justice et vérité pour Nordine et Merryl !
Le jeudi 3 octobre 2024 s’est déroulée une audience historique au tribunal de Bobigny pourtant passée inaperçue dans le milieu militant (malgré la présence deux députés LFI, de militants antiracistes et de collectifs de lutte contre les violences policières).
Il s’agit du procès intenté par Nordine envers les policiers de la BAC de Stains qui ont tiré à huit reprises sur lui et sa femme, Merryl qui était enceinte. C’était le 16 août 2021, une bande de policiers de la BAC de Stains cherche à procéder à un contrôle sans l’ombre d’un insigne pour signifier qu’il s’agit bien d’agents de police. Nordine, dans la panique redémarre. Un des policiers essaye d’entrer dans la voiture. Ils seront par la suite deux à tirer, touchant Nordine qui était au volant, sept fois et Merryl qui se trouvait à l’arrière, une fois. Il faudra donc pour Nordine et Merryl dépasser le traumatisme d’une agression policière et le traumatisme de la perte de leur enfant à venir.
Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit dans cette audience. La justice a commencé par statuer en 2022 sur le refus d’obtempérer imputé à Nordine, conformément à la loi du 28 février 2017 votée sous Hollande. Elle a déclaré Nordine coupable, bien que l’article L435-1 précise que, pour faire usage de leurs armes dans ce cadre, les policiers doivent être « dans l'exercice de leurs fonctions et revêtus de leur uniforme ou des insignes extérieurs et apparents de leur qualité ». Cette loi, même cadrée ainsi, avait déjà déchaîné l’usage des armes à feu par les agents de police et, par conséquent, augmenté le nombre de personnes tuées pour refus d’obtempérer. Nous pensons bien évidemment à Nahel, mais aussi à Alhoussein, Rayana et tant d’autres.
Nordine et Merry ont survécu aux tirs policiers. C’est cela qui rend l’audience historique. Parce que Nordine était encore là pour les traîner devant la justice. Et ne nous trompons pas sur l’enjeu de la décision à venir. Le tribunal doit statuer sur la proportionnalité de l’usage de la force. Or ce procès a une portée politique qui dépasse les parties. Nous le savons la BAC et plus particulièrement celle du 93 est l’héritière de la gestion coloniale des populations non blanches. Si la justice venait à acquitter deux policiers qui tirent hors du cadre prévu par une loi déjà permissive, cela marquerait un cran supplémentaire dans l’impunité policière et la gestion des vies non blanches face aux armes à feu.
Le délibéré aura lieu le 7 novembre. Maintenons notre soutien à Nordine ainsi qu’à toutes les victimes des violences policières. Continuons de lutter pour obtenir le désarmement d’une police de plus en plus meurtrière.
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Ouvrir les frontières ensemble par humanité, par anticapitalisme, par internationalisme...
Mercredi 2 octobre, 7 militantEs ont été placéEs en garde à vue après leur convocation à l’Office de lutte contre le trafic de migrants à Hendaye. Elles et ils font l’objet d’une enquête pour « aide à l’entrée et au séjour irrégulier en bande organisée » à la suite d’une action de désobéissance civile.
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Stoppons la guerre totale de l’État d’Israël et de ses alliés !
Le génocide dure depuis un an mais la commémoration médiatique du 7 octobre aura donné lieu le plus souvent à l’énoncé de tous les poncifs habituels.
En résumé, depuis le 7 octobre se déroulerait une « guerre » antiterroriste dont l’enjeu est la survie de l’État d’Israël menacé de destruction par le Hamas, le Hezbollah et leur allié iranien. Bien plus, cette guerre existentielle viserait à sauver la civilisation de la barbarie. Rien de moins. Indécence ? Double standard ? Les mots finissent par manquer. De la barbarie israélienne, il ne fut pas question. Alors que celle-ci est largement documentée et dénoncée au niveau international.
Le cynisme de Macron
La déclaration d’Emmanuel Macron dans un entretien diffusé le 5 octobre a pu sembler spectaculaire : « Je pense qu’aujourd’hui, la priorité, c’est qu’on revienne à une solution politique, qu’on cesse de livrer les armes pour mener les combats sur Gaza. La France n’en livre pas ».
Elle a suscité la colère du gouvernement israélien ! Mais ne change rien à la politique de l’État français de soutien à Israël. D’abord parce qu’elle est fausse. Si la France ne livre pas d’armes en tant que telles, elle exporte bien du matériel militaire vers Israël, matériel sans lequel les armes ne fonctionnent pas. Comme le signale Stop Arming Israël, en 2022 le montant des commandes israéliennes auprès des industriels français s’élevait à 15 millions d’euros. En 2023, ce montant avait doublé pour atteindre 30 millions d’euros. Sans compter que la France apporte une aide militaire à l’interception des missiles iraniens. À la complicité avec le génocide, Macron ajoute donc le cynisme mensonger. Mais que les sionistes se rassurent, après Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier a pris soin de rappeler que « la sécurité d’Israël n’est pas et ne sera jamais négociable » et que l’État d’Israël « se trouve aujourd’hui en situation de légitime défense ».
Les armes au cœur du projet d’Israël et de ses soutiens impérialistes
Les armes sont un sujet qui fâche. Et pour cause ! Elles ne sont en rien liées à la nécessité pour l’État d’Israël de se défendre face aux menaces qui pèseraient sur son existence ; elles sont consubstantielles à son existence même et, avec le nettoyage ethnique, au cœur du projet sioniste. En effet, comment faire accepter l’« anomalie » israélienne — à savoir créer et maintenir un État « ethniquement/religieusement pur » dans un territoire appartenant à un autre peuple qu’il fallait donc éliminer ou a minima exclure ? Par l’entretien d’une puissance destructrice constante.
Yonathan Arfi, président du CRIF, en réponse à Emmanuel Macron l’exprime ainsi : « Si les ennemis d’Israël déposent les armes, aujourd’hui, il y aura la paix. Si en revanche Israël dépose les armes, il n’y a plus d’État d’Israël ». Du « Mur de fer » de Vladimir Jabotinsky en 19231aux récentes déclarations de Netanyahou sur la possibilité pour Israël de frapper n’importe où...
À Gaza et au Liban, Israël utilise des bombes d’une tonne, des instruments de mort qui ne sont plus utilisés depuis la Seconde Guerre mondiale, depuis celle du Vietnam et de Corée. Cet arsenal a été massivement constitué par les alliés d’Israël, ceux-là mêmes qui semblent s’offusquer aujourd’hui, tout en prétendant rester son « ami indéfectible » comme s’est senti obligé de le rappeler Macron ! L’indécente hypocrisie ! Les guerres menées par Israël sont de plus en plus meurtrières. Pour les arrêter, il faut, comme le 5 octobre, intensifier la mobilisation et construire le rapport de forces.
Se mobiliser pour stopper la livraison de tout matériel militaire
Les réactions ulcérées à la déclaration mensongère de Macron montrent la dépendance de l’État d’Israël à l’aide étrangère. Depuis un an, le mouvement de solidarité comme les réactions internationales de l’ONU, de la CIJ (Cour internationale de Justice), de la CPI (Cour pénale internationale) ont élevé le coût politique du soutien au génocide. Macron est forcé de mentir pour en tenir compte, mais ce coût n’est pas encore assez élevé. Faire monter le coût politique du soutien à l’État d’Israël doit être l’objectif du mouvement de solidarité. Avec l’action directe. C’est nous qui pouvons empêcher la livraison d’armes. Comme l’écrit la campagne Stop Arming Israël : « Dans les bureaux, les usines, les ports et les aéroports, organisons-nous pour faire des mensonges de Macron une réalité, et obtenir l’arrêt total de tout commerce d’armement avec Israël. » Chaque Carrefour et chaque BNP doivent avoir leur comité d’agitation pour le boycott. Il y a encore et toujours urgence !
William Donaura
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Gagner pour nos retraites grâce au RN, vraiment ?
Le Rassemblement national a déposé le 18 septembre une proposition de loi pour revenir sur la réforme des retraites. La question de voter pour ou contre n’est probablement pas la meilleure façon de prendre le problème. Mais c’est ce débat qui va agiter les groupes de députéEs du Nouveau Front populaire mais aussi les organisations syndicales.
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L’écologie, au centre d’un programme de rupture...
Le capitalisme exploite et asservit les humains, aggrave la crise écologique qui revêt des formes multiples : réchauffement climatique, détérioration de l’air, de l’eau, des sols, acidification des mers, fonte des glaces, déforestation massive...
Cette crise écologique surdétermine la situation sociale et politique : elle impose des mesures immédiates de rupture (comme un moratoire sur les grands projets d’infrastructures autoroutières ou sur les mégabassines, présent dans le programme du NFP) et une planification des objectifs à tenir à terme. Cet impératif est à relier nécessairement à une nouvelle organisation de la société qui passe par la démocratie à la base et l’auto-organisation. La ligne de classe est à réaffirmer car il faut supprimer de toute urgence l’emprise des riches sur nos vies et nos corps, sur le monde.
Les mesures à prendre doivent être radicales et rapides
La sortie des énergies fossiles et l’arrêt du nucléaire imposent une réduction drastique de la production matérielle globale, donc de la consommation globale et des transports. Il importe de socialiser les secteurs clés de l’économie (banques, transports, énergie, santé, éducation...), de supprimer la propriété privée qui concerne les « communs », ces biens indispensables et utiles à la population qui doivent échapper à la marchandisation. Aussi, financer la gratuité des besoins vitaux (énergie, transports du quotidiens, école, santé...) doit guider les politiques publiques.
La planification écosocialiste permettra d’organiser par en bas, démocratiquement, les projets globaux, à partir des besoins et demandes exprimés par les consommateur·es producteur·es réuni·es dans des structures locales, guidé·es par une ingénierie publique de personnes-ressources.
Transports
L’urgente et massive diminution de la production matérielle globale s’accompagnera d’une réduction en proportion des marchandises transportées. Priorité au fret ferroviaire et fluvial. La priorité donnée aux transports collectifs gratuits fera perdre à la voiture sa place centrale dans la mobilité des personnes. Le vélo pourra jouer un rôle non négligeable et la marche retrouver sa place. Hors des villes, les services publics et les nouveaux usages de la voiture seront au centre. Le développement du ferroviaire permettra la nécessaire diminution du transport aérien.
Agriculture et alimentation
L’agriculture industrielle, responsable de 20 % des émissions de GES en France, a provoqué une perte immense en biodiversité, porte atteinte à notre santé et fournit une alimentation de qualité médiocre. Le basculement vers une agriculture paysanne, sans chimie et moins mécanisée, vers une production 100 % bio, vers une réduction importante de la consommation de viande, aussi s’impose. Cette mutation nécessitera des financements pérennes et sera créatrice d’emplois. Une « Sécurité sociale de l’alimentation », branche de la Sécu, doit être défendue.
Logement, urbanisme et artificialisation des terres
Un programme de mise à disposition de logements à prix abordables bien isolés, y compris par la réquisition de millions de logements vides est nécessaire. Autres priorités : financer l’isolation des « passoires thermiques », stopper l’étalement urbain, les zones commerciales et les projets routiers destructeurs qui grignotent les terres agricoles.
Énergie
La rupture, c’est obtenir 100 % d’énergies renouvelables en 2050, qui combine l’arrêt du nucléaire, possible en dix ans, l’arrêt de l’EPR de Flamanville, la fermeture de tous les réacteurs de plus de 30 ans, l’abandon des projets d’enfouissement des déchets radioactifs de haute activité et la sortie des énergies fossiles.
Le secteur de l’énergie socialisé sous contrôle des salarié·es et des usager·es favorisera un débat démocratique sur les besoins réels, sur les choix sur les énergies renouvelables et leurs conditions de production, sur la nécessité afin de supprimer la publicité et certaines productions inutiles.
La rupture contre l’adaptation
L’alternative « socialisme ou barbarie », décrite par Rosa Luxemburg n’a jamais été aussi actuelle. Si le capitalisme vert et son cortège de mesures bidons est disqualifié, il est nécessaire de refonder le socialisme autour de ses valeurs historiques : la pratique démocratique réunissant la démocratie directe, la démocratie représentative et la pratique référendaire, l’égalité par la mise en place d’un revenu maximal acceptable ; la justice et la fraternité-sororité.
Commission nationale écologie