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Actualités nationales... - Page 54

  • Un vrai statut pour les AESH !

    Le 16 janvier, les assistantes d’élèves en situation de handicap (AESH) ont appelé à la mobilisation, notamment par la grève. Un rassemblement s’est tenu près de l’Assemblée nationale pour rappeler le rôle indispensable des invisibiliséEs des écoles et établissements scolaires et pour une réelle politique d’inclusion. 

    Le lieu du rassemblement était lié à l’examen d’une proposition de loi des parlementaires visant à créer un corps de fonctionnaires pour les AESH.

    L’Éducation nationale manque d’AESH et nombre d’enfants handicapéEs ne sont pas accompagnéEs humainement et pour certainEs excluEs de l’Éducation nationale et privéEs du droit à la scolarité faute de moyens. En cause, les conditions de travail et la rémunération des AESH entraînent un manque ­d’attractivité. Pire, elles font fuir.

    Conditions de travail dégradées

    Face au manque d’AESH, les conditions de travail de ces personnelLEs ont été encore plus dégradées avec les mesures de mutualisation de moyens humains sur un secteur géographique donné : les PIAL (pôles inclusifs d’accompagnement localisés) puis bientôt les PAS (pôle d’appui à la scolarité) qui réorganisent le travail des AESH. Ces mesures de mutualisation des moyens augmentent le nombre d’élèves suiviEs par unE même AESH et le nombre d’établissements et/ou d’écoles d’affectation pour l’AESH.

    Les AESH sont toustes des personnels contractuelLEs qui réclament pour sortir de leur situation précaire la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B. La reconnaissance de leur métier appelle également un droit à la formation initiale et continue, comme l’ensemble des personnelLEs d’enseignement et d’éducation. Elles exigent aussi la suppression des PIAL, des PAS et plus largement la politique de mutualisation des moyens. La fin de ces mesures délétères serait permise grâce à la création de postes d’AESH en nombre, et pour que les postes soient pourvus, par une revalorisation salariale significative. Comme pour les personnelLEs enseignantEs il faut un vivier de remplaçantEs qui n’existe toujours pas, même pour les congés maternité, alors que les AESH sont une profession très féminisée. Le droit à la mobilité n’existe pas non plus pour les AESH.

    Encore de nombreux droits à arracher

    En 2021, les AESH obtiennent l’instauration d’une grille ­salariale indiciaire. En 2023, iels peuvent recevoir l’indemnité REP/REP+ dans le cadre d’un exercice en éducation prioritaire et peuvent théoriquement obtenir un CDI après trois années de CDD. Les droits à arracher restent nombreux (jours de fractionnement, indemnisation des déplacements, temps d’activités connexes…). Dans le même temps, les gouvernements successifs poursuivent la dégradation de leurs conditions de travail. Des missions supplémentaires d’accompagnement sur le temps périscolaire sont imposées parce que leur ministère de tutelle ne reconnaît pas les 24 h d’accompagnement d’élève comme un temps complet (ce qui est revendiqué).

    Une très large intersyndicale a appelé à la mobilisation pour les AESH. Une intersyndicale beaucoup plus réduite a appelé à faire du 16 janvier une date de mobilisation pour les droits des assistantEs d’éducation (AED) qui sont aussi des personnelLEs précaires et aux revendications assez proches de celles des AESH (création d’un corps de fonctionnaires). Tous ces enjeux méritent d’être débattus très largement dans la société mais aussi et surtout de manière interne dans les écoles, établissements et espaces internes aux organisations syndicales, là où s’auto-organise la lutte.

    Commission éducation nationale

  • Agri et voltaïsme : deux mots qui ne vont pas ensemble !

    La Confédération paysanne est à l’origine d’une tribune intitulée « Photovoltaïque sur des terres naturelles, agricoles ou forestières : nous ne tomberons pas dans le panneau ! » signée par plus de 350 structures en septembre 2023. 

    Parmi lesquelles des syndicats, des associations locales et régionales (LPO Occitanie et FNE Occitanie), et quelques députés (LFI et EÉLV). La même opposition est exprimée par des scientifiques et des politiques : des organisations engagées contre le changement climatique qui s’opposent à des centrales photovoltaïques, il y a de quoi surprendre.

    Les terres consacrées à l’énergie

    Partout en France, on voit « fleurir » quantité de projets d’installation de parcs solaires au sol, dans des zones agricoles ou milieux naturels ou forestiers. Pour faire passer la pilule, on a même inventé un nouveau mot : l’« agrivoltaïsme ». Les terres ne seraient plus uniquement utilisées pour la ressource alimentaire mais pour fabriquer de l’énergie, avec le soutien enthousiaste des agriculteurs qui verraient là de quoi résoudre tous leurs problèmes économiques. 

    En 2022, près de 200 installations photovoltaïques sur terrains agricoles existaient déjà en France, près de 1 000 projets seraient en gestation. L’inflation de ces projets est encouragée par le vote de la loi d’accélération des énergies renouvelables (AER) du 10 mars 2023. 

    Cette loi et ses décrets sont des modèles d’hypocrisie. Prétendant protéger l’activité agricole, elle entérine le fait d’utiliser les terres agricoles pour un autre usage que la production alimentaire. Si les ouvrages solaires au sol sont interdits sur les terres cultivables, ils seront uniquement permis sur des terres « réputées incultes », donc des milieux naturels riches en biodiversité ou « non exploitées depuis un certain temps », sans plus de précision ! 

    Ne pas couper les arbres !

    Dans les zones forestières, les installations solaires sont interdites « dès lors qu’elles nécessitent d’abattre des arbres », mais si on a fait une coupe rase pour exploiter le bois, on pourra mettre les panneaux puisqu’il n’y aura plus nécessité de couper les arbres, ce sera déjà fait ! Ils prévoient aussi que les installations de parcs solaires au sol jusqu’à 6 ha pourront, comme les projets justifiés par le besoin de faire de l’ombre baptisés « ombrières », s’affranchir des obligations d’enquête publique ou d’étude ­environnementale. 

    Diminuer notre consommation

    Le photovoltaïque doit être installé uniquement sur les toits et les zones artificialisées. Toute installation au sol dans les zones agricoles, forestières et naturelles doit être interdite. Si ce choix n’a pas été fait, c’est uniquement pour le profit immédiat des entreprises de l’énergie. 

    Climat et biodiversité sont indissociables. Et surtout l’urgence absolue est de diminuer notre consommation énergétique. Si on ne raisonne pas en termes de sobriété, le photovoltaïque, comme les autres énergies renouvelables, continuera à s’ajouter aux énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon, nucléaire), comme c’est le cas aujourd’hui, sans jamais les remplacer.

    Commission nationale écologie

  • Souscription : 450 000 euros, merci ! Le combat continue…

    Avec un résultat qui frôle les 450 000 euros, notre souscription « un local pour le NPA » lancée cet automne est la plus réussie de toute l’histoire du NPA. Merci à toutes et tous pour votre soutien, quel qu’en soit le montant.

    Merci à touTEs les camarades qui se sont mobiliséEs au niveau individuel, local et national. Grâce à ce soutien et cette mobilisation, notre projet de rassembler toutes nos activités dans le bâtiment historique de notre imprimerie Rotographie à Montreuil se précise. Après notre dernière entrevue avec les propriétaires, un accord autour d’un prix de vente se dessine. Une promesse de vente pourrait être signée au printemps.

    Appel aux dons prolongés

    Toutefois, l’objectif initialement fixé à 800 000 euros est loin d’être atteint. Voilà pourquoi nous prolongeons notre campagne d’appel aux dons afin que l’achat du bâtiment puisse se réaliser en ayant recours à l’emprunt bancaire le plus réduit possible. D’abord, parce que cela facilite évidemment son obtention, mais aussi parce nous n’avons ni l’envie ni les moyens d’engraisser une banque avec des intérêts encore très élevés. Un exemple : sur 15 ans, pour un emprunt de 1 000 000 euros, c’est environ 300 000 euros d’intérêts qui reviennent à la banque ! Nous ne voulons pas qu’une garantie hypothécaire pèse trop longtemps sur notre local. Nous voulons être pleinement chez nous le plus vite possible !

    Être utile

    Voilà pourquoi nous nous adressons à celles et ceux qui n’ont pas encore donné. Le NPA-l’Anticapitaliste, quant à lui, sera sur tous les fronts en 2025. À notre modeste échelle, nous lutterons contre ce gouvernement réactionnaire et illégitime qui pave le chemin au RN, nous soutiendrons toutes les grèves, nous nous battrons pour le droit fondamental des peuples à disposer d’eux-mêmes, se mobiliser et se défendre, que ce soit en Ukraine, en Palestine ou dans les colonies françaises, nous défendrons les droits des femmes et des LGBT, nous soutiendrons les luttes écologistes. Hasta la victoria !

    Commission souscription

    Pour faire un don, c’est ici :

    https://don.npa-lanticap…

    Ou envoyer un chèque à l’ordre de AFANPA, à NPA, 2 rue Richard-Lenoir, 93100 Montreuil. Avec toujours la réduction fiscale de 66 % du montant de votre don pour celleux qui paient des impôts !

  • Soutien à Ariane Lavrilleux pour une protection effective des sources...

    Ce vendredi 17 janvier, la journaliste de Disclose Ariane Lavrilleux est convoquée au tribunal de Paris qui pourrait décider de sa mise en examen pour appropriation et divulgation d’un secret de la Défense nationale, pour avoir contribué en 2021 à des articles sur l’opération Sirli.

    Cette opération militaire secrète menée par la France en Égypte aurait été détournée par l’Égypte pour viser et tuer des civilEs, le tout sur fonds de ventes d’armes à la dictature égyptienne, premier client de la France en matière d’armement en 2021. La vente de navires, avions et matériels de guerre pour des milliards d'euros ne peut que susciter la bienveillance de l’État français vis-à-vis de la dictature de Sissi.

    Cette convocation fait suite à une procédure de la DGSI qui a filé, géolocalisé la journaliste, perquisitionné son domicile (des mesures portant atteinte à la protection du secret des sources) et l’a placée en garde à vue pendant 39 heures.

    Le NPA-l’Anticapitaliste, attaché à la liberté d’informer, exige la levée des charges qui pourraient être retenues contre Ariane Lavrilleux et se joint aux forces syndicales et associatives qui ont appelé à un rassemblement ce vendredi 17 janvier.

  • En Afrique, Macron fait du Macron ...

    «Puisque ces évènements me dépassent feignons d’en être l’organisateur ». Cette devise légèrement remaniée de Cocteau, Macron l’a fait sienne lors de son discours à la conférence annuelle des ambassadrices et ambassadeurs de France. Un discours par ailleurs aux accents fort peu diplomatiques vis-à-vis de l’Afrique sahélienne.

    Dire merci

    En abordant le continent lors de sa présentation, Macron a persisté à défendre le bien-fondé de l’opération Barkhane. Une intervention présentée comme une nécessité dans la lutte contre le terrorisme en dépit d’un résultat pour le moins peu flatteur au vu de la situation largement dégradée lors de la fin de cette mission. Puis, revanchard, il soutient que sans l’appui militaire de la France, les gouvernements des États du Sahel ne seraient pas là et, continuant dans cette même veine, il fustige l’ingratitude des dirigeants africains qui ont oublié de dire « merci ». Il faut dire que la France est en droit de donner des leçons sur les remerciements. Elle qui a remercié fort singulièrement en massacrant à Thiaroye les tirailleurs sénégalais qui avaient participé à la libération de la France contre le nazisme.

    Falsification

    Mais au-delà du mépris vis-à-vis des peuples des pays dominés et des pauvres en France qui reste la marque de fabrique de Macron, ce dernier n’a pas hésité à asséner des contre-­vérités en prétendant que c’était le choix de Paris de quitter militairement les pays sahéliens pour ne pas, dit-il, être des supplétifs des putschistes. Rien n’est plus faux. Il suffit de se rappeler la décision des autorités françaises de rester au Niger malgré l’opposition des autorités de ce pays. Ce bras de fer entre Paris et Niamey avait aussi déclenché des mobilisations populaires bloquant les entrées et sorties des emprises militaires françaises du Niger. Macron avait dû reculer et organiser l’exfiltration des soldats français.

    Mensonge tout aussi éhonté lorsqu’il prétend que le départ des troupes françaises est le fruit d’une négociation et que par courtoisie il a laissé la primeur de l’annonce aux gouvernements africains. Tchadiens et Sénégalais ont réfuté cette fable, insistant dans leur communiqué qu’il s’agissait bien d’une décision souveraine de leur pays.

    Affaiblissement

    Au-delà de l’arrogance du personnage, cette situation met à mal une option que la hiérarchie militaire française pourrait utiliser. Celle d’une négociation pour maintenir une présence sur la base de la ville sénégalaise de Rufisque qui revêt une grande importance pour la dissuasion nucléaire française. En effet, cette implantation permet notamment les communications avec les sous-marins nucléaires de la marine nationale.

    On peut dire que les déclarations intempestives de Macron ne font que renforcer la marginalisation de l’impérialisme français en Afrique. Certains le déplorent, nous on s’en réjouit.

    Paul Martial

  • 50 ans de la loi Veil : l’avortement, un droit jamais acquis...

    Le 17 janvier 1975, la loi Veil est promulguée : les interruptions volontaires de grossesse (IVG) peuvent dès lors être pratiquées légalement et dans un cadre sécurisé. Le droit à la contraception et à l’avortement est une victoire arrachée par les luttes du mouvement féministe des années 1970, en France comme dans beaucoup d’autres pays. 

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  • Sans Le Pen père, le RN toujours un danger mortel...

    La mort du président du Front national pour l’unité française est un non-événement politique.
    Jean-Marie Le Pen était politiquement mort depuis plus d’une quinzaine d’années.

    Pour un parti cherchant à se départir des frasques de son ancien président, l’exercice de l’hommage à l’occasion de sa mort pouvait sembler délicat. Pourtant, l’héritage a été depuis longtemps assumé et le changement de nom en Rassemblement national (RN) en 2018 n’est pas une rupture. En 2022, ce sont d’ailleurs 50 ans d’organisation qui sont célébrés. 

    Histoire officielle

    Plus que le rapport à Jean-Marie Le Pen (JMLP), c’est la place des co-fondateurs qu’il serait plus difficile d’assumer. Ainsi, se focaliser sur JMLP permet aux dirigeants actuels du RN de mettre de côté la fine fleur des fachos de l’après-guerre. Les cadres et militants du RN connaissent-ils d’ailleurs l’histoire de leur parti ? Seul semble compter le récit qui fait passer le FN de « lanceur d’alerte » à un RN « prêt à exercer le pouvoir » : une période d’émergence jusqu’en 2011, réduite à la figure du tribun Jean-Marie, puis une phase de « conquête du pouvoir », autour de la candidate, Marine.

    Zemmour ou l’héritage du Le Pen des années 1980

    Éric Zemmour en 2021-2022 a aidé à trouver le créneau pour assumer le FN à papa. Jordan Bardella voit alors l’ancien chroniqueur télé comme un « Jean-Marie Le Pen des années 1980 », qui parle brutalement, le plus fort ­possible. « On a fait ça pendant 30 ans », redit-il en 2022. C’est ainsi le « visionnaire » qui est célébré en JMLP. Pour constituer un front, il fallait un tribun en 1972 afin d’accorder « différentes chapelles souvent turbulentes, parfois irréalistes » (selon Philippe Olivier sur Bvoltaire en 2021). Le rassemblement actuel provient de cet alliage, après plusieurs épurations. Les anciennes traditions des extrêmes droites ne sont plus censées avoir cours, et la « rupture avec l’héritage sulfureux du Front national » se limite à une « condamnation salutaire des déclarations de son fondateur » (Bardella). Ainsi, au regard des fondamentaux du FN-RN, toujours axés sur la préférence nationale, cette « condamnation salutaire » est un point de détail. D’autant que celui qui est souvent présenté comme l’exemple de l’évolution du FN, Louis Aliot, est aussi celui qui s’était opposé à l’exclusion de JMLP et réclame aujourd’hui un hommage du parti pour son fondateur.

    Un projet toujours raciste

    Le discours de 2002 appelant « les petits, les sans-grades, les exclus (…) à se rallier à cette chance historique de redressement national » s’est maintenu avec Marine Le Pen. Se concilier les bonnes grâces du patronat n’est pas contradictoire dans ce projet nationaliste et raciste, malgré le risque d’une « mue nationale-libérale » qui normaliserait le « mouvement patriote et populiste en un parti de droite comme les autres »1. Le nouveau cycle électoral engagé par le RN, exercice d’équilibriste, cherche à « rallier une fraction des élites » (selon les termes du conseiller Jérôme de Sainte-Marie). Il s’agit de défendre « la France des producteurs », une partie des secteurs salariés et entrepreneurs, tous unis contre les supposés non-producteurs (les immigrés et les plus précaires), comme contre Macron et son monde. Les républicains comme il faut, qui adoptent la grille de lecture de la fachosphère, sont autant de balanciers qui soutiennent cette stratégie. Le RN a bien réussi à se constituer en courant autonome et imposer ses concepts politiques. L’héritage de JMLP n’est plus encombrant, et sa mort tourne une page bien plus qu’elle ne l’arrache.

    Commission nationale antifasciste

    • 1. Selon la revue Éléments du GRECE (Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne).