Signataires : Fédération Syndicale Etudiant, Union Nationale des Etudiants de France, L'Alternative, Mouvement Jeunes Communistes de France, Solidaires Etudiant.e.s, Jeunes Insoumis.es, Jeunes Nouveau Parti Anticapitaliste, Jeunes Générations, Jeunes Ecologistes, Union Nationale Lycéenne, Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne, Jeunes Socialistes, Jeunes du Parti de Gauche
Communiqués du NPA... - Page 68
-
La jeunesse doit être aux côtés des soignant-e-s le 16 juin ! (communiqué unitaire orgas de jeunesse)...
Le 16 juin, les organisations et collectifs de soignants·e·s appellent à manifester pour la défense de l’hôpital public.
La catastrophe sanitaire a mis en exergue les faiblesses de notre système de soin, provoquées par des années de politiques de casse du service public, qui est pourtant l’un de nos biens commun les plus essentiels. Ce gouvernement est incapable de reconnaître à sa juste valeur le travail de l’ensemble du personnel soignant. Aujourd’hui, Macron invite les soignant·e·s à défiler le 14 juillet alors qu’ils ont été ignorés tout au long des 13 mois où ils ont massivement pris la rue par la grève et la manifestation. L’exécutif leur propose de maigres primes et des médailles alors qu’ils demandent des augmentations salariales. La Ministre du travail appelle à leur offrir des RTT, alors qu’ils demandent des embauches et la CDIsation de leurs collègues précaires. Et pour les étudiant·e·s en santé qui se sont portés volontaires ? Une rémunération modique, pour ne pas dire symbolique, alors que le gouvernement annonçait des aides records pour les entreprises !
Encore aujourd’hui le Gouvernement ose annoncer suppressions de lits, alors que les soignants mettent l’accent sur la nécessité d’augmenter les moyens et qu’une deuxième vague est toujours possible !
De plus la politique de sélection dans les filières de santé menée dans l’enseignement supérieur est l’une des raisons majeures du manque de personnel soignant. Pendant des années le système de la PACES (Première Année Commune Aux Études de Santé) a résulté d’un concours qui avait pour objectif de sélectionner les futurs professionnel·le·s de santé avant même le commencement de leurs études. Si le terme de « numerus clausus » a disparu avec la réforme des disciplines de santé, le principe demeure. En effet, avec l’entrée en vigueur de la nouvelle réforme les capacités d’accueil dans les filières de santé seront aux mains des universités et des Agences Régionales de Santé (ARS), ces mêmes ARS qui décident de la suppression de postes dans les hôpitaux.
Toutes ces mesures montrent que la santé n’est pas et n’a jamais été l’objectif du gouvernement en Marche. Ces discours et « gestes » ne sont que des actes d’hypocrisie en direction des soignant·e·s, qui ont tout donné pour faire face à la crise sanitaire.
Nous refusons de revivre une telle catastrophe. Nos systèmes de soins et de protections sociales doivent être prêts à encaisser de nouveau de tels chocs. C’est une question de protection des populations qui doit absolument échapper à toutes logiques austéritaires et marchandes. C’est pour cela que nous appelons les jeunes, salarié-e-s ou privé-e-s d’emplois, étudiant·e·s, lycéen·ne·s ou jeunes salarié·e·s, à manifester aux côtés du personnel soignant le 16 juin prochain, afin qu’il puisse enfin disposer des moyens humains et financiers nécessaires à l’exercice de leur fonction.
A l’heure où des milliers de jeunes s’engagent en faveur des transitions écologiques et manifestent contre les violences policières et le racisme, portant ainsi haut et fort les possibilités de changement de notre société, il est hors de question d’accepter des mesures qui viendraient dégrader ce qu’était déjà déficitaires. Nous nous opposons à ce que la crise serve comme prétexte pour dégrader nos services publics, nos conditions d’études, de travail et de vie, sous l’aubaine de l’austérité et de la « rentabilité». -
Avec les personnels hospitaliers, tou·te·s mobilisé·e·s le mardi 16 juin ! (communiqué unitaire)...
Dans un communiqué unitaire, des organisations politiques appellent l’ensemble de la population à les rejoindre à l’occasion de la journée de mobilisation de la santé du mardi 16 juin, à participer aux différents rassemblements et manifestations. « Le “monde d’après” ne peut se construire qu’en nous mobilisant pour une alternative à un système, le capitalisme, qui broie nos vies comme il étouffe la planète.»
Le drame sanitaire, social, politique et écologique que nous traversons n’a pas seulement comme origine une pandémie mondiale… La destruction de notre système de santé, avec ses suppressions de postes, ses fermetures de lits et de services dans les hôpitaux, ses attaques incessantes contre l’assurance maladie, en a été l’un des amplificateurs. Depuis plusieurs années, ce gouvernement comme les précédents n’a pas voulu écouter les mobilisations du monde de la santé, des EHPAD, du secteur médico-social ou de la psychiatrie. Ainsi, il y a un an, bien avant la pandémie du Covid-19, le mouvement des urgentistes tirait déjà la sonnette d’alarme sur l’état dégradé des hôpitaux et sur l’asphyxie de notre système de santé et de ses personnels.
Dans le cadre de cette crise sanitaire, les soignant·e·s et l’ensemble des salarié·e·s du secteur en « première ligne » ont assuré leur mission et continuent à le faire dans des conditions difficiles. Comme beaucoup de salarié-e-s ces derniers mois, ils et elles ont dû œuvrer pour que la vie continue alors que les mesures de sécurité sanitaire n’étaient pas respectées, qu’il y avait pénurie de matériel de protection, de personnels et de places…
Une mobilisation salutaire a débuté dans les hôpitaux à la faveur du déconfinement pour exiger en particulier de meilleures conditions de travail, une revalorisation salariale à hauteur de 300 euros ainsi que la réouverture de lits, en particulier en réanimation. Que répond le gouvernement ? Un interminable concertation baptisée « Ségur » dont n’émerge aucune réponse concrète... et des médailles pour récompenser « les héros » !
Nous avons applaudi quotidiennement ces personnels de santé pendant la période du confinement, mais cela ne suffit plus : il faut être maintenant à leur côté car leur combat est le nôtre. En défendant le service public, en se mobilisant pour des augmentations de salaire, ils et elles se battent pour une société plus égalitaire, pour faire reculer la loi du marché et les gestions comptables, pour une autre répartition des richesses.
Nos organisations politiques entendent appuyer ces mobilisations et appellent l’ensemble de la population à les rejoindre à l’occasion de la journée de mobilisation de la santé du mardi 16 juin, à participer aux différents rassemblements et manifestations ce jour là, tout en respectant les mesures de protection.
Nous y serons présents pour exiger que les réponses aux urgences sanitaires soient enfin apportées : la distribution gratuite des masques ; la gratuité des tests et leur accessibilité ; la réquisition des usines et entreprises en capacité de produire masques et matériel médical ; les brevets des médicaments et du futur vaccin contre le Covid-19 placés en bien public mondial…
Nous relayons aussi les revendications des personnels mobilisés, de leurs syndicats et collectifs. Au-delà, nous exigeons un plan d’urgence pour l’hôpital public : embauche massive de personnel, à commencer par 100 000 recrutements sous statut fonction publique ; augmentation des salaires de 300 euros minimum ; annulation des plans de fermeture des sites ou de services ; réouverture des 100 000 lits supprimés en 20 ans ; annulation de la tarification à l'activité (T2A) qui contraint les hôpitaux à fonctionner comme des entreprises ; remise en cause de la loi Hôpital Patients Santé et Territoires de 2009 (dite loi Bachelot) et du pouvoir des Agences régionales de santé (ARS) pour un fonctionnement démocratique de l'hospitalisation publique associant les personnels médicaux et paramédicaux, les usagers, les territoires ; annulation de la dette des hôpitaux et augmentation de leurs budgets.
Nous avons aussi besoin d’un service public pour les personnes âgées en perte d’autonomie, ce qui passe par une sortie du marché de ce secteur et une revalorisation des personnels des EHPAD et de l’aide à domicile.
Concernant la Sécurité sociale, nous exigeons le remboursement des exonérations qui sont scandaleuses, en augmentant ses ressources et en rétablissant une gestion démocratique.
Le « monde d’après » ne peut se construire qu’en nous mobilisant pour une alternative à un système, le capitalisme, qui broie nos vies comme il étouffe la planète. La journée du mardi 16 juin pour la santé et la protection sociale en est une étape incontournable.
Organisations signataires : Diem25 ; Ensemble ! ; Gauche démocratique et sociale ; Génération-s ; La France insoumise ; Nouveau parti anticapitaliste ; Pour une écologie populaire et sociale ; République et socialisme ; Union communiste libertaire.
Communiqué unitaire publié par Mediapart et Regards
-
Il faut déboulonner Macron et sa politique !
Les premières minutes du discours asséné ce soir par Macron ont été marquées par une autosatisfaction bien mal placée sur la gestion d’une crise sanitaire qui a emporté officiellement près de 30 000 personnes...
Sans surprise, les paroles de Macron tournent le dos aux revendications populaires et à la crise. Pas un mot sur les violences policières, alors que celles-ci sont dénoncées dans le monde entier, mais un soutien inconditionnel à la police, mobilisant le vocabulaire raciste devenu habituel contre les prétendus « séparatisme » et « communautarisme ».
Il est révélateur que pour le président, cette nouvelle phase se résume à la reprise économique, en particulier au retour au travail de touTEs. Pourtant, alors que des centaines de milliers de travailleurs/ses ont déjà perdu leur emploi, que des salariéEs sont mobilisés contre les fermetures d’entreprises, il n’a que des formules évasives sur la nécessité de « préserver le plus d’emplois possible ».
Macron parle d’un investissement massif pour l’instruction et la formation, pour la santé, mais sans promettre le moindre centime pour des recrutements ou des augmentations de salaires, alors qu’il annonce avoir mobilisé 500 milliards d’euros, quasi exclusivement pour les entreprises...
Le retour à l’école de touTEs les élèves se fait sans tirer le bilan du « protocole sanitaire » et de l’impossibilité de conserver un lien social pour des millions de jeunes.
Les annonces pour l’éducation et la santé sonnent donc comme de grands mensonges, alors que le président ouvre en réalité la porte à de nouvelles attaques : ainsi, il annonce que pour payer la dette, il faudra travailler et produire davantage, alors que le chômage augmente. Il défend aussi une nouvelle décentralisation (de nouvelles « libertés et responsabilités » pour les institutions locales), ce qui signifie de nouvelles dérégulations et casse des acquis sociaux.
Enfin, Macron a esquivé la question démocratique de l’interdiction des manifestations, annulée hier par le Conseil d’État, mais il continue à menacer les libertés publiques.
Pour le NPA, alors que Macron prétend avoir mis « la santé au-dessus de l’économie », ce discours est une fois de plus une liste de gages donnés au grand patronat et de discrètes annonces de nouvelles attaques contre les classes populaires.
Au contraire, il y a urgence à désarmer la police et à obtenir la justice pour les victimes des violences policières. Il faut interdire les licenciements, partager le temps de travail sans perte de salaire pour supprimer le chômage, annuler la dette et réquisitionner les banques, investir massivement dans les services publics avec l’embauche d’un million de personnels, en particulier dans la santé et l’éducation, et augmenter les salaires de 300 euros comme l’exige la mobilisation actuelle des personnels de santé .
Pour cela, il faut continuer ces prochains jours à nous mobiliser, à reconstruire une riposte sociale : ce mardi 16 aux côtés des personnels de santé, samedi 20 en solidarité avec les sans-papiers. Macron dit qu’il ne veut pas déboulonner de statue ? C’est lui et sa politique capitaliste que nous voulons renverser.
-
Pour une alternative écologique, sociale et démocratique...
Un clic sur l'image...
-
La crise Covid-19 menace la vie de millions de personnes, accélère la transformation géopolitique et allume la flamme des bouleversements sociaux...
Résolution du Bureau exécutif de la IVe Internationale*
Pandémie, dépression économique, mise en évidence de l’inégalité structurelle et des oppressions générées par le néolibéralisme, confrontation géopolitique pour la suprématie mondiale et acuité de l’imminence de l’effondrement environnemental… tout cela a convergé en 2020 lorsque l’humanité tout entière a fait face à une pandémie mondiale, sans précédent depuis des décennies.
-
À la SNCF comme à la RATP : stop à la répression des syndicalistes ! Soutien à Éric, Ahmed et Alex !
À peine le déconfinement annoncé, la RATP et la SNCF ont repris le sale boulot entamé avant la pandémie : s'acharner contre les syndicalistes, meneurs de la grève historique de l'hiver dernier, et qui se battent depuis des années contre les plans machiavéliques de leurs directions, empressées de démanteler le service public des transports.
Qu'ils aient été en première ligne face au Covid-19, assurant la continuité du service public en pleine crise sanitaire, semble importer peu. Ils ont même dérangé encore, par leur travail de terrain d'élus du personnel et CSSCT, en imposant des mesures sanitaires pour les salariéEs et les usagerEs des transports. « Héros du quotidien » un jour, hommes à abattre le lendemain, Éric Bezou, Ahmed Berrahal et Alexandre El Gamal sont tous les trois sous le coup de procédures disciplinaires pouvant aller jusqu'à la révocation.
Le sort d'Éric, cheminot en gare de Mantes-la-Jolie et syndicaliste SUD Rail, est déjà entre les mains de Muriel Pénicaud qui semble vouloir donner raison à la direction de la SNCF en autorisant son licenciement. Son tort ? S'être agenouillé face à ses chefs en dénonciation d'un management anxiogène. Ahmed et Alexandre, délégués CGT sur les dépôts de bus RATP de Flandre-Pantin et Vitry, sont eux convoqués en conseil de discipline, pour des prétextes tout aussi scandaleux : on leur reproche d'avoir bloqué leurs dépôts pendant la grève de décembre-janvier, lorsque nous étions nombreux sur les piquets à nous mobiliser à leurs côtés, pour nos retraites à touTEs.
Le point commun de tout cet acharnement : la volonté de faire taire toutes celles et tous ceux qui s'opposent à la destruction de notre service public, toutes celles et tous ceux qui opposent une résistance sur leur lieu de travail, toutes celles et tous ceux qui se battent pour faire valoir nos vies plutôt que les profits du patronat. Éric, Ahmed et Alex ne sont d'ailleurs pas les seuls à subir cette répression. Dans l'éducation nationale, dans la santé, et jusque dans l'inspection du travail, les cas se multiplient. Pour dire stop à cet acharnement contre les militantEs, il est de notre devoir à touTEs de défendre chaque camarade réprimé.
Le NPA apporte tout son soutien à Éric, Ahmed et Alexandre, et exige l'abandon de toute poursuite à leur égard. Nous appelons à les entourer de la solidarité la plus large, notamment lors des rassemblements organisés mercredi 10 juin à 13h devant le conseil de discipline de la RATP place Lachambeaudie (Paris 12e), et mardi 16 juin devant la gare Saint-Lazare. À tous ceux qui espéraient confiner nos colères, nous le disons tout net : ils ne nous feront pas taire !
-
Brésil : solidarité internationaliste face à Bolsonaro et son monde !
Depuis l’arrivée de Jair Bolsonaro et de l’extrême-droite au pouvoir, le Brésil s’enfonce chaque jour un peu plus dans la tragédie. Alors que le ministre de l’Économie Paulo Guedes n’a eu de cesse de mettre en place un programme ultralibéral, applaudi par les classes dominantes, Bolsonaro et la clique de militaires et d’évangélistes réactionnaires qui l’entourent ont réaffirmé leur orientation politique fascisante et leur objectif de réprimer à tout va les luttes syndicales, afro-brésiliennes, féministes, indigènes ou LGTBI+. Le Bolsonarisme incarne ainsi une mise au pas violente de toute la société brésilienne et particulièrement des travailleurs et des classes populaires.
L’arrivée de la pandémie n’a fait qu’exacerber de manière dramatique cette crise générale, tout en démontrant l’incurie et la gestion criminelle du gouvernement en place. Le pays compte déjà officiellement plus de 25 000 morts mais des experts parlent de 10 fois plus et le Brésil est maintenant l’épicentre mondial de la pandémie, alors que Bolsonaro continue à se gausser de ce qu’il nomme une « petite grippe », tout en répondant aux appels du patronat à ne pas « paralyser l’économie », et en encourageant la déforestation massive et l’éviction des peuples indigènes.
Face à ce scénario catastrophe, ce sont avant tout celles et ceux d’en bas qui sont en train de payer le prix fort de cette crise généralisée. La démission de deux ministres de la Santé en quelques semaines, la sortie du ministre de la Justice, Sérgio Moro, les tensions au sein de la droite et des généraux ou encore entre l’exécutif et plusieurs gouverneurs, démontrent néanmoins une grande instabilité et les failles existantes au sein de la bourgeoisie. Et si le mouvement des travailleurEs, des jeunes, des sans-terre et sans-toit, des peuples indigènes, durement attaqués dans leurs conditions de vie, se retrouve dans des conditions difficiles pour pouvoir intervenir, les résistances se développent pourtant, ainsi que les coordinations unitaires et les fronts politiques pour rejeter cette politique de la mort qui règne désormais à la tête de l’un des États les plus inégalitaires de la planète.
Les appels à virer Bolsonaro (Fora Bolsonaro !) et toute sa clique, mais plus fondamentalement à défaire son monde et la caste dont il est issu, se multiplient. Le NPA exprime toute sa solidarité internationaliste avec celles et ceux qui luttent résolument dans cette perspective : il y a urgence !
-
Le déconfinement sans aucun moyen pour faire face à la crise...
Sur la base du recul de l’épidémie, Édouard Philippe accélère le déconfinement, mais de nombreuses zones de flou perdurent, et des attaques se profilent contre les classes populaires.
L’intervention du Premier ministre a été un véritable numéro d’autosatisfecit de la part du pouvoir. Les indicateurs du recul de la pandémie seraient bons, meilleurs que ce qui était attendu à ce qu’il paraît. Et qu’importe que, pour faire cette belle démonstration, Philippe, Véran et Blanquer tordent le cou à la réalité… Près de 29 000 morts depuis le début de cette catastrophe sanitaire, des morts sans aucun doute dus au retard à l’allumage des mêmes qui aujourd’hui font les fiers…
La politique sanitaire de dépistage porterait donc ses fruits, et le Premier ministre de saluer au passage les personnels soignants. Mais ce discours est plein de contradictions : les restrictions de libertés (bars, fêtes, grands rassemblements limités à 5000 personnes, port du masque…) témoignent d’un danger toujours présent… que le gouvernement est pourtant prêt à faire courir à celles et ceux qui travaillent. Si le risque est nul, pourquoi ne pas tout rouvrir ? Et s’il est important, pourquoi autoriser 15 élèves par classe, pourquoi autoriser à travailler dans les secteurs non essentiels ? Confinement puis déconfinement montrent la logique du gouvernement : ne pas dépenser pour la santé, ne pas fournir les tests et masques nécessaires à la vie, mais forcer le travail à reprendre. Entre nos vies et les profits, il faut choisir !
Le plus incroyable est aussi que le gouvernement n’a même pas parlé des revendications des personnels de la santé, pour des embauches et des augmentations de salaires, alors qu’ils et elles se sont encore mobilisés aujourd’hui, avec de nouveaux rassemblements aux portes des hôpitaux.
Le jour de la publication des chiffres du chômage (22 % d’augmentation, soit 1 million de personnes), le gouvernement n’a pas annoncé non plus les mesures nécessaires pour défendre l’emploi : le maintien de toutes les prestations sociales, l’interdiction des licenciements et suppressions de postes, en particulier les fins de CDD ou de mission pour les précaires. Il se moque manifestement que des millions de personnes se trouvent en grande difficulté sociale.
Au contraire, avec le bac de français changé en contrôle continu, il avalise la tendance générale à la dérégulation dans l’éducation, au lieu d’accorder les examens à tous les postulantEs. Cette dérégulation, c’est le développement de l’enseignement à distance, voire privé, quels que soient les niveaux, et les contrôles continus très variables suivant les établissements au lieu des examens nationaux et anonymes.
Le signal du pouvoir est clairement donné : « la vie » doit reprendre, elle peut donc reprendre, même partiellement. Et très vite, il serait possible de tout faire… sauf de manifester ! Philippe a beau répéter que le danger de transmission du Covid-19 se situe principalement dans le cadre d’espaces confinés, il fait preuve d’une grande hypocrisie en autorisant les rassemblements festifs jusqu’à 5000 personnes, mais en interdisant les rassemblements de plus de 10 personnes dans l’espace public ! Ainsi, les marches des solidarités en faveur de la régularisation des sans-papiers, qui doivent avoir lieu ce samedi 30 mai, ont été interdites dans plusieurs villes, dont Paris. Difficile donc de ne pas voir ici la volonté d’empêcher au moins jusqu’à cet été la possibilité de se rassembler, de manifester, de faire entendre nos droits.
L’heure est pourtant au retour des mobilisations : ce samedi aux marches des solidarités, y compris à Paris, et le mardi 16 juin, touTEs ensemble à l’initiative du secteur de la santé, en grève contre ce gouvernement qui nie une crise sociale profonde qui s’accélère.
-
“Plus jamais ça !” : l’unité doit d’abord servir aux mobilisations...
Mercredi 20 mai, à l’invitation du cadre unitaire « Plus jamais ça, préparons le jour d’après » a eu lieu une première réunion avec l’ensemble des forces politiques issues de la gauche, de l’anticapitalisme et de l’écologie. Pour les organisateurs - un large arc de syndicats (CGT, Solidaires, FSU…) et associations (Attac, Copernic, Greenpeace…) - l’enjeu était d’ouvrir une discussion sur ce qu’il est possible de faire ensemble en terme d’initiatives et d’actions pour répondre aux urgences sanitaires, sociales et écologiques, ce qui est positif. Ainsi, ils proposent de construire des initiatives sur différents terrains : la santé (dont la question de la gratuité des masques), l’emploi (la lutte contre les licenciements), l’écologie... Ils ont aussi annoncé la sortie ce mardi 26 mai d’un « plan de sortie de crise », plan de mesures d’urgence proposé comme une contribution à la discussion.
Il y a un mois, comme d’autres forces politiques, le NPA avait répondu par un courrier public à leur tribune, devenue ensuite une pétition signée par près de 200 000 personnes. Pour nous, l’enjeu reste bien la nécessité de poser un cadre de mobilisation commun aux syndicats, associations et partis politiques, en se dégageant des petits calculs et grandes manœuvres d’une partie de la gauche en vue de 2022 (à l’image de la tribune « construisons l’avenir » publiée par différents médias il y a deux semaines).
Ce moment est important : après une période où la division social-politique a pesé durant le mouvement sur les retraites auquel s’est ajoutée ensuite la période atone du confinement, il y a urgence à aider à la relance des mobilisations - en appuyant en particulier celle qui commence dans le secteur hospitalier - tout en défendant des mesures sanitaires (pour la gratuité des masques, pour une vaste campagne de dépistage) ou sociales (en refusant les licenciements et les fermetures d’usines comme par exemple à Renault).
A cette étape, il s’agit d’une première prise de contact qui doit être suivie d’une nouvelle réunion début juin. Sans attendre, il faut s’appuyer sur l’existence positive de ce cadre pour voir comment cela peut aider la construction de collectifs locaux d’initiative. A l’échelon local comme national, sur nos lieux de travail et dans les quartiers, nous avons besoin de l’unité de notre camp social et de ses organisations (syndicats, associations et forces politiques), des différents collectifs, pour nous mettre à l’offensive. Pour déconfiner… nos colères, et assurer la reprise… des mobilisations, c’est le moment !
-
Refusons la fermeture de quatre usines Renault !
Selon des informations de presse non démenties à ce jour, quatre usines Renault sont aujourd'hui menacées de fermeture : Choisy-le-Roi, Dieppe, les fonderies de Bretagne et Flins. Plus de 5000 emplois sont directement menacés auxquels s'ajouteraient des milliers d'emplois indirects.
La préparation de ces mesures date d'avant l'épidémie. « Aucun tabou » sur les fermetures d’usines, avait osé affirmer, au début de l’année, la nouvelle direction de Renault, choisie par le gouvernement pour succéder au patron escroc Carlos Ghosn.
Comble du cynisme criminel : Renault a fait redémarrer l'usine de Flins, aujourd’hui menacée, parmi les premières usines automobiles de montage en France en pleine épidémie.
Les milliards d'euros que le gouvernement s'apprête a consentir pour recapitaliser Renault en bourse sont bien soumis aux conditions de compétitivité fixées publiquement par le ministre Le Maire. Preuve en est apportée.
Avec quatre usines menacées de fermeture, une attaque d'ampleur inégalée est en cours. La direction de Renault et le gouvernement croient pouvoir tabler sur la désorganisation pratique du mouvement ouvrier qu'a entraînée le confinement. Il faut lui apporter une réponse à la hauteur de l'enjeu pour le faire reculer.
Les travailleurEs des usines Renault menacées doivent bien sûr recevoir le soutien le plus large. Mais cela ne suffira pas. C'est tout le mouvement ouvrier et social qui doit s'engager pour empêcher ces usines de fermer et pour garantir l'emploi. Le NPA appelle au rassemblement et aux initiatives indispensables au plan national pour pouvoir gagner.
Revendiquer l’interdiction des licenciements, refuser la fermeture des usines et garantir l’emploi, c'est refuser la loi du profit qui choisit ses productions, délocalise et détruit des usines en fonction de ses seuls intérêts. C’est à l’intérêt collectif qu’il s’agit de penser, et non à celui des actionnaires, en défendant les emplois et en envisageant collectivement les possibles reconversions, autour de nouvelles activités utiles à la population et permettant de sortir du tout-auto.Cela implique d’envisager réquisitions et expropriations, et donc de s’opposer frontalement à un capitalisme prédateur dont les les salariéEs de Renault font aujourd'hui les frais. TouTEs ensemble à leurs côtés !
