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Communiqués du NPA... - Page 66

  • À Paris comme partout, non à la chasse aux migrantEs !

    Hier soir, sur ordre de la préfecture, les forces de police ont violemment démantelé un camp de migrantEs qui s’était installé un peu plus tôt place de la République à Paris. Avec l’aide de différentes associations de solidarité avec les migrantEs, plusieurs centaines de tentes y avait été installées suite à l’évacuation du camp de porte de Paris à Saint-Denis il y a tout juste une semaine. Sous des tirs de gaz lacrymogène et de grenades de désencerclement, avec un usage intensif de la matraque, des centaines de migrantEs ainsi que différents soutiens et même des éluEs ont été violemment dispersés dans les rues alentour.

    Depuis plusieurs mois, en évacuant successivement plusieurs campements précaires dans Paris et à la périphérie sans rien proposer en termes d’accueil, le pouvoir se livre à une véritable chasse aux migrantEs et réfugiéEs. Une politique particulièrement criminelle dans le contexte de crise sanitaire que nous connaissons actuellement, à laquelle ce gouvernement peut se livrer en comptant sur la passivité des municipalités concernées qui ne proposent aucune solution même d’urgence pour loger ces centaines de personnes.

    Darmanin fait maintenant mine de s’interroger sur la violence utilisée par la police hier, évoquant des images « choquantes »… Quelle hypocrisie alors que lui et le gouvernement auquel il appartient refusent d’apporter le moindre début de réponse, en dépit des différentes manifestations réussies ces derniers mois à l’initiative de la Marche des solidarités. Leur seule politique est de repousser hors de la capitale les migrantEs, qu’importe les risques sanitaires et la très grande précarité à laquelle ils et elles sont livrés… Quelle hypocrisie, en outre, de la part de celui qui veut précisément empêcher de diffuser les images de violences policières !

    Unis contre les politiques racistes, pour l’accueil des migrantEs et la défense des libertés de touTEs, la mobilisation va continuer ces prochaines semaines, avec en particulier l’acte 4 des sans-papiers et des manifestations dans tout le pays le 18 décembre, mais aussi avec les initiatives contre toutes les lois liberticides visant à museler la solidarité et le combat contre les violences policières telles qu’on les a encore vues hier soir.

  • Soutien au Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) face aux attaques de Macron et Darmanin !

    Hier soir, on a appris que le ministère de l’Intérieur venait de notifier, par courrier, le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) de son intention d’engager un projet de dissolution. Gérald Darmanin met ainsi ses menaces à exécution et affirme agir « conformément aux instructions du Président de la République et du Premier ministre ». 

    En s’en prenant de la sorte à une organisation dont le rôle est de combattre les violences et discriminations islamophobes, entre autres et notamment par un accompagnement des victimes et par la publication d’un rapport annuel dressant un état des lieux de l’islamophobie en France, le pouvoir franchit un cap supplémentaire dans sa politique autoritaire.

    Alors que le contenu du pré-projet de loi « séparatisme » (rebaptisé « confortant les principes républicains ») vient d’être rendu public, confirmant que le gouvernement poursuit sa fuite en avant autoritaire et islamophobe, la volonté de faire taire le CCIF et, à travers lui, celles et ceux qui se dressent face à la stigmatisation et aux discriminations contre les musulmanEs, est révoltante. 

    Ainsi, le ministre de l’Intérieur qui veut interdire la dénonciation des violences policières veut aussi interdire la dénonciation de l’islamophobie. Chacun devrait comprendre qu'il s'agit des deux faces d'une même politique, dont l’objectif est de faire taire toute critique de leur « ordre républicain », à l’heure où la faillite gouvernementale dans la gestion de la crise sanitaire lui fait redouter des explosions sociales. 

    Le NPA condamne cette attaque contre le CCIF et assure ses animateurEs et ses bénévoles de tout son soutien dans leur indispensable action contre l’islamophobie. C’est l’ensemble du mouvement social et du mouvement ouvrier qui devrait aujourd’hui se dresser contre cette nouvelle mesure autoritaire : il en va de l’avenir du combat antiraciste et, plus globalement, de l’ensemble des luttes de notre camp social.

  • Assassinats de Nice : face à l’horreur, refuser les logiques guerrières...

    Le NPA condamne les assassinats qui ont eu lieu à Nice et exprime sa solidarité avec les victimes, leurs familles et leurs proches. Au vu des informations disponibles, il semble que ces assassinats aient été commis au nom des mortifères idées jihadistes.

    Cet événement tragique montrent la totale inefficacité de la politique du gouvernement et des mesures répressives, du plan Vigipirate aux restrictions continues des libertés. Au contraire, les discours islamophobes du pouvoir et ses provocations incessantes s'inscrivent dans une logique guerrière qui ne peut que renforcer les fractures déjà existantes et ainsi donner du grain à moudre aux fanatiques de tout bord, vers de nouvelles catastrophes. 

    Il s'agit selon le pouvoir d'une guerre intérieure, mais elle a les mêmes logiques que les guerres classiques : le gouvernement nous appelle à faire corps derrière lui, à accepter sa politique antisociale et guerrière, xénophobe, islamophobe, en s'appuyant sur l'émotion provoquée par ces attaques. Marine Le Pen pousse cette logique au maximum en demandant des mesures de guerre, sans doute de nouvelles restrictions des libertés.

    À l'opposé de ces politiques, nous exigeons, au plus vite, des garanties pour l'égalité la plus totale au sein du pays, la fin de la stigmatisation et des discriminations contre les étrangerEs, le refus des discours et actions islamophobes, et des mesures de justice et d’égalité sociales.

    Nous réaffirmons notre combat contre les idées réactionnaires et mortifères qui arment les assassins et nourrissent les divisions. Nous appelons l'ensemble des organisations progressistes à refuser les discours d'amalgames et les mesures répressives, et à favoriser les expressions et manifestations de solidarité entre les différents secteurs de la population, quels que soient leur lieu d’habitation, leur origine nationale, leurs convictions religieuses. On pense ici en particulier aux marches et autres initiatives contre le racisme et pour l'égalité, qui sont les meilleures garanties pour défendre une société égalitaire et solidaire, face à tous les promoteurs de la guerre civile.

  • Macron ne confinera pas notre colère une nouvelle fois !

    Rien ne va dans ce que Macron vient d’annoncer ce soir. Pour répondre à la grave crise sanitaire dont cette « deuxième vague » épidémique était annoncée, après plusieurs mois d’improvisation, d’inertie et d’impuissance, on ne s’étonnera même pas que les seules décisions du pouvoir sur une question de santé ne consistent qu’à proposer une nouvelle fois une privation générale des libertés… sauf cette fois-ci celle d’aller bosser ! Un bel aveu d’impuissance.

    Vantant son bilan de ces derniers mois, ce que Macron nous propose derrière les chiffres assénés, ce n’est donc pas une politique cohérente s’appuyant sur des protocoles sanitaires stricts sur les lieux de vie, d’études et de travail, une véritable stratégie nationale de dépistage, des moyens pour les hôpitaux et des protections gratuites (masques en particulier) pour l’ensemble de la population… mais une nouvelle forme de confinement pour au moins ces quatre prochaines semaines, qui accompagne le prolongement de l’état d’urgence sanitaire voté pour ces quatre prochains mois.

    Ce confinement new look n’a qu’un seul but : nous priver de toutes les possibilités de vivre, sauf celle d’aller travailler, d’où aussi l’ouverture des établissements scolaires. « Les écoles resteront ouvertes, le travail pourra continuer ». Derrière le blabla sur la défense à tout prix de la « vie humaine », la « vie économique », c’est-à-dire la bonne marche de la machine à profits capitaliste, doit continuer… À croire que les seuls moments où l’on risque la contamination soit la vie de famille, les rencontres avec les amiEs et les temps de loisirs, mais pas les lieux de travail !

    Et après l’extension du couvre-feu la semaine dernière, le prolongement de l’état d’urgence sanitaire votée par l’Assemblée nationale il y a quelques jours pour une durée de quatre mois marque l’affirmation d’un régime d’exception, une limitation des libertés. Le retour de l’attestation annoncé ce soir par Macron en est aussi une illustration.

    Dans beaucoup d’hôpitaux, il n’y a déjà plus de lits de réanimation, les services dédiés à la gestion de la pandémie sont en voie de saturation, et les personnels fatigués. Qu’a fait ce gouvernement ces derniers mois pour préparer les établissements de santé à cette nouvelle réplique, si ce n’est distribuer des dizaines de milliards aux seules entreprises prétendument pour la « relance » ? Alors que depuis deux décennies, des dizaines de milliers de lits ont été supprimés, où sont passées les belles promesses de Véran de créer plus de 12 000 lits de réanimation, dont on mesure déjà la cruelle absence ? Pourquoi il n’y a eu aucun recrutement de personnels de santé entre la première vague de mars et avril dernier et aujourd’hui ?

    Nous ne pouvons accepter la restriction de nos libertés, que notre vie sociale soit réduite de façon si caricaturale au « métro boulot dodo » et au cloisonnement, alors que rien n’est fait pour notre santé, pour permettre à l’hôpital public de répondre à cette grave crise sanitaire. Notre colère ne sera pas confinée. Plus que jamais, notre camp social et ses organisations doivent se mobiliser pour refuser ces nouvelles restrictions des libertés publiques et mettre en avant les mesures pour défendre notre droit à vivre en bonne santé : nos vies, pas leurs profits !

  • Horreur à Conflans-Sainte-Honorine : colères, solidarités, et refus des amalgames...

    Le NPA a reçu avec effroi, vendredi 16 octobre, la nouvelle de l'assassinat par décapitation de Samuel Paty, enseignant d’un collège à Conflans-Sainte-Honorine. Toutes nos pensées se sont immédiatement tournées vers sa famille, ses amiEs, ses élèves et ses collègues, et plus largement vers l'ensemble des personnels de l'éducation, évidemment ébranlés par ce crime atroce.

    Un assassinat insupportable

    Samuel Paty a été tué en raison de son métier et de ses choix. Ce crime horrible est un indice supplémentaire d’une société qui se désagrège. Ce monde toujours plus violent ,fait de guerres, d’oppressions, d’inégalités, de misère, constitue un terreau toujours plus favorable aux idées les plus réactionnaires et mortifères, à l’instar de l’idéologie jihadiste, porteuse d’un projet de société auquel nous sommes tout aussi opposés que nous le sommes à celui des extrêmes droites occidentales.

    Le NPA condamne évidemment cet acte ignoble et insiste sur le fait que, quelles que soient les conclusions de l'enquête, rien ne peut justifier un tel assassinat. C’est pourquoi nous nous sommes joints, et continuerons de nous joindre, aux initiatives permettant d’exprimer deuil, colère et solidarités suite à ce drame, tout en refusant toute logique d’union nationale avec les faux-amis des enseignantEs et les tenants d’une fuite en avant répressive et d’une stigmatisation accrue des musulmanEs...

    L’offensive islamophobe du pouvoir

    Un discours de haine et de division s’est immédiatement imposé dans l’espace public, propulsé aussi bien par la droite extrême et l’extrême droite que par le gouvernement Macron-Castex. Ce dernier prétend ne pas vouloir faire d’amalgames... mais assimile l’acte d’un fanatique avec des organisations religieuses, voire avec toute une religion, ou avec des associations comme le CCIF, dont l’activité consiste à défendre juridiquement les musulmanEs contre les discriminations qu’ils et elles subissent...

    Surenchère autoritaire et répressive, couvre-feux, violences policières et racistes, interdiction des manifestations… Ce n’est pas un hasard si de telles attaques se multiplient dans cette période d’une crise économique, sociale, écologique et sanitaire sans précédent. Alors que le chômage et la précarité se développent partout, ceux qui nous gouvernent cherchent à imposer l’idée d’une menace venue de l’intérieur, à se dédouaner de leurs propres responsabilités et à nous affaiblir. Le racisme, en particulier l’islamophobie, est un outil pour obliger une partie de la population à rester docile face à leurs politiques.

    Contre leur union nationale, pour une autre société

    Notre réponse à une société de plus en plus violente et injuste, où la misère sociale se développe, se trouve dans la reconstruction de solidarités de notre camp social, des classes populaires, contre ceux d’en haut. C’est ce qu’a fait la Marche nationale des solidarités, avec la mobilisation en défense des sans-papiers, une réponse pour construire une émancipation collective. Les mobilisations à construire contre le racisme, contre les licenciements, pour le partage du temps de travail sans perte de salaire ou contre les mesures liberticides comme le couvre-feu, sont d’une urgence absolue.

    Alors que le capitalisme nous emmène dans le mur, nous en appelons à toutes les organisations de gauche, du mouvement social, à refuser l’union nationale avec ceux qui nous gouvernent pour mettre de toute urgence sur le devant de la scène nos revendications sociales, pour l’égalité dans une société où chacunE pourra vivre librement et dignement.

  • 17 octobre : malgré les intimidations préfectorales, nous manifesterons avec les sans-papiers et pour l’urgence sociale !

    ans un arrêté rendu public jeudi 15 octobre, la préfecture de police de Paris fait savoir qu’elle a décidé d’interdire la Marche nationale des sans-papiers, qui doit s’élancer de la place de la République samedi 17 octobre à 14h pour marcher vers l’ouest parisien, en direction de l’Élysée. Principal prétexte avancé : les risques de « troubles à l’ordre public » et de « débordements ».

    Depuis le 19 septembre, des sans-papiers et leurs soutiens marchent, depuis les quatre coins du pays, en direction de Paris, avec pour objectif de converger pour la grande marche du 17 octobre. Ils et elles demandent la régularisation de touTes les sans-papiers, la fermeture des centres de rétention administrative et le droit à un logement pour touTEs.

    Dans un communiqué publié hier soir, l’organisation de la Marche s’adresse aux autorités pour leur demander « [d’]ouvrir de manière urgente les négociations et garantir que la manifestation du 17 octobre se tienne dans de bonnes conditions et dans le respect des revendications portées par le mouvement des sans-papiers et les 280 organisations qui les soutiennent. »

    Le NPA partage les préoccupations des organisateurEs et exige que la manifestation puisse se tenir librement. À l’heure où le gouvernement, incapable de juguler la crise sanitaire et la crise sociale qui l’accompagne, s’enfonce dans une politique de plus en plus liberticide et autoritaire, nous revendiquons le droit de pouvoir… revendiquer !

    Nous serons présents demain au point de départ de la Marche et viendrons en appui aux décisions de ses organisateurs pour qu’elle puisse se dérouler dans de bonnes conditions. Demain sera également l’occasion de revendiquer des mesures face aux urgences sociales, avec une manifestation organisée par des secteurs de la CGT, en lien avec la marche des sans-papiers. 

  • Non au couvre-feu, des moyens pour la santé !

    La mesure était sortie dans les médias comme un ballon d’essai, et Macron vient de le confirmer. Incapable de répondre à l’épidémie depuis son arrivée en France, le pouvoir n’a aujourd’hui comme unique réponse à proposer que le couvre-feu de 21h à 6h dans les zones géographiques à risque, soit l’Île-de-France et huit métropoles. Une nouvelle mesure de restriction des libertés individuelles au nom de la lutte contre le Covid-19, alors que cette deuxième vague n’a rien d’une fatalité. Le sens fondamental de cette nouvelle mesure, Macron ne s’en est même pas caché, c’est que « la vie économique », c’est-à-dire la machine capitaliste à faire travailler la majorité pour le profit de quelques-uns, ne peut pas s’arrêter, ne doit pas s’arrêter, coûte que coûte...

    Dans quelques jours, nous aurons donc le droit de porter à peu près partout des masques que nous aurons dû nous-même acheter, de nous entasser dans les transports en commun et au travail, au détriment de la distanciation physique… mais par contre il sera impossible d’avoir un minimum de vie sociale, familiale, amicale, de distraction, en dehors de son boulot !

    Depuis des mois, Macron et ses amis n’ont rien fait pour éviter ce rebond de l’épidémie. Sans aucune organisation, la politique de dépistage s'est effondrée, permettant juste aux labos privés de « faire du chiffre » mais pas de briser les chaînes de contagion. Et les hôpitaux n'ont ni recruté ni formé les personnels pour faire face à l'épidémie. Il n’y a eu aucun plan d’ouverture de lits, comme le demandent pourtant les hospitalierEs et leurs syndicats qui se mobilisent à nouveau demain et pour lesquels Macron n’a visiblement rien à proposer. À l’évidence, le traitement sanitaire de cette épidémie, qui passe par le développement de notre système de santé, de ses établissements, n’est pas le soucis de ce gouvernement.

    Le pouvoir croit-il vraiment que nous allons accepter ces mesures improvisées et incohérentes, et ces attaques contre nos droits sociaux et nos libertés alors qu’aucune politique publique sanitaire n’est réellement mise en œuvre ? C’est l’inverse de ce que fait le gouvernement qu’il faut défendre. Le NPA construira et soutiendra toutes les mobilisations portant des mesures d’urgence sanitaire et sociale : la gratuité des protections (masques…), la réquisition des laboratoires d’analyse médicale pour organiser la politique de dépistage, l’ouverture massive de lits et l’embauche de 120 000 personnels soignants à l’hôpital sur postes statutaires, avec des revalorisations salariales de 300 euros pour touTEs. Des mesures qu’il faudra leur arracher, par la lutte, jour et nuit s’il le faut.

    Le NPA va prendre au plus vite contact avec l’ensemble des organisations progressistes pour construire une riposte collective aux plans que nous réserve Macron pour les mois qui viennent.

  • Loi « séparatisme » = islamophobie d’État...

    En pleine crise sanitaire et alors que la crise sociale se poursuit et s’approfondit, avec plus de 800 000 emplois déjà supprimés et des menaces qui pèsent contre des centaines de milliers d’autres, Macron et son gouvernement ont décidé de mettre à l’ordre du jour (et à la Une des médias) la « lutte contre le séparatisme ». 

    Il n’aura fallu que quelques minutes de discours pour que les masques tombent : pour Macron, « séparatisme » = « islamisme ». S’en est suivie une longue litanie au cours de laquelle le président, tout en prétendant refuser de se laisser entraîner par « le piège de l’amalgame », a aligné les poncifs racistes et islamophobes, sur un ton catastrophiste, jetant la suspicion sur l’ensemble des musulman·e·s.

    Après avoir expliqué que l’un des principaux terreaux de l’« islamisme radical » était le sentiment de relégation chez des populations vivant dans « des quartiers où les promesses de la république n’ont pas été tenues », Macron a dégainé une longue liste de mesures répressives : obligation de neutralité étendue aux salariéEs du privé assurant des délégations de service public ; renforcement du contrôle des associations et des possibilités de les dissoudre ; ingérence accrue de l’État dans le culte musulman, au nom de la volonté de « bâtir un islam des lumières » (sic)… Ce n’est qu’à la toute fin de son discours qu’il a évoqué la question de la relégation spatiale et sociale, se contentant d’exhiber son bilan et de promettre qu’il allait continuer sur la même voie.

    Comble de l’arrogance et de la provocation, Macron a expliqué que sa lutte contre le « séparatisme islamiste » reposait sur « cinq piliers » – référence à peine voilée aux cinq piliers de l’islam. Pas à une outrance près, Macron a dénoncé les conducteurs de bus qui refuseraient des passagères en raison de leur « tenue indécente »… devant un parterre de ministres parmi lesquels Jean-Michel Blanquer, pourfendeur des shorts et des tee-shirts trop courts des jeunes filles.

    Alors que pas un jour ne passe sans une nouvelle attaque islamophobe, qu’elle soit physique – agressions, incendies de mosquée – ou verbale – dans les grands médias ou sur les réseaux sociaux –, Macron n’a même pas employé une seule fois le terme « islamophobie ». Pire : son discours et les mesures annoncées vont renforcer encore un peu plus la stigmatisation et les discriminations contre les musulman·e·s. 

    Le NPA condamne cette islamophobie d’État revendiquée, et se joindra à toutes les mobilisations en préparation, notamment à l’initiative du Collectif du 10 novembre contre l’islamophobie, contre le projet de loi « séparatisme ». Nous refusons le renforcement des discriminations et des attaques contre les musulman·e·s et affirmons que nous ne nous laisserons pas diviser face à ce gouvernement au service des riches qui pave chaque jour un peu plus la voie à l’extrême droite. 

  • Solidarité avec le HDP en Turquie !

    Vendredi 25 septembre, une nouvelle vague d'arrestations a frappé le HDP (Parti démocratique des peuples), 82 personnes ont été arrêtées, parmi lesquelles des maires, des anciens députés et des militantEs. AccuséEs d'avoir participé en octobre 2014  à des manifestations de soutien à la résistance de Kobané, alors assiégée par les djihadistes de l’État islamique, certainEs avaient déjà été arrêtés,  jugés et acquittés pour les même faits, et les demandes d'enquête parlementaire pour établir la vérité sur ces manifestations qui avaient fait 43 morts, principalement des membres du HDP, ont toutes été rejetées par le gouvernement AKP-MHP. Aucun policier n'a jamais été mis en cause dans ces massacres.

    Depuis 2014, la répression contre le HDP est permanente, les dirigeantEs du parti sont emprisonnés, les maires et co-maires du Sud-est de la Turquie destitués et remplacés par des administrateurs AKP (le parti d'Erdogan) au mépris de l'expression démocratique des habitantEs.

    La complicité du gouvernement français dans cette répression est évidente : il vient de livrer à la police turque un militant réfugié en France, Mehmet Yalçin.

    Le président turc Erdogan accélère son aventurisme sur le plan international, occupant deux provinces syriennes, Afrin et la région de Tall Abyad et Sérékanyé, envoyant les brigades djihadistes à sa solde intervenir en Libye ou en Azerbaidjan, et ses bateaux de guerre en Méditerranée pour s'approprier les ressources gazières qui y ont été récemment découvertes, s’inscrivant dans la partition impérialiste des grandes puissances (dont la France) en Syrie et en Méditerranée, qui ne se soucient guère de l’avenir des peuples de la région.

    Le gouvernement AKP-MHP joue de son chantage sur la question des réfugiéEs et de son appartenance à l'OTAN pour établir un rapport de forces au niveau international mais aussi pour avoir les mains libres pour exercer une répression féroce contre ses opposants.

    Soutien au HDP !
    Libération de touTEs les prisonnierEs politiques !
    Fin de la collaboration avec le gouvernement AKP-MHP !