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NPA l'Anticapitaliste 06 et 83 : le blog - Page 42

  • Révolte populaire en Indonésie, contre la corruption et la militarisation...

    Depuis fin août, une vague de mobilisations secoue l’Indonésie. Partie d’un rejet de la corruption et de l’enrichissement de l’élite, la révolte a pris de l’ampleur après la mort d’un jeune chauffeur percuté par un blindé de la police. Brutalement réprimé, le mouvement dénonce la militarisation du régime de Subianto et l’aggravation des inégalités sociales.

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  • Doublement des franchises et attaque contre l’AME… Le plan Bayrou sans Bayrou ?

    Le Parlement et la rue refusent Bayrou et son plan ? Nous les ferons passer par décrets ! C’est le coup de force contre la démocratie annoncé par la Macronie, avec ses projets de décrets sur le doublement des franchises médicales et l’attaque contre l’AME, l’aide médicale de l’État aux sans-papiers.

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  • Pour dégager Macron, grèves, manifs et blocages jusqu’au 18 !

    Les records que la macronie fait tomber depuis 2023 montrent la profondeur de la crise de régime.

    Cest donc le 4e Premier ministre qui chute et, pour la première fois dans l’histoire de la 5e République, sur un vote de confiance. Profondeur de la crise, illégitimité du pouvoir macroniste mais également pourrissement des institutions dans une situation où tout semble fait pour ouvrir les portes du pouvoir à l’extrême droite. La situation est donc pleine de dangers. Et c’est bien par la mobilisation que nous pourrons imposer une solution progressiste, qui réponde aux intérêts de notre camp social : partage des richesses, hausse des salaires, retraite à 60 ans, développement des services publics et extension de la sphère de la gratuité, régularisations, etc.

    La journée du 10 lance la contre-offensive

    Le 10 a montré les possibilités et les défis que doit relever le « mouvement du 10 septembre ».

    Dans un contexte où l’ensemble de la gauche sociale et politique ne s’est pas totalement saisie de cette journée, les rassemblements et manifestations du mercredi ont néanmoins réuni de manière conséquente. Suffisamment pour montrer que la colère est bien là. Après les 200 rassemblements pour le pot de départ de Bayrou lundi, la mobilisation est au rendez-vous et montre que Macron, Bayrou et leurs politiques sont rejetés massivement dans le pays. Ils sont minoritaires politiquement et gouvernent pour une infime partie d’ultra-riches. Après la chute de Bayrou et de son gouvernement, la journée du 10 lance la contre-offensive des classes populaires et de la ­jeunesse. L’enjeu est maintenant d’inscrire ce mouvement dans la durée. Et qu’il puisse continuer à bousculer les agendas politiques et syndicaux.

    Renforcer l’auto-organisation 

    Enraciner la mobilisation passe par renforcer l’auto-organisation en impulsant des AG là où nous sommes : quartiers, lieux d’études, lieux de travail, etc., et en mettant au service de la mobilisation nos ressources militantes et logistiques. C’est dans ces AG que se décidera la suite de la mobilisation, c’est dans ces AG que se nouent les relations militantes qui permettent l’accumulation d’expériences et la construction du rapport de forces. C’est dans ces AG que peuvent se discuter de la manière la plus démocratique les revendications et les moyens d’action.

    Pour de nombreuses personnes, c’est la première mobilisation. Il y a un enjeu à accumuler très vite une expérience de débats et d’actions collectives. La qualité et le nombre des structures d’auto-organisation, notamment dans les entreprises, est la seule manière pour le mouvement de construire sa dynamique propre et de continuer à imposer ses propres rythmes de mobilisation.

    Vers la grève du 18

    Clairement, la prochaine date à préparer est la grève du 18. Mais les mobilisations du 10 septembre ont aussi leur propre temporalité. Durer implique de se relier aux secteurs en lutte et aux réseaux militants qui se mettront en grève le 18 sans pour autant caler le rythme du mouvement du 10 septembre sur celui des directions syndicales. À terme, nous voulons voir ces deux mouvements converger. Et si le 18 septembre doit être dans la ligne de mire des comités du 10 septembre, ces derniers doivent se doter d’échéances propres avant le 18 et après.

    Construire des actions relais

    C’est à l’échelle des facs, des quartiers, des entreprises que nous devons contribuer à faire émerger des collectifs qui discutent de la suite. Travailler à proposer des dates et des actions-relais qui permettent d’enraciner le mouvement. Dans certaines villes se discute déjà l’organisation de manifestations pour le samedi 13 septembre. Après le 10, il y a un enjeu important de poursuivre les différentes formes de mobilisations et de faire la jonction avec la journée de grève interprofessionnelle du 18 septembre. Il y a un enjeu à construire une riposte massive contre la répression de ce gouvernement déchu et face à un pouvoir illégitime.

    C’est le système qu’il faut changer

    Car la chute de Bayrou ne suffit pas. Après Bayrou, c’est à Macron de partir ! Il faut aller chercher Macron et tous les autres, par la rue et par la grève ! Au-delà, c’est le système qu’il faut changer en profondeur : c’est nous qui travaillons, donc c’est nous qui décidons. Seule notre mobilisation permettra de faire reculer le patronat et les gouvernements à son service. Il est temps d’imposer un autre partage des richesses et d’en finir avec les institutions de la 5e République.

    William Donaura et Victor Zak

  • Soutenir la Global Sumud Flotilla, briser le blocus, stopper le génocide...

    Après plus de 700 jours de génocide, l’arrêt de la CIJ, la dénonciation de la famine à Gaza par l’ONU, il n’est plus possible de dire que l’on ne sait pas. Le nettoyage ethnique apparaît clairement comme un objectif du gouvernement israélien, qui ne cache pas sa volonté de s’accaparer toute la Palestine et même au-delà.

    L’impunité encore

    Alors que le génocide se poursuit depuis plus de 700 jours, une mobilisation internationale inédite se lève. 60 bateaux et 500 volontaires venus de 45 pays prennent la mer pour Gaza, malgré les menaces et la répression.

    Le 8 septembre, suite à l’attaque d’un bus à Jérusalem-Est occupée, Netanyahou a donné l’ordre aux GazaouiEs de partir, promettant une opération terrestre encore plus terrible que toutes les précédentes. C’est le genre d’annonces qui a justifié un mandat d’arrêt contre le Premier ministre génocidaire, mais l’impunité se poursuit. Là où la plupart des gouvernements et responsables politiques s’enfoncent dans la complicité avec Israël, des personnes courageuses s’engagent de mille et une manières, jusqu’à tenter d’aller rompre le blocus de Gaza.

    La mobilisation reste forte, la répression aussi

    La semaine dernière, plus de 40 rassemblements ont eu lieu dans toute la France pour soutenir l’initiative Thousand Madleens. Dans toute l’Europe, les manifestations ont repris avec une très grande ampleur : des milliers de manifestants à Paris, plus de 100 000 à Bruxelles, pas moins à Londres, où la police a arrêté 890 manifestantEs qui tenaient une pancarte en soutien à Palestine Action. Le gouvernement travailliste a justifié cette répression en qualifiant le groupe de « terroriste ». Les initiatives de solidarité se poursuivent régulièrement partout depuis quasiment deux ans. Pourtant, en France, nous ne sommes pas parvenus à faire fléchir le soutien à Israël. La France a continué à livrer des armes à Israël et aucune sanction n’a été prise.

    60 bateaux, 500 volontaires, 45 pays

    Heureusement, les peuples ont réussi à se remobiliser contre le génocide en Palestine. Des flottilles ont navigué une semaine depuis Barcelone jusqu’à la Tunisie, avec notamment à bord Ada Colau, l’ex-maire de Barcelone, pour rejoindre le grand départ. Adèle Haenel a annoncé, il y a quelques jours, avoir rejoint la Global Sumud Flotilla en Tunisie : « Notre but est d’apporter de la nourriture et des médicaments à la population de Gaza, qui est en proie (…) à une famine délibérément orchestrée par le gouvernement israélien. Nous sommes uniEs par la volonté d’agir pacifiquement pour ouvrir un corridor humanitaire et briser le blocus illégal imposé par l’État israélien à Gaza. » Parmi ces délégations, on compte aussi des députéEs françaisEs et des personnalités influentes comme la militante écologiste Greta Thunberg ou Mandla Mandela.

    Ce ne sont pas moins de 60 bateaux et 500 volontaires de 45 pays différents qui s’élancent vers Gaza, malgré les menaces qui pèsent sur la plus grande délégation humanitaire jamais mobilisée. Une flottille a déjà subi une attaque de drone à Tunis. Cela n’entame pas la détermination des volontaires. L’arrivée des bateaux est prévue pour la mi-septembre.

    Parce qu’un génocide il faut tout faire pour l’empêcher, il est essentiel de placer les questions de racisme et la Palestine au cœur du mouvement social. Cela passe par le soutien à toutes les initiatives de solidarité avec la Palestine, une protection citoyenne des flottilles pour briser le blocus de Gaza, et l’amplification des pressions pour obtenir des sanctions contre l’État colonial israélien. 

    Monira Moon

  • La matraque et le bâillon ...

    «La prise en compte du statut des journalistes telle que consacrée par le schéma national du maintien de l’ordre ne trouve pas à s’appliquer dans un contexte de violences urbaines. » C’est avec ces quelques mots que Retailleau a signifié aux forces de l’ordre qu’il comptait enfoncer les derniers clous dans le cercueil de la presse libre.

    Le Schéma national des violences urbaines (SNVU), pondu discrètement par le ministère de l’Intérieur le mois dernier à destination des forces de l’ordre, se veut le mode d’emploi des actions à mener avant, pendant et après les émeutes urbaines. Le mot d’ordre est clair : dehors, la presse !

    Les violences urbaines sont définies comme « tout acte violent commis à force ouverte contre des biens, des personnes et/ou des symboles de l’autorité de l’État, par un groupe généralement jeune, structuré ou non, commis sur un territoire donné » — une description suffisamment vague pour pouvoir être invoquée dès lors que le pouvoir en place rencontre la moindre contestation.

    Le texte entérine un cadre juridique d’exception : pas de sommations préalables ; l’usage de la force relève de l’agent sur le terrain ; l’usage des armes dites « de force intermédiaire » (taser, LBD et grenade de désencerclement) est élargi ; les garanties spécifiques aux journalistes disparaissent.

    En supprimant la prise en compte du statut des journalistes, Retailleau retire les droits concrets qui permettent la documentation, comme le fait d’utiliser un équipement de protection, de sortir d’une nasse avec la carte de presse, de ne pas être interpellé ou tout simplement de conserver son matériel. Empêcher les journalistes de travailler, c’est invisibiliser les violences et prendre le contrôle du récit médiatique (déjà bien aux mains de la bourgeoisie).

    Retailleau prépare une nouvelle fois le terrain au fascisme. Refusons ce huis clos. Exigeons le retrait de cette circulaire, soutenons les recours syndicaux, et imposons, par la mobilisation populaire, que les journalistes puissent travailler, sans entraves ni matraques.

    Rackam

  • Le balai pour Bayrou, les blocages pour Macron !

    Pour la première fois dans l’histoire de la 5e République, le gouvernement tombe sur un vote de confiance, c’est une véritable gifle pour Bayrou et la Macronie. Ce résultat est révélateur d'une crise qui n’en finit pas de durer et qui s’approfondit. Ce vote met en lumière l’illégitimité du gouvernement formé par Macron : illégitimité d’un groupe qui ne porte que les intérêts des plus riches en écrasant les classes populaires, illégitimité d’une politique qui voudrait nous faire travailler jusqu’à 64 ans, illégitimité de ceux qui nous demandent encore et toujours de nous serrer la ceinture. Macron, Bayrou et leurs politiques sont rejetées massivement dans le pays. Les mobilisations du 10 et du 18 septembre doivent être le point de départ de la contre offensive des classes populaires et de la jeunesse.

    Mais la chute de Bayrou ne suffit pas. Après Bayrou, c’est à Macron de partir ! Seule notre mobilisation permettra de faire reculer le patronat et les gouvernements à leur service. Retrouvons-nous, organisons-nous, le 10, le 18 et après : reprenons la rue ! À nous de changer les règles du jeu, à nous de reprendre nos affaires en main ! Ce ne sont pas les menaces de répression violente du gouvernement déchu qui feront reculer la colère. La mobilisation ne s’arrêtera pas, il faut aller chercher Macron et tous les autres, par la rue et par la grève !  Partout, construisons des Assemblées générales pour décider des suites de la mobilisation. C’est le système qu’il faut changer en profondeur : c’est nous qui travaillons donc c’est nous qui décidons. Pour cela, retrouvons nous, organisons nous et surtout mobilisons nous les 10 et 18 septembre et après !

  • Trump limoge des hauts fonctionnaires et prend le contrôle de plusieurs villes...

    Donald Trump multiplie les purges à la tête d’institutions fédérales et déploie la Garde nationale dans plusieurs villes. Ces mesures autoritaires suscitent des condamnations massives et une mobilisation populaire.

    Trump a mis l’été à profit pour continuer à démanteler la démocratie et avancer vers un État autoritaire et réactionnaire. Trump a limogé trois hauts fonctionnaires. Il a d’abord licencié Erika McEntarfer, commissaire du Bureau of Labor Statistics (Bureau des statistiques du travail), Lisa D. Cook, gouverneure de la Federal Reserve Bank (banque centrale américaine), et Susan Monarez, directrice des Centers for Disease Control and Prevention (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies). Aucun autre président n’avait jamais procédé à de tels licenciements à la tête d’institutions quasi sacro-saintes, qui régulent l’économie et protègent la santé publique.

    L’armée contre les mobilisations

    Trump a également affirmé son pouvoir dans les rues des villes américaines. Lorsque les habitantEs de Los Angeles ont protesté contre les rafles et les arrestations menées dans le cadre de sa politique d’immigration, ce qui a conduit à des affrontements avec la police de Los Angeles, Trump a directement mobilisé la Garde nationale en juin, envoyant 2 000 gardes à Los Angeles ainsi que 700 marines et de nombreux agents de l’ICE (Service de l’immigration et des douanes). La maire de Los Angeles, Karen Bass, et le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, ont tous deux qualifié l’occupation militaire d’une partie de la ville d’inutile et d’autoritaire. Le gouverneur a intenté une action en justice devant un tribunal fédéral et obtenu une ordonnance restrictive temporaire. 

    À la mi-août, Trump a déclaré « l’état d’urgence criminelle » dans la capitale nationale et a pris le contrôle de la Garde nationale de Washington, DC, ainsi que du département de police de la ville. Le 8 août, Trump a envoyé des centaines de fonctionnaires fédéraux d’autres agences, telles que le Federal Bureau of Investigation (FBI), patrouiller dans les rues de Washington. Bien que la ville compte effectivement des quartiers à forte criminalité, le taux d’homicides et d’autres crimes violents est en réalité en baisse. Washington, DC étant un district fédéral et non un État, le président est constitutionnellement habilité à en prendre le contrôle. Mais il a également promis d’envoyer des agences fédérales et des troupes dans d’autres villes : Chicago, New York, Baltimore et Oakland, toutes gouvernées par des démocrates.

    Résistances institutionnelles et populaires

    Dans l’Illinois, le gouverneur J.B. Pritzker et le maire de Chicago, Brandon Johnson, ont tous deux condamné le projet de Trump d’envoyer des troupes, le qualifiant d’inutile et de menace pour la démocratie américaine. Quelque dix-neuf gouverneurs démocrates ont également affirmé qu’ils ne voulaient pas de troupes ni de policiers fédéraux dans leurs États. Les troupes et les agents de Trump ne contribuent guère au maintien de l’ordre, ils jettent les bases d’un potentiel coup d’État militaire.

    La manifestation pacifique No Kings Day, qui s’est déroulée à travers les États-Unis le 14 juin 2025, a été la plus grande manifestation d’une journée de l’histoire du pays. En août, les manifestations ont diminué.

    Le Democratic Socialists of America (DSA), la plus grande organisation socialiste du pays avec 80 000 membres, a tenu son congrès à Chicago le mois dernier. Les nombreux courants politiques de l’organisation — gauche, droite et centre — se sont disputés sur les procédures et ont adopté une résolution de soutien à la Palestine, mais il y a eu peu, voire pas, de débats sur la politique ­américaine et sur la manière d’arrêter Trump.

    Mais l’automne approche et des mobilisations plus massives sont attendues lorsque les étudiantEs retourneront sur leurs campus et que les gens reprendront le travail. Il faudra être dans la rue par millions.

    Dan La Botz, traduction Henri Wilno

  • Exclusion des principaux opposants à l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire...

    L’exclusion des principaux candidats de l’opposition de l’élection présidentielle ivoirienne du 25 octobre jette une ombre sur le scrutin et alimente le risque de violences politiques dans un pays marqué par une longue histoire de crises électorales.

     

    Depuis une trentaine d’années, les élections présidentielles en Côte d’Ivoire sont à l’origine de graves tensions politiques ayant débouché sur des violences, comme lors du scrutin de 2020 où plus de 85 personnes ont été tuées, sans compter les centaines de blessés. Les élections du 25 octobre prochain ne semblent pas, hélas, échapper à la règle.

    L’opposition mise hors jeu

    L’élément majeur de la crise est l’exclusion de la liste électorale, pour des motifs divers, de candidats comme Charles Blé Goudé, ancien ministre de la Jeunesse, Guillaume Soro, ex-­Premier ministre, et surtout les deux principaux opposants : l’homme d’affaires Tidjane Thiam du Parti démocratique de la Côte d’Ivoire (PDCI) et l’ancien président Laurent Gbagbo, dirigeant du Parti des peuples africains (PPA-CI). Ces interdictions de se présenter retirent toute crédibilité au scrutin et pourraient générer des tensions politiques, aggravées par les dimensions communautaires liées à l’implantation de ces dirigeants dans leurs fiefs régionaux. Cette fragilité du processus électoral s’explique aussi par d’autres griefs : le quatrième mandat du président actuel, Alassane Ouattara, rendu possible par le changement constitutionnel du 30 octobre 2016 qu’il a initié pour contourner l’interdiction de plus de deux mandats successifs ; une liste électorale de huit millions de personnes sur un total de plus de douze millions de votants potentiels ; une Commission électorale indépendante décriée ; une justice considérée comme aux ordres du pouvoir.

    Mobilisation pour l’inclusion électorale

    Les premières protestations ont eu lieu le 9 août à Abidjan, la capitale, où des milliers de manifestantEs, essentiellement du PDCI et du PPA-CI, sont descendus dans la rue. Ce succès va probablement encourager les opposantEs à maintenir la pression. D’autant qu’une organisation comme le PDCI, fondé par Houphouët-Boigny, qui a dirigé la Côte d’Ivoire pendant plus de trois décennies, bénéficie d’un fort enracinement à travers le pays. En face, le pouvoir, comme à son habitude, va passer outre et ne prendra pas le risque d’une ouverture politique débouchant sur un cadre électoral inclusif. Fort de son succès économique, certes réel mais très inégalitaire, avec une inflation, un chômage et une faiblesse des infrastructures de santé persistants, Alassane Ouattara opte pour le passage en force. Pour ces élections, les moyens de l’État seront mobilisés pour sa campagne. Déjà, une vague répressive s’abat sur les opposantEs, notamment ceux du PPA-CI, particulièrement visés. Ainsi, des cadres de ce parti comme l’ancien ministre de la Défense Moïse Lida Kouassi ou l’ex-ambassadeur Boubacar Koné sont en garde à vue. En Côte d’Ivoire, comme dans la plupart des pays d’Afrique, les élections n’ont qu’une seule finalité : la conservation d’un pouvoir autoritaire sous un vernis démocratique.

    Paul Martial