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Actualités nationales... - Page 2

  • Juin 2026, la France brûle. Qui aurait pu prédire ?

    90 départements en vigilance orange, 49 en rouge. Près de 500 records. 44,1 °C à Saumur. Santé publique France annonce provisoirement 1 000 décès supplémentaires.

    Le SAMU de Paris recensait 109 morts le 27 juin, contre 7 habituellement. 55 noyades entre le 18 et le 25 juin — des gens qui cherchaient à fuir la chaleur. Pendant ce temps, le gouvernement organise des réunions avec climatisation et Nuñez répond : « Non, ce n’est pas un fiasco. Nous étions préparés. » On transmettra aux familles. Lecornu convoque la « responsabilité individuelle » — cette vieille rengaine libérale qui transforme chaque catastrophe systémique en faute personnelle. Si vous crevez de chaud, c’est que vous n’avez pas bu assez d’eau.

    Ils savaient. Ils savent encore et ne font rien.

    En 1988, le GIEC est mis en place avec plus de 2 500 scientifiques. Ses conclusions sont sans ambiguïté. 36 ans de rapports, de conférences, de COP — et chaque fois le même constat : les gouvernements ne sont pas à la hauteur. 

    En 2021, le secrétaire général de l’ONU qualifiait le 6e rapport d’« alerte rouge pour l’humanité ». Pendant ce temps, les émissions fossiles ont continué d’augmenter. C’est le résultat de choix politiques au profit de ceux qui lobbyisent à Bruxelles, financent les partis et siègent dans les conseils d’administration. La science criait, l’industrie fossile murmurait à l’oreille des ministres. 

    Pendant qu’on brûle, un sommet d’extrême droite européen louait le pétrole : « le climat n’est pas un gros problème ». Où trouvent-ils toute cette énergie ?

    Lecornu annonce 100 millions pour les hôpitaux — pour acheter des climatiseurs alors qu’on aurait dû isoler depuis vingt ans. Édouard Philippe propose de « doubler » le Fonds vert pour financer la climatisation des lieux publics. Le nucléaire pour combattre les effets des énergies fossiles. Le capitalisme dans toute sa cohérence circulaire. À quand un plan massif d’isolation des hôpitaux et des écoles ?

    Le Fonds vert saigné, les lois écocides votées

    Le Fonds vert est passé de 2,5 milliards en 2024 à 837,5 millions en 2026 — une coupe de deux tiers, en pleine accélération climatique. Le ministre le justifiait par « l’état des finances publiques » — ces finances qui ont permis des milliards de cadeaux aux riches et de subventions aux fossiles. Les caisses sont vides, mais ­toujours dans le même sens. 

    Pendant que Macron défendait ses neuf années de bilan devant un Conseil des ministres sans aucune mesure d’urgence, son gouvernement votait des lois écocides : la loi Duplomb réintroduisant les néonicotinoïdes qui ravagent nappes phréatiques et cours d’eau, facilitant les mégabassines, remplaçant les sanctions pénales pour destruction d’espèces protégées par une amende de 450 euros — éventuellement un stage de sensibilisation. La directive européenne sur la criminalité environnementale est toujours en attente. Aucune condamnation pour écocide en France à ce jour. Sabrer les outils de protection du vivant d’une main, exiger des individus d’être « responsables » de l’autre.

    Ce qui brûle, c’est un système ; notre réponse, c’est l’écosocialisme

    Cette canicule est le produit d’un système qui privatise les profits et socialise les catastrophes. Si la trajectoire actuelle se maintient, la France file vers + 4 °C d’ici 2100 et 23 382 morts liés à la chaleur par an — une guerre permanente contre les plus vulnérables. Nous refusons les faux choix entre l’austérité verte des libéraux et le déni climatique des fascistes.

    Notre réponse : planification écosocialiste démocratique, isolation massive du parc immobilier sous contrôle public, sortie accélérée des fossiles avec reconversion des travailleurEs, mise sous tutelle collective de l’eau et de l’énergie, végétalisation et débétonnage massifs, taxation des superprofits. Sortir du capitalisme — pas le repeindre en vert.

    Juin 2026 restera l’un des mois les plus frais du reste de nos vies. Pas une métaphore. Pas une projection. Une trajectoire. Il n’y a pas de plan de communication qui tienne face à 44 °C. Il y a urgence à tout embraser.

    Commission nationale écologie

  • Ukraine : pas de combat antiguerre sans soutien à la résistance...

    Portée par Stop the War Coalition, une des principales coalitions antiguerre au Royaume-Uni, la Conférence internationale contre la guerre s’est tenue à Londres le 20 juin 2026, sans aucune solidarité avec la résistance ukrainienne.

    Les objectifs de cette conférence : s’opposer à la logique de guerre permanente du capitalisme contemporain, aux programmes de réarmement et à la militarisation en Europe ; renforcer la solidarité internationale et construire un mouvement antiguerre.

    À ces objectifs légitimes, il manque la solidarité active avec la résistance ukrainienne. Notre camarade Snizhana Oleksun, présidente du Conseil de l’organisation socialiste démocratique ukrainienne Sotsialnyi Rukh (Mouvement social), le souligne dans sa lettre ouverte aux participantEs de la Conférence.

    Elle regrette que cette conférence se tienne sans les syndicats combatifs, les organisations féministes, les collectifs socialistes et les réseaux d’entraide, alors que l’Ukraine est l’un des principaux terrains de guerre aujourd’hui. « Nos voix — celles de personnes qui résistent à l’impérialisme, qui défendent la justice sociale et qui vivent cette guerre au quotidien — sont absentes. »

    La guerre en Ukraine est une guerre populaire

    « Plus d’un million d’UkrainienNEs servent dans les forces de défense ; des millions d’autres assurent le fonctionnement du pays : cheminotEs, infirmierEs, travailleurs et travailleuses du secteur de l’énergie, enseignantEs, bénévoles. » Soutenir la société ukrainienne, c’est soutenir les luttes sociales qui se poursuivent malgré la guerre. « Nous rejetons à la fois l’impérialisme et l’austérité. Nous luttons pour une Ukraine libre, démocratique et socialement juste. »

    L’appel lancé lors de la conférence exhorte les personnes à « baisser les armes ». Snizhana remet en cause un pacifisme hors-sol : « Pour les travailleurs et travailleuses ukrainienNEs, ce n’est pas une option. Si nous baissons les armes, nous sommes vaincuEs. » Cela revient à exiger leur capitulation face à l’occupation qui « apporte les fosses communes, les déportations, l’enlèvement d’enfants et la destruction de toute vie syndicale et civique indépendante ».

    Plus que jamais, contre l’agression russe, le peuple ukrainien a besoin de solidarité.

    Des combats très intenses, sans percée décisive majeure

    Les villes de l’arrière-front, Sloviansk, Kherson ou Kostiantynivka, subissent une pression continue de l’armée russe, qui poursuit son offensive d’été en payant un prix humain élevé. L’Ukraine mène une campagne de frappes en profondeur sur le territoire de la Russie et dans les territoires occupés. En ciblant les bases aériennes, les ports militaires et les systèmes de défense antiaérienne, elle vise à accentuer la pression sur le Kremlin. Le bombardement des raffineries et dépôts pétroliers provoque des pénuries de carburant et montre au peuple russe que l’occupation et l’agression ont un coût durable. Depuis le début de l’année, l’armée ukrainienne cherche à isoler la Crimée pour affaiblir les capacités de projection russe vers le front sud. Frappée par les drones, les missiles de précision et les sabotages, elle n’est plus un « arrière sécurisé ».

    En Ukraine, la guerre accentue les difficultés économiques et sociales : inflation, menaces sur le droit du travail et 4,5⁄milliards de hryvnias de salaires impayés par les entreprises privées ou l’État lui-même. Cette situation affaiblit la défense du pays, sape le moral de la population et, comme l’explique un syndicat KVPU des mineurs de Lviv, elle « prive également de la possibilité d’aider plus de 800 employés de notre entreprise qui sont dans les forces armées ukrainiennes et auxquels les mineurs fournissent tout le nécessaire ».

    Comme l’écrit Snizhana Oleksun, « une défaite de l’Ukraine renforcerait les forces fascistes et autoritaires partout dans le monde ». Elle ajoute : « S’opposer à l’envoi d’armes à l’Ukraine nous laisse sans défense. » Nous devons exiger une paix « juste » et non impériale, décidée dans le dos des UkrainienNEs et contre leurs droits politiques et sociaux.

    Groupe d’intervention Solidarité Ukraine du NPA
     
  • L’impensé de la domination des enfants...

    Chaque année, il y a en France plus de 114 000 mineurEs victimes de violences physiques et plus de 160 000 enfants victimes de violences sexuelles. Dans 8 cas sur 10, elles sont commises par un membre de la famille ou par un proche. En 2022, 60 enfants sont morts sous les coups dans leur cadre familial.

    Un phénomène massif et structurel

    Ces chiffres, sous-estimés, signalent un phénomène massif, loin de l’image du prédateur isolé et « monstrueux ». Les révélations sur des établissements scolaires, des clubs, des structures périscolaires ou des institutions religieuses confirment que ces violences sont structurelles.

    Lorsque l’enfant parle, il se heurte souvent au déni. Sa parole est présumée influençable et mensongère. Ainsi, des alertes précèdent souvent les drames ; mais elles sont minimisées ou niées. L’omerta et l’impunité sont au cœur du système de domination adultiste, dans lequel les adultes disposent d’une autorité considérée comme naturelle et absolue sur les enfants.

    Un système adultiste

    Les actes les plus graves ne naissent pas de rien : il y a un continuum entre les différentes formes de violence. Partout, c’est la même logique qui considère les enfants comme des objets ou des êtres inférieurs en dignité. La « dépendance » des enfants est utilisée pour justifier le contrôle et la violence des adultes.

    C’est le même système qui tolère les violences éducatives ordinaires et qui produit les agressions physiques et sexuelles contre les enfants, l’exploitation sexuelle de plus de 11 000 mineures, les violences meurtrières contre les enfants racisés, qui fait dormir des enfants dans la rue avec 40 °C, qui place des enfants dans des hôtels pendant des mois, qui exclut les enfants handicapés et malades de l’éducation, qui les place en centre de rétention administrative…

    Prévenir plutôt que pleurer

    Il y a urgence à une véritable politique contre les violences. Cela suppose des moyens massifs pour la protection de l’enfance, une justice capable de traiter les signalements, des professionnelLEs forméEs, une éducation au consentement et aux droits des enfants, ainsi qu’une culture qui apprenne aux adultes à écouter. Cela suppose aussi de respecter les droits de tous les enfants : mineurEs isoléEs, enfants handicapés, migrants, racisés.

    Tant que les violences faites aux enfants seront perçues comme des drames isolés plutôt que comme le produit d’un ordre social qui naturalise leur domination, nous continuerons à pleurer après coup ce que nous refusons de prévenir.

  • Vers une vaste campagne pour la remigration ?

    Deux jours avant la manifestation « Remigration et reconquête » à Rome (voir L’Anticapitaliste n° 805, « Les partisans de la remigration en force »), une action, un peu piteuse, lance à Saint-Denis un « nouveau » mouvement, Objectif remigration. Au-delà de la reconstitution de Génération identitaire, les suites de cette apparition sont à surveiller, comme toute l’agitation autour du « racisme antiblanc ».

    « Ceux qui n’ont pas le droit de rester doivent repartir », se réjouit le RN, après le vote du Règlement retour au Parlement européen. Les émojis d’avion fleurissent dans la fachosphère. L’idée de remigration revient en force. Une « initiative citoyenne » propose même une charte, Save Europe Act, signée par des figures comme Orbán ou Zemmour. Si le RN se garde bien d’utiliser le terme, ses partenaires européens n’ont pas la même pudeur, notamment Vox, le FPÖ ou Vlaams Belang, pionnier en la matière — dont Bardella vient de rencontrer la direction.

    Un débat tactique au sein des extrêmes droites

    Issu des Identitaires, le thème de la remigration s’appuie désormais sur le « livre de combat » de Le Gallou, quarante ans après son ouvrage sur la préférence nationale. Depuis, l’environnement politico-médiatique a été bousculé, permettant une circulation aisée des mots d’ordre radicaux. La « remigration » reste aujourd’hui un marqueur clivant au sein des extrêmes droites, les divergences qu’elle suscite étant cependant davantage stratégiques qu’idéologiques.

    Ce clivage est d’abord générationnel. Les jeunes de la nébuleuse radicale, futurs cadres adultes, y sont favorables. « Objectif Remigration » est la déclinaison française d’un « mouvement patriotique professionnel » que Sellner, jeune identitaire autrichien derrière le Save Europe Act, cherche à construire. Leur logique de « changement de régime par la droite » articule parti, mouvement d’action, contre-information, contre-culture et théorie. Pousser le RN à se positionner est un de leurs objectifs.

    Ce clivage sépare les volontaristes convaincus et les incrédules tenus par leur morale, les pessimistes doutant de sa faisabilité et les velléitaires n’allant pas jusqu’au bout de leurs ambitions xénophobes. Le RN rejette l’idée ou botte en touche — le terme est sulfureux — mais il pourrait se faire piéger par ses marges radicales.

    Une conception raciste de la nationalité

    Pour autant, les mesures du RN ne détonnent pas dans un programme de remigration, jusqu’à son projet référendaire. Remettant à plus tard une campagne de fond, le RN évite de clarifier l’élément central d’une « maîtrise des flux migratoires » : la catégorisation des populations à expulser. Les critères de tri sont pourtant au cœur du dispositif de Le Gallou, parmi les étrangerEs comme parmi les naturaliséEs : « les assimilés, les mal assimilés mais non hostiles, les hostiles et les délinquants »...

    Ces catégories s’inscrivent dans une conception de la nationalité que Le Gallou dit être « devenue vide de sens, bradée par le droit du sol et les naturalisations de complaisance ». On comprend pourquoi il entend s’attaquer d’abord à l’État de droit, pour éviter que des décisions soient cassées. La critique du « gouvernement des juges » permet de dérouler un argumentaire pro-remigration. C’est le « JUGEXIT », central dans sa thèse.

    Du « racisme antiblanc » à la remigration

    Chez Le Gallou et ses acolytes, la remigration prendrait une dimension de « mythe mobilisateur » (« Bien chez nous ») opposable à la « culture de la culpabilité, à cause de la Shoah, (…) de la colonisation et de l’esclavage ». Le « racisme anti-blanc » devient un outil puissant pour recouvrer sa fierté « de Blancs, de Blancs européens, de Blancs européens et chrétiens » et dénoncer « l’idéologie antiraciste » responsable du « racisme antiblanc ». Ce terme est repris par le RN comme par les radicaux, et au-delà même de la fachosphère. Il manque peu de chose pour que s’enclenche une campagne qui dénoncerait les « antifas », les juges, les associations (antiracistes, de soutien aux immigréEs, de défense des droits humains…), dont l’issue serait la remigration.

    Le déroulement sans accroc de la manifestation du 21 juin indique qu’Objectif remigration n’est pas (encore) passé à une étape « à la Némésis » visant à perturber les initiatives anti-racistes. Mais Le Gallou a déjà prévu d’organiser, le 31 octobre, la prochaine édition du Remigration Summit... le genre de rencontre qui galvanise une bonne partie de la fachosphère. Ce n’est qu’un début.

    Commission nationale antifasciste

  • Victoire dans l’affaire Geneviève Legay : la Cour d’appel de Lyon confirme la sanction contre le commissaire Souchi...

    Ce lundi 29 juin 2026, la Cour d’appel de Lyon a rendu son délibéré dans l’affaire Geneviève Legay : le commissaire Rabah Souchi a été condamné à 6 mois de prison avec sursis, comme en première instance.
    Il s’agit d’une condamnation historique.
    Toutefois, cette peine n’étant pas inscrite à son casier judiciaire, Rabah Souchi pourra continuer d’exercer dans le maintien de l’ordre...

  • Présidentielles 2027 : front antifasciste, pour la victoire de la gauche de rupture, unitaires et révolutionnaires !

    Afin de définir sa position pour les présidentielles 2027, le NPA-l’Anticapitaliste s’est réuni en conférence nationale les 27 et 28 juin 2026. Cette conférence a réuni des délégué·es, représentant les militantes et militants du NPA-l’Anticapitaliste qui ont débattu et voté dans les assemblées générales réunies dans le courant du mois du juin. 

    Au vu du danger de l'extrême droite, le NPA-l’Anticapitaliste ne présentera pas de candidature à l’élection présidentielle, œuvrera à la construction d’un front antifasciste large et à une candidature de rassemblement de la gauche de rupture.

    À l’heure actuelle, la candidature de Jean-Luc Mélenchon est la mieux à même de rassembler les votes des classes populaires pour permettre à la gauche d’affronter l’extrême droite dans les urnes.

    À l’issue des discussions qu’il mène avec LFI et les organisations et courants de la gauche de rupture, le NPA-l’Anticapitaliste décidera des formes de son engagement dans la campagne et des modalités de son soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, tout en menant une campagne en propre avec des meetings, des réunions publiques, du matériel, pour porter la nécessité du front unique antifasciste. 

    Le NPA-l'Anticapitaliste appelle l’ensemble des militantes et des militants du mouvement social et syndical, de la gauche, des révolutionnaires et des écologistes à se mobiliser et à constituer, partout où c’est possible, des fronts d’action antifascistes, des comités contre l’extrême droite dans l’unité la plus large. La victoire de l'extrême droite et de la droite n’est pas inéluctable ! Mobilisons-nous pour redonner l’espoir à notre camp social pour s’affronter aux classes dominantes et à leurs politiques mortifères !

    Montreuil, le 28 juin 2026

    Déclaration de la Conférence nationale présidentielle du NPA-l'Anticapitaliste (28 juin 2026)

  • Interdire la Pride : la priorité du capitalisme dans un monde en feu...

    La préfecture de Paris annule unilatéralement la marche des fiertés de Paris du 27 juin, une interdiction décidée sans concertation et à la dernière minute au mépris des bénévoles qui ont préparé l’événement cette semaine sous une chaleur accablante. 

    L’actuelle séquence caniculaire, qui génère records de température et conséquences néfastes sur notre santé, rend effectivement compliquée la tenue de la marche dans de bonnes conditions. Et si nous devons toutes et tous faire attention à notre santé dans cette situation, nous savons aussi qu’elle fragilise davantage les plus précaires, en particulier celles et ceux qui ont déjà des difficultés de santé.

    Néanmoins, les raisons invoquées par la préfecture, la saturation des hôpitaux, le personnel surchargé, ne sont rien d’autre que les résultats de la politique de casse du système de santé public menée depuis des années.

    Cette décision s’accompagne de l’annulation de Solidays. Cela va aussi fragiliser beaucoup d’associations communautaires et de lutte contre le VIH en France et dans le monde, qui reçoivent des financements grâce aux recettes de Solidays.

    Néanmoins, si la marche des fiertés est interdite, le travail ne l’est pas. Le brevet n’a pas été reporté alors que les adolescentEs souffrent de la chaleur. Les profs vont continuer de surveiller des épreuves sous 40 °C dans des salles surchargées d’élèves, les chauffeurEs de conduire, les ouvriers du BTP et de l’industrie de travailler dans des conditions dangereuses…

    Cette situation est la conséquence du productivisme capitaliste et de l’inaction gouvernementale. Et tandis que la marche des fiertés se voit annulée car rien n’a été prévu pour la rendre vivable dans ces conditions, le défilé de Louis Vuitton, lui, s’est offert une immense vague artificielle. 

    Pour sa Fashion Week, la bourgeoisie peut déplacer des vagues, mais pas pour nos fiertés ou pour nos vies. Voilà la priorité du capitalisme. Nos vies valent plus que leurs profits !

  • Ni OGM ni NTG dans nos assiettes !

    Le 17 juin, les eurodéputéEs ont voté une réglementation sur les « nouveaux OGM » : les NTG (nouvelles techniques génomiques).

    Ces OGM dernière génération sont présentés comme étant conçus pour « résister aux nuisibles et au réchauffement climatique » et « pour promouvoir une agriculture plus résiliente, innovante et compétitive ». Comprendre : pour toujours plus de fric dans l’escarcelle de l’agrochimie. C’est la porte grande ouverte à leur déploiement, sans traçabilité, sans étiquetage et sans évaluation, avec un brevetage en perspective — donc à la privatisation du vivant.

    Qu’est-ce qui va changer avec les NTG?

    Les NTG sont des plantes modifiées génétiquement par altération ciblée du génome (mutagénèse), contrairement aux « anciens OGM » qui subissaient l’ajout d’un gène étranger (transgénèse) et restent sévèrement encadrés dans l’Union européenne. Trop contraignant pour les géants de l’agrochimie, Bayer, Syngenta, BASF... également leaders mondiaux sur les pesticides ! Ainsi, la Commission européenne a distingué deux catégories de NTG. D’une part, les NTG-1, qui ont subi moins de 20 modifications ciblées, sont considérées comme des plantes « équivalentes » à celles qui vivent dans la nature — donc pas besoin de les tracer, d’évaluer les risques, d’étiqueter : impossible de savoir si on mange des OGM ou pas ! D’autre part, les NTG-2, qui sont davantage modifiées, resteront soumises à la réglementation OGM.

    Les NTG-1 : grosse inquiétude chez les paysanNEs bio

    Comment garantir une filière bio exempte d’OGM et l’accès à des semences sans NTG ? La coexistence de cultures bio à proximité de cultures NTG risque de contaminer les premières, avec l’action du vent, des pollinisateurs... De plus, les sacs de semence seront étiquetés, mais une fois semées, plus d’étiquetage ou de traçabilité. Impossible de savoir si les récoltes obtenues contiennent des NTG. En outre, ces technologies peuvent provoquer des mutations aléatoires chez les plantes, avec des conséquences potentielles sur l’environnement et la santé.

    Brevetage du vivant

    Les NTG-1 ne seront soumises à aucune évaluation avant leur mise sur le marché et pourront être brevetées par les firmes qui les développent, contrairement aux plantes et semences conventionnelles.

    Avec les brevets, impossible pour les agriculteurEs de mettre au point leurs propres semences. Si, par croisement ou mutation naturelle, un paysan obtenait la même modification génétique qu’une plante NTG, il pourra être poursuivi pour contrefaçon.

    Que dire du « code de conduite », non contraignant, que la Commission a obligation d’« essayer d’élaborer », pour prévoir l’octroi de licences « à des conditions équitables et raisonnables » ? Les capitalistes de la chimie ne sont ni raisonnables ni équitables, mais seulement des criminels qui empoisonnent les corps vivants, à petits feux, pour gagner toujours plus.

    Retirons-leur le pouvoir de nuisance!

    Cultiver sans pesticides est possible, comme le montre une étude menée par l’INRAE sur dix ans.

    Partout, des milliers de personnes s’organisent : blocage du site BASF de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, en Seine-Maritime, du site de Bayer à Rennes. Occupation et reprises de terres menacées et de chantiers.

    Le 26 septembre prochain, des actions seront organisées dans 25 pays contre les pesticides et les géants de la chimie. Rendez-vous dans l’Eure, à l’appel de la Confédération paysanne, de Cancer colère, du CSVPO (collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’ouest), des Soulèvements de la Terre. Le NPA-A y sera.

    Commission nationale écologie

  • Conférence nationale du NPA-A sur la présidentielle les 27 et 28 juin...

    Le processus démocratique pour décider des orientations du NPA-l’Anticapitaliste pour l’élection présidentielle de mars 2027 touche à sa fin.

    Les débats, engagés depuis plusieurs mois, avaient abouti à la présentation de quatre plateformes nationales, des textes proposant des orientations pour cette séquence, qui ont été soumises au vote des militantEs. Nous les avions présentées dans notre édition du 4 juin 2026 (dossier « Quelles orientations du NPA-l’Anticapitaliste pour la présidentielle ? », L’Anticapitaliste hebdo n° 803).

    Des dizaines d’assemblées générales (AG) se sont réunies pendant le mois de juin, réunissant les militantEs de l’organisation par zone géographique. Dans chacune d’entre elles, des représentantEs des différentes plateformes ont présenté la démarche proposée et les militantEs en ont débattu avant de voter. Parfois, des plateformes locales ont également été proposées. Les résultats sont en cours de compilation.

    Ces AG ont élu des déléguéEs, sur la base des votes récoltés par chacune des plateformes, avec un système de péréquation nationale. Ce sont ainsi environ 80 déléguéEs qui se retrouveront le week-end des 27 et 28 juin pour la Conférence nationale chargée de décider des orientations qui seront portées par l’organisation.

    Les constats sont largement partagés. La période est marquée par des attaques majeures contre le monde du travail, les droits démocratiques et les minorités ; la fascisation progresse ; la progression de l’extrême droite et le risque de victoire électorale du RN constituent des dangers majeurs ; la construction d’un front antifasciste est une nécessité ; l’unité du mouvement ouvrier et social doit être recherchée ; l’indépendance politique du NPA-A, son projet révolutionnaire, écosocialiste et internationaliste doivent être défendus ; la solidarité avec les peuples opprimés et le refus des logiques impérialistes constituent des repères centraux ; enfin, les mobilisations demeurent le levier principal de transformation sociale et de résistance à la fascisation.

    Dans une situation de division qui n’est pas celle que nous souhaiterions, comment répondre au mieux à ces enjeux à partir de ce que nous sommes, de nos forces réelles et de notre implantation, afin d’être utiles à notre classe et à l’émancipation ? C’est à ces questions que la Conférence nationale devra répondre.