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Actualités nationales... - Page 4

  • Renault fabricant de drones de combat !

    Un nouveau pas vient d’être franchi avec l’implication de Renault dans la production d’armement et, plus globalement, dans le passage rêvé par Macron à une économie de guerre.

    Deux des usines historiques de Renault devraient être « mobilisées » : Cléon, une usine de fabrication de moteurs, et Le Mans, spécialisée dans la fabrication de châssis, pour l’assemblage. Depuis déjà plusieurs mois, des prototypes de drones terrestres étaient testés sur les sites Renault de Guyancourt et de Villiers-Saint-Frédéric.

    Un milliard d’euros sur dix ans

    Un milliard d’euros, au total sur dix ans ! Ce « milliard » est brandi pour créer un effet de souffle et bien montrer que c’est du sérieux. Le partenaire en armement de Renault est « Turgis Gaillard », une toute récente entreprise d’armement du nom de ses deux fondateurs, avec 400 salariés pour un chiffre d’affaires annuel de 80 millions d’euros. Son site internet est plus bavard que Renault : le drone prévu, Chorus, est un engin kamikaze opérable à distance pour des frappes précises sur cibles mobiles, exportable si besoin vers l’Ukraine ou l’OTAN. L’avantage pour un profiteur de guerre, c’est qu’un outil kamikaze doit être renouvelé après chaque opération !

    Alors que l’industrie d’armement est déjà florissante en France, pourquoi y enrôler Renault ? « Il capitalise ses atouts production (coûts bas, délais courts) dans un contexte politique favorable. Ce partenariat complètement inédit marque l’entrée des grands civils dans l’effort de défense nationale ». L’enjeu est d’abord politique : Turgis Gaillard vend ainsi la mèche.

    « On n’est pas là pour faire des armes ! »

    Cela est largement entendu parmi les ouvrierEs. La nouvelle, apprise d’abord par la presse, a souvent choqué et ne passe pas auprès de nombreux salariéEs. Il faut toutefois prendre garde à l’intoxication nationaliste qui commence à se répandre. Dès juillet, au moins cinquante ouvrierEs seraient installés dans un bâtiment séparé dans l’usine du Mans. À terme, des informations font état d’environ 200 salariés impliqués sur tout le périmètre du groupe Renault en France.

    Les syndicats SUD et CGT se sont prononcés contre une production de Renault à des fins militaires. La CGT y a ajouté la demande que des garanties soient apportées « aux salariés refusant de travailler à la production de matériels à usage militaire ». Une sorte de droit à l’objection de conscience qui reprend la revendication qu’avait formulée l’Union démocratique bretonne en mai dernier lors du démarrage de la production d’obus aux Fonderies de Bretagne.

    Construire un mouvement anti-guerre

    L’enjeu est de passer de la protestation individuelle à un mouvement collectif. Ce qui est annoncé aujourd’hui chez Renault prouve à une large échelle la militarisation de l’économie voulue par les pouvoirs en place. Cela devrait nourrir le mouvement anti-guerre à construire dans le pays et celui-ci devrait aider à la construction de ripostes chez Renault et les autres entreprises concernées. Ne laissons pas faire !

    Et n’oublions pas la leçon qui nous est donnée. Oui, une entreprise automobile peut produire, avec le savoir-faire des salariéEs, autre chose que des voitures ! Nous pouvons et devons choisir entre fabriquer des armes ou produire pour le bien commun.

    Jean-Claude Vessillier

  • En Palestine, le génocide continue, amplifions nos voix !

    Les palestinienNEs sont soumisEs à une pression génocidaire prolongée et aux intérêts trumpistes et israéliens. Le nettoyage ethnique se poursuit par destruction du secteur humanitaire et un « Conseil de la Paix » colonial. En France, la proposition de loi Yadan vise à criminaliser les militantEs pro-palestiniens.

    Déguiser le génocide en « Conseil de la Paix »

    Le plan Trump pour la gouvernance coloniale de Gaza se poursuit avec une « seconde phase » du prétendu cessez-le-feu. Elle n’est rien d’autre qu’une mise sous tutelle des GazaouiEs et un démantèlement de la résistance. Le « Conseil de la Paix » censé administrer Gaza comprend des personnalités au lourd passé colonial comme Tony Blair… mais aucunE palestinienNE. L’objectif de ce grossier maquillage diplomatique est clair : répondre aux objectifs israéliens en annihilant toutes les capacités organisationnelles et défensives du peuple opprimé, contraint de vivre dans des réserves coloniales.

    Détruire les structures humanitaires 

    L’État colonial israélien finit d’achever les dernières structures humanitaires onusiennes. Ces acteurs-clés voient leurs employéEs être criminaliséEs et leur bâtiments anéantis. Le siège de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) à Jérusalem-Est, déjà partiellement démoli, a ainsi été incendié dimanche 25 janvier. 36 ONG ont été interdites dans la bande de Gaza. Les autorités israéliennes s’acharnent à détruire les structures de l’aide humanitaire pour la privatiser, la militariser et la subordonner à leurs intérêts. L’interdiction des journalistes étrangers permet de poursuivre l’effacement à l’abri des regards extérieurs. 

    La loi Yadan veut nous faire taire 

    À l’heure où les palestinienNEs subissent une destruction co-organisée de leurs corps, de leurs institutions et de leur capacité d’autodétermination, les voix des militantEs s’élèvent. Mais notre gouvernement veut les criminaliser. La Loi Yadan organise la criminalisation des combats antisionistes sous couvert de lutte contre l’antisémitisme. Nous devons poursuivre la mobilisation pour son rejet définitif. 

    Face à l’aggravation du génocide et aux processus visant à définitivement nous faire taire, haussons le ton. Amplifions nos voix et celles de nos camarades palestinienNEs, organisons-nous contre la censure, massifions le mouvement anticolonial contre les impérialismes, pour une Palestine libre.

  • Combattre la loi Yadan jusqu’au rejet...

    Malgré des retouches pour la rendre plus « constitutionnelle », la proposition de loi n° 575 portée par Caroline Yadan « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme » (PPL Yadan) demeure une menace gravissime pour la solidarité avec la Palestine, pour la liberté d’expression et le débat scientifique.

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  • Ruée sur les mines en Guyane...

    Dans la séance de questions au gouvernement du 20 janvier, le député de Guyane Jean-Victor Castor (membre du Mouvement de Décolonisation et d’Émancipation Sociale) a alerté sur des demandes d’exploration minière dans le Nord-Ouest de la Guyane. Elles sont symptomatiques de politiques coloniales d’accaparement de ressources et d’extractivisme au nom de la « transition énergétique ».

    Trois demandes de Permis Exclusif de Recherche (PER) de mines ont été déposées fin 2025 par la société EURO STRATMET sur une surface de 253 km² en Guyane. Un PER autorise une entreprise à faire des recherches de gisements et lui donne l’exclusivité des explorations. S’il n’autorise pas directement d’exploiter les ressources, c’est la première étape puisqu’il existe ensuite une procédure dérogatoire en Guyane permettant d’ouvrir une mine de moins de 25 hectares sans demander de titre minier.

    Une politique coloniale

    L’entreprise qui demande ces PER, créée fin 2024 dans la Drôme, n’a pas de salariéE, comme d’autres entreprises du même patron. La situation a tout l’air d’un montage financier dans le but de verrouiller l’exploration minière dans une grande région de la Guyane et de spéculer dessus. Elle s’engouffre dans la brèche ouverte par Macron et sa « stratégie de souveraineté » sur l’exploitation de métaux, en particulier pour l’industrie de l’armement, qui passe notamment par un inventaire des ressources minières en Guyane lancé début 2025.

    Jean-Victor Castor dénonce un « droit minier à deux vitesses » où les entreprises locales font face à des procédures longues et à des refus systématiques, quand les demandes des entreprises extérieures sont traitées en quelques mois. Si l’exploitation minière doit être fortement contrainte, il est inadmissible que les ressources soient accaparées par des entreprises occidentales, sans transparence et sans contrôle par les habitantEs des régions concernées qui paient le prix des conséquences désastreuses sur l’environnement. Il s’agit d’un pillage organisé.

    La « transition énergétique » à la rescousse du capitalisme

    Ces explorations concernent du tantale, du niobium, du lithium et des terres rares. Ces métaux jouent un rôle essentiel en microélectronique, dans l’armement, et dans la production et le stockage d’électricité. Leur exploitation est généralement justifiée par le besoin de sortir des énergies fossiles sans prendre en compte les dégâts de l’extractivisme. Comme l’écrit la journaliste et philosophe Célia Izoard, « tout indique qu’on est en train d’enfouir la crise climatique et écologique au fond des mines, dans un impensé qui permet de gagner du temps ».

    Face à la destruction du vivant, la soi-disant « transition énergétique » est une fausse réponse dont le but est de maintenir la production globale en remplaçant les énergies fossiles par des métaux. L’enjeu n’est pas technique mais politique : il faut réduire drastiquement la consommation d’énergie et de ressources dans les pays du Nord global par la décroissance écosocialiste de la production.

    Commission nationale écologie

  • Multiplication des agressions racistes en bande organisée...

    À Décines-Charpieu, un lycéen de 17 ans a été violemment agressé lundi 19 janvier par plusieurs individus cagoulés alors qu’il se rendait en cours : frappé, insulté, rasé, le visage lacéré. Le fait qu’ils aient agi en groupe, masqués, avec des pratiques d’humiliation et d’intimidation, ne doit rien au hasard. Comme à Nice, en décembre dernier, où une quinzaine d’hommes cagoulés ont attaqué des jeunes en proférant des insultes racistes dans le Vieux-Nice, ces violences portent la marque de groupes organisés.

    Elles s’inscrivent dans un continuum qui va jusqu’au meurtre raciste commis récemment près de Lyon, où le corps d’un jeune homme de 20 ans a été retrouvé dans un étang, et pour lequel une information judiciaire a été ouverte du chef de meurtre en raison de la race, de l’ethnie, de la nation ou de la religion.

    Ce continuum raciste est rendu possible par un contexte politique, médiatique et institutionnel où le racisme se déploie en toute impunité. La stigmatisation permanente des personnes racisées, des musulmanEs et des migrantEs, les politiques sécuritaires et islamophobes de l’État, l’impunité policière et judiciaire, favorisent ces passages à l’acte. La mort d’El Hacen Diarra au commissariat du 20ᵉ arrondissement de Paris rappelle que le racisme tue d’abord par la violence d’État.

    Dans le même temps, le gouvernement choisit de dissoudre des organisations antifascistes, comme la Jeune Garde, dont le rôle est précisément de lutter contre les groupes d’extrême droite violents et d’empêcher les agressions racistes, plutôt que de s’attaquer au racisme institutionnel. Pire encore, il en est un acteur central, tandis que les médias dominants et les responsables politiques déroulent le tapis rouge aux thèmes du Rassemblement national.

    Face à cette situation, une riposte collective et unitaire est indispensable. La mobilisation antifasciste et antiraciste massive à Nice le 17 janvier montre que c’est possible qu’une riposte collective existe et qu’une partie de la société refuse de laisser l’extrême droite et le racisme s’installer dans l’espace public. Nous refusons la banalisation et le silence. Il faut nommer les violences racistes pour ce qu’elles sont, combattre les groupes qui les organisent, mettre fin à l’impunité dont ils bénéficient et combattre le racisme d’État.

    Agir partout, s’organiser collectivement, renforcer les solidarités, rejoindre et renforcer les cadres antiracistes et antifascistes : c’est une urgence. L’unité et la détermination contre le racisme et le fascisme sont la seule réponse à la hauteur. Pour que la peur change de camp.

    Le NPA-l’Anticapitaliste appelle à participer aux deux mobilisations organisées le dimanche 25 janvier :

    Paris (75) : Marche « Justice et vérité pour El Hacen Diarra », 14h au Foyer des Muriers. Métro Père Lachaise.

    Lyon (69) : Rassemblement « Justice pour Ismael Aali », 15h devant le Palais de Justice des 24 colonnes.

  • Colères agricoles : Répression pour les uns, immunité pour les autres...

    La mobilisation agricole de janvier 2026 révèle l’autoritarisme de l’État et sa collusion avec l’agrobusiness. Derrière le spectacle des tracteurs dans Paris se cache une réalité brutale : répression des syndicats paysans, impunité pour les violences d’extrême droite, récupération politique au service du lobby agro-industriel.

    Au cœur de la colère paysanne, l’accord de libre-échange UE-Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) permettra l’importation massive de produits agricoles issus de la déforestation, de l’usage de pesticides interdits en Europe, de l’exploitation des travailleurEs. Cet accord menace directement les revenus des agriculteurEs européens. L’agriculture industrielle, les fermes-usines et la course au rendement menacent aussi les petits paysans sud-­américains. Le Mercosur incarne un modèle productiviste et le primat du libre-échange néolibéral sur la souveraineté alimentaire.

    La Confédération paysanne dans le viseur de la répression

    Face à cette offensive, la Confédération paysanne, syndicat progressiste, se mobilise depuis des mois. Seule réponse : la matraque et les arrestations. Le 9 janvier, deux porte-­parole nationaux, Thomas Gibert et Stéphane Galais, sont violemment interpellés place de l’Étoile alors qu’ils manifestaient pacifiquement. Le 14 janvier, 150 manifestantEs occupent une annexe du ministère avec un message clair : « L’agriculture, on veut en vivre, pas en mourir ». Résultat : 52 gardes à vue, suivies d’un classement sans suite confirmant l’absence de violence. Ces intimidations visent celles et ceux qui dérangent le pouvoir en exigeant un changement de modèle agricole.

    Pendant ce temps, la Coordination rurale (proche de l’extrême droite) multiplie les violences en toute impunité, voire avec l’accord de la police : tête de sanglier devant la Ligue de protection des oiseaux, local vandalisé d’un député écologiste, etc. Le gouvernement tolère la violence réactionnaire, mais criminalise la contestation paysanne.

    La FNSEA, syndicat d’État

    La FNSEA bénéficie d’un traitement de faveur. Le 13 janvier, 352 tracteurs défilent librement dans Paris, déversent 30 tonnes de pommes de terre devant l’Assemblée. Arnaud Rousseau, président de la FNSEA et du groupe agro-­industriel Avril, est reçu à Matignon. Réponse immédiate aux demandes de la FNSEA, qui a soutenu le gouvernement tout au long du dernier mois : « loi d’urgence », accélération de la loi Duplomb (fermes-usines et mégabassines), hausse de 10 % des quotas d’abattage de loups. Thomas Gibert dénonce un « système de cogestion entre la FNSEA et le gouvernement ».

    Le 13 janvier, Lecornu a annoncé un moratoire sur la politique de l’eau jusqu’en mars. Concrètement, gel du Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) de la Vilaine qui prévoyait l’interdiction des herbicides sur les zones de captage d’eau potable. Trois ans de travail démocratique suspendus sous la pression de la FNSEA, qui a perturbé les réunions et menacé les élus. La voix de plus de 3 500 manifestantEs à Rennes n’a pas été entendue. Ce moratoire ouvre la voie à l’assouplissement des normes nitrates, au déblocage des mégabassines et à la pollution des nappes. Le gouvernement délivre à la FNSEA le droit de piétiner le débat ­démocratique et la santé publique.

    Entre profits de l’agrobusiness et agriculture paysanne, le gouvernement a choisi. La politique délibérée du « deux poids, deux mesures » défend le capitalisme agricole contre l’alternative émancipatrice. Face à cette collusion, la Confédération paysanne appelle la population à amplifier la mobilisation. Associations écologistes, syndicats, partis politiques doivent rejoindre ce combat pour notre avenir. La solution viendra de notre capacité à faire converger nos luttes, pas de l’État bourgeois !

    Commission nationale écologie

  • El Hacen Diarra, nouvelle victime des violences policières racistes...

    Dans la nuit du 15 au 16 janvier 2026, El Hacen Diarra est décédé dans les locaux du commissariat du 20e arrondissement de Paris à la suite d’une brutale interpellation policière. Nous apportons tout notre soutien et notre solidarité à ses proches ainsi qu’à tous les résidants du foyer des Mûriers où il habitait. El Hacen Diarra est la nouvelle victime des violences policières racistes qui s’exercent dans le quartier et, plus largement, dans tout le pays.

    Mauritanien âgé de 35 ans et vivant depuis plusieurs années dans le foyer de travailleurs migrants des Mûriers à Paris, El Hacen Diarra était venu chercher son pain en France et « le voilà parti à jamais » (Ibrahima Diarra — frère d’El Hacen Diarra).

    Contre l’impunité organisée

    Pendant que la procureure de la République reprend sans nuance la thèse du malaise et de « l’arrêt cardio-respiratoire » avancée par les forces de l’ordre, il est impossible d’ignorer les preuves accablantes de la brutalité de l’intervention.

    Alors que, de son côté, la police parle d’une « chute accidentelle » durant l’interpellation, sur une vidéo prise par l’un des voisins, on distingue deux policiers immobilisant un homme plaqué au sol avant de lui donner des coups de poing. Après analyse de cette même vidéo, on entend la victime dire à plusieurs reprises : « vous m’étranglez, vous m’étranglez, vous m’étranglez ».

    Des témoins ont également aperçu une mare de sang là où s’est produite l’arrestation. Enfin, un autre élément est rapporté par l’avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou : les policiers eux-mêmes ont estimé nécessaire « une hospitalisation immédiate » d’El Hacen à son arrivée au commissariat ; pourtant, les secours ne seront appelés qu’après que la victime eut fait un malaise et décède.

    Toustes solidaires face aux violences policières

    Ce dimanche 18 janvier 2026, nous soutenions le très large rassemblement organisé devant le foyer où vivait El Hacen Diarra. Plus de 400 personnes (et jusqu’à un millier selon la préfecture de police) sont venues exprimer leur solidarité et rappeler qu’il ne s’agit pas d’un accident isolé, mais d’un système de répression raciste systémique.

    Durant la journée, les habitants du foyer ont pu parler de leur expérience partagée des contrôles répétés au pied du foyer, rappelant que les personnes racisées et précaires sont plus exposées aux contrôles, aux humiliations et aux violences. L’occasion de mentionner aussi que le commissariat du 20e a déjà été épinglé pour « différentes affaires de violences et agressions sexuelles commises sur des gardés à vue » (Me Yassine Bouzrou), avec des condamnations pour des faits commis entre 2019 et 2021.

    À l’image du parterre d’habitantEs, de responsables du secteur associatif et d’éluEs de gauche venuEs soutenir la famille et les proches d’El Hacen face au racisme systémique dans la police et à son impunité, refusons le silence, soyons solidaires dans la rue, exigeons vérité et justice. Pour El Hacen, Nahel, Zyed, Bouna, Adama, Aboubacar, Zineb, réclamons le désarmement de la police, partout, dès maintenant.

    Nous appelons l’ensemble des forces militantes et des citoyenEs à se mobiliser contre le racisme des forces de l’ordre : les violences policières doivent cesser dans le 20e et partout.

    CorrespondantEs

  • Violette and Co : la culture contre le génocide !

    Un pas de plus a été franchi ce mercredi 14 janvier dans la répression du mouvement de solidarité avec la Palestine. La librairie Violette and Co, librairie féministe, lesbienne et LGBTQIA+, dans le 12e arrondissement parisien, a été perquisitionnée dès son ouverture sur ordre du parquet de Paris. 

    Le délit supposé ? Avoir en stock des livres interdits. Les livres incriminés ? Des albums de coloriage pour enfants, édités par une maison d’édition sud-africaine, Social Bandit Media, intitulés De la mer au Jourdain. Cet album avait déjà été la cible de militants sionistes qui avaient, en novembre, dégradé la vitrine de la librairie.

    On se souvient du tollé des médias bourgeois lorsque des militantEs ont dénoncé, avec des fumigènes et des tracts, la venue de l’Orchestre national d’Israël à la Philharmonie de Paris. Et le silence des préfectures reste assourdissant face aux concerts du soldat-chanteur Amir, qui glorifie l’action de l’armée israélienne dans sa tournée hexagonale.

    Les attaques se multiplient, dans un contexte où la proposition de loi Yadan entend punir d’emprisonnement et de plus de 7 000 euros d’amende le soutien aux mots d’ordre trop critiques de l’État colonial d'Israël et de sa politique génocidaire. Pendant ce temps, la France refuse les visas des artistes PalestinienNEs pour des représentations de la la pièce Les Monologues de Gaza.

    La culture est doublement attaquée : par les coupes franches dans son financement, mais également par des formes de censure politique. Ces attaques ciblent tout particulièrement les lieux culturels queers – ici, la seule librairie féministe et lesbienne de Paris. Cette perquisition fait écho au harcèlement et à la répression policière dont les lieux queers ont été victimes dans l’histoire récente.

    Le monde de la culture doit se mobiliser. Le génocide et la tentative d’effacement de la Palestine par Israël passe aussi par un culturicide – destruction du matériel d’enseignement, des théâtres, des bibliothèques, des centres culturels – qui est à l’œuvre depuis des dizaines d’années.

    Les travailleuses et travailleurs de la culture doivent se tourner vers la Palestine et construire une solidarité concrète. Nous devons nous organiser pour lutter contre la répression par le gouvernement des PalestinienNEs et de leurs soutiens. Face aux tentatives d’effacement, il est nécessaire de soutenir et de donner de la visibilité à la culture palestinienne.

    Palestine vivra, Palestine vaincra !

  • Contre l’impérialisme et le militarisme !

    Face à la montée des affrontements inter-impérialistes, à la fascisation des régimes et à la militarisation accélérée des sociétés, le Conseil politique national du NPA a décidé de lancer une campagne anti-impérialiste et antimilitariste, en articulation avec les combats antifascistes, antiracistes et écologistes.

    L’affrontement économique et géostratégique entre les États-Unis et la Chine s’accompagne d’une concurrence de plus en plus ouverte pour l’accès aux ressources naturelles. Cette dynamique s’inscrit dans une crise prolongée du capitalisme mondial. La crise ouverte en 2008 n’a jamais été résolue. Face à la suraccumulation oligarchique du capital et à l’épuisement des leviers classiques, les États privilégient désormais le sécuritaire, ­l’identitaire et la coercition militaire.

    Fascisation et militarisation du monde

    Un processus de fascisation se développe au cœur des principales puissances impérialistes, particulièrement aux États-Unis. Le début d’année a été marqué par les frappes américaines sur le Nigeria et sur le Venezuela, deux pays centraux pour la production pétrolière sur leurs continents. Ces interventions ont été suivies de menaces sur le Groenland, riche en ressources, puis sur l’Iran. Elles confirment la volonté étatsunienne d’étendre sans limite son pré carré.

    Les interventions impérialistes de l’après-Seconde Guerre mondiale se réclamaient d’une prétendue défense de la démocratie ou des droits humains. Ce vernis a disparu. Les politiques impérialistes d’accaparement actuelles s’appuient ouvertement sur la force militaire. De l’Ukraine à Gaza, des ambitions impériales russes et chinoises aux menaces étatsuniennes sur l’Amérique latine, le Groenland ou l’Iran, la période est marquée par la multiplication des conflits armés. En Europe, cette dynamique se traduit par un discours militariste renforcé. Elle s’accompagne de la militarisation des frontières et du transfert de leur contrôle à des régimes autoritaires.

    Construire la riposte

    Face à cette situation, il est nécessaire de construire une riposte anti-impérialiste et antifasciste. Elle doit articuler la lutte contre le racisme, le colonialisme et le militarisme. Nous fixons comme priorité, dans les mois qui viennent, la mise en œuvre d’une campagne antimilitariste. Cette campagne vise d’abord à exprimer notre solidarité avec les peuples subissant les agressions impérialistes, la répression de leurs propres régimes ou les conséquences des guerres : en Palestine, en Ukraine, au Venezuela, au Soudan, en Iran et ailleurs. 

    Nous apportons un soutien inconditionnel, même lorsqu’il est critique, aux organisations qui défendent les intérêts des classes populaires. Nous soutenons les formes de résistance qu’elles choisissent, y compris la lutte armée. Nous devons agir en cohérence avec leurs besoins et leurs revendications. Nous combattons les logiques campistes. Nous défendons l’auto­détermination des peuples. Nous soutenons leur volonté propre et leur capacité à défendre leurs intérêts dans les luttes qu’ils mènent, à la fois contre leurs dirigeants et contre les puissances impérialistes.

    Combattre notre impérialisme

    Cette campagne doit combattre notre propre impérialisme, français et européen. Elle doit s’opposer aux idéologies souverainistes, patriotiques et réactionnaires. Celles-ci sont portées par l’extrême droite, mais reprises bien au-delà, y compris à gauche. Elle intègre la solidarité internationale, la lutte contre les politiques migratoires racistes et la dénonciation de l’oppression coloniale. Elle doit contester les choix de la classe dominante qui présente l’industrie de guerre et l’intelligence artificielle comme des réponses à la crise.

    Ces choix ne mènent qu’à une fuite en avant : explosion du commerce des armes, répression accrue des populations, aggravation de la crise écologique. Il est nécessaire de renforcer les campagnes contre la vente d’armes aux puissances agresseuses, aux dictatures et aux régimes autoritaires, et de défendre le contrôle populaire de la production et de la circulation des armes et des technologies militaires.

    Notre orientation combine les explications autour de l’alternative « socialisme ou barbarie » et la construction d’un front unitaire, le plus large possible, autour du refus de la marche à la guerre et de la course à ­l’armement.

    Dans cette perspective, nous participerons à la mise en place des prochaines flottilles pour Gaza. Nous construirons également la mobilisation contre le sommet du G7 à Genève en juin. L’objectif est de lier antimilitarisme, anti-impérialisme, antiracisme, anticapitalisme et combat écologiste.

    La rédaction, sur la base des orientations adoptées par le Conseil politique national du NPA

  • Ni ICE, ni Frontex ! De Minneapolis à Paris, les violences policières tuent !

    Avec Trump 2, encore plus virulent et raciste, l’ICE (la police fédérale de l’immigration) multiplie arrestations et rafles. En 2025, près de 400 000 personnes ont été expulsées des Etats-Unis et plusieurs dizaines sont mortes. Le 7 janvier à Minneapolis, Renee Nicole Good est assassinée par un agent de l’ICE qui lui tire dessus à bout portant alors qu'elle tente de s’éloigner. 

    Violences d’État contre les migrantEs aux USA…

    Trump a fait de son programme anti-migrantEs une priorité : 14 millions de personnes sont ciblées. Une fois arrêtées, aucun moyen de défendre leurs droits : sans pouvoir contacter leurs proches ou un avocat, elles sont détenues dans des conditions dégradantes, renvoyées vers des pays qu’elles ne connaissent pas, elles disparaissent purement et simplement.

    En réponse, toute une partie de la société s’organise : en prévenant dès que l’ICE arrive, en cachant des cibles, en filmant, en soutenant la défense juridique. Des dizaines de milliers de personnes ont participé aux manifestations « ICE out for good !» (« ICE, dehors pour de bon! ») les 10 et 11 janvier. 

    … mais en Europe et en France les violences policières tuent aussi 

    Depuis 2014, plus de 30 000 personnes sont mortes en Méditerranée ou dans la Manche, parce que les voies de migration sont fermées et le sauvetage criminalisé. Frontex – l’ICE de l’UE – refoule et tue. Il faut y ajouter les milliers de décès aux frontières terrestres, dans les Balkans ou le Sahara. L’externalisation des frontières délègue la violence à des régimes autoritaires.

    Les images du meurtre de Renée Nicole Good sont glaçantes. Elles nous rappellent celui de Nahel, 17 ans, tuée à bout portant par la police en juin 2023. Et ça continue ! Dans la nuit du 13 au 14 janvier, El Hacen Diarra est décédé au commissariat de Paris 20e, après avoir été violemment interpellé devant le foyer où il était hébergé. Sur une vidéo, l’on entend distinctement crier « Vous m'étranglez ! ». 

    À bas l'ordre policier et raciste !

    Il s’agit d’une politique globale, dont l’objectif est le même, ici et là-bas : maintenir un ordre policier et raciste, au service de la propriété capitaliste.

    Il faut agir pour l’abrogation des lois sécuritaires, la fin des contrôles au faciès, le désarmement de la police, la dissolution de tous les corps spéciaux de répression, la fin de l’impunité policière, l’abrogation des lois racistes et islamophobes.