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Actualités nationales... - Page 5

  • Coups, tir au visage, arrestations et lacrymos : solidarité avec les lycéenNEs répriméEs

    Depuis plusieurs jours, des lycéenNEs de Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et de toute la France se mobilisent et bloquent leurs lycées pour protester contre leurs conditions d’études indignes et le manque de moyens dans leurs établissements.

    Le pouvoir n'a répondu à la colère de la jeunesse que par de très nombreuses violences policières : passages à tabac, tacles, lacrymos, déblocages brutaux et gardes à vue. La brutalité de ces violences n’est évidemment pas sans lien avec le fait que c’est en grande partie la jeunesse non blanche des quartiers populaires qui se mobilise.

    Ce matin, les lycéenNEs du lycée professionnel Château d’Épluches, à Saint-Ouen-l’Aumône, ont organisé un rassemblement devant leur établissement et ont fait face à un niveau de violence et de répression policière inédit. Une vidéo montre qu’un policier a tiré une grenade lacrymogène dans la mâchoire d’un lycéen, à moins de trois mètres : un tir présentant un risque mortel. Le jeune a dû être évacué aux urgences et nous n’avons actuellement pas d’information sur son état. Mais les policiers ne se sont pas arrêtés là : ils ont ensuite empêché une évacuation sereine des lycéenNEs, encore sous le choc de l’agression, et ont même placé un autre lycéen en garde à vue. 

    Notre solidarité et nos pensées vont au jeune lycéen qui a été violemment agressé et qui est toujours à l’hôpital. Nous pensons également à ses proches et à toustes ses camarades.

    À Grenoble, les jeunes du lycée Emmanuel-Mounier ont subi coups de matraque, gazage et arrestations. La jeunesse a raison de se révolter. Elle a raison d’exprimer sa colère face à un pouvoir qui détruit ses conditions d’études et son avenir.

    Cette colère est d’autant plus légitime que Lecornu s’apprête à imposer un budget de casse sociale en sabrant 54 milliards d’euros dans les dépenses de l’État. C’est par la rue, la grève et les blocages que salariéEs, étudiantEs et lycéenNEs pourront, dans l’unité, faire reculer le gouvernement.

    Notre solidarité va à l’ensemble des lycéenNEs en lutte qui ont subi des violences policières, des gardes à vue et de la répression alors qu’ils et elles se battent pour pouvoir étudier dignement.

    Nous dénonçons cette répression policière d’une violence scandaleuse contre des lycéenNEs et l’impunité dont elle bénéficie.

    Organisons partout la solidarité pour soutenir la mobilisation légitime des lycéenNEs et les protéger face à la police ! L’unité et le nombre sont notre force !

    Flics hors des lieux d’études ! Désarmons la police !

  • Bardella antisémite : qui aurait pu prédire ?

    Quelque jours après que le député Jean-Philippe Tanguy, numéro 2 du RN ait repris la devise nazie « le travail rend libre », Mediapart rapporte des propos de l’actuel président du RN, au début de sa carrière politique, qui témoignent d’un antisémitisme obsessionnel. Cela n’est une surprise que pour celles et ceux qui ont voulu donner du crédit à la politique de dédiabolisation du RN.

    L’antisémitisme structure en effet la vision du monde de l’extrême droite, y compris dans les discours de Marine Le Pen : opposition entre les « nationaux » et les « mondialistes », dénonciation des élites « apatrides » ou « cosmopolites » et fantasme d’un complot organisant l’immigration. Derrière le « grand remplacement » demeure le vieux mythe antisémite d’une puissance occulte travaillant à la domination du monde.

    Les premières cibles de l’extrême droite sont aujourd’hui les musulmanEs, les personnes noires et arabes, les Roms et les migrantEs. Mais le racisme est un système : une force politique fondée sur la pureté nationale portera toujours une menace contre l’ensemble des minorités. Toute stratégie qui oppose la lutte contre l’antisémitisme à celle contre l’islamophobie, la négrophobie ou le racisme anti-Roms est donc vouée à l’échec. 

    L’urgence est à la construction d’un large front antifasciste large. Contre la fascisation, contre l’extrême-droite et toutes les formes de racisme, organisons la solidarité et la riposte, dans les urnes mais aussi, sans attendre, par nos luttes. Le NPA-l'Anticapitaliste appelle notamment à renforcer la mobilisation nationale, à Orléans, les 24 et 25 octobre, alors que s’y tiendra le congrès du RN.

  • La température retombe, pas nos colères !

    Alerte, ça brûle ! Alors que sept limites planétaires sur neuf sont déjà franchies, les phénomènes climatiques s’intensifient et menacent la vie de millions de personnes. 

    Près d’un milliard de personnes vivront sur des côtes basses d’ici 2050. De petits États insulaires pourraient être en partie ou totalement submergés. Typhons, tornades, cyclones, coulées de boue, inondations, sécheresses… les catastrophes climatiques font des milliers de morts chaque année. La production alimentaire mondiale pourrait reculer jusqu’à 14 % d’ici 2050. Celles et ceux qui ont le moins pollué paieront le plus. Aux conséquences du colonialisme et du pillage des ressources, il faut ajouter le colonialisme chimique : les pays du Nord, dont ceux d’Europe, continuent de fabriquer des pesticides qu’ils interdisent sur leur territoire en raison de leur toxicité, mais qu’ils commercialisent dans les pays du Sud.

    La chaleur tue !

    Entre 1,5 et 2 °C de réchauffement, les étés meurtriers deviendraient la norme. Les habitantEs des quartiers populaires, les familles précaires, les personnes âgées, celles et ceux qui travaillent dehors ou dorment dans la rue en ont payé le prix fort. On imagine ce qu’il en serait avec un réchauffement de 2,5 °C, seuil qui pourrait être franchi selon le GIEC !

    Cette situation prévisible était annoncée, notamment par les rapports successifs du GIEC. Elle empirera si on ne stoppe pas les émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, le gouvernement, si dur avec les mobilisations de défense de l’eau et des espaces naturels, est bien doux avec TotalEnergies, l’industrie chimique et l’agro-­industrie.

    La politique du gouvernement aggrave la crise 

    Face aux conséquences de l’été caniculaire, durant lequel pompiers, paysanNEs et soignantEs ont été en première ligne, l’objectif immédiat est clair : il faut imposer un plan d’urgence climatique avec des mesures pour la protection des salariéEs et de la population, avec des ­services publics pour le logement, la santé, la lutte contre les incendies, la restauration des forêts et des sols, la gratuité et le développement des transports en commun…

    Mais on ne peut pas s’adapter indéfiniment. Il faut prendre le mal à la racine : rompre avec l’agro-industrie au profit d’une agriculture paysanne et écologique, imposer une politique de sortie des énergies fossiles et l’interdiction de tout nouveau projet fossile, taxer les superprofits des entreprises des secteurs des énergies fossiles et de l’armement, instaurer un impôt climatique sur les plus gros patrimoines. Il faut aussi désarmer les criminels climatiques : exproprier TotalEnergies.

    Un automne des luttes

    L’appel du 26 septembre, signé par plus de 35 000 personnes et plus de 400 organisations, est bien plus qu’une manifestation pour le climat. Il s’inscrit dans la durée pour imposer les mesures d’urgence et la rupture avec les fossiles. Il vise la construction d’un mouvement par en bas, à partir d’assemblées locales qui se coordonneront pour décider de la suite de la mobilisation, avec d’ores et déjà un rendez-vous mi-novembre. L’appel exige des mesures qui mettent en lien les différents secteurs en lutte : services publics, pompiers, Gilets jaunes, quartiers populaires, paysanNEs… et qui leur permettent de converger contre le budget d’austérité et contre le gouvernement.

    Descendre dans la rue massivement, se coordonner, s’organiser, c’est aussi lutter contre l’extrême droite, qui se nourrit de nos défaites.

    Commission nationale écologie

  • La température retombe, pas nos colères !

    Des milliers de personnes sont mortes à cause des chaleurs extrêmes. 

    Les habitantEs des quartiers populaires, les précaires, les personnes âgées, malades, en situation de handicap, celles et ceux qui travaillent dehors ou dorment dans la rue ont payé le prix fort.

    La canicule a accentué toutes les inégalités : de logement, de conditions de travail, de santé…

    Le gouvernement aggrave la crise

    Les pompiers, les soignantEs, les enseignantEs ont été en première ligne dans des services publics ravagés par les politiques d’austérité. Les paysanNEs, déjà maltraitéEs par une politique au service de l’agro-industrie, voient leur avenir compromis.

    Cette situation était annoncée, notamment par les rapports successifs du GIEC. Elle empirera si on ne stoppe pas les émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, le gouvernement, si dur avec les mobilisations de défense de l’eau et des espaces naturels, est tout doux avec TotalEnergies, l’industrie chimique et l’agro-industrie.

    Un plan d’urgence climatique !

    Imposer des mesures pour protéger les salariéEs et la population, avec des services publics pour le logement, la santé, la lutte contre les incendies, la restauration des forêts et des sols, la gratuité et le développement des transports en commun… C’est vital !

    Ces adaptations sont urgentes, mais elles ont leurs limites. Il faut prendre le mal à la racine : rompre avec l’agro-industrie pour développer une agriculture paysanne et écologique, imposer une politique de sortie des énergies fossiles, taxer les superprofits des groupes fossiles, de l’agro-industrie et de l’armement, instaurer un impôt climatique sur les gros patrimoines. Et désarmer les criminels climatiques, en commençant par exproprier TotalEnergies.

    Partout pour le climat et la justice sociale

    L’appel du 26 septembre, signé par 42 000 personnes et plus de 1 000 organisations, va bien au-delà d’une marche pour le climat. Il veut construire dans la durée un mouvement par en bas, avec des assemblées locales qui se coordonneront pour décider des suites (un rendez-vous à la mi-novembre est déjà fixé). Il exige la rupture avec les énergies fossiles et des mesures d’urgence qui lient différents secteurs en lutte — services publics, Gilets jaunes, quartiers populaires, paysanNEs… — pour qu'ils convergent contre le budget d’austérité.

    Descendre massivement dans la rue, se coordonner, s’organiser, c’est faire reculer l’extrême droite, qui se nourrit de nos défaites.

  • Appeler un faf un faf...

    Autour de Ceuta, la panique raciste a ressorti une de ses armes favorites : l’accusation de viol. Au 31 août, le parquet recensait 23 agressions sexuelles, dont cinq viols. Les victimes étaient des migrantEs, dont neuf mineures ; parmi les huit suspects identifiés, trois Espagnols et un Belge. Mais qu’importe. Dans le récit dominant, les victimes ont disparu. Il ne reste que des hordes d’étrangers menaçant les Européennes. Une réactivation d’un vieux scénario colonial : prétendre défendre « nos femmes » contre la prétendue sauvagerie sexuelle de l’étranger.

    Lancée par le patronat valencien, la campagne « Todos somos caballas » (surnom des habitantEs de Ceuta) a fait de la solidarité un mot d’ordre raciste. Avant le match Elche-Real Madrid, Kylian Mbappé, Vinícius et Ibrahima Konaté ont porté le tee-shirt à moitié enroulé, masquant une partie du slogan, en signe manifeste de protestation. Mbappé a expliqué penser aussi aux migrantEs mortEs ou soumisEs à des conditions dures, refusant toute hiérarchie entre les souffrances. Cela a suffi pour que Vox fustige « trois millionnaires » et que le patron de la Liga exige le port du tee-shirt.

    Le même jour, Teddy Riner s’est inquiété de la montée de l’extrême droite. « Il faut appeler un chat un chat », a-t-il précisé. Dès le lendemain, la fachosphère a déchaîné sa négrophobie contre cette parole jugée sans valeur, et Pascal Praud s’est efforcé de la réduire au néant : « Ce que dit Teddy Riner ou rien, c’est au fond la même chose. Les Français s’en fichent. » Comment mieux dire l’illégitimité d’une parole noire lorsqu’elle vient troubler la dérive fascisante du débat public ? Pourtant, s’il faut attaquer ces voix, c’est qu’elles dérangent.

    Réjouissons-nous de les voir s’élever. Mbappé et Riner ne sont pas des militants révolutionnaires, mais leur popularité donne une portée immense à leur refus du racisme et du fascisme. La lutte contre le RN et la fascisation passera inévitablement par des voix différentes. Pour notre part, nous sommes convaincuEs qu’il ne suffira pas de condamnations morales, aussi bienvenues soient-elles, et qu’il faudra imposer des alternatives radicales, sortir du carcan capitaliste et rouvrir un chemin d’émancipation.

    Olivier Lek Laferrière

  • Ni permis de tuer ni État policier !

    La loi dite du « permis de tuer » doit encore passer par le Sénat. En officialisant la présomption de légalité des tirs policiers, elle augmenterait encore le pouvoir policier et le nombre de tués, majoritairement non Blancs. La mobilisation est une urgence.

    Omniprésence du racisme dans la police

    Les médias s'émeuvent de l'affaire des policiers municipaux de Carcassonne. Tous les six mois ou presque, la même « révélation » sur le racisme dans la police.

    Mais il ne s'agit jamais seulement de mots. La police exerce une puissance répressive sur les corps, et d'abord sur les corps non Blancs. La déshumanisation qui autorise les insultes est aussi ce qui permet et justifie les violences physiques.

    À Carcassonne toujours, le 21 juin, en présence d'un policier municipal mis en cause pour ses propos racistes, un policier national a projeté au sol Youssef E., 29 ans, dont la tête a violemment heurté la chaussée. Youssef est mort treize jours plus tard. Le parquet a aussitôt écarté tout lien avec l'interpellation, et il aura fallu la diffusion de la vidéo, en septembre, pour qu'une enquête de l'IGPN soit enfin ouverte.

    Une institution coloniale

    La police est un outil de maintien de l'ordre capitaliste, qui protège les dominants et fait tenir la hiérarchie de classe. Elle s'est construite en France sur la répression des « indigènes » de l'empire, y compris quand ceux-ci vivaient en métropole. La BAC vient des brigades coloniales d'Algérie, et la pacification des quartiers populaires par une présence permanente, visible et répressive relève d'une doctrine de maintien de l'ordre colonial.

    La montée du RN et la banalisation des idées racistes fournissent un surcroît de légitimité et d'impunité aux violences policières. La loi de 2017 sur les refus d’obtempérer et la proposition de loi dite du « permis de tuer » reprennent des revendications portées par l’extrême droite, dont les thèses sont reprises par un spectre toujours plus large du champ politique et médiatique.

    En finir avec l’ordre policier

    Demander plus de commissariats, plus de policiers et plus de moyens revient à transférer l'argent des services publics vers la répression sociale, politique et syndicale. En cédant systématiquement aux revendications des syndicats policiers, la classe dirigeante s'attache l'institution qui lui servira de rempart face aux mobilisations que la casse sociale ne manquera pas d'entraîner. Combattre les violences policières doit nous conduire à poser la question du désarmement et de l'abolition de la police.