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Actualités nationales... - Page 5

  • Soutenir le mouvement antifasciste et antiraciste face à la répression...

    Le pouvoir multiplie les procédures de dissolution. De Lyon à Paris, l’antifascisme est visé — précisément parce qu’il constitue un point d’appui central des mobilisations. Abandonner les militantEs antifascistes reviendrait pour la gauche à désarmer ses propres luttes et à renoncer à elle-même.

    En 2021, la loi Séparatisme est venue renforcer les possibilités de dissolution prévues par le Code de la sécurité intérieure, notamment en visant les groupes « provoquant des agissements violents à l’encontre des personnes et des biens ». 

    Diaboliser et dissoudre l’antifascisme

    Le premier groupe antifasciste dissous pour ce motif en mars 2022 a été le groupe antifasciste lyonnais, GALE, créé en 2013 suite à la mort de Clément Méric.

    En juin 2023, le gouvernement tente de dissoudre les Soulèvements de la Terre. Si cette décision suscite une forte mobilisation, la GALE, dissoute la même année, n’en bénéficie pas et sa dissolution est confirmée en novembre 2023. Depuis juin 2025, la Jeune Garde est à son tour visée, en même temps qu’Urgence Palestine.

    Pourtant, un an auparavant, la gauche rassemblée dans le Nouveau Front populaire affichait le soutien de la Jeune Garde pour les législatives. Cela avait permis à Raphaël Arnault, co-fondateur de la Jeune Garde, d’être élu député à Avignon. Mais la mort du militant néonazi Quentin Deranque a donné une nouvelle occasion de diaboliser l’antifascisme, d’attaquer LFI et de réclamer la démission du député Raphaël Arnault.

    Son élection avait prouvé que l’antifascisme et l’antiracisme pouvaient freiner la montée de l’extrême droite et permettaient même de gagner contre elle. En effet, sa campagne menée sur des bases antifascistes claires avait permis à Raphaël Arnault de rafler la place du député RN sortant.

    La force de l’antifascisme

    Alors que les discours racistes se banalisent dans les médias, que les lois discriminatoires et liberticides s’accumulent, que les attaques sociales s’amplifient et que la répression se durcit, il serait suicidaire pour la gauche de tourner le dos à cette stratégie gagnante de l’antifascisme.

    Car ce n’est pas qu’une ligne politique, c’est surtout une lutte de terrain qui permet la mise en mouvement de larges pans de la société et de notre camp social. L’antifascisme a été le dénominateur commun de toutes les organisations du Nouveau Front populaire et c’est cette unité sous bannière antifasciste qui a permis au NFP d’arriver en tête au second tour des législatives.

    C’est justement parce que l’antifascisme peut faire gagner la gauche qu’il est aujourd’hui autant criminalisé. Cet acharnement n’est donc pas un hasard, il permet d’affaiblir les résistances et d’attaquer celles et ceux qui portent des projets d’émancipation. C’est cette même dynamique d’acharnement qui est à l’œuvre contre les maires noirs nouvellement élus, contre Rima Hassan et les voix qui soutiennent la Palestine ou contre Sophie Binet et le mouvement syndical.

    Soutenir les militantEs antifascistes et antiracistes

    Le rassemblement réussi du samedi 4 avril à Saint-Denis, contre le racisme et en soutien au maire Bally Bagayoko, prouve que l’antifascisme et les combats qu’il porte sont bien vivants. Une fois encore, c’est la mobilisation des forces politiques, syndicales et associatives autour d’une initiative portée à la base par des collectifs locaux et les habitantEs de Saint-Denis qui a permis la réussite de cette journée (lire page 6).

    Cette mobilisation doit s’amplifier, car aujourd’hui, c’est au tour du collectif antiraciste Génération EDR d’être menacé par une dissolution. Face à la répression, les militantEs antifascistes et antiracistes doivent être soutenuEs avec la même détermination.

    Au-delà des organisations antifascistes, c’est tout le mouvement social qui est attaqué. Si la gauche veut voir ses idées gagner, elle ne pourra pas faire l’économie de l’antifascisme.

    Lorsqu’elle cède sur ce terrain, elle se divise et s’affaiblit, elle se prive de ses moyens de défense : clarté, unité et radicalité.

    Commission locale antifasciste et Commission antiraciste de la région parisienne

  • 2 grammes, 2 mesures...

    Édito de l'Anticapitaliste hebdo n° 795

    Vous n’avez pas pu passer à côté de l’événement dont toutes les rédactions se sont emparées ce week-end : convoquée par la police à la suite d’une plainte au sujet d’un tweet (depuis supprimé) concernant Kōzō Okamoto, membre de l’Armée Rouge Japonaise — une organisation active dans les années 70, Rima Hassan a été placée en garde à vue. En quelques heures, c’est un déchaînement de violence qui a eu lieu.

    Très rapidement, cette garde à vue s’est transformée en procès public en son absence. Les « sources proches de l’enquête » n’ont eu de cesse de nourrir commentateurs, en dépit de la présomption d’innocence qui leur est pourtant si précieuse lorsqu’elle concerne Gérard Depardieu, Gérald Darmanin, Éric Zemmour, Morandini… 

    Rima Hassan dénonce à juste titre un acharnement judiciaire dû à sa lutte contre le génocide palestinien. Et ce qui est sûr, c’est que depuis la mise en place de la loi condamnant « l’apologie du terrorisme », les poursuites et les condamnations pullulent, et de nombreuses associations ou militantEs de terrain sont visés par ces accusations, y compris le NPA-A ! 

    Deuxième info incontournable : on fait courir le bruit que 2 grammes de « drogue de synthèse » auraient été retrouvées dans le sac de Rima Hassan. Sur la base de ces déclarations hasardeuses pourtant, certains s’en sont donné à cœur joie. Déclarant tour à tour qu’il s’agissait « d’un gramme de 3-MMC et d’une boulette de cannabis », puis de « traces de cristaux blancs », ou plus simplement comme Retailleau de « stupéfiants ». Certains vont jusqu’à expliquer que le composé peut être utilisé dans des soirées chemsex, laissant les lecteurs en conclure ce qu’ils veulent.

    La garde à vue de quelques heures de Rima Hassan a fait l’objet de plus d’articles et d’informations télévisuelles que l’ensemble du procès de Marine Le Pen… Les 2 grammes qui cachent les millions ? 

    Alors, bien entendu, soutien à Rima Hassan, victime du racisme antipalestinien et de la fascisation en cours. 

    Aurélianne Abitbol 

  • La loi Yadan, une forme renouvelée du racisme...

    La proposition de loi dite « Yadan » intervient dans un contexte international marqué par la montée des logiques autoritaires, la fascisation de nombreux États et l’ingérence croissante des puissances impérialistes, au premier rang desquelles les États-Unis et Israël.

    Puissance dominante de la région, Israël mène une politique de guerre et d’occupation qui suscite une contestation grandissante.

    Dans ce contexte, la loi Yadan, qui condamne en fait toute critique d’Israël ou de la politique de son gouvernement, ou tout appel à la libération de la Palestine, est profondément inquiétante.

    Une loi liberticide…

    Derrière un discours prétendant lutter contre les discriminations, ce texte est avant tout liberticide.

    En assimilant la critique de l’État d’Israël à une forme de haine, il rend illégitime toute prise de position politique en solidarité avec le peuple palestinien.

    Il ouvre ainsi la voie à la répression des mobilisations, à l’interdiction de manifestations et à la criminalisation d’engagements militants.

    Défendre les droits des PalestinienNEs n’est pas et ne devrait jamais être un délit : c’est un combat pour la justice et l’égalité.

    ...qui dévoie la lutte antiraciste

    En prétendant combattre l’antisémitisme, la loi Yadan l’instrumentalise. En entretenant l’idée que critiquer Israël reviendrait à s’en prendre aux JuifVEs, elle renforce un amalgame dangereux qui enferme ces dernierEs dans une identité nationale.

    Pire, elle construit l’idée que l’antisémitisme serait propre à certaines populations, invisibilisant son caractère structurel dans toute la société.

    Enfin, elle revient à offrir un blanc-seing à une politique agressive dans la région, comme le montrent les attaques contre l’Iran et le Liban. En protégeant un État de toute critique, cette loi sert les intérêts de l’impérialisme, notamment étatsunien, et affaiblit les solidarités internationales.

    Refusons cette loi. Défendons nos libertés, un antiracisme cohérent et la solidarité entre les peuples !

    En quelques jours, une pétition officielle hébergée sur la plateforme de l’Assemblée nationale a atteint plusieurs centaines de milliers de signatures. Pour amplifier la pression sur les députéEs, continuons à la signer et à la faire signer !

    https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5158 

  • Le 4 avril, les flottilles reprennent la mer vers Gaza !

    Le 4 avril, plusieurs flottilles humanitaires reprendront la mer depuis Marseille en direction de Gaza. Portée par une large coalition d’organisations, cette initiative vise à briser le blocus imposé par Israël et à affirmer la solidarité internationale face au génocide qui continue.

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  • Coût du carburant, quelles réponses écosocialistes ?

    La guerre alimente les profits des groupes fossiles tout en aggravant la crise écologique et sociale. Face à l’explosion des prix et à la dépendance organisée au tout-pétrole, il est urgent d’imposer des mesures immédiates tout en engageant une rupture avec le capitalisme fossile.

    Pour aller travailler, accompagner les enfants, se soigner, faire ses courses… pour beaucoup, aujourd’hui, la voiture n’est pas un luxe mais une contrainte, et chaque hausse du carburant rogne un peu plus des budgets déjà serrés. 

    La guerre, un jackpot pour les criminels climatiques

    L’instabilité inhérente à l’économie fossile offre de magnifiques opportunités de surprofits aux groupes pétroliers. Quand, comme c’est le cas aujourd’hui, les approvisionnements sont fortement perturbés, voire interrompus, les prix s’envolent. Mais les réserves préexistantes, acquises avant l’augmentation, sont vendues au prix fort. Une occasion en or (en dollars !) pour les capitalistes fossiles !

    Dans le même temps, l’augmentation des prix des carburants frappe durement les budgets, surtout ceux des plus modestes. Pour échapper à ce piège, il y a urgence à imposer des mesures immédiates pour alléger les conséquences, qui sont d’autant plus lourdes que les revenus sont faibles, que les salaires n’augmentent quasiment pas et ont même diminué en termes réels depuis 2020.

    Le meilleur carburant est celui qu’on ne brûle pas

    D’abord, une évidence, mais toujours bonne à rappeler, le carburant le moins cher et le moins polluant est celui qu’on ne brûle pas.
    Dans l’immédiat, il faut exiger partout la gratuité des transports publics, comme au moment des pics de pollution. Imposer, dans les entreprises et les administrations, des mesures, comme l’extension du télétravail, des navettes d’entreprises… décidées et mises en place avec et sous le contrôle des salariéEs pour répondre à leurs besoins.

    D’autres mesures peuvent réduire les transports routiers qui occupent une place croissante : la réduction de la vitesse, en particulier sur les autoroutes, des interdictions ciblées de la circulation des camions…

    Au-delà de ces mesures d’urgence immédiates, il est indispensable de réorienter la politique des transports, qui vise la réduction drastique de la circulation des voitures et des camions : arrêt de tout nouveau projet de routes, le réseau routier est suffisant, priorité aux transports collectifs utiles aux déplacements quotidiens et au fret ferroviaire et fluvial, relocalisation des productions au plus près des lieux de ­consommation.

    Bloquer les prix en prenant sur les profits

    Mais nombreux sont celleux qui ne peuvent échapper à la pompe à essence, quel que soit le prix affiché, aussi élevé soit-il. Le modelage et l’organisation du territoire par le tout-automobile et le manque de transports collectifs contraignent à utiliser la voiture individuelle ­quotidiennement.

    Si le blocage des prix, en prenant sur les profits des groupes pétroliers, s’impose comme mesure immédiate, il doit être associé à l’exigence de transparence sur leurs comptes et du contrôle de la distribution et des stocks par les salariéEs et les usagerEs.

    Criminels climatiques, criminels impérialistes

    Le capitalisme fossile, qui est le principal responsable de la crise écologique, est au cœur des guerres d’agression impérialistes, du Venezuela à l’Iran.

    Contre les pétroliers Total et autres... plus que jamais, ce qui est à l’ordre du jour, c’est de les désarmer, de leur retirer leur pouvoir de vie et de mort, de les exproprier. Tant qu’ils en auront le pouvoir, ils extrairont jusqu’à la dernière goutte de pétrole, miette de charbon, molécule de gaz, en semant la guerre aux peuples et au vivant ! Seule la socialisation de ce secteur permettra de reprendre la main, de laisser les fossiles dans le sol.

    Commission nationale écologie

  • Affronter la négrophobie !

    La négrophobie — le racisme anti-NoirEs — est la forme de racisme qui engendre le plus de morts, de violence et d'inégalités.

    Le consensus négrophobe

    Ce sont avant tout des NoirEs qu’on fait mourir aux frontières, qu’on enferme dans des CRA, que la police violente, qu’on assigne à la condition de sans-papiers comme aux emplois les plus pénibles, les plus précaires, les moins bien payés…

    La négrophobie occupe pourtant une place réduite dans le débat public, parce qu’elle est largement naturalisée. Le discours explicitement négrophobe se heurte encore un peu au tabou qui a frappé l’expression ouverte du racisme biologique (mais pour combien de temps ?). Pour autant, la très large adhésion aux politiques et pratiques qui en découlent témoigne de la profondeur du consensus négrophobe.

    L’offensive contre les éluEs NoirEs

    La vague de discours négrophobes suscitée par l’élection de quelques maires noirs souligne que les idéologies racialistes subsistent en tant que fond culturel. La fascisation en cours libère désormais leur expression décomplexée. Il suffit qu'un homme noir accède à une portion de pouvoir pour qu'il soit instantanément reconduit à son assignation raciale. 

    Après une première offensive culturelle — faisant de Bally Bagayoko un « communautariste » ou un « séparatiste » au service de la pègre —, il a ces derniers jours été associé à des animaux, à un chef de tribu primitive, à une menace sécuritaire. Sont ainsi mobilisés les stéréotypes négrophobes les plus structurants : la bestialisation, la sauvagerie et la violence physique.

    Il est temps d’affronter la négrophobie

    Ces discours donnent lieu à une très large réprobation, mais en trompe-l’œil. Les politiciens les plus racistes peuvent s’élever à peu de frais contre des cris dans les stades, mais les condamnations verbales des expressions les plus crasses de la négrophobie ne doivent tromper personne lorsqu’elles viennent des mêmes personnes qui légitiment la division racialisée du travail, la répression des sans-papiers et la nécropolitique des frontières.

    Il ne suffira pas d’en dénoncer les expressions les plus outrancières. En la nommant comme telle, en l’identifiant par-delà la diversité de ses manifestations, en la combattant radicalement, il est temps d’affronter la négrophobie.

  • Riposter dans l’unité sans attendre 2027...

    Signe d’une nouvelle étape de la radicalisation de la droite et du centre à l’issue des élections municipales, Attal peut déclarer, en toute détente : « Il faut très vite que nous nous remettions à parler de la France aux Français ». La recomposition à droite continue.

    Une gauche divisée

    En face, la gauche apparaît irrémédiablement divisée, avec un PS prêt à toutes les compromissions pour gérer le système — du refus de la censure à celui d’alliance pour faire battre le RN, en passant par le relais des attaques de la droite et de la macronie contre les antifas et LFI.

    Et LFI incarne une gauche de rupture qui se renforce mais qui est isolée.

    Le déferlement raciste contre l’élection de Bally Bagayoko à la mairie de Saint-Denis, en région parisienne, montre l’ampleur de la banalisation des idées racistes. Cette séquence démontre la possibilité d’un basculement vers le fascisme en 2027.

    Les attaques contre le monde du travail continuent

    Les attaques contre les travailleurs et les travailleuses et la marche à la guerre se poursuivent : aucune mesure contre la hausse des prix ; projet de remise en cause du 1er mai ; trois mois de droits au chômage en moins en cas de rupture conventionnelle ; « correction » du budget 2026 avec une rallonge de 8,5 milliards d’euros pour le budget des armées ; hausse du nombre de têtes nucléaires (et secret sur leur nombre) ; mise en chantier d’un sous-marin et d’un porte-avion nucléaire (19 milliards d’euros de commande en 2025 pour le groupe d'armement Naval Group) ; complicité avec le génocide à Gaza ; participation à la guerre en Iran (drones et Rafales)…

    Et très prochainement va commencer la discussion du budget 2027.

    Dans l’unité, commençons la riposte !

    Elle paraît loin l’unité du NFP, portée par la dynamique unitaire de la mobilisation contre l’allongement de l’âge de départ en retraite de 2023 et qui avait empêché la victoire annoncée du RN aux législatives.

    Mais elle est une nécessité. La grève féministe du 8 mars 2026 pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes et les manifestations antiracistes du 14 mars ont montré des possibilités.

    La solidarité avec la Flottille pour Gaza qui part le 04 avril, le 1er mai comme rendez-vous antifasciste et antimilitariste, le refus de la marche à la guerre avec la grande manifestation du contre-G7 à Genève le 14 juin sont autant de mobilisations qui sont à construire dans l’unité la plus large.

    La riposte contre le fascisme et la militarisation n’attendra pas 2027 !

  • Premiers bilans de nos campagnes municipales...

    Le NPA-l’Anticapitaliste était engagé dans 41 listes lors de ces élections municipales. La rédaction propose une synthèse à partir des remontées de nos correspondantEs dans une partie des communes où nous étions impliquéEs.

    Des éluEs anticapitalistes

    Plusieurs militantEs du NPA-l’Anticapitaliste ont été éluEs à l’occasion de ces élections municipales, dans des contextes divers. On peut citer notamment : Aline Zezima à Tournissan (11), Baptiste Peyronnet à Cusset (03), Christian Veldeman à Roubaix (59), Dalila Belaid Artis à Millau (12), Eric Defranould à Gérardmer (88), Florence Lagarrigue à Moissac (82), François Mailloux à Montreuil (93), Jean-Paul Debest à Quimper (29), Johnny Lafresnaye à Alençon (61), Madeleine Parpet à Toulouse (31), Thomas Miele à Ivry (94). 

    Alençon

    La liste Gauche Unie (Écologistes, NPA-A, PCF, Pôle Citoyen et des militantEs de la FI), dont nous avions la tête, a obtenu 15,2 % au 1er tour après une campagne riche en réunions publiques, porte-à-porte et tractages autour d’un programme de rupture. La campagne a été marquée par le FI-bashing politico-médiatique et la méfiance envers le NPA-A, pourtant très implanté localement. À l’issue du premier tour, nous avons choisi de ne pas fusionner avec la liste PS sortante, dont la composition incluait des macronistes et des personnalités de droite, et parce que le total des deux listes (32 %) ne permettait pas de battre la droite (31 % avec 17 % de réserves). Ce choix a été critiqué par une partie de l’électorat, mais soutenu dans les quartiers populaires et par notre camp social. Au second tour, nous perdons 2 points au profit du PS. Nous obtenons 2 sièges au Conseil municipal et sortons de cette séquence avec un collectif de résistance aux politiques de droite et d’extrême droite, point d’appui pour les luttes locales et les échéances à venir.

    Ivry

    À l’issue de la quadrangulaire opposant le Front Populaire Ivryen, auquel participe le NPA-A, à la droite, au RN et à un collectif citoyen proche du PS, notre liste a obtenu plus de 53 % des voix. L’extrême droite, malgré une mobilisation limitée, entre pour la première fois au conseil municipal. La campagne a rencontré de nombreux soutiens mais aussi une forte colère et désillusion, se traduisant par une abstention élevée (54 %). Le NPA-A obtient un élu, qui ne sera ni adjoint ni solidaire de la gestion, notamment sur les questions budgétaires. Il défendra la nécessité de préserver des politiques sociales ambitieuses et refusera les compromis qui font des agents municipaux et des habitantEs les plus précaires des variables d’ajustement. Nous savons que nous ne serons pas seulEs à porter ces exigences dans la majorité municipale, indispensables pour remobiliser notre camp et faire reculer l’extrême droite.

    Kemper

    La Gauche Insoumise et Anticapitaliste fait son entrée à Kemper. Au terme d'une campagne éprouvante mais enthousiasmante, la liste Union pour Kemper, Solidaire et Populaire obtient 2 éluEs, Marie de la FI et Jean-Paul du NPA-A, loin derrière la maire PS qui frôle les 50 %. Au-delà de ces éluEs, la liste s’est affirmée par sa diversité, sa détermination et son engagement pour la justice sociale, la gratuité des transports, la santé, les services publics, la ceinture alimentaire et contre la surenchère sécuritaire. Notre présence indépendante au Conseil municipal constitue un fait politique (malgré l’entrée de 2 élus RN) inattendu pour les tenants de l’« alternance gauche/droite ». Elle nous donne des responsabilités pour poursuivre ces axes et renforcer le lien avec les quartiers et les luttes, comme lors de la mobilisation du 21 mars contre le racisme, le fascisme, les violences d’État et pour l’égalité des droits.

    Montreuil

    Avec 57,7 % des voix au premier tour, c’est le meilleur score national pour une liste d’union de la gauche et des écologistes dans une ville de plus de 100 000 habitantEs. La liste rassemblait le PCF, Les écologistes, le PS, l’APRÈS, Génération·S, le NPA-A, le parti animaliste et des citoyenEs engagéEs. Elle obtient 45 éluEs, dont le maire sortant Patrice Bessac et un camarade du NPA-A. Les autres listes recueillent 22,5 % et 6 éluEs pour LFI, 8,9 % et 2 éluEs pour LR, 7,2 % et 2 éluEs pour une liste centriste et moins de 1,6 % pour LO, le PT et une autre liste citoyenne. Ce résultat s’appuie sur l’union et sur une politique menée depuis 2014, avec des avancées comme la régie publique de l’eau, une mutuelle et une cantine municipales, ainsi que des acquis importants (40 % de logements sociaux, foyers de travailleurs immigrés, centres de santé). La campagne a été très dynamique, avec près de 5 000 contacts et de nombreuses initiatives. La campagne agressive de LFI a été sanctionnée, alors que Mélenchon y avait obtenu 55 % et LFI 34,5 % aux européennes. Avec un élu NPA-A disposant d’une délégation, il s’agit désormais de mettre en œuvre un programme social et écologique ambitieux et de redonner espoir à notre camp social.

    Pau

    Le NPA-A a participé à Pau à un collectif rassemblant plusieurs partis (PS, PCF, écologistes, l’Après, …) et des personnes non encartées, avec l’objectif de battre Bayrou et de freiner le RN. Si le premier objectif a été atteint à la faveur d’une triangulaire, la progression du RN se confirme. La campagne a été dynamique, avec un fort engagement militant et un programme ancré à gauche. Pour le 2e tour, la tête de liste PS et une majorité des candidatEs ont refusé de fusionner avec LFI, qui n’avait pas participé à la liste unitaire au premier tour et proposait une fusion technique. Une partie de la liste, dont le NPA-A et l’APRÈS, y était favorable, mais la majorité a estimé avoir plus à perdre qu’à gagner. Le NPA-A s’est donc retiré, comme annoncé depuis le départ, et a appelé à battre le RN et Bayrou. Cette campagne marque une phase de reconstruction locale : elle a permis de faire connaître le NPA-A, et notre retrait entre les deux tours a été globalement compris et soutenu dans le milieu militant.

    Saint-Ouen

    Un nouveau comité NPA et un collectif militant plein d’espoir pour les luttes à venir. Avec 28,2 % des voix et une présence au second tour, la liste Pour Saint-Ouen, à laquelle participaient trois membres du NPA l’Anticapitaliste, peut être fière de son bilan. Menée par Manon Montmirel, elle rassemblait des militantEs de LFI, Génération.s, des Verts populaires et des citoyenEs non encartéEs. Karim Bouamrane (PS) est réélu avec 56 %. La campagne s’est structurée autour de la défense des services publics et du logement, dans un contexte de gentrification et de dysfonctionnements de la Semiso. Les militantEs ont notamment participé aux mobilisations du DAL. Six éluEs entrent au conseil municipal (4 LFI, 1 Génération.s, 1 écologiste), le NPA restant sans élu. Cette campagne a permis de relancer un comité NPA local et d’amorcer un travail militant durable, avec notamment un premier combat unitaire pour la pérennisation d’un foyer d’hébergement d’urgence municipal.

    Paris

    À Paris, deux candidatEs d’extrême droite se présentaient en plus de Rachida Dati (LR), faisant peser un risque réel de bascule de la mairie, renforcé par la candidature de Knafo (Reconquête). Dans ce contexte, le NPA-A a mené campagne contre l’extrême droite et la droite réactionnaire, en s’associant à des initiatives comme Éteignons la flamme et en diffusant un tract « Ni fachos, ni réacs dans nos mairies ! ». Cette intervention a été bien reçue, malgré l’absence de liste NPA-A. Le début de campagne a été marqué par la mort du militant fasciste Quentin Deranque et une offensive médiatique contre les ex-militantEs de la Jeune Garde, fragilisant les dynamiques unitaires. Avec le ralliement de Bournazel et le retrait de Knafo, l’objectif restait de battre Dati. Si le maintien du PS à la tête de la mairie ne suscite pas d’enthousiasme, le pire a été évité.

    Roubaix

    À Roubaix, la victoire du député David Guiraud était attendue, portée par une présence continue aux côtés des plus exploités et des luttes de la classe ouvrière. Dans une ville marquée à la fois par la richesse de grandes fortunes comme Arnault et Mulliez et par une pauvreté massive (45 % sous le seuil de pauvreté, plus de 60 % d’abstention), l’absence de la gauche institutionnelle est frappante : invisible, sans projet de rupture, allant jusqu’à envisager des discussions avec la droite contre LFI. Le programme porté repose sur des mesures concrètes (arrêt des démolitions de logements sociaux, préservation des courées). La liste rassemble surtout des anti-libéraux et des militantEs des mouvements sociaux. La campagne, ouverte et dynamique, a permis aux anticapitalistes d’y prendre leur place. Reste désormais à poursuivre la mobilisation pour concrétiser ces orientations.

    Saint-Nazaire

    Malgré une campagne unitaire et participative, toujours intense entre les deux tours, le maire sortant conserve son siège. Nous battons le RN et la droite. La volonté de poursuivre le travail collectif pour soutenir les 6 éluEs (plus 3 communautaires) de notre liste est bien partagée, tout comme la participation aux mobilisations, notamment celle du samedi 21 contre le fascisme, qui a réuni 200 personnes, ainsi que celle annoncée pour le 8 mai contre la guerre et la construction d’un porte-avions à propulsion nucléaire aux Chantiers de l’Atlantique, tout en préparant un 1er mai intersyndical, populaire et festif.

    Thiais

    À Thiais (94), le résultat est sans surprise : le maire LR sortant Richard Dell’Agnola est réélu dès le premier tour avec 71,5 % et 34 éluEs. La liste NFP (« Thiais pour Tous »), incluant le NPA-A, obtient 25,2 % et 5 éluEs, en progression par rapport à 2020, mais reste loin du compte. La candidate NPA-A, en 10e position, n’était pas éligible. LO réalise 3,3 %, un score stable. Sans liste macroniste ni RN, Dell’Agnola a concentré l’ensemble des voix de droite, s’appuyant sur un réseau d’influence construit en plus de 40 ans de mandat. Cette situation souligne aussi la faiblesse de l’implantation des forces de gauche, notamment LFI, dans les quartiers populaires. Malgré cela, la campagne a permis de radicaliser le programme, de dynamiser un collectif militant et d’ouvrir des perspectives d’intervention concrète dans les quartiers.

    Toulouse

    La droite l’emporte à Toulouse mais le NFP est vivant. Jean-Luc Moudenc est réélu avec plus de 53 % face à François Piquemal (FI), en faisant le plein des voix d’extrême droite et en mobilisant des électeurEs abstentionnistes autour du « danger mélenchoniste », dans une campagne de caniveau appuyée par le MEDEF. Il a aussi bénéficié de l’hostilité de Carole Delga et du PRG à l’union de la gauche, qui ont contribué à détourner une partie de l’électorat socialiste. Malgré la déception, la campagne a été forte, rassemblant dès le 1er tour la gauche radicale et anticapitaliste, des militantEs des quartiers populaires et des écologistes. L’accord d’union, obtenu après le premier tour, a permis de recréer localement le NFP, avec la participation de forces allant du PS au NPA, ainsi que d’associations, du mouvement féministe et de syndicats comme la CGT et la FSU. Cette dynamique a suscité un réel espoir dans l’entre-deux-tours. Elle n’a pas suffi à l’emporter, mais elle indique une voie pour les mobilisations à venir. Avec son élue au Capitole, le NPA 31 y contribuera pleinement.