Depuis 2008 et l’arrivée des « comptables » à la tête de l’entreprise, Sanofi s’est allégée de près de 65 % de ses infrastructures françaises et a supprimé plus de 8000 postes. Une casse sociale assortie de la casse de l’outil industriel dont les effets néfastes sont de plus en plus visibles.
- Page 3
-
-
La Brèche : une librairie militante pour garder le cap !
L’aventure de la librairie La Brèche est unique dans l’histoire du mouvement ouvrier en France. Apparue dans la foulée des heures glorieuses de Mai 1968, la Librairie Rouge a été rebaptisée La Brèche en 1978.
Comment expliquer notre longévité ? D’abord par la place occupée par la LCR, et aujourd’hui le NPA-l’Anticapitaliste, dans le champ politique et militant mais aussi par celle d’intellectuels tels que Daniel Bensaïd. Ensuite par la singularité de nos choix.
Et au milieu coule une rivière
Au-delà de notre propre courant, tout ce que le mouvement ouvrier et les luttes pour l’émancipation produisent d’intelligent nous intéresse, quelles que soient les controverses suscitées. Aucune censure à La Brèche... sauf celle de la bêtise et de la réaction. Et au milieu coule une rivière : venez voir les milliers de références, les dizaines de journaux d’autant de courants politiques, la centaine de rayons thématiques. Enfin, disons-le, par une gestion commerciale serrée.
Profitant de l’expérience et de l’implantation de la IVe Internationale, notre pratique s’est enrichie tandis que notre reconnaissance s’est étendue au-delà de l’hexagone. En effet, une librairie est pour nous un outil militant. Ainsi notre public quotidien se compose évidemment de militantEs de partout et d’ailleurs. Nous sommes aussi présents dans les manifestations, sur le point fixe du NPA-l’Anticapitaliste.
Faire front unique
Mais une librairie est aussi pour nous un outil de front unique. À l’image de son ancêtre la LCR, le NPA-l’Anticapitaliste vise à construire l’unité de notre camp social. Et cela passe aussi par les livres, l’écrit en général, la culture, la formation. Ainsi, nous invitons également des auteurs de divers horizons pour venir présenter leurs ouvrages. Mieux encore, des associations syndicales, féministes ou antiracistes nous font confiance pour leurs initiatives, ce qui nous assure par ailleurs une assise économique.
Ainsi, du 10, impasse Guéménée (en 1976) au 27, rue Taine (en 2000) en passant par le 9, rue de Tunis (en 1980), et bientôt au 2, rue Richard-Lenoir à Montreuil, nous avons bien l’intention de garder le cap !
Une souscription pour une nouvelle vitrine
En participant à la souscription organisée par le NPA-l’Anticapitaliste, vous nous permettrez de le rejoindre dans un local national unique dont nous serons (littéralement) la vitrine. En cohérence avec la mission qu’elle assure depuis presque 50 ans, elle contribuera à faire vivre ce local, en organisant des évènements et en créant un lieu convivial, de rencontres, d’étude, de discussions.
L’équipe de la librairie La Brèche
-
Pour l’abrogation de la réforme des retraites, contre le RN...
Pour l’abrogation de la réforme des retraites, contre le RN
Dans le cadre de sa « niche parlementaire » du 31 octobre, le RN prévoit de soumettre au vote un texte d'abrogation de la (contre) réforme des retraites. La gauche est désormais confrontée à la question de voter pour ou contre. Pour le NPA-l’Anticapitaliste, l’essentiel est de construire un rapport de forces, par des mobilisations, pour obtenir l’abrogation.
En effet, le recul de l'âge de départ à la retraite est une question très importante : il conduit à une baisse drastique du montant des pensions pour de nombreuses et nombreux salariéEs, particulièrement des femmes. Concrètement, c’est l’argent des cotisations sociales qui est volé, alors que les profits du CAC40 sont énormes, que les ancienNEs devraient faire de la place aux jeunes sur le marché du travail, etc.
Le NPA-A considère que la gauche pourrait voter la loi d’abrogation déposée par le RN, mais cela doit absolument se faire avec un rapport de forces militant.
Le combat contre le RN est capital
En effet, le RN n'a jamais défendu les intérêts du monde du travail. Il prétend être opposé au report du l'âge de la retraite, mais il n'a pas soutenu le mouvement social de l'hiver 2022-2023 contre la réforme de Macron. Puis, voyant la victoire possible aux législatives anticipées de l'été 2024, il n’a pas mis l’abrogation dans son programme afin de donner des gages aux capitalistes. Aujourd'hui, volte-face : le RN soumet au vote un projet de loi visant à abroger la loi de 2023.
Le piège est bien pensé. Si la gauche vote avec le RN, elle le légitime et en fait un véritable défenseur des travailleurs. Si elle ne vote pas avec lui, la gauche sera accusée de trahir son propre camp sur un sujet fondamental.
Nous ne devons pas oublier le projet antisocial, raciste et antidémocratique du RN, mais nous devons reconquérir la partie des classes populaires qui croient voir en lui un défenseur de ses préoccupations sociales.
Mobiliser toute la gauche
La gauche unie, notamment dans le NFP, ne doit pas tomber dans le véritable piège, celui de l'inaction, du silence et de la gêne. Elle doit être intransigeante sur la défense des fondamentaux de son programme, c'est-à-dire qu’elle peut voter le projet de loi du RN, tout en dénonçant son imposture sociale et sa nature raciste, à condition de construire une véritable campagne de mobilisation qui retire au RN l’initiative. Elle fera d’ailleurs sans doute face, dans ce cadre, aux institutions de la 5e République, qui montreront de nouveau leur vrai visage anti-démocratique puisque le Sénat, tenu par LR, les macronistes et ses alliés, refusera sans aucun doute ce projet de loi.
Les démonstrations parlementaires n'ont en elles-mêmes que peu d'impact si elles ne sont pas portées par une gauche de combat et de rupture. Son fondement se situe sur le terrain, par en bas, dans l'activité unitaire, démocratique et militante des organisations politiques, syndicales et associatives. Telle est la seule voie pour modifier le rapport de forces social et imposer un contre-projet global au bloc réactionnaire qui se constitue du camp macroniste au RN en passant par LR.
Le NPA- l'Anticapitaliste propose que la gauche unie dans le NFP mène une campagne qui ne se contente pas de voter l'abrogation de la (contre) réforme des retraites avec le RN, mais qui avance ses propres revendications (âge de départ à 60 ans, temps de travail, salaires, services publiques) tout en dénonçant la démagogie du RN et sa nature antidémocratique et raciste.
-
« Il y a une continuité entre la répression brutale du 17 octobre 1961 et la violence utilisée contre les manifestations »...
Le 17 octobre 1961, 12 000 AlgérienNEs sont rafléEs. La police de Papon a œuvré. Mariano Bona, responsable du Collectif du 17 octobre 1961 en Isère, revient sur cet événement.
Que s’est-il passé le 17 octobre 1961 ?
En octobre 1961, Maurice Papon, préfet de police de Paris depuis mars 1958, utilise l’état d’urgence pour instaurer un couvre-feu pour les « Français musulmans d’Algérie », terme utilisé à l’époque pour désigner les AlgérienNEs.
L’état d’urgence est une loi votée en avril 1955 pour contrôler la population algérienne (couvre-feu, perquisitions, assignations à résidence…). Elle est étendue à la métropole par une loi de 1957. C’est le même état d’urgence qui sera déclaré par le gouvernement de Dominique de Villepin durant la révolte des banlieues en 2005.
Maurice Papon fut condamné en 1998 pour complicité de crime contre l’humanité pour son rôle à Bordeaux dans la déportation de 1 690 juifs dont 200 enfants de 1942 à 1944.
Avec de tels états de service, il fut utilisé à Constantine (Algérie) de 1956 à 1958, où il organisa la guerre (contre-)révolutionnaire contre les indépendantistes algériens, organisant le déplacement dans les villages de regroupement de 350 000 Algériennes et Algériens, où ils vont connaître la faim, l’insalubrité et la promiscuité. À Constantine, la pratique de la torture se développe : « La présence de Maurice Papon ne constitue pas un obstacle, c’est le moins qu’on puisse dire, à cette forme de répression », écrit Pierre Vidal-Naquet dans son livre La Torture dans la République (1972).
Et le jour de la manifestation ?
Le soir du 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériennes et d’Algériens manifestent pacifiquement à Paris, pour le droit à l’indépendance de l’Algérie, pour leur droit à l’égalité et à la dignité, contre le couvre-feu raciste. Les consignes de la fédération de France du FLN sont très claires : pas d’armes, même pas un canif.
La répression est d’une grande violence : plus de 12 000 personnes furent raflées, plusieurs centaines de personnes furent tuées par balles et jetées dans la Seine, d’autres moururent sous les coups dans l’enceinte même de la préfecture de police ou du Palais des Sports. Pour dire l’effroyable réalité de ce qui se passa, on crée l’expression « noyés par balles » !
Ce fut longtemps une journée portée disparue...
Au nom de la raison d’État, une chape de plomb s’abattit sur ce massacre colonial commis en plein Paris. C’est l’action militante de collectifs, de citoyenNEs, d’historienNEs qui a permis de sortir le 17 octobre 1961 de l’oubli, et de porter l’exigence de la reconnaissance de ce qui est un crime d’État, car c’est tout l’État qui est impliqué : Maurice Papon, bien sûr, mais aussi Roger Frey, ministre de l’Intérieur, Michel Debré, le Premier ministre, et Charles de Gaulle, le président de la République, qui fut informé le lendemain et couvrait le crime.
Pourquoi est-il important de rendre hommage aux manifestantes et manifestants du 17 octobre 1961 ?
L’occultation des crimes commis pendant la colonisation permet à l’extrême droite et à une partie de la droite de tenir des discours justifiant le colonialisme, alimentant les discriminations raciales. Il y a une continuité entre la répression brutale du 17 octobre 1961 et la violence utilisée contre les manifestations, Gilets jaunes, ZAD à Nantes ou Sainte-Soline. Rendre hommage aux manifestantEs du 17 octobre 1961, c’est refuser la banalisation des violences policières vis-à-vis de la jeunesse des quartiers populaires, dont une tragique illustration est la mort de Nahel à Nanterre le 27 juin 2023. Cette mort fait suite à d’autres morts qui n’auraient pas dû survenir, parmi lesquelles celles d’Alhoussein, Jean-Paul, Boubacar, Rayana, Souheil…
Ne pas vouloir entendre la volonté du peuple algérien à être indépendant a conduit à une guerre avec des centaines de milliers de mortEs. De l’Algérie à la Palestine, c’est le même combat contre le colonialisme, alors que le peuple palestinien subit depuis plus de 70 ans une occupation coloniale et est victime d’un massacre de masse. Solidarité avec le peuple palestinien !
Propos recueillis par la rédaction
-
L'anticapitaliste : le journal, numéro 725...
Un clic ICI...
-
Budget : imposons à Macron et Barnier le programme du Nouveau Front populaire...
Alors que la situation économique se dégrade toujours plus, le gouvernement veut imposer un budget d’austérité et des mesures racistes pour s’assurer une alliance avec le Rassemblement national de Le Pen. Ne les laissons pas faire !
Le projet de budget prévoit 60 milliards de réduction de dépenses
Concrètement, cela veut dire supprimer 4000 postes dans l’Éducation nationale, déjà exsangue, le gel du point d’indice des fonctionnaires (qui contribue à tirer tous les salaires vers le bas), la baisse de la prise en charge des consultations médicales, le report de l’augmentation des pensions des retraitéEs, et des diminutions de budget dans tous les ministères, notamment 5 milliards dans les collectivités territoriales. Tous les services publics vont être profondément dégradés par de telles mesures. Même le ministre de la Justice menace de démissionner en raison des coupes budgétaires !
Un budget antisocial dans une situation de crise
La diminution du budget, qui casse tout ce qui permet aux classes populaires de vivre mieux malgré des salaires bas, est d’autant plus criminelle que la situation économique continue à se dégrader. La « croissance » est limitée à 1%, la consommation et l’investissement sont très faibles.
Résultat : la CGT a recensé 170 plans de licenciements, détruisant 100 000 emplois. Notamment chez M.A. France, sous-traitant de Stellantis, chez Gaël en Ille-et-Vilaine, filiale de Casino, chez Milee, anciennement Adrexo, chez Valeo, chez Casino.
Ces licenciements arrivent dans le cadre d’une crise de surproduction, notamment dans l’automobile, et alors que les profits des entreprises du CAC ont atteint 154 milliards d’euros en 2023… et qu’elles ont distribué 68 milliards de dividendes à leurs actionnaires !
Une loi raciste pour gagner les voix du RN
Le gouvernement Barnier a promis une nouvelle « loi immigration » au RN pour acheter ses voix à l’Assemblée nationale. On ne sait pas ce qu’il y aura dedans, Barnier lui-même ne le sait pas, mais cela concrétise l’alliance entre Le Pen et Macron contre les classes populaires.
Face à cette situation, l’unité de la gauche, après s’être réalisée dans les élections, devrait se réaliser dans la rue : pour imposer des augmentations de salaires, abroger la réforme des retraites, bloquer les prix des produits de première nécessité, embaucher massivement dans les services publics, pour interdire les licenciements et partager le temps de travail sans perte de salaire, et accueillir les migrantEs dignement.
Un plan de lutte pour construire un rapport de forces
Les mobilisations de septembre et du 1er octobre n’ont pas suffi à faire reculer le gouvernement et à faire avancer nos revendications mais, depuis quelques semaines, les luttes sont nombreuses contre les licenciements, pour des embauches ou pour les salaires. Nous avons besoin que le Nouveau Front populaire se réunisse dans les quartiers, dans les villes, dans les entreprises, pour organiser la lutte qui est nécessaire pour faire reculer Macron, Barnier et Le Pen. C’est une lutte violente qui a commencé, nous ne pouvons pas nous permettre de la perdre.
-
Contre la rigueur et les licenciements, décider ensemble et produire autrement...
Selon la porte-parole du gouvernement « le Premier ministre porte un budget de combat ». 60 milliards d’économies dans un contexte économique morose, c’est donc le prix d’une dérive budgétaire… et surtout d’années et d’années de cadeaux aux riches qu’on s’apprête à nous faire payer.
-
Sécurité sociale : aujourd’hui l’austérité, demain la privatisation...
Les budgets, celui de l’État (PLF) et celui de la Sécurité sociale (PLFSS) ont été présentés conjointement à la presse le 10 octobre et adoptés en Conseil des ministres.
-
En quête de respectabilité, l’extrême droite agite le péril rouge...
Immigration et insécurité sont le combo gagnant pour saturer l’espace médiatique et politique, jusque dans la rue. La mobilisation unanime autour de l’affaire Philippine Le Noir de Carlan masque les contradictions qui traversent la fachosphère. Mais ces forces peuvent entrer en phase pour frapper ensemble : par exemple sur une gauche qualifiée à l’envi d’« immigrationniste » ou même « antisémite ».
-
Le Repli, Cannes...
Le Repli est un film manifeste qui interroge le glissement sécuritaire du discours devenu dominant, de l’ État francais et dénonce la dérive identitaire qui l'accompagne.
Indigné par la violence d’un État qui hiérarchise ses citoyens, Joseph Paris met en évidence le phénomène du repli identitaire raciste en décortiquant le discours médiatique et politique sur cinq
décennies. Il va à la rencontre de citoyens pris pour cibles des politiques dites de sécurité, d'intellectuels qui analysent le recul des libertés publiques et d'activistes qui tentent d' y résister . Confrontant l'actualité à l'archive, Le Repli s’ intéresse à la manière dont ce type de discours sert à justifier le recul des libertés publiques en France.
C’est un film engagé, écrit à la première personne, qui éclaire et met en alerte.