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  • Sans Le Pen père, le RN toujours un danger mortel...

    La mort du président du Front national pour l’unité française est un non-événement politique.
    Jean-Marie Le Pen était politiquement mort depuis plus d’une quinzaine d’années.

    Pour un parti cherchant à se départir des frasques de son ancien président, l’exercice de l’hommage à l’occasion de sa mort pouvait sembler délicat. Pourtant, l’héritage a été depuis longtemps assumé et le changement de nom en Rassemblement national (RN) en 2018 n’est pas une rupture. En 2022, ce sont d’ailleurs 50 ans d’organisation qui sont célébrés. 

    Histoire officielle

    Plus que le rapport à Jean-Marie Le Pen (JMLP), c’est la place des co-fondateurs qu’il serait plus difficile d’assumer. Ainsi, se focaliser sur JMLP permet aux dirigeants actuels du RN de mettre de côté la fine fleur des fachos de l’après-guerre. Les cadres et militants du RN connaissent-ils d’ailleurs l’histoire de leur parti ? Seul semble compter le récit qui fait passer le FN de « lanceur d’alerte » à un RN « prêt à exercer le pouvoir » : une période d’émergence jusqu’en 2011, réduite à la figure du tribun Jean-Marie, puis une phase de « conquête du pouvoir », autour de la candidate, Marine.

    Zemmour ou l’héritage du Le Pen des années 1980

    Éric Zemmour en 2021-2022 a aidé à trouver le créneau pour assumer le FN à papa. Jordan Bardella voit alors l’ancien chroniqueur télé comme un « Jean-Marie Le Pen des années 1980 », qui parle brutalement, le plus fort ­possible. « On a fait ça pendant 30 ans », redit-il en 2022. C’est ainsi le « visionnaire » qui est célébré en JMLP. Pour constituer un front, il fallait un tribun en 1972 afin d’accorder « différentes chapelles souvent turbulentes, parfois irréalistes » (selon Philippe Olivier sur Bvoltaire en 2021). Le rassemblement actuel provient de cet alliage, après plusieurs épurations. Les anciennes traditions des extrêmes droites ne sont plus censées avoir cours, et la « rupture avec l’héritage sulfureux du Front national » se limite à une « condamnation salutaire des déclarations de son fondateur » (Bardella). Ainsi, au regard des fondamentaux du FN-RN, toujours axés sur la préférence nationale, cette « condamnation salutaire » est un point de détail. D’autant que celui qui est souvent présenté comme l’exemple de l’évolution du FN, Louis Aliot, est aussi celui qui s’était opposé à l’exclusion de JMLP et réclame aujourd’hui un hommage du parti pour son fondateur.

    Un projet toujours raciste

    Le discours de 2002 appelant « les petits, les sans-grades, les exclus (…) à se rallier à cette chance historique de redressement national » s’est maintenu avec Marine Le Pen. Se concilier les bonnes grâces du patronat n’est pas contradictoire dans ce projet nationaliste et raciste, malgré le risque d’une « mue nationale-libérale » qui normaliserait le « mouvement patriote et populiste en un parti de droite comme les autres »1. Le nouveau cycle électoral engagé par le RN, exercice d’équilibriste, cherche à « rallier une fraction des élites » (selon les termes du conseiller Jérôme de Sainte-Marie). Il s’agit de défendre « la France des producteurs », une partie des secteurs salariés et entrepreneurs, tous unis contre les supposés non-producteurs (les immigrés et les plus précaires), comme contre Macron et son monde. Les républicains comme il faut, qui adoptent la grille de lecture de la fachosphère, sont autant de balanciers qui soutiennent cette stratégie. Le RN a bien réussi à se constituer en courant autonome et imposer ses concepts politiques. L’héritage de JMLP n’est plus encombrant, et sa mort tourne une page bien plus qu’elle ne l’arrache.

    Commission nationale antifasciste

    • 1. Selon la revue Éléments du GRECE (Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne).
  • Trump, l’Europe et la vertu outragée : malaise dans le suprémacisme impérial...

    Trump annonce la couleur avec des déclarations de politique extérieure fracassantes : annexion du canal de Panama, colonisation pure et simple du Groenland et, pour le Canada, publication sur son réseau social d’une carte de l’Amérique du Nord intégralement recouverte de la bannière étoilée.

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  • Compensation : fausse solution, vrai colonialisme...

    La compensation écologique, qui existe depuis 1976 (!), fait croire qu’une dégradation infligée à la biosphère en un instant et un lieu donnés peut être contre­balancée par une action locale et simultanée ou délocalisée dans le temps et l’espace. 

    Loin de réparer un dégât, la compensation sert aux entreprises à poursuivre sur la voie du productivisme, cause de l’accélération de la crise écologique. 

    Fausse solution

    Les scientifiques ont mis au jour le tissu de relations, d’interdépendances, de conflictualités, de solidarités qui existe entre tous les êtres vivants (la biosphère) et la matière inerte telle que les glaciers, les nappes phréatiques, les roches... depuis des milliards d’années. Iels mettent en doute l’idée de compenser ce qui est endommagé voire détruit, qui revient à nier l’état dégradé et instable de la bio­sphère. Ainsi, alors qu’on sait que le transport aérien doit être fortement réduit, Anne Rigail, directrice générale d’Air France, a annoncé en 2020 que les 450 vols intérieurs ­quotidiens seraient « ­compensés » par la plantation d’arbres, tarte à la crème de la compensation. 

    Vrai néocolonialisme

    Les entreprises capitalistes « compensent » en Afrique, avec des plantations massives d’arbres à croissance rapide, tels les eucalyptus qui permettent à l’industrie forestière de prospérer. Ainsi, la savane, vue comme un territoire déforesté alors que depuis des millions d’années elle abrite une faune particulière, des populations (élevage, agriculture), est touchée. 

    Renoncement

    Les États capitalistes ont renoncé à amorcer tout changement alors qu’ils savent que la biosphère va continuer à être dégradée. Ils légifèrent et font croire que la compensation, avec son aspect « pollueur-payeur », permet de réparer les dégâts et de financer la transition énergétique.

    En fait, la « compensation » montre la collusion des États avec le monde des affaires. Pire, elle laisse aux capitalistes dirigeants la décision des politiques de transition, excluant les citoyenNEs des choix de société. 

    Commission nationale écologie

  • L’extractivisme aujourd’hui...

    L’extractivisme doit être compris comme un phénomène global de prédation (dont les proies sont à la fois des humainEs et des non-humainEs) pour prendre en compte le contexte de dissymétrie Nord/Sud et la dimension écologique de cette oppression.

    Activités pétrolières, minières, forestières, agricoles 

    Les pratiques extractives concernent les minéraux (cuivre, lithium...), les hydrocarbures, l’eau, le sable et le bois, et les matières premières issues de l’agriculture (aliments du bétail ou biocombustibles), les produits de la sylviculture et de la pêche. On inclut dans cette catégorie les projets d’infrastructures de grande envergure — ports, réseaux ferroviaires ou routiers, servant à faciliter l’accès aux projets extractifs et le transport des ressources naturelles. De nombreuses ressources « renouvelables », comme la forêt ou les réserves halieutiques, disparaissent parce que le niveau d’extraction dépasse largement leur taux de renouvellement naturel. 

    Ces activités pétrolières, minières, forestières, agricoles occasionnent une dégradation grave et irréversible du milieu naturel par l’utilisation de produits chimiques toxiques (cyanure, acide sulfurique, etc.) et agrotoxiques (pesticides et autres produits phytosanitaires). Les mines consomment beaucoup d’eau, elles produisent de grandes quantités de déchets toxiques. Les conséquences environnementales de l’extractivisme agricole ne sont pas moins graves : déforestation (au Brésil pour le soja, en Indonésie pour les biocarburants) et détournement de la vocation vivrière des sols. Elles engendrent dans les pays du Sud principalement de graves violences sociales jusqu’à la guerre, des atteintes aux droits collectifs et humains, une aggravation de la délinquance et de la violence, de la prostitution et du patriarcat.

    La fiction de la transition énergétique

    L’extractivisme — sous ses différentes formes — trouve dans la transition énergétique un récit qui lui convient et qui le légitime. Elle devient le paravent qui masque la poursuite de la croissance capitaliste à tout prix. 

    Pour fabriquer des batteries électriques, des éoliennes, du photovoltaïque — nécessaires à la « transition énergétique » — il faut du lithium, du cobalt, du cuivre, etc. L’industrie minière est ravie, la voilà propulsée en avant-garde de l’écologie. 

    Les politiques extractivistes sont au cœur des luttes environnementales, internationalistes, antiracistes et décoloniales, lieu naturel de composition des luttes (peuples autochtones, colonisés ou esclavisés, peuples sacrifiés au Nord et au sud). Ces luttes remettent en cause les logiques coloniales et néocoloniales de toutes les formes de prédation impérialiste. 

    La multiplication des projets extractivistes marque l’urgence d’une mobilisation internationale.

    Commission nationale écologie

  • Colonisation et destructions des écosystèmes aux fondements du capitalisme...

    Le capitalisme n’a pu s’imposer que grâce à un processus de plusieurs siècles incluant exploitation du travail humain, appropriation-destruction des terres et des écosystèmes, colonialisme et génocide des peuples autochtones. 

    La destruction des communs — champs ouverts et pâturages communs, forêts… —, débutée en Angleterre, s’étendra au reste de l’Europe et du monde avec un triple effet : l’apparition d’une masse de pauvres condamnés à vendre leur force de travail, l’amorce de la transformation des ressources naturelles en marchandises et… une accumulation d’argent entre les mains de la classe dominante.

    Nouveaux gisements de rentabilité

    Dès les origines, le capital se heurte aux limites, à l’épuisement des ressources et à la nécessité de trouver de nouveaux gisements de rentabilité.

    C’est le début de l’extractivisme génocidaire pour les métaux précieux, d’abord l’or aux Antilles, cause de l’anéantissement du peuple Taïno, et dans tout le continent sud-américain. « Ils convoitent l’or comme des porcs affamés »1. Puis l’argent, au prix du servage — la mita — et de la mort de millions d’êtres humains, de l’accaparement de l’eau, de la pollution au mercure. L’argent qui fut l’un des plus puissants moteurs de la première mondialisation.

    La canne à sucre fut la première monoculture tropicale destinée à l’exportation vers l’Europe. Le modèle de la plantation désigné par Malcolm Ferdinand comme « l’habiter colonial »est fondé sur trois actes principaux : la prise de la terre ; le défrichage-abattage des arbres, la destruction des sols, la perte de biodiversité, la pollution ; le génocide de peuples amérindiens, les violences faites aux femmes amérindiennes et noires, la traite et l’esclavisation de millions de Noirs. 

    Exploitation coloniale

    La révolution industrielle n’aurait pas été possible sans l’accumulation de capital due à l’exploitation coloniale de la force de travail et des autres ressources naturelles.

    La vapeur et le charbon, auxquels le capitalisme du 19e siècle lie son sort, impliquent un nouveau saut dans les destructions écologiques (pollution des eaux, des sols et de l’air dans les régions minières et les villes d’Europe, dégradation des terres due à la rupture du cycle des nutriments), du fait de l’urbanisation et de l’extension des monocultures d’exportation dans les pays coloniaux — hévéa, coton, café, thé… — au détriment des populations locales, de leurs économies, de leurs cultures vivrières... et de leurs forêts.

    Commission nationale écologie

    • 1. Récit Nahuatl sur les cohortes sanglantes de Cortès, cité par Eduardo Galeano – Les veines ouvertes de l’Amérique latine.
  • Pour la retraite à 60 ans avec 37,5 annuités, dégageons Macron !

    Pour la retraite à 60 ans avec 37,5 annuités, dégageons Macron

    Les journalistes aux ordres du pouvoir nous répètent tous les jours qu’il faut stabiliser le gouvernement et lui permettre de voter son budget, sous peine de sombrer dans le chaos. Mais le chaos, c’est le refus par Macron de reconnaître que sa politique est minoritaire et qu’il n’est pas légitime.

    Le chaos, c’est aussi quarante ans de politiques néo-libérales, qui ont détruit les services publics et vidé les caisses de la Sécurité sociale, en multipliant les exonérations et les exemptions fiscales pour les patrons. Le chaos, c’est la misère créée par l’inflation, l’austérité salariale et les licenciements que les gouvernements de Macron ont laissé faire et souvent encouragés.

    Il faut abroger les contre-réformes des retraites

    Alors que la contre-réforme des retraites de Borne a été censurée par la population dans la rue comme dans les urnes, Bayrou refuse de l’abroger. Il propose de « l’aménager » en ouvrant des discussions, ce qui permet au patronat de reprendre l’offensive, en demandant maintenant la suppression de la retraite par répartition, lui qui bénéficie de plus de 140 milliards d'aides publiques par an !

    Le pays produit assez de richesses pour permettre à toutes et tous les salarié·es de partir à la retraite dès 60 ans, avec 37,5 annuités, comme cela a été le cas pendant des décennies. Dans un pays où l’espérance de vie en bonne santé est de 63 ans, il n’y a pas d’autre solution, si nous voulons d’une société où l’on ne soit pas condamné à travailler jusqu’à épuisement.

    Imposons une autre politique !

    La crise du macronisme est celle d’un système, qui est aujourd’hui à bout de souffle et nous amène au bord du gouffre. En sortir, c’est s’engager sur d’autres voies que celles du capitalisme et du productivisme, qui épuisent la nature et la population. C’est aussi sortir de ce monde de concurrence généralisée, qui provoque les guerres et les inégalités.

    La démocratie, c’est le respect de la volonté populaire, qui n’a jamais voulu de cette contre-réforme des retraites, ni de celles qui l’ont précédées. C’est pourquoi, il faut changer ces institutions. Face à l'impasse démocratique et la dérive autoritaire qui va croissante, il faut imposer un processus constituant pour changer de régime. Il nous faut poser les bases d’une autre société, qui parte des besoins de la population et des limites écologiques de notre environnement. Cela suppose de partager les richesses et le temps de travail, en produisant pour satisfaire nos besoins et non les appétits des actionnaires. C’est cette voie que commencerait à ouvrir la mise en place d’un droit à la retraite à 60 ans avec 37,5 annuités, qui reconnaîtrait que nos vies doivent passer avant leurs profits.

  • Retour sur le 25 novembre : toutes unies contre les violences et les féminicides...

    À l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, de nombreuses manifestations ont eu lieu partout dans le monde. En France, où près de 80 000 femmes ont manifesté, la journée était marquée par le procès Mazan1, qui depuis plusieurs mois vient fortement impacter le débat public sur le viol, son intentionnalité, l’impunité des agresseurs et la place du consentement dans la loi. Il y aura un « avant et un après » Mazan car Gisèle Pélicot est devenue un symbole pour de nombreuses femmes qui se reconnaissent dans son histoire.

     

    Le mouvement féministe face au Backlash

    Ce procès concentre une forme exacerbée de la violence faite aux femmes. L’écho important de ce procès est également lié à deux éléments marquants de la période : d’une part une exacerbation des antagonismes de classe (avec une forte polarisation due à la montée de l’extrême droite) et, d’autre part, un accroissement des tensions lié aux avancées obtenues par les luttes des femmes    Des études récentes ont montré un écart de plus en plus marqué entre les hommes et les femmes des plus jeunes générations sur les questions sociales et l’adhésion aux valeurs féministes.

    Depuis le mouvement MeToo, les violences faites aux femmes sont plus visibles et moralement condamnées : Le rapport de l’ONU, sorti ce 25 novembre, rapporte que le nombre de féminicides (80 000 par an, soit 1 toutes les 10 minutes) est beaucoup plus élevé que leur évaluation initiale du fait d’un meilleur recueil des données. Le nombre de plaintes pour agression sexuelle et viol a augmenté dans la foulée des mouvements de dénonciation des violences.

    Inversement on observe un fort backlash, antiféministe et réactionnaire, visant à protéger les agresseurs et attaquer les femmes et leurs droits. Après l’élection de Trump, les mouvements masculinistes ont éructé « Your Body, My Choice [Ton corps, mon choix] ». D’après le dernier rapport du Haut Conseil pour l’Égalité Femmes-Hommes, le sexisme s’ancre et progresse en France. En Italie, le gouvernement Meloni menace et dégrade l’accès à l’IVG. Pour protester contre ces attaques, elles étaient 150 000 manifestantes à Rome pour ce 25 novembre.

     

    Le 25 novembre : date de solidarité internationale

    Ce 25 novembre nous rappelle la solidarité internationale d’abord avec les femmes victimes des guerres, des violences sexuelles et de génocide, en particulier en Palestine, en Ukraine, au Soudan, au Congo. En Afghanistan, le gouvernement taliban a annoncé que les femmes ne seront plus autorisées à poursuivre des études de santé, notamment dans les écoles de sages-femmes et infirmières. À Téhéran, une étudiante qui s’est dévoilée et déshabillée au sein de son université pour protester contre le port du voile obligatoire a été arrêtée puis internée en hôpital psychiatrique. Au Mexique, la violence contre les femmes prend des proportions atroces : 10 femmes meurent chaque jour sous les coups, et des milliers de femmes disparaissent chaque année.

    La solidarité entre femmes dans le monde entier se construit grâce au partage de nos mobilisations et de nos expériences de lutte. Ainsi, suite à l’élection de Trump aux États-Unis, un certain nombre de femmes ont revendiqué de reprendre le mouvement des 4B des femmes de Corée du Sud : les mouvements des femmes s’étendent et se consolident partout dans le monde. Le capitalisme et le patriarcat n’ont pas de frontière, notre solidarité féministe et nos luttes les détruiront !

    Commission nationale d'intervention féministe

  • Franz Fanon l’Algérien...

    Ce texte est issue d'une introduction à une séance organisée par le Centre d’Études Marxistes. Ces formations visent à la fois un objectif d’autoformation et de réflexion critiques. Elles empruntent donc beaucoup à des travaux préexistants de camarades issu·es ou non de notre courant. Ici, Alice Cherki pour sa préface à l’édition de 2002 aux Damnés de la Terre, Philippe Pierre-Charles et Jean Nanga. Qu’ils et elle en soient remercié·es.

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