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  • La fabrique du déficit public...

    La loi de finances 2024, préparée par le gouvernement Borne en octobre 2023, prévoyait un déficit égal à 4,4 % du PIB. Le Premier ministre Barnier déclarait avoir « découvert » lors de sa prise de fonction qu’il s’élève finalement à 178,2 milliards d’euros, soit 6,1 % du PIB. Ce sont environ 50 milliards d’euros de plus que prévu, malgré l’annulation par décret de 10 milliards d’euros de crédits en février 2024, et de 5 milliards supplémentaires au travers de la loi de finances de fin de gestion, essentiellement dans la fonction publique d’État. Le gouvernement a-t-il laissé filer sciemment le déficit ?

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  • Face à l’austérité libérale : défendre la « sécu »...

    Dossier préparé par la commission nationale santé sécu social

    C’est sur le vote du projet de loi de financement de la Sécurité sociale qu’est tombé le gouvernement Barnier, et qu’a échoué l’adoption d’un plan d’austérité de 60 milliards d’euros qu’il voulait imposer. Confronté au rejet massif de ce plan, le Rassemblement national n’a pu maintenir jusqu’au bout sa volonté de ne pas faire chuter le gouvernement et de se présenter en candidat à la mise en œuvre des politiques libérales les plus brutales.

    Le débat parlementaire sur le budget de l’État (PLF) et sur celui de la Sécurité sociale (PLFSS) a été particulièrement éclairant. Il a d’abord montré la détermination de la Macronie, désavouée dans les urnes, à continuer par tous les moyens une politique dont l’échec est visible aux yeux de toutes et tous.

    La pluie de cadeaux faits aux plus riches et aux entreprises pour leur rendre la France « attractive », et augmenter leurs profits, aboutit à un double désastre. Les finances publiques et la protection sociale sont exsangues, privées de ressources, au nom de la « baisse du coût du travail », ce qui n’empêche pas la vague de suppressions d’emplois, de fermetures d’entreprises et de délocalisations qui déferle sur le pays. Les patrons ont empoché les aides de l’État et des collectivités et les exonérations de cotisations, sans que rien ne les empêche aujourd’hui de jeter au chômage des milliers de leurs salarié·es.

    Macron ne change pas sa politique

    Désavouée dans les urnes, la Macronie n’entendait pas pour autant changer de politique, mais, alliée à la droite, elle aussi grande perdante des élections, elle voulait persévérer dans la même voie, tout en faisant payer la crise aux classes populaires. C’était le sens du plan Barnier.

    Quant au Rassemblement national, dans l’espoir d’un accès prochain au pouvoir, il souhaitait se débarrasser de sa démagogie « anti-système », pour se présenter comme un parti capable de gérer loyalement les intérêts du Capital. Ses hésitations a faire tomber le gouvernement Barnier en témoignent, tout comme les votes des députés RN contre tout ce qui pourrait taxer le Capital, ou exonérer les patrons de cotisations sociales.

    « L’assistanat » aux plus riches, pour leur permettre de faire toujours plus de profits est le point commun qui unit Macron, la droite et l’extrême droite. Il passe par la réduction de la dépense publique, servant à financer des services publics de qualité accessibles à tous (école, services publics territoriaux) et par la destruction d’une Sécurité sociale permettant d’élever ses enfants, d’accéder à une retraite décente et aux meilleurs soins.

    Revenir sur nos fondamentaux

    Le but de ce dossier est de rappeler les enjeux souvent obscurcis, y compris à gauche et dans le mouvement social que représente la Sécurité sociale. Défendre les principes de la « Sécu », comme institution indépendante appartenant aux salarié·es, est indispensable, quand la gauche de gouvernement, avec Mitterrand Jospin et Hollande a souvent été à l’initiative des contre réformes, quand Fabien Roussel oppose la « gauche des allocs » à la « gauche du travail », quand la direction de la CFDT défend le remplacement des cotisations sociales par la CSG et quand beaucoup à gauche oublient la différence entre cotisations sociales et impôts. C’est l’un des grands enjeux pour le Nouveau Front populaire.

    En permettant, dans la société capitaliste aux salarié·es et aux classes populaires d’accéder à des droits fondamentaux, la « Sécu » est une conquête essentielle pour aujourd’hui. Mais elle préfigure aussi, par la répartition des richesses qu’elle organise, la société que nous voulons construire : une société où chacun·e pourra accéder aux richesses produites, non en fonction de ses revenus , mais de ses besoins.

    Nous dédions ce dossier à la mémoire de notre camarade Bernard Hess, militant syndical et politique à la Sécurité sociale, animateur infatigable de notre commission, qui par ses écrits, les réunions qu’il animait sut transmettre avec conviction et humour, l’importance et l’urgence du combat pour la « Sécu ». 

    https://lanticapitaliste.org/actualite/sante/un-pognon-de-dingues-pourquoi-le-neoliberalisme-veut-la-peau-de-la-secu

    https://lanticapitaliste.org/actualite/sante/les-travailleuses-et-travailleurs-en-capacite-de-gerer-vont-decider-par-eux-memes

    https://lanticapitaliste.org/actualite/sante/une-securite-sociale-auto-geree-pour-retrouver-le-chemin-de-lemancipation

  • Retour sur l’élection américaine : le consensus oligarchique et ses contradictions...

    Il serait facile d’analyser la victoire de Trump comme le résultat d’une lente et inévitable progression des idées ultra-réactionnaires et fascisantes parmi les électrices et électeurs étatsunien·nes. Il faut aussi analyser la défaite de Harris, qui résulte en dernière instance de la peur de mener une campagne en défense des travailleuses et travailleurs.

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  • Licenciements : faire face à la vague qui vient...

    Les annonces de plans de licenciements s’enchaînent : automobile, chimie, métallurgie… aucun secteur n’est épargné. Et les coupes budgétaires envisagées vont avoir de lourdes conséquences sur l’emploi dans les collectivités territoriales et dans les secteurs de la culture ou du social, par le biais des subventions.

    Aux annonces de licenciements dans le privé s’ajoutent les précédentes annonces concernant la fonction publique d’État : dans l’éducation, aux finances publiques, au ministère du travail. On sait que pour un emploi industriel supprimé ce sont plusieurs emplois indirects qui sont menacés. Au total, probablement plus de 500 000 emplois risquent d’être supprimés. Avec des conséquences dramatiques pour ceux et celles d’entre nous qui seront concerné·es. C’est aussi un élément de l’accélération de la crise globale.

    Rendre visibles les licenciements et leurs conséquences

    La CGT a recensé les plans sociaux et autres licenciements dans une carte interactive disponible sur le site du syndicat1. Cet état des lieux alarmant est repris depuis peu par la presse, qui donne à voir l’accélération de la crise. Il reste très difficile de chiffrer précisément les emplois indirects qui pourraient disparaître dans le sillage des plans déjà annoncés. L’exemple de Vencorex en Isère est probablement un des pires : dans la foulée des 425 emplois supprimés sur 450, les salarié·es estiment que c’est sans doute plus de 5 000 emplois qui vont être impactés, entre les entreprises qui dépendent de l’activité de Vencorex et les divers emplois induits par l’activité de la plateforme chimique.

    La pauvreté progresse en France2 et les associations caritatives ont, à plusieurs reprises, alerté le gouvernement. Le basculement dans le chômage de plusieurs centaines de milliers de personnes va aggraver la situation. Les familles monoparentales en sont déjà les premières victimes3, essentiellement des femmes seules avec enfants. Et comme elles constituent 63 % des emplois de la fonction publique, elles seront les premières touchées par les coupes budgétaires.

    La réforme de l’assurance chômage est toujours en suspens. Avec la réduction des dépenses, la volonté du patronat de faire main basse sur l’argent de nos cotisations qui financent l’assurance chômage, la situation ne peut que s’aggraver. Les projets de réformes mis de côté ces derniers mois auraient engendré la perte de plusieurs mois d’allocation pour près d’un million de chômeuses et chômeurs d’après la CGT4. A cela s’ajoute la réforme des retraites qui oblige à travailler plus longtemps alors que les travailleuses et travailleurs de plus de 60 ans ont déjà un taux d’emploi deux fois plus faible que le reste de la population5.

    Une accélération de la mainmise du capital

    L’ensemble des réformes de l’assurance chômage ou des retraites, les budgets de la Sécurité sociale fixés depuis 1996 par le Parlement et non plus par les « partenaires sociaux », le déremboursement des soins et médicaments, etc. tout cela conduit progressivement à basculer de l’argent « socialisé » vers le privé. Face à une protection sociale qui se réduit, celleux qui en ont les moyens payent des complémentaires santé et retraite, les plus pauvres et notamment les précaires ne bénéficiant plus que de la couverture strictement minimale vers laquelle s’achemine la Sécu. Le transfert d’argent public vers le privé c’est aussi les 260 milliards d’aides aux entreprises accordées par l’État sans contreparties sur la période 2020-20225.

    Nous sommes dans une phase d’accélération de la crise capitaliste après une période de longue dépression6. L’exacerbation de la concurrence internationale, la réorganisation des équilibres impérialistes poussent les capitalistes européens (en France et en Allemagne7 en particulier) dans leurs retranchements et les obligent à prendre des mesures pour maintenir leurs taux de profit. Ils jouent sur deux tableaux : d’une part peser sur la main-d’œuvre en licenciant, en augmentant la productivité, en dégradant les salaires et les conditions de travail ; d’autre part en faisant basculer des secteurs non marchands dans la sphère du profit. Cette prise de profits supplémentaires se fait avec violence pour les classes populaires et la crise politique actuelle en est la transcription dans le cadre institutionnel.

    Vers une séquence de luttes et d’explosions sociales ?

    Ces dernières années nous avons connu des mobilisations importantes et des explosions sociales en marge du mouvement ouvrier traditionnel : Gilets jaunes, réforme des retraites, mouvement féministe, luttes écolo… Aucune de ces luttes n’a été en capacité d’inverser réellement le rapport de force, en bloquant l’économie. La classe laborieuse est morcelée du fait du fractionnement du travail (précarité, uberisation, télétravail, éclatement des grandes unités de production, sous-traitance…) et divisée par le poison du racisme dans un contexte de montée du Rassemblement national. Même si la dernière mobilisation contre la réforme des retraites a donné lieu à un frémissement de re-syndicalisation, on est loin de ce qui serait nécessaire pour organiser les ripostes.

    Face aux plans de licenciements, il est dur de mobiliser des salarié·es épuisé·es physiquement et moralement par leurs conditions de travail. Cela permet aux patrons de s’en sortir à bon compte en lâchant des indemnités « supra-légales » qui deviennent l’unique enjeu des mobilisations. Avec peu de réelles batailles contre les fermetures, les licenciements, pour le maintien des tous les emplois.

    Les problématiques écologiques liées aux industries concernées (chimie, automobile, métallurgie) sont un frein à la solidarisation des populations riveraines et d’une partie des militant·es. À l’heure de l’accélération du réchauffement climatique on ne peut défendre le maintien de l’industrie automobile. De même en Isère : alors que l’on sait que la plateforme chimique pollue la nappe phréatique depuis des dizaines d’années8, comment défendre son maintien ? La crise écologique nous oblige à poser avec davantage de force la question de l’utilité de ce qui est produit, des conséquences du maintien des sites de production mais aussi les impacts sociaux et écologiques de leur disparition ou de leur délocalisation. Difficile d’avoir des réponses qui ne soient pas purement théoriques lorsque le rapport de force est aussi dégradé et que nous n’avons pas la main sur les choix en termes de politique industrielle.

    Faiblesse de l’organisation de la classe laborieuse, conditions de travail dégradées, problématiques écologiques… pèsent contre la possibilité d’une mobilisation face aux licenciements en particulier dans l’industrie. Pourtant, des salarié·es se battent dans leurs usines, leurs collectivités territoriales, leurs services publics. L’avenir des luttes n’est jamais écrit totalement à l’avance. L’injustice ressentie est un puissant moteur de révolte dont il est difficile de prédire sur quoi elle va se déclencher. Même si on sent bien que l’atmosphère sociale est explosive.

    Comment agir dans cette séquence ?

    Pour le NPA, toutes ces luttes sociales participent de la reconstruction de la conscience de classe. Les luttes féministes ou contre le racisme aident à unifier notre classe. La question de l’heure est d’organiser, faire converger toutes ces luttes dans l’affrontement contre le gouvernement et le patronat.

    La première action militante est de soutenir les luttes en cours : aider à leur auto-organisation, passer sur les piquets de grève, alimenter les caisses de grève, etc. Nos porte-paroles se déplacent pour rencontrer les grévistes et amener avec eux les médias pour donner de la visibilité aux luttes. C’est aussi l’occasion de raconter ce qu’on a vu ailleurs, de favoriser les contacts entre les différentes boîtes concernées. Ce n’est pas évident parce que tenir un piquet de grève, occuper son lieu de travail est déjà un effort considérable mais c’est absolument nécessaire pour sortir les conflits de l’isolement et du cas par cas.

    À l’échelle nationale, notre parti a été à l’initiative d’une réunion unitaire à laquelle ont participé une douzaine d’organisations politiques avec l’objectif de soutenir les salarié·es en lutte, de façon complémentaire à l’action des syndicats. Avec meetings, concerts de soutien, marches contre les licenciements… Des déclinaisons locales sont également en cours de construction en particulier dans les bassins directement concernés par des plans de licenciements.

    Nous voulons aussi essayer de construire des perspectives politiques larges parce que si nous ne sommes pas présents sur le terrain social, c’est le Rassemblement national qui va se construire sur la base du désespoir et des politiques antisociales. Il y a donc un enjeu très important et une urgence à construire des perspectives politiques qui aident les mobilisations, qui redonnent de l’espoir dans un avenir meilleur pour notre camp social. Ce n’est pas facile car des divergences existent : certain·es défendent l’interdiction des licenciements, d’autres le droit de veto des travailleuses et des travailleurs, d’autres un moratoire. Sur les questions écologiques aussi il existe des différences en termes d’appréciation et de solutions : sur les productions inutiles ou dangereuses, les relations producteurs-usagers, les cadres de délibération et de décision. Dans un premier temps, il y a une convergence claire autour de la revendication de stopper les licenciements et de se donner du temps pour des reconversions lorsque cela est nécessaire.

    Nous portons la nécessité d’interdire les licenciements, d’assurer la continuité des revenus des travailleuses et des travailleurs, de renforcer la protection sociale et de réduire massivement le temps de travail. Il faut produire moins et mieux, en travaillant moins : moins d’heures par semaine, moins de jours dans l’année, moins d’années dans la vie ! C’est urgent pour nos vies, pour la planète, pour que chacun·e puisse s’épanouir et vivre. Soyons clair : cela suppose de s’affronter aux patrons, au gouvernement, au pouvoir, de remettre en cause fondamentalement le fonctionnement du système capitaliste pour construire une autre société éco-socialiste. 

    Commission intervention sur les lieux de travail

    • 1. CGT, 286 PSE : près de 300 000 emplois menacés ou supprimés. Site cgt.fr, 27 novembre 2024.
    • 2. Observatoire des inégalités, Comment évolue la pauvreté en France ? Site inegalite.fr, 17 juillet 2024.
    • 3. INSEE, L’essentiel sur... la pauvreté. Site insee.fr, 17 octobre 2024
    • 4. CGT, Assurance chômage : la poursuite du saccage après la réforme des retraites. Site cgt.fr, 12 novembre 2024
    • 5. DARES, Les seniors sur le marché du travail en 2023. Site dares.travail-emploi.gouv.fr, 11 septembre 2024.
    • 6. Michael Roberts, La persistance de la longue dépression du capitalisme mondial. Inprecor n°722-723, juillet-août 2024.
    • 7. NPA Auto-critique, Le plan Volkswagen : plusieurs usines fermées et des dizaines de milliers de suppressions d’emplois. Site npa-auto-critique.org, 29 octobre 2024.
    • 8. Grenoble je ne boirai plus de ton eau. Le Postillon n°68, printemps 2023.
  • Un nouvel an de génocide...

    Il est difficile de ne pas penser à ce qu’ont dû endurer les GazaouiEs lors de la « trêve » de Noël : sous les bombardements, la course à la nourriture et aux soins, et un hiver pluvieux qui rend la vie en tentes encore plus terrible.

    Plusieurs nouveau-nés sont morts d’hypo­thermie dans ces camps autour du Nouvel An. Pourtant l’armée israélienne continue de bombarder et d’éliminer petit à petit toute présence palestinienne notamment dans le nord de la bande de Gaza. Ainsi au 6e jour de 2025. Israël a déjà tué plus de 265 PalestinienNEs. 

    Ni nourriture, ni soins, ni témoignages

    Il y a plus d’un an, Israël se défendait de viser des hôpitaux. Le fait que les structures de santé sont systématiquement prises pour cibles et rendues non opérationnelles est devenu d’une banalité déconcertante. L’hôpital Al-Aqsa a été vidé de son personnel. L’image du Dr Abu Safyia marchant en blouse blanche dans une rue pleine de débris vers un tank a fait le tour du monde. Une campagne de soutien a lieu pour demander sa libération immédiate. Comme plusieurs médecins de Gaza, il a été pris pour cible : accusé d’être un « terroriste du Hamas » sans aucune preuve. Plusieurs médecins ayant refusé de laisser leurs patientEs mourir ont été pris pour cible — soit par des bombardements directs soit par leur arrestation. Nous sommes sans nouvelles de plusieurs d’entre eux. Certains sont morts sous la torture, les mauvais traitements et le refus de soin.

    Comme pour les médecins, nous atteignons 204 journalistes tuéEs à Gaza depuis le début du génocide. Empêcher les soins, ne pas laisser de témoins et détruire toutes les infra­structures nécessaires à la vie : Israël mène bien une guerre génocidaire malgré toutes les dénégations des commentateurs en France. 

    Qui défend le droit international ?

    À ce titre, certains pays prennent au sérieux le droit international : Netanyahou ne sera pas présent aux commémorations des 80 ans de la libération d’Auschwitz sous peine d’arrestation. De la même manière, un soldat israélien passant ses vacances au Brésil a dû fuir vers l’Argentine sous le coup d’un mandat d’arrêt. En France, où un grand nombre de soldats viennent pourtant passer des vacances, les poursuites sont classées sans suite. Ainsi Israël a publié un guide interne pour que ses soldats puissent échapper aux poursuites pour crimes de guerre. Israël leur conseille de ne pas poster leurs crimes sur les réseaux sociaux ou de consulter des spécialistes en droit international avant de voyager.

    Il ne s’agit que de maigres victoires car la fin du génocide ne semble pas être pour maintenant. Les accords de cessez-le-feu sont torpillés régulièrement par Netanyahou, lequel a plusieurs fois indiqué que la libération des otages n’était pas la priorité.

    L’impunité organisée d’Israël 

    Avant de laisser la place à Trump, Biden a fait passer plus de 8 milliards de dollars de vente d’armes à Israël. Cela montre que la politique étrangère des États-Unis est très peu dépendante de qui est président et que l’administration Biden a amplement organisé, armé, soutenu cette politique génocidaire.

    Notamment au Liban, où le cessez-le-feu n’a de réalité que le nom puisque Israël se permet de bombarder régulièrement et de continuer à occuper certains territoires. Le vieux rêve sioniste d’occuper indéfiniment le Liban au sud de la rivière Litani (la ligne bleue) est à portée. De même qu’en Syrie, Israël bombarde régulièrement des infrastructures notamment militaires après avoir annexé une fraction du territoire — en violation des accords de 1974 qui avaient gelé la frontière sur le plateau du Golan (toujours illégalement occupé par ailleurs). 

    Avec des bombardements fin décembre au Yémen, Israël intervient partout, confiant dans son impunité. Les expulsions continuent à Jérusalem-Est, et l’État colonial peut compter sur l’Autorité palestinienne (AP) pour faire le sale boulot. L’AP a tué une journaliste qui couvrait les affrontements entre sa police et les groupes armés. Dans les pas d’Israël, l’AP vient également d’interdire la chaîne d’information Al Jazeera. Ce début d’année n’offre pour l’instant que peu de perspectives, si ce n’est de continuer la mobilisation et continuer de parler de Gaza. 

    Édouard Soulier

  • Tous ensemble : en finir avec la 5e République, changeons de société !

    La censure du gouvernement Barnier, du jamais vu depuis 1962, montre l’approfondissement de la crise politique en France. Celle-ci a pour origine la crise économique mondiale : Macron a besoin de faire payer les salarié·es pour que le patronat maintienne ses profits. La seule issue pour notre camp social est une mobilisation massive qui irait jusqu’au bout pour rompre avec cette société !

    Michelin, Vencorex, Auchan, Arkema, Valéo… Les annonces de licenciements font la Une des journaux locaux, mais il y aussi toutes les petites structures qui licencient ou disparaissent en silence notamment dans le secteur de l’économie sociale et solidaire, faute de subventions (lire les articles de la CILT et de J-C Laumonier, pp. 4-6). Du côté de la fonction publique ce n’est pas mieux avec des milliers de suppressions d’emplois dans l’éducation, les collectivités territoriales (lire l’article de Sally Brina p. 29), les finances publiques (lire l’article de Simon Picou, p. 12).

    En parallèle, le gouvernement essaye de nous faire travailler toujours plus : recul de l’âge de la retraite, suppression d’un jour férié, intensification du travail… les patrons cherchent à détruire tous les mécanismes de solidarité, que ce soit l’assurance chômage, l’assurance maladie, les retraites, les remboursements de médicaments pour récupérer un argent qui aujourd’hui leur échappe.

     

    Les milliards pour les patrons et la misère pour nous

    Avec toutes ces attaques, c’est la fin du compromis social de l’après-guerre. Ce qui se dessine, c’est un retour à une exploitation capitaliste bien plus violente que ce que nous avons connu, quelle que soit notre génération. Le capitalisme est dans une telle crise, que pour préserver les intérêts des plus riches, il doit nous ramener plus d’un siècle en arrière par la précarisation des  travailleuses et des travailleurs, la destruction du système éducatif et de santé ainsi que des protections sociales (voir l’article de Jean-Claude Laumonier p. 14).

    C’est pour étoffer ce diagnostic que nous≠ souhaitions clarifier notre vision de la sécurité sociale (lire l’article de Marianne Perron et Jean-Claude Laumonier p. 22, ainsi que l’entretien avec Nicolas Da Silva p. 17) et notre argumentaire sur le  100% sécu (lire l’article de Janine Carrasco et Frank Prouhet p. 25).

    Là où l’extrême droite est au pouvoir, comme en Italie, en Argentine ou aux États-Unis (lire l’article de Thierry Labica, p. 8), elle mène une politique anti-sociale. L’ensemble des travailleuses et travailleurs paye la crise : Aujourd’hui, comme tout au long du 20e siècle, le racisme maintient les capitalistes au pouvoir et participe à la division de  notre classe (lire les articles de Gilbert Pago p. 31 et Christine Poupin p. 33). En alimentant la haine et les discriminations les plus abjectes, le RN ne sera jamais une solution pour le prolétariat mais il peut constituer une option pour la bourgeoisie dans ce contexte de crise.

     

    Ne comptons que sur nos propres forces

    Aujourd’hui les salarié·es des boites qui licencient, restent isolé⋅es les un⋅es des autres. Chacun⋅e espère sauver sa peau individuellement. D’un côté, les salarié·es du privé se battent pour des primes de départ supplémentaires, mais pas contre les licenciements. De l’autre côté, les salarié·es de la fonction publique ont leurs propres revendications mais ne sont pas rejoint·es par l’ensemble de la population pourtant usagère des services publics. 

    Les grèves des 5 et 12 décembre n’ont pas été le démarrage d’une grève générale reconductible, pourtant nécessaire. Il y a urgence à se rencontrer sur les piquets de grève, dans les rassemblements, dans les réunions syndicales pour partager les revendications, nous coordonner et préparer une riposte collective aux attaques antisociales. Il faut travailler à reconstruire une vision offensive de la lutte des classes.

    Le pourrissement de la 5e République est déjà bien avancé et François Bayrou, prochain homme du compromis avec Macron, ne rompra pas avec cette politique de casse sociale. Ce n’est pas qu’un mauvais casting : l’instabilité politique dans un contexte de faiblesse du mouvement ouvrier et de renforcement croissant de l’extrême droite est un danger pour tou·tes. Malgré l’atonie de notre camp, il faut parvenir à convaincre que seule la construction d’un rapport de force, et non sa délégation à un champ parlementaire acquis au libéralisme, peut nous permettre d’obtenir davantage. Il n’y a que par nos mobilisations, par la grève, le blocage du pays que nous pourrons imposer l’interdiction des licenciements, des projets de reconversions industrielles respectueux des travailleuses et des travailleurs ainsi que de l’environnement, le maintien des emplois et des services publics de qualité, l’élimination de toutes les discriminations, l’abrogation des réformes des retraites et de l’assurance chômage… Il faut travailler moins pour travailler toutes et tous, travailler mieux pour produire ce qui est réellement utile et nécessaire pour préserver la planète et notre santé, pour avoir le temps de vivre dignement.