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Communiqués du NPA... - Page 2

  • On a tiré sur des enfants !

    Ce dimanche 19 avril à Espaly-Saint-Michel, en Haute-Loire, un homme de 65 ans a tiré à la carabine sur un enfant noir âgé de 10 ans. Loin d’être un fait divers, il s’agit d’une attaque raciste de plus dans un contexte de fascisation nationale et internationale qui met en péril la vie des personnes racisées.

    Personne dans le voisinage n’est surpris. Les témoignages rapportent d’autres violences racistes préalables (insultes, agressions physiques) . L’homme tenait des propos explicitement racistes visant aussi bien les adultes que les enfants et les assumait comme tels. Pire encore, une voisine rapporte qu’il avait annoncé la veille qu’il tirerait sur les enfants noirs.

    Pourtant les réponses institutionnelles sur ces premiers éléments minimisent le racisme, qui est pourtant le motif de l’attaque. La maire dit ignorer si l’homme insulte plus spécifiquement les personnes racisées ou non (sic !). Le commissariat du Puy-en-Velay chez qui une voisine déposait une plainte la veille pour des insultes racistes l’a invitée à revenir la semaine suivante en raison d'effectifs réduits le week-end. Enfin, le parquet qualifie l’événement d’accident et raconte qu’à ce stade ni les témoins ni les victimes n’ont évoqué des propos racistes. Alors que les personnes racisées peuvent faire des journées de détention provisoire pour des délits mineurs, l’individu a été remis en liberté et a menacé de nouveau les familles qui n’osent plus sortir de chez elles ! 

    Alors même que des enfants sont déshumanisés verbalement et physiquement, l’État passe de l’inaction à la réaction molle. À la violence de l’attaque s’ajoute celle de la minimisation par  la police et la Justice, ainsi que le silence médiatique. Pourtant, le contexte requiert de ne laisser aucun terrain à un racisme de plus en plus décomplexé et exprimé ouvertement. L’agression n’est pas un fait isolé. Lynchage à Verzeille (Aude), expédition punitive à Romans-sur-Isère (Drôme), chasse à l’homme à Royère-de-Vassivière (Creuse) et maintenant une “chasse aux enfants” à Espaly-Saint-Michel (Haute-Loire).

    La banalisation de l’extrême droite met en danger des millions de personnes, de nationalité française ou non, en raison de leur assignation raciale. Le NPA-l’Anticapitaliste apporte son soutien à cet enfant de 10 ans, à sa famille, ainsi qu’à toutes les victimes directes et indirectes du racisme. Afin de mettre un terme à cette hiérarchisation des vies, nous enjoignons l’ensemble des forces politiques, syndicales et associatives à se mobiliser pour dénoncer cette agression et organiser une riposte antiraciste dans l’unité la plus large.

     

  • Simplifier ou comment saboter les politiques environnementales...

    Supprimer les normes (en particulier les normes environnementales) est un des exercices favoris des gouvernements autoritaires qui ont un programme libéral de dérégulation économique et sociale (Milei en Argentine, Trump et Musk aux États-Unis). En France, le gouvernement s’appuie sur la droite et l’extrême droite pour balayer les avancées effectuées depuis une dizaine d’années.

    Le 15 avril, après l’Assemblée nationale, le Sénat a voté le texte sur la simplification de la vie économique. Droite et extrême droite se sont attaquées – avec succès – à toute forme de réglementation environnementale pour « favoriser la croissance industrielle et économique ». Le texte adopté consacre des reculs majeurs sur l’environnement et sur la démocratie.

    Encourager les bétonneurs

    La multiplication des dérogations à la loi ZAN, « zéro artificialisation nette », qui permet de lutter contre le bétonnage et pour la préservation de la biodiversité, équivaut à sa suppression. Protéger d’une urbanisation galopante les espaces naturels est indispensable parce qu’ils « stockent du carbone, régulent l’eau, soutiennent l’agriculture et la biodiversité ».

    Il suffira qu’un projet d’infrastructure soit déclaré d’intérêt public majeur, comme hier pour l’A69, ou demain pour les data centers, pour que les bétonneurs aient les mains libres.

    En l’absence de Monique Barbut, ministre de la Transition écologique (et de la biodiversité !), la protection de la biodiversité a été gravement affaiblie. Pour les espèces impactées par des projets d’aménagement, plus besoin de s’engager dans des mesures de compensation comme la loi de 2016 y oblige aujourd’hui. Les promoteurs du projet pourront différer la compensation. Dans les conditions légales actuelles, les mesures de compensation sont déjà difficiles à évaluer, qu’en sera-t-il lorsqu’elles pourront être reportées dans le temps ?

    Recul de la démocratie environnementale

    La suppression des ZFE (zones à faibles émissions) – qui restreignent l’accès des villes aux véhicules les plus polluants – a été un moment important du débat. Les ZFE, issues des travaux de la Convention citoyenne pour le climat, ont été mises en place pour interdire aux véhicules les plus polluants l’accès des centres-villes, pour des raisons de santé publique évidentes (40 000 décès dus à la pollution de l’air, majoritairement dans les quartiers populaires). Mais, sans alternatives réelles en termes de transports en commun, sans aides financières pour acquérir des véhicules adaptés, le dispositif pénalisait les automobilistes les plus modestes. La loi aurait pu être corrigée, elle a été supprimée.

    De manière insidieuse, la loi orchestre un recul massif de la démocratie environnementale, puisqu’elle supprime, ou réduit au minimum, la consultation et les possibilités de recours citoyens contre les projets d’aménagement et de construction.

    L'offensive anti-environnementale du gouvernement n’est pas terminée.

    Le projet de loi d'urgence agricole promet aussi quelques reculs d’importance autour des dispositions liées à l'eau. Les zones humides, la démocratie de l'eau et la protection des captages cristallisent les inquiétudes. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

    Commission nationale écologie

  • Défaite de Viktor Orbán et de l’internationale fasciste...

    La défaite de Viktor Orbán constitue un revers pour l’internationale fasciste dont il était un pivot.

    De Donald Trump à Benjamin Netanyahu, en passant par Vladimir Poutine, Marine Le Pen et Giorgia Meloni, l’extrême droite mondiale s’était pourtant mobilisée pour sa réélection.

    Orbán incarnait leur modèle : attaques contre les droits démocratiques, répression des opposantEs, politique raciste anti-migrantEs, offensive contre les droits des femmes et des LGBTI+.

    Certes, le vainqueur est un conservateur, loin de toute rupture avec les politiques néolibérales.

    Mais en ces temps de fascisation mondiale, la défaite d’Orbán reste une bonne nouvelle.

  • Soutenir le mouvement antifasciste et antiraciste face à la répression...

    Le pouvoir multiplie les procédures de dissolution. De Lyon à Paris, l’antifascisme est visé — précisément parce qu’il constitue un point d’appui central des mobilisations. Abandonner les militantEs antifascistes reviendrait pour la gauche à désarmer ses propres luttes et à renoncer à elle-même.

    En 2021, la loi Séparatisme est venue renforcer les possibilités de dissolution prévues par le Code de la sécurité intérieure, notamment en visant les groupes « provoquant des agissements violents à l’encontre des personnes et des biens ». 

    Diaboliser et dissoudre l’antifascisme

    Le premier groupe antifasciste dissous pour ce motif en mars 2022 a été le groupe antifasciste lyonnais, GALE, créé en 2013 suite à la mort de Clément Méric.

    En juin 2023, le gouvernement tente de dissoudre les Soulèvements de la Terre. Si cette décision suscite une forte mobilisation, la GALE, dissoute la même année, n’en bénéficie pas et sa dissolution est confirmée en novembre 2023. Depuis juin 2025, la Jeune Garde est à son tour visée, en même temps qu’Urgence Palestine.

    Pourtant, un an auparavant, la gauche rassemblée dans le Nouveau Front populaire affichait le soutien de la Jeune Garde pour les législatives. Cela avait permis à Raphaël Arnault, co-fondateur de la Jeune Garde, d’être élu député à Avignon. Mais la mort du militant néonazi Quentin Deranque a donné une nouvelle occasion de diaboliser l’antifascisme, d’attaquer LFI et de réclamer la démission du député Raphaël Arnault.

    Son élection avait prouvé que l’antifascisme et l’antiracisme pouvaient freiner la montée de l’extrême droite et permettaient même de gagner contre elle. En effet, sa campagne menée sur des bases antifascistes claires avait permis à Raphaël Arnault de rafler la place du député RN sortant.

    La force de l’antifascisme

    Alors que les discours racistes se banalisent dans les médias, que les lois discriminatoires et liberticides s’accumulent, que les attaques sociales s’amplifient et que la répression se durcit, il serait suicidaire pour la gauche de tourner le dos à cette stratégie gagnante de l’antifascisme.

    Car ce n’est pas qu’une ligne politique, c’est surtout une lutte de terrain qui permet la mise en mouvement de larges pans de la société et de notre camp social. L’antifascisme a été le dénominateur commun de toutes les organisations du Nouveau Front populaire et c’est cette unité sous bannière antifasciste qui a permis au NFP d’arriver en tête au second tour des législatives.

    C’est justement parce que l’antifascisme peut faire gagner la gauche qu’il est aujourd’hui autant criminalisé. Cet acharnement n’est donc pas un hasard, il permet d’affaiblir les résistances et d’attaquer celles et ceux qui portent des projets d’émancipation. C’est cette même dynamique d’acharnement qui est à l’œuvre contre les maires noirs nouvellement élus, contre Rima Hassan et les voix qui soutiennent la Palestine ou contre Sophie Binet et le mouvement syndical.

    Soutenir les militantEs antifascistes et antiracistes

    Le rassemblement réussi du samedi 4 avril à Saint-Denis, contre le racisme et en soutien au maire Bally Bagayoko, prouve que l’antifascisme et les combats qu’il porte sont bien vivants. Une fois encore, c’est la mobilisation des forces politiques, syndicales et associatives autour d’une initiative portée à la base par des collectifs locaux et les habitantEs de Saint-Denis qui a permis la réussite de cette journée (lire page 6).

    Cette mobilisation doit s’amplifier, car aujourd’hui, c’est au tour du collectif antiraciste Génération EDR d’être menacé par une dissolution. Face à la répression, les militantEs antifascistes et antiracistes doivent être soutenuEs avec la même détermination.

    Au-delà des organisations antifascistes, c’est tout le mouvement social qui est attaqué. Si la gauche veut voir ses idées gagner, elle ne pourra pas faire l’économie de l’antifascisme.

    Lorsqu’elle cède sur ce terrain, elle se divise et s’affaiblit, elle se prive de ses moyens de défense : clarté, unité et radicalité.

    Commission locale antifasciste et Commission antiraciste de la région parisienne

  • La loi Yadan, une forme renouvelée du racisme...

    La proposition de loi dite « Yadan » intervient dans un contexte international marqué par la montée des logiques autoritaires, la fascisation de nombreux États et l’ingérence croissante des puissances impérialistes, au premier rang desquelles les États-Unis et Israël.

    Puissance dominante de la région, Israël mène une politique de guerre et d’occupation qui suscite une contestation grandissante.

    Dans ce contexte, la loi Yadan, qui condamne en fait toute critique d’Israël ou de la politique de son gouvernement, ou tout appel à la libération de la Palestine, est profondément inquiétante.

    Une loi liberticide…

    Derrière un discours prétendant lutter contre les discriminations, ce texte est avant tout liberticide.

    En assimilant la critique de l’État d’Israël à une forme de haine, il rend illégitime toute prise de position politique en solidarité avec le peuple palestinien.

    Il ouvre ainsi la voie à la répression des mobilisations, à l’interdiction de manifestations et à la criminalisation d’engagements militants.

    Défendre les droits des PalestinienNEs n’est pas et ne devrait jamais être un délit : c’est un combat pour la justice et l’égalité.

    ...qui dévoie la lutte antiraciste

    En prétendant combattre l’antisémitisme, la loi Yadan l’instrumentalise. En entretenant l’idée que critiquer Israël reviendrait à s’en prendre aux JuifVEs, elle renforce un amalgame dangereux qui enferme ces dernierEs dans une identité nationale.

    Pire, elle construit l’idée que l’antisémitisme serait propre à certaines populations, invisibilisant son caractère structurel dans toute la société.

    Enfin, elle revient à offrir un blanc-seing à une politique agressive dans la région, comme le montrent les attaques contre l’Iran et le Liban. En protégeant un État de toute critique, cette loi sert les intérêts de l’impérialisme, notamment étatsunien, et affaiblit les solidarités internationales.

    Refusons cette loi. Défendons nos libertés, un antiracisme cohérent et la solidarité entre les peuples !

    En quelques jours, une pétition officielle hébergée sur la plateforme de l’Assemblée nationale a atteint plusieurs centaines de milliers de signatures. Pour amplifier la pression sur les députéEs, continuons à la signer et à la faire signer !

    https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5158 

  • Coût du carburant, quelles réponses écosocialistes ?

    La guerre alimente les profits des groupes fossiles tout en aggravant la crise écologique et sociale. Face à l’explosion des prix et à la dépendance organisée au tout-pétrole, il est urgent d’imposer des mesures immédiates tout en engageant une rupture avec le capitalisme fossile.

    Pour aller travailler, accompagner les enfants, se soigner, faire ses courses… pour beaucoup, aujourd’hui, la voiture n’est pas un luxe mais une contrainte, et chaque hausse du carburant rogne un peu plus des budgets déjà serrés. 

    La guerre, un jackpot pour les criminels climatiques

    L’instabilité inhérente à l’économie fossile offre de magnifiques opportunités de surprofits aux groupes pétroliers. Quand, comme c’est le cas aujourd’hui, les approvisionnements sont fortement perturbés, voire interrompus, les prix s’envolent. Mais les réserves préexistantes, acquises avant l’augmentation, sont vendues au prix fort. Une occasion en or (en dollars !) pour les capitalistes fossiles !

    Dans le même temps, l’augmentation des prix des carburants frappe durement les budgets, surtout ceux des plus modestes. Pour échapper à ce piège, il y a urgence à imposer des mesures immédiates pour alléger les conséquences, qui sont d’autant plus lourdes que les revenus sont faibles, que les salaires n’augmentent quasiment pas et ont même diminué en termes réels depuis 2020.

    Le meilleur carburant est celui qu’on ne brûle pas

    D’abord, une évidence, mais toujours bonne à rappeler, le carburant le moins cher et le moins polluant est celui qu’on ne brûle pas.
    Dans l’immédiat, il faut exiger partout la gratuité des transports publics, comme au moment des pics de pollution. Imposer, dans les entreprises et les administrations, des mesures, comme l’extension du télétravail, des navettes d’entreprises… décidées et mises en place avec et sous le contrôle des salariéEs pour répondre à leurs besoins.

    D’autres mesures peuvent réduire les transports routiers qui occupent une place croissante : la réduction de la vitesse, en particulier sur les autoroutes, des interdictions ciblées de la circulation des camions…

    Au-delà de ces mesures d’urgence immédiates, il est indispensable de réorienter la politique des transports, qui vise la réduction drastique de la circulation des voitures et des camions : arrêt de tout nouveau projet de routes, le réseau routier est suffisant, priorité aux transports collectifs utiles aux déplacements quotidiens et au fret ferroviaire et fluvial, relocalisation des productions au plus près des lieux de ­consommation.

    Bloquer les prix en prenant sur les profits

    Mais nombreux sont celleux qui ne peuvent échapper à la pompe à essence, quel que soit le prix affiché, aussi élevé soit-il. Le modelage et l’organisation du territoire par le tout-automobile et le manque de transports collectifs contraignent à utiliser la voiture individuelle ­quotidiennement.

    Si le blocage des prix, en prenant sur les profits des groupes pétroliers, s’impose comme mesure immédiate, il doit être associé à l’exigence de transparence sur leurs comptes et du contrôle de la distribution et des stocks par les salariéEs et les usagerEs.

    Criminels climatiques, criminels impérialistes

    Le capitalisme fossile, qui est le principal responsable de la crise écologique, est au cœur des guerres d’agression impérialistes, du Venezuela à l’Iran.

    Contre les pétroliers Total et autres... plus que jamais, ce qui est à l’ordre du jour, c’est de les désarmer, de leur retirer leur pouvoir de vie et de mort, de les exproprier. Tant qu’ils en auront le pouvoir, ils extrairont jusqu’à la dernière goutte de pétrole, miette de charbon, molécule de gaz, en semant la guerre aux peuples et au vivant ! Seule la socialisation de ce secteur permettra de reprendre la main, de laisser les fossiles dans le sol.

    Commission nationale écologie

  • Après les municipales, construire un front antifasciste...

    Les résultats des élections municipales aboutissent à un tableau confus de la situation politique : dimanche soir, sur les plateaux, tout le monde, du RN à LFI, déclarait sortir gagnant de cette séquence. 

    Le RN, qui se donnait pour objectif d’obtenir un ancrage local plus important que ce qu’il avait jusqu’alors en doublant son nombre de listes par rapport à 2020, a réussi à progresser dans un grand nombre de villes. Il l’emporte dans 70 villes, dont 29 obtenues dès le premier tour. Il est notable qu’à Nice, Retailleau n’ait pas donné de consigne de vote pour départager le fasciste Ciotti et la droite extrême d’Estrosi au deuxième tour. L’union des droites est en marche.

    Dans un contexte de banalisation des idées racistes, de normalisation des groupuscules fascistes, c’est un signal d’alarme sur un basculement possible en 2027. La séquence qui a suivi la mort de Quentin Deranque a été un avant-goût de l’inversion des valeurs organisée par la droite et la macronie, instrumentalisée par une partie de la gauche, notamment socialiste, contre LFI.

    Ces mêmes socialistes s’appuient aujourd’hui sur les échecs des listes de fusion au deuxième tour, à Toulouse ou Clermont-Ferrand, et les victoires là où elles ne se sont pas faites, comme à Lille, Paris et Marseille, pour condamner toute future alliance avec la France insoumise. Cette ligne anti-LFI a empêché des dynamiques locales à la base, alors que l’électorat socialiste compatible avec la macronie a su se mobiliser pour les candidatures refusant l’union, comme à Paris, Marseille ou Lille.

    Cette stratégie a contribué au basculement de nombreux bastions de gauche à droite.

    Malgré le battage médiatique et politique contre la France insoumise, ses résultats sont importants et renforcent une assise locale dans des villes populaires comme Roubaix ou La Courneuve. 

    Pour le NPA - l’Anticapitaliste, nous sommes satisfaitEs d’avoir pu participer à une quarantaine de listes lors de ces élections municipales, dans des configurations unitaires différentes selon les villes, avec ou sans LFI, mais toujours dans l’objectif de rassembler contre l’extrême droite. Nous obtenons en tout onze éluEs dans autant de communes différentes. Nos camarades siègeront donc aux conseils municipaux de Toulouse, Montreuil, Roubaix, Ivry-sur-Seine, Quimper, Alençon, Millau, Moissac, Cusset, Gérardmer et Tournissan. 

    Malgré une abstention record et un scrutin dans lequel les particularités locales ont pu être déterminantes, ce scrutin préfigure les rapports de force à un an des présidentielles.

    Alors qu’il existe un risque réel de l’accession au pouvoir de l’extrême droite en 2027, l’unité de l’ensemble de la gauche sociale et politique est une nécessité urgente. Dès aujourd’hui, le NPA - l’Anticapitaliste prend toute sa part à la construction d’un front unitaire antifasciste qui commence dans les mobilisations et les luttes sociales, écologistes, féministes et antiracistes.

  • Pour Nahel, contre l’impunité policière et les dénis judiciaires...

    Le 21 mars à Nanterre, une marche est appelée pour Nahel et contre les violences policières. Dans un contexte de dénis de justice répétés, cette mobilisation s’inscrit dans une séquence de luttes contre le racisme d’État.

    Le 27 juin 2023, Nahel Merzouk, 17 ans, était tué d’une balle tirée à bout portant par un policier lors d’un contrôle routier. Près de trois ans plus tard, l’affaire reste emblématique des violences policières et du traitement judiciaire qui les accompagne. Le 5 mars, la cour d’appel de Versailles a requalifié les faits : le policier ne sera pas jugé pour meurtre, mais pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

    Une requalification qui organise l’impunité

    Cette requalification réduit la peine encourue, modifie la juridiction saisie — plus de cour d’assises ni de jury populaire — et redéfinit le cadre même du procès. Alors même que le tir a été effectué à très courte distance, dans une zone vitale, la justice choisit d’écarter l’intention homicide, en s’appuyant sur le contexte d’« opération policière ».

    Ce choix suscite une légitime indignation. La mère de Nahel l’a exprimé avec force : « ils le tuent une deuxième fois ». Les avocatEs des parties civiles dénoncent une « qualification au rabais » et une décision politique visant à éviter qu’un policier soit jugé pour meurtre. Toutes les parties — parquet, défense, famille — ont formé des pourvois en cassation.

    Au-delà de ce dossier, c’est un fonctionnement structurel qui est en cause : la difficulté à faire reconnaître pénalement la responsabilité dans les violences policières, qui contribue à installer une exception qui vaut exemption. 

    Une mobilisation nécessaire

    En février, la Cour de cassation a confirmé le non-lieu dans l’affaire Adama Traoré, malgré des années de mobilisation et la reconnaissance d’un lien entre l’interpellation et la mort. Là encore, aucune condamnation.

    C’est donc pour Nahel mais pas seulement, que nous appelons à participer à la marche du 21 mars à Nanterre, à l’initiative du collectif Justice pour Nahel. « Pour Nahel, pour tous nos enfants, pour toutes les victimes de violences policières », l’appel invite à marcher pour « la dignité, la vérité et la justice ».

    Cette mobilisation s’inscrit dans la continuité des manifestations contre le racisme du 14 mars, qui ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes à travers le pays (voir ci-contre l’acturama).

    Face à l’impunité, seule la mobilisation collective peut imposer un rapport de force contre un système qui produit et protège ces violences. La lutte contre le racisme institutionnel est une composante centrale de la résistance à la fascisation.

    Commission nationale antiracisme

  • Municipales : front antifasciste contre l'extrême droite...

    Le premier tour de ces élections municipales s’est déroulé dans un contexte de fascisation globale en France et vient clore une séquence d’offensives brutales de l’extrême droite, où la droite « républicaine » a fait  sauter de nombreuses digues. 

    Alors que le camp macroniste se prend une gifle électorale, les résultats dans de nombreuses villes montrent l’implantation et la progression dangereuse du RN et des extrêmes droites. Dans plusieurs dizaines de villes, les listes du Rassemblement national sont en tête. À Perpignan, Louis Aliot est réélu dès le premier tour, tout comme les maires RN d’Hénin-Beaumont, de Hayange et de Fréjus.

    L’extrême droite entend se servir de ces élections municipales comme d’un tremplin pour accéder au pouvoir et renforcer sa stratégie d’union des droites. Bardella appelle ce soir à la fusion avec les « listes de droites sincères ». Il va même jusqu’à proposer le désistement du RN lorsque ces listes sont en tête. 

    Mais cette progression n’est pas une fatalité. Là où la droite et l’extrême droite peuvent gagner ou conserver des municipalités, comme à Paris, Marseille, Angers ou Toulon… Il est de la responsabilité des listes de gauche arrivées en tête de réussir les conditions de l’union. Le NPA-A appelle au rassemblement de la gauche, comme avec le NFP en juin 2024. La gauche politique, syndicale et associative doit tenter d’organiser des mobilisations et initiatives de rue entre les deux tours et mobiliser les quartiers populaires, la jeunesse et les travailleur.euses. Pas une voix ne doit manquer contre l’extrême droite !

    D’autant que la gauche radicale peut convaincre : la France Insoumise réalise de bons scores alors qu’elle est, depuis plusieurs semaines, la cible d’un acharnement médiatique sans précédent. Elle l'emporte même à Saint-Denis dès le premier tour avec la liste portée par Bally Bagayoko. Dans de nombreuses villes, le NPA-A a fait le choix de l’unité avec LFI ou d’autres formations de gauche, autour d’un programme social, écologique et démocratique ambitieux. Nous enregistrons de bons scores comme à Alençon où la liste Gauche Unie a réuni 15,2% des voix, à Toulouse où la liste porté par François Piquemal fait plus de 25% ou encore à Gérardmer où nos camarades ont fait 19,5% !

    Alors que LFI propose un front antifasciste électoral pour ce second tour, le sectarisme du PS et de Place Publique mène toute la gauche dans le mur. En refusant nationalement l’unité de la gauche, le PS fait le jeu du Rassemblement national et de la droite. Dans la situation actuelle, nous ne pouvons pas prendre le risque de laisser des villes gagnables aux mains de la droite. Pour les communes et leurs habitantEs. Mais aussi parce que chaque espace compte pour organiser la résistance.

    Dès le 23 mars, les organisations politiques, syndicales, associatives, les collectifs vont devoir  se retrouver pour mener la lutte contre les idées et politiques racistes et violentes  des extrêmes droites et de leurs alliées. Cela suppose de reconstruire dans les quartiers populaires, les lieux d’études et de travail, des solidarités concrètes, de renforcer les mobilisations sociales, de remporter des victoires sur le terrain face au gouvernement et au patronat, et de mener la bataille politique contre les idées réactionnaires. Construisons une riposte militante partout dans les villes, les quartiers, les lieux d’études et les entreprises. 

    No Pasaran ! 

  • Budget 2026 : Transphobie d'état...

    Le budget 2026, adopté par le recours au 49.3 par le gouvernement, introduit de nouvelles mesures de casses sociales qui comportent une disposition transphobe. Ainsi, à compter du 1er mars, il faut payer 50 euros pour saisir un tribunal judiciaire ou les prud’hommes. Ainsi, il sera nécessaire de payer 50 euros pour tout changement d’état civil. 

    Il s’agit d’une nouvelle attaque à l’autodétermination des personnes trans. La procédure actuelle est lourde et complexe. Les personnes trans doivent réunir des preuves, compléter un dossier administratif long et attendre la décision d’un magistrat. Cette procédure est dénoncée par de nombreuses associations, institutions internationales et organisations de défenses des droits humains. 

    Cette disposition précarise d’autant plus les personnes trans. Dans la France de Macron, lorsqu’on est unE étudiantE, unE jeune travailleurEUSE précaire ou au chômage, 50 euros représente beaucoup. 

    Il est nécessaire de lutter pour un changement d’état civil libre, gratuit et sur simple demande sans dépendre d’une décision du tribunal comme le revendique la campagne juge pas mon genre de l’association Toutes Des Femmes. Nous devons nous mobiliser pour l’autodétermination complète des personnes trans. 

    Jeunesses Anticapitalistes