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Communiqués du NPA... - Page 2

  • Le NPA-A dans les municipales : antifasciste, unitaire et radical...

    Le NPA-l’Anticapitaliste aborde les municipales de 2026 comme un point d’appui pour construire un front antifasciste, unitaire et de rupture, ancré dans les mobilisations locales et les besoins populaires.

    Ces élections municipales – donc locales – interviennent dans un contexte international et national de plus en plus pesant. Alors que l’extrême droite, dans différentes configurations, est au pouvoir dans un nombre de pays grandissant ou pèse de plus en plus du fait de ses scores électoraux sur les politiques au pouvoir, nous sommes contraintEs d’envisager l’hypothèse d’une victoire de l’extrême droite à la ­présidentielle de 2027.

    L’enjeu central du combat contre l’extrême droite

    Cela surdétermine nos positionnements dans toutes les échéances politiques en nous donnant un double objectif : d’une part, développer des propositions unitaires et radicales qui offrent une alternative aux politiques libérales menées par des forces de droite ou sociales-libérales, qui sont le terreau du vote pour l’extrême droite. Bref, mener la bataille culturelle pour opposer point par point des réponses de rupture anticapitalistes. Et, dans le même mouvement, combattre la résignation et le fatalisme face à une victoire du RN annoncée par les sondages et les commentateurs politiques.

    C’est une question de survie sociale pour les exploitéEs et les oppriméEs, et de survie tout court pour celles et ceux qui sont leurs cibles, à commencer par les personnes racisées. Ce qui est aujourd’hui une prophétie autoréalisatrice des médias Bolloré mais aussi de franges des classes dirigeantes peut échouer si elle trouve en face un front de résistance, structuré sur le terrain par l’unité de réseaux de militantEs politiques mais aussi syndicaux, associatifs, capables d’entraîner des personnes non organisées jusque-là et ­d’impulser des mobilisations.

    Chaque échéance doit être envisagée comme un point d’appui pour cet objectif. A fortiori les élections locales puisque nous savons que c’est à la fois un échelon auquel de nombreuses personnes — jeunes, travailleuses ou privées d’emploi, racisées ou discriminées — peuvent se sentir davantage en capacité de peser que dans des débats nationaux. Et l’exemple de Minneapolis et plus largement des résistances face à la fascisation du pouvoir étatsunien, montre que c’est localement que se constituent des réseaux d’entraide et de solidarité capables de défier Trump mais aussi de peser sur des politiques peu combatives. Des municipalités antifascistes peuvent aider à construire un tel front.

    Pas de radicalité sans unité, ni d’unité sans radicalité

    Face à ces enjeux, le NPA-l’Anticapitaliste défend l’unité la plus large, à l’image de ce qu’avait été le Nouveau Front populaire (NFP) en juin-juillet 2024. C’est pour nous un horizon à construire sans ignorer que le NFP n’existe plus nationalement et que localement il peut avoir éclaté façon puzzle dont les morceaux sont trop abîmés pour se reconstituer. En effet, entre le « jamais avec LFI » et le « plus rien n’est possible avec un PS qui a fait passer le budget austéritaire », les alliances et recompositions ont du mal à trouver une cohérence politique. C’est pourtant ce que le NPA-A porte en défendant que, face aux dangers de l’extrême droite, il ne peut pas y avoir de radicalité sans unité, ni d’unité sans radicalité.

    En effet, s’il n’y a pas d’unité, c’est la porte ouverte à la démoralisation et à la victoire d’alliances entre les droites plus ou moins extrêmes qui, elles aussi, considèrent les élections municipales comme des tours de chauffe pour les élections présidentielle et législatives. Sans radicalité il n’y aura pas les forces pour mobiliser, donner confiance dans la possibilité de construire une politique qui protège celles et ceux qui paient cash les politiques libérales. Dans les deux cas, cela renforcerait la présence de l’extrême droite et de ses idées, dans les conseils municipaux, dans les intercommunalités qui gèrent de plus en plus de domaines, et dans les prochaines sénatoriales.

    L’unité est un combat que le NPA-l’Anticapitaliste mène en partant des besoins de la population et des réponses qui pourraient y être amenées au niveau local, en particulier sur les questions de logement, de santé publique, d’éducation et de culture, avec comme préoccupation d’y associer avant, pendant et après les élections les premièrEs concernéEs. Dans certaines communes, ces batailles unitaires ont permis de construire des programmes portés par des listes unitaires plus ou moins larges. Dans d’autres villes, cela n’a pas été possible, et le NPA-A continue de porter cette orientation pour préparer les cadres dans lesquels construire les mobilisations qui seront nécessaires.

    Le groupe de travail Municipales 2026

  • Nouveau budget raciste : Fin des APL pour les étudiant·es...

    Après avoir mis en place des dispositifs racistes et précarisants tels que « Bienvenue en France », le gouvernement décide encore une fois de s’attaquer aux droits des étudiant.es étranger·es hors-UE en retirant les APLs à toustes les non-boursièr.es sous prétexte qu’iels auraient donc suffisamment de moyens et ne seraient pas assez pauvre pour les mériter.  Cette logique n’est qu’un pas supplémentaire dans la rhétorique profondément productiviste et raciste de l’État Français, qui désire soutenir uniquement des placements « rentables » d’étudiant.es inseré.es dans le territoire… tout en expulsant à tour de bras les étudiant·es étranger·es des CROUS et logements sociaux. 

     

    Les modalités d'accès aux bourses sur critères sociaux pour les étudiant.es sont si étroites que seul 2 à 3% des étudiant.es extra-communautaires peuvent y être éligible, et les APL constituaient jusque-là un revenu de substitution essentiel!

    De plus, l'augmentation des frais de VISA et taxes de séjour doivent doubler cette année.

     

    Le budget Lecornu est un véritable budget raciste qui s’acharne sur les plus précaires et fragiles et qui cherche a faire des économies sur le dos des plus isolé·es. En effet, les étudiant·es étranger·es sont les moins représenté.es dans les bourses au mérite, leurs projets sont les moins sélectionnés pour des subventions et, lors des conflits entre étudiant.es et l’administration, iels sont les moins défendu·es.

    Le retrait des APL aux étudiant·es étranger·es, c’est le retrait de 100 à 200 euros par  mois à des jeunes pour qui cela représente l'entièreté de leur budget alimentaire.

    Face aux politiques racistes et austéritaires du gouvernement Lecornu et de ceux qui l’ont précédé, les Jeunesses Anticapitalistes appellent les étudiant·es à s’organiser pour un enseignement supérieur gratuit et ouvert à tous·tes.

    Jeunesses Anticapitalistes

  • No Kids, No Future...

    Après les restaurants qui retirent leurs menus « enfant » et les hôtels et les locations « childfree », les espaces « no kids » (sans enfants) prolifèrent et se déploient même à la SNCF. La goutte de trop pour les parents et les collectifs de protection des enfants, qui dénoncent une société adultiste.

    Inquiétant : les enfants sont de moins en moins toléréEs dans les espaces publics. Les commentaires contre les enfants pullulent : bruyantEs, mal élevéEs, bref, insupportables. Les offres d’expériences « premium » pour les adultes se développent. Plus d’un adulte sur deux y serait favorable. L’annonce, par la SNCF, du lancement d’espaces « Optimum », accessibles à partir de 12 ans, vient parachever des années de discriminations.

    Exclure les enfants, c’est exclure les femmes

    Absence de tables à langer, de chaises hautes ou de rehausseurs, de rampes ou d’ascenseurs pour les poussettes, interdiction d’allaiter en public… Toute la vie sociale devient inaccessible.

    Dans le même temps, le manque de place en crèche, les différences salariales hommes-femmes et l’inégalité du congé parental font reposer la charge des enfants sur les femmes. Lorsque les enfants sont exclus de la vie sociale, les femmes en sont exclues tout autant.

    Pas étonnant, dans ces conditions, que la natalité baisse. La volonté de Macron de « réarmement démographique » signifie : faites des enfants mais restez chez vous !

    Une société qui exclut et maltraite les enfants

    L’ensemble de l’organisation sociale reproduit la domination sur les enfants. Une société qui dit aux enfants qu’ils ne sont pas les bienvenus les pousse à se taire, notamment face aux violences commises à leur encontre, toujours aussi peu prises en charge.

    La CIIVISE (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants) est en difficulté, les juges des enfants croulent sous les dossiers, l’ASE broie plus qu’elle n’aide les jeunes en danger, les mineurs isoléEs dorment à la rue, les scandales de violences dans les églises et dans les écoles sortent après des années de silenciation, comme à Bétharram… Les témoignages des victimes du réseau Epstein ont été, eux aussi, ignorés pendant des décennies.

    Nous devons pousser à la transformation de la société, pour qu’elle accompagne les enfants et les traite comme des ­personnes à part entière ! En rendant les lieux publics accessibles, en ouvrant des places en crèche et en mettant des moyens à hauteur des besoins pour la lutte contre les violences.

  • Provocation islamophobe à la mosquée de Metz-Bellecroix...

    Conduits à la mosquée de Bellecroix par la tête de liste RN pour l'élection municipale de Metz, deux journalistes du média d’extrême droite « Frontières » se sont introduits dans le lieu de culte jeudi 29 janvier. 

    Cette scandaleuse provocation a troublé la prière des musulmanEs qui s’y étaient réuniEs. Elle ravive les craintes de la communauté musulmane quant à sa sécurité dans ses lieux de culte.

    Venant après la profanation d’un lieu de culte musulman à L’Hôpital, en Moselle-Est, en mai 2025, cette nouvelle expédition islamophobe ne doit laisser personne indifférent. 

    Elle s’inscrit dans la continuité des expéditions menées dans les universités par les parlementaires RN Odoul, Jacobelli et Ballard, avec Frontières et Boulevard Voltaire, en novembre dernier, pour y stigmatiser la visibilité des musulmanEs. 

    Surtout, elle a eu lieu deux jours avant la venue de Marine Le Pen en Moselle, ce département dans lequel le RN a quatre députés sur neuf et dans lequel il présente 18 listes le 15 mars.

    L’heure est à la riposte antifasciste. 

    Samedi 31, une manifestation a rassemblé 200 personnes à Saint-Avold. C’est la voie à suivre, c’est ce mouvement qu’il faut amplifier ! Samedi 7, c’est en Meuse que nous barrerons la route aux extrêmes droites ! Ne pas céder un pouce à l’islamophobie, au racisme ! Rassembler largement et jeter toutes nos forces dans la bataille pour faire gagner les listes de la gauche de rupture à Metz, à Saint-Avold et dans tout le département. Et donner aux listes un caractère antifasciste, ne laisser le champ libre nulle part à l’extrême droite !

    Dans la rue, dans les urnes, no pasaran !

  • Le budget 2026 fait l’impasse sur les enjeux environnementaux !

    En instaurant une Trajectoire de Réchauffement de Référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC), le gouvernement reconnaît l’importance de la menace climatique. Pourtant, il n’en tient pas compte dans son budget 2026.

    Cette trajectoire fixe les hypothèses officielles de réchauffement attendu pour la France en 2030 (+2 °C), 2050 (+2,7 °C) et 2100 (+4 °C, au lieu de + 1,5 °C fixé en 2015 par la COP21). Ce scénario de référence est censé guider l’action publique en anticipant les risques climatiques (vagues de chaleur, sécheresses, inondations…) et en orientant les mesures d’adaptation : renforcement des infrastructures, rénovation énergétique, gestion de l’eau, protection des populations vulnérables…

    Les reculs sur les politiques environnementales ont des conséquences fortes. La réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) ne devrait atteindre que 1,6 % en 2025, loin des 4,6 % annuels d’ici 2030 pour viser la « neutralité carbone » en 2050.

    Un budget en recul face aux nouvelles conditions climatiques

    Les engagements du gouvernement sont très en-dessous des enjeux, tant pour la lutte contre le changement climatique que pour l’adaptation à ses effets déjà dramatiques pour les plus vulnérables. Le Fonds vert — outil important pour les collectivités locales — a cofinancé près de 20 000 projets (rénovation d’écoles, aménagements cyclables, végétalisation, etc.). De 2,5 milliards € en 2023, son budget est réduit à 850 millions €. MaPrimeRénov’ est rabotée de près de 600 millions € par rapport à 2025.

    Seuls 31 millions € sont prévus pour le Plan vélo. L’ambition initiale était d’y consacrer 400 millions € par an pour atteindre 2 milliards € sur cinq ans. On en est très loin ! Et, face aux lobbies, le gouvernement renonce à taxer davantage l’achat des véhicules lourds et polluants, ou les industriels du plastique.

    Cerise sur le gâteau, l’État confirme la dissolution de l’Institut national de la consommation (INC) et la disparition/privatisation du magazine 60 millions de consommateurs. C’est l’INC qui a alerté sur l’omniprésence des aliments ultra-transformés dans l’alimentation, la présence de plastifiants dans des huiles d’olive ou les pratiques des assureurs en matière de catastrophes naturelles.

    Dans le contexte des municipales, un enjeu démocratique évident

    La trajectoire fixée par l’État permettra aux services préfectoraux d’évaluer les projets des collectivités. Comme les budgets de soutien aux projets environnementaux diminuent, le tour est joué. Les collectivités devront adapter les écoles, les Ehpad, repenser l’urbanisme, gérer l’eau, les îlots de chaleur, les risques, sans soutien financier. Les communes riches auront les moyens de s’adapter, les communes pauvres bricoleront, les territoires vulnérables (ruralité, outre-mer, quartiers populaires) cumuleront les risques.

    Le budget 2026 ne répond pas au défi climatique, le gouvernement accroît les inégalités sociales et territoriales. Raison de plus pour organiser ensemble une contre-offensive unitaire et populaire contre ces régressions démocratiques et environnementales.

    Commission nationale écologie

  • Rojava : Solidarité avec les Kurdes de Syrie...

    Sous la menace conjointe de Damas et d’Ankara, les attaques contre les Kurdes de Syrie se multiplient dans un contexte de recomposition impérialiste régionale. Face aux offensives militaires, aux manœuvres diplomatiques et à l’abandon des puissances occidentales, la solidarité avec le peuple kurde et son droit à l’autodétermination est plus que jamais nécessaire.

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  • Le plan de Poutine : épuiser la population pour faire capituler l’Ukraine...

    En ce début d’année, des centaines d’attaques ciblées ont été menées contre les réseaux et installations clés du pays. Missiles balistiques, missiles de croisière, drones visent les centrales électriques, les sous-stations de distribution, les centrales thermiques et hydrauliques. Dans ce froid extrême, les pénuries de chauffage, d’eau et d’électricité placent la population en situation de survie.

    C’est un moment particulièrement critique, les températures moyennes à – 10 °C descendent souvent à – 18 °C ou – 20 °C la nuit. En bombardant les infrastructures énergétiques, y compris les infrastructures proches des centrales nucléaires encore opérationnelles, à Odessa, Kyiv ou Dnipro, Moscou cherche l’effondrement du pays. En réclamant, lors des négociations, les territoires du Donbass qu’il n’occupe pas, ceux où se trouve la ligne de défense ukrainienne, Poutine veut la briser pour ouvrir la route de Kyiv à l’armée russe.

    La solidarité commence dans l’immeuble, la rue, le village.

    Dans cette guerre d’usure, l’électricité est devenue une arme stratégique, pour ralentir l’économie et écraser la capacité de résistance de l’Ukraine. Les pannes massives d’électricité, dans certaines grandes villes, touchent jusqu’à 60 % des habitations. Les réseaux de chauffage urbains et de distribution d’eau sont souvent affectés simultanément, rendant la vie précaire et dangereuse pour les personnes âgées, les familles et les malades. Les tentatives de réparation des installations endommagées dans la capitale sont compliquées par les réalités de la guerre.

    L’usure psychologique, le froid et l’obscurité sont compensés par une solidarité concrète. La société ukrainienne s’entraide, se coordonne, invente et multiplie les actes de résistance collective au quotidien : chauffer une cage d’escalier commune, héberger les personnes âgées, partager générateurs et batteries, bricoler des lampes LED, des panneaux solaires artisanaux.

    Résister à l’invasion, se battre pour la justice sociale

    Mais sur les réseaux sociaux, dans la presse indépendante ou dans la rue, les critiques sont vives contre les défaillances des autorités. La corruption et les pratiques clientélistes ont freiné l’entretien et la modernisation du système énergétique ukrainien historiquement fragile. La privatisation des biens municipaux a réduit les moyens des services publics.

    À Kyiv, l’absence de plan d’urgence crédible de la municipalité, qui appelle les habitantEs à quitter la capitale et alimente la panique, est sévèrement dénoncée.

    En écho à ces protestations, nos camarades de Sotsialniy Rukh (Mouvement social) se battent pour que les infrastructures municipales passent sous le contrôle effectif des travailleurEs. Cela permettrait de ne fournir l’électricité qu’aux entreprises essentielles, de soutenir les personnes les plus fragiles en garantissant le fonctionnement des centres communautaires, de répondre aux revendications des syndicats, en particulier ceux des infrastructures critiques.

    En luttant contre l’invasion et contre un modèle politique et économique qui affaiblit les mécanismes collectifs de protection sociale et énergétique, iels préparent les conditions d’une reconstruction au service du peuple.

    Groupe d’intervention Solidarité Ukraine du NPA-A

  • Rojava : Solidarité avec les Kurdes de Syrie...

    Sous la menace conjointe de Damas et d’Ankara, les attaques contre les Kurdes de Syrie se multiplient dans un contexte de recomposition impérialiste régionale. Face aux offensives militaires, aux manœuvres diplomatiques et à l’abandon des puissances occidentales, la solidarité avec le peuple kurde et son droit à l’autodétermination est plus que jamais nécessaire.

    Au lendemain de la libération de la Syrie et de la chute d’Assad, l’Armée nationale syrienne (ANS) et l’armée turque attaquaient les villes de Kobané et de Manbîj, au Rojava. Malgré les discussions sur le statut du Rojava, un an plus tard, Kobané est à nouveau assiégée, Alep a été le siège d’une nouvelle bataille pour reprendre les deux quartiers à majorité kurde, forcer les Forces démocratiques syriennes (FDS, à majorité kurde) et les Kurdes à quitter la ville. De nombreux massacres ont eu lieu lors de cette bataille.

    Vers une Syrie centralisée et unifiée

    Cette nouvelle bataille d’Alep scelle le rapprochement du dirigeant syrien Ahmed al-Charaa avec la Turquie mais surtout la volonté du pouvoir à Damas de reprendre le contrôle sur l’essentiel du territoire. L’influence turque est évidemment notable dans ce conflit : les drones turcs ont appuyé les troupes de Damas dans cette offensive, la Turquie bombarde le Rojava et participe au siège de la ville de Kobané. Erdogan cherche à en finir une fois pour toutes avec le Rojava après avoir mis au point mort le nouveau processus de paix avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), tout en maintenant sa répression contre le DEM (parti pro-kurde) et ses opposants politiques.

    Mais, plus profondément, cette nouvelle situation illustre la volonté du gouvernement de transition syrien d’une Syrie centralisée et unifiée, jouant sur les particularismes des différentes minorités ethniques ou religieuses, quand il n’attise pas les conflits contre Druzes, Alaouites ou Yézidis.

    La cause kurde abandonnée par les puissances impériales

    L’Administration autonome du nord-est de la Syrie (AANES) ou Rojava, à majorité kurde, devait incarner un contre-­modèle aux politiques coloniales et impériales qui sévissent dans le Levant. Le Rojava a essayé de mettre en place une organisation politique avec comme piliers : le droit à l’autodétermination des peuples, le fédéralisme, le féminisme et l’écologie. Ce projet s’est heurté aux différentes réalités de l’impérialisme local et inter­national. Longtemps soutenue par les États-Unis lorsqu’il fallait se débarrasser de l’État islamique, la cause kurde a été abandonnée par ces mêmes puissances impériales qui font semblant de les soutenir. La France dit qu’elle n’abandonnera pas les Kurdes, mais n’a jamais reconnu diplomatiquement l’AANES, et Macron s’aligne sur Trump et l’Union européenne (Ursula von der Leyen était à Damas le 9 janvier), donnant 600 millions d’euros pour aider à la reconstruction de la Syrie alors que la guerre était en cours à Alep.

    Soucieux de se démarquer de son passé djihadiste et de ménager son image auprès des Occidentaux, al-Charaa s’est mis en scène le 16 janvier en reconnaissant la co-officialité du kurde, son enseignement dans les écoles, leur accordant la nationalité syrienne tout en les invitant à « participer à l’édification du pays ». Dans le même temps, l’armée appelait les FDS à « revenir vers leur État », c’est-à-dire l’intégration dans l’armée syrienne. Cette position a le soutien des États-Unis. La situation actuelle est celle d’un cessez-le-feu précaire. En outre, dans les zones contrôlées par les FDS à majorité arabe, la direction kurde est très contestée.

    Le peuple kurde a droit à l’autodétermination

    Il est plus que jamais nécessaire de rappeler notre soutien à nos camarades kurdes. Quelles que soient les volontés réelles ou affichées du pouvoir syrien, le peuple kurde a droit à l’auto­détermination et à sa propre armée dans un contexte où le pouvoir turc est à la manœuvre.

    En Europe, la solidarité s’organise, notamment avec les manifestations, rassemblements et actions de désobéissance civile organisées par la diaspora kurde. La campagne RiseUp4Rojava a mis en place une première caravane partant depuis la France, l’Allemagne et l’Autriche, ces convois se rejoindront à Vienne avant d’aller à la frontière entre la Turquie et Kobané. Des collectes de fonds pour l’AANES ou Roja Sor s’organisent.

    Nous continuerons de soutenir les revendications nationales des Kurdes, le droit à l’autodétermination des peuples, le soutien par en bas à la résistance et plus que jamais nous nous opposerons aux impérialismes turc, étatsunien, français et israélien qui convergent à nouveau. Bîjî Berxwedana Rojava !

    Commission internationale du NPA-A

  • Ruée sur les mines en Guyane...

    Dans la séance de questions au gouvernement du 20 janvier, le député de Guyane Jean-Victor Castor (membre du Mouvement de Décolonisation et d’Émancipation Sociale) a alerté sur des demandes d’exploration minière dans le Nord-Ouest de la Guyane. Elles sont symptomatiques de politiques coloniales d’accaparement de ressources et d’extractivisme au nom de la « transition énergétique ».

    Trois demandes de Permis Exclusif de Recherche (PER) de mines ont été déposées fin 2025 par la société EURO STRATMET sur une surface de 253 km² en Guyane. Un PER autorise une entreprise à faire des recherches de gisements et lui donne l’exclusivité des explorations. S’il n’autorise pas directement d’exploiter les ressources, c’est la première étape puisqu’il existe ensuite une procédure dérogatoire en Guyane permettant d’ouvrir une mine de moins de 25 hectares sans demander de titre minier.

    Une politique coloniale

    L’entreprise qui demande ces PER, créée fin 2024 dans la Drôme, n’a pas de salariéE, comme d’autres entreprises du même patron. La situation a tout l’air d’un montage financier dans le but de verrouiller l’exploration minière dans une grande région de la Guyane et de spéculer dessus. Elle s’engouffre dans la brèche ouverte par Macron et sa « stratégie de souveraineté » sur l’exploitation de métaux, en particulier pour l’industrie de l’armement, qui passe notamment par un inventaire des ressources minières en Guyane lancé début 2025.

    Jean-Victor Castor dénonce un « droit minier à deux vitesses » où les entreprises locales font face à des procédures longues et à des refus systématiques, quand les demandes des entreprises extérieures sont traitées en quelques mois. Si l’exploitation minière doit être fortement contrainte, il est inadmissible que les ressources soient accaparées par des entreprises occidentales, sans transparence et sans contrôle par les habitantEs des régions concernées qui paient le prix des conséquences désastreuses sur l’environnement. Il s’agit d’un pillage organisé.

    La « transition énergétique » à la rescousse du capitalisme

    Ces explorations concernent du tantale, du niobium, du lithium et des terres rares. Ces métaux jouent un rôle essentiel en microélectronique, dans l’armement, et dans la production et le stockage d’électricité. Leur exploitation est généralement justifiée par le besoin de sortir des énergies fossiles sans prendre en compte les dégâts de l’extractivisme. Comme l’écrit la journaliste et philosophe Célia Izoard, « tout indique qu’on est en train d’enfouir la crise climatique et écologique au fond des mines, dans un impensé qui permet de gagner du temps ».

    Face à la destruction du vivant, la soi-disant « transition énergétique » est une fausse réponse dont le but est de maintenir la production globale en remplaçant les énergies fossiles par des métaux. L’enjeu n’est pas technique mais politique : il faut réduire drastiquement la consommation d’énergie et de ressources dans les pays du Nord global par la décroissance écosocialiste de la production.

    Commission nationale écologie

  • Multiplication des agressions racistes en bande organisée...

    À Décines-Charpieu, un lycéen de 17 ans a été violemment agressé lundi 19 janvier par plusieurs individus cagoulés alors qu’il se rendait en cours : frappé, insulté, rasé, le visage lacéré. Le fait qu’ils aient agi en groupe, masqués, avec des pratiques d’humiliation et d’intimidation, ne doit rien au hasard. Comme à Nice, en décembre dernier, où une quinzaine d’hommes cagoulés ont attaqué des jeunes en proférant des insultes racistes dans le Vieux-Nice, ces violences portent la marque de groupes organisés.

    Elles s’inscrivent dans un continuum qui va jusqu’au meurtre raciste commis récemment près de Lyon, où le corps d’un jeune homme de 20 ans a été retrouvé dans un étang, et pour lequel une information judiciaire a été ouverte du chef de meurtre en raison de la race, de l’ethnie, de la nation ou de la religion.

    Ce continuum raciste est rendu possible par un contexte politique, médiatique et institutionnel où le racisme se déploie en toute impunité. La stigmatisation permanente des personnes racisées, des musulmanEs et des migrantEs, les politiques sécuritaires et islamophobes de l’État, l’impunité policière et judiciaire, favorisent ces passages à l’acte. La mort d’El Hacen Diarra au commissariat du 20ᵉ arrondissement de Paris rappelle que le racisme tue d’abord par la violence d’État.

    Dans le même temps, le gouvernement choisit de dissoudre des organisations antifascistes, comme la Jeune Garde, dont le rôle est précisément de lutter contre les groupes d’extrême droite violents et d’empêcher les agressions racistes, plutôt que de s’attaquer au racisme institutionnel. Pire encore, il en est un acteur central, tandis que les médias dominants et les responsables politiques déroulent le tapis rouge aux thèmes du Rassemblement national.

    Face à cette situation, une riposte collective et unitaire est indispensable. La mobilisation antifasciste et antiraciste massive à Nice le 17 janvier montre que c’est possible qu’une riposte collective existe et qu’une partie de la société refuse de laisser l’extrême droite et le racisme s’installer dans l’espace public. Nous refusons la banalisation et le silence. Il faut nommer les violences racistes pour ce qu’elles sont, combattre les groupes qui les organisent, mettre fin à l’impunité dont ils bénéficient et combattre le racisme d’État.

    Agir partout, s’organiser collectivement, renforcer les solidarités, rejoindre et renforcer les cadres antiracistes et antifascistes : c’est une urgence. L’unité et la détermination contre le racisme et le fascisme sont la seule réponse à la hauteur. Pour que la peur change de camp.

    Le NPA-l’Anticapitaliste appelle à participer aux deux mobilisations organisées le dimanche 25 janvier :

    Paris (75) : Marche « Justice et vérité pour El Hacen Diarra », 14h au Foyer des Muriers. Métro Père Lachaise.

    Lyon (69) : Rassemblement « Justice pour Ismael Aali », 15h devant le Palais de Justice des 24 colonnes.