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Communiqués du NPA... - Page 2

  • Nos propositions pour une agriculture paysanne...

    Changer le système agricole productiviste dopé à la pétrochimie, destructeur d’emplois et aggravant la crise écologique, est une nécessité.

    Nous avons besoin d’une agriculture paysanne à taille humaine, créatrice d’emplois et rémunératrice, produisant des aliments de qualité, soutenant le vivant. Cette alternative est un rempart contre les bio-agresseurs et contre le changement climatique. Pour cela, nous préconisons :

    1- D'offrir aux paysanNEs et aux travailleurEs de l’agro­alimentaire de meilleures conditions de travail et de revenus ;

    2- De développer des circuits courts de production, de transformation et de distribution, avec des ateliers de fabrication et des marchés locaux sous le contrôle des producteurEs, pour permettre la reconstitution d’un tissu économique de proximité détruit par les industries agroalimentaires et la grande distribution ;

    3- De reconstituer des ceintures vivrières autour des villes, pour combattre l’artificialisation des sols et permettre aux urbains de se reconnecter avec les rythmes naturels des productions ;

    4- De nourrir sainement les populations avec des produits bio et écologiques. Ni hectares de serres chauffées de légumes bio, ni productions ou élevages qui reposent sur le travail d’ouvrierEs agricoles malmenéEs, ni élevages hors-sol dont les aliments proviennent de l’autre bout du monde ;

    5- De réduire fortement la consommation de viande ;

    6- D’utiliser des produits locaux sains dans la restauration collective ;

    7- D’instituer un autre mode de gestion du foncier, coopératif, traitant la terre comme un bien commun associant droit d’usage et devoir de prendre soin ;

    8- De développer la formation professionnelle agricole initiale et continue, pour favoriser les reconversions et tenir éloignés les lobbys de la pétrochimie ;

    9- De développer la recherche où paysanNEs et chercheurEs travaillent ensemble.

    Commission nationale écologie

  • Identité nationale : Nouvelle offensive raciste au plus haut sommet de l’État...

    Le rapprochement entre la politique du gouvernement et celle de l’extrême droite ne cesse de s’accélérer. Le 27 janvier, François Bayrou évoque le « sentiment de submersion migratoire »… à Mayotte. Deux semaines plus tard, le 7 février, il annonce la reprise d’un débat sur « l’identité nationale ». 

    Rappelons que ce débat a été lancé une première fois en 2009 par Nicolas Sarkozy, à l’initiative de Patrick Buisson. L’ancien socialiste Éric Besson, alors ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, avait organisé un « grand débat » qui tournait principalement autour de l’immigration et des personnes musulmanes en France.

    Un débat pour légitimer la chasse aux étrangerEs

    Loin d’être effrayé par une instrumentalisation de l’opinion publique qui ne peut que nourrir le climat raciste et profiter à l’extrême droite, Olivier Faure, président du Parti socialiste, a estimé que « le débat sur l’identité nationale n’est pas tabou », suivi par Pierre Jouvet, député européen socialiste, affirmant que « c’est une bataille culturelle qu’on doit mener ». Ce ne sont malheureusement pas des sorties individuelles ou isolées : toute une partie de la gauche participe au climat islamophobe et à la normalisation du racisme, et ça ne date pas d’hier ! 

    En réalité, ce débat vise à mettre la question des « étrangers » au cœur du débat public et à légitimer toujours plus la chasse aux personnes immigrées, que ce soit via la circulaire Retailleau, qui fait suite en la durcissant encore à la loi Darmanin, ou via le projet de loi LR sur la restriction du droit du sol à Mayotte.

    Récemment, Bruno Retailleau reprenait la proposition RN de restreindre le droit du sol sur tout le territoire français, prononçant cette déclaration nauséabonde : « Là [à Mayotte], vous avez un exemple, sur un petit territoire, d’une société totalement déséquilibrée par les flux migratoires. Or, ce sont des musulmans, ils sont noirs… Voilà. C’est simplement qu’aucune société, quelle que soit la culture, ne peut ­supporter une proportion où il y a, comme disait le Premier ministre, une submersion. »

    Stigmatisation des personnes issues de l’immigration

    Au-delà de la seule question anti-immigration, il s’agit également de stigmatiser toutes les personnes racisées de ce pays, qu’elles aient des papiers ou non. Au cœur de la rhétorique raciste de l’extrême droite, il est question de s’en prendre aux personnes issues de l’immigration, principalement issues de l’Afrique subsaharienne ou de l’Afrique du Nord, qui selon eux, « profiteraient des aides au détriment des honnêtes travailleurSEs françaisEs » (c’est-à-dire blancs). De même, le débat sur l’identité nationale est l’occasion de s’attaquer aux personnes musulmanes de ce pays par une surenchère islamophobe. En témoigne déjà la multiplication des mesures vexatoires (perquisitions, mises en examen, fermetures d’établissements scolaires...) et le projet de loi LR au Sénat visant à interdire le port du voile dans toutes les compétitions sportives de ce pays, avant que Retailleau ne reprenne prochainement, à n’en pas douter, son projet d’interdire le voile à l’université et pour ­l’accompagnement des sorties scolaires.

    Construire des convergences antifa, féministes et antiracistes

    Pour contrer cette offensive raciste, la stratégie de l’électoralisme est une impasse. C’est dans la rue que nous riposterons, par le rapport de forces, sans rien céder politiquement, contre le racisme d’État qui fait la guerre aux sans-­papiers, aux exiléEs, aux mineurEs en lutte et à toutes les personnes racisées de ce pays ! 

    Cela donne des ailes aux agresseurs fascistes comme ceux qui le 16 février à Paris, ont blessé deux militants à l’arme blanche, ou ceux qui viennent intimider les mineurs de la Gaîté Lyrique. 

    Construire dans la plus large unité les mobilisations des 8 mars (grève féministe et antifasciste), 15 mars (contre les violences policières racistes) et 22 mars (contre le racisme), est une nécessité. Elles doivent être des moments de convergences antifascistes, féministes et antiracistes.

    Commission nationale antiracisme 

  • Trump et Poutine concluent leur marché sur le dos des peuples...

    Trump a annoncé vouloir prendre le contrôle de la bande de Gaza, afin de développer économiquement le territoire pour en faire une « Riviera » du Moyen-Orient. Pour cela, il suffirait selon lui, de déporter 2,4 millions de PalestinienNEs vers l’Égypte et la Jordanie. Immonde. 

    La même logique préside aux projets de Trump pour l’Ukraine. Pour « récupérer l’argent » versé à l’Ukraine depuis l’invasion russe, il exige l’obtention de contrats d’exploitation des ressources minières ukrainiennes, minerais et terres rares. « Au moins, comme ça, on ne se sent pas idiot », a-t-il déclaré sur Fox News.

    Mais voilà ! L’Ukraine résistante existe encore. La soumission de l’Ukraine est plus difficile à imposer en dépit de ses dépendances envers l’aide occidentale. Certes, le président ukrainien Zelensky cherche à faciliter l’accès des capitaux étrangers aux ressources humaines et matérielles du pays, mais il a annoncé, en marge de la conférence de  Münich, qu’il n’a pas autorisé ses ministres à signer un accord sur ce plan, parce qu’à son avis « il ne nous protège pas ». La mort de l’OTAN ?

    Jusqu’alors l’adhésion à l’OTAN garantissait la solidarité entre les pays membres de l’alliance militaire. C’était important, voire vital, pour les pays limitrophes de la Russie. L’article 5 du traité était censé signifier qu’une attaque contre un membre impliquait la protection de l’OTAN, et surtout des États-Unis, contre la Russie. À la veille de l’invasion russe de février 2022, Macron soulignait que l’OTAN était « en mort cérébrale », contredisant la thèse d’une « menace » de l’OTAN contre la Russie. Bien que Poutine ait fait semblant de croire en cette « menace », il misait, dès février 2022, en fait sur cette « mort cérébrale ». Et Biden l’avait dit à  Zelensky : les États-Unis n’enverraient pas de troupes pour défendre un pays non membre de l’OTAN.

    Quoi qu’il en soit, les choix de Trump imposent de mettre les pendules à l’heure : il s’agit, dit-il, d’une « guerre européenne », et que l’Ukraine appartienne ou pas au « monde russe », comme l’affirme Poutine, lui importe peu. D’une mort « cérébrale », on tend à une mort tout court de l’OTAN. Mais ce n’est évidemment pas la fin des politiques et industries d’armement. Mais Trump préfère « la paix » pour ses affaires. Avec ses émissaires, il cherche surtout à renouer de bons rapports avec la Russie pour gérer avec elle, sans l’Ukraine et sans les Européens, un partage de sphères d’influence.

    Construire les liens internationalistes

    Dès l'invasion de l'Ukraine par l’armée de Poutine en février 2022, s’est posée la question d’une solidarité à grande échelle avec le peuple ukrainien.

    Avec la gauche ukrainienne, il revient aux gauches européennes de construire leur propre agenda politique et social, des liens internationalistes par en bas face aux guerres et aux paix qui se font sur le dos des peuples.

    Le NPA-l’Anticapitaliste continue de soutenir le peuple ukrainien dans sa lutte pour son droit à l’autodétermination et à la souveraineté nationale, contre tous les autoritarismes et tous les impérialismes et appelle à manifester son soutien le 23-24 janvier aux côtés notamment du RESU (Réseau de solidarité avec l’Ukraine).

  • Attaque terroriste au couteau en plein Paris...

    Hier, dans le 10e arrondissement, un groupe de fascistes armés de bâtons, couteaux et machettes s’en sont à nouveau pris à des militantEs antifascistes et des militantEs kurdes à l’occasion de la projection du film « Z » de Costa-Gavras, organisée par Young Struggle dans les locaux de l’ACTIT.

    Une vingtaine de néo-nazis ont fait irruption dans les lieux pour attaquer les personnes présentes sur place avant de prendre la fuite en hurlant « Paris est nazi, Lyon aussi est nazi ! ». Un jeune militant de la CGT a été poignardé et transporté à l’hôpital. Fort heureusement, il est maintenant tiré d’affaire.

    Les nazis ont signé leur attaque avec des stickers du KOP of Boulogne et du GUD, des groupes historiquement proches du Rassemblement national et qui, comme Bruno Retailleau « partagent aussi le combat de Nemesis », à savoir la haine des immigrés.

    Cette attaque, qui n’a pas connu de retentissement médiatique et politique à la hauteur de ce qu’elle représente s’inscrit dans une escalade de la violence réactionnaire que nous ne tolérerons pas. Ce type d’assaut contre les militantEs révolutionnairEs ne sont pas des actes isolés : il reflète un climat où les forces fascistes, sécuritaires et réactionnaires se sentent de plus en plus en terrain conquis, encouragées par la droite dure et l’extrême droite qui attisent la haine contre celles et ceux qui luttent pour l’émancipation et la justice sociale.

    Alors que d’anciens cadres du RN sont actuellement jugés pour un projet d’attentat terroriste, les attaques violentes de groupes fascistes se multiplient contre les organisations militantes, contre les réfugiéEs, les personnes raciséEs, la communauté LGBTI et même contre des éluEs.

    Le NPA apporte son soutien au militant blessé, aux camarades de l’ACTIT et à Young Struggle. Nous appelons l’ensemble du camp progressiste, révolutionnaire, antifasciste et anticapitaliste à une riposte collective face à cette offensive réactionnaire. Nos rues ne seront pas livrées aux assassins fascistes ! Le combat que nous menons pour une société libérée de l’exploitation et de l’oppression ne s’arrêtera pas. Loin d’être effrayéEs, nous sommes plus déterminéEs que jamais à renforcer notre camp. C’est par l’organisation collective, la solidarité active et la confrontation directe que nous ferons reculer les menaces fascistes.

    Nous saluons la manifestation spontanée de soutien qui a eu lieu hier soir et appelons à participer à la manifestation qui aura lieu ce soir à 18 heures Gare de l’Est pour affirmer haut et fort : pas un seul pas en arrière face aux offensives de la réaction !

    Nous exigeons justice pour notre camarade et appelons à l’auto-organisation antifasciste partout où c’est nécessaire. No pasaran !

  • 6e Congrès du NPA-l’Anticapitaliste, c’est parti !

    Du 28 au 30 mars se tiendra le 6e congrès du NPA-l’Anticapitaliste, pour faire le point sur la situation mondiale et dresser des perspectives d’action pour le NPA. L’ensemble des militantEs sont invitéEs à se prononcer sur les textes de congrès et élire une nouvelle direction politique nationale.

    La période est marquée par le danger de l’arrivée au pouvoir de l'extrême droite. Un choix que la bourgeoisie ne s’interdit plus, comme on peut le voir aux États-Unis. Au nom du maintien des profits, les politiques écocides se poursuivent et les rivalités entre États s’exacerbent. Le protectionnisme économique est poussé très loin, avec une montée vers la guerre commerciale… et des crédits militaires. Face à cela, l’unité des forces politiques et syndicales représentant les travailleurEs est une nécessité. Seule une telle unité permettra une transformation révolutionnaire de la société défendant une perspective à rebours du capitalisme écocide : partage du temps de travail ; productions locales de biens utiles dans des conditions dignes ; propriété collective des moyens de production.

    La démocratie, c’est le vote des militantEs

    Lors de notre dernier congrès, nous avions acté la séparation avec le NPA-R. Loin de nous laisser atones, nous avons pu tester notre politique unitaire et révolutionnaire. Face au danger fasciste, nous avons fait le choix du front unique, dans la rue et dans les urnes, en participant au Nouveau Front populaire (NFP). Nous avons su frapper ensemble mais nous continuons à marcher séparément. Nous avançons sur le désarmement de la police, sur l’indexation des salaires sur les prix et en finir avec la 5e République pourrissante. Nous voulons en finir avec ce système qui exploite et opprime pour le seul intérêt du profit capitaliste.

    Dans le souci de relancer la discussion à tous les niveaux de notre organisation, outre nos traditionnelles universités d’été, nous avons mis en place deux Rencontres nationales des comités (RNC) ainsi que des cycles de formation pour les nouvelles et nouveaux camarades qui nous rejoignent, de manière que chacunE des militantEs du NPA puisse s’emparer de l’ensemble des débats qui traversent notre organisation.

    Une homogénéité politique qui permet les débats

    Preuve d’une homogénéité politique retrouvée, l’ensemble des militantEs discutent du même texte de congrès. Il reste, bien sûr, quelques fenêtres de désaccord (sur l’Ukraine, sur le sujet révolutionnaire, sur nos rapports avec LFI…), mais nous nous félicitons d’arriver à sérier les points en débats, tout en étant d’accord sur l’essentiel de l’orientation du NPA-l’Anticapitaliste. Cette nouvelle dynamique interne rompt avec nos congrès précédents, marqués par des divisions illisibles à une échelle large. Fort de cela, nous allons discuter de nos statuts définitifs (restés provisoires depuis notre fondation… en 2009), de la mise à jour de notre protocole contre les violences sexistes et sexuelles (VSS), de l’articulation entre oppression et exploitation, autour de la question du racisme si importante en ces temps de montée de l’extrême droite. Dans un climat favorable à la réflexion à voix haute, ce congrès va débattre, voter sur les orientations générales du parti et élire un nouveau Conseil politique national (CPN) qui mettra en musique régulière les grandes lignes votées par le congrès.

    Commission Congrès

  • Soutien inconditionnel aux mineurEs en lutte à la Gaîté Lyrique à Paris face au racisme d’État et aux fascistes...

    La manifestation du 24 janvier pour les 1 an de la loi Darmanin et contre la circulaire Retailleau, organisée par les collectifs sans-papiers a été perturbée par le groupuscule identitaire les Natifs. Ils ont été repoussés par les manifestantEs. Cette attaque constitue une provocation raciste inacceptable. Leur action s’inscrit dans l’accélération des attaques d’extrême droite contre les personnes exilées : les intimidations racistes de Reconquête et des médias d’extrême droite se font hebdomadaires, voire quotidiennes à la Gaîté Lyrique, le lieu que le collectif des Jeunes du parc de Belleville a décidé d’occuper pour exiger de l’État la reconnaissance des droits et de la dignité des mineurEs isoléEs.
     
    Depuis le 10 décembre 2024, la Gaîté Lyrique, lieu emblématique de la culture parisienne, est devenue le symbole d’une lutte fondamentale : celle des mineurEs isoléEs pour leurs droits et leur dignité. Organisée par le Collectif des jeunes du parc de Belleville, cette occupation rassemble aujourd’hui près de 400 jeunes.
    Ces jeunes, qualifiés arbitrairement de « majeurEs » à l’issue d’évaluations expéditives et souvent racistes, sont laissés dans un vide juridique et institutionnel. Après une décision de refus par l’Aide sociale à l’enfance (ASE), ils et elles doivent saisir unE juge pour enfants. Ce recours, qui peut prendre jusqu’à un an, les laisse sans hébergement, sans statut et sans protection, livréEs à la rue.
     
    L’occupation de la Gaîté Lyrique est donc à la fois un acte de survie et une revendication politique. Les mineurEs et leurs soutiens exigent un hébergement immédiat et digne, ainsi qu’une prise en charge effective par les institutions, comme l’impose pourtant la loi. Face à l’indifférence de l’État, ils et elles appellent également la mairie de Paris à réquisitionner les logements vides pour répondre à cette urgence.
     
    Ce type de d’événement comme celui du 24 janvier ne peut se banaliser, et il nous faut organiser la résistance antifasciste. Ces attaques sont rendues possibles par l’amplification institutionnelle des discours racistes, relayés par le Premier ministre de centre-droit, François Bayrou, qui parle honteusement de « submersion migratoire » adoubant ainsi les thèses suprémacistes blanches du Grand Remplacement de Renaud Camus, ayant inspiré les pires tueries racistes comme l’attentat islamophobe de Christchurch. Il s’agit bel et bien d’une submersion des idées racistes !
     
    Le NPA-l’Anticapitaliste appelle à l’organisation rapide d’un front antifasciste à la mesure de l’urgence de la situation et réitère son soutien inconditionnel aux mineurEs en lutte du Collectif des Jeunes de Belleville, et plus largement aux luttes des personnes sans-papiers en France, pour leur régularisation et un hébergement digne et durable pour toustEs !

  • EPR, le « nouveau nucléaire » de Macron au pied du mur...

    Le 21 décembre, EDF annonçait « un évènement historique pour toute la filière nucléaire » : le réacteur EPR de Flamanville « produit ses premiers électrons sur le réseau électrique national ». Mais dans les faits, il consomme plus qu’il ne produit. 

    En début d’essais, avec des phases d’arrêt et de redémarrage, rien d’anormal. Mais les anomalies de fonctionnement s’enchaînent. À ce stade du programme, l’EPR devrait pouvoir atteindre 25 % de sa puissance et non 3 % comme c’est le cas… quand il fonctionne 1. Car depuis le 24 janvier, il est à nouveau à l’arrêt au moins jusqu’au 2 février. Et même à l’arrêt, il pompe en continu autant d’électricité que 70 000 radiateurs de 1 000 W. Subissant le forcing de Macron pour le « nouveau nucléaire », EDF a mis en place le système ONE Fla3 pour « faciliter la transition vers l’exploitation »

    Le personnel du site frôle le burn-out, pris en étau entre les injonctions de la hiérarchie et les difficultés techniques. Des vibrations dues à une mauvaise conception de la cuve (l’énorme cocotte-minute qui contient le cœur du réacteur) perturbent le fonctionnement. L’acier de la cuve étant par ailleurs défectueux, les ingénieurs doutent que l’EPR puisse fonctionner un jour à pleine puissance2. Pour rompre la loi du silence, la CRIIRAD, organisme indépendant, a demandé des éclaircissements à l’Autorité de sûreté (ASNR)3.

    Fiasco industriel et banqueroute économique

    La Cour des comptes4 affirme que l’EPR sera déficitaire, avec un coût revu à la hausse : 23,7 milliards d’euros (7 fois le coût initial et 12 ans de retard). Quant aux trois paires de réacteurs EPR2 (à Penly, Gravelines et au Bugey), leur coût pourrait « dépasser les 100 milliards d’euros », soit 250 milliards au total pour les 14 EPR2 rêvés par Macron. Pour éviter la faillite d’EDF, sa branche nucléaire a été étatisée en juin 2023 ; ces projets fous ne peuvent qu’aggraver la politique d’austérité du gouvernement Bayrou.

    Encore au stade de projet, la mise en service de la première paire d’EPR2 a été repoussée à 2044. Sans budget de l’État, EDF a différé les travaux préparatoires sur les trois sites. Dans le contexte de désindustrialisation du pays, la direction EDF est la première à douter de la viabilité des objectifs macronistes.

    Écosocialisme ou barbarie

    Imposer à marche forcée une énergie dangereuse, qui plus est fiasco industriel, ne s’explique que par une politique entièrement au service du conglomérat nucléaro-industriel. Les groupes capitalistes de la filière se gavent de fonds publics au mépris des besoins réels de la population, en faisant fi de tout débat démocratique.

    Pétrolière à la Trump ou nucléaire à la Macron, leur politique énergétique correspond au modèle de société qu’ils défendent, prédatrice et inégalitaire. L’obsession de croissance sans fin du capitalisme nous conduit à une catastrophe sociale et écologique sans précédent. Le dogme extractiviste lié aux énergies fossiles ou fissiles doit céder la place au principe de sobriété-efficacité et aux énergies renouvelables. Se donner les moyens de lutte pour cette alternative écosocialiste sera au cœur des prochaines mobilisations, notamment Les Résistantes 2025, début août en Normandie.

    Commission nationale écologie

    • 1. Source RTE.
    • 2. L’Anticapitaliste n° 711, Blast-Info 15 janvier 2025.
    • 3. CRIIRAD 22 janvier 2025.
    • 4. Rapport du 14 janvier 2025.
  • Hnalaïne Uregei, ton combat continue!

    C'est de nouveau un militant indépendantiste Kanak éminent qui est parti, le samedi 25 janvier 2025. Un peu plus de deux ans après son frère, Louis Kotra Uregei, dont nous saluons la mémoire, Hnalaïne Uregei nous a quittés à près de 70 ans. Nous exprimons notre amitié et nos condoléances à sa famille et à ses camarades de combat.

    Très jeune, Hnalaïne Uregei avait participé aux Foulards Rouges qui réanimaient sur l'archipel le combat indépendantiste lors de la grande vague mondiale de 1968. Avec son frère il a mené la création de l'Union Syndicale des Travailleurs Kanak et des Exploités (USTKE) en 1981.  En 1984, il devenait le premier représentant du FLNKS à Paris, où, avec Jean Marie Tjibaou, il rencontrait la LCR -  souvent les combats de Hnalaïne Uregei et les nôtres se sont mêlés. L’USTKE (Union Syndicale des travailleurs Kanak et des Exploités), fondée en 1981, a toujours été le fer de lance du combat indépendantiste, menant des mobilisations offensives, et a souvent été en butte à la répression coloniale.

    Militant intransigeant face aux compromissions, rivé sur l'objectif de l'indépendance, il était un internationaliste convaincu et aussi un ami, entre autres, de notre camarade Alain Krivine.

    CherEs camarades et amiEs recevez toutes nos pensées solidaires dans ces jours de deuil.

  • Un vrai statut pour les AESH !

    Le 16 janvier, les assistantes d’élèves en situation de handicap (AESH) ont appelé à la mobilisation, notamment par la grève. Un rassemblement s’est tenu près de l’Assemblée nationale pour rappeler le rôle indispensable des invisibiliséEs des écoles et établissements scolaires et pour une réelle politique d’inclusion. 

    Le lieu du rassemblement était lié à l’examen d’une proposition de loi des parlementaires visant à créer un corps de fonctionnaires pour les AESH.

    L’Éducation nationale manque d’AESH et nombre d’enfants handicapéEs ne sont pas accompagnéEs humainement et pour certainEs excluEs de l’Éducation nationale et privéEs du droit à la scolarité faute de moyens. En cause, les conditions de travail et la rémunération des AESH entraînent un manque ­d’attractivité. Pire, elles font fuir.

    Conditions de travail dégradées

    Face au manque d’AESH, les conditions de travail de ces personnelLEs ont été encore plus dégradées avec les mesures de mutualisation de moyens humains sur un secteur géographique donné : les PIAL (pôles inclusifs d’accompagnement localisés) puis bientôt les PAS (pôle d’appui à la scolarité) qui réorganisent le travail des AESH. Ces mesures de mutualisation des moyens augmentent le nombre d’élèves suiviEs par unE même AESH et le nombre d’établissements et/ou d’écoles d’affectation pour l’AESH.

    Les AESH sont toustes des personnels contractuelLEs qui réclament pour sortir de leur situation précaire la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B. La reconnaissance de leur métier appelle également un droit à la formation initiale et continue, comme l’ensemble des personnelLEs d’enseignement et d’éducation. Elles exigent aussi la suppression des PIAL, des PAS et plus largement la politique de mutualisation des moyens. La fin de ces mesures délétères serait permise grâce à la création de postes d’AESH en nombre, et pour que les postes soient pourvus, par une revalorisation salariale significative. Comme pour les personnelLEs enseignantEs il faut un vivier de remplaçantEs qui n’existe toujours pas, même pour les congés maternité, alors que les AESH sont une profession très féminisée. Le droit à la mobilité n’existe pas non plus pour les AESH.

    Encore de nombreux droits à arracher

    En 2021, les AESH obtiennent l’instauration d’une grille ­salariale indiciaire. En 2023, iels peuvent recevoir l’indemnité REP/REP+ dans le cadre d’un exercice en éducation prioritaire et peuvent théoriquement obtenir un CDI après trois années de CDD. Les droits à arracher restent nombreux (jours de fractionnement, indemnisation des déplacements, temps d’activités connexes…). Dans le même temps, les gouvernements successifs poursuivent la dégradation de leurs conditions de travail. Des missions supplémentaires d’accompagnement sur le temps périscolaire sont imposées parce que leur ministère de tutelle ne reconnaît pas les 24 h d’accompagnement d’élève comme un temps complet (ce qui est revendiqué).

    Une très large intersyndicale a appelé à la mobilisation pour les AESH. Une intersyndicale beaucoup plus réduite a appelé à faire du 16 janvier une date de mobilisation pour les droits des assistantEs d’éducation (AED) qui sont aussi des personnelLEs précaires et aux revendications assez proches de celles des AESH (création d’un corps de fonctionnaires). Tous ces enjeux méritent d’être débattus très largement dans la société mais aussi et surtout de manière interne dans les écoles, établissements et espaces internes aux organisations syndicales, là où s’auto-organise la lutte.

    Commission éducation nationale

  • Agri et voltaïsme : deux mots qui ne vont pas ensemble !

    La Confédération paysanne est à l’origine d’une tribune intitulée « Photovoltaïque sur des terres naturelles, agricoles ou forestières : nous ne tomberons pas dans le panneau ! » signée par plus de 350 structures en septembre 2023. 

    Parmi lesquelles des syndicats, des associations locales et régionales (LPO Occitanie et FNE Occitanie), et quelques députés (LFI et EÉLV). La même opposition est exprimée par des scientifiques et des politiques : des organisations engagées contre le changement climatique qui s’opposent à des centrales photovoltaïques, il y a de quoi surprendre.

    Les terres consacrées à l’énergie

    Partout en France, on voit « fleurir » quantité de projets d’installation de parcs solaires au sol, dans des zones agricoles ou milieux naturels ou forestiers. Pour faire passer la pilule, on a même inventé un nouveau mot : l’« agrivoltaïsme ». Les terres ne seraient plus uniquement utilisées pour la ressource alimentaire mais pour fabriquer de l’énergie, avec le soutien enthousiaste des agriculteurs qui verraient là de quoi résoudre tous leurs problèmes économiques. 

    En 2022, près de 200 installations photovoltaïques sur terrains agricoles existaient déjà en France, près de 1 000 projets seraient en gestation. L’inflation de ces projets est encouragée par le vote de la loi d’accélération des énergies renouvelables (AER) du 10 mars 2023. 

    Cette loi et ses décrets sont des modèles d’hypocrisie. Prétendant protéger l’activité agricole, elle entérine le fait d’utiliser les terres agricoles pour un autre usage que la production alimentaire. Si les ouvrages solaires au sol sont interdits sur les terres cultivables, ils seront uniquement permis sur des terres « réputées incultes », donc des milieux naturels riches en biodiversité ou « non exploitées depuis un certain temps », sans plus de précision ! 

    Ne pas couper les arbres !

    Dans les zones forestières, les installations solaires sont interdites « dès lors qu’elles nécessitent d’abattre des arbres », mais si on a fait une coupe rase pour exploiter le bois, on pourra mettre les panneaux puisqu’il n’y aura plus nécessité de couper les arbres, ce sera déjà fait ! Ils prévoient aussi que les installations de parcs solaires au sol jusqu’à 6 ha pourront, comme les projets justifiés par le besoin de faire de l’ombre baptisés « ombrières », s’affranchir des obligations d’enquête publique ou d’étude ­environnementale. 

    Diminuer notre consommation

    Le photovoltaïque doit être installé uniquement sur les toits et les zones artificialisées. Toute installation au sol dans les zones agricoles, forestières et naturelles doit être interdite. Si ce choix n’a pas été fait, c’est uniquement pour le profit immédiat des entreprises de l’énergie. 

    Climat et biodiversité sont indissociables. Et surtout l’urgence absolue est de diminuer notre consommation énergétique. Si on ne raisonne pas en termes de sobriété, le photovoltaïque, comme les autres énergies renouvelables, continuera à s’ajouter aux énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon, nucléaire), comme c’est le cas aujourd’hui, sans jamais les remplacer.

    Commission nationale écologie