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Communiqués du NPA... - Page 5

  • Ruée sur les mines en Guyane...

    Dans la séance de questions au gouvernement du 20 janvier, le député de Guyane Jean-Victor Castor (membre du Mouvement de Décolonisation et d’Émancipation Sociale) a alerté sur des demandes d’exploration minière dans le Nord-Ouest de la Guyane. Elles sont symptomatiques de politiques coloniales d’accaparement de ressources et d’extractivisme au nom de la « transition énergétique ».

    Trois demandes de Permis Exclusif de Recherche (PER) de mines ont été déposées fin 2025 par la société EURO STRATMET sur une surface de 253 km² en Guyane. Un PER autorise une entreprise à faire des recherches de gisements et lui donne l’exclusivité des explorations. S’il n’autorise pas directement d’exploiter les ressources, c’est la première étape puisqu’il existe ensuite une procédure dérogatoire en Guyane permettant d’ouvrir une mine de moins de 25 hectares sans demander de titre minier.

    Une politique coloniale

    L’entreprise qui demande ces PER, créée fin 2024 dans la Drôme, n’a pas de salariéE, comme d’autres entreprises du même patron. La situation a tout l’air d’un montage financier dans le but de verrouiller l’exploration minière dans une grande région de la Guyane et de spéculer dessus. Elle s’engouffre dans la brèche ouverte par Macron et sa « stratégie de souveraineté » sur l’exploitation de métaux, en particulier pour l’industrie de l’armement, qui passe notamment par un inventaire des ressources minières en Guyane lancé début 2025.

    Jean-Victor Castor dénonce un « droit minier à deux vitesses » où les entreprises locales font face à des procédures longues et à des refus systématiques, quand les demandes des entreprises extérieures sont traitées en quelques mois. Si l’exploitation minière doit être fortement contrainte, il est inadmissible que les ressources soient accaparées par des entreprises occidentales, sans transparence et sans contrôle par les habitantEs des régions concernées qui paient le prix des conséquences désastreuses sur l’environnement. Il s’agit d’un pillage organisé.

    La « transition énergétique » à la rescousse du capitalisme

    Ces explorations concernent du tantale, du niobium, du lithium et des terres rares. Ces métaux jouent un rôle essentiel en microélectronique, dans l’armement, et dans la production et le stockage d’électricité. Leur exploitation est généralement justifiée par le besoin de sortir des énergies fossiles sans prendre en compte les dégâts de l’extractivisme. Comme l’écrit la journaliste et philosophe Célia Izoard, « tout indique qu’on est en train d’enfouir la crise climatique et écologique au fond des mines, dans un impensé qui permet de gagner du temps ».

    Face à la destruction du vivant, la soi-disant « transition énergétique » est une fausse réponse dont le but est de maintenir la production globale en remplaçant les énergies fossiles par des métaux. L’enjeu n’est pas technique mais politique : il faut réduire drastiquement la consommation d’énergie et de ressources dans les pays du Nord global par la décroissance écosocialiste de la production.

    Commission nationale écologie

  • Multiplication des agressions racistes en bande organisée...

    À Décines-Charpieu, un lycéen de 17 ans a été violemment agressé lundi 19 janvier par plusieurs individus cagoulés alors qu’il se rendait en cours : frappé, insulté, rasé, le visage lacéré. Le fait qu’ils aient agi en groupe, masqués, avec des pratiques d’humiliation et d’intimidation, ne doit rien au hasard. Comme à Nice, en décembre dernier, où une quinzaine d’hommes cagoulés ont attaqué des jeunes en proférant des insultes racistes dans le Vieux-Nice, ces violences portent la marque de groupes organisés.

    Elles s’inscrivent dans un continuum qui va jusqu’au meurtre raciste commis récemment près de Lyon, où le corps d’un jeune homme de 20 ans a été retrouvé dans un étang, et pour lequel une information judiciaire a été ouverte du chef de meurtre en raison de la race, de l’ethnie, de la nation ou de la religion.

    Ce continuum raciste est rendu possible par un contexte politique, médiatique et institutionnel où le racisme se déploie en toute impunité. La stigmatisation permanente des personnes racisées, des musulmanEs et des migrantEs, les politiques sécuritaires et islamophobes de l’État, l’impunité policière et judiciaire, favorisent ces passages à l’acte. La mort d’El Hacen Diarra au commissariat du 20ᵉ arrondissement de Paris rappelle que le racisme tue d’abord par la violence d’État.

    Dans le même temps, le gouvernement choisit de dissoudre des organisations antifascistes, comme la Jeune Garde, dont le rôle est précisément de lutter contre les groupes d’extrême droite violents et d’empêcher les agressions racistes, plutôt que de s’attaquer au racisme institutionnel. Pire encore, il en est un acteur central, tandis que les médias dominants et les responsables politiques déroulent le tapis rouge aux thèmes du Rassemblement national.

    Face à cette situation, une riposte collective et unitaire est indispensable. La mobilisation antifasciste et antiraciste massive à Nice le 17 janvier montre que c’est possible qu’une riposte collective existe et qu’une partie de la société refuse de laisser l’extrême droite et le racisme s’installer dans l’espace public. Nous refusons la banalisation et le silence. Il faut nommer les violences racistes pour ce qu’elles sont, combattre les groupes qui les organisent, mettre fin à l’impunité dont ils bénéficient et combattre le racisme d’État.

    Agir partout, s’organiser collectivement, renforcer les solidarités, rejoindre et renforcer les cadres antiracistes et antifascistes : c’est une urgence. L’unité et la détermination contre le racisme et le fascisme sont la seule réponse à la hauteur. Pour que la peur change de camp.

    Le NPA-l’Anticapitaliste appelle à participer aux deux mobilisations organisées le dimanche 25 janvier :

    Paris (75) : Marche « Justice et vérité pour El Hacen Diarra », 14h au Foyer des Muriers. Métro Père Lachaise.

    Lyon (69) : Rassemblement « Justice pour Ismael Aali », 15h devant le Palais de Justice des 24 colonnes.

  • Colères agricoles : Répression pour les uns, immunité pour les autres...

    La mobilisation agricole de janvier 2026 révèle l’autoritarisme de l’État et sa collusion avec l’agrobusiness. Derrière le spectacle des tracteurs dans Paris se cache une réalité brutale : répression des syndicats paysans, impunité pour les violences d’extrême droite, récupération politique au service du lobby agro-industriel.

    Au cœur de la colère paysanne, l’accord de libre-échange UE-Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) permettra l’importation massive de produits agricoles issus de la déforestation, de l’usage de pesticides interdits en Europe, de l’exploitation des travailleurEs. Cet accord menace directement les revenus des agriculteurEs européens. L’agriculture industrielle, les fermes-usines et la course au rendement menacent aussi les petits paysans sud-­américains. Le Mercosur incarne un modèle productiviste et le primat du libre-échange néolibéral sur la souveraineté alimentaire.

    La Confédération paysanne dans le viseur de la répression

    Face à cette offensive, la Confédération paysanne, syndicat progressiste, se mobilise depuis des mois. Seule réponse : la matraque et les arrestations. Le 9 janvier, deux porte-­parole nationaux, Thomas Gibert et Stéphane Galais, sont violemment interpellés place de l’Étoile alors qu’ils manifestaient pacifiquement. Le 14 janvier, 150 manifestantEs occupent une annexe du ministère avec un message clair : « L’agriculture, on veut en vivre, pas en mourir ». Résultat : 52 gardes à vue, suivies d’un classement sans suite confirmant l’absence de violence. Ces intimidations visent celles et ceux qui dérangent le pouvoir en exigeant un changement de modèle agricole.

    Pendant ce temps, la Coordination rurale (proche de l’extrême droite) multiplie les violences en toute impunité, voire avec l’accord de la police : tête de sanglier devant la Ligue de protection des oiseaux, local vandalisé d’un député écologiste, etc. Le gouvernement tolère la violence réactionnaire, mais criminalise la contestation paysanne.

    La FNSEA, syndicat d’État

    La FNSEA bénéficie d’un traitement de faveur. Le 13 janvier, 352 tracteurs défilent librement dans Paris, déversent 30 tonnes de pommes de terre devant l’Assemblée. Arnaud Rousseau, président de la FNSEA et du groupe agro-­industriel Avril, est reçu à Matignon. Réponse immédiate aux demandes de la FNSEA, qui a soutenu le gouvernement tout au long du dernier mois : « loi d’urgence », accélération de la loi Duplomb (fermes-usines et mégabassines), hausse de 10 % des quotas d’abattage de loups. Thomas Gibert dénonce un « système de cogestion entre la FNSEA et le gouvernement ».

    Le 13 janvier, Lecornu a annoncé un moratoire sur la politique de l’eau jusqu’en mars. Concrètement, gel du Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) de la Vilaine qui prévoyait l’interdiction des herbicides sur les zones de captage d’eau potable. Trois ans de travail démocratique suspendus sous la pression de la FNSEA, qui a perturbé les réunions et menacé les élus. La voix de plus de 3 500 manifestantEs à Rennes n’a pas été entendue. Ce moratoire ouvre la voie à l’assouplissement des normes nitrates, au déblocage des mégabassines et à la pollution des nappes. Le gouvernement délivre à la FNSEA le droit de piétiner le débat ­démocratique et la santé publique.

    Entre profits de l’agrobusiness et agriculture paysanne, le gouvernement a choisi. La politique délibérée du « deux poids, deux mesures » défend le capitalisme agricole contre l’alternative émancipatrice. Face à cette collusion, la Confédération paysanne appelle la population à amplifier la mobilisation. Associations écologistes, syndicats, partis politiques doivent rejoindre ce combat pour notre avenir. La solution viendra de notre capacité à faire converger nos luttes, pas de l’État bourgeois !

    Commission nationale écologie

  • Violette and Co : la culture contre le génocide !

    Un pas de plus a été franchi ce mercredi 14 janvier dans la répression du mouvement de solidarité avec la Palestine. La librairie Violette and Co, librairie féministe, lesbienne et LGBTQIA+, dans le 12e arrondissement parisien, a été perquisitionnée dès son ouverture sur ordre du parquet de Paris. 

    Le délit supposé ? Avoir en stock des livres interdits. Les livres incriminés ? Des albums de coloriage pour enfants, édités par une maison d’édition sud-africaine, Social Bandit Media, intitulés De la mer au Jourdain. Cet album avait déjà été la cible de militants sionistes qui avaient, en novembre, dégradé la vitrine de la librairie.

    On se souvient du tollé des médias bourgeois lorsque des militantEs ont dénoncé, avec des fumigènes et des tracts, la venue de l’Orchestre national d’Israël à la Philharmonie de Paris. Et le silence des préfectures reste assourdissant face aux concerts du soldat-chanteur Amir, qui glorifie l’action de l’armée israélienne dans sa tournée hexagonale.

    Les attaques se multiplient, dans un contexte où la proposition de loi Yadan entend punir d’emprisonnement et de plus de 7 000 euros d’amende le soutien aux mots d’ordre trop critiques de l’État colonial d'Israël et de sa politique génocidaire. Pendant ce temps, la France refuse les visas des artistes PalestinienNEs pour des représentations de la la pièce Les Monologues de Gaza.

    La culture est doublement attaquée : par les coupes franches dans son financement, mais également par des formes de censure politique. Ces attaques ciblent tout particulièrement les lieux culturels queers – ici, la seule librairie féministe et lesbienne de Paris. Cette perquisition fait écho au harcèlement et à la répression policière dont les lieux queers ont été victimes dans l’histoire récente.

    Le monde de la culture doit se mobiliser. Le génocide et la tentative d’effacement de la Palestine par Israël passe aussi par un culturicide – destruction du matériel d’enseignement, des théâtres, des bibliothèques, des centres culturels – qui est à l’œuvre depuis des dizaines d’années.

    Les travailleuses et travailleurs de la culture doivent se tourner vers la Palestine et construire une solidarité concrète. Nous devons nous organiser pour lutter contre la répression par le gouvernement des PalestinienNEs et de leurs soutiens. Face aux tentatives d’effacement, il est nécessaire de soutenir et de donner de la visibilité à la culture palestinienne.

    Palestine vivra, Palestine vaincra !

  • Contre l’impérialisme et le militarisme !

    Face à la montée des affrontements inter-impérialistes, à la fascisation des régimes et à la militarisation accélérée des sociétés, le Conseil politique national du NPA a décidé de lancer une campagne anti-impérialiste et antimilitariste, en articulation avec les combats antifascistes, antiracistes et écologistes.

    L’affrontement économique et géostratégique entre les États-Unis et la Chine s’accompagne d’une concurrence de plus en plus ouverte pour l’accès aux ressources naturelles. Cette dynamique s’inscrit dans une crise prolongée du capitalisme mondial. La crise ouverte en 2008 n’a jamais été résolue. Face à la suraccumulation oligarchique du capital et à l’épuisement des leviers classiques, les États privilégient désormais le sécuritaire, ­l’identitaire et la coercition militaire.

    Fascisation et militarisation du monde

    Un processus de fascisation se développe au cœur des principales puissances impérialistes, particulièrement aux États-Unis. Le début d’année a été marqué par les frappes américaines sur le Nigeria et sur le Venezuela, deux pays centraux pour la production pétrolière sur leurs continents. Ces interventions ont été suivies de menaces sur le Groenland, riche en ressources, puis sur l’Iran. Elles confirment la volonté étatsunienne d’étendre sans limite son pré carré.

    Les interventions impérialistes de l’après-Seconde Guerre mondiale se réclamaient d’une prétendue défense de la démocratie ou des droits humains. Ce vernis a disparu. Les politiques impérialistes d’accaparement actuelles s’appuient ouvertement sur la force militaire. De l’Ukraine à Gaza, des ambitions impériales russes et chinoises aux menaces étatsuniennes sur l’Amérique latine, le Groenland ou l’Iran, la période est marquée par la multiplication des conflits armés. En Europe, cette dynamique se traduit par un discours militariste renforcé. Elle s’accompagne de la militarisation des frontières et du transfert de leur contrôle à des régimes autoritaires.

    Construire la riposte

    Face à cette situation, il est nécessaire de construire une riposte anti-impérialiste et antifasciste. Elle doit articuler la lutte contre le racisme, le colonialisme et le militarisme. Nous fixons comme priorité, dans les mois qui viennent, la mise en œuvre d’une campagne antimilitariste. Cette campagne vise d’abord à exprimer notre solidarité avec les peuples subissant les agressions impérialistes, la répression de leurs propres régimes ou les conséquences des guerres : en Palestine, en Ukraine, au Venezuela, au Soudan, en Iran et ailleurs. 

    Nous apportons un soutien inconditionnel, même lorsqu’il est critique, aux organisations qui défendent les intérêts des classes populaires. Nous soutenons les formes de résistance qu’elles choisissent, y compris la lutte armée. Nous devons agir en cohérence avec leurs besoins et leurs revendications. Nous combattons les logiques campistes. Nous défendons l’auto­détermination des peuples. Nous soutenons leur volonté propre et leur capacité à défendre leurs intérêts dans les luttes qu’ils mènent, à la fois contre leurs dirigeants et contre les puissances impérialistes.

    Combattre notre impérialisme

    Cette campagne doit combattre notre propre impérialisme, français et européen. Elle doit s’opposer aux idéologies souverainistes, patriotiques et réactionnaires. Celles-ci sont portées par l’extrême droite, mais reprises bien au-delà, y compris à gauche. Elle intègre la solidarité internationale, la lutte contre les politiques migratoires racistes et la dénonciation de l’oppression coloniale. Elle doit contester les choix de la classe dominante qui présente l’industrie de guerre et l’intelligence artificielle comme des réponses à la crise.

    Ces choix ne mènent qu’à une fuite en avant : explosion du commerce des armes, répression accrue des populations, aggravation de la crise écologique. Il est nécessaire de renforcer les campagnes contre la vente d’armes aux puissances agresseuses, aux dictatures et aux régimes autoritaires, et de défendre le contrôle populaire de la production et de la circulation des armes et des technologies militaires.

    Notre orientation combine les explications autour de l’alternative « socialisme ou barbarie » et la construction d’un front unitaire, le plus large possible, autour du refus de la marche à la guerre et de la course à ­l’armement.

    Dans cette perspective, nous participerons à la mise en place des prochaines flottilles pour Gaza. Nous construirons également la mobilisation contre le sommet du G7 à Genève en juin. L’objectif est de lier antimilitarisme, anti-impérialisme, antiracisme, anticapitalisme et combat écologiste.

    La rédaction, sur la base des orientations adoptées par le Conseil politique national du NPA

  • 49-3 pour le budget Faure-Lecornu : notre camp doit riposter...

    Tout ça pour ça ! Trois mois après avoir juré la main sur le cœur d’y renoncer, le premier ministre recourt au 49-3 pour faire passer son budget. Trois mois après que le PS a fait de l’absence de 49-3 la condition pour ne pas censurer le gouvernement, il s’en félicite et va le sauver une fois de plus.

    Cet énième scandale démocratique confirme que le régime et la 5e République sont en crise. Il n’y a pas de majorité pour voter ce budget d’austérité. Les manœuvres institutionnelles sont des impasses pour notre camp social. Une seule réponse s’impose : reprenons la rue !

    La politique menée par le PS ces derniers mois divise profondément la gauche et notre camp social. Elle renforce la fascisation et pave la voie à l’extrême droite. Car ce budget est le fruit d’un accord entre le gouvernement et le PS. Il a progressivement abandonné toutes ses lignes rouges, démocratiques et sociales. Elles étaient pourtant déjà très en-deçà du programme d’urgence du Nouveau Front populaire sur la base duquel ses députéEs ont été éluEs… Même la petite taxe Zucman est passée à la trappe !

    En l’absence de rapports de force par la mobilisation, personne ne devrait être surpris que la gauche d’accompagnement soutienne les régressions sociales. Nous payons donc aussi collectivement le prix de l’attentisme des forces politiques et sociales opposées aux politiques libérales. Il est urgent qu’elles se rassemblent pour proposer une riposte !

    Le NPA-l’Anticapitaliste propose à l’ensemble des forces politiques, syndicales et associatives qui refusent ce coup de force antidémocratique, l’austérité, les politiques écocidaires et le racisme de se réunir très rapidement pour organiser ensemble une contre-offensive unitaire et populaire par la lutte.

  • Le Rojava attaqué : une guerre existentielle...

    Depuis plusieurs jours, le Rojava, région du nord-est de la Syrie où les Kurdes développent une expérience d’autonomie et d’alternatives démocratiques, fait face à une nouvelle offensive menée par le régime de Damas et des forces qui lui sont liées. Cette agression intervient alors même que des discussions étaient en cours et que des promesses de protection avaient été avancées. Dans les faits, l’armée syrienne a franchi l’Euphrate, des affrontements se multiplient et la situation se dégrade rapidement.

    Face à cette menace, l’ensemble des responsables politiques, militaires et sociaux du Rojava ont pris les armes. Les directions du PYD comme le commandement des Forces démocratiques syriennes ont rejeté les accords imposés par Damas, considérés comme une capitulation. Pour le peuple kurde, il s’agit clairement d’une guerre de survie, dans un contexte de menace existentielle.

    Cette offensive vise une expérience politique fondée sur l’autonomie, la démocratie locale, l’émancipation des femmes et la coexistence des peuples. Elle s’inscrit dans une logique plus large de répression des aspirations populaires et démocratiques dans la région.

    Face à cette situation critique, la solidarité internationale est plus que jamais nécessaire. Défendre le Rojava, c’est défendre une révolution attaquée, mais aussi le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

  • Majorité numérique à 15 ans : protection des enfants ou risque sécuritaire ?

    Présentée comme une mesure de protection des enfants, l’instauration d’une « majorité numérique » à 15 ans s’inscrit en réalité dans une dynamique sécuritaire plus large. Derrière l’interdiction des réseaux sociaux et les projets de couvre-feu numérique se dessinent des dispositifs de surveillance, de censure et de contrôle des usages, sans remise en cause du capitalisme numérique ni des logiques qui exposent réellement les jeunes aux violences en ligne.

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  • Une marche à la guerre...

    La situation est marquée par une montée à la guerre des grandes puissances impérialistes comme solution aux crises mondiales. Face à cela, notre camp social doit se ressaisir et s’unir pour lutter tous ensemble jusqu’à la victoire !

    L’arrestation du président Venezuelien et de sa femme par l’armée américaine le 4 janvier dessine le nouvel ordre mondial, Ceci ne peut peut se comprendre que dans le cadre de la crise mondiale et de réorganisation des rapports de forces entre les grandes puissances qui est en cours. Dans ce cadre, la perte de vitesse économique des États-Unis et de l’Europe contraste avec la présence renforcée de la Chine dans de nombreux pays, et notamment dans la zone d’influence historique des États-Unis qu’est l’Amérique latine. L’offensive de Trump au Vénézuela, en Argentine, mais aussi au Moyen-Orient est une réaction de très haute intensité à ces modifications.

    Make America great again… par la force

    Face à leur propre crise dans le cadre des rapports de forces mondiaux, le sens de Trump est d’utiliser l’armée la plus puissante du monde pour retrouver leur grandeur perdue, Trump se lance dans une série de guerres, à l’image de celle des « 12 jours » en Iran et soutient Israël dans sa folie génocidaire en Palestine pour mettre au pas le Moyen-Orient. C’est précisément ce qu’il vient de se passer au Venezuela : prendre par la force ce qu'ils ont perdu sur le terrain économique pour regagner l’Amérique du Sud. Ce faisant, Trump piétine les accords internationaux et il est même prêt à enfoncer l’Union Européenne pour se maintenir à flots et préparer les prochains affrontements pour les métaux rares, comme au Groenland.

    Les appels des chefs d'état-major en France ou en Angleterre pour augmenter le nombre de militaires en service sont bien en deçà de ce que ces impérialismes périphériques ont besoin pour être concurrentiels. Le plan de financement militaire pluriannuel en Allemagne semble trop personnel. Il est aujourd’hui possible que l’Union européenne explose devant son incapacité à agir collectivement.

    Pour notre camp social, la lutte contre l’impérialisme, à commencer par le nôtre, est une impérieuse nécessité aujourd’hui. Nous refusons la marche à la guerre, nous sommes aux côtés des peuples qui luttent !

    Les impérialismes occidentaux concurrencés par la puissance de Chine

    Alors que les économies occidentales s’enfonçaient dans la crise, notamment après la crise financière de 2008, la Chine, qui a conservé des taux de croissance élevés, a pu continuer à investir. Notamment avec la mise en place de partenariats de développement avec différents États, les « nouvelles routes de la soie » en 2013. La Chine a prêté 60 milliards de dollars au Venezuela entre 2007 et 2015 en se remboursant avec le pétrole (80 % des exportations). Les entreprises chinoises s’implantent également au Mexique.

    Cela concerne également les pays africains, qui sont exonérés des droits de douane chinois. Résultat gagnant pour la Chine1 : « en 2024, la Chine a importé 116 milliards de dollars de produits africains, contre 178 milliards d'exportations ». Elle assure également leurs sécurités militaires, par exemple 70 % des pays sont équipés de blindés chinois et ceci vaut également pour des entraînements militaires conjoints ou la vente d’armes chinoises2. Ce qui explique que le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad, le Sénégal ou la Côte d’Ivoire se retirent de la Françafrique… Cerise sur le gâteau, le 2 janvier 2026, le groupe chinois BYD devenait le premier vendeur de voitures électriques au monde, passant devant l’américain Tesla.

    Où va le mouvement ouvrier en France ?

    Le coeur de la politique de Macron repose sur l’augmentation de l’exploitation et la coupe dans les budgets sociaux pour financer le patronat et l’armée, sur fond de lois racistes et islamophobe pour nous diviser. Quant à la jeunesse, Macron veut la mettre au pas cadencé dès l’école. Mais cela n’est toujours pas suffisant et une partie du patronat se tourne maintenant vers l’extrême droite. Il y a péril en la demeure !

    Pour inverser la vapeur, nous avons besoin de mobilisations de masse, à l’image des mobilisations de novembre-décembre 1995 auxquelles nous consacrons notre dossier. Dans une situation politique similaire, avec des attaques sur la Sécurité sociale et les retraites, les jeunes, les cheminots, les femmes et l’ensemble de la population ont su trouver les voies de la grèves, et du blocage de l’économie.

    Une telle mobilisation, dans un cadre social compliqué, suppose une unité large, qui redonne confiance : un nouveau « tous ensemble » est nécessaire aujourd’hui, qui aille jusqu’au bout, un raz-de-marée social qui renverse l’ordre établi. Bref une année pour la transformation révolutionnaire de la société. 

    • 1. Mathieu Viviani, « La Chine va exempter l'Afrique de droits de douane, un pied de nez à Donald Trump », La Tribune, 13 juin 2025. 
    • 2. Paul Nantulya, « La Chine élargit son influence en Afrique en multipliant ses engagements sécuritaires », Centre d’étude stratégique de l’Afrique, 24 juin 2024.
  • Solidarité avec les habitantEs d’Alep bombardéEs !

    Depuis plusieurs jours les quartiers à majorité kurde de Sheikh Massoud, et Ashrafieh à Alep sont assiégés par des brigades de djihadistes intégrées à l’armée syrienne. Déjà soumis à un blocus, les populations civiles subissent désormais des bombardements. On compte déjà une dizaine de morts civils, dont des enfants. Les pénuries d’eau, d’électricité et de produits de premières nécessités annonce une catastrophe humanitaire. 

    Ces attaques se déroulent alors que les négociations pour l’intégration des Forces démocratiques syriennes (FDS) semblaient avancer. Les FDS avaient d’ailleurs accepté d’évacuer ces quartiers d’Alep, n’y maintenant qu’une force de police, les Asayish.  

    Mais cela n’est pas du goût de la Turquie, qui revendique depuis longtemps la mainmise sur la ville d’Alep, en plus des provinces syriennes qu’elle a déjà annexées au nord d’Alep. La faiblesse du gouvernement d’Al Charaa qui n’a plus d’armée à part les bandes djihadistes, dont beaucoup de membres sont d’anciens combattants de Daesh, a des conséquences directes sur la population syrienne. Les massacres de civils Alaouites, les affrontements avec les Bédouins du sud en témoignent. Les efforts de l’AANES (Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie) et de la direction des FDS pour avancer vers une Syrie fédérale et inclusive se heurtent aux ambitions territoriales et politiques de la Turquie au nord du pays et celles d’Israël au sud.  

    Le NPA-l'Anticapitaliste dénonce l’agression contre les quartiers kurdes d’Alep et exige la fin immédiate du blocus et des bombardements contre les populations civiles.  

    Nous dénonçons la violence permanente de l’État Turc contre les kurdes.