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Communiqués du NPA... - Page 3

  • Les abattoirs, une filière meurtrière à abolir...

    Alors que le secteur de l’élevage est à l’heure actuelle le plus fervent défenseur d’une agriculture productiviste et qu’il a structuré le capitalisme moderne autour de ses intérêts, il n’est plus possible, au regard du consensus scientifique sur la sentience1 des animaux non humains, d’aborder l’agriculture sous les seuls aspects écologiques et économiques.

    Nous souhaitons engager la réflexion sur ce que cachent les éléments de langages spécistes utilisés par l’ensemble de la filière de l’élevage.

    Il n’est en effet pas possible pour un parti comme le NPA-l’Anticapitaliste, qui aspire à défaire l’ensemble des systèmes d’oppression et d’exploitation, de faire sienne une vision de l’élevage comme relation entre humain·es et animaux vidée de sa dimension coercitive et violente, alors que cette relation est un statut de propriété dans laquelle les humains sont les maîtres et possesseurs, et les animaux des individus relégués à l’état d’objet sans la moindre liberté de choix. Il n’est pas possible de dire qu’abattre un individu contre sa volonté et sans nécessité pourrait être en accord avec le fait de le respecter et de lui éviter des souffrances inutiles. Et enfin il n’est pas possible pour notre parti de considérer qu’un service public qui aurait pour mission de réaliser cette besogne serait compatible avec une société dépourvue d’inégalités sociales, comme si la tuerie de masse d’un groupe par un autre pouvait être dépourvue d’inégalités, qu’elles soient inter-espèces ou au sein même de l’espèce humaine.

    Les abattoirs, une industrie qui se cache

    En France 3 millions d’animaux sont tués dans les abattoirs chaque jour2. Cette violence est complètement occultée dans la vie quotidienne de la plupart des gens qui n’y travaillent pas, cela n’a pas toujours été si méticuleusement masqué. Si les publicités ou les étals de boucherie ne présentent que des images proprettes d’animaux vivants associées à des portions soigneusement découpées de leurs corps, c’est parce que l’industrie de l’élevage n’a aucun intérêt à ce que leurs chèr·es consommateur·ices soient exposé·es à la réalité brutale que l’on impose aux animaux. Car éprouver de l’empathie, capacité de nombreuses espèces dont la nôtre, permet de se solidariser avec d’autres individus en souffrance, qu’ils soient humains ou non, et de choisir de ne pas participer à un acte cruel exercé sur l’autre, au point de physiquement s’y opposer.

    Jusqu’au début du 19e siècle, les animaux étaient tués dans les échoppes de bouchers, engendrant de nombreuses nuisances et problèmes sanitaires. Le sang des animaux s’écoulait dans les rues, les odeurs et les cris circulaient dans l’air ; parfois les animaux parvenaient à fuir, mettant en danger les passants. Pour ces raisons, et dans le contexte de la révolution industrielle, des abattoirs sont progressivement construits dans la capitale puis dans le reste du pays.

    S’ils étaient d’abord en périphérie des agglomérations, les abattoirs en furent peu à peu éloignés à cause de l’urbanisation croissante et grâce aux capacités techniques de réfrigération, retardant la décomposition des cadavres. Aujourd’hui au nombre de 960 en France, les abattoirs sont isolés et cachés des regards dans les campagnes. Le rappel de leur existence se fait sur la route où nous croisons les camions qui s’y rendent à toute heure, transportant leurs futures victimes entassées dans des remorques à barreaux.

    Une violence meurtrière exercée sur les animaux

    Ces victimes viennent de toutes les filières de l’élevage. Que les animaux soient génétiquement sélectionnés et élevés pour leurs capacités de développement musculaire, pour leur sécrétion de lait après insémination, ou pour leur production d’œufs, tous sont destinés à une mort violente et prématurée. Car leurs capacités de production diminuent avec l’âge, et la rentabilité économique nécessite que l’on exploite leur corps dans leur entièreté. Leur mort est prématurée en comparaison des années qu’ils pourraient physiologiquement continuer à vivre. Elle est violente, pas uniquement par les conditions de leur mise à mort, mais simplement parce qu’elle leur a été imposée contre leur gré.

    À leur arrivée tout d’abord, les animaux ne sont pas insensibles à leur environnement. Que ce soient les cris de leurs congénères ou les odeurs de sang et d’entrailles, ils comprennent que leur sort prochain est funeste et la détresse qu’ils éprouvent est visible. Ils hurlent, se débattent, certains d’entre eux parviennent à s’enfuir. Parfois même en chemin, pour échapper aux conditions horribles dans lesquelles ils sont transportés. Ils sont malheureusement souvent rattrapés et réintégrés dans la machine.

    Une fois à l’intérieur, plusieurs sévices leurs sont infligés suivant la réglementation officielle de « protection des animaux »3. Et leur intégration dans la chaîne de production se fait de leur vivant. Au prétexte de limiter les souffrances lors de leur mise à mort, on peut les électrocuter, les asphyxier au dioxyde de carbone, leur perforer le crâne avec un vérin pneumatique puis les pendre à des crochets plantés dans leur chair avant de les égorger pour les vider de leur sang. Aucune de ces pratiques n’est indolore et ne permet de garantir la mort instantanée. Une garantie d’autant moins certaine que les cadences sont faramineuses. En moyenne, un abattoir tue en effet 45 vaches ou 840 porcs par heure4.

    Leurs dépouilles sont alors préparées et conditionnées pour rejoindre nos magasins, hypermarché comme boucherie artisanale.

    Une violence sociale, physique et psychologique exercée sur les humain·es

    Si la violence imposée aux animaux est la plus évidente lorsqu’on évoque les abattoirs, celle qui est subie par les travailleuses et travailleurs de ces usines à tuer restent souvent dans un angle mort. Car ce sont bien des usines, bruyantes, sales et puantes, dont la production se fait à la chaîne, soumettant les individus qui la font tourner à une cadence infernale. L’enseignement que nous a transmis le mouvement ouvrier nous permet de dire que de telles conditions de travail sont terriblement aliénantes et usantes physiquement. Les statistiques montrent que 9 travailleuses et travailleurs d’abattoirs sur 10 ont souffert de trouble musculo-squelettiques et qu’à un poste d’abattage, le risque d’accident du travail est 4 fois supérieur à la moyenne nationale.

    Mais on oublie aussi que l’acte de tuer est en lui-même source de souffrance psychologique. La détresse que vivent les employé·es des abattoirs se traduit par de nombreux troubles tels que l’anxiété, la paranoïa, la dissociation ou la dépression5. Ils et elles subissent également un stress post-traumatique important, dont les symptômes sont identiques à ceux que des militaires peuvent subir après avoir tué ou infligé des souffrances à d’autres personnes.

    Isolés des centres urbains ou des sites industriels, les abattoirs sont aussi isolés des organisations syndicales. Ce sont des usines qui ont un taux de turn-over extrêmement élevé et qui ont recours à l’intérim, à des personnes immigrées et souvent sans-papiers. Ces personnes dont les capacités à s’organiser sont sapées par leur précarité, leur méconnaissance de la législation ou de la langue du pays en sont exploitées d’autant plus violemment6.

    Fermons les abattoirs, convertissons les emplois

    Si au cours d’un processus révolutionnaire, nous sommes en mesure d’imaginer la réorganisation de certains secteurs industriels nécessaires à la société pour en exclure l’exploitation violente, l’activité meurtrière même des abattoirs en font une filière à abolir complètement.

    Les abattoirs sont un lieu charnière des systèmes d’exploitation que sont le spécisme et le capitalisme. On oblige un groupe à en massacrer un autre. Les massacrés le sont sans nécessité. Notre alimentation ou nos vêtements ne nécessitent pas de produits d’origine animale, du moins pas dans nos pays riches. Les employé·es des abattoirs y travaillent par nécessité économique, et fuient le lieu dès que possible avec de terribles séquelles.

    Comment pourrions-nous dans notre projet que l’on considérerait communiste, tolérer que des individus soient tués et que d’autres individus soient forcés de mener la sale besogne afin de servir les intérêts d’un groupe social, par définition dominant ?

    C’est pourquoi nous devons revendiquer et œuvrer à la fermeture des abattoirs et la conversion des emplois vers des secteurs utiles qui ne nuisent ni à la planète, ni aux humains, ni aux autres animaux.

    • 1. Pour un être vivant, capacité à ressentir les émotions, la douleur, le bien-être, etc., et à percevoir de façon subjective son environnement et ses expériences de vie (définition du Larousse). Depuis la déclaration de Cambdridge en 2012 qui acte un consensus scientifique mondial, ce concept n’est plus en débat, même s’il continue à être enrichi constamment.
    • 2. L214, Nombre d’élevages et d’abattoirs en France. Site l214.com.
    • 3. Ministère de l'agriculture, de l'agoralimentaire et de souveraineté alimentaire, La protection des animaux à l'abattoir. Site agriculture.gouv.fr, 28 février 2019.
    • 4. L214, Conditions de travail et santé des ouvriers d'abattoirs. Site : viande.info.
    • 5. Tani Khara, Animals suffer for meat production – and abattoir workers do too. The conversation, 4 février 2020.
    • 6. Ella McSweeney and Holly Young, The whole system is rotten : life inside Europe’s meat industry. The Guardian, 28 septembre 2021.
  • Solidarité avec les animaux : de la morale à la politique...

    À l’occasion de son 6e congrès, le NPA-l’Anticapitaliste a voté une motion en faveur de l’intégration des autres animaux sentients dans son programme politique. Elle est motivée par la solidarité politique découlant d’une soumission commune au capital, plutôt que par la responsabilité morale qui pèserait sur l’espèce humaine à l’égard des animaux.

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  • Réduction massive de la consommation de viande et élevage paysan...

    La destruction massive du vivant qui s’accélère tous les jours vient bousculer nos luttes et nos revendications. Dans ce cadre, la prise en compte de l’ensemble du vivant dans la lutte contre l’exploitation et les oppressions renforce nos analyses mais peut aussi créer des fractures qu’il est nécessaire de discuter.

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  • COP30, réagir avant qu’il ne soit trop tard...

    Marquée par l’absence des États-Unis et de plus de la moitié des chefs d’État concernés, la COP30, à Belém du 10 au 21 novembre, est la preuve du recul général sur le front de la lutte contre le dérèglement climatique.

    Dix ans après les accords de Paris, le bilan est sévère. L’objectif des 1,5 °C ne sera pas tenu, la 7e limite qui garantit l’habitabilité de la planète est dépassée : les océans s’acidifient et perdent leur capacité d’absorber le CO₂. La biodiversité qu’ils renferment est menacée. Les événements climatiques extrêmes se multiplient : incendies de forêts, inondations, tornades meurtrières. Plusieurs points de bascule vont être atteints (extinction des récifs coralliens, fonte des glaciers polaires, modification des courants océaniques), ouvrant sur un futur inquiétant et imprévisible.

    Bilan catastrophique, responsables identifiés

    La course effrénée aux profits, aveugle à l’urgence climatique, privilégie les intérêts des plus riches au détriment de l’intérêt général. Trois dossiers majeurs ne seront pas traités à la COP. L’autorisation d’exploiter le pétrole près de l’embouchure de l’Amazone est le symbole de la poursuite des énergies fossiles. Sous la pression de Trump, les négociations internationales pour diminuer les émissions du transport maritime ont été abandonnées. Enfin, les grands noms de l’agro-industrie sont des invités choyés par le président Lula, qui leur a réservé Agrizone, un espace dédié.

    La plupart des gouvernements, l’UE en particulier, poussés par les forces climatosceptiques de la droite et de l’extrême droite, abandonnent progressivement les mesures environnementales. Ils concentrent leurs efforts sur les budgets militaires au détriment des politiques de justice sociale et climatique. Les mesures décisives de prévention qui pourraient limiter les dégâts ne seront pas prises.

    Un mouvement international de résistance s’organise

    La présidence de la COP préfère les 1 600 lobbyistes des fossiles aux représentantEs des peuples autochtones, refouléEs lorsque ils et elles ont voulu présenter leurs revendications. À leur côté, une multitude d’organisations et de mouvements écologistes, syndicaux, féministes et anticapitalistes sont réunis à Belém pour repenser leurs stratégies, coordonner et renforcer les processus de lutte et de résistance. Dimanche, plus de 50 000 manifestantEs ont crié leur colère contre la « COP des lobbyes ».

    Nous devons amplifier ces mobilisations contre les projets écocides, contre l’extractivisme minier et l’agro-industrie, pour défendre le vivant (espèces menacées, forêts, mangroves et zones humides…). Chaque fraction de degré évitée limite la dégradation de nos conditions de vie et la destruction des écosystèmes. Nos luttes s’inscrivent dans un cadre inter­nationaliste évident : les ravages ­environnementaux n’ont pas de frontière.

    Contre notre ennemi commun, le capitalisme prédateur, notre objectif est le même : construire une société de justice sociale et climatique. Nous l’appelons écosocialisme.

    Commission nationale écologie

  • Climat, biodiversité : Urgence absolue !

    Les catastrophes s’enchaînent : températures records, sécheresses, feux de forêts, tornades, inondations, fonte de la banquise et montée inexorable des océans. La biodiversité s’effondre plus vite que prévu, les sols deviennent arides et les pertes de récoltes explosent. Par ailleurs, l’air, l’eau, les sols sont contaminés et 6 limites planétaires sur 9 sont d’ores et déjà allègrement dépassées et la 7e (l’acidification des océans) ne pourra plus être contenue. Un plan d’urgence s’impose, nous en proposons les contours. 

    Il faut profondément changer de projet de société, à commencer par la nécessaire réduction des consommations d’énergie et de matières premières, le partage des richesses et des ressources.

    La contribution massive des plus riches est une nécessité incontournable car c’est bien eux qui contribuent le plus aux émissions de CO2, ce qui implique

    plus de démocratie et d’équité, et pose la question de la légitimité de la richesse. Ceci est un préalable à la transition écologique. Sinon, ce ne seront que des répressions et des guerres qui émergeront partout, à l’image des ambitions impérialistes et des guerres de Trump et Poutine, pour accéder aux ressources. 

    Le climat s’emballe, les politiques piétinent

    Tous les plans, nationaux et régionaux, les dossiers de subventions, sont dépourvus de critères et d’indicateurs scientifiques tels les bilans massiques, les bilans énergétiques, même les bilans carbone en sont absents. Ils ne s’en tiennent qu’à des discours d’enfumage et de stratégies financières plutôt que de s’attaquer au fond du problème.

    211 milliards d'euros sont ainsi distribués annuellement aux entreprises françaises sans contrepartie, sans objectifs ni suivi ! (sans compter les subventions européennes et régionales).

    Les engagements pris au niveau de la PPE (programmation pluriannuelle de l’énergie) et de la stratégie nationale bas carbone sont régulièrement révisés et leurs ambitions réduites, principalement sur les économies d’énergie, au profit du nucléaire, des énergies renouvelables dirigées vers le profit, et de techno-solutions dont les bilans carbone sont bien moins efficients.

    Si les trajectoires pour les renouvelables en 2050 sont généralement respectées et génèrent des surproductions voire des prix négatifs, celles des économies d’énergie (efficacité, sobriété) accusent un retard de plus de deux tiers par rapport aux prévisions.

    Pourtant, la réduction de la consommation globale d’énergie reste fixée à 50 %, ce qui implique 50 % maximum de production de renouvelables en plus par rapport à la situation initiale. 

    La neutralité carbone de la biomasse utilisée comme énergie est un autre leurre, car elle génère des avoirs carbone sur les agrocarburants, la méthanisation et le bois énergie, tout en émettant plus de CO2 que les combustibles fossiles ! Une fois dans l’atmosphère ce CO2 met 1 000 ans pour réduire de moitié, comme pour les énergies fossiles. L’énergie biomasse a aussi des impacts considérables sur la biodiversité et la surexploitation des sols agricoles et des forêts. Les scientifiques du GIEC alertent régulièrement à ce sujet : 1 million d’espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction au cours des prochaines décennies, selon l’IPBES (le GIEC de la biodiversité).

    Passer du vivant fossilisé (pétrole, gaz) au vivant biomasse est un pari risqué qui doit être conditionné à une analyse scientifique bien plus sérieuse qu’une simple loi sur la neutralité carbone votée au parlement.

    La biodiversité en danger

    Tout nouveau projet industriel, urbain ou agricole doit impérativement permettre non seulement de réduire les émissions de CO2 et parallèlement d’avoir le moindre impact possible sur la biodiversité, voire de pouvoir la restaurer. Les émissions carbone des fossiles ont perturbé le climat, ne tuons pas la solution : le vivant capable de rétablir la situation à moindre coût. Rappelons que les milieux naturels absorbent 50 à 60 % des gaz à effet de serre produits par l’humanité. Le meilleur système de stockage de carbone, c’est la biodiversité, pas les délires technologiques de captation artificielle du carbone vanté par des apprentis sorciers qui rêvent surtout des dollars qui les accompagneraient. 

    Les financements font clairement défaut.

    Si les énergies renouvelables (ENR) sont grassement subventionnées par les citoyen·nes, elles engendrent des dérives car l’électricité, souvent vendue à perte (prix négatifs) oblige l’arrêt des éoliennes et du photovoltaïque. Les économies d’énergie sont clairement le parent pauvre de cette politique, les réductions d’impôts ont été réduites à deux reprises pour l’isolation des bâtiments et la suppression de la prime rénov.

    Les financements à l’adaptation au changement climatique souffrent également. Par l’exemple l’aide pour les retraits et gonflements d’argile fixée à 30 million d'euros pour 10 millions de logements soit 3€ par logement ! On est loin des 2,3 milliards € supplémentaires par an que coûteraient en France les mesures pour s’adapter au changement climatique, montant calculé par l’Institut de l’économie pour le climat.

    Le coût de transition digne de ce nom reste ridicule face aux :

    — 211 milliards d’aide aux entreprises sans contrepartie

    — 100 milliards d’évasion fiscale

    — 80 milliards de fraude fiscale.

    Malheureusement, le coût de l’inaction climatique sera bien supérieur au montant des investissements nécessaires à l’adaptation. 

    Le réchauffement climatique connu depuis longtemps

    Dès 1800, les scientifiques s’inquiétaient déjà de l’impact sur le climat des émissions industrielles de CO2. A la fin du 19e siècle ils estimaient le réchauffement à environ 4°C si on doublait la teneur de CO2 dans l’atmosphère. En 1974, le rapport Meaddow met en graphique l’issue fatale de notre civilisation si on ne réagit pas rapidement. Pourtant les lobbys des fossiles ont dépensé des sommes considérables pour nous enfumer.

    Les guerres actuelles coûtent des milliers de milliards

    Le capitalisme porte en lui la guerre. À Gaza, en Ukraine, en Afrique, elles dépassent largement les centaines de milliards nécessaires à la révolution écologique qui devrait être menée actuellement. Les conflits sont des catastrophes humaines qui entraînent des pollutions importantes : après avoir bombardé et semé la terreur, il faut reconstruire à grands coups d’émissions carbone. Face à la raréfaction de matières premières, les moyens de reconstruire ce qui a été détruit, laissant des pays dans la misère, seront faibles. 

    La répression des militant·es écologistes est de plus en plus violente

    Pourtant à l’ONU, le rapporteur de la convention d’Aarhus est clair : aucune manifestation non violente ne doit être interdite ni réprimée. Pareil en ce qui concerne le droit de blocage des équipements publics ou privés : c’est le seul moyen qui nous permet de faire entendre.

    Un plan d’urgence est indispensable

    À l’heure où les privilèges tuent l’humain et la planète, il faut restaurer les conditions nécessaires à la pérennité du vivant et impulser un projet de société bien plus enviable pour sortir les citoyens, surtout les plus jeunes, de la morosité et de la dépression. 75 % des moins de 25 ans qualifient leur avenir d’effroyable !

    Il est impératif de lutter pour :

    — la décroissance écosocialiste de la production : réduction du temps de travail, produire selon les besoins décidés collectivement entre travailleur·ses et habitant·es, réglementer la pub, passer à la sobriété et à l’efficacité énergétique, réduire les transports ;

    — la sortie du capitalisme : arrêter la course aux profits et le consumérisme, mettre fin à l’extractivisme et au pillage des ressources, sortir du productivisme en se réappropriant les moyens de production, relocaliser pour satisfaire les besoins essentiels, limiter l’IA et lutter contre les addictions aux écrans ;

    — le développement des communs : sécurité sociale de l’alimentation, gratuité des besoins de base (énergie, eau, logement, alimentation, santé), développement et gratuité des transports en commun ;

    — le changement énergétique : stopper le nucléaire et développer les renouvelables pour l’énergie indispensable, sortie des énergies fossiles, service 100 % public de l’énergie ;

    — le changement de modèle agricole : développer l’agriculture paysanne et arrêter les pesticides, diminuer drastiquement la consommation de viande, soutenir l’installation de paysan·nes, développer les circuits courts ;

    — la protection de la biodiversité : interdire la déforestation, limiter l’artificialisation des sols, analyser sérieusement les pollutions de façon non truquée, restaurer les espaces naturels et les forêts, laisser 10 % du territoire libre, réviser les normes en introduisant des critères environnementaux bien plus drastiques

    Des lueurs d’espoir

    Partout dans le monde, des luttes à la fois écolos, sociales et décoloniales se renforcent. En France, le mouvement écolo a créé de nouveaux liens avec les mouvements sociaux, notamment à travers les Soulèvements de la Terre. La conscience écologique grandit de même que la conviction de l’impossible adaptation du capitalisme. Néanmoins, il nous faut évidemment construire sans attendre les lieux communs de société plus sobres, plus équitables, plus autonomes. Des lieux résilients maillés entre eux, capables de pouvoir accueillir la population de plus en plus nombreuse et tisser des liens bien plus respectueux avec le reste du vivant. Partager les ressources entre les citoyens, les peuples et les générations. Ces espaces sont absolument indispensables pour donner l’exemple d’un modèle plus souhaitable, mais aussi pour assurer la sécurité alimentaire en cas de crises. Il faut aussi s’impliquer dans les milieux associatifs, syndicaux et politiques pour impulser un changement et éveiller les consciences de ceux qui obéissent et se taisent ou ne soignent que leur ego. La tâche est immense mais le projet d’un monde meilleur et l’engagement militant joyeux permettent aussi d’avancer et de ne pas sombrer dans l’éco-anxiété.

  • Un parti internationaliste, combatif, unitaire, contre les oppressions...

    Le CPN (Comité politique national) des 15 et 16 novembre a permis de débattre de la situation internationale et française. Un large accord s’est dégagé sur l’analyse du contexte mondial et sur les tâches qui incombent à notre camp. 

    Au niveau international, l’accélération des crises écologiques et économiques renforce les tensions et les conflits. Le génocide en Palestine et la guerre en Ukraine se poursuivent. Les conflits en Afrique restent ravageurs, nourris par les ingérences néocoloniales, tandis que l’impérialisme US intensifie ses pressions contre le Venezuela. Partout, la montée des autoritarismes et de l’extrême droite va de pair avec l’augmentation des budgets militaires et des politiques austéritaires. 

    Les derniers mois ont été marqués par de puissants soulèvements dans le Sud global, notamment portés par la GenZ, rejetant la répression et la confiscation des richesses par les pouvoirs en place, souvent avec le soutien des puissances impérialistes, dont la France.

    Une motion de solidarité avec la Kanaky et contre l’État colonial français a été adoptée à l’unanimité. Nous restons plus que jamais aux côtés des peuples en lutte pour l’autodétermination, en particulier les peuples ukrainien et palestinien. À ce titre, la manifestation nationale du 29 novembre constitue un rendez-vous majeur pour le NPA-A.

    Sur le plan national, les échanges ont confirmé un large accord. L’affrontement contre l’extrême droite, le racisme d’État, le gouvernement Macron-Lecornu, la lutte contre les licenciements et la casse sociale constituent une priorité. Le NPA-A appelle à construire un front social et politique large, fondé sur une véritable rupture sociale, écologique et démocratique, tout en défendant, au travers de campagnes et de réunions publiques, sa propre politique unitaire et révolutionnaire.

    Des nuances se sont exprimées sur les perspectives de la période et sur le rôle de l’intersyndicale. La dynamique ouverte par « Bloquons tout » n’a pas été amplifiée par l’intersyndicale, dont la stratégie n’a pas permis de créer un rapport de force suffisant malgré la fragilisation du pouvoir. Dans l’immédiat, nos militantEs préparent le 2 décembre malgré les limites d’une journée de grève isolée.

    Les négociations entre le PS et le gouvernement montrent, une fois encore, qu’il existe deux gauches dans ce pays. Face aux reculs sociaux et à l’extrême droite, il est urgent de bâtir une gauche de rupture, dans la rue comme dans les urnes. Pour les municipales, le NPA-A œuvre à l’émergence de listes unitaires ancrées dans cette perspective, tout en conservant son indépendance politique et programmatique.

    Enfin, le CPN a également permis des formations sur les VSS et sur l’antisémitisme. Plus que jamais, nous luttons pour une société débarrassée des oppressions et de l’exploitation capitaliste.

    Victor Zak

  • L’impasse du jeu parlementaire...

    Mercredi 12 novembre à minuit, l’Assemblée nationale a donc interrompu ses débats sur le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). 

    Le texte, dont la partie dépenses n’a pas été votée, a été transmis en l’état au Sénat. Il inclut le « décalage » de la contre-réforme des retraites, présenté comme une victoire par le PS et les Écologistes tandis que le PCF et LFI dénoncent un vote qui « revient à avaliser la retraite à 64 ans ». Une nouvelle démonstration de l’échec d’une gauche engluée dans le jeu institutionnel où elle n’a le choix qu’entre l’acceptation de l’austérité libérale ou sa ­dénonciation impuissante.

    Une suspension qui n’en est pas une

    Ce qui est présenté comme une concession de la Macronie au PS ne suspend pas la contre-réforme des retraites. Celle-ci continuera de pénaliser celles et ceux qui sont déjà partis depuis 2024 et ne fait que la suspendre pendant 2 ans pour celles et ceux qui partiront entre 2026 et 2028.

    Cette concession, même élargie aux carrières longues, reste très limitée. Elle permettra au mieux aux générations concernées de cesser leur activité quelques semaines plus tôt. Elle a un autre rôle : faire accepter surtout une contrepartie, l’acceptation d’un nouveau tour de vis dans des dépenses sociales déjà très insuffisantes.

    Réduire les dépenses sans toucher aux profits

    Le PS voudrait créer l’impression qu’avec le budget transmis au Sénat, les coupes massives initialement prévues par le gouvernement seraient ­abandonnées. Les votes majoritaires de l’Assemblée nationale ont en effet supprimé quelques-unes des pires « horreurs » du texte initial : taxe supplémentaire sur les mutuelles et mise à contribution des retraitéEs, gel des pensions et des prestations sociales ; doublement des « franchises médicales » ; baisse du plafond du nombre de jours indemnisés pour certaines affections de longue durée (ALD). Une mini-enveloppe supplémentaire de 850 millions d’euros serait accordée aux hôpitaux, qui ont déjà cumulé 3 milliards de déficit en 2024.

    Mais, comme l’a souligné Farandou, ministre du Travail, le texte transmis au Sénat remet en cause la politique ­gouvernementale de « réduction du déficit ». Au lieu de le ramener de 23 à 17 milliards d’euros, il le ferait monter à 24. La conclusion du ministre va donc de soi : « il nous manque beaucoup d’économies que l’on a du mal à faire voter ». C’est ce à quoi vont maintenant s’atteler le Sénat, majoritairement à droite, le gouvernement, le « bloc central », la droite, avec le soutien du RN, tous partisans de réduire les dépenses sans mettre à contribution « nos entreprises », c’est-à-dire les profits.

    Le PS et ses alliés « de gauche » vont donc devoir accepter de nouvelles baisses des dépenses indispensables à la Sécurité sociale s’ils persistent dans leur volonté de ne pas ­censurer Lecornu. Au bout du chemin parlementaire, il n’y aura pour eux d’autre issue qu’une capitulation complète ou un piteux ralliement de dernière minute à la censure.

    L’impuissance du jeu institutionnel

    Mais la dénonciation virulente et justifiée par la LFI des reculs du PS n’offre pas de réelle alternative car elle se cantonne au seul terrain institutionnel : soit la censure pour provoquer des législatives anticipées, soit la destitution de Macron, mais qui a bien peu de chances de se réaliser au vu des rapports de forces au Parlement. Seule la reprise de la mobilisation peut permettre une victoire sociale sur la retraite et les budgets d’austérité et imposer un départ de Macron qui ne profite pas au RN. Mais LFI ne dit ni ne fait rien pour relancer une action unitaire, consacrant exclusivement son énergie à la préparation des élections à venir, en premier lieu des municipales.

    Reprendre le chemin de la mobilisation

    Il n’existe pourtant pas d’autre voie que de renouer le fil des mobilisations sociales. La division et l’inertie syndicale n’aident certes pas, mais les mobilisations à venir — journée internationale contre les violences faites aux femmes du 25 novembre, manifestation nationale pour la Palestine à Paris le samedi 29 novembre et journée de grève appelée par la CGT, la FSU et Solidaires le mardi 2 décembre — peuvent permettre à notre camp social de se mobiliser et de reprendre l’offensive.

    La commission santé sécu social

  • Contre les vents mauvais : aller de l’avant...

    Les politiques réactionnaires et d’extrême droite semblent s’imposer sur tout le globe. Dans le même temps, les révoltes massives de la GenZ apportent un souffle nouveau et la confiance dans notre camp social pour reprendre la main. Cela passe nécessairement par des mobilisations massives et déterminées pour en finir avec le capitalisme.

    La marche du monde donne le sentiment de flotter au gré du vent. Au États-Unis, Trump impose sa politique, appuyant un shutdown1 de plus de 40 jours, dont une des conséquence est de ne pas payer ni les fonctionnaires, ni, entre autres, les aides alimentaires (touchées par 1 étatsunien·ne sur 8) et clouant au sol près de 2 700 avions, par manque de contrôleurs aériens. Il n’est pas le seul en jeu sur la scène mondiale. En Palestine, l’armée israélienne a violé 200 fois le cessez-le-feu du 10 octobre, tuant plus de 240 gazaoui·es. Le génocide continue, même si, pour l’instant, la guerre totale semble avoir pris une autre forme (lire l’article de Saralaska, p. 14). En Angleterre, plus de 100 000 personnes ont manifesté contre les migrants le 13 septembre (lire l’article de Thierry Labica, p. 6). Aux Pays-Bas, l’extrême droite perd de peu les élections législatives, laissant le gouvernement à une coalition de centre gauche précaire. Face à cette offensive réactionnaire, des mobilisations massives explosent au Maroc, à Madagascar ou au Népal contre le chômage, la corruption et pour la liberté d’expression. La France est traversée par les mêmes vents contradictoires (lire l’article de Raphaël Greggan et Koldo Mendi p. 4), dont l’issue est incertaine.

    Reprendre le gouvernail en main

    Il est possible d’agir face à cette déferlante. La crise politique que nous traversons est la conséquence directe des crises économique, sociale et écologique mondiale, mais notre camp social a la possibilité de tout changer. Hors des pays impérialistes occidentaux, la jeunesse de la GenZ2 se mobilise contre les politiques austéritaires et liberticides, alors qu’elle n’a jamais connu de victoire majeure. Les mobilisations de septembre et début octobre en France ont montré que notre camp social est capable d’initiatives pour se défendre et affirmer son refus des politiques néolibérales. De notre côté, nous sommes partie prenante de ces initiatives et soutenons l’unité des organisations du mouvement social. Dans ce cadre, nous appelons à une journée de manifestation unitaire le 29 novembre en solidarité contre le génocide en Palestine. Nous soutenons l’appel intersyndical à la grève du 2 décembre. Bref, nous reprenons la rue pour aller plus loin et faire vaciller le gouvernement et le patronat. Cela passera par des grèves massives inscrites dans la durée. C’est à cela que nous nous préparons dès maintenant, dans tous les cadres où nous intervenons.

    Discuter, argumenter et agir

    Le NPA seul n’a pas toutes les clés en main. Nous avançons et discutons de nos propositions largement. Lors de notre 6e congrès, nous avons voté majoritairement des motions antispécistes. Nous ouvrons ce débat dans le dossier de ce numéro (lire les articles de la commission cause animale, de la commission nationale écologie et de Phœbé Mendes pp. 19-28). Nous restons résolument opposés à l’extrême droite, cet élément fait partie de tous nos combats, y compris dans celui de la cause animale (lire l’entretien croisé entre Florence Dellerie et Mathilde Millat p. 29). Nous ne nous contentons pas d’une opposition verbale, mais nous luttons pied à pied contre toutes leurs apparitions (lire l’article de Hafiza b. Kreje et Johnny Alençon, p. 36). Le combat contre le fascisme est au cœur de notre politique et nous appelons à l’unité, dans la rue et dans les urnes, de l’ensemble des organisations de gauche pour lutter contre ce péril mortel. Cependant, dans cette bataille, l’État n’est pas neutre. Comme le constate Michel Frost3, rapporteur spécial de l’ONU sur les défenseurs de l’environnement, « la violence policière, c’est quelque chose qui est un peu unique en France [...] qui pose de vraies questions de contrôle par les hiérarchies du comportement des gendarmes et des autres membres des forces de l’ordre ». Dans ce numéro, nous revenons sur 20 ans de violences policières depuis le meutre de Zyed et Bouna (lire l’article de Hafiza b. Kreje, p. 33). Convaincu·es de la centralité de l’antiracisme dans la période, nous avons lancé une campagne sur ce sujet dans laquelle nous déclinons notre analyse matérialiste du racisme d’État et contribuons ainsi à notre hauteur aux mobilisations menées par les organisations antiracistes pour en finir avec la police.

    C’est ainsi que nous œuvrons à la mise en branle de l’ensemble de notre camp social pour renverser la vapeur pour construire une société débarrassée de l’exploitation et des oppressions. Ce n’est pas une tâche simple, mais elle est indispensable à la réussite de nos combats. 

    • 1. Aux États-Unis, le shutdown se produit lorsque le Sénat et la Chambre des représentants ne votent pas le budget annuel. La conséquence est l’arrêt immédiat du paiement des fonctionnaires et des aides fédérales, jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé.
    • 2. La génération Z (GenZ) est la génération née entre 1997 et 2012.
    • 3. Jérôme Hourdeau, Sainte-Soline : « le résultat d’une stratégie délibérée de maintien de l’ordre ». Médiapart, 8 novembre 2025.
  • Cameroun : face au déni de démocratie et la répression, une brèche s’ouvre...

    Jeudi 6 novembre, Paul Biya, le plus vieux dictateur africain (43 ans à la tête du Cameroun) est entré officiellement en fonction après avoir prêté serment pour un 8e mandat présidentiel. Depuis la proclamation, le 27 octobre, de sa réélection frauduleuse, massivement contestée, la situation ne cesse de s’embraser. À nouveau, le peuple camerounais s’est soulevé. Mais avant et après cette proclamation de sa soi-disant victoire, la répression s’est abattue sur ses opposantEs et sur les manifestantEs. Quelque 2000 arrestations et, selon deux sources de l’ONU, 48 morts, les « forces de sécurité » ayant tiré à balles réelles sur la foule.

    Le NPA-L'Anticapitaliste dénonce la répression et l’imposture que constitue la réélection de Biya.

    Stop à la répression !

    Comme à chaque élection présidentielle, le régime resserre l’étau, comptant sur l’extrême pauvreté dans laquelle est plongée près de 40% de la population pour que tout le monde rentre dans le rang. Cette dictature ne doit sa survie qu’à une précarité généralisée, à la fraude, à la corruption et à une répression féroce.

    Mais une brèche a été ouverte. Le peuple, et notamment la jeunesse, s’est mobilisé. Depuis le début de la campagne électorale, il avait décidé que cette élection ne serait pas comme les autres. Il s’est organisé pour observer le dépouillement dans chaque bureau de vote. 80 % des suffrages ont été ainsi collectés, montrant une victoire du principal opposant de Biya, Issa Tchiroma Bakary. Les manifestations de colère contre la proclamation de la pseudo victoire de Biya ont été suivies par l’opération « villes mortes ».

    En finir avec la Françafrique !

    Le gouvernement français, comme nombre de pays impérialistes, a condamné du bout des lèvres la répression, tout en en mettant la responsabilité sur « tous les acteurs » appelés à la « retenue », et s’est contenté de « prendre note » des résultats proclamés. Quelques semaines auparavant, Macron n’avait pourtant pas hésité à apporter son soutien à Biya, un dictateur qui lui permet de maintenir son influence néocoloniale dans cette région de l’Afrique.

    Solidarité avec le peuple camerounais !

    Nous apportons notre entier soutien au peuple camerounais qui combat pour son droit à la vérité, à la démocratie et à l’existence. Nous enjoignons l’ensemble des organisations du mouvement social en France et dans le monde à se solidariser avec la lutte du peuple camerounais et à exiger la libération de touTEs les opposantEs politiques et syndicaux emprisonnéEs !

  • Stop à la criminalisation du mouvement de solidarité avec la Palestine : soutien à Omar Alsoumi et aux militantEs arrêtéEs après leur action à la Philharmonie de Paris !

    La France continue de réprimer le soutien au peuple palestinien ! Omar Alsoumi, militant palestinien en exil en France, a été interpellé et perquisitionné le mercredi 5 novembre à 6h, chez lui et ce devant toute sa famille, visiblement à la demande d'organisations sionistes. Cette garde à vue a été prolongée et il a été déféré au parquet. Nous condamnons fermement cette arrestation politique scandaleuse et raciste subie par notre camarade. 

    Jeudi 6 novembre, la Philharmonie de Paris accueillait dans le 19e arrondissement l'Israël Philharmonic Orcherstra (IPO) dont le chef d'orchestre, Lahav Shani, soutient ouvertement l'armée de son pays en plein génocide. Rappelons que l'IPO, fondé en 1936 se revendique comme « principal ambassadeur culturel d'Israël » et s'est produit en avril 2024 avec les soldatEs de l'orchestre de l'armée, en plein génocide. 

    Souhaitant s'opposer à la tenue de ce « concert de la honte », des travailleursEs de la Philharmonie, des syndicats (SNAM-CGF-IdF, Sud Culture), des associations ou collectifs (UJFP, Artistes pour la Palestine, BDS France, Tsedek, Urgence Palestine, ...) ou de simples citoyenNEs avaient demandé depuis des semaines son annulation, en vain. La France a préféré la politique du pire en le maintenant, malgré son échec commercial (les nombreuses places encore disponibles ont été distribuées à des membres du CRIF venuEs « faire le nombre «) et en interdisant tout rassemblement aux alentours. 

    Résultat : au moins quatre de nos camarades ayant participé à une action symbolique de Palestine Action, organisation déjà menacée de dissolution au Royaume-Uni, ont été arrêtéEs et ont passé la nuit en garde-à-vue. Nous adressons tout notre soutien à ces militantEs qui n'ont voulu qu'appliquer la stratégie de boycott culturel, contre la normalisation de l'État colonial israélien, par ce mode d'action symbolique et non-violent que demande le comité Palestinien du BDS. 

    Au même moment, à quelques kilomètres de là avait lieu le meeting de soutien aux militantEs kanaks, qui ont aussi subi la répression via des mois d'internement à l'isolement, pour simplement avoir défendu les droits du peuple kanak à l'autodétermination, face à un régime colonial qui déchire les accords de Nouméa en vue de l’indépendance de la Kanaky. Il s'agit d'un combat contre le colonialisme français qui soutient d'autres puissances coloniales, comme Israël, et maintient la répression dans ses propres territoires. 

    Le NPA - L'Anticapitaliste dénonce la criminalisation du mouvement de solidarité avec la Palestine, qui n'a cessée depuis plus de deux ans, et en particulier l'arrestation politique d'Omar Alsoumi, et les interpellations des militantEs à la suite de l'action à la Philharmonie de jeudi soir, et demande leur libération immédiate et l’abandon de toutes poursuites judiciaires.

    Le NPA - l’Anticapitaliste encourage tout type de boycott, qu'il soit économique, culturel ou universitaire, contre Israël et ses représentants et dénonce la criminalisation par les pays impérialistes dont la France, de nos camarades qui osent se lever contre l'impunité internationale dont jouissent les soutiens du génocide. 

    Le NPA - l’Anticapitaliste dénonce enfin les réactions islamophobes et haineuses de membres du gouvernement et de personnalités médiatiques en tout genre, qui font un rapprochement abject avec les attaques terroristes perpétrées le 13 novembre 2015, sans respect pour les victimes de ces attentats. 

    Convergeons vers la manifestation nationale de solidarité avec le peuple palestinien du samedi 29 novembre à Paris, avec un premier point d'étape partout en France dès ce dimanche 9 novembre : pour dire non au génocide, à l’apartheid Israélien, non à la colonisation et non à la répression de la solidarité à la Palestine.