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Communiqués du NPA... - Page 4

  • Solidarité avec le peuple sahraoui face à l'attentat odieux à Copenhague...

    Le NPA-l’Anticapitaliste condamne avec la plus grande fermeté l’attentat qui a visé hier soir les locaux de l’ONG Global Aktion et du Front Polisario à Copenhague.

    L’incendie volontaire et les inscriptions haineuses telles que « Nique le Polisario » et « le Sahara appartient au Maroc » ne sont rien d’autre que des actes de lâcheté et de violence coloniale.

    Cet attentat est une attaque directe contre ceux qui, en Europe comme ailleurs, se battent pour la justice et la liberté du peuple sahraoui. Il témoigne de la persistance d’une haine nationaliste et coloniale qui refuse de reconnaître les droits légitimes du peuple sahraoui à l’autodétermination.

    Le NPA-l’Anticapitaliste réaffirme son soutien indéfectible au peuple sahraoui, traqué jusque sur le sol européen par des forces qui veulent le réduire au silence et l’effacer. Nous exprimons notre solidarité avec Global Aktion et le Front Polisario, ainsi qu’à leur lutte commune pour la fin de l’occupation du Sahara occidental.

    Face à la montée des attaques contre les mouvements antifascistes et anticolonialistes et les défenseurs des droits humains, il est plus que jamais nécessaire de renforcer la solidarité internationale. Le peuple sahraoui doit pouvoir vivre libre et décider de son avenir sans craindre les menaces et les violences.

    Nous appelons à une mobilisation de toutes les forces progressistes pour dénoncer cet acte ignoble, défendre le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, et faire barrage à la haine coloniale.

  • Licenciements : faire face à la vague qui vient...

    Les annonces de plans de licenciements s’enchaînent : automobile, chimie, métallurgie… aucun secteur n’est épargné. Et les coupes budgétaires envisagées vont avoir de lourdes conséquences sur l’emploi dans les collectivités territoriales et dans les secteurs de la culture ou du social, par le biais des subventions.

    Aux annonces de licenciements dans le privé s’ajoutent les précédentes annonces concernant la fonction publique d’État : dans l’éducation, aux finances publiques, au ministère du travail. On sait que pour un emploi industriel supprimé ce sont plusieurs emplois indirects qui sont menacés. Au total, probablement plus de 500 000 emplois risquent d’être supprimés. Avec des conséquences dramatiques pour ceux et celles d’entre nous qui seront concerné·es. C’est aussi un élément de l’accélération de la crise globale.

    Rendre visibles les licenciements et leurs conséquences

    La CGT a recensé les plans sociaux et autres licenciements dans une carte interactive disponible sur le site du syndicat1. Cet état des lieux alarmant est repris depuis peu par la presse, qui donne à voir l’accélération de la crise. Il reste très difficile de chiffrer précisément les emplois indirects qui pourraient disparaître dans le sillage des plans déjà annoncés. L’exemple de Vencorex en Isère est probablement un des pires : dans la foulée des 425 emplois supprimés sur 450, les salarié·es estiment que c’est sans doute plus de 5 000 emplois qui vont être impactés, entre les entreprises qui dépendent de l’activité de Vencorex et les divers emplois induits par l’activité de la plateforme chimique.

    La pauvreté progresse en France2 et les associations caritatives ont, à plusieurs reprises, alerté le gouvernement. Le basculement dans le chômage de plusieurs centaines de milliers de personnes va aggraver la situation. Les familles monoparentales en sont déjà les premières victimes3, essentiellement des femmes seules avec enfants. Et comme elles constituent 63 % des emplois de la fonction publique, elles seront les premières touchées par les coupes budgétaires.

    La réforme de l’assurance chômage est toujours en suspens. Avec la réduction des dépenses, la volonté du patronat de faire main basse sur l’argent de nos cotisations qui financent l’assurance chômage, la situation ne peut que s’aggraver. Les projets de réformes mis de côté ces derniers mois auraient engendré la perte de plusieurs mois d’allocation pour près d’un million de chômeuses et chômeurs d’après la CGT4. A cela s’ajoute la réforme des retraites qui oblige à travailler plus longtemps alors que les travailleuses et travailleurs de plus de 60 ans ont déjà un taux d’emploi deux fois plus faible que le reste de la population5.

    Une accélération de la mainmise du capital

    L’ensemble des réformes de l’assurance chômage ou des retraites, les budgets de la Sécurité sociale fixés depuis 1996 par le Parlement et non plus par les « partenaires sociaux », le déremboursement des soins et médicaments, etc. tout cela conduit progressivement à basculer de l’argent « socialisé » vers le privé. Face à une protection sociale qui se réduit, celleux qui en ont les moyens payent des complémentaires santé et retraite, les plus pauvres et notamment les précaires ne bénéficiant plus que de la couverture strictement minimale vers laquelle s’achemine la Sécu. Le transfert d’argent public vers le privé c’est aussi les 260 milliards d’aides aux entreprises accordées par l’État sans contreparties sur la période 2020-20225.

    Nous sommes dans une phase d’accélération de la crise capitaliste après une période de longue dépression6. L’exacerbation de la concurrence internationale, la réorganisation des équilibres impérialistes poussent les capitalistes européens (en France et en Allemagne7 en particulier) dans leurs retranchements et les obligent à prendre des mesures pour maintenir leurs taux de profit. Ils jouent sur deux tableaux : d’une part peser sur la main-d’œuvre en licenciant, en augmentant la productivité, en dégradant les salaires et les conditions de travail ; d’autre part en faisant basculer des secteurs non marchands dans la sphère du profit. Cette prise de profits supplémentaires se fait avec violence pour les classes populaires et la crise politique actuelle en est la transcription dans le cadre institutionnel.

    Vers une séquence de luttes et d’explosions sociales ?

    Ces dernières années nous avons connu des mobilisations importantes et des explosions sociales en marge du mouvement ouvrier traditionnel : Gilets jaunes, réforme des retraites, mouvement féministe, luttes écolo… Aucune de ces luttes n’a été en capacité d’inverser réellement le rapport de force, en bloquant l’économie. La classe laborieuse est morcelée du fait du fractionnement du travail (précarité, uberisation, télétravail, éclatement des grandes unités de production, sous-traitance…) et divisée par le poison du racisme dans un contexte de montée du Rassemblement national. Même si la dernière mobilisation contre la réforme des retraites a donné lieu à un frémissement de re-syndicalisation, on est loin de ce qui serait nécessaire pour organiser les ripostes.

    Face aux plans de licenciements, il est dur de mobiliser des salarié·es épuisé·es physiquement et moralement par leurs conditions de travail. Cela permet aux patrons de s’en sortir à bon compte en lâchant des indemnités « supra-légales » qui deviennent l’unique enjeu des mobilisations. Avec peu de réelles batailles contre les fermetures, les licenciements, pour le maintien des tous les emplois.

    Les problématiques écologiques liées aux industries concernées (chimie, automobile, métallurgie) sont un frein à la solidarisation des populations riveraines et d’une partie des militant·es. À l’heure de l’accélération du réchauffement climatique on ne peut défendre le maintien de l’industrie automobile. De même en Isère : alors que l’on sait que la plateforme chimique pollue la nappe phréatique depuis des dizaines d’années8, comment défendre son maintien ? La crise écologique nous oblige à poser avec davantage de force la question de l’utilité de ce qui est produit, des conséquences du maintien des sites de production mais aussi les impacts sociaux et écologiques de leur disparition ou de leur délocalisation. Difficile d’avoir des réponses qui ne soient pas purement théoriques lorsque le rapport de force est aussi dégradé et que nous n’avons pas la main sur les choix en termes de politique industrielle.

    Faiblesse de l’organisation de la classe laborieuse, conditions de travail dégradées, problématiques écologiques… pèsent contre la possibilité d’une mobilisation face aux licenciements en particulier dans l’industrie. Pourtant, des salarié·es se battent dans leurs usines, leurs collectivités territoriales, leurs services publics. L’avenir des luttes n’est jamais écrit totalement à l’avance. L’injustice ressentie est un puissant moteur de révolte dont il est difficile de prédire sur quoi elle va se déclencher. Même si on sent bien que l’atmosphère sociale est explosive.

    Comment agir dans cette séquence ?

    Pour le NPA, toutes ces luttes sociales participent de la reconstruction de la conscience de classe. Les luttes féministes ou contre le racisme aident à unifier notre classe. La question de l’heure est d’organiser, faire converger toutes ces luttes dans l’affrontement contre le gouvernement et le patronat.

    La première action militante est de soutenir les luttes en cours : aider à leur auto-organisation, passer sur les piquets de grève, alimenter les caisses de grève, etc. Nos porte-paroles se déplacent pour rencontrer les grévistes et amener avec eux les médias pour donner de la visibilité aux luttes. C’est aussi l’occasion de raconter ce qu’on a vu ailleurs, de favoriser les contacts entre les différentes boîtes concernées. Ce n’est pas évident parce que tenir un piquet de grève, occuper son lieu de travail est déjà un effort considérable mais c’est absolument nécessaire pour sortir les conflits de l’isolement et du cas par cas.

    À l’échelle nationale, notre parti a été à l’initiative d’une réunion unitaire à laquelle ont participé une douzaine d’organisations politiques avec l’objectif de soutenir les salarié·es en lutte, de façon complémentaire à l’action des syndicats. Avec meetings, concerts de soutien, marches contre les licenciements… Des déclinaisons locales sont également en cours de construction en particulier dans les bassins directement concernés par des plans de licenciements.

    Nous voulons aussi essayer de construire des perspectives politiques larges parce que si nous ne sommes pas présents sur le terrain social, c’est le Rassemblement national qui va se construire sur la base du désespoir et des politiques antisociales. Il y a donc un enjeu très important et une urgence à construire des perspectives politiques qui aident les mobilisations, qui redonnent de l’espoir dans un avenir meilleur pour notre camp social. Ce n’est pas facile car des divergences existent : certain·es défendent l’interdiction des licenciements, d’autres le droit de veto des travailleuses et des travailleurs, d’autres un moratoire. Sur les questions écologiques aussi il existe des différences en termes d’appréciation et de solutions : sur les productions inutiles ou dangereuses, les relations producteurs-usagers, les cadres de délibération et de décision. Dans un premier temps, il y a une convergence claire autour de la revendication de stopper les licenciements et de se donner du temps pour des reconversions lorsque cela est nécessaire.

    Nous portons la nécessité d’interdire les licenciements, d’assurer la continuité des revenus des travailleuses et des travailleurs, de renforcer la protection sociale et de réduire massivement le temps de travail. Il faut produire moins et mieux, en travaillant moins : moins d’heures par semaine, moins de jours dans l’année, moins d’années dans la vie ! C’est urgent pour nos vies, pour la planète, pour que chacun·e puisse s’épanouir et vivre. Soyons clair : cela suppose de s’affronter aux patrons, au gouvernement, au pouvoir, de remettre en cause fondamentalement le fonctionnement du système capitaliste pour construire une autre société éco-socialiste. 

    Commission intervention sur les lieux de travail

    • 1. CGT, 286 PSE : près de 300 000 emplois menacés ou supprimés. Site cgt.fr, 27 novembre 2024.
    • 2. Observatoire des inégalités, Comment évolue la pauvreté en France ? Site inegalite.fr, 17 juillet 2024.
    • 3. INSEE, L’essentiel sur... la pauvreté. Site insee.fr, 17 octobre 2024
    • 4. CGT, Assurance chômage : la poursuite du saccage après la réforme des retraites. Site cgt.fr, 12 novembre 2024
    • 5. DARES, Les seniors sur le marché du travail en 2023. Site dares.travail-emploi.gouv.fr, 11 septembre 2024.
    • 6. Michael Roberts, La persistance de la longue dépression du capitalisme mondial. Inprecor n°722-723, juillet-août 2024.
    • 7. NPA Auto-critique, Le plan Volkswagen : plusieurs usines fermées et des dizaines de milliers de suppressions d’emplois. Site npa-auto-critique.org, 29 octobre 2024.
    • 8. Grenoble je ne boirai plus de ton eau. Le Postillon n°68, printemps 2023.
  • Tous ensemble : en finir avec la 5e République, changeons de société !

    La censure du gouvernement Barnier, du jamais vu depuis 1962, montre l’approfondissement de la crise politique en France. Celle-ci a pour origine la crise économique mondiale : Macron a besoin de faire payer les salarié·es pour que le patronat maintienne ses profits. La seule issue pour notre camp social est une mobilisation massive qui irait jusqu’au bout pour rompre avec cette société !

    Michelin, Vencorex, Auchan, Arkema, Valéo… Les annonces de licenciements font la Une des journaux locaux, mais il y aussi toutes les petites structures qui licencient ou disparaissent en silence notamment dans le secteur de l’économie sociale et solidaire, faute de subventions (lire les articles de la CILT et de J-C Laumonier, pp. 4-6). Du côté de la fonction publique ce n’est pas mieux avec des milliers de suppressions d’emplois dans l’éducation, les collectivités territoriales (lire l’article de Sally Brina p. 29), les finances publiques (lire l’article de Simon Picou, p. 12).

    En parallèle, le gouvernement essaye de nous faire travailler toujours plus : recul de l’âge de la retraite, suppression d’un jour férié, intensification du travail… les patrons cherchent à détruire tous les mécanismes de solidarité, que ce soit l’assurance chômage, l’assurance maladie, les retraites, les remboursements de médicaments pour récupérer un argent qui aujourd’hui leur échappe.

     

    Les milliards pour les patrons et la misère pour nous

    Avec toutes ces attaques, c’est la fin du compromis social de l’après-guerre. Ce qui se dessine, c’est un retour à une exploitation capitaliste bien plus violente que ce que nous avons connu, quelle que soit notre génération. Le capitalisme est dans une telle crise, que pour préserver les intérêts des plus riches, il doit nous ramener plus d’un siècle en arrière par la précarisation des  travailleuses et des travailleurs, la destruction du système éducatif et de santé ainsi que des protections sociales (voir l’article de Jean-Claude Laumonier p. 14).

    C’est pour étoffer ce diagnostic que nous≠ souhaitions clarifier notre vision de la sécurité sociale (lire l’article de Marianne Perron et Jean-Claude Laumonier p. 22, ainsi que l’entretien avec Nicolas Da Silva p. 17) et notre argumentaire sur le  100% sécu (lire l’article de Janine Carrasco et Frank Prouhet p. 25).

    Là où l’extrême droite est au pouvoir, comme en Italie, en Argentine ou aux États-Unis (lire l’article de Thierry Labica, p. 8), elle mène une politique anti-sociale. L’ensemble des travailleuses et travailleurs paye la crise : Aujourd’hui, comme tout au long du 20e siècle, le racisme maintient les capitalistes au pouvoir et participe à la division de  notre classe (lire les articles de Gilbert Pago p. 31 et Christine Poupin p. 33). En alimentant la haine et les discriminations les plus abjectes, le RN ne sera jamais une solution pour le prolétariat mais il peut constituer une option pour la bourgeoisie dans ce contexte de crise.

     

    Ne comptons que sur nos propres forces

    Aujourd’hui les salarié·es des boites qui licencient, restent isolé⋅es les un⋅es des autres. Chacun⋅e espère sauver sa peau individuellement. D’un côté, les salarié·es du privé se battent pour des primes de départ supplémentaires, mais pas contre les licenciements. De l’autre côté, les salarié·es de la fonction publique ont leurs propres revendications mais ne sont pas rejoint·es par l’ensemble de la population pourtant usagère des services publics. 

    Les grèves des 5 et 12 décembre n’ont pas été le démarrage d’une grève générale reconductible, pourtant nécessaire. Il y a urgence à se rencontrer sur les piquets de grève, dans les rassemblements, dans les réunions syndicales pour partager les revendications, nous coordonner et préparer une riposte collective aux attaques antisociales. Il faut travailler à reconstruire une vision offensive de la lutte des classes.

    Le pourrissement de la 5e République est déjà bien avancé et François Bayrou, prochain homme du compromis avec Macron, ne rompra pas avec cette politique de casse sociale. Ce n’est pas qu’un mauvais casting : l’instabilité politique dans un contexte de faiblesse du mouvement ouvrier et de renforcement croissant de l’extrême droite est un danger pour tou·tes. Malgré l’atonie de notre camp, il faut parvenir à convaincre que seule la construction d’un rapport de force, et non sa délégation à un champ parlementaire acquis au libéralisme, peut nous permettre d’obtenir davantage. Il n’y a que par nos mobilisations, par la grève, le blocage du pays que nous pourrons imposer l’interdiction des licenciements, des projets de reconversions industrielles respectueux des travailleuses et des travailleurs ainsi que de l’environnement, le maintien des emplois et des services publics de qualité, l’élimination de toutes les discriminations, l’abrogation des réformes des retraites et de l’assurance chômage… Il faut travailler moins pour travailler toutes et tous, travailler mieux pour produire ce qui est réellement utile et nécessaire pour préserver la planète et notre santé, pour avoir le temps de vivre dignement. 

  • La bête immmonde n'est pas morte !

    La bête immonde n’est pas morte !

    Il est peut-être la seule personne de qui on ne dira pas qu’elle « a passé l’arme à gauche ». Ce serait nous faire offense. Même dans la mort, Jean-Marie Le Pen ne peut incarner autre chose que le racisme, le colonialisme, l’antisémitisme, l’homophobie et la misogynie.

    Il a résumé à lui seul l’extrême droite française pendant des décennies : des nostalgiques de l’OAS et de l’Algérie française jusqu’aux idéologues nazis et antisémites, en passant par le racisme et le machisme le plus ordinaire… et horripilant.

    Nos premières pensées vont à ses victimes directes, les AlgérienNEs tués et torturés pendant la guerre d’indépendance. Et à ses victimes indirectes, à toutes les personnes qui ont eu à subir le racisme, les discriminations, les injustices voire les injures et les coups. Et elles sont nombreuses, ses victimes, tant il a contribué à décomplexer le racisme, à venir le remettre sans cesse au cœur du débat politique… jusqu’à se hisser au second tour de l’élection présidentielle en 2002.

    Jean-Marie Le Pen mort, cela devait arriver un jour. En revanche, ses idées sont bien vivantes. Il n’est qu’à lire l’hommage d’Éric Ciotti pour se convaincre de son héritage empoisonné : « il a été un lanceur d’alerte précurseur sur l’immigration de masse et ses ravages ». Confirmé par Éric Zemmour.

    Aujourd’hui, sa fille, près de 15 ans après avoir pris les rênes du parti que Le Pen père avait fondé, est aux portes du pouvoir. Ce sont 89 députés du RN qui sont entrés à l’Assemblée nationale en 2022, et 130 en 2024. Et, ils font la pluie et le beau de temps de gouvernements qui hier chassaient les voix du FN et du RN, de Balladur à Sarkozy, et aujourd’hui votent les lois avec eux, de Borne à Barnier. Et, qui sait, demain Bayrou…

    Le nouveau Premier ministre voit d’ailleurs en Le Pen « une figure de la vie politique française » avant d’ajouter « On savait, en le combattant, quel combattant il était », quand l’Élysée se retranche derrière un communiqué en appelant au jugement de l’histoire.

    Notre jugement est fait. Marine Le Pen a fait mine de remiser l’antisémitisme de son père, qui en 1987 pour un clin d’œil à ses camarades négationnistes et nazis avait présenté les chambres à gaz comme « un point de détail de la Seconde Guerre mondiale », pour le remplacer par une nouvelle islamophobie, permettant par ce lifting de mettre le racisme au goût du jour. Elle a rendu le racisme acceptable pour la bourgeoisie et son personnel politique.

    Jean-Marie Le Pen est mort, mais la bête immonde est bien vivante. Nous avons combattu le père et ses amiEs pendant des décennies, nous continuerons de combattre ses héritierEs.

  • Nos vœux pour 2025 : qu’un grand mouvement social dégage Macron et l’extrême droite !

    Le bilan de l’année est terrible : génocide en Palestine, guerre en Ukraine, les morts et le désespoir des habitant·es de Mayotte, sans compter les milliers de migrant·es qui meurent toujours en mer. Mais aussi les licenciements par centaines de milliers qui vont jeter toujours plus de personnes dans la misère. Et l’inaction climatique sert toujours à maintenir les profits et le productivisme.

    Macron pourtant se gargarise sur différents sujets, tentant de masquer son bilan catastrophique, nous parlant de 2050 pour faire oublier 25 ans de politiques antisociales. Il se gargarise en particulier de la reconstruction de Notre-Dame de Paris, mais cela montre bien les choix qu'il opère. Rapide à vouloir restaurer un monument détruit car mal entretenu, comme de nombreux monuments et services publics. Et cela ne l’empêche pas de continuer de dégrader les conditions de vie de la population par la casse continue de l’école,  de l'hôpital,  des transports…

    Il est encore plus risible quand il essaie de faire croire à un mea culpa concernant la dissolution alors qu’il  a délibérément choisi à plusieurs reprises de s’asseoir sur le résultat des urnes. Bayrou n’est que la continuité du gouvernement Barnier. Sans légitimité comme son prédécesseur, il finira de même, percuté par la crise politique. Avec le danger que représente l’extrême droite et qui attend son heure pour mener des attaques antidémocratiques et antisociales sans précédent. Une extrême droite à laquelle Macron multiplie les mains tendues, comme ce soir en parlant de sécurité, de militarisme, de nationalisme, à l’heure où il faut construire un monde de solidarité face à la misère, aux guerres et au changement climatique.

    Alors, nos vœux pour 2025 sont simples : nous voulons qu’un grand mouvement social balaie Macron et sa politique, marginalise l’extrême droite et recrée un espoir pour les classes populaires. Nous voulons que, en Palestine, en Ukraine ou ailleurs, les guerres, financées par les grandes puissances impérialistes comme la France, les États-Unis ou la Russie, s’arrêtent.

    Pour cela, nous savons que l’enjeu de cette année est le maintien de l’unité de la gauche, pas pour aller gouverner ce système en crise, mais pour œuvrer, par en bas, à construire de grandes luttes qui le renversent.

  • Toujours mobiliséEs pour la journée internationale des migrantEs !

    À l’occasion de la Journée internationale des migrantEs, une cinquantaine de mobilisations étaient prévues entre le 14 et le 18 décembre partout en France, à l’appel de la Marche des Solidarités et des collectifs de sans-papiers.

    Plus de 300 organisations nationales et locales ont signé l’appel de la Marche des Solidarités, pour dénoncer la montée du racisme en France. De la « loi Darmanin » sur l’immigration votée début 2024, au projet de « loi Retailleau » qui se préparait avant la censure du gouvernement (et qui est toujours d’actualité puisque Retailleau pourrait se maintenir dans le gouvernement Bayrou), en passant par la perspective de l’arrivée du RN au pouvoir : face à l’offensive raciste, les signataires appellent à la désobéissance civile, à la résistance et à la lutte.

    Bienvenue aux migrantEs

    À Paris, près de 10 000 personnes ont manifesté le samedi 14 décembre au départ de la place de Clichy pour rallier la place de la République. Par exemple, dans le cortège, le Collectif des Jeunes de Belleville, composé de mineurEs isoléEs, appelait à soutenir leur lutte à la suite de leur occupation de la Gaîté lyrique depuis le mardi 10 décembre (voir page 3). Près de 250 jeunes exigent une solution d’hébergement digne et immédiate et une prise en charge effective de la part des institutions, comme la loi l’exige. Le mercredi 18 décembre, la Marche des Solidarités a initié un meeting unitaire d’organisation de la suite de la mobilisation, avec la présence de plus de 500 personnes à la Bourse du Travail de Paris.

    Parmi les autres rassemblements où des camarades du NPA-l’Anticapitaliste étaient présentEs le 18 décembre malgré la pluie, on peut citer : Rennes, environ 800 personnes étaient présentes, avec beaucoup de personnes migrantes en lutte issues de gymnases occupés, de squats avec beaucoup de jeunes en tête de cortège ; Grenoble, avec la présence de 600 personnes à la suite d’un appel signé par une cinquantaine d’organisations ; Rouen, 500 personnes ; Le Havre, 200 personnes à l’appel d’une douzaine d’organisations ; Perpignan, 200 personnes derrière la banderole « Bienvenue aux migrantEs — Chez nous, c’est chez vous ! »,  à la suite d’un appel signé par 28 organisations ; Romans-sur-Isère, 130 personnes à l’appel de l’Asti, signé par 24 organisations. 

    On peut toutefois regretter l’absence de couverture de ces mobilisations par les médias nationaux.

    Résister , continuer le combat

    Partout en France, le NPA-l’Anticapitaliste était donc présent pour apporter son soutien aux premierEs concernéEs. Il soutient les revendications suivantes :

    – pour l’égalité des droits de toutes et tous et la régularisation des sans-papiers ;

    – pour la fermeture des centres de rétention, l’abolition du dispositif européen Frontex et la liberté de circulation ;

    – pour le logement de toutes et tous les sans-abris, avec et sans papiers, l’application de la loi de réquisition et l’abrogation de la loi Kasbarian-Bergé ;

    – pour l’accès de toutes et tous à la santé et à l’école ;

    – pour l’abrogation de la loi Darmanin, de toutes les lois racistes, du pacte migratoire européen et du règlement Dublin ;

    – pour la solidarité internationale avec tous les peuples en lutte pour la justice, la liberté, l’égalité et la fin du colonialisme de la Palestine au Sahel en passant par le Liban, de la Kanaky à la Martinique en passant par Mayotte.

    Où que l’on soit néE, solidarité !

    Commission nationale immigration et antiracisme
     
  • Procès Mazan : la honte a changé de camp !

    Après plusieurs mois de procès, le verdict est tombé le 19 décembre à Mazan : les 51 hommes accusés ont tous été reconnus coupables, pour la majorité d’entre eux de viols aggravés.

    Nous apportons tout notre soutien à Gisèle Pelicot et au courage dont elle a fait preuve, notamment en demandant la levée du huis clos. Nous apportons aussi tout notre soutien à Caroline Darian, dans son combat pour être reconnue comme victime. Nous apportons enfin tout notre soutien à toutes les femmes victimes de violences sexistes et sexuelles.

    Des milliers de femmes à travers le monde se sont reconnues dans l’histoire de Gisèle Pelicot, et ce procès est devenu emblématique de la façon dont les femmes victimes sont traitées par la justice. Habituellement, les violences faites aux femmes sont particulièrement peu reconnues dans la société, le fait que les 51 accusés soient aujourd’hui reconnus coupables est d’autant plus important que rare. La justice a tranché : il n’y a pas « viol et viol ».

    Ce procès est une étape pour la reconnaissance des victimes et pour leur nécessaire prise de parole. Mais le chemin reste long face à la culture du viol et les idéologies masculinistes, à l’instar de cet avocat de la défense qui en sortant du tribunal parlait des militantes féministes comme des « hystériques » et des « tricoteuses ». Nous continuerons à nous mobiliser contre les violences faîtes aux femmes, et pour construire une société débarrassée du patriarcat.

  • Pour résister face à la vague de licenciements ...

    Depuis quelques semaines, les annonces de licenciements et de suppressions d’emplois dans le privé ou de postes dans la fonction publique s'enchaînent. De nombreux secteurs sont touchés : l'automobile bien sûr, la chimie, la grande distribution, la métallurgie mais aussi l’Éducation nationale, la culture, la santé, les collectivités territoriales… Des centaines de milliers d'emplois sont concernés.

    Nous étions une dizaine d’organisations politiques réunies le mardi 26 novembre pour discuter de l’urgence à réagir face à cette vague sans précédent, pour échanger nos analyses et surtout discuter des initiatives communes que nous pourrions prendre.

    Nous voulons tout d’abord affirmer notre solidarité avec les salarié·e·s dont les emplois sont menacés. Nous appelons à construire des cadres unitaires localement pour les soutenir dans leurs luttes, aux côtés des organisations syndicales qui sont mobilisées sur le terrain.

    Nous partageons toutes et tous l’idée qu’il faut stopper cette vague de licenciements que ce soit par un moratoire comme le propose la CGT ou par l’interdiction des licenciements. Dans tous les cas, il faut garantir la sécurité d’un point de vue humain et social pour toutes et tous, maintenir les emplois partout, garantir les salaires et prendre le temps de construire des projets de reconversion, dans le cadre de la nécessaire transition écologique.

    Un premier échange a eu lieu autour des initiatives que nous pourrions prendre : organisation de meetings pour donner la parole aux salarié·e·s, concerts de soutien pour alimenter les caisses de grève, tribune de personnalités pour alerter l’opinion, marche nationale contre les licenciements… Nous n’excluons aucun type d'initiatives et dans tous les cas nous avons le souci de le faire en lien avec les organisations syndicales et les salarié·e·s mobilisé·e·s.

    Nous sommes dans une situation d’urgence sociale, mais aussi de crise écologique et politique. Nous voulons aider à la convergence des combats face à la casse sociale et soutenir toutes celles et tous ceux qui luttent, qu’ils soient salariés ou privés d’emplois. Nous nous battons pour le droit à l’emploi et aux revenus, l’abrogation des réformes de l’assurance chômage et des retraites. Parce que le Rassemblement National est en embuscade dans une situation d'instabilité politique forte, nous avons une responsabilité pour reconstruire la confiance dans notre force collective et lutter contre la division de notre camp social instillée par l'extrême droite.

    Nous appelons toutes les organisations qui se retrouvent dans ces préoccupations à participer à la prochaine réunion unitaire qui aura lieu le 9 janvier à 19h.

     

    Organisations signataires :

    Ades, Allons Enfants, L’Après, Ensemble, Gauche démocratique et sociale, Gauche écosocialistes, Nouvelle Donne, NPA-l’Anticapitaliste, Peps, Les Radicaux de gauche, Révolution Permanente, Union communiste libertaire

    https://npa-lanticapitaliste.org/sites/default/files/communique_unitaire-pour_resister_a_la_vague_de_licenciements.pdf

  • Le mal-être des jeunes...

    La crise du covid a mis en lumière le mal-être de la jeunesse. Malheureusement, il n’est pas nouveau, même s’il s’est accentué ces dernières années.

    Parmi les étudiantEs, 41 % présentent des symptômes dépressifs ; ils étaient 26 % avant le covid. C’est 15 points de plus en seulement quatre ans. 

    Dépression

    Leurs angoisses sont connues : difficultés économiques, études de plus en plus sélectives et donc stressantes, chômage… Et pour ne rien arranger, certains facteurs sociétaux viennent plomber le moral des jeunes. Ils citent presque tous le contexte géopolitique, avec les conflits internationaux et le dérèglement climatique, qui rend leur futur toujours plus incertain.

    Les résultats d’une enquête nationale (EnCLASS 2022) publiés le 9 avril 2024 révèlent qu’unE adolescentE sur sept présente de graves risques de dépression. La tendance est beaucoup plus marquée chez les jeunes filles. La progression la plus importante a été observée chez les jeunes adultes (18-24 ans), avec une hausse de 9 points entre 2017 (11,7 %) et 2021 (20,8 %). 

    Les personnes plus à risque d’épisode dépressif sont les jeunes de 18-24 ans, les femmes, les personnes vivant seules, les familles monoparentales, celles se déclarant pas à l’aise financièrement, au chômage ou celles ayant ressenti un impact négatif de l’épidémie de covid-19 sur leur moral.

    Suicide

    Le suicide est l’une des principales causes de décès dans le monde. Selon l’OMS, il s’agit de la 3e cause de mortalité chez les jeunes entre 15 et 29 ans. La France n’échappe pas à ce constat alarmant puisque le suicide reste la deuxième cause de mortalité.

    Selon le 5e Rapport de l’Observatoire national du suicide (2022),1 lycéenE sur 10 a déclaré avoir fait une tentative de suicide au cours de sa vie. Entre 2019 et 2021, le nombre de tentatives de suicide a augmenté de 30 % chez les 11-17 ans et 24 % des lycéenEs déclarent des pensées suicidaires ; 13 % avoir déjà fait une tentative de suicide au cours de leur vie et environ 3 % une tentative avec hospitalisation.

    Des réponses inadaptées

    Le gouvernement démissionnaire avait présenté le 11 octobre 2024 les quatre objectifs prioritaires pour promouvoir la santé mentale, érigée Grande Cause nationale pour l’année 2025. La santé mentale des jeunes en faisait partie en lien avec le Collectif Santé, dont fait partie FondaMental. 

    FondaMental est une fondation de recherche psychiatrique principalement financée par le secteur privé « qui développe et promeut une vision exclusivement biologisante de la maladie mentale et des soins inspirée strictement des paradigmes neuro-comportementaux ». Elle fonctionne sur le modèle d’autres lobbys libéraux et est liée à l’Institut Montaigne, « think tank » libéral. Bref, la grande cause nationale à la sauce Macron, bien loin d’un renforcement de la psychiatrie publique… et des réponses sociales et politiques capables d’enrayer le stress des jeunes !

    Commission santé sécu social du NPA