Le NPA-A soutient depuis longtemps une politique de dépénalisation de la consommation des stupéfiants : il y a néanmoins plus à dire sur la consommation de drogues pour construire une politique qui soit réellement en faveur des quartiers populaires. Pour l’expliciter, il faut revenir sur la place que prennent les drogues dans le quotidien des banlieues, incarner le propos et identifier le rôle politique qu’elles jouent.
NPA l'Anticapitaliste 06 et 83 : le blog - Page 47
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Dépendance et capitalisme souterrain : que sont exactement ces maux qui font souffrir nos quartiers ?
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Le double objectif de la répression à l’université...
année 2024, cette répression a atteint un pic avec l’utilisation ssytématique de la police pour évacuer les manifestations de protestation sur le génocide. Une répression d’État jusqu’au plus haut niveau car Laurent Wauquiez président de région a ordonné la suppression des subventions de l’université Lyon 2 pour soutien à la Palestine et islamo-gauchisme. Il ne faut pas sous-estimer le précédent que cela crée — qui est d’ailleurs une copie des menaces de Trump sur l’université d’Harvard. Pour Trump et son administration, Harvard est une institution antisémite parce que des étudiant·es se sont mobilisé·es pour la Palestine.
L’instrumentalisation de l’antisémitisme a également fait une avancée pour museler les universités. En effet, il s’agit bien entendu de la raison principale évoquée pour interdire et censurer les voix pro palestiniennes.
En particulier, au sujet de la loi censée lutter contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur, la députée Caroline Yadan a introduit un amendement durant l’examen en séance pour que la définition de l’antisémitisme soit celle de IHRA et qui assimile certaines critiques d’Israël et de sa politique à une nouvelle forme d’antisémitisme. De plus, l’article 3 crée par le recteur une section disciplinaire régionale externe à l’université, qui peut être saisie sur demande de la présidence, et qui peut sanctionner des faits « portant atteinte au bon fonctionnement de l’établissement » ou des faits « en dehors de l’établissement ayant un lien avec ». Il s’agit d’une réponse répressive pour faire taire les mobilisations palestiniennes dans un premier temps et les mobilisations étudiantes dans un second.
Le texte final issu de la commission paritaire a certes exclu la définition de l’IHRA, mais a gardé toutes les dispositions liberticides de l’article 3. C’est une atteinte très grave puisque cela va accélérer les sanctions (comme l’interdiction d’accès à certains bâtiments), les exclusions et la répression des étudiants et étudiantes qui se mobilisent dans les universités et font vivre la solidarité internationale. Cependant, il ne faut pas sous estimer que les étudiant·es juifs.ves peuvent subir de l’antisémitisme à l’université comme dans le reste de la société, les discours qui amalgament l’antisionisme et l’antisémitisme en sont aussi responsables, qu’il y a un vieil antisémitisme de l’extrême-droite bien ancré sur les universités : saluts nazis, jeu de cartes antisémites, croix gammées... Plusieurs affaires récentes impliquant des responsables de l’UNI nous rappellent qui nourrit l’antisémitisme.
Il ne reste que l’hypocrisie des directions universitaires faisant semblant de verser des larmes sur le sort de Gaza tout en interdisant toute expression de solidarité.
Hypocrisie du gouvernement
Cette hypocrisie vient d’en haut. D’ailleurs les directives sous forme de circulaires — sur l’expression de l’antisémitisme par exemple — ou même le rapport de déontologie commandé par le gouvernement qui insiste sur le fait que les universités ne choisissent pas en autonomie leurs partenaires scientifiques. Cet argumentaire du rapport de déontologie visait essentiellement à justifier le maintien des collaborations universitaires avec Israël, insistant — de manière complètement hallucinante — sur le fait que les universités devaient suivre les directives stratégiques de la France, tout en insistant sur les libertés universitaires qui sont censées justifier le partenariat avec Israël.
Cette hypocrisie et ce double langage sur les libertés universitaires s’est particulièrement illustré lors du mouvement Stand Up For Science. L’attaque sur la recherche publique de l’administration Trump s’est faite avec une brutalité et une violence sans précédent. Des chercheuses et chercheurs licencié·e·s du jour au lendemain, des subventions supprimées sans préavis, fermeture des applications de support (comme les mails) interdictions de voyager etc. tout un ensemble de mesures hallucinantes qui ont complètement décimé un grand nombre de laboratoires de recherches étatsuniens. Cette violence est d’autant plus ressentie comme absurde vu le passé stratégique de financement massif de la recherche fondamentale via l’argent public aux États-Unis. Il a pris pour cible les secteurs de la recherche détestés par la droite : sur le racisme et l’inclusion (DEI) mais également sur le réchauffement climatique et évidemment toutes les études sur les potentiels impacts d’industrie polluantes. La dérégulation néolibérale atteint le sommet de se rendre totalement aveugle aux problèmes pour ne pas avoir à réglementer sur ceux-ci.
Il s’agit également de faire pression sur les universités considérées comme bastion de gauche — comme Harvard évoqué ci dessus — selon la même double logique.
Comme pour la Palestine, il y a eu une réponse à ces attaques par les milieux académiques américains. Stand up for Science a réussi à agréger des dizaines de milliers de chercheurs et chercheuses dans le monde. Des milliers de manifestations et happenings ont eu lieu lors du mois de mai, notamment parmi une population qui ne se mobilise plus depuis des années. Cette mobilisation a permis un démarrage — en fin d’année universitaire malheureusement — d’un mouvement initié par les étudiantes sur la question du budget.
En effet, la colère a notamment été autorisée par Macron et des annonces d’accueil. Le même week-end ou des coupes de plusieurs centaines de millions d’euros du budget de la recherche ont été annoncées, l’Elysée déclarait : « Le Président de la République a porté une vision où la recherche devient un levier d’indépendance, de compétitivité et de souveraineté ». Comme on l’a vu ce discours masque mal surtout un contrôle politique de l’université sous couvert d’indépendance. Ce discours a d’ailleurs été repris par bon nombre de présidents d’université alors qu’ils et elles accompagnent et gèrent les politiques gouvernementales bien souvent avec enthousiasme.
Il reste que même s’il a été timide le mouvement suite à Stand Up For Science montre que potentiellement il existe une volonté de se mobiliser notamment chez les étudiantes et étudiants. Les conditions d’étude se sont tellement dégradées depuis une vingtaine d’années et il y a eu une perte de tradition de lutte à l’université ce qui fait que l’université n’est plus le bastion de contestations que cela a été. Mais malgré la répression et l’atomisation, il y a quand même quelques points d’appui qui font qu’on peut espérer un renouveau d’une génération qui va lutter politiquement pour l’émancipation au sein des universités.
Édouard Soulier et Mathilde Millat
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L’Italie échoue à remporter ses référendums...
Dave Kellaway rend compte depuis l’Italie des référendums organisés par la principale confédération syndicale et les partis officiels de l’opposition de centre gauche afin de limiter certaines des lois antisyndicales les plus répressives et d’améliorer le processus d’accès à la citoyenneté pour les immigrés.
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Nice : Paix et justice pour la Palestine...
samedi 2 aout 2025
à partir de 18 h 00
Nice, promenade des anglais, face au Méridien -
Université d’été 2025, demandez le programme !
Avec déjà plus de 300 inscrites, notre université s’annonce comme un succès. Il est vrai qu’il s’agit d’un événement immanquable pour les militantEs avant la rentrée. D’ailleurs, inscrivez-vous vite car les places vont finir par manquer !
Au programme : formations et débats pour discuter de la situation politique en France et dans le monde à l’heure de la multiplication des crises du capitalisme (crises économiques, crises climatiques, guerres…) et de l’exacerbation des tensions de la classe capitaliste. Mais nous aurons aussi de nombreux moments culturels et festifs : projections de films, expositions, soirées animées…
Un cycle de formation sur Fanon
Allez, arrêtons le suspens, voici en avant-première une idée plus précise du programme qui vous attend. À l’occasion du centenaire de la naissance de Frantz Fanon, nous proposerons un cycle de 4 ateliers autour de sa pensée et de son parcours. Nous reviendrons sur son histoire avec l’atelier « Fanon : militant anticolonial, penseur décolonial » accompagné par Mireille Fanon-Mendès-France et Lissell Quiroz. Nous approfondirons aussi sur sa pensée décoloniale lors d’un atelier sur le colonialisme français d’hier à aujourd’hui, avec Philippe Azema et des militants kanak, ainsi que d’un atelier sur l’Algérie et le soulèvement des damnés de la terre avec Nadir Djermoune et Mireille Fanon-Mendès-France. Enfin nous parlerons des apports de Frantz Fanon en matière de psychiatrie lors de l’atelier : « Fanon, psychiatre de la désaliénation ». Mardi soir, nous assisterons à la projection du film Sur les traces de Frantz Fanon avec le réalisateur Mehdi Lallaoui (2021), qui revient sur la vie et l’œuvre de Frantz Fanon.
Et un autre sur la montée des guerres impérialistes
Notre second cycle sera évidemment consacré aux guerres et à la montée des impérialismes. D’abord avec Claude Serfati, Catherine Samary et Franck Gaudichaud lors d’un atelier : « Impérialisme, militarisme : concurrences et redéploiement mondial des offensives » qui proposera une analyse globale de la situation internationale. Nous reviendrons aussi sur la situation de génocide en Palestine avec Monira Moon et Salah Hamouri au cours de l’atelier : « Palestine : lutte armée, lutte de libération nationale et mobilisation internationale ». Nous approfondirons la situation globale de la région au Moyen-Orient en particulier depuis les attaques contre l’Iran en juin lors de l’atelier : « Moyen-Orient : entre guerres israélo-US et dictatures, bilan et perspectives d’une reconfiguration contre les peuples » avec des camarades de la région et Édouard Soulier. Ce cycle sera aussi l’occasion de reparler de la situation en Ukraine avec Mira et Andriy (Solidarity Collectives), Patrick Silberstein (Éditions Syllepse et RESU, en visio) et Manon Boltansky au cours de l’atelier « Ukraine : résistance populaire, antimilitarisme et lutte armée ». Enfin, cela sera l’occasion de revenir sur la façon dont la guerre remodèle le travail et la production durant un atelier spécifique traitant ces questions : « Industrie de guerre : défendre une position internationaliste et lutte de classe pour l’emploi, la reconversion, la paix » avec Claude Serfati (économiste, spécialiste de l’industrie d’armement) et des camarades des entreprises concernées.
Ce sont les auteurEs qui en parlent le mieux
Comme chaque année, l’université d’été sera aussi l’occasion de rencontres littéraires avec des autrices et des auteurs, autour autour des dernières sorties en librairie. Ainsi, vous pourrez retrouver le livre Ennemis mortels, origine coloniale de l’islamophobie française (La Brèche, 2025) avec l’auteur Olivier Le Cour-Grandmaison. Livre que les éditions La Brèche sont heureuses de pouvoir compter à leur catalogue et qui revient sur la façon dont l’islamophobie s’est développée en France y compris chez des intellectuels. Vous pourrez aussi retrouver Ludivine Bantigny qui présentera Nous ne sommes rien soyons toutes (Seuil, 2025) qui revisite l’histoire des luttes féminines et féministes, sociales et politiques de la Révolution à nos jours. Somayeh Rostampour nous parlera aussi de son dernier livre : Femmes en armes, savoirs en révolte (Éditions Agone, 2025) qui a pour objet un féminisme qui ne dit pas son nom, qui émerge dans un conflit armé long, un féminisme pensé par et pour des femmes kurdes, au carrefour de plusieurs oppressions. Jules Falquet sera aussi des nôtres pour présenter La Combinatoire straight (Éditions Amsterdam, 2025) où elle analyse en profondeur les liens entre colonialisme, violences sexuelles, métissages forcés et bâtardise, montrant comment la combinatoire straight moderne-coloniale a produit le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui.
Enfin, Olivier Besancenot et Michael Löwy reviendront sur leur livre Marxistes et libertaires (Éditions Libertalia, 2025, lire page 7) à l’occasion de sa réédition. Les histoires du mouvement révolutionnaire racontent en détail les désaccords, conflits et affrontements entre marxistes et anarchistes. Il existe un autre versant de l’histoire, non moins important, mais souvent oublié, et parfois même délibérément écarté : celui des alliances et des solidarités agissantes entre anarchistes et marxistes.
Et puis des surprises, des ateliers spécifiques
Évidemment, le programme réserve plein d’autres surprises. Comme le forum du mardi après-midi qui permet de faire le point sur l’analyse de la situation sociale et politique en France notamment après les annonces de Bayrou sur son budget qui attaque le monde du travail, avec les acteurs syndicaux et politiques qui ont fait le NFP (Nouveau Front populaire) l’an dernier.
Comme aussi, les discussions autour du manifeste écosocialiste de la 4e Internationale adoptée lors de son Congrès mondial en février 2025. Comme les ateliers du CEM (Centre d’études marxistes). Et des ateliers pour tenter de répondre à toutes les questions que nous nous posons : comment interdire les licenciements ? Quelle bataille pour défendre la Sécu ? Comment lutter contre l’extrême droite notamment en matière d’écologie ? Comment défendre les femmes en première ligne dans le monde du travail ? Comment lutter contre le racisme, et l’antitsiganisme en particulier ? Quelle pédagogie pour une éducation émancipatrice, à l’heure des révélations sur les violences faites aux enfants à Bétharram et ailleurs ? Comment renforcer les luttes des étudiants et des jeunes ?
Mais aussi des films, des ateliers pratiques très pratiques, comme ce qu’il (ne) faut (pas) faire en garde à vue ? On en oublie certainement, on s’excuse, on a encore du travail pour tout préparer (mais ce sera prêt !).
Tout cela n’est qu’un mince aperçu du choix offert par ce programme très dense. On vous prévient : impossible de tout faire ! Ces quatre jours sont aussi riches de rencontres, d’échanges informels, de camaraderie et de convivialité. Le plus simple, c’est de venir voir… au soleil, avec la plage pas loin ! On vous attend.
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Pour s’inscrire à l’Université d’été du NPA-l’Anticapitaliste 2025
Une adresse : npa-lanticapitaliste.org/UDT2025
Sinon adresser chèque, chèques vacances ou espèces directement à :
NPA-l’Anticapitaliste,
Université d’été,
2 rue Richard-Lenoir, 93100 Montreuil.
Inscrivez-vous vite car les places sont comptées !
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Climat : un plan d’urgence est nécessaire...
Les épisodes caniculaires s’ajoutent aux autres manifestations du chaos climatique (sécheresses, incendies, inondations…) et impactent tous les aspects de notre vie. Déjà bien présentes, les catastrophes climatiques exigent d’agir immédiatement pour protéger toute la population et ses membres les plus vulnérables, enfants et personnes âgées, malades chroniques et travailleur·ses exposé·es.
Depuis 2017, les gouvernements successifs de l’ère Macron s’acharnent à détricoter le droit environnemental, à promouvoir le business agricole et à réprimer toute contestation des projets écocides, car rien ne doit entraver la course à la croissance et aux profits.
Après l’attribution aux préfets de pouvoirs exorbitants les autorisant à passer en force par-dessus les réglementations environnementales, après la relance criminelle du nucléaire, après la suppression de la loi Zéro artificialisation nette – déjà insuffisante – après les entraves aux actions en justice qui ont fortement réduit les possibilités de recours contre des projets inutiles, le gouvernement attaque de nouveau le vivant avec la loi Duplomb. Le vote de cette loi vient couronner sa politique, en réautorisant l’utilisation de pesticides pourtant jugés toxiques par les scientifiques, en encourageant l’implantation des mégabassines et en facilitant l’élevage industriel concentrationnaire.
C’est pourtant clair : la direction de la société par le capitalisme et le mode de vie des riches qui en découle sont les principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre. Si les riches peuvent rester à l’abri, la population est en première ligne. Il faut donc mener la bataille syndicale et politique et obtenir un plan d’urgence immédiate dans les services publics et les lieux de travail :
•dans les établissements scolaires et les crèches, poser du double vitrage, des rideaux isolants, des ventilateurs ou des brumisateurs, investir pour rénover le bâti, isoler les bâtiments, végétaliser les cours de récréations bitumées. Aucun enfant ne doit être privé d’école ! ;
• mettre en place un plan national et un service public de rénovation des logements afin d’en finir avec les « bouilloires thermiques » ;
• stopper la bétonisation, multiplier les espaces verts ;
• augmenter, former le personnel des Ehpad et des services hospitaliers ;
• généraliser les mesures obtenues par la CGT BNF, une heure en moins sans perte de salaire au-dessus de 32 °C, la journée au-dessus de 35 °C ;
• créer les postes et moyens supplémentaires pour l’inspection du travail et des droits pour les salarié·es, en particulier le rétablissement des CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) supprimés par la loi El-Khomry, dite loi Travail, en 2016 ;
• instaurer le Zéro artificialisation et un moratoire sur tous les projets écocides : autoroutes, mégabassines, grandes infrastructures et projets types Jeux Olympiques… ;
• augmenter et généraliser le Versement Mobilité pour des transports publics gratuits, étendus, adaptés aux besoins et accessibles à tou·tes.
À nous d’imposer par nos luttes un plan d’urgence climat !
Commission nationale écologie
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Contre la corruption, la société ukrainienne descend dans la rue !
Les 22, 23, 24 et 25 juillet, malgré une loi martiale interdisant les manifestations, des milliers de personnes se sont réunies dans plusieurs villes du pays, dans la capitale de Kyiv mais aussi dans des villes comme Sumy ou Kharkiv qui continuent de subir bombardements et tirs de missiles quotidiennement, de nuit comme de jour.
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La solidarité avec la résistance ukrainienne, un impératif pour la gauche...
L’invasion de l’Ukraine par la Russie, déjà responsable de plus d’un million de victimes, n’est pas près de s’arrêter. Réponse à quelques arguments qu’on entend trop souvent et qui cherchent à délégitimer la solidarité.
Car, malgré l’offensive d’un régime néofasciste contre un peuple, nombreuses sont les forces de gauche qui, lorsqu’elles ne s’y opposent pas explicitement, sont réticentes à s’inscrire dans le mouvement de solidarité internationale avec l’Ukraine.
Relation des impérialistes avec la Russie
Premier argument : l’Ukraine serait « gangrénée par des nazis et des fascistes », ce qui correspond mot pour mot à la propagande déployée par Poutine pour légitimer son invasion. Dans la réalité ukrainienne, les forces apparentées à l’extrême droite ont réalisé 2 % des voix aux dernières élections législatives de 2019. Si l’on ne peut nier la dangerosité des groupes d’extrême droite présents au sein de l’armée, ils représentent une infime minorité des 900 000 agentEs que compte l’armée ukrainienne. Il y a ici une responsabilité décisive de la gauche européenne à montrer un soutien sans ambiguïté. L’extrême droite en Ukraine s’appuie sur ce refus de solidarité de la part de la gauche internationale pour délégitimer les courants progressistes. Une capitulation de l’Ukraine accompagnée de la perte des territoires occupés par l’armée russe conduirait au renforcement et à l’exacerbation du nationalisme promu par l’extrême droite.
Deuxième argument : la responsabilité de l’Otan et des impérialismes occidentaux dans le déclenchement de l’invasion. C’est leur « provocation » qui aurait forcé la Russie à réagir. Cette explication omet, d’une part, la nature guerrière et expansionniste de la Russie poutinienne : principale puissance nucléaire de la planète, deuxième exportatrice d’armes au monde, la Russie a été impliquée dans trois autres opérations militaires sanglantes depuis le tout début du mandat de Poutine (Tchétchénie, Géorgie et Syrie). D’autre part, loin de mener une guerre contre la Russie, dans les années précédant l’invasion de 2022, les principaux impérialismes européens (France, Allemagne, Italie et Angleterre) avaient développé une relation économique privilégiée avec la Russie de Poutine, en particulier pour l’accès aux hydrocarbures russes.
Les UkrainienNEs mobiliséEs
Troisième argument : Une guerre interimpéraliste « par procuration » ? Cette perspective réduit les peuples à n’être que des victimes de conflits géopolitiques entre des superpuissances, et leur ôte toute agentivité dans la lutte pour leur propre émancipation. La guerre que mènent les UkrainienNEs contre l’invasion russe est une guerre de résistance populaire. L’armée ukrainienne est à 80 % une armée non professionnelle, soutenue activement par la population, les organisations syndicales1, les collectifs féministes et la gauche socialiste et anti-autoritaire. La paix et la sécurité des populations sont fondamentales pour renforcer les mobilisations contre les politiques néolibérales et le pouvoir de l’oligarchie ukrainienne.
La capitulation de l’Ukraine renforcerait l’extrême droite
Quatrième argument : le soutien militaire à l’Ukraine favoriserait la poursuite et l’extension de la guerre. La doctrine du régime russe est fondée sur un expansionnisme militaire structurel. La résistance ukrainienne est la seule actuellement capable d’enrayer la dynamique guerrière et fasciste au pouvoir en Russie qui se fonde notamment sur le sacrifice de masse de soldats issus des zones périphériques du pays, les plus pauvres et les plus racisées. La volonté de domination de la Russie sur les territoires de l’ex-URSS va de pair avec une mise sous tutelle des aspirations sociales et démocratiques en Russie. Les organisations russes qui incarnent ces aspirations font d’ailleurs face à une répression totale depuis le début de l’invasion. Ce qui légitimerait le réarmement généralisé et favoriserait l’extension de la guerre, c’est au contraire une capitulation de l’Ukraine et la perte de ses territoires, annexés par la violence. Soutenir la résistance ukrainienne, y compris militairement, c’est garantir la possibilité d’une paix juste et durable et favoriser un changement des dynamiques socio-politiques pour les peuples de la région.
Gin et Elias Vola
- 1. Appel commun des syndicats ukrainiens https://laboursolidarity…
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Afrique : Le Club des Cinq et le sociopathe...
Le retour des États-Unis sur la scène africaine vise à profiter des richesses du continent. Un objectif clairement affiché par l’administration Trump.
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Sécurité au travail : la déréglementation tue !
En moins de trois mois, cinq jeunes, dont quatre mineurs, sont morts au travail. Révoltant et triste et pourtant si prévisible… Et que va faire le gouvernement ? Rien. Et même pire.
Le 10 juillet dernier, la ministre du Travail, Panosyan-Bouvet, déclarait : « Les accidents du travail graves et mortels ne sont pas des statistiques mais des vies, des familles et des collectifs de travail brisés. S’ils ont des causes diverses, ils ont en commun d’être, pour beaucoup, évitables. Les mêmes constats sont souvent faits : insuffisance de l’évaluation des risques, risques générés par de longues chaines de sous-traitance, manque de formation des travailleurs, notamment des jeunes et des nouveaux arrivants ».
Les décès successifs de jeunes travailleurs ces derniers mois ont mis en lumière une nouvelle fois l’ampleur des morts au travail, et le gouvernement se retrouve contraint de faire croire qu’il agit, tout en ménageant les patrons, responsables de ces morts. La ministre a donc annoncé une série de mesures pour lutter contre les accidents graves et mortels, plus imprécises les unes que les autres, et aux délais de mise en œuvre incertains.
Si le gouvernement voulait réellement lutter contre cette hécatombe, particulièrement chez les jeunes qui sont deux fois plus touchés que la moyenne des travailleurEs, il pourrait commencer par revenir sur les déréglementations introduites par Macron et son prédécesseur.
Suppression de la vérification de conformité en 2015
Au printemps 2015, Valls et Rebsamen ont supprimé, par décret, l’autorisation de l’inspection du travail pour affecter des salariéEs mineurEs à des travaux dangereux. Depuis, une simple déclaration, que la plupart des employeurs ne se donnent même plus la peine d’adresser, suffit pour faire travailler unE jeune sur une presse, l’exposer à des agents chimiques dangereux, ou lui faire conduire un engin de levage.
Auparavant les inspecteurEs du travail se déplaçaient dans l’entreprise et vérifiaient la conformité des équipements concernés et plus généralement le respect des règles de sécurité dans l’entreprise, ce qui conduisait fréquemment à des décisions de refus (y compris dans les lycées professionnels !).
Toujours en 2015, la loi Rebsamen a autorisé les patrons à renouveler les CDD et les contrats d’intérim deux fois au lieu d’une seule. Il était pourtant déjà parfaitement connu que la précarité surexpose les travailleurEs aux accidents du travail.
Fin de la visite médicale d’embauche en 2016
L’année suivante, la loi El-Khomri, dite « loi travail », a mis fin à la visite médicale d’embauche, remplacée par une visite d’information et de prévention à réaliser dans les trois mois suivant l’arrivée du salarié dans l’entreprise — ce qui veut dire jamais pour les contrats de courte durée — et a permis d’espacer jusqu’à 5 ans les visites périodiques.
Les ordonnances Macron de 2017 sont venues couronner cette rafale de mesures contre la santé et la sécurité des travailleurEs en supprimant les CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), seule instance de représentation du personnel dédiée à ces sujets, pour confier leurs prérogatives aux CSE (comité social et économique).
Sans surprise, le gouvernement n’envisage de revenir sur aucune de ces déréglementations. Il a, par contre, annoncé avec son projet de budget 2026 une nouvelle réforme du droit du travail qui pourrait comprendre la suppression des visites médicales de reprise par la médecine du travail après un arrêt maladie. Chassez le naturel...
Il est grand temps de dégager Macron, Bayrou et leur clique. Dès la rentrée, toutes et tous en grève et dans la rue !
Simon Saissac