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  • Réacteurs nucléaires : tous à la retraite !

    Dans son discours de relance du nucléaire du 10 février 2022, Macron annonçait fièrement « j’ai pris deux décisions fortes » : prolonger à 50 ans la durée de vie des réacteurs et construire 6 nouveaux EPR, suivis de 8 autres. Mais la méthode Coué a ses limites.

    Avant de penser prolonger les réacteurs actuels au-delà de 50 ans, il faudrait d’abord qu’ils tiennent le coup 40 ans, durée pour laquelle ils ont été conçus. Or c’est loin d’être le cas : cet été, plusieurs réacteurs ont dû être arrêtés pour cause de vieillissement prématuré. Un phénomène bien connu mais difficile à maîtriser, la CSC (corrosion sous contrainte) affecte des organes de sécurité. La production totale des centrales EDF, retombée à l’automne à 44 % de la puissance totale du parc (données RTE), est remontée depuis, loin des objectifs cependant.

    Vous avez dit 14 EPR ? L’EPR de Flamanville ne fonctionne toujours pas, avec déjà 13 ans de retard et un coût multiplié par 6 (plus de 20 milliards d’euros). Sa mise en service annoncée pour 2024 a déjà du plomb dans l’aile car des problèmes de fragilité du cœur du réacteur ne sont toujours pas réglés. Et 2024, c’est la date dérogatoire fixée par l’ASN pour remplacer le couvercle de sa cuve. Pas encore en service et déjà défectueux …

    Le Sénat a supprimé l’objectif de réduction de la part du nucléaire

    En septembre 2022, Macron s’est fâché : il veut « un déploiement à marche forcée de la stratégie nucléaire ». Son ministre Le Maire en a rajouté : le nucléaire est la condition sine qua non à la réindustrialisation de la France. Le 2 novembre, Borne a présenté un projet de loi « d’accélération du nucléaire », qui prétend résoudre les complications techniques du parc nucléaire par la « simplification administrative ». En réalité, un passage en force : les sites seront dispensés d’autorisation d’urbanisme, le droit d’expropriation et la loi Littoral seront assouplis, le chantier pourra démarrer avant l’enquête publique… Ce 24 janvier, le Sénat a voté le texte à 94 % (239 voix contre 16), en alourdissant les peines pour intrusion dans les centrales et en imposant la révision du décret de fermeture de 12 réacteurs existants. Après Fukushima, la loi de transition énergétique de 2015 avait gravé dans le marbre que « la politique énergétique nationale a pour objectif de réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % à l’horizon 2025 » (art. 1), repoussé à 2035 par un décret de 2018. Le Sénat a supprimé cet objectif. Il n’est donc pas certain que la loi de programmation de l’énergie (PPE), en contradiction avec la loi, puisse être votée en 2023. Mais le nucléaire a son 49.3 : la politique du fait accompli.

    Risque d’accident nucléaire accru

    À 64 ans pour les êtres humains ou à 60 et même 80 ans pour les réacteurs, le vieillissement n’est pas un problème pour Macron et les parlementaires à sa botte. Avec une différence : le vieillissement des réacteurs n’a rien à voir avec leur âge. Les réacteurs les plus atteints par la CSC et les pathologies du béton sont aussi les plus récents (centrales de Civaux et Chooz). La prolongation des centrales accroît davantage le risque d’accident nucléaire. Le refroidissement des réacteurs a aussi des conséquences graves sur la faune et la flore aquatique et contribue significativement au réchauffement climatique. Greenpeace et Sortir du nucléaire ont claqué la porte du débat public, qualifié de « mascarade démocratique ». Une attitude responsable, qui va aider à amplifier les mobilisations sur le terrain.

    Commission nationale écologie
  • Poursuivre la mobilisation contre la loi Darmanin le 18 février et le 25 mars...

    Globalement les mobilisations du 18 décembre ont été une réussite, avec plus ou moins de participation des migrantEs. Les situations sont extrêmement différentes selon les villes et les forces présentes sur le terrain.

    Les mobilisations aussi combatives soient-elles restent modestes au regard de l’enjeu. La construction d’une campagne contre la loi Darmanin passe par des réunions unitaires et propositions de mobilisation comme à Montpellier ou Rouen. Dans certaines villes, comme Grenoble ou Rennes, les mobilisations portent la revendication du droit au logement, contre la loi scélérate Kasbarian et en soutien aux occupations d’écoles pour les familles sans-papiers. À Perpignan, les initiatives privilégient des liens transfrontaliers avec la Catalogne sud. À Toulouse, la mobilisation pour le logement d’une centaine de mineurEs isolés a obtenu une première victoire (voir l’Anticapitaliste n° 646).

    Lutter contre la réforme des retraites et la loi Darmanin

    Une victoire sur la question des retraites, dans le cadre d’une puissante mobilisation sociale, ne peut que nous aider à obliger le gouvernement à retirer aussi la loi Darmanin, comme la réforme de l’assurance chômage ou encore la loi Kasbarian sur le logement, toutes destinée à faire la guerre aux pauvres.

    Les migrantEs, les sans-papierEs sont particulièrement précaires. Leur insertion professionnelle est souvent tardive du fait de la difficulté d’être régulariséEs. Celles et ceux qui travaillent, les premierEs de cordée (aides à domicile, métiers pénibles, bâtiment, etc.), seront dans la misère à l’âge de la retraite, à laquelle ils n’auront pas droit pour la plupart.

    Un titre de séjour pour les métiers dits « en tension » ne résout pas le problème puisqu’il s’agira d’une régularisation à la carte, avec un titre de séjour temporaire, au service du patronat, avec des travailleurEs qu’on jette quand on n’en a plus besoin. La contre-réforme des retraites impacterait aussi durement les personnes racisées, les habitantEs des quartiers populaires victimes des discriminations à l’emploi, faisant les métiers souvent les plus précaires et les plus pénibles.

    Régularisation de toutes et tous les sans-papierEs

    La régularisation de touTEs les sans-papierEs et l’égalité des droits est une revendication cruciale liée à nos revendications de partage du travail entre toutes et tous et d’égalité des salaires. Si l’égalité salariale homme/femme réglerait une partie importante du financement des retraites, celle de la régularisation de touTEs les sans-papierEs également, de même que l’égalité salariale liées aux discriminations à l’emploi que subissent les habitantEs des quartiers populaires.

    D’ores et déjà, plusieurs dates de mobilisation sont prévues à Paris et en région. La Marche des Solidarités est un cadre d’actions, d’argumentation, de mutualisation des forces qui appelle notamment à des manifestations à Bordeaux, Nantes, Lyon, Paris, Toulouse, Lille, Calais, Marseille le 18 février contre les centres de rétention, et le 25 mars prochain pour la Journée internationale contre le racisme.

    Commission immigration-antiracisme du NPA
  • Retraites : rien à attendre du Parlement, construisons une grève dure et qui dure !

    La mobilisation du 31 janvier a été un succès. Deux millions et demi de personnes ont battu le pavé. Plus que le 19 janvier, qui avait déjà été une réussite. L’heure est désormais à l’intensification de la mobilisation : battre le fer tant qu’il est chaud, pour mettre en minorité le gouvernement et imposer le retrait pur et simple de la réforme.

    «Bordélisation », « paresseux », « bobos »… Les provocations d’un gouvernement de moins en moins légitime mais toujours aussi méprisant n’ont pas enrayé la détermination. Malgré les fins de non-recevoir de la Première ministre — les 64 ans seraient un compromis « non négociable », la mobilisation s’ancre avec des manifestations massives dans toutes les villes. Elle s’élargit avec l’apport de nouveaux manifestantEs provenant notamment de la jeunesse scolarisée et du secteur privé.

    Une colère qui grandit 

    La stratégie d’enfumage du gouvernement est un échec, tout comme celle de la « pédagogie » mensongère voulant nous faire avaler que les femmes ne seraient pas pénalisées par la réforme. Les travailleurEs ont bien compris que cette réforme n’est ni juste ni indispensable.

    Au-delà, c’est un ras-le-bol généralisé face à la situation économique et sociale que traduit l’ampleur de la mobilisation. Pensions faibles, bas salaires, inflation, factures d’électricité : les colères s’agrègent et c’est l’ensemble de la politique de ce gouvernement, injuste et autoritaire, qui est contestée.

    Le gouvernement Macron voudrait nous faire croire, comme Margaret Thatcher en son temps, qu’il n’y aurait pas d’alternative aux options capitalistes. Pourtant l’argent ne manque pas quand la macronie va-t-en guerre attribue plus de 400 milliards aux armées.

    Pour nous, augmenter le salaire indirect, les cotisations sociales, permettrait de financer le système des retraites : une retraite à 60 ans avec 37,5 annuités dans le public comme dans le privé, à taux plein, pèserait seulement 3 % supplémentaires de la part du PIB consacrée aux retraites.

    L’enjeu est politique. Si nous gagnons nous pourrons imposer ces mesures et bien d’autres sur l’augmentation des salaires, la création d’emploi, de services publics… Au-delà, c’est bien le pouvoir des capitalistes à disposer des richesses créées par notre travail que nous pourrions contester. A contrario, une défaite engagerait une nouvelle cohorte de contre-réformes et de régressions sociales.

    Unité et radicalité : vers la construction de la grève générale

    La séquence parlementaire durera au plus tard jusqu’à début mars. Il n’y a rien à attendre de ce calendrier institutionnel où Macron et la droite ont toutes les cartes en main. Comme lors de la victoire contre le CPE en 2006, c’est en poursuivant et en massifiant la mobilisation, au-delà du vote de la loi si nécessaire, que nous pourrons gagner. Les mobilisations du 19 et du 31 janvier constituent les premières étapes d’un mouvement qu’il faut intensifier par la multiplication des actions de masse, les grèves, les blocages et les manifestations. 

    Pour cela, nous avons besoin de rester unis, de la base au sommet. C’est pourquoi le NPA travaille partout à regrouper les organisations syndicales et les partis de gauche pour exiger ensemble le retrait de la réforme. Dans le même temps nous avons également besoin d’élever le rapport de forces, en construisant et en généralisant la grève. Les nouvelles échéances de l’intersyndicale, le 7 et le 11 février, doivent permettre ce saut qualitatif. Les grèves dans les raffineries du 6 au 8 février, la grève des cheminots le 7 et le 8 février, constituent des points d’appuis importants pour discuter en assemblée générale de reconduire la grève partout où cela est possible. Contre la grève par procuration, l’enjeu est bien, à court terme, de partir toutes et tous en reconductible, partout et en même temps.

    La réforme des retraites cristallise l’affrontement de classe. Gagner est vital pour notre camp social, pour stopper ce projet et pour dégager ce gouvernement. Pas d’autre option que la victoire !

  • Netanyahou reçu par Macron : l’extrême droite à l’Élysée ...

    Ce jeudi soir, Emmanuel Macron accueillera pour dîner le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. D’après la presse, aucune prise de parole publique n’est prévue, mais l’Élysée explique dans un communiqué que cette visite sera l’occasion pour Emmanuel Macron d’exprimer « la solidarité de la France avec Israël face au terrorisme » et « sa disponibilité à contribuer à la reprise du dialogue entre les Palestiniens et les Israéliens. »

    L’accueil fait à Netanyahou est scandaleux à plus d’un titre. Depuis le début de l’année, ce sont pas moins de 35 PalestinienEs qui ont été tués par les forces armées israéliennes, soit plus d’un par jour en moyenne, avec notamment la semaine dernière l’offensive la plus meurtrière depuis près de 20 ans en Cisjordanie — 10 morts dans le camp de réfugiéEs de Jénine. Pas un jour ne passe sans de nouvelles violences commises par l’armée et les colons, avec une politique de nettoyage ethnique qui se poursuit en Cisjordanie et à Jérusalem.

    Netanyahou est aujourd’hui à la tête d’une coalition d’extrême droite raciste et brutale, avec entre autres le suprémaciste Itamar Ben Gvir, des intégristes religieux et des mouvements néofascistes. Les projets de ce gouvernement sont explicites : accélérer la colonisation et le nettoyage ethnique, renforcer les discriminations contre les PalestinienEs d’Israël, réprimer brutalement toute contestation, y compris dans la société civile israélienne.

    Le mois de janvier a été l’occasion d’importantes manifestations en Israël contre des projets gouvernementaux particulièrement antidémocratiques, et certainEs n’hésitent plus, à Tel Aviv ou à Jérusalem, à dénoncer le caractère « fasciste » du pouvoir. Et les inquiétudes sont grandes côté palestinien, face à une armée et à des colons qui jouissent d’une impunité totale et sont encouragés, par les plus hauts sommets de l’État, à commettre des violences.

    C’est tout cela que représente le Benjamin Netanyahou que Macron s’apprête à recevoir. Une véritable provocation, à l’heure où les droits des PalestinienEs sont piétinés et que de plus en plus d’ONG et d’organismes internationaux qualifient l’État d’Israël d’État d’apartheid.

    Le NPA affirme sa solidarité avec les PalestinienEs en lutte, et rappelle qu’aucune « solution juste » ne pourra être trouvée sans la satisfaction de l’ensemble de leurs droits : fin de l’occupation civile et militaire, égalité des droits, droit à l’autodétermination et droit au retour.

    Le soutien à l'État d’Israël doit cesser ! Ce dernier doit au contraire être sanctionné et rendu comptable de ses crimes. C’est tout le sens de la campagne BDS (Boycott-désinvestissement-sanctions), dont le développement et le renforcement, en l’absence de toute autre forme de sanction et de pression, demeure une nécessité. 

    Montreuil, le 2 février 2023

  • Cannes, rencontre avec Philippe Poutou : Il nous reste la colère...

    Nous avons le plaisir de vous annoncer la reprise de nos ciné-débats, désormais au cinéma L’Olympia à Cannes (5 rue de la Pompe).
    La prochaine programmation aura lieu dès le 4 février à 20h avec la participation de Philippe Poutou pour le film « Il nous reste la colère ».
     
    Merci de venir nombreuses et nombreux et de diffuser l’information.
    Il s’agit de notre premier ciné-débat à l’Olympia, nous comptons donc sur vous. 
    (tarif : 8 euros et 3 heures de stationnement gratuit dans les parkings de la ville)
     
    L’équipe Cinéma Attac Cannes-Grasse 

  • Retraites : ce mouvement historique se développe, il faut construire maintenant une grève dure et qui dure pour arrêter Macron...

    Le mouvement prend confiance. Après le succès de la journée de grève et de manifestation du 19 janvier, celle d’aujourd’hui a été encore plus importante, avec des manifestations massives dans toutes les villes. Le mouvement s’enracine : ainsi le chiffre record de 20 000 dans des « petites » villes comme par exemple à Amiens, Perpignan ou Albi pour ne citer que ces villes-là. Sur l’ensemble du territoire, avec deux millions et demi de manifestantEs, la colère s’est massivement exprimée aujourd’hui, avec notamment l’apparition remarquée de la jeunesse scolarisée dans la rue.

    Dans un contexte d’explosion de l’inflation (+6 % ce mois-ci d’une année à l’autre), chaque journée de grève coûte plus cher au monde du travail, d’où une légère érosion, mais la grève reste très forte dans le secteur public. Mieux, l’implantation de cette mobilisation dans le privé montre que nous sommes dans un mouvement d’une ampleur inédite depuis plusieurs décennies.

    Comme le montrent leurs déclarations de ces derniers jours, Macron, Borne et le pouvoir semblent décidés à aller jusqu’au bout du bras-de-fer : le recul de l’âge légal de départ à la retraite serait paraît-il déjà un compromis « non négociable »... Dont acte. Pour gagner le retrait de tout le projet de loi, il faut construire une mobilisation puissante pour bloquer l’économie, pour prendre Macron et ses amis capitalistes à la gorge, avec une grève dure et qui dure. L’enjeu du mouvement devient politique. Soit le pouvoir gagne et continuera à dérouler sa politique, soit nous gagnerons et nous aurons pourrons initier une contre-offensive sur d’autres sujets : le retour de la retraite à 60 ans et des 37,5 annuités, les salaires, l’emploi, les services publics, etc. À commencer par le retrait de la réforme Touraine qui avait instauré les 43 annuités. Il faut gagner cette épreuve de force, arrêter Macron et son gouvernement.

    L’intersyndicale nationale tient bon et c’est un point d’appui. À l’appel des organisations syndicales, nous serons donc à nouveau en grève mardi 7 et dans la rue samedi 11 février. Ces deux dates interprofessionnelles doivent permettre d’enraciner le mouvement, en s’appuyant aussi sur les luttes sectorielles comme celle des cheminotEs qui s’annonce les mardi 7 et mercredi 8 février. Discuter dans les syndicats, réunir les grévistes (et futurs grévistes) sur les lieux de travail, organiser des rencontres interprofessionnelles, y préparer les prochaines journées de grève nationales, décider des actions locales qui solidifient le mouvement et, pour aller vers une grève de masse, poser la question de reconduire. Un jour, puis deux et davantage, là où c’est possible. Nous avons besoin d’un plan de bataille crédible pour engager le maximum de personnes.

    Face à la possibilité de faire grève dans la durée, tout le monde n’est pas égal, dans le public comme dans le privé. Mais tout le monde peut mesurer que c’est en jouant son rôle dans le blocage du pays, dans la massivité des manifestations et des actions, que l’on pourra forcer Macron et Borne à reculer. Et certainement pas à l’Assemblée nationale où vient d’arriver le projet de loi et où nous savons déjà que le gouvernement utilisera tous les moyens à sa disposition pour le faire passer.

    « Grèves, manifs, blocages, Macron dégage ! » : ces prochains jours vont être cruciaux.

    Montreuil, le mardi 31 janvier 2023