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  • Cannes : Palestine, rassemblement...

    Le gouvernement de Netanyahou bombarde Gaza, bombarde le Liban, la Syrie, envahi la Cisjordanie, le Golan ; procède au nettoyage ethnique de Gaza et crée les conditions pour que les palestiniens ne puissent plus vivre chez eux. Il est grand temps que la communauté internationale réagisse quand des pouvoirs s’arrogent le droit de détruire, d’envahir, d’occuper des territoires qui ne leur appartiennent pas en violant en permanence le droit international et les résolutions de l’ONU.

    En cette fin d’année 2024 et alors que partout dans le monde des milliards de gens vont faire des vœux pour l’année 2025 ; nous apportons notre soutien aux peuples agressés et exigeons qu’ils puissent disposer d’eux même à Gaza comme à Beyrouth, Damas,Kobané ou Kiev.
    Que les armes cessent, que
    les otages et les prisonniers politiques soient libérés et que les résolutions de l’ONU soient appliquées
    partout.
    La France doit reconnaitre l’état de Palestine, l’Union Européenne doit prendre des sanctions politiques et économiques vis-à-vis du gouvernement israélien comme elle le fait vis-à-vis de la Russie de Poutine en particulier suspendre l’accord d’association UE Israël.

    Le collectif pour une Paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens invite les cannoises et cannois à les rejoindre samedi 21 décembre à 11 heures au pied des escaliers de la gare de Cannes.

  • Mayotte, victime du colonialisme français !

    Le cyclone le plus violent et le plus destructeur que l’île de Mayotte ait connu depuis 90 ans a frappé le 14 décembre. Des centaines de morts gisent sous les décombres des habitations de fortune dans lesquelles vivent près de 40 % de la population, essentiellement de nationalité comorienne — toujours considérés comme des « étrangers » par l’État français bien qu’un tiers d’entre elleux soient néEs sur place.

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  • Quels moyens pour répondre à la souffrance des jeunes ?

    La première réponse serait évidemment de s’attaquer aux causes de cette souffrance, c’est-à-dire l’absence d’avenir offert par cette société à sa jeunesse et sa violence, ce qui supposerait d’en finir avec la précarité, le chômage, les discriminations, de promouvoir, la solidarité et les droits pour toutes et tous, à l’opposé des politiques libérales promues par le pouvoir.

    Il s’agirait ensuite d’apporter une réponse cohérente et satisfaisante en termes de soins. Aujourd’hui, la réponse à la souffrance psychique est extrêmement éclatée et peut être un véritable labyrinthe pour les enfants, les jeunes et leurs parents. 

    Une kyrielle de dispositifs qui s’empilent les uns sur les autres, sans parler des listes d’attente de 3 à 12 mois pour rencontrer unE professionnelE de soins.

    Elle recoupe de nombreux champs sociaux et professionnels. Les prises en charge psychiques s’articulent avec plus ou moins de cohésion entre la pédopsychiatrie publique, la psychiatrie libérale, le médico-­social, le social, l’associatif, l’Éducation nationale, comme les CAMPS (centres d’action médico-­sociale précoce), les CMPP (centres médico-­psycho-pédagogiques) ou encore les IME (instituts médico-éducatifs), faute de temps pour penser les prises en charge.

    Hospitalisation de secteur

    Dans le secteur public, l’ensemble du territoire a été découpé en secteurs géographiques de 80 000 habitantEs et 200 000 habitantEs pour les inter-secteurs de psychiatrie infanto-juvénile. Chaque secteur devait être doté de services d’hospitalisation complète, mais aussi de structures extra-­hospitalières : CMP (centre médico-­psychologique), hôpital de jour et CATTP (centre d’accueil thérapeutique à temps partiel). L’organisation prévoit qu’une même équipe pluridisciplinaire assure l’ensemble des soins de prévention, de cure et de post-cure. Le plus souvent ce sont des coquilles vides par manque de professionnelLEs, au mieux avec 10 % de temps médicaux.

    Coupes budgétaires

    Les coupes budgétaires des services sociaux, médico-­sociaux et de l’Éducation nationale n’améliorent pas le suivi de ses jeunes. Alors qu’il y a une réelle augmentation du nombre de jeunes sollicitant ces différents dispositifs, leurs budgets sont en diminution.

    Tout comme pour l’ensemble des hôpitaux, ces manques de budget n’ont pas épargné la psychiatrie et encore moins la psychiatrie infanto-juvénile.

    C’est pire depuis 2020, avec le nouveau financement de la psychiatrie qui repose sur une part majoritaire d’environ 75 % correspondant à une « dotation populationnelle ». Les critères de répartition prennent en compte le nombre d’habitantEs, mais aussi le niveau de précarité de la population ainsi que le nombre de mineurEs. Ensuite, viennent pour 15 % les dotations liées à l’activité, par des appels à projet : la fameuse tarification à l’activité (T2A) qui a dévasté les hôpitaux généraux 

    Contrôle des orientations thérapeutiques

    Les ARS (agences régionales de santé) multiplient ces dernières années ces appels à projet que l’on nomme les Fonds d’innovation organisationnelle en psychiatrie (FIOP).

    Ce fonctionnement est un puissant moyen d’imposer des visions et des orientations définies en amont par les pouvoirs publics. Le financement n’étant pas pérenne, il peut être stoppé si vous ne respectez pas les orientations dictées par les autorités. Les professionnelLEs concernéEs en viennent à intérioriser les injonctions et à s’autocensurer au moment de penser des dispositifs de soins. Car, à quoi bon s’investir dans des projets qui seront à coup sûr refusés par les instances décisionnaires ? Ou bien les personnelEs s’y investissent mais apprennent à faire plus sans réels moyens, avec des équipes en dessous des besoins.

    Faute de moyens, en raison de la pénurie de professionnelEs, des vacances de poste de pédopsychiatres (14 départements n’en ont plus) et de paramédicaux, les listes d’attente ne cessent d’augmenter. Il faut attendre entre 3 à 14 mois pour rencontrer unE professionnelLE de soins.

    Pour les jeunes les plus en difficulté, les places en IME (instituts médico-éducatifs) sont denrée rare. Quant à l’inclusion scolaire, c’est un miroir aux alouettes, sans véritables moyens, avec des AESH (accompagnantEs des élèves en situation de handicap), le plus souvent des femmes, payéEs au lance-pierres, avec une seule formation d’un an, sans véritable statut et qui jonglent sur plusieurs accompagnements.

    De ce point de vue, il n’y a rien à attendre de plus du gouvernement Bayrou en constitution que de son prédécesseur. Les effets d’annonce sur la « grande cause nationale » ne resteront que des phrases creuses si les mobilisations sociales ne s’en mêlent pas.

    En 2018, la psychiatrie avait connu un « printemps de luttes » radicales avec notamment la grève à Sotteville-lès-Rouen, accompagnée d’une grève de la faim, celle du Havre avec les « perchés » ou celle d’Amiens. Faute d’une généralisation et d’un rapport de forces suffisantes, ces luttes n’ont pu empêcher la poursuite du démantèlement de la psychiatrie camouflée par des mesures de façade comme quelques consultations gratuites de psychologues, sans possibilité de suivi, du dispositif « mon psy ».

    Là comme ailleurs, il n’y a d’autre voie que de lever les obstacles à la reprise de la mobilisation pour reprendre confiance et espoir.

    Commission santé sécu social du NPA
     
  • Le mal-être des jeunes...

    La crise du covid a mis en lumière le mal-être de la jeunesse. Malheureusement, il n’est pas nouveau, même s’il s’est accentué ces dernières années.

    Parmi les étudiantEs, 41 % présentent des symptômes dépressifs ; ils étaient 26 % avant le covid. C’est 15 points de plus en seulement quatre ans. 

    Dépression

    Leurs angoisses sont connues : difficultés économiques, études de plus en plus sélectives et donc stressantes, chômage… Et pour ne rien arranger, certains facteurs sociétaux viennent plomber le moral des jeunes. Ils citent presque tous le contexte géopolitique, avec les conflits internationaux et le dérèglement climatique, qui rend leur futur toujours plus incertain.

    Les résultats d’une enquête nationale (EnCLASS 2022) publiés le 9 avril 2024 révèlent qu’unE adolescentE sur sept présente de graves risques de dépression. La tendance est beaucoup plus marquée chez les jeunes filles. La progression la plus importante a été observée chez les jeunes adultes (18-24 ans), avec une hausse de 9 points entre 2017 (11,7 %) et 2021 (20,8 %). 

    Les personnes plus à risque d’épisode dépressif sont les jeunes de 18-24 ans, les femmes, les personnes vivant seules, les familles monoparentales, celles se déclarant pas à l’aise financièrement, au chômage ou celles ayant ressenti un impact négatif de l’épidémie de covid-19 sur leur moral.

    Suicide

    Le suicide est l’une des principales causes de décès dans le monde. Selon l’OMS, il s’agit de la 3e cause de mortalité chez les jeunes entre 15 et 29 ans. La France n’échappe pas à ce constat alarmant puisque le suicide reste la deuxième cause de mortalité.

    Selon le 5e Rapport de l’Observatoire national du suicide (2022),1 lycéenE sur 10 a déclaré avoir fait une tentative de suicide au cours de sa vie. Entre 2019 et 2021, le nombre de tentatives de suicide a augmenté de 30 % chez les 11-17 ans et 24 % des lycéenEs déclarent des pensées suicidaires ; 13 % avoir déjà fait une tentative de suicide au cours de leur vie et environ 3 % une tentative avec hospitalisation.

    Des réponses inadaptées

    Le gouvernement démissionnaire avait présenté le 11 octobre 2024 les quatre objectifs prioritaires pour promouvoir la santé mentale, érigée Grande Cause nationale pour l’année 2025. La santé mentale des jeunes en faisait partie en lien avec le Collectif Santé, dont fait partie FondaMental. 

    FondaMental est une fondation de recherche psychiatrique principalement financée par le secteur privé « qui développe et promeut une vision exclusivement biologisante de la maladie mentale et des soins inspirée strictement des paradigmes neuro-comportementaux ». Elle fonctionne sur le modèle d’autres lobbys libéraux et est liée à l’Institut Montaigne, « think tank » libéral. Bref, la grande cause nationale à la sauce Macron, bien loin d’un renforcement de la psychiatrie publique… et des réponses sociales et politiques capables d’enrayer le stress des jeunes !

    Commission santé sécu social du NPA
     
  • Rotographie : une imprimerie au service des révolutions !

     

    Le NPA lance une campagne de dons pour racheter le bâtiment de Rotographie, l'imprimerie de la LCR puis du NPA et ainsi continuer l'activité de l'imprimerie au service des luttes et faire de ce lieu un local militant avec une librairie et des espaces de réunion. Créée en 1976, Rotographie s'est aussi mis au service des luttes internationales et notamment des mouvements révolutionnaires en Amérique du Sud, et ailleurs. Découvrez une partie de cette histoire grâce à cette séquence d'images inédites du documentaire "Rouge, la couleur qui annonce le journal"

    Campagne de dons :
    http://don.npa-lanticapitaliste.org

    Infos et dates de projections du documentaire :
    https://lanticapitaliste.org/videos/un-documentaire-sur-rouge-le-quotidien-de-la-lcr

  • À Mayotte, même dans la mort, ils restent des clandestins...

    Combien de morts à Mayotte après le passage du cyclone Chido ? Pour l’instant plusieurs dizaines sont certaines, mais de manière assez ahurissante, le préfet de Mayotte parle de plusieurs centaines, plusieurs milliers peut-être.

    Le nombre précis a-t-il une quelconque importance pour les autorités françaises, totalement indifférentes aux milliers de noyades survenues dans le bras de mer entre Anjouan et Mayotte depuis vingt ans ?

    Un bilan très lourd

    Il est d’ailleurs précisé que si le bilan est aussi lourd c’est parce que les gens n’ont pas voulu se rendre dans les abris avant l’arrivée du cyclone de peur d’être victimes d’arrestation et d’expulsion. C’est de leur faute en quelque sorte ! On oublie par là que la chasse aux clandestins accélérée par les opérations Wuambushu de Darmanin en 2023 et 2024 s’est déroulée autour des rares points d’eau collectifs, devant les hôpitaux et les centres de santé avec l’aide des milices locales, autour ou dans les écoles dans lesquelles des groupes de « citoyennes » venaient extraire les enfants dits non-MahoraisEs.

    Les raisons de se méfier étaient en effet sérieuses, la crainte des forces de l’ordre et des milices s’est révélée plus forte que celle du cyclone.

    Une solidarité nationale à géométrie variable

    Alors que l’île a pris des allures apocalyptiques, que les familles cherchent partout leurs disparus sous les décombres, sur l’antenne de France Inter le 17 décembre, la députée de Mayotte, Estelle Youssouffa, bien connue pour ses propos incendiaires anti-ComorienNEs, appelle à un renforcement des effectifs de police et de gendarmerie au prétexte que « des pillages et des exactions se seraient produits ». Dans le même temps des soignants indiquent qu’il n’y plus de soluté de perfusion, aucun vaccin et que plus de 500 personnes sont en attente pour les services de traumatologie à l’hôpital, que le nombre des disparus est « invraisemblable ».

    Et on entend sur les ondes de la radio publique « qu’il faut aider nos compatriotes ». Les clandestins sont sous les radars de la solidarité nationale.

    La situation actuelle est dramatique parce que l’État français a considéré depuis longtemps que le sort des populations locales importait peu. La majorité des habitantEs de Mayotte ont été placés dans une situation de précarité et de vulnérabilité extrême, ce qui a considérablement amplifié l’impact du cyclone. Les problèmes de logement, d’accès à l’eau, d’accès aux soins, aux services publics tout cela est parfaitement connu depuis longtemps. Mais pour des raisons dégueulasses, le choix a été fait d’enfoncer encore davantage la population dans la misère et le désespoir. Dans ce domaine également la responsabilité des gouvernements Macron est immense.

    Dans l’immédiat tout doit être fait pour réparer les dégâts du cyclone mais aussi de la politique coloniale française. En particulier aucune condition de nationalité ne doit s’opposer à la nécessaire solidarité en direction de TOUTES les habitantEs de Mayotte. Cela quoiqu’en dise des gens comme Youssouffa et ses miliciens.

    Philippe Azema

  • Gaza : chaque heure qui passe est une heure de génocide de trop...

    Nous publions le texte de notre camarade lu lors de la manifestation en soutien au peuple palestinien. Sans relâche.

    Les symboles protègent-ils des bombes ? De la famine ? Quand on est face à l’horreur absolue, un geste symbolique n’est que cynisme et médiocrité. Les PalestinienNEs attendent le cessez-le-feu. Pas trois mots couchés sur le papier par 158 pays votant une résolution qui restera lettre morte. Une manière simple, pour ces États, de faire bonne figure à peu de frais et de se donner bonne conscience. Quelle hypocrisie ! Les mots ne suffisent pas à se ranger du côté du droit. Nous attendons de ces 158 pays des actes, maintenant, un embargo sur les armes et des pressions concrètes, drastiques, sur Israël. Maintenant. Chaque heure qui passe à Gaza est une heure de génocide de trop ; une heure de massacres, de souffrance, de dévastation, de faim. L’humanité perd deux enfants toutes les heures à Gaza. Les enfants comme leurs parents survivent avec 240 calories par jour1.

    Où le droit international ?

    Les PalestinienNEs n’ont que faire d’une faveur de papier. Ils ne demandent pas la charité, mais le respect du droit. Le cessez-le-feu est un impératif catégorique, mais aussi juridique. « Aucun endroit au monde n’a connu des violations du droit international et du droit humanitaire international aussi outrancières qu’à Gaza. Ce qui se passe à Gaza montre qu’il n’y a pas de droit international. Le droit international obéit aux puissants », dénonce Mustafa Barghouti2.

    Israël n’a pas le droit de réduire à néant toute une société. Israël n’a pas le droit de transformer Gaza en cimetière – cimetière pour enfants, cimetière du droit. Quelles que soient les excuses qu’on lui trouve. Riyad Mansour : « Rien ne peut ni ne pourra jamais justifier un génocide. Il n’existe aucun droit – ni celui à la légitime défense, ni aucun autre – qui autorise le massacre et la destruction d’un peuple3. »

    Pour imposer le droit, il existe un moyen simple : la fin de l’impunité, des sanctions envers l’État génocidaire. Mais voilà, les dirigeants occidentaux ont besoin d’être appuyés par les groupes d’influence pro-israéliens, ils ont envie d’être plébiscités par les lobbys sionistes. Ils veulent continuer à collaborer avec Israël au sein d’un même complexe militaro-industriel ; ils veulent œuvrer à toujours plus de convergence idéologique et d’intérêts avec Israël. Israël a réussi à faire accepter les attaques sur les civilEs, y compris les médecins et les humanitaires, la famine organisée, la destruction massive et délibérée de toutes les infrastructures civiles, le déplacement forcé de masse, la torture systématique et la colonisation comme des agissements légitimes tant qu’ils sont commis par Israël.

    « Les Palestiniens n’attendent plus rien des Occidentaux. Ils attendent la mort », exprime le poète palestinien Mosab Abu Toha4.

    Un administrateur du Programme de développement des Nations unies, témoignant d’une longue expérience de situations de désastre, déclare n’avoir « jamais vu un tel niveau de dévastation qu’à Gaza dans toute [sa] carrière5. »

    Génocide

    Mais quand les médias daignent évoquer Gaza, c’est pour justifier tel massacre de civilEs par telle « cible militaire ». Les médias répètent ad nauseam la fable des « boucliers humains ». Or la présence de combattants dans des zones peuplées de civilEs ne fait pas de ceux-ci des boucliers humains. À ce propos, qui a son QG militaire en plein centre de Tel Aviv ? En outre, la présence de combattants dans des zones civiles n’annule pas le statut protégé de ces zones, en d’autres termes elle n’en fait pas une cible militaire légitime. Heureusement pour Israël, dont les hôpitaux civils, tout comme les quartiers et les écoles regorgent de soldats armés. D’autre part, si les rapports successifs émanant de différentes ONG au fil des années6, ainsi que les témoignages recueillis depuis quatorze mois7, ont tous démenti l’usage de boucliers humains par la résistance palestinienne, tous ont aussi conclu au recours systématique à cette pratique illégale par l’occupant depuis 1967 au moins. De toute façon, quoi qu’il en soit, les principes élémentaires de précaution, de distinction et de proportionnalité doivent toujours prévaloir, au regard de la 4e Convention de Genève. « Le problème n’est pas ce que nous faisons ; le problème est que nous existions », résume un autre poète palestinien, Mohammed al Kurd8.

    Imaginons un court instant, avec Susan Abulhawa, une inversion des rôles : « Si depuis 80 ans, les PalestinienNEs volaient les maisons des Israéliens ; s’ils les emprisonnaient, les empoisonnaient, les torturaient, les tuaient, les violaient ; si les PalestinienNEs avaient assassiné 300 000 IsraélienNEs en un an, ciblant leurs journalistes, leurs intellectuelLEs, leurs soignants, leurs artistes ; si les PalestinienNEs avaient bombardé chaque hôpital, chaque université, chaque bibliothèque, musée, centre culturel ; si les PalestinienNEs bombardaient les IsraélienNEs dans des zones désignées comme sûres, les brûlaient vifs, leur coupaient la nourriture, l’eau, les biens médicaux ; si les enfants israéliens étaient contraints de recueillir dans des sacs en plastique les restes de chair de leurs parents, d’enterrer leurs frères et sœurs, leurs cousins, leurs amis ; si nous les terrorisions tant que leurs enfants en perdent les cheveux, la mémoire, la raison et que des enfants de 4 ou 5 ans meurent de crise cardiaque ; si nous condamnions les bébés à mourir dans leurs couveuses, privés d’oxygène et de chaleur, les laissant seuls jusqu’à leur décomposition ; si nous ouvrions le feu sur la foule israélienne affamée ; si un sniper palestinien se vantait d’avoir ciblé quarante-deux rotules en un jour [comme l’a fait un sniper israélien en 2018] ; si un Palestinien se vantait sur CNN d’avoir écrasé des centaines d’IsraélienNEs avec son tank ; si nous violions systématiquement les médecins, les patientEs et les autres prisonnierEs avec des tiges de métal brûlant et des baguettes électrifiées, parfois à mort comme le Dr. Adnan al-Bursh et d’autres ; si nous décorions nos tanks avec les jouets des enfants israéliens que nous aurions massacrés ; si le monde assistait en live au génocide des IsraélienNEs, il n’y aurait pas de débat pour savoir s’il s’agit de terrorisme ou de génocide9. »

    Je voudrais terminer par une pensée pour Said Jouda, le dernier chirurgien orthopédiste de Gaza, assassiné jeudi lors d’un trajet entre l’hôpital Kamal Adwan et l’hôpital al-Awda. Il s’agit du 1057e soignant assassiné par l’occupant à Gaza. Il avait perdu son neveu la veille et son fils la semaine précédente.

    Une pensée pour la journaliste Iman al-Shanti, 36 ans, assassinée chez elle, à Sheikh Radwan, mercredi, avec son mari et trois de ses enfants. Son dernier tweet : « Comment se fait-il que nous soyons encore en vie ? Que Dieu accorde sa miséricorde aux martyrs10. » Une pensée pour Shadi al-Salafati et Wassim al-Shawa, photojournalistes assassinés hier par l’occupant à Nuseirat. Pour Mohammed al-Balusha, journaliste assassiné ce matin à al-Saftawi. Il s’agit du 195e journaliste assassiné à Gaza par l’occupant. C’est lui qui avait révélé au monde les prématurés décomposés dans les couveuses de l’hôpital al-NAsser, auxquels fait allusion Susan Abulhawa.

    Une pensée pour ces deux petits garçons très dignes, priant à travers leurs larmes, à côté des linceuls alignés de leur famille.

    Une pensée pour cette vieille femme, courant, seule, courbée sur un nouveau-né qu’elle serre contre elle. Puissent ces quatre vies fragiles, à la merci des bombes et de la famine, traverser saines et sauves le génocide.

    Marie Schwab, le 14 décembre 2024

    • 1. Oxfam, People in northern Gaza forced to survive on 145 calories a day, 3 avril 2024.
    • 2. Experts: International law has failed Gaza (vidéo), Al Jazeera, 10 décembre 2024.
    • 3. Riyad Mansour, General Assembly Security Council, Tenth emergency special session, A/ES-10/1012-S/2024/719, 8 octobre 2024.
    • 4. Mosab Abu Toha, 17 novembre 2024. Source : probablement Al Jazeera, Live updates (pages non archivées après clôture). Désolée pour cette approximation.
    • 5. Haoliang Xu cité dans : Israeli drone attack on aid convoy kills 12 as hunger crisis deepens, Al Jazeera,12 décembre 2024.
    • 6. Craig Mokhiber, Every accusation a confession: Israel and the double lie of ‘human shields’, Mondoweiss, 21 septembre 2024.
    • 7. Voir notamment Alain Gresh, Palestine, un peuple qui ne veut pas mourir, Les Liens qui libèrent, 2024, p. 19.
    • 8. Mohammed El-Kurd | This House Believes Israel is an Apartheid State Responsible for Genocide | 1/8 (vidéo), Oxford Union, 5 décembre 2024.
    • 9. Susan Abulhawa | Israel is an Apartheid State Responsible for Genocide | 7/8 (vidéo), Oxford Union, 14 décembre 2024.
    • 10. Palestinian Information Center, 11 décembre 2024.