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  • Université en danger : Réagir face au désinvestissement de l’État...

    Le 3 décembre, France Universités a été à l’initiative d’une action de mobilisation inédite pour contester les coupes budgétaires imposées à l’Enseignement supérieur et la Recherche. 

    De nature avant tout symbolique et orchestrées par le haut, les fermetures administratives des établissements n’ont toutefois pas permis une coordination avec la journée de grève de la fonction publique du 5 décembre, ­particulièrement suivie par le secteur de l’éducation. 

    Des décennies de politiques austéritaires 

    Les syndicats ont pointé à juste titre que l’étranglement budgétaire actuel est la suite logique des politiques austéritaires appliquées avec zèle par les directions depuis des décennies. L’autonomie des établissements mise en place par Sarkozy-Pécresse à partir de 2007 avec la loi Libertés et responsabilités des universités (LRU) et via les « responsabilités et compétences élargies » a accéléré le désinvestissement de l’État, la mise en concurrence des établissements et leur soumission aux lois du marché.

    Aujourd’hui, la plupart des universités sont sous-dotées et les conditions de travail et d’étude se détériorent : gel du point d’indice ; gel de postes ; délabrement des bâtiments ; individualisation du salaire ; précarité à tous les étages ; fermetures et restrictions d’accès aux formations…

    À l’Université de Lille, 40 % des emplois sont précaires, 16 amphithéâtres ont été fermés à cause de la présence d’amiante dans les systèmes d’aération. Il ne s’agit malheureusement pas d’un cas isolé : le patrimoine immobilier universitaire se trouve dans un état de délabrement très avancé et sa réhabilitation est chiffrée à 15 milliards d’euros.

    Des baisses budgétaires indécentes 

    Pour 2025, le ministère avait demandé un effort de 350 millions, représentant environ 3 % du budget des universités. La structure des dépenses a significativement évolué ces dernières années, avec une baisse régulière de la part de l’État et des collectivités locales au profit des entreprises1. Le budget de l’enseignement supérieur par étudiantE a baissé de près de 22 % entre 2012 et 2023. À cela, il faut ajouter les coupes budgétaires de 954 millions d’euros en 2024. D’une façon générale, à travers les 7,8 milliards d’euros du CIR (Crédit impôt recherche), niche fiscale qui profite à quelques grands groupes capitalistes et bien peu à la recherche, ou encore les 25 milliards de l’apprentissage, l’État opère un transfert d’argent public massif vers le privé. 

    La guerre au statut de fonctionnaire

    Jugé trop protecteur en matière de libertés académiques et syndicales et accusé d’encourager la « fainéantise », le statut de fonctionnaire constitue la cible privilégiée des réactionnaires. Le gouvernement de Michel Barnier n’a pas dérogé à cette règle. Avant la censure, il avait proposé trois journées de carence pour les agentEs publics en cas d’arrêt maladie et la baisse de l’indemnisation (90 % au lieu de 100 %) sous prétexte de rétablir une égalité entre fonctionnaires et salariéEs du privé. Une vieille recette pour diviser les ­travailleurEs et détourner leur attention de la crise.

    Sauver l’ESR ! Sauver nos services publics !

    Pour sauver l’ESR, il faudra s’opposer à l’acte II de l’autonomie, lutter contre l’atomisation, les mesures qui détruisent les protections collectives, les baisses du budget et la privatisation. Nous devrons nous saisir des prochaines dates de mobilisation pour construire un mouvement social puissant contre l’austérité et la casse des services publics, pour l’augmentation du SMIC et du point d’indice des agentEs, pour l’interdiction des licenciements et le financement pérenne de l’ESR et de toute la fonction publique.

    Hélène Marra

  • Lafarge, laisse béton !

    Les 19 et 20 décembre, aura lieu le procès des 9 « inculpéEs Lafarge », à Évreux dans l’Eure.

    Un procès très politique à l’image de la répression qui s’abat sur les opposantEs à la marche destructrice du système capitaliste. La solidarité et la combativité s’imposent.

    Le béton : 8 % des émissions de CO2 par an

    En décembre 2023, des actions ont été menées par plus de 200 organisations écologistes, paysannes, syndicales, comités locaux des Soulèvements de la Terre et collectifs d’habitantEs en lutte contre l’artificialisation des terres, pour « mettre à l’arrêt la machine de mort » que représente l’industrie du béton. Le site Lafarge de Val-de-Reuil, dans l’Eure, fut investi par une soixantaine de militantEs pendant une dizaine de minutes. L’occasion aussi de protester contre le projet autoroutier A133-134 qui menace de détruire des centaines d’hectares de terres agricoles et forestières.

    C’est qui les terroristes ?

    En avril 2024, 17 personnes supposées avoir participé à l’action ont été interpellées chez elles, par des membres de l’antiterrorisme cagoulés et armés, défonçant les portes au bélier, y compris en se trompant d’adresse, traumatisant des voisins plongés dans l’incompréhension. Arrêtées, emmenées à différents endroits, interrogées 76 heures durant pour certaines d’entre elles, dont deux camarades du NPA d’Alençon (dont Christine Coulon, institutrice retraitée, militante depuis longtemps de notre courant politique et conseillère municipale durant trois mandats), elles ont été traitées comme de dangereux criminels : 8 furent relaxées par le tribunal d’Évreux, 9 seront jugées pour « association de malfaiteurs, dégradations de biens privés, séquestration » et encourent jusqu’à 10 ans de prison et une amende de 540 000 euros de dommages et intérêts réclamés par Lafarge. Or, des dirigeants de Lafarge, leader mondial du ciment seront jugés en 2025 pour « financement d’une entreprise terroriste », « complicité de crimes contre l’humanité », « violation d’un embargo » et « mise en danger de la vie d’autrui » en raison du soupçon de financement entre 2011 et 2015 de plusieurs organisations terroristes, dont l’État islamique, dans le but de maintenir son activité en Syrie. 

    La solidarité, notre arme 

    Une tribune de soutien a été signée par des organisations et des personnalités, dont nos camarades Christine Poupin, Philippe Poutou et Olivier Besancenot, ainsi que Clémence Guetté et Mathilde Panot de LFI, Guillaume Meurice, Cyril Dion, le député PS Philippe Brun. Des visuels circulent sur les réseaux sociaux, une cagnotte solidaire est en place. Le 14 décembre, une fête est organisée à Alençon (expo, concerts). Les 19 et 20 décembre, deux jours de soutien se préparent à Évreux : conférence de presse à l’entrée au tribunal, des tables rondes sur l’industrie du béton et sur la répression avec Cathy Billard pour le NPA-l’Anticapitaliste, un concert, des stands et un marché de Noël militant. Le NPA y prend toute sa part dans le refus de la criminalisation des mouvements de riposte à la destruction du monde. 

    Commission nationale écologie

  • Attal, Barnier, Bayrou : les dénis de Macron...

    Toujours pas ! Le compte n’y est toujours pas. En nommant cette fois-ci son vieux parrain François Bayrou, Macron croit, comme avec Michel Barnier hier, pouvoir démontrer que « c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes ».

    Officiellement, Macron a reçu cette semaine les partis, sauf LFI et le RN, en expliquant que « personne autour de la table ne voulait être dans la dépendance du Rassemblement national », comme l’a confié Boris Vallaud, chef de file des députés PS. En réalité, Macron bégaye. Il nomme un Premier ministre qui ne peut survivre qu’avec la bienveillance de Marine Le Pen. Il poursuit dans le déni démocratique en ne reconnaissant pas la nécessité de nommer un Premier ministre issu du NFP et il continue d’ignorer totalement son illégitimité de président !

    François Bayrou rêvait du poste. Macron ne s’y est pas trompé. Il place son parrain pour continuer à être bienveillant avec le RN. D’autant que François Bayrou partage avec Marine Le Pen les mêmes problèmes judiciaires et qu’il pourrait être compréhensif pour les petits soucis de Le Pen. Jordan Bardella vient d’ailleurs de confirmer qu’« il n’y aura pas de censure a priori ».

    Plus que jamais, le RN est au centre du jeu politique : c’est lui qui va définir les lignes rouges du futur budget, imposer de nouvelles lois racistes et faire tomber la marionnette Bayrou quand il en aura envie. Un nouveau sondage présidentiel montre de plus que le RN a encore gagné du terrain cet automne. Drôle de fin de carrière pour le démocrate-chrétien Bayrou que d’être à la tête d’un gouvernement libéral-autoritaire et la marionnette du RN !

    Notre réponse doit être immédiate. « Deux choix s’offriront aux députés : le soutien au sauvetage de Macron ou la censure » a déclaré Mathilde Panot, représentante des députés LFI. Mais la censure d’un tel gouvernement, avec la menace que représente le RN pour les intérêts de tous les travailleurEs, pour la justice sociale et le partage des richesses, pour la démocratie et l’écologie, ne peut avoir lieu seulement à l’Assemblée nationale. 

    Le NFP dans son ensemble – partis, syndicats et associations – doit se mobiliser, renforcer la construction de comités à la base, promouvoir au quotidien des combats antiracistes et impliquer largement toutes celles et ceux qui ont voté pour son programme dans un vaste mouvement démocratique capable de remettre en cause les institutions anti-démocratiques de la 5e République, vers un processus constituant. Aucune solution ne viendra d’un homme ou d’une femme providentielle. Celles et ceux qui se sont battuEs et se battent contre l’extrême droite et la politique de Macron ont la clé pour les faire dégager et imposer les mesures sociales, écologiques et démocratiques du NFP. 

    L’ensemble des composantes du NFP doit se réunir pour prendre toutes initiatives nécessaires afin de mettre fin à cette mascarade dangereuse.

  • Journée internationale des migrant·es : solidarité et mobilisation !

    L’origine de cette journée est l’adoption le 18 décembre 1990 de la Convention internationale des « Droits des travailleurs migrants et de leur famille » par l’OIM (Organisation internationale des migrations, agence de l’ONU). Comme la CIDE (Cour internationale des droits de l’enfant), ses pouvoirs sont limités et piétinés par les États, les droits des exiléEs sont bafoués. Tandis que les marchandises et les capitaux circulent librement sur la planète, les déplacements des humains sont surveillés, entravés, empêchés, interdits, réprimés. La date du 18 décembre a été reprise au cours des luttes comme rendez-vous annuel international des mobilisations pour la défense des migrantEs. Par Victorine Laforge et Julie Piedra

  • Grève du 5 décembre, pour la défense des services publics...

    Le gouvernement Barnier avait promis des attaques frontales contre les services publics, déjà bien amochés par sept ans de macronisme féroce. Bien sûr, le point d’indice des salaires des fonctionnaires est resté gelé, alors que l’inflation se fait sentir pour toutEs. 

    Au-delà, Kasbarian — que personne ne regrettera à son poste de ministre de la Transformation de l’action publique — avait décidé de s’attaquer à la santé des fonctionnaires en décrétant trois jours de carence d’indemnisation en cas d’arrêt maladie et un plafonnement à 90 % des remboursements des journées d’arrêt maladie. 

    Anne Genetet, éphémère ministre de l’Éducation nationale et députée des Français hors de France se croyait encore à Koh-Lanta et voulait une sentence irrévocable pour la scolarité des jeunes : l’obtention du diplôme du brevet devait devenir obligatoire pour passer au lycée. Avec l’acte II du « Choc des savoirs », les « groupes de besoins » allaient se généraliser et ainsi empêcher toute poursuite d’étude aux élèves les plus faibles dès la sixième… 

    La crise institutionnelle s’approfondit, notre colère aussi

    La journée de grève du 5 décembre, appelée par les 7 centrales syndicales de la fonction publique, prenait une autre ampleur lorsque nous apprenions, la veille au soir, que le gouvernement Barnier était censuré par l’Assemblée nationale, une première en France depuis 1962. Cela n’a pas entamé la détermination des grévistes : 65 % des enseignantEs dans le premier degré et 54 % dans les collèges et lycées, selon la FSU. Des assemblées générales, aux effectifs certes limités, de grévistes se sont tenues dans diverses villes pour discuter des suites de cette journée, dont les plus déterminées parlaient de reconduire la grève le jeudi 12 décembre. Les 180 manifestations ont rassemblé plus de 200 000 personnes.

    Le plan Barnier est inadmissible pour l’ensemble de la population. Après sa chute, le RN se met en embuscade pour gouverner le pays, ce qui serait un danger mortel pour les services publics et pour l’école1. Nous devons mettre en place un rapport de forces suffisant pour exiger quatre revendications élémentaires. D’abord, le retrait immédiat de la dernière réforme des retraites ; ensuite qu’il n’y ait plus aucun jour de carence pour les fonctionnaires ; que les salaires soient indexés sur l’inflation, seul moyen de lutter efficacement contre cette dernière. Et enfin, nous voulons un plan d’urgence d’embauches et d’augmentation de salaires dans tous les services publics, à l’image des revendications des enseignantEs de Seine-Saint-Denis l’année dernière. Et si Macron refuse cela, alors il dégage. Simple. Basique.

    Des rebonds en demi-ton

    Malheureusement, les centrales syndicales de la fonction publique ont sans doute été refroidies par les frimas de l’automne finissant. L’intersyndicale à 8 constate que « notre pays traverse une situation inédite », mais ne propose pas qu’elles restent « en contact étroit ». Plus restreint, la CGT, la FSU et Solidaires « appellent les agentEs publics à se mobiliser lors d’une semaine d’actions sectorielles et territoriales, de rassemblements, et d’expression revendicative, à compter du 9 décembre, avec un temps fort pouvant aller jusqu’à la grève. » Nous ne sommes pas certainEs que cela fera tousser l’Élysée. Il nous paraît indispensable de construire pied à pied un mouvement de grève massif et auto-organisé pour obtenir satisfaction de nos revendications. On ne sait pas si on aura un gouvernement dans les prochains jours mais notre objectif pour le 12 décembre est de renforcer l’avertissement : l’exécutif sera sous surveillance des salariéEs du public et du privé, prêt à livrer bataille contre eux et l’extrême droite.

    Commission Éducation nationale

    • 1. Lire Raphaël Alberto, Tamara DeVita, « L’extrême droite, un danger mortel (aussi) pour l’école », revue l’Anticapitaliste n° 160, octobre 2024.
  • Ce samedi...

    Rassemblement en soutien aux migrant·es...
    Samedi 14 décembre 2024,
    Nice, 14 h 00, place Garibaldi.
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    Pour un cessez-le feu effectif à Gaza, au Liban et en Syrie...
    Samedi 14 décembre 2024,
    Nice, 15 h 00, place Garibaldi.
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  • New Delhi suffoque !

    Après un été caniculaire, pics à 47 °C, les 25 millions d’habitantEs de la mégapole étouffent depuis la mi-novembre sous un épais smog. Sa composition en particules fines est 60 fois supérieure aux limites de dangerosité retenues par l’OMS nous signale Reporterre. L’État d’urgence a été décrété.

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  • S’organiser, lutter et décider nous-mêmes...

    Selon Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, Macron « n’est plus en situation aujourd’hui d’être l’arbitre des élégances » en référence à Pétrone, favori… de Néron (sic). Alors que le président a rencontré les partis le 10 décembre, sauf le RN non invité et LFI qui a refusé, les tractations se poursuivent pour former un gouvernement.

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