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NPA l'Anticapitaliste 06 et 83 : le blog - Page 226

  • De l’intérêt ou non du dialogue social...

    « L’acceptation d’une logique de dialogue social et civil, de partenariat et de gouvernance, réduit le salariat à un groupe d’individus ayant en commun une forme juridique d’emploi. Le dialogue et le partenariat sont porteurs d’une idéologie consensualiste incompatible avec la reconnaissance d’intérêt de classe du salariat ». Jean-Pascal Higelé, « Les Formes de la délibération interprofessionnelle. Le sens du dialogue », Sociétés contemporaines, 2012, n° 86.

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  • OTAN : Erdoğan nouveau voyage, même direction...

    Juste après son difficile « triomphe » aux élections présidentielles, le cabinet d’Erdoğan a signalé des changements limités dans certaines de ses politiques. Tout d’abord, le ministre des Finances, revenu de Londres après avoir quitté son travail chez Merrill Lynch (société mondiale de gestion d’investissements), a augmenté les taux d’intérêt.

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  • Modi, un dirigeant indien contre les droits humains...

    Ce 14 Juillet, Macron faisait de Narendra Modi, le Premier ministre indien, son « invité d’honneur ». Un choix pour le moins contestable, comme l’ont souligné nombre de commentateurs, à commencer par Amnesty International qui affirme que « les minorités (religieuses, ethniques et de genre) subissent toujours de violentes persécutions dans le pays, en toute impunité », que « criminalisation du droit de manifester, harcèlement, surveillance illégale, détentions de défenseurs des droits humains, opposants, étudiants et journalistes » ont cours « pour museler toute voix dissidente ». Et d’ajouter que : « En Inde de nombreuses associations nationales et internationales de défense des droits humains, parmi lesquelles Amnesty International Inde, sont victimes de harcèlement judiciaire, d’intimidations et de fermetures arbitraires. Après de nombreuses attaques depuis 2016 (inspections des locaux, gel des comptes bancaires, poursuites) notre section indienne a dû fermer ses portes en septembre 2020. De nombreux défenseurEs des droits humains, journalistes, avocatEs, opposantEs politiques, manifestantEs pacifiques, universitaires et étudiantEs, sont en butte à des arrestations et détentions arbitraires, à des poursuites sans fondement, à la surveillance numérique illégale et à d’autres formes de violation de leurs droits notamment à la liberté d’expression et de réunion ». Et de rappeler aussi que « depuis la dernière visite du Premier ministre Modi en France, le défenseur des droits humains cachemiri Khurram Parvez, détenu depuis novembre 2021, a fait l’objet de nouvelles accusations dans le cadre d’une campagne de dénigrement et de harcèlement contre ses anciens collègues ; en avril 2023, sa détention a été déclarée arbitraire par le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire. » L’Inde ne cesse de régresser dans tous les classements internationaux relatifs aux droits humains. Elle se classe par exemple 160e sur 180 pays au classement mondial de la liberté de la presse de 2023. Modi, « invité du déshonneur » !

  • Ukraine : une livraison d’armes à sous-munitions qui fait débat...

    L’annonce par les États-Unis de la livraison immédiate d’armes à sous-munitions à l’Ukraine a déclenché sans surprise l’ire des poutinistes de Russie et d’ailleurs. Elle a également suscité des craintes, voire la consternation, de celleux qui, depuis le début, soutiennent le droit des UkrainienEs à défendre leur territoire et leurs populations par la lutte armée et non armée.

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  • Avec Borne 3, la « marche forcée » va continuer...

    Emmanuel Macron s’est livré ce vendredi 21 juillet à un exercice périlleux en ouverture du premier Conseil des ministres du gouvernement Borne 3. Le discours en dit long sur la situation du pouvoir, après un remaniement communiqué de manière erratique la veille.

    En s’adressant en même temps à l’ensemble des citoyenEs et aux ministres, dans un discours oscillant entre politique générale et coaching ministériel, le Président a exprimé la difficulté de l’exercice du pouvoir.

    Il a pourtant « choisi la continuité et l’efficacité pour les temps qui viennent en réaffirmant avec clarté [sa] confiance à la Première ministre » et s’est félicité que le gouvernement ait « traversé les budgets, la réforme des retraites, des textes importants en matière d’énergie et d’économie et puis mis en œuvre la feuille de route des “cent jours” ». Il a affirmé un « cap est clair et simple : l’indépendance du pays pour consolider un modèle plus juste. »

    En clair, les actions engagées sur l’école, la santé, l’écologie, la réindustrialisation et le plein emploi, le travail et le chômage vont se poursuivre. On sait bien ce que cela veut dire en matière de cadeaux aux profits et à l’agriculture intensive, en matière de dérégulation du droit du travail, de pression sur les salaires et de casse des service publics. On a vu ! Il s’en félicite et annonce la suite. 

    Ainsi, « dans l’année écoulée, plus de lois sont passés qu’il y a six ans », a-t-il souligné. À trois reprises au moins, il s’est satisfait des avancées « à marche forcée »

    Après « En marche », nous voilà donc « à marche forcée », ce qu’indique d’ailleurs au plan politique la loi de la programmation du ministère de l’Intérieur ou le doublement du budget militaire dont une fois encore le Président s’est félicité, ou encore le contentement que la « justice [ait] su être implacable ».

    D’autant qu’on est prévenu, la rentrée sera sous le signe de la préparation d’un budget serré et de la préparation des échéances sportives de 2024. En attendant, les ministres eux-mêmes n’ont qu’à bien se tenir : « Il est attendu du gouvernement de le France d’être exemplaire », a rappelé Macron avant d’envoyer un petit tacle à la sortante Marlène Schiappa, sans la nommer : « Conformément à la Constitution, les ministres dirigent leur administration. Être ministre, ce n’est pas parler dans le poste. »

    Autrement dit, avec Gabriel Attal à l’Éducation, et Aurélien Rousseau à la Santé ou Aurore Bergé au ministère des Solidarités, avec ce gouvernement resserré autour de celles et ceux qui lui doivent tout, Macron se prépare à gouverner plus encore sous le signe de l’autoritarisme. 

    Plus que jamais, le mouvement ouvrier – syndicats et partis – doit s’unir autour d’un plan d’urgence parfaitement opposable à la politique de Macron à mettre en œuvre en l’imposant par la grève et par la rue, dans les entreprises et les quartiers !

  • L’extrême droite face à la révolte des quartiers populaires...

    Angers, Lyon, Chambéry et, de façon différente, Lorient ont été le cadre d’une mobilisation d’environ 150 militants d’extrême droite contre la révolte des quartiers populaires et le mouvement contre les violences policière qui peine à émerger. De telles actions ne s’étaient pas produite en 2005 et sont révélatrices de l’état des extrêmes droites aujourd’hui. 

    Une société de plus en plus violente, la perte de contrôle de la République sur des pans entiers du territoire, la guerre civile qui vient entre séparatistes islamistes immigrés délinquants et républicains sont les « constats » partagés par groupuscules radicaux… et jusqu’à la direction des Républicains (LR) 1.

    Une offensive politique contre l’ensauvagement qui prépare la guerre civile

    Face à ces « constats », les réponses varient. Le changement significatif côté RN est de se placer dans le cadre « républicain » en exigeant une répression féroce de l’appareil d’État et en renforçant les moyens d’action de ce dernier. Le discours est identique au mot près du côté de Reconquête, qui va néanmoins plus loin en proposant de donner un permis de tuer aux forces de l’ordre mais aussi aux commerçants face aux émeutiers. 

    Parmi les groupuscules, on trouve deux orientations. Celle pour laquelle il faut se séparer, prendre le contrôle de zones rurales, en France ou ailleurs, et laisser la société s’effondrer. Et celle qui se prépare à la guerre civile pour la mener et la gagner. Ces orientations politiques, portées y compris par LR et répétées en boucle dans les médias mainstream, notamment du groupe Bolloré, légitiment, préparent les actions violentes de la nébuleuse d’extrême droite. 

    Une nébuleuse fasciste violente qui se renforce mais reste groupusculaire

    Si l’action de la nébuleuse mérite d’être notée, elle reste faible : 150 militants dans 4 villes. À comparer aux milliers de jeunes qui ont participé aux nuits de révoltes. Si à Lorient et à Chambéry, ces actions ont conduit à des hospitalisations ou des arrestations d’émeutiers, à Angers il s’agit uniquement d’une confrontation en centre-ville avec des militants politiques, puis de la défense de leur local par des fafs qui n’ont pu que tenir leur position. Les deux nazis arrêtés après avoir percuté une voiture sur un parking de supermarché à Lyon illustrent une nouvelle fois que le « terrorisme » d’extrême droite est jusqu’ici le fait de demeurés…

    Il faut également souligner l’articulation entre ces actions et la dynamique en cours au sein des forces de répression. À Lorient, le commando est vraisemblablement le fait de militaires, sans que l’on sache s’il existe un lien avec un groupe d’extrême droite constitué. À Chambéry, les chasseurs alpins fournissent un nombre significatif de militants d’extrême droite, ce qui explique que ces derniers défilent au pas et entonnent des chants paras. Dans ces deux villes on a pu observer au moins une forme de bienveillance de la part des forces de l’ordre. On voit donc que parmi les forces de répression, il existe une tentation d’aller plus loin que les ordres et d’agir face à la guerre civile parmi des groupes militants. Ces convictions politiques peuvent également conduire à une certaine bienveillance vis-à-vis de l’extrême droite.

    Offensive de l’extrême droite

    Une offensive politique d’extrême droite est en cours qui a recomposé au-delà de ses rangs entraînant une partie de la droite et de la macronie, représentant aujourd’hui des millions d’électeurs. Cette offensive se place dans le cadre républicain, nouveau vecteur qui sert à cornériser ses opposants et donc la gauche, LFI en tête, qui est exclue depuis les dernières législatives. Sans qu’elle soit directement organisée, cette offensive politique nourrit une nébuleuse fasciste violente, dont les effectifs faibles croissent légèrement. En revanche, sa confiance, son audace et donc ses actions progressent elles plus rapidement. 

    L’ensemble du mouvement ouvrier — partis, syndicats, collectifs et associations — doit répondre à ces deux éléments, en menant une contre-offensive politique et en renforçant ses capacités d’auto­défense de façon à briser dans l’œuf la menace fasciste.

    Commission nationale antifascisme

  • La macronie en rêvait, la mairie du Blanc-Mesnil le fait...

    Dans les jours qui ont suivi le meurtre de Nahel par un policier et la révolte de la jeunesse des quartiers populaires, la violence de la répression policière et judiciaire a été accompagnée d’une avalanche de déclarations de guerre contre les parents, c’est-à-dire contre la population de ces quartiers. « Il faut être présent, sinon on n’est pas parents » (Macron, 30 juin), « Les parents qui ne s’intéressent pas à leurs gamins et qui les laissent traîner la nuit en sachant où ils vont aller […], ils encourent deux ans de prison ferme et 30 000 euros d’amende » (Dupond-Moretti, 1er juillet), « on ne laissera rien passer » (E. Borne, 2 juillet), « Il faudrait qu’à la première infraction, on arrive à sanctionner financièrement et facilement les familles, une sorte de tarif minimum dès la première connerie » (Macron, 4 juillet).

    Des propos inspirants pour la mairie du Blanc-Mesnil en Seine-Saint-Denis. Thierry Meignen, membre du parti Libres de Valérie Pécresse, sénateur et principal animateur de la majorité municipale, livrait son analyse décomplexée : « J’en ai marre de cette poignée de petits connards qui ne sont pas tenus par leurs parents ». Et estimant les travaux de réhabilitation à 300 000 euros : « Je ne souhaite pas [que ces coûts] soient supportés par la population, ces gamins-là qui n’ont pas de cerveaux, ils paieront, les familles devront payer ». Et donc les enfants de ces familles seront excluEs « de toutes les organisations faites pour les enfants au moment des vacances d’été : centre de loisirs, départ en vacances avec la ville » et privés des « 3 000 billets d’accès aux bases de loisirs » attribués par la Région à la commune. Mais comme elle n’est pas à un paradoxe près dans sa prétendue volonté de défendre les intérêts de la population, la municipalité a fait afficher un peu partout : « Au regard de l’ampleur des dégâts causés lors des émeutes, "Beach Mesnil" est annulé cette année. Les équipements municipaux seront réparés avec les économies réalisées ». Cela signifie que la moitié des habitantEs de la ville, qui ne partent pas en vacances, ne pourront même pas bénéficier de ce cadre qui accueillait 2 500 personnes par jour les années précédentes !

    Pas de doute la « poignée de petits connards qui veulent troubler l’ordre public et pourrir la vie des Blanc-Mesnilois » dans le langage fleuri du sénateur, ce sont ceux qui mettent en œuvre les discours de plus en plus extrême-droitisés contre les jeunes et toutEs les habitantEs des quartiers populaires.

    Cathy Billard