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NPA l'Anticapitaliste 06 et 83 : le blog - Page 227

  • Violences policières : riposter aux interdictions, construire ensemble les mobilisations...

    Avec la nouvelle interdiction prononcée contre la manifestation parisienne prévue samedi 15 juillet à l’initiative de la Coordination nationale contre les violences policières, ces derniers jours ont confirmé le cours liberticide suivi par le pouvoir macroniste après le meurtre de Nahel.

    Le 8 juillet, la manifestation initiée par le comité Vérité et justice pour Adama, était interdite d’abord à Beaumont-sur-Oise, puis à Paris. L’arrestation de deux animateurs du comité, dont l’un des frères d’Assa Traoré, la menace directe via un communiqué de la préfecture de police envers Assa Traoré, ciblée pour avoir appelé à se rassembler place de la République malgré l’interdiction… Tout cela ouvre la voie à une possible menace de dissolution du comité Vérité et Justice pour Adama.

    Fuite en avant liberticide et raciste contre les quartiers

    Après un courrier de Nunez menaçant, le préfet de police a suivi les desiderata exprimés par Darmanin et le ministère de l’Intérieur : « Nous considérons que les manifestations en lien avec les violences urbaines que nous avons connues doivent être interdites ». La manifestation prévue samedi 15 juillet a donc été interdite. Dans un dégueulasse renvoi dos-à-dos entre meurtrier et victime, après avoir interdit deux rassemblements en soutien au flic meurtrier de Nahel, Nunez devait se sentir autorisé à interdire l’expression des familles de victimes de violences policières… Odieux !

    Au niveau juridique, le référé liberté initié par les avocatEs de la coordination a été rejeté pour risque de trouble à l’ordre public, criminalisant de fait, avec une dimension raciste évidente, toutes mobilisations issues des quartiers populaires. Il a été rejeté en raison de l’absence de « forces de l’ordre » suffisantes pour encadrer la manifestation, si elle avait lieu… Selon la préfecture, policiers et gendarmes étaient mobilisés au même moment pour un concert de pop coréenne au Stade de France. Cela n’a pas empêché 25 camionnettes bleu marine — et les personnes qui vont avec — d’encadrer la place de la République au moment où aurait dû se tenir la manifestation…

    Un communiqué unitaire signé de différentes organisations syndicales, politiques, associatives, et de collectifs militants des quartiers populaires, est sorti le 14 juillet, communiqué qui dénonçait à juste titre « cette tentative de museler l’expression politique des quartiers populaires et la répression des mouvements sociaux et écologistes ».

    Avec les premierEs concernéEs, faire front !

    Les familles de victimes ainsi que les collectifs qui font partie de la coordination ont choisi de maintenir une conférence de presse qui s’est tenue à quelques dizaines de mètres de la place de la République, suivie d’un meeting appelé le matin même dans le 20e arrondissement en présence de près de 400 personnes. Les premierEs concernéEs, beaucoup de familles de victimes et membres des collectifs y ont pris la parole : Lamine Dieng, Souheil El Khalfaoui, Ali Ziri, Guaye Camara… Le comité Adama absent soutenait les initiatives de la journée, comme l’a exprimé Assa Traoré dans un entretien publié la veille dans Libération. Au-delà de la diversité des situations, elles et ils ont en particulièrement porté des exigences que nous partageons, à commencer par la suppression de l’article L435-1 du Code de la sécurité intérieure (qui autorise les forces de l’ordre à faire usage de leur arme lors d’un contrôle routier) et l’interdiction des techniques d’immobilisation (dont la dite technique du pliage, responsable d’asphyxie). Les mutiléEs, en particulier issus des Gilets jaunes, ainsi que les différents soutiens sont aussi intervenus.

    Le cadre autour de l’appel unitaire « Notre pays est en deuil et en colère »1 est un point d’appui pour construire la suite de la mobilisation. Réunissant tant des organisations issues du mouvement social, du mouvement ouvrier que des collectifs et représentantEs de quartiers, plusieurs réunions ont permis d’apporter la solidarité nécessaire aux organisateurs et organisatrices des mobilisations récentes contre les violences policières. Ce cadre permet d’envisager la perspective d’organiser rapidement à la rentrée des marches ou manifestations dans plusieurs villes.

    Contre la pression brutale du macronisme, contre la menace de l’extrême droite, répondre à l’appel de celles et ceux qui sont en première ligne contre les violences policières et le racisme est une nécessité. Faire front ensemble sera sans doute l’enjeu central de la rentrée.

    Manu Bichindaritz

  • 100 jours plus tard, l’urgence anticapitaliste plus que jamais d’actualité !

    Le 17 avril, en pleine mobilisation sur les retraites, Emmanuel Macron annonçait, lors d’une intervention à la télévision, « 100 jours d’apaisement, d’unité, d’ambition et d’action au service de la France ». Il promettait alors que « le 14 Juillet prochain [allait] nous permettre de faire un premier bilan ». 100 jours plus tard, les bilans sont là, et ils sont désastreux, à un point tel que Macron, dans un éclair de lucidité (?), a renoncé à s’exprimer le 14 Juillet. Et pour cause…

    Passage en force sur la contre-réforme des retraites, violences contre le mouvement social, énième projet de loi raciste, répression policière et judiciaire contre les révoltes dans les quartiers, poursuite de la fuite en avant anti-écologique et climaticide… La liste des brutalités du gouvernement est longue, et l’on ne parle même pas ici des annonces des nouvelles attaques à venir contre les conquis sociaux, entre autres une nouvelle offensive contre le code du travail. C’est cela l’apaisement selon Macron et les siens, et le moins que l’on puisse dire est que cela n’a trompé personne, malgré l’agitation du président et de ses ministres déterminés à passer à « autre chose » après la séquence de la mobilisation historique contre leur « réforme » des retraites.

    La crise est toujours là

    Dans un sondage publié par le Figaro le 13 juillet, on apprenait ainsi que 78 % des personnes interrogées estimaient que Macron avait « échoué » dans ses objectifs. Et ils et elles ne sont que 4 % à considérer qu’il a « tout à fait réussi » — on se demande au passage qui sont ces 4 %… Dans le même sondage, on apprenait que 65 % des personnes interrogées considéraient qu’Élisabeth Borne devait partir, de même que la plupart des membres du gouvernement, parmi lesquels Dussopt, Darmanin, Dupond-Moretti et quelques autres, à propos desquels les opinions négatives atteignent des records.

    Les sondages ne disent pas tout, loin de là, et nous ne sommes pas de ceux qui en tirent des conclusions politiques. Mais force est de constater que ces chiffres confirment ce que l’on a pu voir et ressentir ces dernières semaines : la crise de légitimité du pouvoir est loin d’être terminée, et l’obstination hallucinée de Macron n’a pas eu raison de la défiance vis-à-vis du gouvernement. La gouvernance autoritaire et antisociale permet peut-être d’avancer comme des brutes et d’imposer des contre-réformes, mais cela ne convainc personne et, tôt ou tard, la situation explosera de nouveau.

    100 jours pour quoi ?

    Les « 100 jours » de Macron sont aussi 100 jours durant lesquels se sont enchaînées les casserolades et autres perturbations des agendas des ministres et des diverses figures de la macronie, les mobilisations écologistes, par exemple contre le TGV Lyon-Turin, les révoltes dans les quartiers populaires contre le racisme et les violences policières, etc. Mais aussi 100 jours durant lesquels les « affaires » qui plombent un peu plus le gouvernement se sont succédé, à l’image de l’emblématique gestion du fonds Marianne, dans laquelle les lamentables agissements de Marlène Schiappa ont été révélés au grand jour.

    Le tout sur fond d’approfondissement de la crise économique et sociale, avec une inflation dont les conséquences continuent de violemment frapper les plus modestes, un développement exponentiel de la précarité que dissimulent mal les prétendus « bons chiffres du chômage », une crise du logement qui s’amplifie, les effets désastreux du réchauffement climatique, et une répression de plus en plus systématique de toute contestation. Et pendant ce temps-là les riches se gavent, nous méprisent, font sécession, sous les applaudissements et les encouragements du gouvernement.

    Urgence anticapitaliste

    Il faut être particulièrement irresponsable pour penser qu’une telle situation peut durer et se stabiliser, alors qu’elle est par essence instable et explosive. Et il faut faire montre d’une absence totale de lucidité pour ne pas voir que le cours actuel des choses, si la tendance ne s’inverse pas, est un véritable tapis rouge qui est déroulé devant une extrême droite qui ne se contente pas d’attendre son heure mais joue à fond sa carte d’alternative crédible et potentiellement plus « stable » — comprendre plus autoritaire et plus apte à mater la contestation. Et elle séduit de plus en plus, y compris du côté des grands capitalistes et de l’appareil d’État.

    Les « 100 jours » de Macron ne peuvent que nous convaincre qu’il y a urgence à ne pas se résigner, à s’opposer, à résister. Urgence à reconstruire les collectifs, les solidarités, les luttes, qu’elles soient locales ou globales, et les outils de défense et d’organisation de notre classe. Urgence face aux crises sociale, climatique, démocratique, qui ne pourront que s’approfondir si nous ne prenons pas nos affaires en main, sans penser que d’autres le feront à notre place. Urgence à revendiquer et à se donner les moyens de décider, nous-mêmes, des grands choix de société, et à s’organiser pour se débarrasser d’un gouvernement illégitime et dangereux, et imposer une rupture radicale avec ce système capitaliste mortifère.

    Julien Salingue

  • Des personnes vulnérables expulsées des hébergements d’urgence du 115...

    Communiqué de Presse – Nice le 19 juillet 2023
    Des personnes vulnérables expulsées des hébergements d’urgence du 115...

    Depuis plusieurs jours, de nombreuses personnes hébergées dans des structures d’hébergement d’urgence gérées par le 115 ont été informées de leur expulsion imminente de leur hôtel, expulsion fixée au 14 juillet ! Femmes isolées avec enfants, femmes victimes de violences conjugales, familles avec bébé, personnes en attente de titre de séjour, personnes malades et handicapées avec autorisation de séjour, réfugiés, et de nombreux demandeurs d’asile en cours de procédure.
    Paniquées, plus de 80 familles ont sollicité l’aide des associations qui accompagnent des personnes en précarité et des demandeurs d’asile : la CIMADE, le Secours catholique, Habitat et Citoyenneté, Médecins du Monde, le Mouvement du Nid, ...
    Dans un récent communiqué, la Préfecture des Alpes-­‐Maritimes indiquait que parmi les personnes expulsées figurent « des demandeurs d’asile qui ont été orientés vers l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration) qui gère un parc de logement dédié à ce public ». Or c’est précisément parce que l’OFII ne leur avait fait aucune proposition d’hébergement que ces demandeurs d’asile étaient hébergés par le 115 ! En outre, certains demandeurs d’asile menacés d’expulsion ont reçu de la part du 115 une offre de retour volontaire dans leur pays alors que leur procédure n’est pas finie. Leur proposer un retour volontaire comme palliatif à la défaillance de l’État en matière d’hébergement revient à bafouer le principe même du droit d’asile.
    Ces sorties de l’hébergement d’urgence, diligentées par le Préfet, sont la conséquence de restrictions budgétaires décidées nationalement. Fin juin, la Fédération des acteurs de la Solidarité (FAS) faisait part de son inquiétude à la Première ministre. Dans les Alpes maritimes, nous avions appris qu’environ 500 places devaient être supprimées et nous nous attendions à des fins de prise en charge ... mais étalées dans le temps et accompagnées par des travailleurs sociaux. Il n’en fut rien. Les fins de prise en charge sont tombées comme des couperets, parfois la veille pour le lendemain, sans avertissement préalable, sans accompagnement permettant aux personnes de trouver une solution. Ceci en pleine période de canicule, dans un département en vigilance orange !
    Pourtant, l'article L345-­‐2-­‐3 du Code de l'action sociale et familiale est clair. Il prescrit que « Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d'hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation ».
    Ainsi, ces sorties « sèches » non seulement portent une atteinte grave à la dignité des personnes jetées à la rue, mettent en danger leur santé, mais en outre elles contreviennent au droit. En effet, le droit français tout comme le droit international, notamment la Convention des Droits de l’enfant, font obligation aux autorités compétentes de protéger et mettre à l’abri les demandeurs d’asile et toutes les personnes vulnérables.
    Nous sommes aux côtés de toutes ces femmes, enfants, personnes malades et blessées de la vie et exigeons avec elles la fin des expulsions des hébergements d’urgence.

    Associations signataires : Secours Catholique, La Cimade, Habitat et Citoyenneté, Médecins du Monde, Coviam, Réseau Education sans Frontières 06, Ligue des Droits de l’Homme-­‐section de Nice, Le Mouvement du Nid, l’association MIR, Emmaus Roya, Roya Citoyenne, Tous Citoyens, La Pastorale des migrants du diocèse de Nice, JRS Welcome 06, CIDFF, Cent pour un 06, Centre LGBTQIA+ Côte d’Azur.

    Contacts Presse :
    La Cimade – christine.panaiotis@protonmail.com
    Secours Catholique : deleguee.060@secours-­‐catholique.org
    Habitat & Citoyenneté -­‐ habitat.citoyennete@gmail.com
    Médecins du Monde – agnes.gillino@medecinsdumonde.net
    ...............................................................................................
    Monsieur le Préfet
    Préfecture des Alpes Maritimes
    147 bd du Mercantour
    06200 NICE
    Nice le 19 juillet 2023
    Monsieur le Préfet,
    Depuis le début de la semaine dernière, et principalement le mercredi, nous avons été alertés par des familles hébergées dans le cadre du 115 qui se sont vu signifier la fin prochaine de leur hébergement.
    À ce jour, nous avons reçu plus de 80 ménages dans cette situation.
    Nous souhaiterions vous faire part de notre étonnement au regard de cette situation :
    -­‐ Parmi les personnes reçues, beaucoup de demandeurs d’asile, des personnes titulaires ou en attente d’un titre de séjour, des ménages français. Personnes en situation régulière qui devraient être hébergées soit par l’OFII, soit par le 115, soit dans le logement social ... ;
    -­‐ Un délai de prévenance extrêmement court, incompréhensible au regard de la situation des personnes. Beaucoup de ménages ont été prévenus le 11, 12 , 13 juillet pour un départ le 14 juillet ;
    Ces personnes ont été informées, d’une part, par l’hôtelier qui a reçu un mail de l’opérateur du 115 ALC, précisant le nom des personnes concernées, les dates de fin de prise en charge et le conseil d’avoir recours à la police si la personne se maintenait dans l’hébergement.
    D’autre part, certaines familles ont reçu directement les fins de prise en charge dans des délais inhabituellement très courts ;
    -­‐ Des fins d’hébergement anticipées en contradiction avec une date précédemment annoncée.
    -­‐ Des familles extrêmement vulnérables et qui répondent aux critères très restrictifs du 115 : femmes enceintes, enfants très jeunes (dont plusieurs de moins d’un an), personnes très malades, personnes hébergées suite à une décision du tribunal administratif ;
    -­‐ Une période marquée par un classement du département des Alpes-­‐Maritimes en vigilance météorologique orange pour canicule ;
    -­‐ Une proposition de maintien en hébergement envoyée par l’opérateur du 115 à des demandeurs d’asile en cours de procédure s’ils formulaient une demande d’aide au retour volontaire.
    Nous apprenons, par ailleurs, que d’autres ménages sont concernés par ces mesures (488 personnes).
    Face à cette situation qui ne respecte pas l’accès aux droit des personnes et leur dignité, met en danger leur santé, nous vous demandons de prendre des mesures afin de garantir un accueil digne pour tous, et notamment pour les plus vulnérables :
    -­‐ Un accueil inconditionnel des personnes à la rue dans le cadre du 115 en application de l’Article L345-­‐2-­‐2 du Code de l’action sociale et des familles qui stipule : « Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence », avec une prise en charge des personnes par l’OFII pour les publics relevant de sa responsabilité ;
    -­‐ Pas de sortie sèche sans solution de substitution et sans accompagnement. Nous vous demandons de décréter un moratoire sur le nombre de places d’hébergement disponibles dans le département afin d’ouvrir une réflexion partagée avec les collectivités et associations concernées.
    Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, nos salutations distinguées.

    Associations signataires :
    Secours Catholique, La Cimade06, Habitat et Citoyenneté, Médecins du Monde, Coviam, Réseau Education sans Frontières 06, Ligue des Droits de l’Homme-­‐section de Nice, Le Mouvement du Nid, association MIR, Emmaus Roya, Roya Citoyenne, Tous Citoyens, La Pastorale des migrants du diocèse de Nice, JRS Welcome 06, CIDFF

  • La planète brûle et le gouvernement félicite les pollueurs...

    Le 14 juillet, Patrick Pouyanné, PDG de TotalÉnergies, était promu au rang d’officier de la Légion d’honneur, sur proposition du ministre de l’Économie Bruno Le Maire. Le même jour, la ville de Phoenix, capitale de l’Arizona, enregistrait son quinzième jour consécutif au-dessus de 43°C. La conjonction de ces deux informations en dit malheureusement long sur l’absence totale de préoccupation écologique du gouvernement et, pire encore, sur son soutien appuyé aux multinationales climaticides. 

    Records de chaleur

    Depuis le début de l’été, les informations se succèdent qui confirment que nous sommes en train de traverser une vague de chaleur historique. Début juillet, le record mondial de chaleur moyenne sur Terre était battu quatre jours de suite, soit la semaine la plus chaude jamais enregistrée dans le monde. Le mois de juin avait déjà été mesuré par l'observatoire européen Copernicus comme le plus chaud au regard des données accessibles. 

    Pas un jour ne passe sans que de nouveaux records soient battus, avec actuellement des vagues de chaleur particulièrement intenses dans l’hémisphère Nord : 41°C en Grèce, 46°C en Algérie, 48°C en Italie et plus de 50°C aux États-Unis ou en Chine… Et pendant ce temps, au Canada, des mégas feux ravagent le pays depuis des mois : 900 feux y sont actuellement actifs, dont 570 déclarés « hors de contrôle » par les autorités. Ce sont pas moins de 10 millions d’hectares de forêt qui ont disparu, soit près d’un cinquième de la surface de la France.

    « C’est normal, c’est l’été » ?

    Face à ces phénomènes majeurs, certains irresponsables nous expliquent que « C’est normal, c’est l’été, il fait chaud ». Toutes les études et tous les chiffres convergent pourtant, confirmant les alertes incessantes de ces dernières décennies, entre autres les rapports du GIEC, qui rappelait dans une synthèse de son sixième rapport en mars 2023 que « les activités humaines, principalement par le biais des émissions de gaz à effet de serre, ont sans équivoque provoqué le réchauffement de la planète ».  

    Avec des conséquences particulièrement désastreuses, en particulier pour les populations les plus précaires et les plus fragiles : incendies, sécheresses, famines, inondations. Mais aussi pour la biodiversité, avec des effets dont on a aujourd’hui du mal à mesurer l’ampleur mais qui se vérifient là aussi chaque jour, avec la menace d’une 6e crise d’extinction majeure (un million d’espèces menacées selon différents rapports scientifiques).

    Il y a urgence ! 

    Et pendant ce temps-là, on décore donc de la Légion d’honneur le PDG de TotalÉnergies, qui déclarait, quelques jours avant de recevoir sa petite médaille : « TotalÉnergies, je l’assume, continuera de produire des énergies fossiles parce que ce sont celles du système énergétique qui nous fait vivre aujourd’hui. » Et pendant ce temps-là, on nous annonce un doublement de la flotte d’avions par Airbus d’ici à vingt ans, la poursuite de l’usage de pesticides connus pour leur conséquences délétères sur la biodiversité, et on nous donne des conseils « rafraîchissement » pour s’adapter à la canicule. Merci, mais non merci ! 

    L’urgence est là, on le constate chaque jour, alors que l’on constate non seulement l’inaction de ceux qui nous gouvernent mais, pire encore, leurs encouragements à continuer sur la même voie, le pied sur l’accélérateur. L’urgence est là, et il n’y a rien à attendre des capitalistes. L’espoir est bien dans les luttes ! Il est notamment urgent de développer des campagnes larges, populaires et unitaires contre l’extraction et l’usage des énergies fossiles, et contre tous les projets inutiles et climaticides. Il n’est pas trop tard pour agir, pour rompre avec la course folle de ce système capitaliste et productiviste. 

  • Police et extrême droite, l’œuf et la poule !

    Ces derniers jours, dans la foulée du meurtre du jeune Nahel à Nanterre, la question du poids de l’extrême droite dans les forces de police est revenue dans le débat public, comme cela avait été le cas lors de la dernière présidentielle avec les enquêtes sur les (intentions de) votes des policiers et des gendarmes.

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  • À Angoulême aussi, la police tue !

    Alhoussein Camara avait 19 ans. Le 14 juin dernier, alors qu’il allait, comme d’habitude, embaucher dans une base logistique à Roullet, près d’Angoulême, il a croisé la route de la police. Alhoussein a été tué, par balle. Jeune guinéen, il jouait au football avec le club de Leroy-Angoulême. Ses amiEs, ses proches, ses collègues le pleurent et demandent justice.

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  • Adama, Nahel, Alhoussein, le 8 juillet contre les violences policières...

    La marche annuelle pour Adama Traoré a eu lieu le 8 juillet, et de nombreuses organisations syndicales, politiques et associatives ont appelé à des rassemblements un peu partout en France après le meurtre de Nahel contre les violences policières et le racisme systémique.

    Adama Traoré a été tué par la gendarmerie le 19 juillet 2016 le jour de son anniversaire. Un placage ventral et le poids de 3 hommes adultes l’ont étouffé. Tous les ans, depuis 2016, le comité Adama organise une marche pour réclamer la justice et la vérité sur son meurtre dans la ville d’Adama : Beaumont-sur-Oise en grande banlieue au nord de Paris. 

    Cette année la manifestation était avancée au 8 juillet, dans le contexte des révoltes urbaines à la suite meurtre de Nahel par un policier 10 jours plus tôt. Plusieurs marches ont été organisées contre les violences policières un peu partout en France ce samedi. 

    Répression et criminalisation

    Comme pour tous les mouvements de Vérité & Justice sur les morts par violences policières, ceux-ci sont extrêmement criminalisés : il y a une véritable campagne policière et d’extrême droite pour discréditer Adama et menacer sa famille et son comité de soutien.

    La criminalisation a été d’autant plus forte que le comité Adama a su cristalliser une colère contre le racisme et les violences policières ces dernières années, notamment au moment de l’assassinat de Georges Floyd en 2020.

    Fermeture punitive de l’accès aux transports en commun

    Mais cette criminalisation a atteint un nouveau cran cette année. La préfecture du Val-d’Oise a annoncé l’interdiction de la marche (et tout ce qui l’entourait comme le concert habituel). Pour ajouter une dose d’insulte, elle a ordonné la fermeture ce jour-là de la gare SNCF qui permet d’aller à Beaumont. Il s’agit ni plus ni moins d’une punition collective pour tous les habitantEs des quartiers contraints de rester chez elleux faute de transports en commun. Cette tactique punitive des transports est une nouveauté dans la doctrine du maintien de l’ordre et a fait son apparition récente après la mort de Nahel.

    À l’issue d’un référé perdu, le comité Adama a donc maintenu son appel à une marche, à Paris place de la République. Elle a été aussitôt interdite par la préfecture, citant la protection d’autres rassemblements prévus, notamment celui en soutien à Jénine et contre les exactions de l’armée israélienne (le culot n’étouffe visiblement pas la préfecture !). La manif a été réprimée et deux militants du comité Adama ont été arrêtés et libérés après ­plusieurs heures de garde à vue.

    Amnistie

    Nationalement un appel unitaire à réagir et manifester a rassemblé très largement partis, syndicats, associations, collectifs de quartiers populaires et comités contre les violences policières. Localement dans de nombreuses villes des appels unitaires ont également appelé à des manifestations malgré les interdictions. Notamment à Angoulême pour dénoncer le meurtre passé inaperçu d’Alhoussein abattu par des policiers alors qu’il allait au travail. Les manifestations se sont déroulées dans le calme. Là où des heurts ont eu lieu, à Paris et ailleurs, c’est parce que la police est intervenue.

    La criminalisation croissante des mouvements de soutien aux victimes de violences policières est une réponse aux différents mouvements qui réclament depuis des années la fin de l’impunité de la police dans les quartiers. Elle s’inscrit évidemment dans une dynamique plus large de répression des mouvements sociaux mais ne masque pas la violence quotidienne exercée sur les populations non-blanches des quartiers populaires.

    Le NPA s’est joint aux appels unitaires en se démarquant des discours louant les mérites d’une police républicaine et en défendant l’amnistie totale des jeunes révoltés arrêtés et le désarmement de la police.

    Commission nationale immigration et antiracisme

  • L’« arc républicain » et les flèches de l’extrême droite !

    « Quand vos députés refusent d’appeler au calme, vous sortez du champ républicain ! ». C’est en ces termes que la Première ministre Élisabeth Borne s’est adressée, le 4 juillet, à Mathilde Panot, présidente du groupe des députéEs LFI à l’Assemblée nationale. En cause, les positions de la FI sur les révoltes consécutives au meurtre du jeune Nahel, et le refus des représentantEs « insoumis » de se laisser enfermer dans le piège des « appels au calme » et de la « condamnation des violences ».

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