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Actualités nationales... - Page 6

  • L’impasse du jeu parlementaire...

    Mercredi 12 novembre à minuit, l’Assemblée nationale a donc interrompu ses débats sur le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). 

    Le texte, dont la partie dépenses n’a pas été votée, a été transmis en l’état au Sénat. Il inclut le « décalage » de la contre-réforme des retraites, présenté comme une victoire par le PS et les Écologistes tandis que le PCF et LFI dénoncent un vote qui « revient à avaliser la retraite à 64 ans ». Une nouvelle démonstration de l’échec d’une gauche engluée dans le jeu institutionnel où elle n’a le choix qu’entre l’acceptation de l’austérité libérale ou sa ­dénonciation impuissante.

    Une suspension qui n’en est pas une

    Ce qui est présenté comme une concession de la Macronie au PS ne suspend pas la contre-réforme des retraites. Celle-ci continuera de pénaliser celles et ceux qui sont déjà partis depuis 2024 et ne fait que la suspendre pendant 2 ans pour celles et ceux qui partiront entre 2026 et 2028.

    Cette concession, même élargie aux carrières longues, reste très limitée. Elle permettra au mieux aux générations concernées de cesser leur activité quelques semaines plus tôt. Elle a un autre rôle : faire accepter surtout une contrepartie, l’acceptation d’un nouveau tour de vis dans des dépenses sociales déjà très insuffisantes.

    Réduire les dépenses sans toucher aux profits

    Le PS voudrait créer l’impression qu’avec le budget transmis au Sénat, les coupes massives initialement prévues par le gouvernement seraient ­abandonnées. Les votes majoritaires de l’Assemblée nationale ont en effet supprimé quelques-unes des pires « horreurs » du texte initial : taxe supplémentaire sur les mutuelles et mise à contribution des retraitéEs, gel des pensions et des prestations sociales ; doublement des « franchises médicales » ; baisse du plafond du nombre de jours indemnisés pour certaines affections de longue durée (ALD). Une mini-enveloppe supplémentaire de 850 millions d’euros serait accordée aux hôpitaux, qui ont déjà cumulé 3 milliards de déficit en 2024.

    Mais, comme l’a souligné Farandou, ministre du Travail, le texte transmis au Sénat remet en cause la politique ­gouvernementale de « réduction du déficit ». Au lieu de le ramener de 23 à 17 milliards d’euros, il le ferait monter à 24. La conclusion du ministre va donc de soi : « il nous manque beaucoup d’économies que l’on a du mal à faire voter ». C’est ce à quoi vont maintenant s’atteler le Sénat, majoritairement à droite, le gouvernement, le « bloc central », la droite, avec le soutien du RN, tous partisans de réduire les dépenses sans mettre à contribution « nos entreprises », c’est-à-dire les profits.

    Le PS et ses alliés « de gauche » vont donc devoir accepter de nouvelles baisses des dépenses indispensables à la Sécurité sociale s’ils persistent dans leur volonté de ne pas ­censurer Lecornu. Au bout du chemin parlementaire, il n’y aura pour eux d’autre issue qu’une capitulation complète ou un piteux ralliement de dernière minute à la censure.

    L’impuissance du jeu institutionnel

    Mais la dénonciation virulente et justifiée par la LFI des reculs du PS n’offre pas de réelle alternative car elle se cantonne au seul terrain institutionnel : soit la censure pour provoquer des législatives anticipées, soit la destitution de Macron, mais qui a bien peu de chances de se réaliser au vu des rapports de forces au Parlement. Seule la reprise de la mobilisation peut permettre une victoire sociale sur la retraite et les budgets d’austérité et imposer un départ de Macron qui ne profite pas au RN. Mais LFI ne dit ni ne fait rien pour relancer une action unitaire, consacrant exclusivement son énergie à la préparation des élections à venir, en premier lieu des municipales.

    Reprendre le chemin de la mobilisation

    Il n’existe pourtant pas d’autre voie que de renouer le fil des mobilisations sociales. La division et l’inertie syndicale n’aident certes pas, mais les mobilisations à venir — journée internationale contre les violences faites aux femmes du 25 novembre, manifestation nationale pour la Palestine à Paris le samedi 29 novembre et journée de grève appelée par la CGT, la FSU et Solidaires le mardi 2 décembre — peuvent permettre à notre camp social de se mobiliser et de reprendre l’offensive.

    La commission santé sécu social

  • En finir avec la maltraitance des enfants...

    À l’approche du 25 novembre, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes et aux minoriséEs de genre, nous pensons aux enfants victimes. Après une année marquée par les affaires Bétharram et Le Scouarnec, l’appel des 500 mamans du collectif Incesticide, les attaques contre l’EVARS, les travaux de la CIVISE et les révélations liées au juge Durand, ainsi que les luttes des mineurs isolés et le vingtième anniversaire des morts de Zyed et Bouna, la société commence à mesurer l’ampleur des violences contre les enfants.

    En France, 160 000 enfants subissent l’inceste chaque année. Celles et ceux qui témoignent reçoivent rarement aide ou protection. Quand ils cherchent refuge auprès d’adultes, on les traite souvent de menteurEs. Les mères sont suspectées de manipulation, accusées d’aliénation parentale et condamnées si elles refusent d’exposer l’enfant au père violent. Dans les situations de violences conjugales, les enfants sont toujours victimes.

    Les vulnérabilités s’accumulent. Sans papiers, les enfants ne sont pas protégéEs et doivent prouver leur minorité. Deux mille dorment dans la rue. RaciséEs, iels sont cibléEs par les violences policières. Intersexes, iels subissent des mutilations génitales. Trans, iels voient leur transition rendue inaccessible. Pour les enfants en situation de handicap, les aides scolaires sont absentes ou insuffisantes ; les classes adaptées sont impossibles avec des effectifs pléthoriques.

    On refuse aux enfants le droit d’être des enfants, mais cela peut changer : les victimes prennent la parole. Pour mettre fin aux violences et faire valoir leurs droits — vivre en sécurité, être crus et protégés — il faut rompre avec le système de maltraitance et instaurer une écoute bienveillante où les enfants seront respectés et considérés comme autonomes.

    Cela exigera des moyens considérables. Il n’y a qu’une solution : aller chercher l’argent là où il est et se mobiliser — le 20 novembre (Trans Day of Remembrance), les 22 et 25 novembre contre les violences faites aux femmes et aux minoriséEs de genre, et le 2 décembre contre l’austérité.

    Aurélie-Anne Thos

  • Dans l’œil du cyclone...

    La situation en France semble à l’arrêt. Après les manifestations et grèves des 10 et 18 septembre et du 2 octobre, la retraite anticipée de Bayrou et le volte-face de Lecornu (je m’en vais… ou pas), les mobilisations ralentissent. Les organisations syndicales et politiques sont en attente du budget. Le rythme de la rue est calqué sur celui du parlement, laissant un espace politique inespéré à l’extrême droite. Mais les choses peuvent changer rapidement. Nous devons nous y préparer.

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  • Contre les vents mauvais : aller de l’avant...

    Les politiques réactionnaires et d’extrême droite semblent s’imposer sur tout le globe. Dans le même temps, les révoltes massives de la GenZ apportent un souffle nouveau et la confiance dans notre camp social pour reprendre la main. Cela passe nécessairement par des mobilisations massives et déterminées pour en finir avec le capitalisme.

    La marche du monde donne le sentiment de flotter au gré du vent. Au États-Unis, Trump impose sa politique, appuyant un shutdown1 de plus de 40 jours, dont une des conséquence est de ne pas payer ni les fonctionnaires, ni, entre autres, les aides alimentaires (touchées par 1 étatsunien·ne sur 8) et clouant au sol près de 2 700 avions, par manque de contrôleurs aériens. Il n’est pas le seul en jeu sur la scène mondiale. En Palestine, l’armée israélienne a violé 200 fois le cessez-le-feu du 10 octobre, tuant plus de 240 gazaoui·es. Le génocide continue, même si, pour l’instant, la guerre totale semble avoir pris une autre forme (lire l’article de Saralaska, p. 14). En Angleterre, plus de 100 000 personnes ont manifesté contre les migrants le 13 septembre (lire l’article de Thierry Labica, p. 6). Aux Pays-Bas, l’extrême droite perd de peu les élections législatives, laissant le gouvernement à une coalition de centre gauche précaire. Face à cette offensive réactionnaire, des mobilisations massives explosent au Maroc, à Madagascar ou au Népal contre le chômage, la corruption et pour la liberté d’expression. La France est traversée par les mêmes vents contradictoires (lire l’article de Raphaël Greggan et Koldo Mendi p. 4), dont l’issue est incertaine.

    Reprendre le gouvernail en main

    Il est possible d’agir face à cette déferlante. La crise politique que nous traversons est la conséquence directe des crises économique, sociale et écologique mondiale, mais notre camp social a la possibilité de tout changer. Hors des pays impérialistes occidentaux, la jeunesse de la GenZ2 se mobilise contre les politiques austéritaires et liberticides, alors qu’elle n’a jamais connu de victoire majeure. Les mobilisations de septembre et début octobre en France ont montré que notre camp social est capable d’initiatives pour se défendre et affirmer son refus des politiques néolibérales. De notre côté, nous sommes partie prenante de ces initiatives et soutenons l’unité des organisations du mouvement social. Dans ce cadre, nous appelons à une journée de manifestation unitaire le 29 novembre en solidarité contre le génocide en Palestine. Nous soutenons l’appel intersyndical à la grève du 2 décembre. Bref, nous reprenons la rue pour aller plus loin et faire vaciller le gouvernement et le patronat. Cela passera par des grèves massives inscrites dans la durée. C’est à cela que nous nous préparons dès maintenant, dans tous les cadres où nous intervenons.

    Discuter, argumenter et agir

    Le NPA seul n’a pas toutes les clés en main. Nous avançons et discutons de nos propositions largement. Lors de notre 6e congrès, nous avons voté majoritairement des motions antispécistes. Nous ouvrons ce débat dans le dossier de ce numéro (lire les articles de la commission cause animale, de la commission nationale écologie et de Phœbé Mendes pp. 19-28). Nous restons résolument opposés à l’extrême droite, cet élément fait partie de tous nos combats, y compris dans celui de la cause animale (lire l’entretien croisé entre Florence Dellerie et Mathilde Millat p. 29). Nous ne nous contentons pas d’une opposition verbale, mais nous luttons pied à pied contre toutes leurs apparitions (lire l’article de Hafiza b. Kreje et Johnny Alençon, p. 36). Le combat contre le fascisme est au cœur de notre politique et nous appelons à l’unité, dans la rue et dans les urnes, de l’ensemble des organisations de gauche pour lutter contre ce péril mortel. Cependant, dans cette bataille, l’État n’est pas neutre. Comme le constate Michel Frost3, rapporteur spécial de l’ONU sur les défenseurs de l’environnement, « la violence policière, c’est quelque chose qui est un peu unique en France [...] qui pose de vraies questions de contrôle par les hiérarchies du comportement des gendarmes et des autres membres des forces de l’ordre ». Dans ce numéro, nous revenons sur 20 ans de violences policières depuis le meutre de Zyed et Bouna (lire l’article de Hafiza b. Kreje, p. 33). Convaincu·es de la centralité de l’antiracisme dans la période, nous avons lancé une campagne sur ce sujet dans laquelle nous déclinons notre analyse matérialiste du racisme d’État et contribuons ainsi à notre hauteur aux mobilisations menées par les organisations antiracistes pour en finir avec la police.

    C’est ainsi que nous œuvrons à la mise en branle de l’ensemble de notre camp social pour renverser la vapeur pour construire une société débarrassée de l’exploitation et des oppressions. Ce n’est pas une tâche simple, mais elle est indispensable à la réussite de nos combats. 

    • 1. Aux États-Unis, le shutdown se produit lorsque le Sénat et la Chambre des représentants ne votent pas le budget annuel. La conséquence est l’arrêt immédiat du paiement des fonctionnaires et des aides fédérales, jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé.
    • 2. La génération Z (GenZ) est la génération née entre 1997 et 2012.
    • 3. Jérôme Hourdeau, Sainte-Soline : « le résultat d’une stratégie délibérée de maintien de l’ordre ». Médiapart, 8 novembre 2025.
  • Dix ans depuis le 13 novembre 2015, on n’oublie rien...

    Dix ans après ces terribles attentats meurtriers, il faut rendre hommage aux victimes de cette violence menée par des forces qui sont nos ennemies politiques, sans oublier les usages politiques durables de cette séquence : l’installation d’un régime d’exception, la banalisation du racisme d’État et la relance des guerres impérialistes au nom de la « lutte contre le terrorisme ». L’année 2015 fut celle d’un basculement dont nous subissons encore les conséquences.

    Dossier réalisé par Hafiza B. Kreje

  • Reprenons le chemin des luttes !

    Nicolas Sarkozy est donc sorti de prison lundi 10 novembre. Il a vécu sa détention de 21 jours comme « un cauchemar ». Les chiens de garde de la bourgeoise ont bien tenté de nous apitoyer sur le triste sort de celui qui a été condamné à cinq ans de prison ferme dans l’affaire du financement de sa campagne de 2007 par Kadhafi, mais il est difficile d'oublier que c’est la troisième condamnation pour Sarkozy : pour corruption dans l’affaire « Bismuth », pour financement illicite de campagne électorale dans l’affaire Bygmalion et désormais pour avoir envoyé Guéant et Hortefeux négocier un pot de vin avec le responsable de l’attentat contre le  DC-10 d’UTA, qui a fait 170 morts en 1989.

    Lors de l’audience qui a conduit à sa remise en liberté conditionnelle sous contrôle judiciaire, on a pu découvrir l’ampleur de sa fortune : 9 923 874 € de patrimoine immobilier, et un total de 4 514 512 € de revenus pour 2023, dont 637 791 € de salaires et 152 906 € de retraite ! Des chiffres qui paraissent irréels pour celles et ceux qui usent leur force de travail pour gagner leur vie.

    Petits accords entre serviteurs des classes possédantes

    Sarkozy incarne parfaitement leur monde, celui des riches et des privilégié-es, qui est aussi celui des politiciens qui s’entendent pour défendre les intérêts des capitalistes. 

    L’accord tacite entre les macronistes et le PS, pour que le Projet de loi de financement de la sécurité sociale(PLFSS) ne puisse pas être adopté dans les délais réglementaires, en est une bonne illustration. Il ouvre la possibilité de faire passer par ordonnances ou par une loi spéciale. C’est la première version du projet de loi qui serait alors adopté, avec le décalage de la contre-réforme des retraites, ce que le PS présente comme une victoire. 

    Des « économies » sur notre santé

    Ce PLFSS prévoit 7,1 milliards d’euros d’économie. C’est la poursuite de la destruction de l’hôpital public, avec des fermetures de lits, de maternités, de services d’urgences, l’abandon de la psychiatrie, l’aggravation de la situation dans les EHPAD. Et pour les usager-es le doublement des franchises médicales ; la remise en cause de la prise en charge des affections de longue durée ; des arrêts maladie limités et des indemnités journalières diminuées ; l’Aide médicale d’État (AME) menacée. 

    Les licenciements continuent

    Dans notre monde, celui du travail, des exploité-es et des opprimé-es, les salaires sont en berne, les conditions de vie se dégradent. 

    On compte 190 licenciements aux forges de Commentry dans l’Allier, 600 emplois menacés chez Arcelor Mittal, dont la moitié à Dunkerque, 167 salarié-es jeté-es à la rue avec la fermeture des sirops Teisseire à Crolles en Isère, 100 par la fermeture de la cartonnerie DS Smith Packaging à La Rochette en Savoie.

    Partout la liste s’allonge des emplois supprimés pour maintenir le taux de profit des groupes capitalistes.

    Il est urgent de reprendre le chemin des luttes !

    La journée internationale contre les violences faites aux femmes du 25 novembre, la manifestation nationale pour la Palestine à Paris le samedi 29 novembre et la journée de grève appelée par la CGT, la FSU et Solidaires le mardi 2 décembre seront l’occasion, pour notre camp social, de se mobiliser et de  reprendre l’offensive contre les capitalistes et leur monde.

  • Mineur·E·s isolé·E·s : Le 20 novembre, dans la rue avec les MNA en lutte...

    Depuis un an, la coordination nationale des mineurEs non accompagnéEs (MNA) a mis en mouvement une génération qui a compris que rien ne lui serait donné. Ils et elles ont tissé leurs propres réseaux, multiplié les assemblées, fait entendre leurs voix. Aujourd’hui, ils appellent à une mobilisation nationale le 20 novembre, journée internationale des droits de l’enfant.

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  • Toutes et tous dans la rue le 29 novembre pour le peuple palestinien !

    Le cessez-le-feu à Gaza, signé le 13 octobre dernier, a été perçu comme un immense soulagement pour les PalestinienNEs, mais le génocide se poursuit, dans la continuité de la Nakba, le nettoyage ethnique perpétré par Israël en 1948. La pression internationale doit continuer pour que le cessez-le-feu se transforme en une paix juste et durable.

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  • Stop à la criminalisation du mouvement de solidarité avec la Palestine : soutien à Omar Alsoumi et aux militantEs arrêtéEs après leur action à la Philharmonie de Paris !

    La France continue de réprimer le soutien au peuple palestinien ! Omar Alsoumi, militant palestinien en exil en France, a été interpellé et perquisitionné le mercredi 5 novembre à 6h, chez lui et ce devant toute sa famille, visiblement à la demande d'organisations sionistes. Cette garde à vue a été prolongée et il a été déféré au parquet. Nous condamnons fermement cette arrestation politique scandaleuse et raciste subie par notre camarade. 

    Jeudi 6 novembre, la Philharmonie de Paris accueillait dans le 19e arrondissement l'Israël Philharmonic Orcherstra (IPO) dont le chef d'orchestre, Lahav Shani, soutient ouvertement l'armée de son pays en plein génocide. Rappelons que l'IPO, fondé en 1936 se revendique comme « principal ambassadeur culturel d'Israël » et s'est produit en avril 2024 avec les soldatEs de l'orchestre de l'armée, en plein génocide. 

    Souhaitant s'opposer à la tenue de ce « concert de la honte », des travailleursEs de la Philharmonie, des syndicats (SNAM-CGF-IdF, Sud Culture), des associations ou collectifs (UJFP, Artistes pour la Palestine, BDS France, Tsedek, Urgence Palestine, ...) ou de simples citoyenNEs avaient demandé depuis des semaines son annulation, en vain. La France a préféré la politique du pire en le maintenant, malgré son échec commercial (les nombreuses places encore disponibles ont été distribuées à des membres du CRIF venuEs « faire le nombre «) et en interdisant tout rassemblement aux alentours. 

    Résultat : au moins quatre de nos camarades ayant participé à une action symbolique de Palestine Action, organisation déjà menacée de dissolution au Royaume-Uni, ont été arrêtéEs et ont passé la nuit en garde-à-vue. Nous adressons tout notre soutien à ces militantEs qui n'ont voulu qu'appliquer la stratégie de boycott culturel, contre la normalisation de l'État colonial israélien, par ce mode d'action symbolique et non-violent que demande le comité Palestinien du BDS. 

    Au même moment, à quelques kilomètres de là avait lieu le meeting de soutien aux militantEs kanaks, qui ont aussi subi la répression via des mois d'internement à l'isolement, pour simplement avoir défendu les droits du peuple kanak à l'autodétermination, face à un régime colonial qui déchire les accords de Nouméa en vue de l’indépendance de la Kanaky. Il s'agit d'un combat contre le colonialisme français qui soutient d'autres puissances coloniales, comme Israël, et maintient la répression dans ses propres territoires. 

    Le NPA - L'Anticapitaliste dénonce la criminalisation du mouvement de solidarité avec la Palestine, qui n'a cessée depuis plus de deux ans, et en particulier l'arrestation politique d'Omar Alsoumi, et les interpellations des militantEs à la suite de l'action à la Philharmonie de jeudi soir, et demande leur libération immédiate et l’abandon de toutes poursuites judiciaires.

    Le NPA - l’Anticapitaliste encourage tout type de boycott, qu'il soit économique, culturel ou universitaire, contre Israël et ses représentants et dénonce la criminalisation par les pays impérialistes dont la France, de nos camarades qui osent se lever contre l'impunité internationale dont jouissent les soutiens du génocide. 

    Le NPA - l’Anticapitaliste dénonce enfin les réactions islamophobes et haineuses de membres du gouvernement et de personnalités médiatiques en tout genre, qui font un rapprochement abject avec les attaques terroristes perpétrées le 13 novembre 2015, sans respect pour les victimes de ces attentats. 

    Convergeons vers la manifestation nationale de solidarité avec le peuple palestinien du samedi 29 novembre à Paris, avec un premier point d'étape partout en France dès ce dimanche 9 novembre : pour dire non au génocide, à l’apartheid Israélien, non à la colonisation et non à la répression de la solidarité à la Palestine. 

  • Gaza : Le 29 novembre en ligne de mire...

    Alors que l’hiver arrive, Gaza, qui croule sous les débris, est laissée sans abris, sans nourriture et sans carburant. Israël poursuit sa destruction de toute la société palestinienne. Faire de la manifestation nationale unitaire pour la Palestine du 29 novembre une mobilisation de masse doit être notre priorité.

    La situation à Gaza reste préoccupante même sous « cessez-le-feu ». Un cessez-le-feu tellement bafoué qu’il n’en a plus que le nom. En effet, Israël a commis près de 200 violations depuis le 10 octobre, date de sa mise en place, et depuis plusieurs centaines de personnes ont été tuées.

    Les conditions de vie s’aggravent

    L’hiver approche et les conditions de vie s’aggravent drastiquement : l’accord de cessez-le-feu prévoyait la fourniture de plus de 300 000 tentes et abris mobiles pour héberger des centaines de milliers de familles palestiniennes. Presque toutes les habitations de Gaza ont été détruites, ces tentes sont donc une nécessité vitale. Mais évidemment, Israël n’a pas respecté cet engagement non plus. La livraison des abris, comme celle des produits de première nécessité, se fait au compte-gouttes. Entre le début du cessez-le-feu et la fin octobre, seuls 3 203 camions sur les 13 200 prévus sont entrés dans la bande de Gaza. Ce qui fait que, chaque jour, seuls 145 camions commerciaux et humanitaires en moyenne sont entrés, au lieu des 600 camions par jour.

    Gaza est un amas de débris

    Israël bloque toujours les denrées alimentaires essentielles, les médicaments, les engins lourds d’excavation pour permettre le déblaiement, et bien sûr le carburant pour les chauffages et les machines. Ils sont pourtant nécessaires : Gaza est une pile de débris, près de 90 % des habitations sont détruites ou endommagées. Une grande partie des infrastructures de Gaza, ­notamment les maisons, les écoles, les universités, les mosquées, les églises, les espaces publics et les centres de santé, ont été réduites à ruines. La quantité de débris qui recouvre le territoire correspond à 60 millions de tonnes. Même avec toutes les machines disponibles, il faudra plusieurs décennies pour tout déblayer.

    Israël bombarde, contrôle et occupe

    Comme nous l’avons indiqué depuis plusieurs semaines, Israël n’a jamais eu l’intention d’honorer un quelconque cessez-le-feu, juste gagner du temps pour le redéploiement et le réarmement. Les prétextes sont faciles à trouver. Du coup, Israël continue de bombarder et ne respecte pas l’accord qu’il a signé.

    Notamment, un des autres aspects de l’accord « Trump », le retrait de l’armée de Gaza. Pour l’instant, toute la partie Est de Gaza est contrôlée par Israël. Plus de la moitié, avec notamment les terres ­agricoles, se trouve derrière « la ligne jaune » ; Israël contrôle également les points d’entrée, notamment Rafah au sud. De la même manière, l’accord prévoit une force d’interposition de pays dits musulmans — la Turquie en tête. Mais Israël ne veut absolument pas de soldats turcs à Gaza. Netanyahou a répété que cela n’arriverait pas et a proposé que les forces d’interposition viennent d’Azerbaïdjan ! Quoi qu’il en soit, les termes de l’accord Trump vont résulter d’un rapport de forces qui va se jouer ­internationalement.

    Mobilisons-nous pour la survie de la société palestinienne

    Ce rapport de forces doit continuer, car la tendance fasciste israélienne est à l’accélération et cela ne concerne pas que Gaza. À titre d’exemple, une proposition de loi qui permettrait aux tribunaux israéliens d’imposer la peine de mort aux Palestiniens reconnus coupables d’avoir tué des Israéliens pour des « motifs nationalistes » va être proposée à la Knesset cette semaine. Cette législation ne s’applique pas aux Israéliens qui tuent des Palestiniens dans des circonstances similaires. Les prisonnierEs palestinienNEs sont un enjeu crucial. Depuis octobre 2023, Israël a arbitrairement arrêté des milliers de Palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée. Au moins 10 000 personnes sont actuellement détenues dans les prisons israéliennes et ce chiffre est probablement sous-estimé. Ces prisonnierEs sont soumisEs à des mauvais traitements, tortures, viols, détention sans date de libération, etc.

    La pression doit continuer pour soutenir le peuple palestinien. Pas seulement pour Gaza, mais pour la survie de la société palestinienne dans son ensemble. Les actions de boycott, de blocages d’envois d’armements, les manifestations doivent continuer. La possibilité d’une grande manifestation de masse se profile pour le 29 novembre à Paris. Cette date doit être notre ligne de mire pour la solidarité avec la Palestine.

    Édouard Soulier