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Actualités nationales... - Page 153

  • « Notre boussole : la solidarité avec les peuples »...

    « Condamner l’invasion russe, défendre une Ukraine indépendante et libre et soutenir les forces démocratiques en Russie forment un seul et même combat. » Le Comité de solidarité avec le peuple ukrainien appelle à manifester à Berne ce samedi.

    Le 24 février 2022, les troupes de la Fédération de Russie sont entrées en Ukraine. Bien loin des prévisions initiales, démontrant de ce seul fait la fausseté de l’idéologie coloniale qui prévaut au Kremlin, l’armée ukrainienne et la population du pays résistent. Elles résistent par les armes, elles résistent aussi contre l’invasion par bien d’autres moyens. Tous les jours, des milliers de manifestant·es protestent dans les zones occupées par l’armée russe. Pour tenter de briser cette contestation, des maires et du personnel administratif sont enlevés.

    Alors qu’a échoué le projet de briser en quelques jours l’Ukraine indépendante, la barbarie des armées russes augmente en intensité : bombardements et destructions de villes entières, usage d’armes interdites, recours à des supplétifs étrangers, déplacements forcés, villes assiégées, brutalités de toutes sortes… Il est à craindre que le déploiement de la terreur s’amplifie encore. Grozny et Alep hier ; Kiyv, Kharkiv, Marioupol – Idlib aussi – aujourd’hui.

    La résistance du peuple ukrainien a son pendant en Russie et au Belarus. Dans ce dernier pays, des cheminots entravent avec courage l’utilisation par l’armée russe des chemins de fer. En Russie, sous une répression qui s’accroît à mesure que les armées russes s’enlisent, des milliers de Russes s’opposent à la guerre et sont emprisonné·es pour cela.

    Notre monde est entré dans une spirale d’incertitudes et d’inconnues.

    Pour s’orienter, il faut donc se doter d’une boussole. Certain·es l’ont perdue, ou alors la leur indique une autre direction que le Nord. Il en va ainsi de celles et ceux qui ne voient pas l’évidence d’une guerre d’agression visant à détruire l’indépendance de l’Ukraine. Des arguties, des subtilités dissimulent mal leur embarras dès lors qu’il s’agit de condamner la Russie et son régime autocratique.

    Or ce régime a contribué à réprimer les mouvements démocratiques au Belarus et au Kazakhstan, bombarde depuis septembre 2015 les populations civiles en Syrie en appuyant l’une des dictatures les plus brutales du monde, arme des commandos dans plusieurs pays d’Afrique, alors qu’à domicile, il détruit toutes les libertés publiques, tout droit social et démocratique. Par ailleurs, ce régime finance et attise la haine et les extrêmes droites partout dans le monde.

    Cette boussole détraquée, obnubilée par l’impérialisme américain et soumise à une vision géopolitique binaire, est incapable de comprendre que la Russie est un régime réactionnaire, autocratique, antipopulaire et un fauteur de guerre. Pire encore, elle oublie les peuples, dont les aspirations disparaissent. Notre boussole a pour Nord la solidarité envers les peuples, non envers les Etats.

    Est-ce à dire que nous nous trouvons dans une situation où le bien s’oppose au mal ? Aucunement. La dernière décennie en Syrie nous a appris que nous ne pouvions accorder aucune confiance aux Etats occidentaux et à leurs alliances. Nous condamnons les appels au réarmement qui se servent de la guerre d’agression de Poutine comme d’un prétexte. En résistant, les peuples de l’Ukraine se battent pour leurs libertés et pour les nôtres. En nous solidarisant avec leur combat, nous faisons de même.

    Condamner l’invasion russe, défendre une Ukraine indépendante et libre et soutenir les forces démocratiques en Russie forment un seul et même combat. L’occasion de montrer cette solidarité est donnée par la manifestation nationale à Berne le 2 avril. Nous appelons également la population à rejoindre l’un des comités de solidarité qui existent dans plusieurs cantons.

    Sébastien Abbet
    Hanna Perekhoda
    Antoine Chollet
     
     
  • Jeudi 7 avril : mobilisation internationale pour la santé...

    Depuis 1950, à l’initiative de l’Organisation mondiale de la santé, le 7 avril est devenue une journée mondiale de la santé afin de « permettre au monde de se pencher sur les problèmes importants de santé publique et d’encourager un débat entre les responsables et les parties prenantes ».

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  • Le peuple corse plus mobilisé que jamais pour ses droits...

    En moins d'un mois, c'est la troisième mobilisation populaire de grande ampleur qui se déroulait en Corse ce Dimanche à Ajaccio. Des milliers de personnes avaient répondu présents sur trois mots d'ordre : Justice et vérité pour Yvan Cotonna, Libération des prisonniers politiques, Reconnaissance du Peuple Corse.
    La jeunesse a une fois de plus exprimé sa radicalité face aux manœuvres préélectorales des Darmanin et Macron qui soufflent le chaud et le froid sur la question de l'Autonomie de la Corse, tout en continuant  à nier l’existence même du peuple corse. Pèse également sur les consciences le sentiment que les conditions dans lesquelles Yvan Colonna a été assassiné sont loin d'être claires.

    De très violents affrontements se sont donc déroulés aux abords de la Préfecture de Région d'Ajaccio, pendant plusieurs heures. Au même moment à 17h30 des jeunes assiégeaient à nouveau la Caserne de CRS de Furiani où des heurts se sont également produits. Il faut savoir que depuis un mois, rare sont les soirées où les jeunes insulaires n'affrontent pas les CRS et Gendarmes mobiles aux abords des préfectures. Ces rassemblements spontanées vont de 100 à parfois plusieurs centaines de personnes. Ce mouvement de fond ne doit pas être sous-dimensionné dans tout le mal-être et le ras-le-bol qu'il exprime. Cette génération s'est soulevée et n'a plus rien à perdre face au rouleau compresseur colonialiste et capitaliste en Corse.

    La seule perspective qui pourrait ramener l'apaisement en Corse est un débouché politique sur des bases claires, à court terme une Autonomie législative pour le peuple corse. Viendra ensuite la question du contenu en terme de projet de société, question centrale à laquelle le mouvement social rejoindra la jeunesse sur des revendications populaires immédiates (Emploi, Logement, Formation, Salaires, etc...).

    L'annulation ce jour par Macron des discussions sur l'Autonomie prévue à Paris Vendredi prochain, ainsi que les interpellations de jeunes corse en cours n'augurent rien de bon. La solidarité ne faiblira pas.

    A Manca

  • Françafrique : Macron continue comme avant !

    Emmanuel Macron joue habilement de son fameux « en même temps » au sujet de l’Afrique. Des déclarations « disruptives » sur la colonisation, le génocide au Rwanda ou la restitution de quelques biens culturels pillés pendant la colonisation qui font le « buzz » mais qui ne débouchent sur aucun fait concret. Par contre elles masquent la continuité de la politique impérialiste de la France sur le Continent.

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  • L’appel de la Campagne Antiracisme et Solidarité...

    Notre pays construit des ponts pas des murs. D’où que l’on vienne, où que l’on soit néE, notre pays existe. Il s’appelle Solidarité.

    Notre pays n’a ni carte ni limites. Il ne fait pas la guerre si ce n’est au fascisme, au colonialisme, au racisme, à l’injustice et aux inégalités.

    Notre pays n’existe pas isolé, atomisé, soumis. Il existe dans tout ce qui relie, regroupe, donne confiance et lutte.

    Notre pays est en grand danger. Il doit sortir, se montrer, se lever. Vivre.

    Car notre pays brûle. Il s’appelle Avenir.

    Car notre pays est étouffé. Il s’appelle Liberté.

    Car notre pays se meurt. Il s’appelle Égalité.

    Car notre pays est opprimé. Il s’appelle Dignité.

    Notre pays est en danger. Nous appelons à la mobilisation générale.

    Pour l’avenir. Si la planète brûle, cela n’a rien à voir avec les migrations, nos couleurs de peau, nos origines, nos religions. Le monde n’attend qu’une étincelle pour exploser et certainEs nourrissent l’incendie qui nous menace.

    Nous dénonçons toutes les formes de racisme dont l’islamophobie, l’antisémitisme, l’anti-tziganisme, la négrophobie et le racisme anti-asiatique. Nous exigeons notamment la fin des contrôles au faciès, l’abrogation de la loi dite « séparatisme », le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, la fin des dominations économiques, militaires et politiques, en particulier la Françafrique.

    Pour la liberté. Nous voyons que lorsqu’on commence à limiter la liberté pour certainEs, c’est la liberté de touTEs qui recule. C’est ainsi que se mettent en place des pouvoirs de plus en plus autoritaires.

    Nous exigeons la liberté de circuler et de manifester et notamment l’abrogation de la loi dite « sécurité globale », la fin des violences et des crimes policiers et pénitentiaires, la suppression des mesures de répression contre les migrantEs (OQTF, IRTF…) et la fermeture des Centres de rétention administrative. Nous exigeons la destruction des murs qui s’érigent partout dans le monde pour séparer et contrôler les peuples.

    Pour l’égalité des droits. Les arguments utilisés contre l’immigration sont faux économiquement et ne servent qu’à justifier les mesures qui amplifient monstrueusement le racisme et les inégalités sociales. L’oppression et la surexploitation des migrantEs aggravent les conditions de touTEs les salariéEs.

    Nous revendiquons l’égalité des droits pour touTEs, le renforcement et l’accès réel à la santé, à l’éducation, à des revenus décents, au logement et l’arrêt des expulsions dans les foyers de travailleurs/euses migrantEs. Nous exigeons notamment la régularisation des sans-papiers.

    Pour la Dignité. Nous refusons la banalisation de l’insoutenable. Nous dénonçons les politiques anti-migratoires et de non-accueil des migrantEs. Nous refusons l’instrumentalisation des femmes à des fins racistes. Nous réclamons vérité et justice pour les victimes de violences policières et pénitentiaires. Nous exigeons le respect des convictions et croyances de touTEs. Debout, nous redevenons dignes.

    Pour la Solidarité. Nous appelons toutes et tous à se lever, se rassembler, s’organiser. À faire vivre notre pays partout où il existe. Dans les quartiers, les villages, les ronds-points, les écoles, les lieux de travail. Autour d’un hôpital menacé, d’une mosquée ou d’une synagogue fermée ou attaquée, d’une église où l’on fait une grève de la faim pour les migrantEs, des associations antiracistes dissoutes ou menacées de l’être, d’un théâtre qui avait été occupé, d’un piquet de grève, d’un immeuble menacé d’expulsion, d’une frontière. À partir d’un local associatif ou syndical, d’un lieu culturel et solidaire…

    Nous appelons notre pays à se lever en masse, s’organiser et lutter pour la solidarité et contre le racisme.

    Notre pays existe. Il s’appelle Solidarité.

  • Cinq ans de politiques racistes et anti-migrantEs : plus qu’un bilan, un acte d’accusation...

    Sans surprise, Macron a œuvré pour renforcer les intérêts de sa classe en multipliant les attaques rapides et massives contre nos conquis « en même temps » qu’il offrait des milliards aux plus riches, censés permettre un ruissellement vers le bas totalement improbable. Pour doper « sa » lutte de classes, il a distillé à haute dose un poison redoutable dans toute la société : la division et la haine.

    Un racisme d’État sans complexe

    La loi « confortant le respect des principes de la république » du 24 août 2021, dite « loi contre le séparatisme », a été débattue longuement dans un climat haineux, islamophobe. Cette loi entend « apporter des réponses au repli communautaire et au développement de l’islamisme radical en renforçant le respect des principes républicains et en modifiant les lois sur les cultes ». C’est en soi une loi discriminante qui ne s’applique qu’aux seuls musulmanEs. Entre autres, elle renforce l’encadrement du culte musulman et autorise la fermeture temporaire des mosquées par les seuls préfets. Le principe de laïcité et de neutralité s’appliquant déjà aux salariéEs des services publics, est étendu aux salariéEs des entreprises de marchés publics, des entreprises qui ont un statut de service public (comme la RATP) et des sociétés de bailleurs sociaux. Ce qui exclut encore davantage l’accès au travail des femmes portant le voile.

    Le racisme dans toute la société

    Les musulmanEs ou supposés tels sont désignés comme menaçants pour la société, des sortes d’ennemis intérieurs, ce qui contribue à légitimer les menaces et les agressions contre des personnes et les attaques contre des mosquées. Pour les habitantEs et les jeunes des quartiers rien n’a changé. Les contrôles d’identité au faciès, le mépris néocolonial, le harcèlement, la menace ont continué avec la même fréquence. L’impunité des policiers est renforcée.

    L’explosion des condamnations pour des délits mineurs

    La création de nouveaux délits ou le durcissement des sanctions a considérablement augmenté, mais essentiellement pour des infractions liés à la pauvreté ou à la contestation. Outrage à agent de la force publique, rébellion, stationnement en pied d’immeubles, installation de gens du voyage, squats de logements vides. Par exemple, la loi « sécurité globale » du 25 mai 2021, « préservant les libertés », crée une peine passible de cinq ans de prison pour une personne qui blesse un policier même s’il n’a ensuite aucune ITT. Mais c’est quoi une blessure sans ITT pour un policier ?! Au total, une augmentation des incarcérations de 15,7 % en un an, essentiellement dans des maisons d’arrêt, toujours dans un état d’insalubrité et de surpopulation dénoncées par toutes instances de contrôle nationales et européennes. Parmi ces détenuEs : 30 % en attente de jugement donc présumés innocents et autant qui devraient bénéficier d’une hospitalisation. C’est une partie de notre classe qu’on embastille, 50 % sont privéEs d’emploi et les personnes étrangères ou vivant à la rue ont, selon l’Observatoire international des prisons, huit fois plus de risques d’être condamnées à des peines de prison.

    Les politiques anti-migrantEs

    Darmanin, en novembre 2021, annonçait la présence sur le territoire de 600 000 à 700 000 migrantEs sans papiers et donc expulsables. Il se réjouissait « que la France expulse trois fois plus que les Anglais, deux fois plus que les Italiens et les Espagnols ». Le nombre de statuts de réfugiéEs accordés en 2020 a baissé de 34 % et en 2019, de 38 % (statistiques du ministère de l’intérieur). Non seulement les CRA (centres de rétention administrative) n’ont pas été fermés, mais deux nouveaux sont en construction.

    La politique d’accueil inconditionnel que nous défendons depuis des années va aujourd’hui s’appliquer aux réfugiéEs ukrainiens, nous nous battons pour que ce qui est politiquement et humainement juste pour elles et eux soit également mis en œuvre pour les ­réfugiéEs de tous les pays.

    Une dangereuse politique

    À force de faire dans l’hyper-capitalisme, l’autoritarisme et le racisme, Macron a encouragé l’expression de toutes les fractions de l’extrême droite qui n’hésitent pas à diffuser leur haine, avec le cas emblématique du candidat Zemmour : « L’antiracisme est un indigénisme de haine contre la France » ; « Il faut protéger les Français et la civilisation » ; « II n’y a pas d’autre solution que l’armée dans cet État où l’ordre ne règne plus ». Et les discours sur l’identité et la remise en cause du droit du sol se diffusent facilement dans ce pays où les inégalités blessent profondément notre classe !

    Tout un vocabulaire contre les personnes solidaires s’est épanoui sous le règne macronien : les « racialistes », les « islamo-gauchistes », les « séparatistes »… Les néofascistes ont déjà remporté une victoire : la campagne de la présidentielle se fait sur leur terrain. Le quinquennat de Macron a joué un rôle d’accélérateur dans les discours et les politiques racistes. Mais le pire n’est jamais certain : luttons !

    Roseline Vachetta