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Actualités nationales... - Page 158

  • Les pays riches polluent, les pays riches tuent !

    « Nos droits brûlent ! » : tel est le titre du rapport publié par Amnesty International à l’occasion du G7 organisé en Cornouailles. En cause ? L’absence totale de politique concrète contre le réchauffement climatique de la part des pays les plus riches du monde. Un chiffre résume à lui seul l’ensemble du problème : les pays du G20 sont responsables de 80 % des émissions de gaz à effet de serre. Et Amnesty International d’expliquer : « Les plans climatiques non ambitieux soumis par ces pays représentent une violation des droits humains de milliards de personnes. Il ne s’agit pas de défaillances administratives, mais d’une attaque catastrophique et massive contre les droits humains. »

    Les belles paroles des membres du G7 ne font guère illusion, tant elles ne se traduisent par aucun acte concret permettant d’inverser réellement la tendance : « Aucun plan crédible pour supprimer significativement d’ici 2030 la production et l’utilisation de tous les combustibles fossiles n’a été mis en place. Tous les membres du G7 se sont engagés à parvenir à la neutralité carbone d’ici 2050, mais aucun d’entre eux n’a proposé de stratégie adéquate de réduction des émissions d’ici 2030 – année où les émissions mondiales devront avoir été réduites de moitié afin d’échapper au pire en ce qui concerne la crise climatique. »

    Pire encore, non seulement aucune mesure sérieuse n’est prise, mais les pays riches continuent en outre de subventionner massivement le secteur des énergies fossiles, avec entre autres des aides économiques de taille pour faire face aux conséquences de la pandémie, mais sans aucune contrepartie écologique.

    Last but not least, les pays riches mettent non seulement en danger la vie des milliards d’êtres humains les plus pauvres, mais ils ont la morgue de refuser de venir assister les pays les plus pauvres : « Jusqu’à présent, les trois quarts au moins des financements internationaux pour les questions climatiques n’ont pas été accordés sous la forme de subventions, mais de prêts. Cela signifie que les pays à faible revenu doivent utiliser leurs propres ressources pour couvrir les coûts liés au climat qui leur sont imposés par d’autres, au mépris des obligations en matière d’assistance internationale. »

    Le capitalisme pollue, le capitalisme tue, et les inégalités face aux conséquences du réchauffement climatique ne sont pas plus « naturelles » que le réchauffement lui-même. Elles sont la résultante de choix politiques, et il est urgent d’imposer, par nos mobilisations, des mesures allant radicalement à l’inverse de la tendance actuelle, avant qu’il ne soit trop tard.  

  • Aéronautique et automobile : faire face aux grandes manœuvres patronales...

    Dans le monde macronien du « en même temps », la pandémie et ses conséquences économiques fournissent opportunité et prétexte à l’amplification des mesures antisociales et répressives. À quelques jours de la mise en œuvre d’une réforme de l’assurance chômage particulièrement inégalitaire que seule la décision en attente du Conseil d’État semble pouvoir à minima retarder, les attaques sur l’emploi, les conditions de travail se multiplient. Deux secteurs sont particulièrement visés par les projets patronaux de restructuration : l’automobile et l’aéronautique. Deux secteurs clefs pour les transports et déplacements, industriels et personnels, pour lesquels les conséquences de la pandémie pourraient laisser penser que se trouvait l’occasion de changements profonds autour des questions de transports collectifs, d’organisation des territoires, réduisant drastiquement les obligations de déplacements et de transports. En fait le monde d’après que met en œuvre le gouvernement risque de ressembler au monde d’avant, en pire, si les mobilisations ne se développent pas.

    Des mobilisations qui doivent s’organiser autour de l’interdiction des licenciements, de la réduction massive du temps de travail, pour des emplois qualifiés pour tous et toutes, loin de l’univers robotisé et informatisé que nous promettent les patrons et leurs actionnaires. Des revendications qui passent par la construction d’un vrai service de transport sécurisé, écologique et humaniste libéré des diktats du profit par l’expropriation et la gestion par les salariéEs et les usagerEs et renvoient à une confrontation politique globale.

    Des résistances existent, plombées par des décennies de reculs sociaux et des orientations d’organisations syndicales complices, timorées ou tournées vers de impasses. Cet état des lieux dans deux secteurs devra s’enrichir de ceux d’autres secteurs, notamment à l’occasion des prochaines mobilisations.

    Dossier coordonné par Robert Pelletier.

  • Contre la violence de l'épidémie capitaliste sur l’emploi… Mobilisons-nous !

    Les thématiques sécuritaires, qui dominent la séquence politique, sont au cœur de la campagne des régionales en vue de la présidentielle. La surenchère autoritaire, parfaitement orchestrée par Macron et son gouvernement, est abondamment relayée médiatiquement. Ce dévoiement des colères n'a d'autre but que de continuer de mener sans entraves une politique de destruction sociale afin d'imposer de nouvelles contre-réformes, alors que des dizaines de milliers de travailleurEs ont déjà sombré dans la précarité depuis le début de la pandémie.

    Pas de confinement de l'offensive des patrons

    Pas de trêve pour les capitalistes qui ont profité de la crise sanitaire pour mener une guerre de classe de haute intensité. Réorganisation de l'économie, de la production, licenciements en masse… La crise du Covid-19 a approfondi les inégalités... et a considérablement enrichi les patrons du CAC 40. Ce dernier a retrouvé son niveau de 2007, alors que l'épidémie des licenciements continue, elle, de faire des ravages. Du 1er mars 2020 au 21 mars 2021, 928 plans de licenciements cumulés ont été recensés, auxquels viennent s'ajouter d'autres milliers touchant les structures de moins de 10 salariéEs

    C'est dans ce contexte dégradé et avec un cynisme qui n'a d'égal que la soif du profit que la réforme des retraites refait surface. Toujours dans l'esprit du « travailler plus pour gagner moins », elle prévoirait l’allongement du temps de cotisation et le recul de l'âge de départ de deux ans. Quand à l’odieuse réforme de l'assurance chômage dont la deuxième phase débute début juillet, elle devrait affecter les pensions d'environ 1,15 million de chômeurEs (selon l'Unedic).

    C'est aux capitalistes de payer leur crise

    Hollande et son ministre de l’époque Macron avaient déjà porté les aides de l’État aux entreprises à 150 milliards, alors qu'elles n'étaient « que » de 65 milliards avant la crise de 2008. Le « quoi qu'il en coûte » de Macron s'est traduit par des aides de 155 milliards d'euros sur la seule anné2020. Cette politique perpétue un système inégalitaire dans lequel les dominants utilisent tous les moyens pour renforcer leurs avantages. Les capitalistes doivent payer leur crise. Il est urgent de mettre un terme à la captation des fruits de notre travail, et de faire tourner l'économie pour notre propre compte.

    Des mesures d'urgences pour protéger le monde du travail sont indispensables. Cela passe par linterdiction des licenciements, lembauche des précaires, la réduction massive du temps de travail et son partage entre touTEs sans perte de salaire, laugmentation des salaires et des minima sociaux, ainsi que le recrutement massif dans les services publics.

    Des batailles à préparer pour rompre avec ce système

    Samedi dernier, des dizaines de milliers de personnes battaient le pavé à Paris et dans tout le pays pour dire non à l’extrême droite, à ses idées nauséabondes qui se répandent jusquau pouvoir, pour défendre les libertés. Les colères contre la violence sociale du patronat se déconfinent aussi, et des grèves pour l'emploi, les salaires, offrent de nouvelles perspectives.

    Les salariés de la Fonderie de Bretagne à Caudan, qui se battent depuis plusieurs semaines pour le maintien de leur unité de production et contre 350 licenciements, montrent la voie. Samedi 19 juin à l'initiative des salariéEs du voyagiste TUI, nous serons à nouveau dans la rue pour l'interdiction des licenciements, contre les suppressions de postes et la réforme de l'assurance chômage, dans le cadre d'un appel à la convergence.

    Ces résistances sont des points d'appui pour faire reculer la politique du patronat et du gouvernement. C'est maintenant que se prépare une rentrée sociale qui doit être à la hauteur des enjeux : reprendre nos affaires en mains et frapper touTEs ensemble sans attendre les échéances électorales, pour en finir avec la mainmise des capitalistes sur nos vies.

  • Toutes aux frontières ! : manifestation féministe et internationaliste réussie malgré l’indifférence et la répression...

    Environ 5 000 personnes sont venues manifester à Nice samedi 5 juin pour une Europe sans murailles. Il s’agissait de porter des revendications concernant spécifiquement les femmes, les lesbiennes, les trans qui subissent des violences insupportables sur le chemin de l’exil : pour la liberté de circulation, pour un accueil digne, contre toutes les frontières…

    Cette mobilisation a été l’œuvre de militantEs organiséEs dans des collectifs locaux : transports, hébergements, chorales, batucada… L’auto-organisation était de mise à toutes les étapes. Des bus sont venus de Bordeaux, Toulouse, Grenoble… Des prises de paroles d’exilées et des performances d’artistes ont rythmé la manifestation et les cerfs-volants ont porté notre message de liberté. Des lectures et des concerts ont eu lieu dans la foulée de la marche avec malheureusement une jauge très limitée à cause de la situation sanitaire.

    Force, inventivité, subversion

    Cette mobilisation montre la vitalité d’un mouvement féministe pluriel, capable de se rassembler pour défendre les plus fragilisées d’entre nous, les exilées fuyant guerres et persécutions. Il faut en particulier noter la présence de groupes et d’associations de femmes migrantes ou de solidarité. Cependant, bien que soutenu par un grand nombre d’associations, de syndicats et de mouvements politiques, l’événement aurait gagné en force avec un investissement plus important des organisations traditionnelles. La dimension internationaliste, initialement au cœur de la construction de l’événement, a été minorée par la situation sanitaire et la politique répressive. En particulier, des camarades italiennes ont été illégalement et violemment refoulées à la frontière.
    Sur place, la répression a été conséquente aussi puisque, dès le matin, cinq militantes effectuant un collage ont été arrêtées et mises en garde à vue toute la journée, les empêchant ainsi de participer à la manifestation. Puis une personne a été arrêtée à mi-parcours pour dégradation de mobilier urbain et encore quatre en terrasse après le défilé. Toutes ont finalement été relâchées, certaines risquent des amendes et sont convoquées à la rentrée. En outre, le cortège a, à deux reprises, subi les provocations et attaques de militants identitaires. Ces entraves au droit de manifester s’inscrivent dans une situation locale particulièrement répressive et violente envers les militantEs politiques et les réseaux d’aide aux migrantEs.
    Cette journée aura été une démonstration de la force, de l’inventivité et du caractère subversif du mouvement féministe. La fin de l’oppression de genre n’est pas encore pour demain mais cette dynamique internationale est un mouvement de fond qui nous fait avancer sur le chemin de l’émancipation des femmes et des minoriséEs de genre. Cette manifestation est une précieuse étape dans la création d’espaces plus nombreux de résistance solidaire et de convergence européenne dans les luttes féministes et antiracistes, alliant exigence de régularisations massives inconditionnelles, ouverture des frontières et luttes contre toutes les oppressions.

  • 13e université d’été du NPA...

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    13e université d’été du NPA

    Du dimanche 22 au mercredi 25 août 2021

    Accueil à partir du samedi 21 après-midi, départ le jeudi 26 après le petit déjeuner

    dans le village vacances de Rives des Corbières

    à Port-Leucate, près de Perpignan

    Inscription(s) en ligne (paiement par carte bancaire)

    Plaquette d'inscription en PDF

    Et bientôt le programme...

    EN FINIR AVEC LE MACRONAVIRUS ANTISOCIAL ET AUTORITAIRE, VITE, UNE ALTERNATIVE ANTICAPITALISTE !

    Depuis notre précédente université d’été, la poursuite de la pandémie de Covid-19, ici et à l’échelle de la planète, a continué d’imprimer sa marque sur nos vies et sur l’ensemble de la situation sociale et politique. Et à chacune des étapes, la politique de Macron et de son gouvernement a toujours fait faillite. Après le scandale des masques manquants avant l’été, les valses-hésitations sur les mesures à prendre (toujours à contretemps) et la défense des intérêts des grands labos de Big Pharma — contradictoire avec le développement de la nécessaire campagne de vaccination — illustrent la politique d’un pouvoir totalement dédié aux capitalistes.

    Alors que ceux-ci veulent faire payer les conséquences économiques de cette crise au monde du travail (chômage de masse grandissant, multiplication des licenciements et suppressions de postes, paiement d’une « dette covid » qui ne leur a servi qu’à eux seuls...), le gouvernement de Castex et Darmanin s’est lancé dans une fuite en avant réactionnaire dangereuse. Sécuritaire et liberticide, avec la loi de sécurité globale ; raciste, avec une loi islamophobe sur les « séparatismes » et une campagne d’opinion contre le prétendu « islamo-gauchisme ». Le RN de Marine Le Pen n’a plus qu’à attendre son heure…

    Dans ce contexte pesant, notre camp social ne s’est pas résigné. Si les conditions de mobilisation n’ont pas été simples ces derniers mois, entre situation sanitaire et coups de pression du pouvoir, nous avons repris la rue : avec les travailleurEs de la culture contre la réforme de l’assurance chômage ; avec la jeunesse des quartiers en solidarité avec la Palestine ; avec les femmes et les personnes LGBTI pour l’accès à la PMA et l’égalité des droits ; avec les jeunes mobilisés pour la justice climatique… Et cela doit continuer, car nous n’attendrons pas les urnes en 2022 pour combattre Macron et son monde — même si nous voulons aussi nous y faire entendre.

    Meeting de rentrée du NPA dans un contexte de campagne présidentielle, rencontres internationales et invitéEs venus d’horizon divers, éclairages historiques et anniversaires, formations et débats d'actualité… Cette année, malgré quelques contraintes toujours liées à la crise sanitaire, notre université d’été reste plus que jamais un lieu d'échanges entre sympathisantEs et militantEs anticapitalistes, mais aussi un espace de rencontres avec des militantEs du mouvement social ou d’autres courants politiques de la gauche radicale (d'ici et d'ailleurs), ainsi qu'avec des intellectuelEs et des spécialistes des questions politiques, sociales, internationales, sanitaires, etc. Le tout bien évidemment dans une ambiance que l’on souhaite garder la plus conviviale et ensoleillée, sous la pergola, au bord de la piscine ou même à la plage...

    PRECAUTIONS ET MODE D’EMPLOI

    Au vu de l’évolution de la crise sanitaire, il sera sans nul doute nécessaire de continuer à appliquer les mesures assurant la protection de toutes et tous : respect des gestes barrières, de la distanciation physique, du nombre de personnes présentEs dans les logements, etc. Plus d’informations sur place.

    Une journée à l’université d’été : le matin de 9h à 12h et l’après-midi de 14h à 17h, plusieurs cycles et ateliers se déroulent en simultané. Faites votre choix ! Le créneau 17h – 19h est plus léger pour permettre ballades, bains de mer ou baignades à la piscine, ou discuter tranquillement... Dans la soirée, détente assurée : projections, bar, et même quelques rencontres avec nos invitéEs.

    Nous sommes en pension complète, c'est-à-dire logés en bungalow et nourris en restauration collective. Les enfants sont pris en charge en journée des animateurs/trices.

    Y ALLER ?

    En voiture : Autoroute A9, sortie Leucate, puis voie express littorale OU RN9, échangeur D 627, puis voie express.

    En train : Gare de Leucate la Franqui. Navettes de bus municipaux (ligne 15) entre la gare et le village club Rives des Corbières.

  • Contre Macron, la droite et l’extrême droite, prenons la rue ce samedi 12 juin !

    Pour compenser sa faible légitimité et imposer sa politique antisociale, face aux colères et mobilisations que suscite sa politique, le pouvoir macroniste s'arme jusqu'aux dents. Pour cela, il mène une offensive sécuritaire et raciste sans précédent sur les plans législatif, idéologique et directement répressif. Le cours autoritaire de la macronie continue de s'approfondir, apportant de l’eau au moulin de l’extrême droite. Dans ce climat nauséabond, les manifestations du samedi 12 juin dans tout le pays constituent une première étape de la riposte à construire.

    De la droite extrême à l'extrême droite

    Un véritable bloc politique bourgeois réactionnaire se constitue sous nos yeux. Entre LREM, LR et le RN, 50 nuances de la droite extrême à l'extrême droite. C'est une chape de plomb idéologique qui s'abat sur nos esprits via des médias dans la surenchère réactionnaire, rivalisant d'infamie grâce à leurs éditocrates et « intellectuels ». Oui, les idées et les discours de l'extrême droite font leur chemin, et une partie de sa politique, parfaitement compatible avec les institutions de la Ve République, est même déjà mise en œuvre par la macronie.

    Préparons-nous à ce que cette offensive autoritaire, raciste et liberticide aille crescendo jusqu'à l'élection présidentielle, et puisse accoucher du pire… Macron se veut un « barrage » vis-à-vis du RN, mais ce n’est certainement pas pour lui opposer une alternative. Candidat naturel des riches, il représente une droite extrême fiable, liée à l’État et ses appareils, à la bureaucratie de l'Union européenne et aux entreprises du CAC40. Cest bien sa politique qui ouvre la voie à Marine Le Pen, candidate d'une extrême droite décomplexée et particulièrement dangereuse. Les reculs sociaux et les attaques contre la démocratie et les droits se nourrissent et avancent de concert. Les classes dirigeantes, les capitalistes, veulent pousser jusqu'au bout leur avantage, et leurs avancées sont faites de nos reculs. Nos luttes doivent converger !

    Aujourd’hui dans la rue, demain on continue !

    La quasi-totalité de la classe politique — du RN au PS en passant par le PCF — s'est précipitée à l'immonde raout des flics le 19 mai dernier devant l'Assemblée nationale. Leur « front républicain » contre l'extrême droite est en train de sinverser : ils défendent les forces de l'ordre, dévoient la laïcité dans le racisme et lislamophobie et enterrent les droits démocratiques fondamentaux… Notre camp social ne peut donc compter que sur ses propres forces sur les lieux de travail, d'études et de vie.

    Ce samedi, un large éventail de syndicats, associations, forces politiques et collectifs appellent à des « marches pour nos libertés et contre les idées d'extrême droite » dans tout le paysC’est un point d'appui pour nous mettre collectivement en mouvement et y faire entendre nos exigences : le refus des lois liberticides (comme la loi de sécurité globale) et l’état d’urgence permanent, le combat contre l’offensive raciste et islamophobe (telle la loi contre les « séparatismes »), la défense de mesures concrète pour l’égalité des droits, pour les femmes et les personnes LGBTI (dont la PMA pour toutes), la régularisation des sans-papierEs et l’ouverture des frontières...

    Après la manifestation du samedi 5 juin à Paris commémorant les 8 ans de la mort de Clément Méric, ces prochaines semaines doivent être marquées par nos mobilisations : le samedi 19 juin, au côté de la CGT TUI contre les licenciements, les suppressions de postes et la réforme de l’assurance chômage, ces reculs sociaux qui font le terreau sur lequel prospère l’extrême droite ; le samedi 26 juin, à la marche des fiertés parisienne ; et le samedi 3 juillet à Perpignan, avec une manifestation à l'occasion du congrès du RN.

    Au-delàc’est bien une alternative anticapitaliste qui rompe avec cette société d’oppression et d’exploitation que nous avons besoin de construire, touTEs ensemble !

  • Des violences d’extrême droite connectées à l’avancée du Rassemblement national...

    Lexistence de ces groupes informels violents procède en quelque sorte de ce que proposait le théoricien d’extrême droite Dominique Venner dans les années 1960 pour renouveler le logiciel nationaliste : « Une organisation sans hiérarchie, sans délimitation territoriale, [avec des] membres qui fassent rayonner notre enseignement, suivant leur milieu, leurs capacités et leurs affinités ». Le milieu, sociologique et amical, de militants formés au sein d’organisations d’extrême droite (comme l’Action française ou Génération identitaire) pousse ces franges à cultiver de façon autonome la violence de rue, habillée de nouvelles modes « footballistiques ». Elles font ainsi « rayonner leur enseignement » au sein d’une jeunesse non militante mais ­soudée par le nationalisme.

    « Militant intellectuel et violent »

    Si certains adhèrent aux « éléments pour une contre-culture » développée par les identitaires, d’autres restent classiquement fascinés par les références aux fascismes historiques.

    Sur une ville, la constitution d’une telle communauté est facilitée par l’existence d’un groupe politique, et encore plus d’un local. De nombreuses structures d’extrême droite orientent en effet leur activité sur des pratiques sociales et culturelles selon une inspiration localiste. Avec une salle de sport et une bibliothèque, se perpétue l’idéal maurrassien du militant « intellectuel et violent ». En élargissant leur cercle, ces groupes socialisent de jeunes nationalistes. Pour beaucoup, leur fougue ne trouve plus sa place au RN, dont la logique électoraliste pousse à la respectabilité. Pour autant, le parti de Marine Le Pen est-il déconnecté de cette violence d’extrême droite ?

    Pour ponctuellement renforcer les troupes, le DPS, service d’ordre du RN, a l’habitude de recruter largement. Certains nervis « autonomes » peuvent donc, à l’occasion, donner un coup de main (tout comme dans le service d’ordre des Manifs pour tous). Les relations familiales facilitent parfois la connexion. Mais l’éternelle quête de « dédiabolisation » du RN le pousse être vigilant sur les farfelus dans ses rangs. Certes, les nombreux liens entre jeunes militants identitaires et RN sont clairement établis. Mais c’est en tant qu’attachés parlementaires, chargés en communication, voire candidats aux élections, qu’ils entrent dans le parti, pas dans son service d’ordre. Aujourd’hui, dans sa stratégie de grignotage des institutions, le RN n’a pas besoin de troupes de choc.

    Quels liens avec le RN ?

    Pourtant les deux sont liés. Dans le processus d’implantation des extrêmes droites, le discours s’accompagne toujours d’actes, quel que soit le niveau de coordination consciente des uns et des autres. Lorsque Jordan Bardella, porte-parole du RN désigne « ultra-gauche et islamistes » comme partageant « un objectif commun : la destruction de l’État et de la France », il désigne l’ennemi intérieur à « combattre avec force ». Ce genre d’amalgame grossier s’est retrouvé dans la fameuse tribune des militaires, approuvée par Marine Le Pen, et bien d’autres : « un certain antiracisme »« l’islamisme et les hordes de banlieue »« individus infiltrés et encagoulés » dans les manifestations. Les expressions sont suffisamment précises mais largement floues pour viser un spectre très large de potentiels artisans de l’anti-France.

    Comme les politiques sécuritaires et les discours « décomplexés » du gouvernement légitiment la posture du RN, son militantisme nourrit la violence des jeunes nervis. Nul besoin d’être organisés dans une même structure politique pour que les tâches militantes soient réparties. Chacun pense ainsi agir à sa façon pour la « protection de nos valeurs civilisationnelles et la sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national » (« tribune des généraux » publiée par Valeurs actuelles le 21 avril dernier).

    Commission nationale antifasciste

  • Groupuscules violents d’extrême droite : où en est-on ?

    À partir des échanges téléphoniques de ceux qui ont tué Clément Méric, le Comité pour Clément a montré qu’il s’agissait d’une situation dans laquelle il y avait « un donneur d’ordres, une centrale téléphonique et des soldats qui attaquent ». Car les deux néonazis actuellement en procès d’appel étaient au moment des faits des militants dans une organisation, et pas de simples « lambdas » un peu fachos, comme tente de le faire croire leur défense.

    Au-delà des dissolutions

    À la suite de la mort de Clément, quatre organisations étaient dissoutes, dont celles des deux responsables, Troisième Voie et les Jeunesses nationalistes révolutionnaires. D’autres dissolutions ont, depuis, été prononcées sans bouleverser outre mesure le ­paysage militant de l’extrême droite extra-parlementaire : Bastion social, Blood & Honour Hexagone et Combat 18, puis récemment Génération identitaire. Huit ans après, qu’en est-il des groupuscules de fachos violents en France ?

    La presse s’est récemment fait l’écho d’un projet d’attentat néonazi, mené par un obscur groupe « Honneur et Nation ». Le collectif d’analyse antifasciste La Horde est revenu sur la réalité de cette structure. Il s’avère que ces bourrins folkloriques sont plus des machines à picoler et publier des selfies sur les réseaux sociaux que de sérieux combattants pour un quelconque ordre nouveau. Ce sont les restes, pas toujours frais, de bandes de nazi-skins, dont la mode tend globalement à passer chez les jeunes fachos.

    Depuis les années 1990, la France est globalement épargnée par les aventures meurtrières d’extrême droite. Le poids du FN-RN joue un rôle dans la temporisation de ces pratiques extra-légales. Certes, il y a toujours des furieux qui s’entraînent au paintball pour la guerre civile : restent le culte de la force et la fascination des armes, voire leur trafic. La Horde a raison de s’interroger sur la possibilité, pour des militants issus d’une nébuleuse de groupuscules éphémères, de passer à l’acte isolément. Mais la focalisation journalistique sur la « menace terroriste d’ultra-droite » masque le bruit de fond actuel.

    Une nouvelle génération de nationalistes

    Depuis quelques années, un autre phénomène traverse la jeunesse nationaliste. Abandonnant la chaussure montante coquée pour la chaussure de sport, et le bomber camouflage pour la veste « casual », les modes changent. Avec une fascination, parfois mythifiée, pour les tribunes de football, une partie des jeunes fachos importent certains us et coutumes dans leurs pratiques militantes (le phénomène n’est pas propre à l’extrême droite). Une de leurs références est l’implication de supporteurs dans les manifestations du « Maïdan » ukrainien de 2014. La France a connu les « Manifs pour tous », que certains ont vécues comme leur 6 février 1934, puis le « Jour de colère ». Une nouvelle génération de nationalistes se forme dans ce contexte.

    Les connexions déjà existantes avec des groupes de supporteurs marqués à l’extrême droite favorisent la diffusion du modèle. Les bagarres arrangées entre supporteurs indépendants et les raids punitifs assortis de prises de trophées inspirent ces jeunes fachos, dont tous ne partagent pas une stricte sobriété anti-alcool. L’émulation sur les réseaux sociaux pousse à multiplier les exploits. Certains militent dans des organisations politiques déclarées. Mais leurs activités « sportives » sont menées au sein de groupes informels et affinitaires. Vols de drapeaux ou de banderoles d’organisation de gauche, arrachage de vêtements « militants »... une violence de basse intensité s’est lentement installée dans de nombreuses villes. Si Lyon est le parfait exemple, l’existence de groupes similaires, plus ou moins fournis, est constatée sur Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Nîmes, Marseille et Aix, Nice, Chambéry, Clermont-Ferrand, Chalon-sur-Saône, Besançon, Strasbourg, Reims, Lille, Rennes, Nantes, Angers, Tours, Bourges, Paris.... rien d’anecdotique.

    Un phénomène à prendre au sérieux

    Les actions contre les mobilisations pour la PMA pour touTEs, le 31 janvier, ont été l’occasion d’une coordination de fait entre ces différents groupes. Car au-delà de la pression quotidienne que cherchent à faire peser ces jeunes nervis sur les militantEs de gauche, et essentiellement sur les jeunes repérés comme antifascistes, leur violence se porte aussi contre des apparitions organisées. Les attaques de cortèges progressistes dans les manifs de Gilets jaunes, à Paris, Toulouse et Lyon, viennent de ce milieu de tapeurs. De nombreuses dégradations ou attaques de locaux militants (comme à Lyon ou à Angers) complètent leurs apparitions. Récemment plusieurs intermittentEs occupant des théâtres ont subi des assauts. En utilisant les réseaux sociaux comme vitrine de leurs exploits, le phénomène donne une impression de structuration.

    En réalité, il n’est pas certain que ces groupes veulent, ou puissent, se structurer à une échelle nationale. D’abord car leur raison d’être se limite souvent à une ville. En outre, leur pratiques tombant sous le coup de la loi, le risque de dissolution est grand. Les récentes dissolutions du Bastion social et de Génération identitaire ont pu laisser des enseignements. Par ailleurs, tous ne partagent pas exactement les mêmes références politiques. Et enfin, aucun chef ne se dégage. Il n’en reste pas moins que le phénomène mérite d’être pris au sérieux. Les blessures infligées, parfois graves, n’ont pas entraîné de mort depuis celle de Clément Méric. Elles restent néanmoins des attaques sourdes contre tout le mouvement social.

    Commission natioanle antifasciste