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Actualités nationales... - Page 196

  • Retour à l’anormal dans l’Éducation nationale ?

    Dans l’Éducation nationale, les deux nouvelles de la semaine, concernant l’ensemble du territoire, sont « la réouverture de toutes les écoles » décrétée par Blanquer et l’annonce que le bac français des élèves de première serait validé en contrôle continu. De manière plus spécifique, c’est également l’ouverture des lycées professionnels aux élèves pour les cours d’atelier, en particulier la préparation des certifications.

    Ces annonces développées par Blanquer ne sont que des effets de manche visant à alimenter l’idée que l’on revient à la « normale ». Il s’agit d’exercer une pression sur les personnels et sur les familles qui pensent que ce n’est justement pas possible de faire comme si l’épidémie était une parenthèse que l’on pourrait refermer quand le gouvernement le décide. Effets de manche, à l’exception du le bac français en contrôle continu qui se fera car il conforte avec beaucoup d’opportunisme les partisan.s de la suppression de l’examen ponctuel qui veulent profiter de l’impossibilité de tenir un examen (profs et élèves en sont soulagés). La seule position juste aurait été d’acter la validation du bac de français.

    Les fanfaronnades de Blanquer

    Mais dans la « vraie vie » qu’ignorent et méprisent ceux qui prétendent nous gouverner, cela ne peut pas se passer ainsi. « Toutes les familles qui le souhaitent doivent pouvoir scolariser leurs enfants au moins sur une partie de la semaine », fanfaronnait Blanquer. Mais comment cela peut-il se produire alors que le protocole sanitaire, et surtout les moyens humains ne le permettent pas ?D’après les organisations syndicales, ce sont environ 20% des enseignantEs qui restent en arrêt parce qu’ils et elles font partie des personnes vulnérables, ou vivant avec des personnes vulnérables. Et les chiffres sont encore bien plus important parmi les personnels territoriaux (agents d’entretien, ATSEM dans les maternelles…) souvent affectés par des maladies chroniques liées à leurs conditions de travail, même si ce n’est jamais reconnu comme tel. Et pourtant, ces personnels, souvent invisibilisés, sont tout aussi indispensables que les enseignantEs pour le fonctionnement de l’école. Les établissements ne pourront donc de toute façon pas tous rouvrir, et surtout le nombre d’élèves pouvant être accueillis restera limité. Donc cela ne permettra pas de libérer les parents de leur garde pour retourner au boulot aux conditions fixées par leurs employeurs. Un des enjeux est à ce titre que les écoles délivrent les attestations permettant aux parents de ne pas être pénalisés financièrement.

    Des revendications spécifiques pour l’Éducation nationale

    Mais surtout, tout le discours autour du retour à la « vie d’avant » occulte totalement la question de la vraie rentrée : celle de septembre. Car si l’hypothèse d’une deuxième vague dans les semaines qui viennent semble s’éloigner, l’expansion de l’épidémie dans l’hémisphère sud peut augurer d’un retour en force du virus à l’automne. Si on ne veut pas alterner « confinement » et confusion généralisée, rebaptisée « retour à la normale », il y a urgence à développer des revendications spécifiques pour l’Éducation nationale : la titularisation de touTEs les précaires, sans condition de nationalité, et de touTEs les stagiaires ; l’augmentation du nombre de postes ouverts aux concours pour permettre une augmentation massive du nombre d’enseignantEs et des cours à effectifs réduits ; des embauches de personnels territoriaux, des infirmières et médecins scolaires qui manquent dramatiquement. Il s’agit en outre de repenser les programmes, non pour développer l’enseignement à distance dont on a mesuré l’échec et le caractère profondément inégalitaire, mais pour repenser la pédagogie et les contenus en commençant par mettre à la poubelle les réformes de Blanquer des lycées généraux, technologiques et professionnels, ainsi que de l’école élémentaire.

    Cathy Billard

  • Déconfinons nos revendications pour de vrais « jours heureux » !

    Le monde se déconfine lentement, les colères aussi. L’assassinat de George Floyd a suscité une vague de manifestations dans les grandes villes des États-Unis, mais aussi à Londres, Berlin, Montréal…
    Plus près de nous, la Marche des Solidarités a réuni le 30 mai dernier 5 500 personnes à Paris en soutien aux sans-papiers.
    Preuve que ni l’état d’urgence, ni le couvre-feu ne peuvent éteindre la colère face aux injustices, au racisme d’État et à un système économique profondément destructeur. 

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  • Marches antiracistes : De Minneapolis à Paris, c’est maintenant que ça se joue...

    Il est bien sûr trop tôt pour dire que ce samedi 30 mai aura été un tournant. Mais les ingrédients sont là. Le matin, des milliers ont défilé dans les rues de Maubeuge dans le Nord contre les annonces de suppressions d’emplois à Renault et la menace de fermeture de leur usine. Et l’après-midi à Paris, des milliers de sans-papiers ont imposé leur droit de manifester pour leur régularisation. 

    À Paris, la manifestation avait été interdite sous le prétexte de la crise sanitaire. Mais, sous l’impulsion des collectifs de sans-papiers, la Marche des Solidarités avait maintenu l’appel et décidé de braver l’interdiction. 

    Dispositif policier débordé

    Le pouvoir avait prévenu que les moyens seraient pris pour empêcher la manifestation.

    Et les moyens ont été utilisés sans ménagement : arrestation des premierEs arrivéEs sur les deux places de l’ouest parisien (Madeleine et Opéra) bouclées par le dispositif policier, charges et matraquages sur les groupes tentant malgré tout de rallier la place, utilisation massive de gaz lacrymogène. Mais le dispositif n’a pu tenir car il a été débordé.

    Il a été débordé d’abord par le nombre, car des groupes et des cortèges sont arrivés de partout à Madeleine comme à Opéra, multipliant les fronts, prenant ici et là à revers les cordons de police occupés à tenter de repousser les manifestantEs. De plus, parti de Montreuil, à l’autre extrémité de Paris, et ne pouvant prendre le métro, un cortège de 1000 sans-Papiers et soutiens, ont décidé de traverser toute la ville pour rejoindre le lieu appelé pour la manifestation. Une partie du dispositif policer a dû partir en urgence pour les bloquer. Et face à la détermination des manifestantEs ces effectifs policiers n’ont jamais pu décrocher pour retourner bloquer Opéra ou Madeleine.

    Il a été débordé ensuite par la détermination des sans-papiers. Car plutôt que de partir à la première ou la seconde charge de la police, les cortèges se reformaient pour repartir à l’assaut et tenter d’accéder à la place de rassemblement. Jusqu’à ce que le dispositif policier soit contraint de refluer.

    Ce sont alors de milliers de sans-papiers et de soutiens qui ont conflué. Après la place de l’Opéra libérée ce fut le tour de Madeleine et un immense cortège s’est constitué, rejoint par des personnes apprenant par les réseaux sociaux que la manifestation se tenait comme promis et qu’une véritable vague humaine s’était formée pour traverser Paris. 

    À Paris… et ailleurs

    La manifestation avait été interdite, elle s’est tenue. Et les migrantEs, symboles de tous les obstacles mis au droit de circuler, en première ligne face à la répression et l’exploitation, sont devenus la pointe avancée de la lutte pour la liberté. Après plus de deux mois de confinement, aux côtés des travailleurEs de Renault, en prenant tous les risques ils et elles ont réouvert la voie du combat.

    C’est sans doute pour cela qu’il y a eu un écho sans précédent pour cette manifestation à laquelle peu croyaient y compris à gauche. Écho médiatique bien sûr, ainsi que réactions indignées des fascistes et de toute la droite dont le contenu violemment raciste illustre le niveau des enjeux pour toute la société. Mais aussi écho enthousiaste chez tous ceux et toutes celles à qui cette démonstration de détermination des sans-papiers redonne espoir. Un des commentaires à la publication du communiqué de la Marche des Solidarités sur son blog en donne le ton : « Vous ne le savez peut-être pas, mais devant nos écrans, faute d'être à la capitale, nous étions nombreux à en pleurer tellement nous étions fiers de vous. » Des vidéos circulent sur tous les réseaux sociaux.

    Des rassemblements et manifestations ont aussi eu lieu dans de nombreuses villes du pays, malgré les pressions policières, de 100 à 400 manifestantEs à Lyon, Rennes, Rouen, Lille, Strasbourg, Limoges, Grenoble, Poitiers, Nîmes, Perpignan, Orléans, Le Havre… mais aussi à Bruxelles ou Bologne.

    Des suites auront lieu rapidement avec de nouveaux rendez-vous dans les prochaines semaines. Parce qu’il ne s’agit pas seulement du droit de manifester mais bien d’obtenir la régularisation de touTEs les sans-papiers, des logements pour touTEs, la fermeture des centres de rétention. Et que, comme à Minneapolis, l’enjeu de cette lutte est déterminant pour toute la société. Et c’est aussi un tremplin pour la journée nationale de mobilisation dans les hôpitaux appelée par les collectifs de lutte et les syndicats le 16 juin. Comme le disait l’affiche sortie pour cette manifestation du 30 mai : « Santé = égalité + liberté + solidarité ».

    Les jours qui viennent nous diront si le 30 mai a été un tournant. Il faut tout faire maintenant pour que ce soit le cas. Le monde d’après, c’est maintenant !

    Denis Godard

  • Fraude massive des entreprises au chômage technique : mettre fin à ce scandale...

    Depuis le début de la crise, le chômage technique explose. Plus de la moitié des salariéEs du privé (12,9 millions) a été couverte par une demande d'autorisation préalable d'activité partielle1. Ces demandes ne se sont pas toutes transformées en actes. Néanmoins le nombre de salariéEs concrètement au chômage technique a été massif. En avril, selon le ministère du travail, 8,6 millions de salariéEs (sur 11,3 millions de demandes d’autorisations) ont été au chômage technique en moyenne 2,8 semaines dans le mois.

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  • Le déconfinement sans aucun moyen pour faire face à la crise...

    Sur la base du recul de l’épidémie, Édouard Philippe accélère le déconfinement, mais de nombreuses zones de flou perdurent, et des attaques se profilent contre les classes populaires.

    L’intervention du Premier ministre a été un véritable numéro d’autosatisfecit de la part du pouvoir. Les indicateurs du recul de la pandémie seraient bons, meilleurs que ce qui était attendu à ce qu’il paraît. Et qu’importe que, pour faire cette belle démonstration, Philippe, Véran et Blanquer tordent le cou à la réalité… Près de 29 000 morts depuis le début de cette catastrophe sanitaire, des morts sans aucun doute dus au retard à l’allumage des mêmes qui aujourd’hui font les fiers…

    La politique sanitaire de dépistage porterait donc ses fruits, et le Premier ministre de saluer au passage les personnels soignants. Mais ce discours est plein de contradictions : les restrictions de libertés (bars, fêtes, grands rassemblements limités à 5000 personnes, port du masque…) témoignent d’un danger toujours présent… que le gouvernement est pourtant prêt à faire courir à celles et ceux qui travaillent. Si le risque est nul, pourquoi ne pas tout rouvrir ? Et s’il est important, pourquoi autoriser 15 élèves par classe, pourquoi autoriser à travailler dans les secteurs non essentiels ? Confinement puis déconfinement montrent la logique du gouvernement : ne pas dépenser pour la santé, ne pas fournir les tests et masques nécessaires à la vie, mais forcer le travail à reprendre. Entre nos vies et les profits, il faut choisir !

    Le plus incroyable est aussi que le gouvernement n’a même pas parlé des revendications des personnels de la santé, pour des embauches et des augmentations de salaires, alors qu’ils et elles se sont encore mobilisés aujourd’hui, avec de nouveaux rassemblements aux portes des hôpitaux.

    Le jour de la publication des chiffres du chômage (22 % d’augmentation, soit 1 million de personnes), le gouvernement n’a pas annoncé non plus les mesures nécessaires pour défendre l’emploi : le maintien de toutes les prestations sociales, l’interdiction des licenciements et suppressions de postes, en particulier les fins de CDD ou de mission pour les précaires. Il se moque manifestement que des millions de personnes se trouvent en grande difficulté sociale.

    Au contraire, avec le bac de français changé en contrôle continu, il avalise la tendance générale à la dérégulation dans l’éducation, au lieu d’accorder les examens à tous les postulantEs. Cette dérégulation, c’est le développement de l’enseignement à distance, voire privé, quels que soient les niveaux, et les contrôles continus très variables suivant les établissements au lieu des examens nationaux et anonymes.

    Le signal du pouvoir est clairement donné : « la vie » doit reprendre, elle peut donc reprendre, même partiellement. Et très vite, il serait possible de tout faire… sauf de manifester ! Philippe a beau répéter que le danger de transmission du Covid-19 se situe principalement dans le cadre d’espaces confinés, il fait preuve d’une grande hypocrisie en autorisant les rassemblements festifs jusqu’à 5000 personnes, mais en interdisant les rassemblements de plus de 10 personnes dans l’espace public ! Ainsi, les marches des solidarités en faveur de la régularisation des sans-papiers, qui doivent avoir lieu ce samedi 30 mai, ont été interdites dans plusieurs villes, dont Paris. Difficile donc de ne pas voir ici la volonté d’empêcher au moins jusqu’à cet été la possibilité de se rassembler, de manifester, de faire entendre nos droits.

    L’heure est pourtant au retour des mobilisations : ce samedi aux marches des solidarités, y compris à Paris, et le mardi 16 juin, touTEs ensemble à l’initiative du secteur de la santé, en grève contre ce gouvernement qui nie une crise sociale profonde qui s’accélère.

  • Aide aux migrants : le parquet général de Lyon se pourvoit en cassation contre la relaxe de Cédric Herrou...

    L’agriculteur militant vivant près de la frontière franco-italienne avait été condamné en août 2017, à quatre mois de prison avec sursis, pour avoir convoyé des migrants de la frontière italienne jusqu’à son domicile.

    Sur le site du monde, la suite...

  • Automobile : un plan à huit milliards d’euros qui autorise la fermeture d’usines...

    Macron a confirmé mardi 26 mai son plan à huit milliards d’euros tel qu’il était distillé depuis plusieurs jours par ses communicants. Il en a seulement rajouté dans l’esbroufe, et a laissé libre Renault de mettre en application les fermetures d’usine envisagées. Il ne laisse d’autre issue que la mobilisation contre sa politique.

    Pour planter le décor, Macron a prononcé son discours depuis une usine Valéo qui n’a jamais cessé ses activités de production même au sommet de l’épidémie. Quel signal ! Les hôpitaux manquaient de masque, Valéo s’en procurait pour pouvoir continuer à exporter et il est félicité ! 
    Alors que des menaces précises visent quatre autres usines de Renault1, Macron demande à Renault de garantir l’emploi dans… les usines de Douai et de Maubeuge. Bref, il donne son feu vert à Renault.

    Effets d’annonce et effets d’aubaine

    « Qu’aucun modèle produit en France ne quitte le territoire » a demandé Macron. Demande inutile pour Renault puisque avec l’extinction programmée des modèles Scénic, Espace et plus tard Mégane, aucune voiture particulière Renault à essence ou diesel ne sera plus produite en France. 

    Objectif un million de voitures électriques produites en France, annonce Macron. Soit la moitié des voitures vendues en France aujourd’hui. Même en rajoutant les techniques hybrides, ce chiffre est énorme et n’est étayé par aucun travail sérieux. Ce faisant, Macron rejoint les prévisions d’il y a dix ans du bateleur Ghosn qui avaient été complètement démenties par les faits. Les mêmes qui s’ébahissent devant l’audace de Macron avaient applaudi à celle de Ghosn.

    Relancer les ventes de voitures à coup de primes à la casse n’est que la répétition d'une politique initiée il y a près de trente ans par un certain Balladur. Bonjour la nouveauté ! On en connaît les résultats : un effet d’aubaine pour les plus riches. 

    La nouveauté « verte », ce sont les subventions augmentées pour l’achat de véhicules électriques. Outre le fait que les véhicules électriques sont tout autant polluants que ceux à essence sur toute leur durée de vie jusqu’au traitement des déchets, l’achat d’une voiture électrique est le privilège des plus riches. 32 000 euros est le prix d’une voiture « moyenne » comme la Renault Zoe. Avec une prime de 6 000 euros financée par les impôts de touTEs, la voiture coûte 26 000 euros. Ce système de primes est un fantastique mécanisme de redistribution vers les plus riches…

    Le discours et la politique de Macron n’offrent comme perspective qu’un tout-automobile polluant encore plus inégalitaire et toujours fauteur de suppressions d’emplois.

    Le blog NPA auto-critique est animé par les militantEs du NPA de la branche automobile.

  • La crise des loyers est devant nous...

    Le temps passe et il ne se passe rien sur le front des loyers. Ou plutôt : ce qui était prévisible se réalise. Le recouvrement des loyers de l’échéance d’avril, après celle de mars, confirme l’augmentation des impayés. Elle est dans une fourchette de 10 à 25 % selon les bailleurs. Et on peut s’attendre à ce qu’il en soit ainsi pour les échéances de mai et juin.

    Face à une situation brutale de chute des ressources, beaucoup de locataires sont contraints de choisir entre le loyer ou se nourrir, et certainEs parmi elles et eux n’ont pas eu d’autre choix que de recourir aux distributions solidaires. Le choix est vite fait.

    Inaction gouvernementale

    Face à cette situation, le gouvernement ne réagit pas. Il laisse les bailleurs se débrouiller. L’USH (le regroupement des bailleurs publics et privés) a signé une charte, qui n’a pas force de loi, avec des associations de locataires qui se sont montrées pour le coup bien irresponsables de se prêter à cette manœuvre. Cette charte ne propose, à côté des vœux pieux tels le renforcement du Fonds de solidarité logement (FSL), le retour sur la réforme des APL ou le report de la trêve hivernale, que l’étalement de la dette sur le reste de l’année... ce qui n’est pas du tout au niveau de la situation. Les bailleurs font semblant d’exiger du gouvernement des mesures sociales mais en fait leur préoccupation essentielle c’est de s’assurer, d’une façon ou d’une autre, que les loyers soient payés par les locataires.

    La crise des loyers est bien là et, en l’absence de réponse gouvernementale, les bailleurs ont des réponses très disparates. Cela va de la suppression du loyer du mois d’avril pour l’OPH de Bobigny (qui reste à confirmer) à l’aménagement des appels de charges chauffage (Paris Habitat), voire le remboursement de l’excédent versé en charges quand il y en a. Et globalement ils proposent la discussion individuelle avec les locataires pour négocier l’étalement de leur dette, pour ceux qui sont sensibles aux difficultés qu’ils et elles connaissent. Jusqu’à l’indifférence totale comme pour des bailleurs tel Logirep ou les 3F qui ne s’expriment pas et exigent leurs loyers comme si de rien n’était.

    En contrepoint se pose la date de la fin de la trêve hivernale, toujours fixée par le gouvernement au 10 juillet. Si la ville de Paris a décidé du report de la trêve jusqu’en mars 2020 pour ses trois bailleurs sociaux, pour tous les autres il n’y a rien de changé. Là aussi l’absence de décision du gouvernement laisse les locataires à la merci du bon vouloir de tel ou tel bailleur. Rien n’empêche d’ores et déjà la reprise des procédures judiciaires et cela fait craindre pour les mois d’été une vague d’expulsions locatives.

    Pour le moment les mobilisations difficiles des locataires dans le contexte de confinement (pétitions, banderole, appels...) n’ont pas permis de forcer le gouvernement à réglementer sur l’allègement des loyers. La mobilisation continue pour rendre visible cette revendication, urgente, avec la certitude que la crise des loyers est devant nous.

    JMB

  • Gouvernement et patronat préparent le pire. Mobilisons-nous pour de vrais « jours heureux »...

    Face aux conséquences de la crise sanitaire, dont l’emballement de la crise économique, le gouvernement de Macron et le Medef ont un projet clair : préserver les dividendes des actionnaires en faisant payer la note aux salariéEs et à la population. Les démasquer et envisager notre contre-offensive devient un enjeu vital pour ne pas laisser ce système dévaster nos vies et la planète.

    «Si l’on prend l’intégralité des mesures budgétaires et de soutien à la trésorerie, l’État a mis 450 milliards d’euros sur la table […] soit 20 % de la richesse nationale pour sauver l’économie », déclarait Bruno Le Maire lundi 25 mai. Qui va rembourser ? « La question est, quand est-ce qu’il faudra rembourser ? Pas maintenant. [Mais] oui, il faudra rembourser, la dette perpétuelle n’existe pas ».

    La volonté de nous tétaniser

    Ces dernières semaines, les principaux patrons des différents secteurs ont défilé dans les bureaux ministériels et dans les commissions parlementaires pour défendre leur bout de gras et nous saturer d’informations : il faut sauver le tourisme, plus de 7 % du PIB et environ 2 millions d’emplois. Après les milliards promis à Air France, les patrons de l’aéronautique civile et militaire (Thales, Safran, Dassault et Airbus) se sont organisés autour d’une « task force » pour obtenir toujours davantage de l’État, agitant la menace de dizaines de milliers de suppressions d’emplois.

    Et ce n’est évidemment pas mieux dans l’automobile, avec le cas de Renault, mais aussi de Nissan, qui envisage 20 000 suppressions d’emplois, surtout en Europe. L’Usine nouvelle relaie le 26 mai des estimations de reculs des ventes mondiales de voitures de 16 à 23 %. De quoi préparer le terrain aux annonces de Macron d’un plan de relance de la filière qui passera par des milliards de primes supplémentaires pour garantir aux groupes la rentabilité de leur réorganisation pseudo-écologique dans la production de véhicules hybrides et électriques. Alors même que les plans prévus continuent de démanteler les transports collectifs publics, à la SNCF, à la RATP…

    Dernière nouvelle, le 26 mai, France Info citait le rapport des économistes du Groupe d’études géopolitiques selon lesquels l’expérience massive de télétravail montre « qu’entre 30 et 40 % des emplois qualifiés, des emplois de cols blancs, pourraient être délocalisés dans des pays à bas coûts. »

    Contester leur légitimité, préparer notre contre-attaque

    Pour résister à l’effroi, il faut se refaire le film de ces derniers mois, pour formuler nos priorités et déterminer nos points d’appui. Alors que la première vague de l’épidémie semble derrière nous, rien ne permet d’envisager que nous serions en capacité de nous prémunir davantage d’une deuxième vague. Des clusters se multiplient sur des lieux de travail, l’application des préconisations de sécurité dans des lieux de propagation active comme les transports ou les écoles est tout simplement impraticable, ce qui implique de ne pas relâcher notre vigilance. Nous devons développer nos revendications de protections adaptées : gratuité des masques et des tests dont l’utilisation doit être généralisée, réquisition et mise sous contrôle public (par les salariéEs et les usagerEs) des entreprises pharmaceutiques pour maîtriser la recherche et la distribution des traitements et vaccins dès qu’ils seront au point.

    Si le coût humain du Covid-19 n’a pas été plus élevé, c’est d’abord grâce aux personnels de santé, à leur dévouement et leur créativité. L’épidémie a, d’une certaine façon, mis en pause les logiques destructrices du système de santé. Pendant quelques semaines ce ne sont plus les managers qui ont drivé mais l’urgence de répondre aux besoins. Mais il n’y aura pas de répétition possible, et les projets gouvernementaux pour l’hôpital ne présagent rien de bon. L’urgence est donc d’imposer les revendications construites par les mobilisations, depuis mars 2019, des personnels des urgences, puis de l’ensemble des hôpitaux. Ce sont celles et ceux qui font fonctionner ce système qui sont au premier rang pour la mobilisation.

    Soutenir et développer les mobilisations

    Mais c’est aussi un double enjeu pour la population : en tant qu’usagerEs du service public de santé, mais aussi sur un plan politique. Car chacunE peut mesurer que si les hospitalierEs ne remportent pas une victoire significative sur leurs revendications, nous serons touTEs affaiblis pour défendre nos revendications et nos emplois. La solidarité avec les hospitalierEs, c’est la solidarité bien comprise avec nous-mêmes, à commencer par les autres salariéEs de la fonction publique. Car le gouvernement a déjà annoncé que tout ce qui sera lâché aux unEs, sera pris aux autres. Si on ne veut pas laisser « remplacer » les enseignantEs par des logiciels, les employéEs territoriaux par des procédures dématérialisées, une victoire des hospitalierEs est déterminante. Il s’agit de mettre à l’ordre du jour l’embauche massive dans les services publics, avec une réduction du temps de travail qui est aussi une réponse à la menace de chômage et le moyen le plus efficace de répondre aux besoins de la population.

    C’est ce que le NPA défend sur les lieux où le travail reprend, dans les quartiers populaires particulièrement fragilisés par la crise, et dans la construction de cadres unitaires pour soutenir les mobilisations qui se développent, dans les hôpitaux et les EHPAD, mais aussi face aux menaces de fermetures et de suppressions d’emplois chez Renault, à l’image des salariéEs des Fonderies de Bretagne qui ont décidé d’occuper leur usine, avec une détermination exemplaire.

    Cathy Billard