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NPA l'Anticapitaliste 06 et 83 : le blog - Page 109

  • Inondations en Espagne : le capitalisme nous mène en enfer...

    Inondations en Espagne : le capitalisme nous mène en enfer

    Avec plus de 200 morts, les habitantEs de la région de Valence tentent de sortir du choc et de la sidération. Face au désastre, les EspagnolEs alternent entre la colère face à l’incurie des gouvernements régionaux et fédéraux et des élans incroyables de solidarité populaire.

    Dérèglement climatique

    La violence des inondations à Valence et maintenant à Barcelone est inédite. Ce ne sont pourtant pas des événements surprenants. Le phénomène DANA (ou phénomène de « goutte froide » en français) dans les régions méditerranéennes de l’Espagne, comme les épisodes cévenols dans le Sud-Est de la France sont connus depuis des décennies. Mais le dérèglement climatique et le réchauffement des mers et des océans les transforment en tempêtes de plus en plus régulières et dévastatrices pour les zones habitées.

    L’inaction face au bouleversement climatique est criminelle. Le refus des gouvernements, soumis à la logique de la course aux profits, de mettre en place les mesures essentielles de réduction de CO2 et de sortie des énergies fossiles revient à laisser consciemment le réchauffement climatique planétaire s’emballer. À la clé, tempêtes, inondations, sécheresses dévastatrices sont devant nous.

    La course aux profits aggrave tout

    En Espagne comme en France, le capitalisme prédateur démultiplie les effets du réchauffement climatique. L’artificialisation des sols, la bétonisation des surfaces (la France est l’un des pays d’Europe les plus bétonnés), les infrastructures trop peu préparées aggravent considérablement les dégâts.

    Dans la région de Valence, Carlos Mazón, président du Parti Populaire qui a succédé à la gauche à la tête de la région en 2023 grâce à un accord avec Vox, le parti d’extrême droite climato-sceptique, a liquidé en novembre 2023 l’Unité Valencienne d’Urgences (UVE), chargée notamment d’organiser et de coordonner les secours en cas de catastrophes naturelles. Mazón se réjouissait alors des économies ainsi réalisées. Aujourd’hui, les habitantEs pleurent de rage.

    La solidarité, notre seul avenir

    Face à la nullité des gouvernements régionaux et fédéraux, face au dénuement et au désastre, des milliers d’EspagnolEs accourent pour apporter aux habitantEs de la région de Valence des vivres, de l’eau. Pour déblayer les décombres, nettoyer les rues et les maisons. Cette solidarité populaire montre que notre avenir, face au désastre climatique, est à dix mille lieux de l’égoïsme avide des tenants du néolibéralisme, de droite ou d’extrême droite.

    Notre classe est face à un choix : l’écosocialisme ou la barbarie ! L’écosocialisme face aux phénomènes « Dana », qui seront de plus en plus intenses à mesure qu’augmente le réchauffement climatique. L’écosocialisme face à la barbarie de la destruction des services publics et à la course sans fin aux profits !

  • Israël interdit l’UNRWA : le droit au retour dans le viseur...

    Le Parlement israélien a adopté le 28 octobre 2024 deux lois dont l’application empêchera l’UNRWA (United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East) d’assurer son mandat, celui de protection et assistance des réfugiéEs palestinienNEs.

    Ces lois interdisent à l’agence de l’ONU d’exercer ses missions sur le territoire contrôlé par Israël, notamment à Jérusalem-Est occupé, où se situe le siège de l’organisme. Elles interdisent également tout contact entre l’UNRWA et l’administration israélienne.

    Les liens bancaires de l’UNRWA, dont les fonds transitent par des banques israéliennes, seraient rompus. L’agence serait dans l’incapacité de payer ses fournisseurs et les salaires de ses employéEs. Il y aurait un arrêt de toute coordination avec l’armée pour acheminer l’aide humanitaire à Gaza. Les conséquences tant à Gaza qu’en Cisjordanie seraient catastrophiques.

    Diffamation, dénigrement et interdiction de l’UNRWA

    Ces lois sont l’aboutissement d’un lent processus de ­décrédibilisation de l’UNRWA qui a pris une ampleur immense après le 7 octobre 2023.

    En janvier 2024, dès que la justice internationale a admis le risque plausible de génocide à Gaza, Netanyahu a accusé une dizaine d’employés de l’UNRWA, sur les 13 000 opérant à Gaza, d’avoir participé aux attaques du 7 octobre sans pour autant apporter de preuve. Cela a eu pour conséquence une interruption du financement de l’UNRWA par certains pays occidentaux. Malgré cette campagne de diffamation, les États occidentaux à l’exception des États-Unis, ont par la suite repris leurs ­financements, suite à ­l’enquête diligentée par l’ONU.

    En juillet 2024, un projet de loi a été adopté en première lecture classant l’UNRWA comme organisation ­terroriste. 

    Ce projet de loi a été écarté et les attaques furent ralenties à la fin de l’été afin de permettre à l’agence de mener une campagne de vaccination contre une épidémie de poliomyélite qui menaçait Gaza et qui risquait d’atteindre les soldats : la campagne de vaccination terminée, Israël a repris sa propagande, concrétisée en octobre 2024 par l’adoption des deux lois. 

    Le refus du droit international

    Les conséquences sur le plan humanitaire de l’application de ces lois seraient dramatiques. Cependant, et bien qu’on puisse en douter à ce stade, ce n’est pas par pur sadisme qu’Israël a adopté ces lois, mais suivant une ­stratégie politique bien ­établie.

    L’hostilité envers l’UNRWA s’inscrit plus généralement dans une défiance perpétuelle envers l’ONU et le droit international dont certaines dispositions représentent de véritables embarras pour Israël : la première étant la résolution 194 de l’Assemblée générale des Nations unies du 11 décembre 1948, garantissant le droit au retour des réfugiéEs palestinienNEs. Une gêne évidente pour le projet colonial israélien.

    Car derrière les attaques contre l’UNRWA, c’est principalement la question des réfugiéEs et le droit au retour qui sont visés. 

    Les réfugiéEs niés

    En l’absence d’État palestinien, l’UNRWA demeure l’institution qui fait le lien entre les populations de réfugiéEs dispersées dont elle conserve les archives, les noms, les identités. La destruction de l’UNRWA serait une étape de plus dans la fragmentation de la population palestinienne et dans l’effacement de tout avenir national pour les PalestinienNEs.

    De même, en affaiblissant l’UNRWA, Israël espère atteindre en son cœur la lutte de libération nationale des PalestinienNEs. Ces luttes trouvent leur ancrage dans les camps de réfugiéEs — la première intifada a démarré dans le camp de Jabalia à Gaza et la deuxième dans le camp de Balata à Naplouse. L’existence des réfugiéEs et des camps appelle à un retour, il est donc évident que les luttes naissent et continuent de naître dans les camps. Et il est tout aussi évident qu’en affaiblissant l’UNRWA, qui assure une assistance vitale aux réfugiéEs, ces luttes en seraient particulièrement affectées.

    La plupart des États, même les États-Unis ont exprimé leur opposition à toute entrée en vigueur de ces lois. La Norvège a même annoncé, le lendemain de leur adoption, la présentation d’une résolution à l’Assemblée générale de l’ONU afin de saisir la Cour Internationale de Justice d’un avis sur les obligations d’Israël de faciliter l’aide humanitaire aux PalestinienNEs.

    Farah M.

  • Israël : Le génocide comme moyen, la colonisation pour un unique objectif...

    La rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens, Francesca Albanese, vient de publier un rapport dans lequel elle recommande la suspension d’Israël à l’ONU ainsi qu’un embargo total sur les armes.

    Le Grand Israël

    Le rapport détaille l’implication de l’ensemble de l’appareil d’État dans la destruction systématique de toutes les infrastructures indispensables à la vie dans tous les territoires occupés et ciblant les PalestinienNEs en tant que groupe. Le constat est simple, la violence génocidaire qui se déploie dans la bande de Gaza ne peut que se propager au reste de la Palestine. 

    D’ailleurs, la violence en Cisjordanie augmente de manière exponentielle depuis le 7 octobre 2023, avec les mêmes méthodes qu’à Gaza : sièges, privations d’eau et de nourriture, ciblage d’infrastructures médicales et de personnels soignants, destruction des infrastructures sanitaires, déplacements forcés, meurtres. 

    Pour Francesca Albanese, l’objectif est unique : le Grand Israël. Et c’est ainsi qu’il faut analyser la stratégie israélienne. Elle explique l’ampleur des massacres. Le génocide est la dernière étape d’une colonie de peuplement réussie. 

    Le plan des généraux

    Une partie de l’État israélien ne s’en cache plus. Le 21 octobre était organisé devant Gaza un événement pour préparer les prochaines colonies, avec Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale d’Israël, d’autres ministres et des membres du Parlement israélien. Au même moment, le « plan des généraux » se poursuivait à Jabalia, Beit Lahia et Beit Hanoun, où plus de 100 000 PalestinienNEs subissent un nettoyage ethnique, entièrement coupéEs du monde. 

    Ce plan vise à assiéger, affamer et transférer de force les PalestinienNEs du nord de Gaza afin d’annexer ce territoire à Israël. Celles et ceux qui restent seront considéréEs comme des membres ou sympathisants du Hamas, et donc comme une cible légitime. Dans ces villes assiégées, il n’y a aucune aide humanitaire ni médicaments depuis trois semaines. 

    Cette stratégie repose sur l’espoir que la population se retournera contre la résistance, ou que la résistance abandonnera. La seule chose qui fait encore obstacle à ce plan est la détermination des PalestinienNEs qui refusent de partir, malgré les bombardements constants et la famine. Le plan des généraux n’est que la continuité historique de la Nakba qui se poursuit depuis 76 ans, soit le déplacement forcé de PalestinienNEs pour l’installation de colonies. 

    Ces crimes de masse se déroulent au moment où l’Afrique du Sud devait transmettre ses arguments à la Cour internationale de justice. Pour démontrer l’intention génocidaire et la destruction des conditions de vies à Gaza, l’État a rendu un mémoire argumenté de 750 pages et 4 000 pages de preuves. Face à tant de souffrance, cela paraît presque trop peu.

    Louisa D.

  • Agences de l’eau : le (pas si) discret braquage de l’État !

    Dans un amendement au projet de budget, déposé par le gouvernement, celui-ci annonce vouloir « opérer un prélèvement exceptionnel de 130 millions d’euros sur la trésorerie des Agences de l’eau, reversé au budget général de l’État ».

    Les agences de l’eau ont consacré de 2019 à 2024 plus de 40 % de leurs aides aux actions en faveur de l’adaptation au changement climatique, et se sont dotées de plans d’adaptation. Il s’agit notamment d’interventions auprès de l’agriculture, de la conversion à l’agriculture biologique et aux pratiques agricoles peu consommatrices de pesticides.

    Les agences de l’eau sont des organismes destinés à « aider les collectivités, les industriels, les agriculteurs, les associations de pêche et de protection de la nature dans le financement, l’accompagnement et la valorisation de leurs projets et initiatives pour agir sur la santé, le cadre de vie, la préservation de la ressource en eau et la biodiversité ». Sur la page d’accueil des agences de l’eau, on peut lire : « Une mission commune pour l’eau, la biodiversité, le littoral ».

    Rendez l’argent !

    Les agences de l’eau sont financées, à hauteur de 85 %, par quatre redevances que nous versons toutes et tous, prélevées directement sur notre facture d’eau. C’est notre argent ! L’État n’en a cure et se sert de deux manières. En effet, outre le prélèvement cité plus haut, il a fixé un plafond à la collecte des redevances : au delà de 2,3 milliards d’euros, le surplus va directement ans sa poche ! On appelle ça le « plafond mordant » ! Ce plafond devait passer à 2,5 milliards en 2025, mais il semblerait que cette promesse ait été « oubliée »...

    L’eau n'est pas une variable d’ajustement

    Le « hold up » sur les agences de l’eau, comme cette mesure est qualifiée par la très gauchiste revue Maire-Info, risque d’avoir un effet direct sur le financement des programmes soutenus par les agences : alors qu’elles sont censées disposer de 460 à 550 millions, selon l’État, elles devront faire face à leurs engagements avec 200 millions, soit un mois de trésorerie. Ce qui peut amener une agence à ne pas pouvoir verser l’aide au moment où la collectivité en aura besoin. Elle sera alors contrainte d’emprunter ou retarder le paiement des entreprises.

    Au moment où se tient la COP16 Biodiversité, qui pose les questions de son financement, au moment où des événements climatiques extrêmes surviennent en France et, surtout, de façon dramatique en Espagne, le gouvernement Barnier affiche une fois encore son cynisme à courte vue en faisant du budget des agences de l’eau une banale et minable variable d’ajustement budgétaire !

    Commission nationale écologie

  • « Amplifier la présence syndicale sur le terrain nous paraît être clé »...

    Entretien avec Murielle Guibert*
    Après l’expérience du Nouveau Front populaire et la mobilisation contre l’extrême droite, nous avons organisé, lors de notre université d’été 2024, une table ronde réunissant des représentant·es de la CGT, de la FSU et de Solidaires, pour faire le point sur les actions communes et les combats à venir.

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  • « La période appelle à faire du neuf sur les relations syndicats – partis »...

    Entretien avec Benoît Teste

    Après l’expérience du Nouveau Front populaire et la mobilisation contre l’extrême droite, nous avons organisé, lors de notre université d’été 2024, une table ronde réunissant des représentant·es de la CGT, de la FSU et de Solidaires, pour faire le point sur les actions communes et les combats à venir.

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