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Actualités nationales... - Page 101

  • L’antimacronisme du RN : une piètre boussole pour unir ses alliées en Europe...

    Le « combat des Serbes est aussi le combat des patriotes européens », déclare le directeur de la fondation Identité et Démocratie sur Radio Courtoisie pour justifier la rencontre entre Marine Le Pen et la vice-présidente de Bosnie-Herzégovine. Ou comment prendre comme modèle les partis ethno-nationalistes aux politiques bureaucratiques, autoritaires, clientélistes et écocides.

    Obsessions du wokisme, de l’islamisation, de l’immigration ou de la décroissance, promotion de la famille, mythe de puissance de la civilisation européenne sont les orientations du RN prétendu parti « de la joie de vivre […] de la science et du progrès […] de la vie et du vitalisme ». Un programme pour lequel Marine Le Pen et Jordan Bardella peuvent compter sur leurs alliés en Europe au moment des élections européennes. Mais c’est surtout contre Macron que le RN axe cette « élection de mi-mandat ».

    Le RN et l’extrême droite au Parlement européen : des patriotes en contradiction

    Pour apparaître comme candidat à l’alternance, il faudrait partir du bilan d’une délégation dont la plupart des observateurs disent qu’elle ne bosse pas. Le groupe mène malgré tout une propagande active, en lien avec l’extrême droite française. Alors que le RN ne produit rien, ses députés européens sont très diserts : conférences, rapports, enquêtes d’opinion, deux revues, cahiers ­thématiques, etc.

    Leur groupe « Identité et Démocratie » (ID) n’a pas les contours d’un super-groupe. Il doit s’affirmer à côté des « Conservateurs et réformistes européens » (ECR), euro-­réalistes et ultralibéraux, dont l’atlantisme n’est pas le fort d’ID. Ces membres restent des alliés, comme Vox, à côté duquel des députés RN sont descendus dans les rues de Madrid en novembre. Pas de rapprochement avec Giorgia Meloni qui a commis l’erreur « d’aller pleurer le secours de l’Union européenne ». Les critiques sur les « propos incantatoires » que la Première ministre italienne n’a pas été capable de mettre en œuvre visent Marion Maréchal qui lorgne vers ECR. Outre le passage obligé chez l’allié historique Matteo Salvini, c’est en Hongrie que se jouent les alliances. Le RN travaille au corps le Fidezs, non inscrit, et Viktor Orban, Premier ministre et prochain président du Conseil européen. Le RN table sur l’arrivée des Portugais de Chega, avec leur slogan « Dieu, patrie, famille et travail », et du PVV hollandais de l’islamophobe Geert Wilders. Certains voudraient passer de « lanceurs d’alerte » à groupe majoritaire. Mais le RN peine déjà à mettre en mouvement ses alliés dont la cohérence interne est faible. La Déclaration des droits des peuples et des nations, lancée par Marine Le Pen et censée « ravir tous les patriotes d’Europe et du monde », n’est même pas traduite. Le RN table sur des alliances ponctuelles pour faire bloc sur des votes symboliques.

    Le RN en quête d’une teinte sociale

    Le RN se servira de la détestation de Macron pour critiquer la légitimité démocratique de l’UE, sans hésiter à dénoncer une « oppression de plus en plus insupportable » et un « impérialisme » s’exerçant sur les pays qui la composent. Ses premières prises de position reflètent un flottement : « européaniser » les thématiques de présidentielle ? Axer sur la dimension civilisationnelle ? Reprendre le clivage des « nationaux contre les mondialistes » ? Mobiliser les « partisans de la puissance » contre les « forces du renoncement » ? Sur cette thématique, Bardella vise le patronat avec son appel à la « sobriété normative ». La teinte sociale de son programme fera pâle figure.

    À nous de faire que son « message d’amour et de vérité » [sic] passe pour ce qu’il est : un verbiage creux, chauvin et xénophobe, dont le projet aggravera l’exploitation sociale, les crises environnementales, la perte des solidarités et la dépossession démocratique.

    Commission nationale antifasciste

  • Soutien à Geneviève Legay, contre toutes les violences policières !

    Le premier procès d’un donneur d’ordre de la police de la Ve République s’est tenu à Lyon les 11 et 12 janvier 2024. 

    C’est celui du commissaire Rabah Souchi, qui a ordonné une charge à Nice lors du mouvement des Gilets jaunes, durant laquelle Geneviève Legay, Gilet jaune et militante d’Attac, a été violemment poussée par les policiers et s’est retrouvée dans le coma.

    Refusant d’assumer, le commissaire utilise les lignes de défense habituelles en cas de violences policières : réécrire les faits, se défausser sur ses supérieurs ou ses subordonnés qui auraient mal exécuté ses ordres. Il n’a pas hésité, malgré la diffusion des vidéos de la scène, à expliquer que Geneviève serait tombée « parce qu’elle faisait une crise d’épilepsie » ! Il n’a pas convaincu le procureur, qui a rejeté l’acquittement et requis six mois de prison avec sursis ! 

    Le jugement sera rendu le 8 mars 2024, journée internationale de lutte pour les droits des femmes… Comme un symbole !

    Violences policières, racisme et colonialisme

    À l’initiative d’Attac se tenait simultanément à la Bourse du travail de Lyon, à 250 mètres du tribunal d’instance, « le procès des violences policières » : journée de tables rondes, soutenue par le collectif « En deuil et en colère » du Rhône, des victimes et associations de victimes de ces violences, les associations de quartiers et de défense des droits humains, des syndicats et des partis. 

    L’occasion de refaire l’historique de l’affaire Legay, puis de parler des violences policières, des morts, des mutiléEs, des procès qui ne se tiennent pas, des procès qui se tiennent où les victimes deviennent les coupables, coupables d’oser remettre en cause la police.

    L’occasion aussi de (re)dire que les policiers des années 1970 et 1980 étaient souvent d’anciens appelés de la guerre d’Algérie, qui la poursuivaient en ­humiliant les jeunes des banlieues, qu’ils appelaient « les petits Fellagha »

    Intervention de Philippe Poutou

    Mais aussi de faire le lien entre ces violences, le colonialisme qui se poursuit, la crise qui s’approfondit, comme l’a fait Philippe Poutou qui intervenait pour le NPA dans l’atelier sur « les quartiers populaires, laboratoire des violences policières »

    Il a rappelé le soutien du NPA aux révoltes de juin dernier que nos adversaires appellent « des émeutes » et la violente ­réaction que ce soutien a suscité au sein du Conseil métropolitain de Bordeaux où il est élu.

    Comme l’a expliqué ensuite l’association Flagrant Déni, qui se bat contre l’impunité policière (www.flagrant-deni.fr), les commissions de déontologie, invisibles et inconnues de presque tout le monde, traitent 90 % des affaires de violences policières. La partie immergée de l’iceberg…

    Supprimer l’IGPN et construire un front social et politique contre le racisme systémique

    Ainsi, lors de cette table ronde, nous avons pu réclamer la suppression de l’IGPN, qui traite les 10 % d’affaires de violences policières restantes, celles qui sont médiatisées, pour la remplacer par une autorité indépendante pour contrôler la police.

    Et laissons la conclusion à la salle — bien remplie pour un jour de semaine — dans laquelle une camarade de l’appel « Nous refusons d’obtempérer » s’est félicitée de cette journée et a appelé à poursuivre par un front social, politique avec les associations de quartier, car les raciséEs doivent porter ce combat avec d’autres forces, pour réussir à déconstruire le racisme ­systémique qu’ils subissent.

  • Un gouvernement toujours plus homophobe et transphobe...

    Quand Gabriel Attal a été nommé, nous avons entendu nombre de commentateurs s’extasier devant son âge, son côté « surdoué », mais aussi et surtout sur le fait qu’il était le premier Premier ministre ouvertement gay. À les entendre, le combat pour l’égalité arrivait à son aboutissement et on allait avoir droit au gouvernement le plus queer depuis Jésus-Christ.

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  • Gouvernement Attal : l’extrême-droite en aurait rêvé, Macron le fait...

    À cette heure, le gouvernement est incomplet mais il donne déjà une orientation politique extrêmement claire : une équipe de forceurs pour une politique ultra-libérale, ultra-réactionnaire et ultra-autoritaire.

    Derrière le visage jeune et lisse du communiquant Gabriel Attal se bousculent des hommes surtout et des femmes dont la trajectoire personnelle est éminemment politique. Du « ni droite ni gauche » en passant par le « en même-temps », on arrive au « à droite, à fond » ! 

    Attal, dernier – avec Stéphane Séjourné – des jeunes loups socialistes qui avaient rallié Macron, l’incarne pleinement. Lui qui a fait du mot « autorité » son mantra, décliné au ministère de l’Éducation avec entre autres la circulaire islamophobe de rentrée 2023 ou les fantasmes autour de l’uniforme, jusqu’à la visite d’un commissariat avec Darmanin ces derniers jours. Lui qui, au soir de sa nomination énonçait la solidarité avec à une victime d’inondation : « Vous êtes l’incarnation de cette France qui travaille, laborieuse, qui se lève tôt le matin » en clin d’œil à Sarkozy…

    Attal prétend « emmener la cause de l’école à Matignon », mais pour donner quel modèle à la jeunesse ? Darmanin, accusé de viols, à l’Intérieur ; Dupont-Moretti, relaxé d’un conflit d’intérêts parce qu’il l’a fait « sans intention », à la Justice ; Rachida Dati, mise en examen pour corruption, parachutée à la Culture ; Catherine Vautrin, homophobe patentée au ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités (dans cet ordre) ; Aurore Bergé, stigmatisante contre les familles monoparentales, aux sorties de route islamophobes, qui invite des personnalités transphobes, désormais à l’Égalité entre les femmes et les hommes. Et pour boucler la place centrale de l’Éducation, la ministre de la Jeunesse, des Sports et des Jeux Olympiques s’occupera de l’école à ses heures perdues !

    Et dans quel objectif déployer un tel aréopage - si resserré qu’il cache mal la déshérence des troupes macronistes mais aussi la volonté de Macron de concentrer les pouvoirs ? « Faire barrage au RN », ringardiser Marine Le Pen et concurrencer sur son terrain Jordan Bardella, nous expliquent à longueur d’antenne les éditorialistes si perspicaces. Le NPA lui, ne connaît pas les circonvolutions du cerveau de Macron mais se détermine sur les actes. Or, le 12 novembre c’est Macron qui a, de fait, intégré le RN et Reconquête d’Éric Zemmour dans « l’arc républicain ». Le 19 décembre il faisait voter par son groupe parlementaire avec les députéEs des Républicains et de Le Pen une loi raciste et xénophobe contre les étrangerEs. 

    Le choix de mettre en œuvre une partie des orientations de l’extrême droite, a fait ses preuves : crédibiliser les préjugés qui lui tiennent lieu d’idées, surfer sur les peurs, valoriser les rapports de domination. Bref préparer le terrain de l’extrême droite en s’employant à disqualifier et marginaliser celles et ceux qui, de la gauche politique et sociale, tentent de résister. Dans un contexte historique différent, celui de l’Allemagne des années 1930, comme dans de nombreux pays aujourd’hui, l’expérience montre que l’extrême droite devient le recours des dominants lorsque leur personnel politique traditionnel a perdu toute légitimité. Ce sont bien les institutions de la Ve République qui ont jusque-là permis à Macron de préserver une façade de pouvoir, même sans majorité politique. Les crises politiques à venir vont poser l’urgence des ruptures institutionnelles, économiques et politiques pour empêcher l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite. Autrement dit, la nécessité de construire un projet de rupture anticapitaliste, écosocialiste et internationaliste.

    C’est ce à quoi le NPA veut œuvrer, en portant aussi cette perspective aux côtés des militantEs qui ne renoncent pas au combat. Et cela commence dans la rue pour construire le rapport de force pour le retrait de la loi Darmanin et pour affirmer la solidarité avec le peuple palestinien.

  • Soutien au journal le Peuple breton...

    Une fois n’est pas coutume, la rédaction de l’Anticapitaliste vous invite à acheter, lire, soutenir le Peuple breton, mensuel de l’UDB (Union démocratique bretonne), dont la Une du numéro anniversaire (60 ans !) a provoqué le déchaînement de la fachosphère.

    À l’occasion de la publication de son numéro 720, le journal de l’UDB a choisi de soulever la question de ce qu’est le peuple breton, dans une perspective ouverte, éloignée d’un nationalisme étroit. 

    Pour illustrer le thème, la rédaction a choisi un cliché du photographe Bruno Ansker représentant un enfant racisé arborant fièrement costume et drapeau bretons. Aussitôt un torrent de haine s’est déversé sur X, amenant la rédaction à bloquer les commentaires. 

    Citons Gaël Briand, le rédacteur en chef du journal, qui écrit, dans un commentaire sur Facebook :

    « ...venons-en au fait. Être Breton n’a jamais été un vaccin contre la connerie. En quelques heures à peine après avoir publié cette Une sur X/Twitter, nous recevions sous la publication du compte du Peuple breton des centaines de commentaires haineux à propos de notre Une. À quelques jours de la loi Immigration, j’invite nos députés bretons l’ayant voté à se rendre compte de la banalisation du racisme. On ne vous remercie pas d’être les marchepieds d’idées que vous prétendez combattre ! Être Breton n’est pas une affaire de couleur de peau, c’est d’abord une affaire de sentiment d’appartenance. Pour ma part, je considère que le sourire de ce gamin est contagieux et c’est toute l’énergie que je souhaite pour la Bretagne de demain. »

    Ni en Bretagne ni ailleurs, ni sur les réseaux sociaux ni à l’Assemblée, les idées haineuses ne doivent passer…

  • Le pouvoir macroniste contre les femmes !

    La lutte contre les violences sexistes et sexuelles devait être une priorité, d’abord du premier quinquennat de Macron puis du second, mais Macron et ses gouvernements successifs n’en finissent plus de démontrer leur mépris envers les femmes et les victimes.

    Ces dernières années de nombreuses associations luttant contre ces violences sont menacées de fermer pour des raisons financières et faute de soutien des politiques publiques. Rappelons-le, en 2023, 244 000 femmes ont été victimes de violences conjugales. 94 000 femmes subissent des viols ou tentatives de viol chaque année. Et face à cela, Macron a décidé de nommer et de maintenir en poste Darmanin : un ministre de l’Intérieur accusé de viol par plusieurs femmes.

    Ce gouvernement multiplie les politiques et les saillies misogynes, le président en tête. Celui-ci fait tellement peu de cas des victimes, qu’il s’est permis de défendre publiquement Gérard Depardieu au nom de la présomption d’innocence mais surtout du prétendu intérêt supérieur du cinéma français (sic). Un président au coude à coude avec l’extrême droite sur cette question, prêt à tout pour défendre un sacré monstre, quand bien même et surtout si celui-ci est accusé par au moins 13 femmes de viols, d’agressions sexuelles et tient des propos sexistes, racistes et pédocriminels.

    Récemment la ministre de la Santé par intérim, Agnès Firmin-Le Bodo a décidé d’ajouter sa pierre au sexisme du macronisme. En frayant à nouveau avec ce que l’extrême droite fait de plus réactionnaire sur la question du droit des femmes à disposer de leur corps. Celle qui a été nommée ministre alors qu’elle est encore sous enquête pour conflits d’intérêts, s’est fendue récemment d’un tweet enthousiaste de soutien après sa visite à l’Institut Jérôme-Lejeune. Un « lieu de passion et d’énergie, où l’innovation et le développement des connaissances autour des déficiences intellectuelles sont pratiqués à un niveau d’excellence remarquable », selon ses mots.

    Un lieu surtout connu pour être un des piliers du mouvement contre le droit à l’IVG en France et qui milite également contre les droits des personnes trans, le mariage pour toutes et tous, la PMA…

    Le macronisme finit par flirter avec l’extrême droite sur tous les terrains, comme avec la loi anti-immigration… et il commence 2024 en fanfare avec une réactualisation de son « en même temps » : à la fois raciste à l’Intérieur et sexiste à la Santé ! Et surtout... une bonne année...

    Manon Boltansky

  • Pas-de-Calais : un territoire exposé, une catastrophe prévisible ...

    Dans le Pas-de-Calais, la région de Saint-Omer est une basse plaine, très plate, traversée par de nombreux cours d’eau, dont l’Aa, et leurs affluents. Une région où l’écoulement des eaux vers la mer a toujours posé un problème. Le marais audomarois, près de 4 000 ha de superficie consacrés au maraîchage, à 0 mètre d’altitude, en est le symbole. 

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