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Actualités nationales... - Page 22

  • « Le rejet de l’écologie est largement déterminé par des intérêts matériels»...

    Entretien avec Antoine Dubiau, militant de solidaritéS Genève et auteur de « Écofascismes » (Grevis, 2022)

    L’invitation de Paul Watson à des événements de gauche cet été a suscité des polémiques.

    Paul Watson est invité parce qu’il apparaît comme une figure écologiste aux yeux du grand public : sa présence permet tout simplement de faire venir du monde sur des événements qui en ont besoin. Par contre, toutes les invitations ne sont pas équivalentes. Le festival Climax à Bordeaux ou l’université d’été de REV (Révolution écologique pour le vivant, le parti d’Aymeric Caron) ont invité l’activiste canadien en le laissant contrôler le récit de son engagement, sans apporter de véritable contradiction. Le cas de la fête de l’Humanité est différent, puisque Paul Watson a été interrogé sur certains sujets à propos desquels ses positions sont critiquées — en particulier son rapport à l’immigration. Des figures comme lui ayant déjà accès à toutes les tribunes médiatiques qu’iels souhaitent, continuer de les inviter nourrit des critiques légitimes. Toutefois, le dispositif proposé par l’Huma me semble plutôt intéressant : cela permet de pousser Paul Watson dans ses retranchements, plutôt que de simplement lui dérouler le tapis rouge.

    D’une certaine manière, son intervention à la fête de l’Huma fut plutôt « utile » puisqu’elle a permis de voir à quel point sa pensée était creuse et inoffensive. Malgré son action et son esthétique radicales, presque anarchistes, le « capitaine » mène un combat extrêmement consensuel aux yeux de la société occidentale puisqu’il ne s’attaque pas vraiment aux intérêts de celle-ci. L’écologie de Paul Watson n’est pas apolitique comme il l’affirme, elle est plutôt dépolitisée puisqu’elle ne désigne pas vraiment d’adversaire dont il faudrait cibler les intérêts à perpétuer le ravage écologique. Ce contraste entre radicalité pratique et consensualité politique confère à l’activiste canadien un large capital sympathie, jusqu’au sommet de l’État.

    Dès lors, peut-on vraiment le considérer comme un écofasciste ?

    Bien qu’il ait récemment endossé lui-même le terme dans un texte publié par Sea Shepherd France, je ne caractériserais pas Paul Watson comme un véritable écofasciste. Dans son discours écolo, on ne retrouve pas les deux caractéristiques fondamentales de l’écofascisme que sont la défense de l’enracinement (un supposé lien écologique entre un individu ou une communauté et son territoire d’origine) et le fait de considérer la nature comme un ordre intangible qui ­structurerait la société. En revanche, Paul Watson est assurément écomalthusien, obsédé par la démographie mondiale : il répète systématiquement qu’il y a trop d’humains sur Terre.

    Probablement conscient du racisme qui fonde presque tous les discours sur la surpopulation, il prétend se contenter de poser des constats sans dicter de programme politique pour réduire la population. Sauf qu’en agitant la question démographique de la sorte, Paul Watson alimente le racisme écomalthusien même s’il affirme ne pas s’y ancrer lui-même. Bien que je ne le considère pas comme écofasciste lui-même, son rapport dépolitisé et malthusien à l’écologie fait de lui un acteur majeur du processus de fascisation de l’écologie que j’ai tenté de circonscrire dans mon livre.

    Tu articules désormais deux notions, celle d’écofascisme, qui était au cœur de ton livre, et celle de carbofascisme.

    Malgré la critique courante dont il fait l’objet dans les espaces militants, l’écofascisme présente un risque relativement marginal par rapport au risque fasciste plus général. Au sein de l’extrême droite contemporaine, le rejet de l’écologie reste dominant : c’est ce que le concept de « carbofascisme » permet de caractériser, en évitant certains écueils.

    Le rejet de l’écologie par l’extrême droite est souvent considéré comme relevant du climatoscepticisme. Ce constat n’est pas faux (et certaines déclarations récentes de Trump l’ont encore montré), mais il cadre le problème de manière relativement idéaliste : le rejet de toute politique climatique ou écologique découlerait d’un manque de connaissances ou d’une absence de croyance dans la science climatique ou écologique. En réalité, ce rejet est largement déterminé par des intérêts matériels, menacés par une politique climatique ou écologique ambitieuse, qu’il faut prendre en compte. Plus que de climatoscepticisme, il serait ainsi plus judicieux de parler d’obstruction climatique ou écologique : cela permet de pointer concrètement les entraves à la recherche comme aux politiques publiques, plutôt que de rester au niveau des discours.

    L’obstruction climatique est une composante particulièrement visible du carbofascisme, qui reste le rapport à l’écologie dominant au sein de ce camp politique. Ce concept désigne la convergence d’intérêts entre le capital fossile et l’extrême droite organisée. Pour le capital fossile, il s’agit de s’allier avec une force politique lui étant favorable afin de garantir ses intérêts économiques directs, en pérennisant la réalisation de profits par l’extraction et l’exploitation d’hydrocarbures. Pour l’extrême droite, les intérêts en jeu sont plutôt politiques : elle prétend défendre une « civilisation occidentale » fantasmée, laquelle est largement adossée aux énergies fossiles. Dans de nombreux cas, la convergence d’intérêts ressemble plutôt à un vrai partage, puisque certains acteurs jouent sur les deux tableaux. En France, c’est notamment le cas de Vincent Bolloré : son empire logistique repose sur la consommation d’hydrocarbures tandis que son offensive médiatique vise explicitement à consolider le camp réactionnaire sur le plan politique. Aux États-Unis, le capital fossile est un soutien indéfectible de Donald Trump depuis 2016. Sa dernière campagne était financée à plus de 15 % par des acteurs du secteur, directement par des entreprises ou par des milliardaires à titre individuel. L’autre exemple particulièrement manifeste de carbofascisme, c’est la Russie de Poutine : plusieurs oligarques russes sont à la tête de grandes firmes d’extraction et d’exploitation d’hydrocarbures. Pour le Kremlin, les ressources fossiles sont également un moyen de pression géopolitique permettant de garantir les intérêts impériaux de la Russie.

    Le carbofascisme est-il porté uniquement par le grand capital ou sa base sociale est-elle plus composite ?

    Les principaux travaux sur le sujet se sont focalisés sur le grand capital, notamment le fameux Fascisme fossile du Zetkin Collective (La Fabrique, 2020). Pour compléter ce panorama, il faudrait aussi caractériser la base sociale du carbofascisme. Celle-ci recouvre la classe d’encadrement ainsi qu’une fraction stabilisée (dans l’emploi, dans la propriété, dans le modèle familial nucléaire) des classes populaires, notamment implantées dans les espaces périurbains. Cette situation géographique rend ces populations dépendantes de la voiture individuelle pour leurs déplacements quotidiens, comme l’ont documenté de nombreuses analyses — notamment pendant les Gilets jaunes. Parce qu’elle est garante d’une certaine stabilité du mode de vie adopté et du confort y étant associé, la voiture individuelle fait aussi l’objet d’une forme d’attachement, qui ne s’oppose pas à la dépendance mais qui s’y ajoute. Fondé sur un échange écologique inégal permettant aux sociétés occidentales de profiter de la prédation des ressources du Sud global, le mode de vie dont la voiture individuelle est un reflet peut ainsi être considéré comme impérial, ainsi que le font les sociologues allemands Brand et Wissen dans Le mode de vie impérial. Ainsi, la base sociale du (carbo)fascisme contemporain repose sur des intérêts matériels bien spécifiques, plutôt que sur la seule circulation du climatoscepticisme dans la société. Les rapports entre écologie et extrême droite ne sont donc pas qu’une affaire sectorielle : l’analyse écologique peut permettre de décrire la dynamique générale de l’extrême droite, tant dans ses rapports avec le grand capital que dans la constitution de sa base sociale.

    Propos recueillis par la rédaction

  • Contre Macron et son monde, construire l’affrontement dans la durée !

    Après les fortes mobilisations des 10 et 18 septembre dernier, la colère sociale est toujours là. Bien que les manifestations soient moins importantes que la dernière fois, ce sont encore des centaines de milliers de personnes qui ont fait grève et ont battu le pavé ce 2 octobre, à l’occasion de plus de 250 manifestations. Alors que l’appel de l’intersyndicale à cette journée d’action a été tardif, laissant moins d’une semaine pour préparer la mobilisation, les travailleurs et travailleuses ont répondu présent·es !

    Lecornu et Macron le savent, leur politique est rejetée massivement, ils sont faibles et illégitimes, sont en difficulté pour constituer un gouvernement car  ils n’ont pas de majorité pour faire voter leur budget d’austérité. Malgré cela, ils se refusent à entendre les revendications de la population, à taxer les riches et à répondre aux besoins sociaux.

    Face à ce pouvoir illégitime au service des plus riches et du patronat et à une extrême droite qui se prépare à gouverner, notre camp social doit reprendre l’offensive. La mobilisation doit se construire dans la durée. Des revendications sectorielles doivent émerger : augmentation des salaires et des minima sociaux, création d’un million d’emplois dans les services publics, un budget pour satisfaire les besoins sociaux et pas pour l’armement et la guerre, l'arrêt  des aides inconditionnelles aux entreprises privées, l’abrogation de la « réforme » des retraites, etc. L'intersyndicale doit proposer rapidement un calendrier de mobilisation pour faire plier Lecornu, Macron et le patronat. Il est clair qu’au cœur de la politique budgétaire de Lecornu et Macron, il s’agit d’attaquer les plus pauvres, les services publics et de saper les fondements mêmes de la sécurité sociale et de la protection sociale en général.  Dans les semaines qui viennent, l’affrontement va se focaliser sur la question du budget et en particulier celui de la sécurité sociale. La mobilisation doit empêcher Macron et Lecornu de dérouler le calendrier institutionnel.

    Des assemblées générales dans les lieux de travail, les lieux d’étude et de vie peuvent permettre d’ amplifier et de consolider la mobilisation, de préparer une grève enfin victorieuse et de faire reculer le gouvernement et le patronat.

    Le NPA-l’Anticapitaliste  appelle l’ensemble des organisations de la gauche sociale et politique à se réunir  rapidement pour discuter d’actions communes au service de la contre-offensive du monde du travail et de l'alternative politique nécessaire à Macron et à son monde.

    Il est urgent d’en finir avec ces politiques qui nous mènent droit vers la catastrophe sociale, démocratique et environnementale. Reprenons la rue toutes et tous ensemble !

  • La taxe Zucman et la panique du capital...

    La panique s’empare de la bourgeoisie face à la proposition de Gabriel Zucman de taxer les ultra-riches à hauteur de 2 % de leur fortune.

    Un vent de panique souffle chez les patrons. Le président du Medef menace d’une « grande mobilisation nationale » contre des mesures « confiscatoires ». Bernard Arnault accuse l’instigateur de ces dangereux projets d’être un « militant d’extrême gauche » qui aurait « la volonté clairement formulée de mettre à terre l’économie française ». Cette « offensive mortelle pour notre économie » pourrait conduire à la « destruction de l’économie libérale, la seule qui fonctionne pour le bien de tous ».

    0,01 % des contribuables

    Qu’est-ce qui provoque la colère du patronat et de la 7e fortune mondiale et première française (131 milliards d’euros de patrimoine) ? Une proposition de taxation des très hauts patrimoines formulée par un économiste français, Gabriel Zucman, enseignant à l’École normale supérieure et à l’École d’économie de Paris, après être passé par la London School of Economics et l’Université de Californie à Berkeley… pas des antres du gauchisme. Sa proposition éponyme est simple : un impôt plancher afin de s’assurer que les ménages disposant d’un patrimoine (biens immobiliers et professionnels — y compris actions, œuvres d’art, etc.) supérieur à 100 millions d’euros contribuent, au minimum, à hauteur de 2 % de ce patrimoine. La mesure concernerait 1 800 foyers fiscaux, soit 0,01 % de l’ensemble des contribuables, et permettrait de récolter entre 10 et 25 milliards d’euros selon les estimations. Une goutte d’eau au regard des milliards que brassent les plus riches. Mais pourquoi cette taxe, qui semble somme toute anecdotique, les énerve-t-elle autant ?

    Un symbole 

    D’abord parce que, dans un contexte de mobilisation sociale inédite en cette rentrée, la popularité de cette taxe (au moins 85 % des FrançaisEs l’approuvent, quelle que soit l’appartenance partisane) leur fait craindre que la bamboche soit peut-être finie. Qu’enfin, ils et elles pourraient devoir rendre (un peu) l’argent qu’ils et elles ont accumulé sur notre dos. Cette taxe est ­symbolique, c’est une digue qui sauterait avec son adoption. Ce qui explique l’entêtement de Macron et Lecornu à la refuser alors que sa mise en œuvre leur permettrait d’établir un deal sur l’adoption du budget avec le Parti socialiste.

    Ensuite, la discussion de cette taxe a plus que jamais montré l’indécence des riches et l’avidité du capital. Les impôts payés chaque année par les centimillionnaires et les milliardaires représentent en moyenne 0,3 % de leur fortune totale. Les milliardaires paient, proportionnellement, deux fois moins d’impôts que la moyenne des FrançaisEs, tous prélèvements confondus. Depuis 1996, le patrimoine des 500 plus grandes fortunes françaises a été multiplié par 14, passant de 80 à 1 128 milliards d’euros ! C’est une progression trois fois plus rapide que celle du PIB, et leur richesse représente 40 % du PIB aujourd’hui contre 6 % il y a 30 ans. Et pour nous ? L’austérité, les 40 milliards de coupes budgétaires, la destruction des services publics et des salaires en berne.

    Nos revendications légitimes

    Enfin, cette taxe a remis au centre de l’agenda politique la question des inégalités et de la redistribution des richesses. Et les capitalistes voient bien que cette taxe est un cheval de Troie. Qu’elle est un point d’appui qui permet d’aller plus loin et de poser la question de qui produit, pour qui, pourquoi et comment. Qu’elle montre la légitimité de nos revendications : hausses et égalité des salaires (en incluant les cotisations), extension de la sphère de la gratuité et des champs de la sécurité sociale, retraite à 60 ans, réduction du temps de travail, etc. Parce que franchement, 2 % c’est bien, mais tout c’est mieux !

    Il y a de ce point de vue un changement dans le climat idéologique et, combiné avec la détermination que le mouvement social a montrée depuis le 10 septembre, on voit bien ce qui effraie la bourgeoisie : l’inversion du rapport de forces. La bourgeoisie a beaucoup à perdre et mettra toutes ses forces dans la bataille, y compris les plus fascistes et réactionnaires s’il le faut, pour protéger le moindre de ses milliards. Et nous, nous avons bien plus que 2 % à gagner : allons les chercher.

    William Daunora pour le groupe de travail économie

  • Contre l'attaque de la flottille vers Gaza...

    Comme nous l’avons craint, la flottille est attaquée par l’armée israélienne.
    Nous dénonçons cette agression et l’inactivité de l’état français. Soutien a la flottille ! Nous appelons a des rassemblements et des blocages partout en France.
    Aux côtés de dizaines d’autres organisations, nous appelons à participer aux manifestations et actions de blocage qui auront lieu dans les jours prochaines !
    Pour Gaza : riposte immédiate !

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  • Protégeons la flottille !

    Israël continue à tenter d’arrêter la flottille par des actions de guerre. Il est temps d'arrêter l'État israélien.

    La flottille pour Gaza a subi cette nuit une nouvelle attaque de la part de l’armée israélienne : un navire a bloqué le bateau l’Alma, obligeant le capitaine à effectuer des manœuvres pour éviter une collision. Il a ensuite effectué la même opération sur le Sirius. 

    Les États occidentaux prétendent défendre le droit international et l'imposer par leurs opérations militaires extérieures, qu'ils soient au moins à la hauteur de leurs propres règlements. 

    La convention de Genève oblige les États à agir pour que l’aide humanitaire soit délivrée en cas d’approvisionnement insuffisant. Or, c'est bien ce que cherchent à faire les différents bateaux de la flottille pour Gaza, alors que la famine y sévit depuis plusieurs mois. À quoi bon reconnaître l’État de Palestine si c’est pour laisser mourir son peuple ? Manifestons, agissons, revendiquons, appelons les ambassades et nos député·es pour exercer une pression : exigeons de nos gouvernements qu'ils aident la flottille à atteindre son but mais surtout, sans concession, appelons-en à la résistance des peuples, à l’internationalisme face aux impérialismes    

    La journée de grève et de manifestation pour la flottille du 22 septembre en Italie, à l’appel des dockers de Gènes, a été un succès. Ils et elles appellent à généraliser cette mobilisation dans toute l’Europe et le monde si la flottille est attaquée. 

    En France aussi, manifestons partout et construisons la grève en cas d’attaque !

    La Flottille doit pouvoir arriver jusqu’à Gaza !

    Le NPA-A appelle à rejoindre tous les rassemblements de ce soir à 18h30, qui auront lieu en cas d’attaque de la flottille, sur les principales places de villes et villages et Place de la République à Paris.

  • Tout un système à changer : reprenons nos affaires en main !

    Mais quelle tête aura donc le nouveau gouvernement proposé par Attal ? Ah non attendez Barnier ? Ah non… Lecornu ! C’est qu’à force de se succéder en se ressemblant, on finit par s’y perdre. Mêmes costumes, mêmes têtes, mêmes idées, comme si, décidément, le problème n’était pas de savoir qui prenait la tête du gouvernement, mais bien pour quoi faire.

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  • Reconnaitre le peuple Palestinien ! Protéger la flottille !

    Lors d’un discours “historique” sur la reconnaissance de la Palestine, Macron a pontifié sur le droit des peuples devant l’assemblée générale des Nations Unies. Mais après deux ans de génocide et 150 pays avant lui, ce geste reste très en retard et très en dessous de ce qui est nécessaire pour la justice et la dignité du peuple palestinien. 

    Venu faire le service après vente de ses propositions sur BFM le lendemain, le message de Macron est clair : il s’agit d’une reconnaissance de la Palestine sous conditions, sans reconnaissance du génocide et évidemment sans aucune action concrète immédiate. Alors que le massacre dans la ville de Gaza continue dans l’indifférence, Macron “engage vraiment l'administration américaine à faire pression sur le gouvernement israélien".  Même s’il appelle à l’arrêt des bombardements, ce vœu pieu ne s’accompagne d’aucune action concrète. 

    Pire, il a aussi précisé les conditions d’existence d’un Etat palestinien, notamment à Gaza : “la mise en place d'une autorité de transition dans laquelle Israël sera consultée et l'Autorité palestinienne incluse". Une “démocratie” sous tutelle israélienne. A charge aux Palestiniens de bien voter dans une Palestine occupée et dans une bande de Gaza inhabitable. 

    Mais les initiatives de solidarité concrète existent pourtant, comme la flottille du Sumud - plusieurs dizaines de bateaux venus d'Espagne, de Tunisie et de Grèce, représentant une délégation de plus de 40 pays. Celle-ci vient d’ailleurs d’être attaquée dans les eaux internationales alors qu’elle apporte de l’aide humanitaire à Gaza, une fois de plus au mépris du droit international et de la dignité humaine. Ce serait l'occasion pour Macron de se positionner en défenseur de celles et ceux qui, solidaires du peuple palestinien, ne font qu’appliquer le droit humanitaire le plus basique, à sa place. Déjà qu’il se refuseà appliquer le mandat d’arrêt international émis à l'encontre de Netanyahou et autorise l’espace aérien français aux avions israéliens...
     

    Le NPA reste mobilisé pour arrêter le génocide en cours a Gaza !

    Il y a non seulement la nécessité de sanctionner Israël mais également de poursuivre ses dirigeants et les militaires pour crimes de guerre, génocide et crimes contre l’humanité.  

    Le NPA condamne l’attaque sur la flottille et apporte tout  son soutien aux militantEs engagéEs dans la solidarité concrète avec le peuple Palestinien et les soutients dans leur volonté de briser le blocus. 

    Il est temps de mettre fin à l’impunité d’Israël et de reconnaitre que cet Etat perpétue un génocide. Il est temps de reconnaitre le peuple palestinien ! 

  • Se mobiliser à l’hôpital public...

    Dans nos services, les mobilisations du 10 et du 18 septembre ont agi comme des catalyseurs, marquant l’épuisement des soignantEs, entre conditions de travail difficiles voire impossibles, manque de personnel et stagnation des salaires…
     

    Le budget de la Sécu proposé par Bayrou prévoyait une économie de 5,5 milliards d’euros. Derrière ce chiffre, fermetures de lits, salaires bloqués, manque de personnels… et maltraitance des malades. L’écart se creuse entre ce que nous aimerions proposer en termes de qualité de soins et d’accueil des patientEs et ce que nous pouvons réaliser sur le terrain. Et quand l’écart devient un gouffre, alors on craque. À cela s’ajoutent la question des deux jours de congé volés, l’attaque sur les arrêts maladie… Bref, les raisons de se mobiliser, par la grève et les manifestations, sont nombreuses.

    La loi du silence

    Mais à l’hôpital public, la nécessité de maintien du service rend la question de la grève particulièrement difficile à poser. Le droit de grève des soignantEs a été gravement attaqué. L’encadrement est autorisé à nous assigner pour maintenir un effectif minimum. Problème : nous sommes en permanence en effectif minimum. 

    Il est loin le temps où pouvait exister un différentiel entre un effectif « de semaine » pour les soins programmés et un « de week-end » pour les soins d’urgence. Nous sommes, ironiquement, en week-end permanent. Certaines professions en tension dans les services les plus sous-dotés seront donc constamment assignées et, en définitive, privées de façon permanente de leur droit de grève. Sans compter les abus : une fois attaqué, il est toujours surprenant de constater la vitesse à laquelle un droit devient un privilège qu’on accorderait selon la volonté des cadres. Faire grève à l’hôpital est presque devenu un impensable. 
    Pourtant, il faut bien se faire entendre ! Brassard, banderoles aux fenêtres ou sur les grilles, tracts et piquets d’information des patientEs et de leurs familles, c’est bien le service minimum ! Mais nous pouvons faire mieux… D’ailleurs nous le devons.

    C’est le moment d’y aller, par tous les moyens !

    Nous devons donc insister sur les différentes modalités d’action qui ont fait mal aux directions. Par exemple, par la grève administrative du codage des actes qui conditionne le financement des hôpitaux : en 2019, le Collectif Inter-Hôpitaux avait appelé à la « grève du codage » à Marseille, Brest, Rennes, Montauban… L’AP-HP a ainsi subi une perte de près de 300 millions d’euros, soit 17 % de ses recettes ! Une manière de faire pression sans mettre en danger les patientEs.

    Les conditions de travail rendent parfois les personnels littéralement malades. Alors, le dépot en masse d’arrêts de travail traduit un réel épuisement des ­personnels. Une forme de résistance qui avait beaucoup fait parler d’elle, comme aux urgences du CHU de Toulouse Purpan en 2019, ou aux urgences psychiatriques, toujours à Toulouse, en février 2024.

    Enfin, il faut s’appuyer sur les usagerEs, les familles, des manifestantEs qui braquent le projecteur sur la santé maltraitée. Descendre les lits d’hôpitaux devant l’ARS, en centre-ville, ou pendant une manifestation. Une action symbolique pour dénoncer le manque de lits, de personnels et de salaires. Cela peut se faire avec le mouvement « Bloquons tout », les manifestations syndicales ou les rassemblements du Tour de France pour la santé.

    Le 10, nous étions 8 % de grévistes à Toulouse, Lyon, ou à l’hôpital Tenon… autour de 5 % à Tours. Il faut continuer le travail syndical visant à créer du lien entre les soignantEs elleux-mêmes (comme en assemblée générale à Tenon ou à la Pitié-Salpêtrière), mais aussi avec d’autres personnes sur nos piquets de grève. Le 10, nous étions 300 devant l’hôpital Tenon pour protester contre le manque de moyens.

    Nous avons les moyens de créer le rapport de force pour ne plus subir des conditions de travail invivables. Malgré tous les obstacles, des modes de mobilisation efficaces existent. Retrouvons le sens de l’action collective !

    Aurélie-Anne Thos