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Actualités nationales... - Page 95

  • « Gouvernance nucléaire » : de la fusion à la confusion...

    Le 13 février, le Sénat a voté la « fusion » au 1er janvier 2025 de l’Autorité de sûreté nucléaire (le « gendarme du nucléaire ») et de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (le contrôleur technique des installations nucléaires).

    Rebaptisée Autorité indépendante de sûreté nucléaire et de radioprotection (AISNR), elle sera dotée d’une « commission d’éthique et de déontologie ». Histoire de sauver les apparences, car 2 des 5 commissaires à la tête de l’AISNR sont nommés par les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, et les 3 autres par Macron. Ce démantèlement, décidé le 3 février 2023 par Macron dans le huis-clos d’un Conseil de politique nucléaire, est critiqué par les scientifiques et combattu depuis un an par une majorité des 1 650 ­salariéEs de l’IRSN. 

    Combativité intacte des salariéEs

    Ce 8 février, à l’appel de l’intersyndicale CGT-CFDT-CGC, 700 grévistes de l’IRSN mais aussi de l’ASN, ont remanifesté devant le Sénat, avec une combativité intacte. Le projet de loi doit passer à l’Assemblée nationale à une date indéterminée, situation ubuesque pour ce volet déjà différé de la loi « d’accélération du nucléaire » à la suite de la mobilisation du personnel de l’IRSN. Autre signe de nervosité : du fait de la désindustrialisation rapide du pays, EDF doute de sa capacité technique et de ses moyens humains pour mener à bien le « grand carénage ». Ce projet titanesque vise à prolonger de vingt ans les 56 réacteurs existants, certains atteints de sénilité précoce (vieillissement prématuré des enceintes en béton armé du réacteur et « corrosion sous contrainte » de tuyauteries essentielles à la sécurité).

    Multiplication incontrôlée des risques

    Le Canard enchaîné vient ainsi de révéler qu’EDF a externalisé la gestion de la maintenance prédictive de ses centrales (entretien/remplacement des équipements pour éviter pannes ou accidents) à AWS, filiale de la multinationale US Amazon, laquelle paye 0 euro d’impôt en France. Le contrat (860 millions d’euros) est resté confidentiel sous couvert de « secret des affaires ». Cette loi scélérate permet d’emprisonner des journalistes lanceurs d’alerte pour les contraindre à divulguer leurs sources, mais autorise les industriels à refuser de révéler les polluants toxiques de leurs produits. Elle permet aussi, semble-t-il, de mentir puisque, concernant ce contrat, Bernard Salha, directeur technique d’EDF, a affirmé devant le Sénat : « Je n’ai pas eu cette info […]». L’uranium naturel enrichi en France est importé, et l’uranium retraité en France est enrichi en Russie. Ce contrat avec AWS met à nu le mensonge d’État de la clique macroniste sur la « souveraineté énergétique ». D’autant que le Foreign Intelligence Surveillance Act et le Cloud Act institués sous l’ère Trump imposent aux hébergeurs de données à les communiquer aux autorités US. Par ailleurs, les méthodes vendues par les sociétés de conseil en maintenance reposent sur une logique financière issue des compagnies d’assurances, transposée à l’industrie, mais inadaptée au risque nucléaire. Pire, les données prétendument « sécurisées » sont exposées au piratage et aux cyberattaques des États ou des mafias, comme le prouve le piratage récent des données sensibles de 33 millions d’assurés sociaux hébergées chez un sous-traitant d’Humanis. 

    Commission nationale écologie

  • Défendons tous les peuples contre les impérialismes, d’où qu’ils viennent !

    Il y a près de deux ans, la Russie lançait une guerre d’invasion brutale contre l’Ukraine. Enchaînant les crimes de guerre, l’armée russe a massacré des civilEs et bombardé massivement des villes ukrainiennes, pour tenter d’intégrer l’Ukraine dans « l’espace » dominé par la Russie…

    Soutenir la résistance populaire ukrainienne

    Au-delà des millions de réfugié·es et de déplacé·es, des dizaines de milliers de victimes civiles et de soldat·es ukrainien·nes ont déjà payé le prix de cette guerre. Les annexions illégales et les crimes de guerre se multiplient : russification forcée d’enfants et des territoires occupés, pluies de missiles sur les infrastructures… La Russie de Poutine utilise quant à elle ses prisonnier·es et populations pauvres comme chair à canon.

    Nous sommes totalement solidaires du peuple ukrainien. Les troupes russes doivent quitter l’ensemble du territoire ukrainien, et chaque région ukrainienne doit pouvoir faire valoir son droit démocratique à l’auto-détermination. Les sanctions économiques doivent être renforcées contre l’oligarchie au pouvoir en Russie, la dette ukrainienne doit être annulée, et le peuple ukrainien doit recevoir des aides financières et les armes pour protéger ses vies, ses infrastructures vitales et ses droits. 

    Nous soutenons particulièrement la gauche ukrainienne qui continue à lutter pour les droits sociaux remis en cause par le gouvernement Zelensky, sous la pression des grandes puissances occidentales. Ces politiques néolibérales, mais aussi la répression politique contre la gauche, affaiblissent la résistance populaire ukrainienne.

    Combattre le régime ultra-autoritaire de Poutine

    En Russie, Poutine emprisonne les opposant·es… quand il ne les assassine pas comme c’est le cas d’Alexeï Nalvany (même si nous ne partagions pas ses positions nationalistes et racistes, son soutien à l’annexion de la Crimée). Des centaines de ses partisan·nes ont été arrêté·es pour avoir osé manifester leur colère face à cet assassinat.

    Notre solidarité va à celles et ceux qui, au sein de la fédération de Russie, combattent la guerre, la corruption de l’oligarchie russe qui tient les rênes du pouvoir politique et économique, et résistent au régime de plus en plus fascisant de Poutine. C’est le cas de la gauche russe, ainsi que de personnalités comme le politologue et sociologue marxiste Boris Kagarlitsky, condamné à une peine de cinq ans de prison, notamment pour avoir pris position contre la guerre en Ukraine. 

    De l’Ukraine à la Palestine, l’occupation est un crime

    Les grandes puissances membres de l’OTAN veulent tirer de la guerre en Ukraine le plus grand profit possible et globalement préserver leur « sphères d’influence » sur le dos des peuples. Dans un contexte où la Russie et la Chine contestent l’hégémonie occidentale mais n’y opposent aucune alternative progressiste, la course aux armements et la surenchère militariste, en Ukraine comme ailleurs, sont lourdes de danger pour l’ensemble de l’humanité.

    Il faut dénoncer les discours hypocrites des États-Unis ou de l’Union européenne qui prétendent défendre « la démocratie » en Ukraine contre l’occupation russe… et soutiennent l’État d’Israël dans sa politique génocidaire à Gaza. Ainsi la Cour internationale de Justice a souligné le risque de génocide à Gaza, où plus de 30 000 GazaouiEs ont été assassiné·es (dont 70% de femmes et d’enfants). Et Netanyahu annonce qu’il veut finir le travail à Rafah où 1,8 million de Palestinien·nes sont réfugié·es dans des conditions épouvantables ! 

    Cela rend d’autant plus urgent et nécessaire de développer concrètement la solidarité : peser sur nos gouvernements pour les forcer à infléchir leur politique (notamment en manifestant le plus massivement possible), participer aux campagnes comme BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) contre l’État d’Israël ou aux réseaux solidaires de la résistance ukrainienne, aider les populations victimes des guerres, et soutenir les forces de résistance armées et non armées.

  • Comment est née la République française ?

    « Les révolutions ne sont pas des jeux d’enfants ; pour épargner quelques larmes à l’aristocratie, nous ferons couler des torrents de sang aux patriotes ; car si jamais les loups et les tigres qui sont enfermés et qui ne peuvent plus nuire au peuple recouvrent la liberté, il faudra faire la guerre contre eux pour les détruire ; le sol de la République sera ensanglanté de toutes parts et la révolution, prête à s’achever, rétrogradera d’un siècle. »

    Lettre d’une société populaire de Saône-et-Loire aux Jacobins de Paris, août 1794

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  • La République autoritaire : du bonapartisme à l’État fort...

    Dans l’espace politique européen, la France s’est toujours caractérisée par sa forte tradition républicaine, mais aussi par les tendances autoritaires de ses institutions. Si cet autoritarisme est ancien et s’enracine dans ce phénomène français que fut le bonapartisme, il prend toutefois aujourd’hui la forme nouvelle de « l’État fort », qui pourrait n’être qu’une transition vers un régime illibéral.

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  • La grève, un droit que les cheminots ont décidé d’utiliser !

    La grève des contrôleurs décidée pour le week-end des chassés-croisés des vacances scolaires de février fait rugir les réactionnaires de tous poils !

    Au point que, selon un scénario désormais bien rôdé, les mêmes images reviennent en boucle sur les télés : celles des vilains preneurs d’otages qui empêchent les braves travailleurs de profiter des vacances. Pas un mot pour rappeler que moins de 10 % de la population part aux sports d’hiver, car bien trop cher pour la plupart.

    Et le débat sur le droit de grève de revenir avec proposition de légiférer sur le sujet une fois de plus. Après les précautions oratoires d’usage, « bien entendu le droit de grève est constitutionnel », les réactionnaires proposent de l’encadrer, pour ne pas dire l’interdire, en donnant au gouvernement un capital de 60 jours où tout préavis serait interdit, charge à lui de placer ces jours où il le souhaite. Rien que ça !

    Pas de grève sauvage

    Rappelons que depuis 2007, diverses mesures sont venues compliquer le droit de grève. Aujourd’hui, avant de pouvoir exercer son droit constitutionnel il faut déposer une Demande de concertation immédiate (DCI) qui oblige l’employeur à recevoir les organisations syndicales pour négocier. C’est seulement après, en cas de désaccord persistant que les organisations à l’origine de la DCI peuvent, et uniquement sur les mêmes motifs, déposer un préavis de grève dans un délai de 5 jours francs avant le début de celle-ci. La loi impose à la direction de recevoir les syndicats ayant déposé ledit préavis de grève pour encore une fois négocier. Et ce n’est pas fini : chaque salarié à l’obligation de remplir individuellement une Déclaration individuelle d’intention (D2I) informant la direction de son intention de faire grève. Contrairement à une légende urbaine, il n’y a pas de grève sauvage.

    Aucune sanction pour la direction qui empêche le droit de grève

    Cette partie de la loi est très souvent utilisée pour empêcher le cheminot d’exercer son droit sous des prétextes administratifs : déclaration reçue tardivement ou pas adressée au bon interlocuteur… car très régulièrement la procédure change. Étrangement, aucune sanction – pourtant prévue par la même loi – quand la direction décide de ne pas recevoir les organisations syndicales soit après la DCI ou après le dépôt du préavis, sous prétexte que de toutes façons elle n’a rien à proposer, donc qu’il est inutile de lui faire perdre son temps. Il est beaucoup plus simple de se répandre dans la presse ou les réseaux sociaux sur les preneurs d’otages. Tout cela ne doit plus passer ! Les cheminotEs et les travailleurEs ont des droits à faire respecter !

    Correspondant

  • Arguments pour un « agenda de gauche » face à la guerre en Ukraine...

    « Au début de l’invasion, des citoyens de tous les milieux sociaux ont fait la queue devant les centres de recrutement. Près de deux ans plus tard, ce n’est plus le cas. (…) Mais pour que les gens risquent leur vie, il faut qu’ils soient sûrs que c’est juste […]. Il faut leur offrir la possibilité de participer à la définition de l’avenir du pays. »1

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  • AOC virée, renforcer la mobilisation pour le droit à l’éducation pour toutes et tous...

    On ne saura jamais dans quelle mesure l’exfiltration d’Amélie Oudéa-Castéra, championne olympique du mensonge et du mépris social contre le ministère de l’Éducation, a retardé le remaniement, repoussé comme dans un mauvais sketch plusieurs fois par jour pendant 4 jours. 

    Ce départ forcé était une baffe pour le tout-puissant Macron, et pour un Attal dont on découvre en vitesse accélérée la morgue et le penchant autoritaire. Après deux jours de grève en une semaine (1er et 6 février), un début de mobilisation lycéenne avec des blocages de certains établissements, la nomination de Nicole Belloubet a été la seule modification à la liste des 15 ministères pré-­affectés. Si on peut apprécier ce premier recul, il est indispensable de mesurer qu’il est le fruit de la crainte d’une extension de la mobilisation du monde de l’éducation… mais pour mieux poursuivre la politique engagée. Et cela même si, ou grâce, au fait que N. Belloubet est la seule personne un peu connue venant du PS à faire son entrée dans la team d’Attal. 

    Vers une dénationalisation de l’Éducation nationale ?

    Les signaux sont là pour le prouver. Le jour même de la nomination de Belloubet au Conseil supérieur de l’Enseignement, les textes du « choc des savoirs » prévoyant la nouvelle (dés)organisation du collège ont été unanimement rejetés par les organisations syndicales de l’Éducation et des parents d’élèves. Cela devient d’ailleurs une habitude un mois après le même rejet du projet de réorganisation de la voie professionnelle. Les équipes gouvernementales montrent à quel point elles méprisent l’opinion des organisations syndicales, même les plus « sages » : FSU, UNSA ­éducation, FnecFP-FO, Sgen-CFDT et FEP-CFDT, CGT éduc’action, SUD éducation, ainsi que les représentantEs des parents d’élèves FCPE. D’autre part, le directeur du cabinet de la nouvelle ministre se trouve être totalement étranger au monde de l’éducation mais juriste spécialiste de la Constitution. Cela fait poindre l’éventualité que ce gouvernement veuille avancer à marche forcée sur des projets de dénationalisation de l’Éducation nationale. Si Belloubet devra mettre son mouchoir sur ses déclarations de 2005 contre les suppressions de postes ou celles de 2016 contre les groupes de niveaux et le port de la blouse au collège, elle pourra en revanche peut-être s’attaquer à la « territorialisation de l’enseignement ». Comme elle le déclarait en 2016 : « Partout les systèmes sont plus décentralisés qu’en France (dans plus des 3/4 des pays, les enseignants sont gérés au niveau local soit par les collectivités soit par les établissements) ; partout les établissements sont plus autonomes. Même lorsqu’elles entrent dans la pédagogie, il ne faut pas craindre cette extension des compétences des collectivités », soit répondre aux injonctions répétées de la Cour des comptes et aux demandes de Pécresse.

    Un mouvement d’ensemble pour s’opposer point par point

    D’où l’enjeu de ne pas lui laisser la moindre latitude et de passer au niveau supérieur de la mobilisation. Pour ce faire, il faut expliquer et dénoncer la cohérence du projet gouvernemental de construction d’une école qui forme les futures élites et dresse les futurEs exécutantEs. Et s’y opposer point par point : combattre les 650 suppressions de postes dans le 1er degré qui aboutiront à l’augmentation du nombre d’enfants dans les classes et la fuite vers le privé des familles qui voudront préserver leurs enfants. Refuser la mise en place du « choc des savoirs » par les groupes de niveaux qui achèvent le collège unique et qui enferment les enfants dans des trajectoires scolaires prédéterminées, largement dépendantes des critères socio-économiques de leurs parents. Défendre l’accès au lycée pour touTEs les élèves. Combattre la réforme de la voie professionnelle qui diminue encore le nombre d’heures d’enseignement des élèves. Refuser que les professeurES aient pour seule mission de trier et d’orienter, au lieu d’enseigner et donner des outils pour s’émanciper des déterminismes et conditionnements sociaux.

    C’est tout l’enjeu des semaines qui viennent. Alors que les préparatifs de la rentrée permettent de prendre la mesure concrète des dégâts, il faut discuter des moyens de les empêcher. Les points d’appui peuvent se trouver dans les éléments de combativité offensive, comme le plan d’urgence défendu dans le 93, pour aller vers un mouvement d’ensemble de toute l’éducation, personnels, élèves et parents, à la hauteur du ras-le-bol et de la colère du monde de l’éducation.

    Commission Éducation nationale du NPA

  • POING hebdo : Macron & Attal, ascenseur pour les fachos...

     

    Le gouvernement de Macron et Attal est celui d’une petite caste de politiciens, dont les familles dominent les conseils d’administration des grandes entreprises et les médias. Parmi ces nouveaux ministres, on trouve le nom de Guillaume Kasbarian, le porte-parole à l’Assemblée nationale du lobby des propriétaires fonciers. C’est cet ennemi des associations de défense des locataires et de la Fondation Abbé-Pierre qui est devenu cette semaine ministre du Logement.

    Sans majorité à l’Assemblée, le gouvernement Attal cherche son salut en se tournant vers l’extrême droite, dans la continuité de ce qu’a fait Borne sur la loi immigration. Le pouvoir macroniste, qui se présentait comme un rempart face à l’extrême droite, est devenu son marchepied. Il emprunte désormais son programme à celui du RN, comme le fait Darmanin en annonçant une révision constitutionnelle pour supprimer le droit du sol à Mayotte.