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NPA l'Anticapitaliste 06 et 83 : le blog - Page 61

  • Palestine : Stopper le génocide, maintenant, c’est sauver ce qui nous reste d’humanité...

    Stopper le génocide, maintenant, ce n’est pas une faveur que nous ferions aux Palestiniens, c’est sauver ce qui nous reste d’humanité1.

    Sulaiman Abu Sultan, de Beit Lahiya, déplacé à Gaza-Ville, témoigne : « Ils nous tuent par centaines pour prévenir ceux qui restent [qu’ils doivent fuir]. Ils nous envoient des missiles mortels qui déchiquettent les corps. Se peut-il que toute cette horreur nous soit destinée ? Se peut-il que toute cette puissance de feu qui tombe du ciel soit réservée à des familles dont la seule préoccupation est de préserver leurs enfants des bombes et de la famine ? »2

    Qu’y a-t-il encore à dire, après 19 mois de génocide ? Tout, manifestement, puisque l’horreur continue. Puisque l’horreur empire, non pas de jour en jour, mais de minute en minute, au rythme de chaque nouvelle bombe larguée sur des civilEs sans défense.

    C’est tout l’arsenal militaire américain qui s’abat sur une population sans échappatoire ni abri, composée pour moitié d’enfants.

    L’occupant bombarde des ruines. L’occupant bombarde des enfants faméliques. L’occupant bombarde les derniers entrepôts. L’occupant bombarde les derniers services des derniers hôpitaux.

    Le témoignage d’Arwa, à Khan Younis : « Les ambulances sont arrivées à l’hôpital européen, transportant des morts et des blessés. Soudain ils ont bombardé l’hôpital, le dernier hôpital dans le Sud. Le sol s’est ouvert et a englouti les morts et les blessés qu’on était en train de décharger, d’autres corps ont été éjectés. Ils ont encerclé l’hôpital par une ceinture de feu, des tirs de F-16. Les missiles s’abattaient sur les gens. Les gens couraient dans tous les sens. Je ne trouvais pas mes enfants. Les corps étaient déchiquetés. Où aller avec mes enfants ? Ils ne nous ont laissé ni hôpitaux, ni écoles, ni abris, ni al-Mawasi. Ayez pitié ! Ou alors massacrez-nous tous en une fois. Nous n’en pouvons plus. Nous sommes dans la destruction. Nous sommes les familles des morts et des blessés. Ce que j’ai vu aujourd’hui, il me faudra deux vies pour l’oublier. »3

    Ce que j’ai vu aujourd’hui, il me faudra deux vies pour l’oublier

    Ne nous taisons pas. Portons avec les PalestinienNEs de Gaza chacun de ces corps livrés à la démence génocidaire d’Israël par la lâcheté morale de nos puissants. Empêchons la vie de continuer comme si de rien n’était dans notre pays. Crions l’insoutenable. Pleurons avec Ali, éperdu, sur les corps de tous les membres de sa famille, sur son fils chéri Omar, son très précieux Nadim, et Nada, son amour, sa vie.

    Partageons le désespoir de Yassin, qui enlace le corps de sa mère, et va caresser et baigner de ses larmes le visage de sa petite sœur Yara.

    Portons la détresse de Hamid, courbé sur le corps de son frère Naim, qui était allé au-devant des bombes, porter secours aux personnes coincées sous les gravats. « Ils ont tué mon frère, c’était mon dernier soutien. À qui parler à présent ? Avec qui pleurer mes morts ? »

    Ce ne sont que trois parmi des centaines de PalestinienNEs qui ont dû dire adieu à leurs proches depuis que l’UE a annoncé qu’elle envisageait la révision de son accord d’association avec Israël.

    L’occupant se moque éperdument des discours.

    Réviser cet accord – le résilier - est nécessaire, bien sûr. Mais c’est trop peu, et c’est trop tard.

    Ce qui s’impose, dans l’heure, c’est de briser le blocus par la force militaire – 40 km de côte sont bien suffisants pour permettre aux navires d’accoster et de décharger tout ce qui est indispensable immédiatement à la survie de deux millions de personnes.

    Ce qui s’impose, dans l’heure, c’est de forcer l’occupant à stopper les bombardements en coupant immédiatement toute entrée d’armes, d’énergie, d’argent, en cessant immédiatement toute relation avec Israël.

    Tout le reste n’est que posture et déclaration d’intention. Des mots vides de toute substance au regard de la volonté délibérée de ne pas agir. Nous pourrons dire : nous savions, et nous n’avons rien fait. Nous avons choisi de ne rien faire. Ceux qui se sont toujours demandé ce qu’ils auraient fait pendant l’Occupation ont à présent la réponse.

    L’Occident, pendant 19 mois n’a cessé d’apporter sa caution morale au génocide, toujours prompt à invoquer, dans des distorsions juridiques réitérées, le prétendu droit d’Israël à se défendre, justifiant le massacre de masse des enfants, les hôpitaux un à un pulvérisés, le ciblage méthodique des journalistes.

    Soudain, l’Occident s’inquiète d’une possible « disproportion » dans la « riposte » israélienne, revalidant, en sous-texte, les massacres commis jusqu’à lors, éludant une nouvelle fois purement et simplement 19 mois de génocide.

    Comment la mort de dizaines de milliers d’enfants a-t-elle pu rester si longtemps silencieuse ? Comment a-t-il été si longtemps possible de ne pas voir les rigoles de sang dans les rues de Gaza, les cortèges funéraires qui se rejoignent sur le chemin du cimetière ?

    Soudain aussi, l’Occident se dit ému du « risque » que les enfants de Gaza soient « bientôt confrontés à la famine ». Non, les enfants de Gaza ne risquent pas d’être bientôt confrontés à la famine. Les enfants de Gaza meurent de faim, littéralement, et ce depuis octobre 2023. Lorsque le premier enfant meurt de faim, la famine est là, ont alerté les experts dès janvier 20244.

    Quelle constance, chez nos dirigeants et nos médias, dans la minimisation, pour pouvoir continuer à apporter une couverture à l’occupant. Quel acharnement dans l’euphémisation, qui permet de se dédouaner de ne pas agir. Les PalestinienNEs sont constamment dépossédéEs même de leurs morts.

    L’occupant, depuis 19 mois, coche dans ses intentions déclarées et ses actes, une à une, toutes les cases correspondant à la définition juridique du génocide. Il en aura fallu du temps à certains pour comprendre que les sanctions doivent s’appliquer à l’encontre des criminels et non de ceux qui subissent leurs crimes.

    Ce sont pourtant plus de 100 000 tonnes de biens nécessaires à la survie financées par l’UE que l’occupant bloque aux portes de Gaza.

    C’est pourtant un hôpital construit avec des fonds européens que l’occupant s’acharne à bombarder jour après jour à Khan Younis.

    Mohammed Abu Loay, ambulancier, témoigne : « Depuis vendredi, les bombardements se sont encore intensifiés, les massacres s’enchaînent. L’occupant largue des missiles que nous voyons pour la première fois. Des immeubles de trois étages sont entièrement avalés dans un cratère, ne laissant aucune trace à la surface, des immeubles entiers et tous leurs occupants sont engloutis, enterrés sous le sol. Il y a eu quinze bombardements de ce type ce matin dans le Nord, des immeubles pleins de familles. »5

    Pas une fois les puissants n’ont cessé de considérer la question sous le mauvais angle. Or le problème n’est pas la sécurité de l’occupant. Mais bien l’occupation. Le problème n’est pas la sécurité de celui qui, depuis 77 ans, vient arrêter les garçons en âge scolaire au milieu de la nuit, détruit les maisons à coups de bulldozer, vole les troupeaux et brûle les arbres, mutile les bébés avant qu’ils aient commencé à ramper. Que l’occupant se retire – ensuite, s’il est attaqué sur son sol, il aura le droit de se défendre.

    Ce qui consume les PalestinienNEs, ce n’est pas la haine, c’est la peine. Ce qui les anime, ce n’est pas la revanche, mais la survie. Lutter contre l’occupation, c’est lutter pour la vie, pour la terre, pour la dignité.

    La parole de Oussama Hamdan, un des chefs du Hamas : « Nous sommes un peuple sous occupation. Nous ne luttons pas parce que nous aimons nous battre. Nous ne nous battons pas contre les Israéliens parce que nous avons un problème avec les Juifs. Si des musulmans venaient occuper notre terre, nous nous battrions de la même manière. Cela n’a rien à voir avec la religion, mais tout à voir avec l’occupation. […] Le Hamas n’a pas inventé la résistance. […] Parlons de la libération de la Palestine. Parlons du retrait d’Israël des terres palestiniennes occupées. »6

    Je voudrais terminer par une pensée pour Hussein Odeh, qui était parti chercher un véhicule pour fuir Jabaliya avec sa famille samedi. À son retour, il n’a trouvé qu’un amas de gravats ; sa femme et ses trois enfants âgés de 9, 5 et 3 ans écrasés dessous.

    Le dernier mot revient à Bissan, de Gaza : « Israël a lancé vendredi une gigantesque opération d’une brutalité sans précédent. […] Voici la dernière étape de notre extermination. Nous vous tenons informés depuis près de deux ans de tout ce que l’occupant nous inflige. Vous n’avez aucune excuse pour ne pas stopper les livraisons d’armes à Israël par tous les moyens. Vous n’avez aucune excuse pour garder son ambassade dans votre pays. Vous n’avez aucune excuse pour continuer à mener une vie normale. Nous vous adressons un dernier appel. Isolez Israël. Stoppez les convois d’armes. Bloquez la vie dans votre pays. Investissez les rues. Nous comptons sur vous. »7

    Marie Schwab, 23 mai 2025

    • 1. Aux calculateurs dépourvus de conscience, ajoutons que c’est aussi une obligation légale, qui fait de nous des complices du crime si nous n’intervenons pas.
    • 2. Qassam Muaddi et Tareq S. Hajjaj, Israel just launched its offensive to permanently ‘conquer’ Gaza as Trump’s Arab Gulf tour wraps up, Mondoweiss, 17 mai 2025. https://mondoweiss.net/2…
    • 3. https://www.instagram.co…
    • 4. Le 9 mars 2024, le très conservateur NY Times faisait état de 20 enfants morts de faim. Le Haut Commissariat aux droits humains des Nations unies s’indignait le 9 juillet 2024 de ce que « le monde entier aurait dû intervenir bien plus tôt pour stopper la campagne israélienne de génocide par la faim. » UN experts declare famine has spread throughout Gaza strip, 9.7.2024, ohchr.org https://www.ohchr.org/en…
    • 5.  https://www.instagram.co…
    • 6. Hamas on the Record: An Exclusive Interview With Senior Hamas Official Osama Hamdan (vidéo), Drop Site News, 5.5.2025 https://www.youtube.com/…
    • 7. https://www.instagram.co…
  • Victoire de la droite, les néofascistes sont la deuxième force au Portugal...

    Le résultat des élections anticipées du 18 mai au Portugal marque un tournant dans la politique portugaise. La droite traditionnelle arrive confortablement en tête et le Parti socialiste a moins de députéEs que l’extrême droite (après décompte des votes des circonscriptions d’émigration).

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  • Moratoire sur les fermetures de maternités ? Et maintenant des actes !

    Le 15 mai, l’Assemblée nationale a approuvé par 97 voix contre 4 un moratoire de trois ans sur les fermetures de maternités de proximité.

    Ce vote, contraire à l’avis du gouvernement, intervient, alors qu’a été rendu public un rapport montrant la hausse de la mortalité infantile en France. Celle-ci est passée de 3,5 décès pour 1 000 enfants nés vivants en 2011 à 4,1 en 2024. Une tendance inverse à celle que l’on constate ailleurs en Europe. La France qui était en 1990 en haut du classement européen pour sa faible mortalité infantile se place aujourd’hui à la 23e place sur 27.

    Scandale sanitaire

    Les causes de cette remontée de la mortalité infantile doivent être analysées et relèvent de facteurs multiples. Les difficultés d’accès aux soins, de la qualité du suivi, de l’augmentation du nombre de « bébés à risque » y jouent certainement un rôle important. La mise en place d’un registre national des pathologies et d’études de santé est une condition pour mieux comprendre et agir.

    Les interventions des parlementaires ont fait le lien entre le scandale sanitaire que révèlent ces chiffres et la politique de fermeture massive des maternités de proximité. En cinquante ans le nombre de maternités a presque été divisé par trois1. Cette hécatombe, justifiée par des arguments de sécurité discutables, est avant tout guidée par les exigences d’un « hôpital entreprise » en quête permanente de « rentabilité ». Les maternités tendent à devenir des « usines à bébés » réduisant l’accouchement à un acte technique dont la « productivité » doit être optimisée, au détriment de son humanité. Quant à la « sécurité » pour la mère et l’enfant, est-elle garantie quand le risque de décès néonatal est multiplié par deux quand le trajet jusqu’à la maternité dépasse 45 minutes ?

    Pas encore gagné

    Le moratoire voté par les députéEs a le mérite d’attirer l’attention sur la régression que constitue la hausse de la mortalité infantile et sur les conséquences de l’affaiblissement et du démembrement de l’hôpital public, que la crise du covid avait déjà mis en lumière. Il ne suffira pas, loin s’en faut, à lui apporter des solutions.

    Rien ne garantit que le texte voté à l’Assemblée « en première lecture » ne s’enlise pas dans les méandres des procédures parlementaires. L’exécutif et la macronie hostiles à ce vote ont déjà montré avec les projets d’abrogation de la réforme des retraites qu’ils avaient de grandes capacités à saboter le vote d’une décision qui ne leur convenait pas.

    Les limites du moratoire 

    Même s’il devait voir le jour, le moratoire n’est qu’une suspension provisoire. Il ne garantit pas le maintien ultérieur d’activité des maternités menacées et encore moins la réouverture des sites déjà fermés. Mais surtout, l’arrêt des fermetures suppose, si on le prend au sérieux, la garantie des moyens pour l’appliquer (présence de personnel formé, budgets).

    Or ces exigences entrent en conflit direct avec l’austérité aggravée annoncée pour les budgets hospitaliers à venir. Les fermetures de lits, de services, d’établissements de proximité est la conséquence des ­politiques d’austérité pratiquées par tous les gouvernements. On ne peut les arrêter sans s’attaquer à ces politiques. Rendre le travail hospitalier attractif par des salaires décents, améliorer les conditions de travail en créant les emplois indispensables est incompatible avec le nouveau tour de vis de 40 milliards annoncé par le pouvoir.

    La nécessaire mobilisation

    Pour réellement mettre en application le « moratoire », il faudrait s’inscrire dans la perspective d’un financement de la santé à la hauteur des besoins. La sincérité de la démarche des députéEs se jugera à leur vote sur le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Sur ce terrain, l’unanimité affichée sur le moratoire risque de ne pas être au rendez-vous.

    Ce n’est pas sur le terrain miné d’un jeu institutionnel que se jouera le maintien ou la réouverture des maternités et hôpitaux de proximité, mais sur celui de la mobilisation sociale unitaire, sans laquelle aucune rupture effective avec l’austérité n’aura lieu. Le vote du moratoire peut servir de point d’appui pour y parvenir, il ne la remplacera pas.

    Commission nationale Santé, Sécu, Social du NPA-A

    • 1. Le nombre des maternités est passé de 1 369 en 1975 à 464 aujourd’hui.
  • Kanaky – Nouvelle-Calédonie : L’extrême droite et l’extrême centre en embuscade...

    Nicolas Metzdof, député membre du groupe macroniste, et Sonia Backés, ancienne secrétaire d’État à la citoyenneté de Darmanin et porte-parole de la droite coloniale, ont mis en échec Manuel Valls dans sa tentative d’arriver à un accord entre les forces politiques locales.

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  • Peuple kurde : Dissolution du PKK et nouvelles perspectives...

    Le 27 février 2025, de l’île turque d’Imrali où il est détenu à l’isolement depuis 1999, Abdullah Öcalan, « Apo » (oncle) comme le nomment affectueusement les Kurdes, lançait un appel à la dissolution du PKK et à la fin de la lutte armée en Turquie. La réaction de stupéfaction d’une partie de l’opinion au niveau international montre à quel point l’évolution politique du PKK a été ignorée. 

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  • Contre l’extrême droite, reprenons la rue !

    Vox en Espagne, UKIP et Reform UK au Royaume-Uni, AfD en Allemagne, Chega au Portugal, Lega et Fratelli d’Italia en Italie, PIS en Pologne, Javier Milei en Argentine, RN en France, Fidesz en Hongrie, Vlaams Belang en Belgique, FPÖ en Autriche, Parti pour la liberté aux Pays-Bas, tentative inopinée de coup d’Etat institutionnel en Corée du Sud, Bolsonaro au Brésil, et bien entendu Trump 2016 et Trump 2024 : au-delà des situations, rythmes et trajectoires nationales diverses, le cours autoritaire du capitalisme se déploie. Il laboure les régimes bourgeois dits démocratiques depuis la grande crise de 2008. L’extrême-droite fait irruption ou s’impose à petits pas. Elle connaît parfois des reflux, mais consolide partout ses positions… et, de plus en plus, arrive au pouvoir.

    Le macronisme ouvre la voie à l'extrême droite 

    Depuis quelques années, il se dit que le paysage politique français est divisé en 3 blocs de force à peu près égale.  Mais la dynamique en cours est celle d’une fusion croissante entre le bloc central néolibéral et le bloc d’extrême-droite capitalisant tranquillement sur cette dérive.

    Alternant au pouvoir, les vieux partis de gouvernement n’ont eu pour seul programme que la potion néolibérale, destructrice des acquis sociaux, qui de surcroit précipite le déclin du capitalisme national, loin des promesses bidons du « ruissellement » et de la « politique de l'offre » . 

    Cette décomposition a accouché du macronisme avec ses vieilles recettes libérales, sa technocratie devenue impuissante avec le démantèlement de l’Etat, sa suffisance de classe outrée, ses gesticulations diplomatiques, son mépris des institutions et la matraque pour toute réponse à la contestation. Canard sans tête, le macronisme incarne cet extrême-centre libéral-autoritaire qui pave le chemin à l’extrême-droite… comme dans les années 30.

    Un large bloc bourgeois réactionnaire en fusion

    De la droite du PS jusqu’à Reconquête, il mute et tente de trouver un consensus. Sa configuration est encore incertaine dans la perspective de la présidentielle de 2027. 

    Son centre de gravité se trouvera-t-il dans le macronisme radicalisé par Edouard Philippe ? Dans la résurgence de la vieille droite réactionnaire bourgeoise incarnée par Bruno Retailleau ? Dans l’extrême-droite plébéienne portée par Marine le Pen ? 

    Les différentes sensibilités s’affrontent, se reconfigurent et s’acheminent de plus en plus clairement vers la fameuse « union des droites » qui seule peut assurer une défaite profonde et durable de la gauche par l’instauration d’un régime illibéral, voire fasciste. La perpétuation d’un capitalisme zombie et écocide est à ce prix.

    Reprenons la rue !

    Contre les suppressions massives d’emplois dans l’industrie, contre l’islamophobie qui tue, contre l’offensive masculiniste, en soutien aux peuples palestinien et ukranien, il est urgent pour notre camp social de reprendre l’initiative, dans la rue comme dans les urnes, dans l’unité et la radicalité.

  • En finir avec la République pourrissante, reprendre la rue !

    En se mettant en scène avec différents interlocuteurs, mardi 14 mai sur TF1, Macron a cherché à réinvestir le devant de la scène et à montrer qu’il contrôlait une crise politique qui lui a déjà en partie échappé. En sortant du chapeau des soi-disant référendums, il semble acter que plus rien ne se joue au Parlement. Mais alors d’où peut venir le changement ?

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  • Lycées professionnels : le bac de l’inégalité et des discriminations...

    Avez-vous entendu parler du bac pro ? Non. Et pourtant lundi 12 mai, les épreuves démarraient pour les élèves de terminale professionnelle.

    Fruit d’une réforme passée en force, cette nouvelle mouture du bac pro est un pas de plus vers l’inégalité dans le service public d’éducation. Dès son annonce en novembre 2023, le projet a mobilisé une intersyndicale réunissant tous les syndicats de la voie professionnelle avec le soutien de la FCPE. Rejetée le 8 janvier 2024, par le Conseil supérieur de l’Éducation (où siègent les représentantEs des personnels, des usagerEs, parents et élèves et des partenaires de l’État dans l’action éducative), cette « réforme », personne n’en voulait… sauf le gouvernement macroniste. Elle est à rebours même de la manière dont s’est bâtie la voie professionnelle, surtout elle témoigne d’un mépris crasse, tant pour les personnels qui y travaillent que les élèves qui y étudient – très majoritairement issuEs des classes populaires.

    Une « réforme » réactionnaire

    Dans le fond comme dans la forme, cette nouvelle mouture du bac est un retour en arrière totalement discriminatoire et ségrégatif. Le bac pro avait été créé en 1985 pour augmenter les qualifications professionnelles et atteindre l’objectif des 80 % d’une classe d’âge Bac. C’était un bac en 2 ans après deux ans de BEP, voire de CAP donc une possibilité pour les élèves des milieux populaires orientés pour reproduire la force de travail ouvrière d’accéder aussi à un enseignement plus précis dans les matières professionnelles mais aussi de poursuivre des enseignements généraux. Il y avait-là une « marge d’émancipation » dans un monde scolaire structuré par la sélection.

    Le passage au bac en 3 ans – sous prétexte de l’aligner sur le général et technologique – avait été dénoncé par les enseignantEs car il représentait une perte d’une année sur quatre, accentuée par la diminution du volume horaire. Aujourd’hui c’est un tiers de la jeunesse scolarisée dans le secondaire qui l’est en lycée professionnel. Blanquer avait déjà baissé – encore – le nombre d’heures d’enseignements disciplinaires, fragilisant la maîtrise des contenus pour des élèves qui ont besoin de temps et de pratiques pédagogiques adaptées pour surmonter les difficultés de leur parcours scolaire. Cette énième réforme renonce de fait à l’égalité affichée entre les trois voies d’enseignement et clôture la possibilité des élèves de réussir une poursuite d’études en BTS. Et a fortiori en université, ce que Parcoursup rend déjà quasi impossible.

    Une « réforme » discriminatoire

    Et l’implicite se matérialise dans cette organisation anticipée du bac pro. Alors que les élèves des voies générales et technologiques sont en cours, ceux de la voie professionnelle passent donc leurs épreuves un mois plus tôt que l’an passé. Dans les lycées polyvalents, la majorité des établissements, les cours ne sont évidemment pas suspendus, avec tous les problèmes d’organisation que cela peut générer. Personne aujourd’hui ne sait ce qu’il en est pour plus de 200 000 lycéenNEs. Lorsque Blanquer avait voulu anticiper certaines épreuves du bac général en mars, les programmes avaient été adaptés. Pour le bac professionnel, rien, aucune adaptation. Aux professeurEs de se débrouiller pour faire « ingurgiter » un programme avec quatre semaines de moins. Alors que les élèves des voies générale et technologique ont une semaine de révisions, les élèves de professionnel, ont terminé leurs cours le 9 mai et commencé les épreuves le 12. Comme il reste un mois, on propose aux élèves un « parcours Y » : soit des cours renforcés, soit une période de stage en entreprise, désormais faiblement rémunérée. Un « choix » tout relatif et qui réussit à mettre encore de l’inégalité entre lycéenNEs.

    Une gauche digne de ce nom doit non seulement dénoncer cela avec force mais aussi défendre un tout autre projet, émancipé des critères d’employabilités et dédié à la formation d’individus, de leur esprit critique et de leur capacité de délibération. En d’autres termes, travailler à un lycée de l’égalité.

    Cathy Billard et Théo Roumier