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NPA l'Anticapitaliste 06 et 83 : le blog

  • Affaire Lyhanna : écouter les enfants, protéger les victimes...

    La mort de Lyhanna, 11 ans, a bouleversé le pays. Comme souvent après un drame d’une telle ampleur, le gouvernement répond par l’annonce de sanctions plus sévères. Darmanin évoque un durcissement des peines contre les auteurEs de crimes pédocriminels. Mais l’affaire Lyhanna montre justement les limites d’une réponse uniquement punitive.

    Car ce qui frappe dans cette affaire, ce n’est pas l’absence de lois. C’est l’accumulation des alertes qui n’ont pas été traitées à temps. Le principal suspect avait déjà fait l’objet d’accusations de violences sexuelles sur mineure. Pourtant, plus de 9 mois après le dépôt de plainte, il n’avait toujours pas été entendu. Après le drame, le ministère de la Justice a ordonné le réexamen de 70 000 dossiers concernant des violences commises sur des mineurEs. Ce chiffre est vertigineux et montre que le problème n’est pas d’abord celui du niveau des peines, mais celui de la ­capacité des ­institutions à agir.

    Protéger les enfants plutôt qu’alourdir les peines

    La justice française est l’une des moins dotées d’Europe occidentale. La France compte seulement 11,3 juges professionnels pour 100 000 habitantEs, contre 17,6 en médiane européenne. La situation est encore plus dégradée pour les procureurEs : 3,2 pour 100 000 habitantEs, contre plus de 11 en moyenne européenne. Derrière ces chiffres, ce sont des enquêtes qui s’accumulent, des dossiers qui attendent, des signalements qui restent sans réponse pendant des mois.

    À chaque drame, le débat public se concentre sur les peines. Pourtant, une peine plus lourde n’aurait pas protégé Lyhanna si les alertes précédentes n’avaient déjà pas été traitées. Une sanction intervient après les faits. La protection des enfants exige avant tout des moyens pour enquêter, recueillir les signalements, entendre les victimes et agir rapidement.

    Mais l’affaire Lyhanna révèle aussi quelque chose de plus profond. Elle met en lumière la difficulté persistante de notre société à écouter la parole des enfants.

    Sortir de la culture de la domination

    Le combat pour les droits des enfants rejoint celui des femmes. Les féministes ont montré depuis longtemps que les violences les plus graves s’inscrivent dans un continuum de domination. Les violences sexuelles, les violences conjugales ou les féminicides ne surgissent pas du néant. Elles prennent racine dans des rapports sociaux où certaines personnes disposent d’un pouvoir sur d’autres.

    Cette logique concerne également les enfants. Historiquement, le patriarcat s’est construit autour du pouvoir du chef de famille sur son épouse et sur ses enfants. Les féministes parlent parfois du foyer comme du « berceau des dominations ». C’est souvent là que s’apprennent les rapports de pouvoir : qui décide, qui obéit, qui est cru et qui ne l’est pas.

    Les violences éducatives ordinaires participent de cette culture. Gifles, humiliations, menaces, chantages affectifs ou autoritarisme quotidien reposent tous sur une même idée : l’enfant doit obéir parce qu’il est enfant. Son ressenti, son refus ou sa parole passent après l’autorité de l’adulte. Personne n’accepterait pourtant qu’un adulte soit frappé ou humilié « pour son bien ».

    Le lien avec les violences faites aux femmes apparaît alors clairement. Dans les deux cas, la parole des victimes est souvent accueillie avec méfiance. Combien de femmes victimes de violences ont-elles entendu dire qu’elles exagéraient ? Combien d’enfants victimes de violences sexuelles ont-ils entendu qu’ils inventaient ou qu’ils avaient mal compris ?

    Pour une réponse globale

    Les chiffres montrent l’ampleur du phénomène. La Ciivise estime qu’environ 160 000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles en France. Dans l’immense majorité des cas, les auteurEs sont des hommes et les violences sont commises dans l’entourage proche ou familial. La pédocriminalité n’est pas une succession de faits divers isolés. C’est un phénomène social massif.

    C’est pourquoi de nombreuses organisations féministes et enfantistes réclament une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. L’idée est simple : sortir d’une approche centrée uniquement sur la répression pour construire une politique publique globale. Prévention, éducation, formation obligatoire des professionnelLEs, repérage précoce des violences, accompagnement des victimes, renforcement des moyens de la justice et de la protection de l’enfance. Il s’agit d’agir avant les drames plutôt qu’après.

    L’affaire Lyhanna pose une question fondamentale. Une société protège-t-elle réellement ses enfants lorsqu’elle ne les écoute qu’une fois morts ? Tant que la parole des enfants, comme celle des femmes, continuera d’être accueillie avec davantage de suspicion que de confiance, les violences continueront de prospérer. Les croire, leur donner les moyens d’être entenduEs et investir massivement dans leur protection : voilà l’urgence.

    Commission nationale d'intervention féministe

  • Téhéran et Washington ouvrent des négociations...

    Une nouvelle phase de négociations s’ouvre entre les États-Unis et l’Iran après des mois de guerre. Si cet accord provisoire constitue un revers pour Trump et surtout pour Netanyahou, les exigences contradictoires d’Israël et de l’Iran, les divisions du régime iranien et les errements de Trump rendent l’issue du conflit encore très incertaine. Pour la population iranienne, la situation économique et sociale demeure catastrophique.

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  • Parcoursup, un rouleau compresseur...

    Le mardi 2 juin, à 19 heures, les premiers résultats de Parcoursup sont tombés. Pour les 1 046 000 candidatEs inscritEs sur la plateforme, c’est le début de plusieurs longues semaines de stress, d’angoisse et d’incertitude quant à leur avenir. Cette année, ce sont un tiers des candidatEs qui n’ont reçu aucune réponse favorable.

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  • Faire bloc contre toutes les répressions...

    Poursuites judiciaires contre des syndicalistes, dissolutions d’organisations, interdictions de manifestations, gardes à vue pour des publications sur les réseaux sociaux, gels d’avoirs, sanctions disciplinaires ou violences policières : la répression s’étend aujourd’hui à l’ensemble des mouvements sociaux.

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  • Solidarité avec la lutte du peuple bolivien !

    La Bolivie connaît son plus grand mouvement social depuis le début du millénaire.

    Frappée de plein fouet par des augmentations vertigineuses des prix, suite à la suppression des subventions pour les hydrocarbures, et par une contre-réforme agraire au profit des gros propriétaires terriens, la population multiplie depuis plus de 45 jours les blocages de routes, les grèves illimitées, les manifestations, les marches et les occupations.

    Le gouvernement de Rodrigo Paz répond par une répression sanglante, avec plus de 7 personnes tuées, et par une loi sur l’état d’exception accordant l’impunité à tous les militaires et policiers qui commettraient des exactions, tout en affirmant vouloir négocier !

    Paz bénéficie du soutien des dirigeants d'extrême droite latino-américains, de Milei en Argentine à Kast au Chili, ainsi que de celui de Trump. Mais il peut aussi compter sur l’appui de Machado, la principale figure de l’extrême droite du Venezuela.

    L'enjeu est important pour la région. Une défaite de Paz sera un encouragement pour les peuples latino-américains et un avertissement pour tous ceux qui croient balayer les mouvements sociaux à la tronçonneuse.

    Le NPA-l'Anticapitaliste appelle les organisations syndicales françaises, les partis de gauche et les organisations du mouvement social à exprimer ensemble notre solidarité avec le peuple bolivien. 

    Nous appelons à participer à toutes les mobilisations et initiatives unitaires, à l’image du rassemblement appelé ce mercredi 17 juin à 20 h à Paris. 

    Reprenant les revendications de la population bolivienne en lutte, nous disons :

    • Halte à la répression contre les travailleurEs, les paysanNEs et les peuples indigènes !

    • Libération des militantEs emprisonnéEs !

    • Retrait des réformes néolibérales !

    • Augmentation des salaires et maintien de la réforme agraire !

    Face à l’ingérence de Trump et de ses alliés d’extrême droite, solidarité avec les luttes du peuple bolivien !

  • Communiqué du Collectif Droits des Femmes 06...

    Une loi cadre maintenant pour protéger les femmes et les enfants

    Comme la Coalition féministe et enfantiste, le Collectif Droits des Femmes 06 appelle au rassemblement ce lundi à 19 h, devant le palais de Justice de Nice, pour réclamer une loi cadre intégrale afin de lutter véritablement contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants.

    Lundi dernier, des centaines de personnes se sont rassemblées partout en France en mémoire de Lyhanna et pour toutes les victimes de violences sexistes et sexuelles.

    Des militantes et des militants, mais surtout des parents et grands-parents, des frères et sœurs, des familles toutes entières qui réclament à l’État que la justice puisse protéger efficacement leurs enfants.
    Avec 1 féminicide tous les 3 jours, 1 enfant sur 5 victime de violences sexuelles avant 18 ans, 80 % des
    plaintes classées sans suite..., les politiques contre les violences sexistes et sexuelles sont catastrophiques : manque de moyens, impunité généralisée, et absence de protection adaptée.

    Il ne s’agit pas, contrairement à ce qu’annonce le ministre de la Justice, d’un dysfonctionnement, mais d’un grand vide juridique : ce sont des failles systémiques qui entravent le traitement des plaintes et la
    protection des victimes de violences sexistes et sexuelles.

    C’est pourquoi nous exigeons une loi cadre intégrale, basée sur les 140 propositions de la Coalition
    féministe et des travaux de la Ciivise (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles
    faites aux enfants). Elle s’inspire du modèle espagnol, qui commence à porter ses fruits.

    Nous attendons une réponse globale et systémique aux violences sexistes et sexuelles, en agissant sur tous les fronts : justice, sécurité, éducation, famille, sport, santé, etc.

    Une loi qui vise à faire reculer toutes les formes de violences sexistes et sexuelles : viols, agressions
    sexuelles, harcèlement sexuel, système prostitutionnel, proxénétisme, traite des êtres humains,
    violences obstétricales et gynécologiques, mutilations sexuelles féminines, mariages forcés et
    violences sexuelles en ligne, que les auteurs et victimes soient majeur·es ou mineur·es, au sein ou en
    dehors de la famille et du couple ;
    L’introduction d’une infraction d’inceste et l’imprescriptibilité de ces violences, ainsi que la lutte
    contre l’industrie pornocriminelle et pédocriminelle et la culture du viol en ligne ;
    La prise en compte de toutes les victimes sans aucune forme de discrimination, et la prise en charge
    intégrale du suivi post-traumatique ;
    Le suivi des agresseurs par des équipes pluridisciplinaires pendant et après leur sanction pénale afin
    d’éviter la récidive ;
    La déclinaison de nouveaux droits dans le monde du travail, notamment un congé d’urgence en
    faveur des victimes et de leurs accompagnants lorsqu’elles sont mineures pour effectuer les
    démarches, et des sanctions immédiates pour les agresseurs sur les lieux de travail.

    Monsieur Macron, président de la République, ne veut pas entendre parler de moyens. C’est précisément ce dont il s’agit.

    Oui, une véritable volonté politique exige des moyens financiers et des moyens humains :
    L’État ne dépense que 12,7 millions d’euros par an pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, soit 0,003 % du budget de l’État.
    Pour une prise en charge réelle des victimes, pour améliorer les enquêtes et
    renforcer la chaîne judiciaire, 2,6 à 3 milliards d’euros d’investissement annuel sont nécessaires.
    À cela s’ajoutent les moyens humains : il faut recruter et former tou·tes les professionnel·les concerné·es (police, justice, Éducation nationale, médecine, travail social...) à la lutte contre les préjugés sexistes et contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants, ainsi qu’au recueil de la parole des victimes.
    Dans l'Éducation nationale, les séances d'éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR) à l'école
    primaire, ainsi que les séances d'éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (EVARS) au collège et au lycée, doivent être mises en œuvre de manière effective.
    Elles doivent être assurées par les équipes
    pédagogiques et les personnels médico-sociaux afin que l'École demeure un lieu de prévention, de protection et d'émancipation pour tou·tes les enfants et les jeunes.
    La lutte contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants ne peut ignorer
    l’adultisme de notre société, où une hiérarchie des âges prive les enfants de pouvoir, de crédibilité et de reconnaissance politique.
    Pour les protéger, il faut briser cette domination et construire une société
    enfantiste, où les enfants sont enfin considérés comme des êtres à part entière.
    En 2025 en France, plus de 130 000 victimes de violences sexuelles ont été enregistrées par la police et la gendarmerie, et ce chiffre est très en dessous de la réalité. Plus de la moitié étaient des mineur·es.
    Et
    pourtant, 70 % des plaintes déposées sont classées sans suite : ce chiffre dit l’impuissance d’un système incapable de traiter à la hauteur des enjeux les violences sexistes et sexuelles qui lui sont signalées.
    Il y a urgence à agir.
    La récupération, les propos haineux envers les magistrat·es et les incitations à se faire justice soi-même, alimentés par l’extrême droite, sont des réponses inutiles, odieuses et inappropriées, qui désignent des boucs émissaires au lieu de s’attaquer au manque de moyens et de formation.
    Ce n’est pas cela que nous voulons, mais une réponse globale et systémique, à la hauteur de l’ampleur du problème.
    Ainsi, nous appelons à nous rassembler tous les lundis jusqu’à ce que le projet de loi-cadre intégrale pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles soit enfin à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, comme le Collectif Droits des Femmes le réclame depuis des années.


    Le 14 juin 2026
    Collectif Droits des Femmes 06