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NPA l'Anticapitaliste 06 et 83 : le blog

  • L’impensé de la domination des enfants...

    Chaque année, il y a en France plus de 114 000 mineurEs victimes de violences physiques et plus de 160 000 enfants victimes de violences sexuelles. Dans 8 cas sur 10, elles sont commises par un membre de la famille ou par un proche. En 2022, 60 enfants sont morts sous les coups dans leur cadre familial.

    Un phénomène massif et structurel

    Ces chiffres, sous-estimés, signalent un phénomène massif, loin de l’image du prédateur isolé et « monstrueux ». Les révélations sur des établissements scolaires, des clubs, des structures périscolaires ou des institutions religieuses confirment que ces violences sont structurelles.

    Lorsque l’enfant parle, il se heurte souvent au déni. Sa parole est présumée influençable et mensongère. Ainsi, des alertes précèdent souvent les drames ; mais elles sont minimisées ou niées. L’omerta et l’impunité sont au cœur du système de domination adultiste, dans lequel les adultes disposent d’une autorité considérée comme naturelle et absolue sur les enfants.

    Un système adultiste

    Les actes les plus graves ne naissent pas de rien : il y a un continuum entre les différentes formes de violence. Partout, c’est la même logique qui considère les enfants comme des objets ou des êtres inférieurs en dignité. La « dépendance » des enfants est utilisée pour justifier le contrôle et la violence des adultes.

    C’est le même système qui tolère les violences éducatives ordinaires et qui produit les agressions physiques et sexuelles contre les enfants, l’exploitation sexuelle de plus de 11 000 mineures, les violences meurtrières contre les enfants racisés, qui fait dormir des enfants dans la rue avec 40 °C, qui place des enfants dans des hôtels pendant des mois, qui exclut les enfants handicapés et malades de l’éducation, qui les place en centre de rétention administrative…

    Prévenir plutôt que pleurer

    Il y a urgence à une véritable politique contre les violences. Cela suppose des moyens massifs pour la protection de l’enfance, une justice capable de traiter les signalements, des professionnelLEs forméEs, une éducation au consentement et aux droits des enfants, ainsi qu’une culture qui apprenne aux adultes à écouter. Cela suppose aussi de respecter les droits de tous les enfants : mineurEs isoléEs, enfants handicapés, migrants, racisés.

    Tant que les violences faites aux enfants seront perçues comme des drames isolés plutôt que comme le produit d’un ordre social qui naturalise leur domination, nous continuerons à pleurer après coup ce que nous refusons de prévenir.

  • Vers une vaste campagne pour la remigration ?

    Deux jours avant la manifestation « Remigration et reconquête » à Rome (voir L’Anticapitaliste n° 805, « Les partisans de la remigration en force »), une action, un peu piteuse, lance à Saint-Denis un « nouveau » mouvement, Objectif remigration. Au-delà de la reconstitution de Génération identitaire, les suites de cette apparition sont à surveiller, comme toute l’agitation autour du « racisme antiblanc ».

    « Ceux qui n’ont pas le droit de rester doivent repartir », se réjouit le RN, après le vote du Règlement retour au Parlement européen. Les émojis d’avion fleurissent dans la fachosphère. L’idée de remigration revient en force. Une « initiative citoyenne » propose même une charte, Save Europe Act, signée par des figures comme Orbán ou Zemmour. Si le RN se garde bien d’utiliser le terme, ses partenaires européens n’ont pas la même pudeur, notamment Vox, le FPÖ ou Vlaams Belang, pionnier en la matière — dont Bardella vient de rencontrer la direction.

    Un débat tactique au sein des extrêmes droites

    Issu des Identitaires, le thème de la remigration s’appuie désormais sur le « livre de combat » de Le Gallou, quarante ans après son ouvrage sur la préférence nationale. Depuis, l’environnement politico-médiatique a été bousculé, permettant une circulation aisée des mots d’ordre radicaux. La « remigration » reste aujourd’hui un marqueur clivant au sein des extrêmes droites, les divergences qu’elle suscite étant cependant davantage stratégiques qu’idéologiques.

    Ce clivage est d’abord générationnel. Les jeunes de la nébuleuse radicale, futurs cadres adultes, y sont favorables. « Objectif Remigration » est la déclinaison française d’un « mouvement patriotique professionnel » que Sellner, jeune identitaire autrichien derrière le Save Europe Act, cherche à construire. Leur logique de « changement de régime par la droite » articule parti, mouvement d’action, contre-information, contre-culture et théorie. Pousser le RN à se positionner est un de leurs objectifs.

    Ce clivage sépare les volontaristes convaincus et les incrédules tenus par leur morale, les pessimistes doutant de sa faisabilité et les velléitaires n’allant pas jusqu’au bout de leurs ambitions xénophobes. Le RN rejette l’idée ou botte en touche — le terme est sulfureux — mais il pourrait se faire piéger par ses marges radicales.

    Une conception raciste de la nationalité

    Pour autant, les mesures du RN ne détonnent pas dans un programme de remigration, jusqu’à son projet référendaire. Remettant à plus tard une campagne de fond, le RN évite de clarifier l’élément central d’une « maîtrise des flux migratoires » : la catégorisation des populations à expulser. Les critères de tri sont pourtant au cœur du dispositif de Le Gallou, parmi les étrangerEs comme parmi les naturaliséEs : « les assimilés, les mal assimilés mais non hostiles, les hostiles et les délinquants »...

    Ces catégories s’inscrivent dans une conception de la nationalité que Le Gallou dit être « devenue vide de sens, bradée par le droit du sol et les naturalisations de complaisance ». On comprend pourquoi il entend s’attaquer d’abord à l’État de droit, pour éviter que des décisions soient cassées. La critique du « gouvernement des juges » permet de dérouler un argumentaire pro-remigration. C’est le « JUGEXIT », central dans sa thèse.

    Du « racisme antiblanc » à la remigration

    Chez Le Gallou et ses acolytes, la remigration prendrait une dimension de « mythe mobilisateur » (« Bien chez nous ») opposable à la « culture de la culpabilité, à cause de la Shoah, (…) de la colonisation et de l’esclavage ». Le « racisme anti-blanc » devient un outil puissant pour recouvrer sa fierté « de Blancs, de Blancs européens, de Blancs européens et chrétiens » et dénoncer « l’idéologie antiraciste » responsable du « racisme antiblanc ». Ce terme est repris par le RN comme par les radicaux, et au-delà même de la fachosphère. Il manque peu de chose pour que s’enclenche une campagne qui dénoncerait les « antifas », les juges, les associations (antiracistes, de soutien aux immigréEs, de défense des droits humains…), dont l’issue serait la remigration.

    Le déroulement sans accroc de la manifestation du 21 juin indique qu’Objectif remigration n’est pas (encore) passé à une étape « à la Némésis » visant à perturber les initiatives anti-racistes. Mais Le Gallou a déjà prévu d’organiser, le 31 octobre, la prochaine édition du Remigration Summit... le genre de rencontre qui galvanise une bonne partie de la fachosphère. Ce n’est qu’un début.

    Commission nationale antifasciste

  • Victoire dans l’affaire Geneviève Legay : la Cour d’appel de Lyon confirme la sanction contre le commissaire Souchi...

    Ce lundi 29 juin 2026, la Cour d’appel de Lyon a rendu son délibéré dans l’affaire Geneviève Legay : le commissaire Rabah Souchi a été condamné à 6 mois de prison avec sursis, comme en première instance.
    Il s’agit d’une condamnation historique.
    Toutefois, cette peine n’étant pas inscrite à son casier judiciaire, Rabah Souchi pourra continuer d’exercer dans le maintien de l’ordre...

  • Présidentielles 2027 : front antifasciste, pour la victoire de la gauche de rupture, unitaires et révolutionnaires !

    Afin de définir sa position pour les présidentielles 2027, le NPA-l’Anticapitaliste s’est réuni en conférence nationale les 27 et 28 juin 2026. Cette conférence a réuni des délégué·es, représentant les militantes et militants du NPA-l’Anticapitaliste qui ont débattu et voté dans les assemblées générales réunies dans le courant du mois du juin. 

    Au vu du danger de l'extrême droite, le NPA-l’Anticapitaliste ne présentera pas de candidature à l’élection présidentielle, œuvrera à la construction d’un front antifasciste large et à une candidature de rassemblement de la gauche de rupture.

    À l’heure actuelle, la candidature de Jean-Luc Mélenchon est la mieux à même de rassembler les votes des classes populaires pour permettre à la gauche d’affronter l’extrême droite dans les urnes.

    À l’issue des discussions qu’il mène avec LFI et les organisations et courants de la gauche de rupture, le NPA-l’Anticapitaliste décidera des formes de son engagement dans la campagne et des modalités de son soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, tout en menant une campagne en propre avec des meetings, des réunions publiques, du matériel, pour porter la nécessité du front unique antifasciste. 

    Le NPA-l'Anticapitaliste appelle l’ensemble des militantes et des militants du mouvement social et syndical, de la gauche, des révolutionnaires et des écologistes à se mobiliser et à constituer, partout où c’est possible, des fronts d’action antifascistes, des comités contre l’extrême droite dans l’unité la plus large. La victoire de l'extrême droite et de la droite n’est pas inéluctable ! Mobilisons-nous pour redonner l’espoir à notre camp social pour s’affronter aux classes dominantes et à leurs politiques mortifères !

    Montreuil, le 28 juin 2026

    Déclaration de la Conférence nationale présidentielle du NPA-l'Anticapitaliste (28 juin 2026)

  • Le passage...

    Le Passage aborde la question du parcours migratoire à travers l’histoire liée de cinq personnes, en plaçant leurs trajectoires individuelles au centre du récit.

    À travers ces personnages se dessinent des enjeux essentiels, au cœur du travail d’Amnesty International :
    les raisons poussant des personnes à fuir leur pays pour échapper aux conflits, aux persécutions ou à la perte de leurs moyens de subsistance ;
    les conditions souvent dangereuses et précaires des routes migratoires ;
    la réalité des camps de réfugié·es ainsi que le rôle des réseaux de passeurs, prospérant en grande partie en raison de l’absence de voies sûres et légales.

    Face à ces constats, Amnesty International appelle à la mise en place et au renforcement de voies de migration sûres et légales.

    Cela inclut notamment des dispositifs d’asile accessibles, des visas humanitaires, des possibilités de regroupement familial ou encore des voies de réinstallation.

    Toute personne, quel que soit son statut, doit pouvoir accéder à ses droits fondamentaux, notamment aux soins, à l’éducation et à une protection effective contre l’exploitation et les abus.

    Le Passage résonne comme une invitation à regarder autrement les parcours d’exil, en replaçant l’humain au centre des débats.

  • Interdire la Pride : la priorité du capitalisme dans un monde en feu...

    La préfecture de Paris annule unilatéralement la marche des fiertés de Paris du 27 juin, une interdiction décidée sans concertation et à la dernière minute au mépris des bénévoles qui ont préparé l’événement cette semaine sous une chaleur accablante. 

    L’actuelle séquence caniculaire, qui génère records de température et conséquences néfastes sur notre santé, rend effectivement compliquée la tenue de la marche dans de bonnes conditions. Et si nous devons toutes et tous faire attention à notre santé dans cette situation, nous savons aussi qu’elle fragilise davantage les plus précaires, en particulier celles et ceux qui ont déjà des difficultés de santé.

    Néanmoins, les raisons invoquées par la préfecture, la saturation des hôpitaux, le personnel surchargé, ne sont rien d’autre que les résultats de la politique de casse du système de santé public menée depuis des années.

    Cette décision s’accompagne de l’annulation de Solidays. Cela va aussi fragiliser beaucoup d’associations communautaires et de lutte contre le VIH en France et dans le monde, qui reçoivent des financements grâce aux recettes de Solidays.

    Néanmoins, si la marche des fiertés est interdite, le travail ne l’est pas. Le brevet n’a pas été reporté alors que les adolescentEs souffrent de la chaleur. Les profs vont continuer de surveiller des épreuves sous 40 °C dans des salles surchargées d’élèves, les chauffeurEs de conduire, les ouvriers du BTP et de l’industrie de travailler dans des conditions dangereuses…

    Cette situation est la conséquence du productivisme capitaliste et de l’inaction gouvernementale. Et tandis que la marche des fiertés se voit annulée car rien n’a été prévu pour la rendre vivable dans ces conditions, le défilé de Louis Vuitton, lui, s’est offert une immense vague artificielle. 

    Pour sa Fashion Week, la bourgeoisie peut déplacer des vagues, mais pas pour nos fiertés ou pour nos vies. Voilà la priorité du capitalisme. Nos vies valent plus que leurs profits !

  • Ni OGM ni NTG dans nos assiettes !

    Le 17 juin, les eurodéputéEs ont voté une réglementation sur les « nouveaux OGM » : les NTG (nouvelles techniques génomiques).

    Ces OGM dernière génération sont présentés comme étant conçus pour « résister aux nuisibles et au réchauffement climatique » et « pour promouvoir une agriculture plus résiliente, innovante et compétitive ». Comprendre : pour toujours plus de fric dans l’escarcelle de l’agrochimie. C’est la porte grande ouverte à leur déploiement, sans traçabilité, sans étiquetage et sans évaluation, avec un brevetage en perspective — donc à la privatisation du vivant.

    Qu’est-ce qui va changer avec les NTG?

    Les NTG sont des plantes modifiées génétiquement par altération ciblée du génome (mutagénèse), contrairement aux « anciens OGM » qui subissaient l’ajout d’un gène étranger (transgénèse) et restent sévèrement encadrés dans l’Union européenne. Trop contraignant pour les géants de l’agrochimie, Bayer, Syngenta, BASF... également leaders mondiaux sur les pesticides ! Ainsi, la Commission européenne a distingué deux catégories de NTG. D’une part, les NTG-1, qui ont subi moins de 20 modifications ciblées, sont considérées comme des plantes « équivalentes » à celles qui vivent dans la nature — donc pas besoin de les tracer, d’évaluer les risques, d’étiqueter : impossible de savoir si on mange des OGM ou pas ! D’autre part, les NTG-2, qui sont davantage modifiées, resteront soumises à la réglementation OGM.

    Les NTG-1 : grosse inquiétude chez les paysanNEs bio

    Comment garantir une filière bio exempte d’OGM et l’accès à des semences sans NTG ? La coexistence de cultures bio à proximité de cultures NTG risque de contaminer les premières, avec l’action du vent, des pollinisateurs... De plus, les sacs de semence seront étiquetés, mais une fois semées, plus d’étiquetage ou de traçabilité. Impossible de savoir si les récoltes obtenues contiennent des NTG. En outre, ces technologies peuvent provoquer des mutations aléatoires chez les plantes, avec des conséquences potentielles sur l’environnement et la santé.

    Brevetage du vivant

    Les NTG-1 ne seront soumises à aucune évaluation avant leur mise sur le marché et pourront être brevetées par les firmes qui les développent, contrairement aux plantes et semences conventionnelles.

    Avec les brevets, impossible pour les agriculteurEs de mettre au point leurs propres semences. Si, par croisement ou mutation naturelle, un paysan obtenait la même modification génétique qu’une plante NTG, il pourra être poursuivi pour contrefaçon.

    Que dire du « code de conduite », non contraignant, que la Commission a obligation d’« essayer d’élaborer », pour prévoir l’octroi de licences « à des conditions équitables et raisonnables » ? Les capitalistes de la chimie ne sont ni raisonnables ni équitables, mais seulement des criminels qui empoisonnent les corps vivants, à petits feux, pour gagner toujours plus.

    Retirons-leur le pouvoir de nuisance!

    Cultiver sans pesticides est possible, comme le montre une étude menée par l’INRAE sur dix ans.

    Partout, des milliers de personnes s’organisent : blocage du site BASF de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, en Seine-Maritime, du site de Bayer à Rennes. Occupation et reprises de terres menacées et de chantiers.

    Le 26 septembre prochain, des actions seront organisées dans 25 pays contre les pesticides et les géants de la chimie. Rendez-vous dans l’Eure, à l’appel de la Confédération paysanne, de Cancer colère, du CSVPO (collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’ouest), des Soulèvements de la Terre. Le NPA-A y sera.

    Commission nationale écologie