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NPA l'Anticapitaliste 06 et 83 : le blog

  • Colères agricoles : Répression pour les uns, immunité pour les autres...

    La mobilisation agricole de janvier 2026 révèle l’autoritarisme de l’État et sa collusion avec l’agrobusiness. Derrière le spectacle des tracteurs dans Paris se cache une réalité brutale : répression des syndicats paysans, impunité pour les violences d’extrême droite, récupération politique au service du lobby agro-industriel.

    Au cœur de la colère paysanne, l’accord de libre-échange UE-Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) permettra l’importation massive de produits agricoles issus de la déforestation, de l’usage de pesticides interdits en Europe, de l’exploitation des travailleurEs. Cet accord menace directement les revenus des agriculteurEs européens. L’agriculture industrielle, les fermes-usines et la course au rendement menacent aussi les petits paysans sud-­américains. Le Mercosur incarne un modèle productiviste et le primat du libre-échange néolibéral sur la souveraineté alimentaire.

    La Confédération paysanne dans le viseur de la répression

    Face à cette offensive, la Confédération paysanne, syndicat progressiste, se mobilise depuis des mois. Seule réponse : la matraque et les arrestations. Le 9 janvier, deux porte-­parole nationaux, Thomas Gibert et Stéphane Galais, sont violemment interpellés place de l’Étoile alors qu’ils manifestaient pacifiquement. Le 14 janvier, 150 manifestantEs occupent une annexe du ministère avec un message clair : « L’agriculture, on veut en vivre, pas en mourir ». Résultat : 52 gardes à vue, suivies d’un classement sans suite confirmant l’absence de violence. Ces intimidations visent celles et ceux qui dérangent le pouvoir en exigeant un changement de modèle agricole.

    Pendant ce temps, la Coordination rurale (proche de l’extrême droite) multiplie les violences en toute impunité, voire avec l’accord de la police : tête de sanglier devant la Ligue de protection des oiseaux, local vandalisé d’un député écologiste, etc. Le gouvernement tolère la violence réactionnaire, mais criminalise la contestation paysanne.

    La FNSEA, syndicat d’État

    La FNSEA bénéficie d’un traitement de faveur. Le 13 janvier, 352 tracteurs défilent librement dans Paris, déversent 30 tonnes de pommes de terre devant l’Assemblée. Arnaud Rousseau, président de la FNSEA et du groupe agro-­industriel Avril, est reçu à Matignon. Réponse immédiate aux demandes de la FNSEA, qui a soutenu le gouvernement tout au long du dernier mois : « loi d’urgence », accélération de la loi Duplomb (fermes-usines et mégabassines), hausse de 10 % des quotas d’abattage de loups. Thomas Gibert dénonce un « système de cogestion entre la FNSEA et le gouvernement ».

    Le 13 janvier, Lecornu a annoncé un moratoire sur la politique de l’eau jusqu’en mars. Concrètement, gel du Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) de la Vilaine qui prévoyait l’interdiction des herbicides sur les zones de captage d’eau potable. Trois ans de travail démocratique suspendus sous la pression de la FNSEA, qui a perturbé les réunions et menacé les élus. La voix de plus de 3 500 manifestantEs à Rennes n’a pas été entendue. Ce moratoire ouvre la voie à l’assouplissement des normes nitrates, au déblocage des mégabassines et à la pollution des nappes. Le gouvernement délivre à la FNSEA le droit de piétiner le débat ­démocratique et la santé publique.

    Entre profits de l’agrobusiness et agriculture paysanne, le gouvernement a choisi. La politique délibérée du « deux poids, deux mesures » défend le capitalisme agricole contre l’alternative émancipatrice. Face à cette collusion, la Confédération paysanne appelle la population à amplifier la mobilisation. Associations écologistes, syndicats, partis politiques doivent rejoindre ce combat pour notre avenir. La solution viendra de notre capacité à faire converger nos luttes, pas de l’État bourgeois !

    Commission nationale écologie

  • El Hacen Diarra, nouvelle victime des violences policières racistes...

    Dans la nuit du 15 au 16 janvier 2026, El Hacen Diarra est décédé dans les locaux du commissariat du 20e arrondissement de Paris à la suite d’une brutale interpellation policière. Nous apportons tout notre soutien et notre solidarité à ses proches ainsi qu’à tous les résidants du foyer des Mûriers où il habitait. El Hacen Diarra est la nouvelle victime des violences policières racistes qui s’exercent dans le quartier et, plus largement, dans tout le pays.

    Mauritanien âgé de 35 ans et vivant depuis plusieurs années dans le foyer de travailleurs migrants des Mûriers à Paris, El Hacen Diarra était venu chercher son pain en France et « le voilà parti à jamais » (Ibrahima Diarra — frère d’El Hacen Diarra).

    Contre l’impunité organisée

    Pendant que la procureure de la République reprend sans nuance la thèse du malaise et de « l’arrêt cardio-respiratoire » avancée par les forces de l’ordre, il est impossible d’ignorer les preuves accablantes de la brutalité de l’intervention.

    Alors que, de son côté, la police parle d’une « chute accidentelle » durant l’interpellation, sur une vidéo prise par l’un des voisins, on distingue deux policiers immobilisant un homme plaqué au sol avant de lui donner des coups de poing. Après analyse de cette même vidéo, on entend la victime dire à plusieurs reprises : « vous m’étranglez, vous m’étranglez, vous m’étranglez ».

    Des témoins ont également aperçu une mare de sang là où s’est produite l’arrestation. Enfin, un autre élément est rapporté par l’avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou : les policiers eux-mêmes ont estimé nécessaire « une hospitalisation immédiate » d’El Hacen à son arrivée au commissariat ; pourtant, les secours ne seront appelés qu’après que la victime eut fait un malaise et décède.

    Toustes solidaires face aux violences policières

    Ce dimanche 18 janvier 2026, nous soutenions le très large rassemblement organisé devant le foyer où vivait El Hacen Diarra. Plus de 400 personnes (et jusqu’à un millier selon la préfecture de police) sont venues exprimer leur solidarité et rappeler qu’il ne s’agit pas d’un accident isolé, mais d’un système de répression raciste systémique.

    Durant la journée, les habitants du foyer ont pu parler de leur expérience partagée des contrôles répétés au pied du foyer, rappelant que les personnes racisées et précaires sont plus exposées aux contrôles, aux humiliations et aux violences. L’occasion de mentionner aussi que le commissariat du 20e a déjà été épinglé pour « différentes affaires de violences et agressions sexuelles commises sur des gardés à vue » (Me Yassine Bouzrou), avec des condamnations pour des faits commis entre 2019 et 2021.

    À l’image du parterre d’habitantEs, de responsables du secteur associatif et d’éluEs de gauche venuEs soutenir la famille et les proches d’El Hacen face au racisme systémique dans la police et à son impunité, refusons le silence, soyons solidaires dans la rue, exigeons vérité et justice. Pour El Hacen, Nahel, Zyed, Bouna, Adama, Aboubacar, Zineb, réclamons le désarmement de la police, partout, dès maintenant.

    Nous appelons l’ensemble des forces militantes et des citoyenEs à se mobiliser contre le racisme des forces de l’ordre : les violences policières doivent cesser dans le 20e et partout.

    CorrespondantEs

  • Violette and Co : la culture contre le génocide !

    Un pas de plus a été franchi ce mercredi 14 janvier dans la répression du mouvement de solidarité avec la Palestine. La librairie Violette and Co, librairie féministe, lesbienne et LGBTQIA+, dans le 12e arrondissement parisien, a été perquisitionnée dès son ouverture sur ordre du parquet de Paris. 

    Le délit supposé ? Avoir en stock des livres interdits. Les livres incriminés ? Des albums de coloriage pour enfants, édités par une maison d’édition sud-africaine, Social Bandit Media, intitulés De la mer au Jourdain. Cet album avait déjà été la cible de militants sionistes qui avaient, en novembre, dégradé la vitrine de la librairie.

    On se souvient du tollé des médias bourgeois lorsque des militantEs ont dénoncé, avec des fumigènes et des tracts, la venue de l’Orchestre national d’Israël à la Philharmonie de Paris. Et le silence des préfectures reste assourdissant face aux concerts du soldat-chanteur Amir, qui glorifie l’action de l’armée israélienne dans sa tournée hexagonale.

    Les attaques se multiplient, dans un contexte où la proposition de loi Yadan entend punir d’emprisonnement et de plus de 7 000 euros d’amende le soutien aux mots d’ordre trop critiques de l’État colonial d'Israël et de sa politique génocidaire. Pendant ce temps, la France refuse les visas des artistes PalestinienNEs pour des représentations de la la pièce Les Monologues de Gaza.

    La culture est doublement attaquée : par les coupes franches dans son financement, mais également par des formes de censure politique. Ces attaques ciblent tout particulièrement les lieux culturels queers – ici, la seule librairie féministe et lesbienne de Paris. Cette perquisition fait écho au harcèlement et à la répression policière dont les lieux queers ont été victimes dans l’histoire récente.

    Le monde de la culture doit se mobiliser. Le génocide et la tentative d’effacement de la Palestine par Israël passe aussi par un culturicide – destruction du matériel d’enseignement, des théâtres, des bibliothèques, des centres culturels – qui est à l’œuvre depuis des dizaines d’années.

    Les travailleuses et travailleurs de la culture doivent se tourner vers la Palestine et construire une solidarité concrète. Nous devons nous organiser pour lutter contre la répression par le gouvernement des PalestinienNEs et de leurs soutiens. Face aux tentatives d’effacement, il est nécessaire de soutenir et de donner de la visibilité à la culture palestinienne.

    Palestine vivra, Palestine vaincra !

  • Contre l’impérialisme et le militarisme !

    Face à la montée des affrontements inter-impérialistes, à la fascisation des régimes et à la militarisation accélérée des sociétés, le Conseil politique national du NPA a décidé de lancer une campagne anti-impérialiste et antimilitariste, en articulation avec les combats antifascistes, antiracistes et écologistes.

    L’affrontement économique et géostratégique entre les États-Unis et la Chine s’accompagne d’une concurrence de plus en plus ouverte pour l’accès aux ressources naturelles. Cette dynamique s’inscrit dans une crise prolongée du capitalisme mondial. La crise ouverte en 2008 n’a jamais été résolue. Face à la suraccumulation oligarchique du capital et à l’épuisement des leviers classiques, les États privilégient désormais le sécuritaire, ­l’identitaire et la coercition militaire.

    Fascisation et militarisation du monde

    Un processus de fascisation se développe au cœur des principales puissances impérialistes, particulièrement aux États-Unis. Le début d’année a été marqué par les frappes américaines sur le Nigeria et sur le Venezuela, deux pays centraux pour la production pétrolière sur leurs continents. Ces interventions ont été suivies de menaces sur le Groenland, riche en ressources, puis sur l’Iran. Elles confirment la volonté étatsunienne d’étendre sans limite son pré carré.

    Les interventions impérialistes de l’après-Seconde Guerre mondiale se réclamaient d’une prétendue défense de la démocratie ou des droits humains. Ce vernis a disparu. Les politiques impérialistes d’accaparement actuelles s’appuient ouvertement sur la force militaire. De l’Ukraine à Gaza, des ambitions impériales russes et chinoises aux menaces étatsuniennes sur l’Amérique latine, le Groenland ou l’Iran, la période est marquée par la multiplication des conflits armés. En Europe, cette dynamique se traduit par un discours militariste renforcé. Elle s’accompagne de la militarisation des frontières et du transfert de leur contrôle à des régimes autoritaires.

    Construire la riposte

    Face à cette situation, il est nécessaire de construire une riposte anti-impérialiste et antifasciste. Elle doit articuler la lutte contre le racisme, le colonialisme et le militarisme. Nous fixons comme priorité, dans les mois qui viennent, la mise en œuvre d’une campagne antimilitariste. Cette campagne vise d’abord à exprimer notre solidarité avec les peuples subissant les agressions impérialistes, la répression de leurs propres régimes ou les conséquences des guerres : en Palestine, en Ukraine, au Venezuela, au Soudan, en Iran et ailleurs. 

    Nous apportons un soutien inconditionnel, même lorsqu’il est critique, aux organisations qui défendent les intérêts des classes populaires. Nous soutenons les formes de résistance qu’elles choisissent, y compris la lutte armée. Nous devons agir en cohérence avec leurs besoins et leurs revendications. Nous combattons les logiques campistes. Nous défendons l’auto­détermination des peuples. Nous soutenons leur volonté propre et leur capacité à défendre leurs intérêts dans les luttes qu’ils mènent, à la fois contre leurs dirigeants et contre les puissances impérialistes.

    Combattre notre impérialisme

    Cette campagne doit combattre notre propre impérialisme, français et européen. Elle doit s’opposer aux idéologies souverainistes, patriotiques et réactionnaires. Celles-ci sont portées par l’extrême droite, mais reprises bien au-delà, y compris à gauche. Elle intègre la solidarité internationale, la lutte contre les politiques migratoires racistes et la dénonciation de l’oppression coloniale. Elle doit contester les choix de la classe dominante qui présente l’industrie de guerre et l’intelligence artificielle comme des réponses à la crise.

    Ces choix ne mènent qu’à une fuite en avant : explosion du commerce des armes, répression accrue des populations, aggravation de la crise écologique. Il est nécessaire de renforcer les campagnes contre la vente d’armes aux puissances agresseuses, aux dictatures et aux régimes autoritaires, et de défendre le contrôle populaire de la production et de la circulation des armes et des technologies militaires.

    Notre orientation combine les explications autour de l’alternative « socialisme ou barbarie » et la construction d’un front unitaire, le plus large possible, autour du refus de la marche à la guerre et de la course à ­l’armement.

    Dans cette perspective, nous participerons à la mise en place des prochaines flottilles pour Gaza. Nous construirons également la mobilisation contre le sommet du G7 à Genève en juin. L’objectif est de lier antimilitarisme, anti-impérialisme, antiracisme, anticapitalisme et combat écologiste.

    La rédaction, sur la base des orientations adoptées par le Conseil politique national du NPA