Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Actualités nationales... - Page 125

  • Soutien à la révolte ! Désarmement de la police ! Darmanin démission !

    Depuis la mort de Nahel, les quartiers populaires se mobilisent. Cette mobilisation est légitime, quelle que soit sa forme. La source de la violence est du côté de la police, de Darmanin et de Macron, qui sont responsables de ce qui est arrivé.

    Une révolte antiraciste et anti-autoritaire

    Depuis des années, le pouvoir renforce en effet l’arsenal policier et raciste : les violences policières sont de plus en plus régulières et mortelles, dans les manifestations, dans les quartiers populaires.
    Elles sont sauf rare exception sans conséquences pour ceux qui les commettent, avec une impunité organisée.
    Dans la police, c’est l’extrême droite qui donne le ton. Rappelons que les organisations policières ont défilé sur les Champs-Élysées, qu’elles réclament toujours plus de libertés pour tuer.
    Tout cela, Macron et Darmanin le gèrent, y collaborent, y contribuent, en soutenant et en renforçant cette impunité, et par les multiples lois racistes et liberticides qui donnent de la force à la police et à l’extrême droite : loi séparatisme, lois sécuritaires, etc. Sans parler de la gestion autoritaire du Covid et de la répression contre les mobilisations sociales et écologistes.
    La mobilisation des quartiers est une chance pour l’ensemble des classes populaires et pour le monde du travail : elle montre la voie pour une mobilisation sociale pour la justice, contre la répression policière, contre le pouvoir autoritaire qui s’est incarné récemment par les méthodes antidémocratiques utilisées pendant le mouvement sur les retraites, avec le 49-3, le 47-1, etc. 
    Cet autoritarisme s’exprime depuis des années, avec les interdictions de manifestations, les violents épisodes de répression, mais aussi la dissolution du CCIF ou des Soulèvements de la Terre.

    Justice pour touTes !

    La justice, c’est d’abord la justice pour Nahel, pour Adama, pour Zyed et Bouna, pour les trois jeunes de Paris 20 e percutés par une voiture de police, pour toutes les victimes de violences policières, pour les personnes mutilées dans les mobilisations.
    Les coupables doivent être sanctionnés, les victimes et leurs familles doivent être dédommagées.
    Il faut en finir avec les mises en détention préventive, libérer les jeunes emprisonnés du fait des manifestations de ces dernières nuits. Toute la responsabilité de ces évènements est, rappelons-le, du côté du pouvoir.
    Il faut rétablir les transports en commun dans les quartiers, refuser toute mise en place d’un état d’urgence ou de couvre-feu. 

    Il faut désarmer la police au contact de la population, immédiatement.
    Et Darmanin doit démissionner.

    Au-delà, il faut de la justice sociale : la colère qui se révèle aujourd’hui est en même temps l’expression d’une révolte bien plus profonde, contre le racisme, contre la pauvreté qui se renforce, notamment du fait de l’inflation, des faibles salaires, de la précarité, des attaques contre l’assurance chômage, de la casse des services publics…
    Soutenir et étendre la révolte
    Qu’on ne s’y trompe pas : si le pouvoir de Macron est plus répressif, il n’est pas leseul dans le monde, et c’est parce que la répression est leur réponse à la crise économique, écologique, sociale et politique dans laquelle nous sommes plongés.

    Le NPA appelle à se mobiliser au côté des jeunes révoltés, à se rassembler devant les mairies, chaque soir, pour exprimer notre colère et nos revendications. Il appelle les organisations du mouvement ouvrier, syndicats, associations, partis, à se réunir  au plus vite pour discuter de comment construire une mobilisation à la hauteur et avec les formes qui permettent de soutenir la révolte en cours, d’obtenir la justice et de lancer la contre-offensive contre le pouvoir antidémocratique de Macron et son gouvernement.

  • Après le meurtre de Nahel : pas de justice, pas de calme !

    Deux jours après la mort du jeune Nahel, tué par un policier lors d’un contrôle routier à Nanterre, la colère est là, et elle s’exprime.

    Colère face à un énième crime raciste commis par la police, qui a heureusement été filmé, sans quoi les mensonges des policiers se seraient, une fois de plus, imposés.

    Colère face à un meurtre qui donne une fois de plus à voir, dans sa version la plus brutale, la violence quotidienne du traitement policier des quartiers populaires et des populations racisées.

    Colère face à un gouvernement qui, tout en étant contraint d’admettre que la version policière ne tient pas, déploie des milliers de flics supplémentaires pour mater la protestation.

    La colère est légitime, qu’elle prenne la forme de rassemblements, de manifestations, de marches blanches ou de révoltes urbaines.

    La révolte est légitime, face à une situation d’oppression qui n’a que trop duré, dans laquelle la relégation sociale et spatiale se combine avec les préjugés et les violences racistes systémiques.

    Refuser l’injonction au « calme » est légitime, lorsque la demande vient de ceux dont les politiques autoritaires, antisociales et discriminatoires brutalisent chaque jour des millions d’entre nous.

    Le meurtre du jeune Nahel n’est pas un accident, contrairement à ce que voudrait faire croire Macron lorsqu’il prétend qu’il s’agit d’un événement « inexplicable ».

    Car l’explication est malheureusement connue : les violences policières, y compris lorsqu’elles vont jusqu’au crime raciste, sont une composante essentielle de la gouvernance autoritaire d’un pouvoir qui considère que la conflictualité sociale se gère par la force.

    Et c’est bien l’impunité favorisée par des lois et des institutions donnant toujours plus de libertés à des policiers qui savent qu’ils seront, sauf rare exception, couverts par leur hiérarchie, qui permet que des meurtres comme celui du jeune Nahel soient commis.   

    Le NPA réaffirme la nécessité de désarmer la police, à l’opposé de ce qu’a fait en 2017 le gouvernement PS en renforçant ses pouvoirs, y compris celui de tuer — les gouvernements suivants n’inversant pas la tendance, bien au contraire.

    Le NPA apporte de nouveau toute sa solidarité à la famille et aux proches de la victime, et son soutien aux familles de victimes de violences policières et aux collectifs luttant pour la justice et la vérité.

    Le NPA demande que les personnes interpellées la nuit dernière lors des manifestations soient immédiatement libérées et que la police qui s’y est déployée se retire des quartiers. 

    Le NPA sera présent lors de la marche blanche organisée ce jeudi à Nanterre, et dans les prochaines initiatives qui seront prises pour exiger justice et vérité pour Nahel et pour toutes les victimes des violences policières.

  • À Marseille, mépris macroniste en grand !

    Alors que Macron se glorifie des résultats du premier acte du plan « Marseille en grand », un certain nombre d’éluEs ont refusé de venir l’écouter. Ils avaient lancé une alerte à Macron, restée lettre morte, parce que la réponse aux besoins sociaux n’est toujours pas là. Plus de 100 000 personnes vivent en danger dans un logement indigne, 40 % des écoles doivent être rénovées, elles sont insalubres, on peut même y trouver rats et cafards ! Dans les quartiers populaires, le taux de chômage est énorme, 47 % des hommes et 55 % des femmes (chiffres Insee), ce sont ces mêmes femmes qui s’organisent pour tisser une solidarité active entre les habitantEs, voire une alternative à une économie parallèle destructrice. Mais ce 26 juin c’est le grand retour du président dans sa « ville de cœur » (!) alors ses annonces sont attendues. 

    Ce premier jour, elles ne sont que sécuritaires, essentiellement contre les quartiers populaires. Aux trois compagnies de CRS déjà sur place est rajoutée en permanence une compagnie de la CRS 8, unité d’élite spécialisée dans la répression des « violences urbaines ». Aux 5 milliards d’euros déjà versés en 2021, essentiellement pour l’augmentation des effectifs et des moyens policiers, c’est un demi-milliard qui va être alloué aux polices judiciaire et scientifique. En parallèle, une task-force interministérielle comprenant les douanes, le fisc, la police judiciaire, la préfecture et l’Urssaf est instituée « pour la lutte contre les caïds » ! Enfin, à la prison des Baumettes 743 nouvelles places vont être créées.

    Aux violences sociales multiples, à l’abandon des populations, c’est la guerre aux pauvres à grande échelle que Macron est venu renforcer et ajouter. Comme à Mayotte, Marseille est un laboratoire de la gestion politico-policière et du mépris des quartiers populaires. Et ce monarque a une fois de plus affichéce mépris total de classe et de genre, assurant à une mère qu’il pouvait, lui, trouver une dizaine d’emplois à son fils rien qu’en faisant le tour du Vieux Port ! Vite, dégageons-le !

    Roseline Vachetta

  • Impérialisme : sommet pour un nouveau pacte financier. Nouveau vraiment ?

    Après 27 conférences mondiales sur le climat (COP), après 6 éditions de One Planet Summit, le dernier-né de la série « après nous le déluge » s’est tenu à Paris sous l’appellation « sommet pour un nouveau pacte financier » les 22 et 23 juin.

    Objectifs affichés de ce « nouveau » sommet : répondre aux besoins financiers des pays en développement pour lutter contre la pauvreté et s’adapter au réchauffement climatique. Oh, que c’est nouveau !

    Les milliards de dollars nécessaires à ces nouvelles politiques ont été dégagés ? La dette des pays pauvres a été annulée ? L’arrêt des subventions aux secteurs polluants a été décidé ? Bien sûr que non ! La foire aux promesses a battu son plein et a confirmé les pays du Nord, premiers pollueurs, en maîtres du monde capitaliste.

    One enfumage Summit !

    Un sommet de plus dans l’hypocrisie des pays riches qui n’ont pris, une fois encore, aucun engagement contraignant.

    La promesse de 2009, faite à Copenhague (COP15), de créer un fonds international de 100 milliards de dollars, par an, d’aide aux pays du Sud a refait surface. Comme celle, prise en 2021, de reverser 100 milliards de dollars supplémentaires issus des « tirages spéciaux », argent tiré des caisses du FMI abondées par les pays riches depuis 1969. Autre affichage : suspendre la dette d’un pays victime de catastrophes dites naturelles. Loin de la nécessaire annulation des dettes des pays en développement, dettes dont les seuls intérêts dépassent leurs budgets santé pour 62 d’entre eux. Ce serait pourtant une mesure de justice envers les pays qui contribuent si peu au basculement du climat et qui en sont les premières victimes. Là, simple annonce de recherche de solutions pour diminuer la charge des dettes.

    Autre mesure envisagée : les Banques multilatérales de développement dont les actions visent « le développement technique et social des pays en développement » et dont les États sont actionnaires, ont annoncé augmenter de 200 milliards de dollars... leurs capacités de prêts (!) aux pays pauvres dans les dix prochaines années. Quelle nouveauté ! Quel cynisme !

    Bien sûr aucun contrôle des flux financiers, poursuite du financement des énergies fossiles (600 milliards/an !), de l’agro-industrie, de la pêche industrielle. Pourtant lors de la crise de 2008 et de la crise covid, de l’argent fut trouvé rapidement pour soutenir les économies mondiales prêtes à s’écrouler. L’argent magique est réservé aux pays qui détiennent les cordons de la bourse et commandent l’avenir de l’humanité. Le reste, c’est du cirque pour faire diversion et détourner les regards. Or, dans le même temps, les résistantEs à la casse du monde, à l’accaparement des biens communs (eau, terres) sont criminaliséEs, gardéEs à vue, embastilléEs voire menacéEs de dissolution. Le sommet à Paris n’est-il pas le signe d’une inquiétude face à la propagation de la résistance grandissante qui se donne les moyens d’entraver la marche capitaliste du monde ? Soulevons-nous pour défendre nos vies !

    Commission nationale écologie

  • Contre Macron et son monde, une alternative anticapitaliste à construire de toute urgence...

    Mobilisations importantes en défense des retraites ou sur le terrain de l’écologie, guerre en Ukraine, crises climatique et économique : ces derniers mois ont vu des évènements importants se dérouler, et des résistances se développer. Mais la situation se dégrade de plus en plus pour les classes populaires.

    Un système qui nous mène à la catastrophe

    Malgré un mouvement massif et unitaire contre la réforme des retraites, le gouvernement est passé en force, grâce en particulier aux outils antidémocratiques que lui donne la Ve République (49-3, 47-1…) ou à la répression policière. En nous faisant travailler deux ans de plus, il s’agit pour les classes dirigeantes de transférer des richesses vers les grandes entreprises. Le pouvoir a aussi considérablement augmenté le budget militaire, qui va passer de 44 à 69 milliards par an d’ici à 2030. 

    Cette logique guerrière s’inscrit dans la période, avec l’offensive de la Russie contre l’Ukraine, avec le blocage des migrantEs en mer qui cause des milliers de mortEs. Une période aussi marquée par les crises économique (récession qui démarre, inflation qui continue) et climatique (sans changement radical, les + 4°C seront atteints en 2100…) qui s’approfondissent.

    Reconstruire l’espoir de transformer la société

    Face à la colère et aux résistances qui se développent, la réponse du gouvernement n’est que répressive : interdiction des manifestations écologistes (contre les bassines à Sainte-Soline et contre le tunnel traversant les Alpes de la ligne TGV Lyon-Turin), dissolution des Soulèvements de la Terre (comme il l’avait fait du Collectif contre l’islamophobie en France en 2020).

    Lorsque les mobilisations échouent, c’est l’extrême droite qui capte la colère, car elle représente le désespoir individuel alors qu’il faut des réponses collectives pour construire une autre société. Ce dont nous avons besoin, c’est de renforcer les luttes qui existent : pour des augmentations de salaires, comme à Disneyland ou à Vertbaudet (où les salariées ont gagné entre 90 et 140 nets mensuels) ; contre les grands projets inutiles et nuisibles qui saccagent l’environnement ; pour l’égalité des droits, en s’opposant à la raciste loi Darmanin, ou comme à l’occasion des marches des fiertés qui, cette année encore, ont rassemblé des dizaines et des dizaines de milliers de personnes.

    Pour une rupture anticapitaliste

    Nous avons besoin d’un plan d’urgence : pour augmenter les salaires et les indexer sur les prix qui flambent, la réduction et le partage du temps de travail, la réquisition des banques et des grandes entreprises de l’énergie pour pouvoir engager une véritable transition écologique, l’ouverture des frontières, l’égalité femmes-hommes, etc. 

    De l’argent, il y en a, par exemple dans les poches des 42 milliardaires français dont la fortune a augmenté de 58 % en deux ans, ou du côté des entreprises du CAC 40, qui ont cumulé 152 milliards de bénéfices l’an dernier !

    Il faut en finir avec Macron et tout le personnel politique qui gère le système et, pour cela, nous devons nous organiser. Nous avons besoin d’un parti unitaire et révolutionnaire, utile aux luttes sociales, pour défendre un projet de société alternatif.

    C’est pour cela que le NPA est à l’initiative, avec d’autres courants, de forums anticapitalistes dont la première étape a lieu à Paris ce 2 juillet. Pour échanger et débattre dans tout le pays dans l'objectif de construire une force de rupture avec le capitalisme. Il faut prendre nos affaires en main, n’hésitez pas à y participer !

  • Le système noie !

    225 000 dollars la place pour voir l’épave du Titanic à 4 000 mètres de fond dans l’Atlantique Nord. Un tourisme d’élite et du risque, accessible seulement à cinq milliardaires à la fois… morts quelques heures après leur départ.

    Dix jours avant cette expédition, un autre naufrage faisait l’actualité : celui des migrantEs venus de Libye pour rejoindre l’Europe, fuyant la faim, la misère et la guerre. Ayant payé une somme exorbitante — pour eux — pour s’entasser sur un rafiot.

    Deux drames traités différemment ! D’un côté, des jours de recherche, 8 navires avec sonar à balayage latéral, robot sous-marin, 1 navire du groupe pétrolier norvégien DOF avec robots sous-marins et 1 avion de reconnaissance C-130. Un défilé d’États rivalisant froidement sur le terrain technologique et scientifique, dont la France avec son robot Victor 6 000.

    De l’autre, rien… Un ballet de bateaux commerciaux, de garde-côtes et de garde-frontières, sans aucun doute moins préoccupés de sauver les 750 passagerEs que de les refouler vers un autre littoral que celui de Grèce. Seuls une centaine ont été retrouvés.

    Si une vie ne vaut pas plus qu’une autre, si les disparuEs de l’Atlantique et de la Méditerranée devaient être sauvés, ce qui ne doit pas l’être, c’est ce monde !

    Ce monde dans lequel les frontières tuent, les passeurs tuent, dans lequel la débauche de moyens techniques est réservée au service des États puissants qui refoulent, emmurent et noient, où la vie d’un enfant syrien ou pakistanais se noie dans un océan d’indifférence !

    Ce monde dans lequel l’enquêteur en chef des garde-côtes américains peut déclarer à propos du sous-marin Titan : « Mon objectif principal est d’empêcher un événement similaire en formulant les recommandations nécessaires pour améliorer la sécurité du secteur maritime dans le monde entier », alors qu’il sait très bien que le submersible défiait toutes les règlementations en vigueur !

    Dans un monde où l’entrepreneur malin, de préférence homme, blanc et riche, a tout pouvoir pour s’affranchir des règles… on régule donc après la catastrophe plutôt qu’avant !

    Deux tragédies, un même monde ! Celui du laisser-faire et de la libre entreprise, celui des frontières et des États impérialistes, « gentils » avec les puissants, « méchants » avec les dominéEs !

  • NPA : « Notre objectif est de construire le cadre d’organisation le plus utile aux exploité·E·s et opprimé·E·s »...

    Quels sont les enjeux de ce forum pour le NPA ?

    Le mouvement social contre le recul de l’âge légal de départ à la retraite vient d’être une nouvelle fois l’occasion de montrer que la question politique dans son sens le plus large reste brûlante : quelle alternative au projet ultra-­libéral et autoritaire de Macron ? En commençant par s’interroger sur comment dénouer la question de l’organisation : quelle force, pour quoi faire et comment ?

    Nous le voyons bien, il y a plus de militantEs et sympathisantEs qui partagent largement et mènent les combats contre ce système « dehors » qu’engagéEs dans le NPA tel qu’il est, il faut donc chercher à construire le cadre adapté pour que touTEs puissent s’y organiser. Pour nous, il n’y a pas de contradiction entre construire aujourd’hui le NPA et penser son dépassement, qui est nécessaire nous en sommes convaincuEs. Notre objectif reste, dans les coordonnées et les possibilités de la situation, de construire le cadre d’organisation le plus utile aux exploitéEs et oppriméEs.

    Ce processus de forums est un outil pour avancer dans ce sens : vérifier les possibilités de construire avec d’autres, actuellement organiséEs ou non, en échangeant et en faisant des tests pratiques autour de campagnes.

    De quel outil politique avons-nous besoin et quelles relations avec la Nupes sont possibles ?

    Les six derniers mois montrent le besoin impérieux d’un outil à la fois radical et unitaire, démocratique et révolutionnaire, un outil qui soit capable d’intervenir et de peser sur tous les champs de la vie politique. Mais aussi un cadre de mise en commun des expériences, de la construction d’une compréhension collective de la situation, d’élaboration de perspectives politiques, de choix de stratégie, d’implantations, d’alliances… Qu’on l’appelle parti ou non, c’est un outil pour faire de la politique, pour articuler la lutte contre l’exploitation capitaliste, contre les oppressions patriarcales, coloniales et racistes, contre le productivisme écocide. Un outil démocratique, avec des règles, des droits et des garanties pour débattre, décider et agir ensemble. Le NPA a une culture organisationnelle issue d’une longue histoire, avec décision à la majorité, droit de tendance, de fractions, pour le meilleur et pour le pire… Nous voulons la confronter à d’autres histoires, à d’autres cultures militantes pour inventer ensemble un fonctionnement à la fois ­émancipateur et efficace.

    Aucune organisation vivante n’existe comme une île isolée. À gauche l’espace politique est occupé par la Nupes, elle-même dominée par La France insoumise, la question des relations avec la Nupes est donc forcément posée. Le NPA a participé à de nombreuses réunions publiques unitaires avec la Nupes en soutien à la mobilisation contre la réforme des retraites. Dans beaucoup de villes, nous nous côtoyons dans des collectifs unitaires… Mais la Nupes est avant tout une alliance électorale, et ce dont nous avons besoin c’est de cadres pour combattre l’extrême droite et la politique de Macron, des cadres à la base, dans les lieux de vie et de travail unissant toutes les forces qu’elles soient politiques, syndicales ou du mouvement social. Ces cadres sont à construire. Nous pensons aussi qu’il y a besoin d’une force indépendante, qui défende une rupture révolutionnaire, c’est pour cela que nous nous engageons dans ce processus de construction d’une alternative politique.

    Comment cette première discussion s’organise-t-elle et quelles sont les perspectives envisagées ?

    Ce dimanche 2 juillet, il s’agit en effet d’un premier rendez-vous national. Quelques trop rares rencontres ont eu lieu localement. L’objectif est vraiment d’enclencher un processus de discussions et de pratiques permettant de tester « en marchant » les possibilités d’un outil politique commun.

    En une (courte) journée, c’est un défi. Dès cette première rencontre, nous voulons que les différentes expériences et cultures militantes trouvent leur place, à égalité, afin que le processus soit celui de celles et ceux qui s’y engagent. Pour cela, les signataires ont construit un déroulement qui partant de la situation, des mobilisations et luttes, de leur contenu et articulations, débouche sur une boîte à outils pour agir, mener des ­campagnes communes.

    Ces campagnes nous sont dictées par les trop nombreuses urgences : contre la répression et l’extrême droite, pour mettre un coup d’arrêt à tous les projets écocides et désarmer les criminels climatiques, contre les profits pour l’échelle mobile des salaires, la réduction massive du temps de travail… Il faudra aussi se donner les moyens de réagir à de nouvelles attaques que le gouvernement ne manquera pas de lancer. Reste à mettre tout ça en musique, à produire du matériel, du contenu... avec la volonté d’être utiles à la mobilisation du plus grand nombre et à l’auto-organisation.

    L’autre aspect, mais qui est lié, c’est la construction dans le plus grand nombre de lieux possible, de forums locaux, à l’échelle qui permet le mieux de débattre et d’agir ensemble, de débattre pour agir, mais aussi, en agissant ensemble, d’enrichir nos débats. Sur cette base, nous tiendrons une nouvelle rencontre à l’automne.

    Christine Poupin

  • Ensemble ! : « Il est nécessaire de construire une convergence des forces de gauche et de l’écologie politique »...

    Dans la situation sociale et politique que nous connaissons tous, quels sont les enjeux de ce forum ?

    Dans son Assemblée générale de novembre 2022, le mouvement ENSEMBLE ! s’est très clairement posé la question d’une recomposition politique globale et de son propre « dépassement ». Le monde capitaliste et ses modes de domination sont de plus en plus violents, avec des États ouvertement antidémocratiques, le surgissement de nouvelles formes d’impérialismes, l’exacerbation des guerres à nos portes, la tentation d’extrême droite ou fascisante comme mode de gouvernement.

    Dans ce contexte, le mouvement ouvrier connait de multiples évolutions qui bousculent nos réflexions : le travail surexploité et morcelé, la révolution féministe mondiale (accélérée par #MeToo), l’antiracisme, le refus des discriminations et l’aspiration à des droits universels, le défi écolo-climatique comme enjeu de civilisation face à des décennies d’économie extractiviste et destructrice du monde vivant. Le syndicalisme est obligé de se remettre en question.

    Les courants historiques de la gauche et de l’écologie politique antilibérales sont traversés d’interrogations, de remises en cause et de crises internes, auxquelles les courants anticapitalistes n’échappent pas. Dans quel monde vivons-nous ? Comment repenser et redéfinir l’objectif révolutionnaire et autogestionnaire aujourd’hui ? Il est nécessaire de se poser ces questions et d’organiser ­collectivement une réflexion stratégique

    De quel outil politique avons-nous besoin ?

    Comme militantes et militants engagéEs politiquement, nous apprenons d’abord de l’action collective. Nous devons participer sans vision avant-gardiste à la construction commune des outils de lutte, syndicaux, associatifs ou citoyens. Les luttes sont en elles-mêmes très politiques, au sens fort. La participation à l’action est un ferment de débats, d’idées, d’inventions dans les modes de participation (assemblées), avec une exigence démocratique forte. Comme militantEs visant l’émancipation collective, nous portons des propositions à partager, autour de campagnes d’action. Par exemple : contre la loi Darmanin qui se prépare, agir sur la question de la santé (PLFFS), faire avancer une sécurité sociale de l’alimentation, renforcer le salaire socialisé. Mais aussi pour mettre à l’ordre du jour des exigences radicales : obtenir la gratuité des transports collectifs contre le tout « voiture », désobéir aux directives européennes qui menacent le fret ferroviaire (avec la complicité du gouvernement), construire des alternatives radicales indispensables à une écologie de rupture, agir pour une agriculture paysanne respectueuse des cycles de vie, de la biodiversité, avec des circuits courts autour des métropoles et la défense des terres fertiles.

    Notre participation commune aux luttes et aux outils des luttes et nos exigences radicales doivent trouver une expression politique et un processus de construction de nouvelle force politique de gauche alternative.

    Quels rapports avec les autres forces, quelles relations avec la Nupes sont possibles selon vous ?

    Face à la droite, autoritaire et néolibérale, flanquée d’une menace néofasciste aux portes du pouvoir, il est absolument nécessaire de construire une convergence des forces de gauche et de l’écologie politique. La création de la Nupes, sous l’impulsion de LFI, est un élément positif même si nous avons une appréciation critique. Son échec ouvrirait un boulevard à l’extrême droite. Nous avons, avec d’autres forces, proposé d’en faire partie intégrante, pour démultiplier des assemblées populaires citoyennes sur tout le territoire. La Nupes ne doit pas se réduire à un accord électoral ou à l’action parlementaire. Les forces de la gauche de résistance doivent se transformer en forces de l’alternative, pour convaincre l’électorat abstentionniste, remobiliser de manière pluraliste et dynamique, construire du commun avec toutes les luttes. Dans la Nupes, les réflexes d’appareil menacent. Mais nous sommes concernéEs par les enjeux. Nous devons agir. C’est avec ce projet partagé que nous pouvons aussi chercher le dialogue et la construction commune avec d’autres organisations en phase avec cet objectif, tout en produisant aussi nos propres perspectives.

    Ainsi, construire une nouvelle force politique de gauche alternative, impliquée dans les enjeux nationaux, mais capable d’attirer des énergies nouvelles dans le monde du travail et les mobilisations, est un objectif complémentaire du rassemblement des forces politiques et sociales.

    Florence Ciaravola, Jean-Claude Mamet

  • Rejoignons-Nous : « On a besoin d’une organisation collective, démocratique, conviviale et polyvalente »...

    Dans la situation sociale et politique que nous connaissons touTEs, quels sont selon vous les enjeux de ce forum ?

    Béa Whitaker : La dissolution des Soulèvements de la Terre, après celle du CCIF, le passage en force face au mouvement social contre la réforme des retraites, les politiques de plus en plus racistes… montrent bien l’urgence de s’organiser pour faire front contre l’autoritarisme du gouvernement et la fascisation en cours, mais aussi pour élaborer un projet politique nouveau, révolutionnaire, démocratique, internationaliste et pluraliste, porteur d’une alternative globale.

    Pour Rejoignons-nous, cela passe nécessairement par une nouvelle organisation politique pour donner une nouvelle impulsion. Cela fait trois ans que l’on fait des propositions à ce sujet et les choses avancent. Les discussions, notamment avec le NPA, sont très positives, et nous sommes très heureux de voir que l’annonce du forum a également rencontré un écho auprès de celles et ceux qui ne sont à l’heure actuelle dans aucun parti politique.

    Pour nous, l’enjeu du forum, c’est d’abord de donner envie au plus de militantEs possible, notamment des quartiers populaires et de la nouvelle génération de mouvements sociaux écologistes, féministes et antiracistes, d’entrer dans la discussion, la construction, aux niveaux local et national. Car s’il faut rassembler les militantEs issus des organisations politiques de la gauche radicale et anticapitaliste, c’est aujourd’hui en dehors des partis que se trouvent les forces vives dont nous avons besoin pour changer les choses. Faisons passer le message à toutEs celles et ceux qui voient bien que ce système mène à notre perte : nous pouvons construire ensemble un nouvel outil politique, utile, puissant, enthousiasmant aussi. La porte est grande ouverte : rejoignons-nous dès maintenant pour le faire !

    De quel outil politique avons-nous besoin ?

    Fabien Marcot : Finalement, la question de fond est : « À quoi sert une organisation politique aujourd’hui ? ». On a besoin d’une nouvelle organisation utile pour intervenir dans le débat public, les luttes et le champ politique de manière coordonnée, mais aussi et d’abord utile dans la vie de tous les jours. Une organisation qui nous permette de nous défendre, d’apprendre les unEs des autres, de prendre des décisions et agir sur le terrain. Pas un mouvement gazeux et vertical, ni un simple réseau de collectifs militants, mais une organisation véritablement collective, démocratique, conviviale et polyvalente, construite à égalité par toutes et tous ses membres.

    Dans notre « Manifeste pour une nouvelle organisation politique révolutionnaire, démocratique et pluraliste »1, nous avons fait une série de propositions. Pour résumer, nous ne voulons pas de ce qui fait l’échec et le rejet légitime des partis politiques existants : électoralisme, opportunisme, caporalisme, manque de démocratie, sectarisme, déconnexion des quartiers populaires et des réalités quotidiennes du travail, mépris des initiatives antiracistes et féministes et des expériences autogestionnaires. De manière générale, il faut trouver les mécanismes capables d’éviter en interne la reproduction des schémas de domination que l’on peut retrouver dans la société : sexisme, racisme, validisme, division inégalitaire des activités militantes… Cette organisation devra être pluraliste et unitaire et articuler toutes les dimensions de la lutte sociale et politique : solidarité concrète, autodéfense et autogestion, grèves et occupations, batailles idéologiques et institutionnelles, formation et intervention médiatique, débats stratégiques, en menant les combats aux niveaux local, national et international. Elle devra à la fois avoir une colonne vertébrale idéologique forte et se rendre perméable aux cultures politiques qui ne sont pas issues de l’histoire traditionnelle de la gauche radicale et révolutionnaire. C’est peut-être là que se situe l’enjeu principal : nous avons besoin d’une organisation du « mouvement réel », pas d’un club privé de convaincuEs.

    Après le forum de dimanche à Paris, quelles perspectives pour continuer ?

    Alexis Cukier : Ce sera aux participantEs du forum d’en discuter, de proposer des discussions politiques et des campagnes prioritaires. Nous proposerons, avec les autres composantes et militantEs impliquéEs dans la préparation, une méthode : que le forum national fasse des propositions qui soient discutées, précisées, complétées en septembre dans des forums locaux partout où des militantEs et habitantEs veulent participer au processus. Pour Rejoignons-nous, le travail pourrait porter sur deux axes : la réflexion autour de l’organisation politique que nous voulons construire et les actions concrètes et utiles pour développer des pratiques communes. Par exemple, pour nous un des rôles d’une organisation politique est de montrer la cohérence et la transversalité entre les luttes. On pourrait élaborer par exemple des campagnes autour de « Travail, écologie, féminisme », qui portent ensemble les pratiques et propositions de réduction du temps de travail, décarbonation de l’économie, décision démocratique sur les besoins, partage des activités socialement nécessaires...

    Cela impliquerait d’abord de réfléchir à ce que veut dire « une campagne » : comment on l’élabore, comment on la fait vivre partout, comment on trouve les mots, les formats, les outils pour convaincre et permettre à chacunE de s’impliquer. Bref, les perspectives, ce n’est pas ce qui manque ! Le chantier est énorme mais tout aussi nécessaire et enthousiasmant !

    Alexis Cukier, Béa Whitaker, Fabien Marcot