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Actualités nationales... - Page 9

  • Le combat indispensable de la revue +972 Magazine...

    Magazine +972 : https://www.972mag.com/

    Depuis une quinzaine d’années, la revue en ligne +972 (le code téléphonique international d’Israël) s’est donnée pour but de « promouvoir un journalisme indépendant » associant « des journalistes israéliens et palestiniens engagés dans la lutte contre l’apartheid et pour la démocratie, l’égalité, la justice et la liberté de l’information et de la presse ». 

    Elle est publiée en anglais, avec un second site en hébreu, Local Call. Elle présente un suivi précieux de l’actualité israélo-palestinienne, des rapports d’enquête particulièrement fouillés, des analyses et commentaires. Informant à contre-­courant de la propagande gouvernementale relayée par la majorité des médias, elle s’est d’autant plus attachée à maintenir la rigueur et la « crédibilité journalistique » de ses articles, gagnant de ce fait une véritable reconnaissance internationale. Ainsi, en 2024, +972 et Locall Call ont reçu un titre honorifique décerné par la Vrije Universiteit Brussel (VUB) et l’Université libre de Bruxelles (ULB) — à l’occasion de leur « Difference Day », qui marque la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai — pour la qualité du travail d’information réalisé dans des conditions dangereuses.

    Informer par temps de multiples guerres peut effectivement être dangereux. De même que Haaretz, +972 a réussi à maintenir des liens avec des correspondantEs à Gaza, documentant le génocide et les terribles conditions de survie dans lesquelles le régime israélien a plongé la population. Des correspondantEs qui peuvent devenir la cible des assassinats extrajudiciaires dont l’armée israélienne est coutumière — elle qui protège aussi en Cisjordanie les colons suprémacistes juifs. En Israël même, défendre les PalestinienNEs provoque un ostracisme social et des menaces croissantes. Le prix reçu en Belgique à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse est bien mérité !

    Comment maintenir vivante la solidarité judéo-arabe après les 7 et 8 octobre 2024 ? Cela n’avait rien d’évident, et +972 aborde de front cette question. Elle a réussi à traverser l’épreuve, en faisant du journalisme indépendant une raison impérative de cimenter ce lien solidaire. Elle reste ainsi pour nous une source irremplaçable d’information et de réflexion critique — à l’inverse de ce que serait une simple « contre-propagande ». Que les équipes éditoriales de +972 et de Local Call en soient remerciées.

    Pierre Rousset

  • EPR, le « nouveau nucléaire » de Macron au pied du mur...

    Le 21 décembre, EDF annonçait « un évènement historique pour toute la filière nucléaire » : le réacteur EPR de Flamanville « produit ses premiers électrons sur le réseau électrique national ». Mais dans les faits, il consomme plus qu’il ne produit. 

    En début d’essais, avec des phases d’arrêt et de redémarrage, rien d’anormal. Mais les anomalies de fonctionnement s’enchaînent. À ce stade du programme, l’EPR devrait pouvoir atteindre 25 % de sa puissance et non 3 % comme c’est le cas… quand il fonctionne 1. Car depuis le 24 janvier, il est à nouveau à l’arrêt au moins jusqu’au 2 février. Et même à l’arrêt, il pompe en continu autant d’électricité que 70 000 radiateurs de 1 000 W. Subissant le forcing de Macron pour le « nouveau nucléaire », EDF a mis en place le système ONE Fla3 pour « faciliter la transition vers l’exploitation »

    Le personnel du site frôle le burn-out, pris en étau entre les injonctions de la hiérarchie et les difficultés techniques. Des vibrations dues à une mauvaise conception de la cuve (l’énorme cocotte-minute qui contient le cœur du réacteur) perturbent le fonctionnement. L’acier de la cuve étant par ailleurs défectueux, les ingénieurs doutent que l’EPR puisse fonctionner un jour à pleine puissance2. Pour rompre la loi du silence, la CRIIRAD, organisme indépendant, a demandé des éclaircissements à l’Autorité de sûreté (ASNR)3.

    Fiasco industriel et banqueroute économique

    La Cour des comptes4 affirme que l’EPR sera déficitaire, avec un coût revu à la hausse : 23,7 milliards d’euros (7 fois le coût initial et 12 ans de retard). Quant aux trois paires de réacteurs EPR2 (à Penly, Gravelines et au Bugey), leur coût pourrait « dépasser les 100 milliards d’euros », soit 250 milliards au total pour les 14 EPR2 rêvés par Macron. Pour éviter la faillite d’EDF, sa branche nucléaire a été étatisée en juin 2023 ; ces projets fous ne peuvent qu’aggraver la politique d’austérité du gouvernement Bayrou.

    Encore au stade de projet, la mise en service de la première paire d’EPR2 a été repoussée à 2044. Sans budget de l’État, EDF a différé les travaux préparatoires sur les trois sites. Dans le contexte de désindustrialisation du pays, la direction EDF est la première à douter de la viabilité des objectifs macronistes.

    Écosocialisme ou barbarie

    Imposer à marche forcée une énergie dangereuse, qui plus est fiasco industriel, ne s’explique que par une politique entièrement au service du conglomérat nucléaro-industriel. Les groupes capitalistes de la filière se gavent de fonds publics au mépris des besoins réels de la population, en faisant fi de tout débat démocratique.

    Pétrolière à la Trump ou nucléaire à la Macron, leur politique énergétique correspond au modèle de société qu’ils défendent, prédatrice et inégalitaire. L’obsession de croissance sans fin du capitalisme nous conduit à une catastrophe sociale et écologique sans précédent. Le dogme extractiviste lié aux énergies fossiles ou fissiles doit céder la place au principe de sobriété-efficacité et aux énergies renouvelables. Se donner les moyens de lutte pour cette alternative écosocialiste sera au cœur des prochaines mobilisations, notamment Les Résistantes 2025, début août en Normandie.

    Commission nationale écologie

    • 1. Source RTE.
    • 2. L’Anticapitaliste n° 711, Blast-Info 15 janvier 2025.
    • 3. CRIIRAD 22 janvier 2025.
    • 4. Rapport du 14 janvier 2025.
  • En route pour la mobilisation du 22 mars contre le racisme et le fascisme !

    Les 25 et 26 janvier a eu lieu à Paris le week-end d’assemblée de la Marche des Solidarités, avec la participation de plus de 200 personnes notamment membres de la coordination nationale des mineurEs isoléEs.

    Venues d’une dizaine de villes (Rennes, Lille, Rouen, Grenoble, Clermont-Ferrand, Besançon, Saint-Brieuc, Marseille, Toulouse, Poitiers, Lyon, Montpellier), les militantEs se sont réuniEs dans une séance plénière sur la loi Darmanin et la circulaire Retailleau en posant la question : « Faut-il parler de racisme d’État ? Si oui, quelles sont les implications ­politiques pour imposer un rapport de forces ? » 

    Santé, logement, papiers…

    Ensuite, les collectifs de lutte ont animé des ateliers sur les thèmes « Papiers, régularisations » animé par les collectifs de sans-papiers, « Lutte des mineurEs isoléEs, coordination nationale des collectifs » animé par les jeunes du parc de Belleville, « Lutte pour un logement » animé par le collectif Combat Hébergement 93 et « Sur les luttes dans le secteur de la santé » animé par les jeunes du parc de Belleville. Une soirée festive a été organisée aux Amarres en soutien aux mineurEs isoléEs en lutte avec des concerts et des prises de parole.

    Le dimanche a permis de faire un bilan des ateliers et de discuter des perspectives d’actions puis de faire un point sur la situation internationale et la progression du danger fasciste en Europe (quand il n’est pas déjà au pouvoir comme en Italie) avec l’intervention à distance de camarades d’Italie, d’Espagne, d’Allemagne et du Royaume-Uni.

    Régularisation

    Le week-end s’est achevé par la lecture d’un communiqué unitaire en préparation des mobilisations du samedi 22 mars contre le racisme et contre le fascisme. Le communiqué appelle notamment à développer et élargir la mobilisation, notamment dans la jeunesse, aux côtés des collectifs de mineurEs isoléEs en lutte, à organiser des occupations et aider à la création de nouveaux collectifs ; à construire la lutte au côté des collectifs de sans-papiers contre la loi Darmanin et la circulaire Retailleau ; préparer avec les collectifs, réseaux, syndicats, associations, foyers de travailleurs immigrés, lieux culturels et artistiques, les conditions d’une vague de luttes combinant tous les répertoires d’actions (grèves, occupations, luttes dans les écoles, hôpitaux, universités...) pour obtenir les régularisations collectives, l’hébergement inconditionnel des sans-abris et la reconnaissance des droits pour les mineurEs ; organiser des manifestations unitaires partout en France le 22 mars prochain.

    Le NPA-l’Anticapitaliste contribuera à construire la lutte pour la solidarité des sans-papiers et des mineurEs isoléEs ! Égaux, égales, personne n’est illégalE !

    Le NPA-l’Anticapitaliste dénonce aussi les intimidations racistes de l’extrême droite, comme celle du parti fasciste Reconquête le samedi 25 janvier devant la Gaîté Lyrique, et renouvelle son soutien inconditionnel à la lutte du collectif des jeunes du parc de Belleville, occupant le lieu depuis le 10 décembre dernier.

    CorrespondantEs

  • Inondations à Rennes, la faute à la météo ?

    Depuis plusieurs jours Rennes et sa région connaissent un épisode pluvieux inédit et intense entraînant des crues des cours d’eau sans précédent depuis des décennies.

    Plusieurs rues proches du canal d’Ille-et-Rance ont été sérieusement touchées, et des centaines d’habitantEs ont été évacuéEs dans des centres d’hébergement de la Croix-Rouge. Guipry-Messac est également sous les eaux avec une crue record, et Redon va recevoir l’onde de crue de l’ensemble du bassin versant d’ici la fin de semaine. Le NPA Rennes exprime bien évidemment toute sa solidarité envers ces personnes sinistrées et salue l’engagement du SDIS 35 et de tous les personnels mobilisés pour répondre à cette catastrophe… « naturelle » ? Pas tout à fait.

    Urbanisation galopante en zones inondables

    Rennes connaît depuis quelques années maintenant une urbanisation galopante. Il ne fallait pas être grand clerc pour supposer que certains terrains seraient largement submersibles aux premières fortes pluies. Aux abords des prairies Saint-Martin, dans le quartier de Confluence… les nouveaux immeubles fleurissent et les grues sont toujours en activité.

    Avec 10 000 habitantEs en plus depuis 2015, dû à une hausse du solde naturel mais surtout à une arrivée massive d’habitantEs en lien étroit avec la ligne de train à grande vitesse, la municipalité construit à tout-va. Le Plan local de l’habitat en cours prévoit de livrer 30 000 logements supplémentaires pour la période 2023-2028, dont plus de la moitié dans le cœur de la métropole. Ce sont 188 hectares qui ont été artificialisés entre 2011 et 2017.

    La topographie de la ville ne laissant que peu de choix, les constructions se font donc en pleines zones inondables en proximité de la Vilaine ou des canaux. Des besoins fonciers qui font le bonheur des promoteurs immobiliers de la région (Giboire) et des entreprises du monde du béton (Lafarge).

    Destruction du bocage

    Une artificialisation des terres et une bétonisation qui est par ailleurs largement soutenue par la municipalité et par Rennes Métropole à travers ses projets de la Prévalaye, de Via Silva ou encore d’extension, voire de construction d’un nouveau stade de foot. Avec la destruction de ces terres arables, de ces haies, de ces petits hectares de bocage en ceinture de la métropole, c’est tout un écosystème permettant de retenir les eaux pluviales qui est détruit chaque année par l’équipe municipale et les promoteurs.

    Facture payée par les plus pauvres

    Des épisodes climatiques inédits de ce type se multiplieront ces prochaines années face à l’inaction politique et la fuite en avant du capitalisme et des gouvernements à son service. En 2020, l’Agence européenne pour l’environnement annonçait déjà : « Dans ce scénario le plus optimiste, sur la côte ouest en France, les risques d’inondations seront près de 200 fois plus importants qu’en 2010 ». Et à Rennes, comme partout dans le monde, la facture est payée par les populations les plus vulnérables tandis que promoteurs immobiliers, entreprises du béton et compagnies d’assurances s’enrichissent sur ces crises.

    Les inondations de Rennes ne sont pas « la faute à pas de chance », elles sont le résultat de l’aménagement capitaliste des espaces. L’aménagement doit être pensé en fonction de l’environnement et non plus des profits. Pour réduire les inondations, il est aussi essentiel de limiter au maximum le réchauffement climatique par une décroissance écosocialiste de la production. Tout Rennes coule ? À nous d’inonder le système capitaliste !

    NPA Rennes

  • Notre budget, c’est le 100 % Sécu...

    Les commentateurs ont cru un temps Bayrou sous la coupe du PS — ce qui changeait de Barnier sous la coupe du RN. Non sans inquiétude pour les macronistes qui trouvait le prix de la stabilité politique presque exorbitant… 

    Pierre Cazeneuve, député Renaissance des Hauts-de-Seine, taquin, ne disait-il pas, dans le Monde : « Un accord avec les socialistes, ça coûte toujours un peu d’argent ». Il est vrai qu’à l’heure des économies nécessaires, les quelques concessions de Bayrou, comme la non-suppression des 4 000 postes dans l’Éducation nationale ou la rallonge sur l’Ondam (Objectif national de dépenses de l’Assurance maladie) porté à + 3,3 % contre + 2,8 % précédemment, ont fait transpirer éluEs et ministres. Bayrou est apparu grand prince à peu de frais en balayant les propositions de taxation des pensions de retraite au-dessus de 2 000 euros et les 7 heures de travail gratuites. 

    Le budget de la Sécurité sociale

    La commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale examine ces jours-ci le budget de la sécurité sociale avant qu’il ne passe à partir du 3 février devant les députéEs. Barnier prévoyait un « trou » de la Sécu de 16 milliards d’euros en 2025 quand le gouvernement Bayrou vise un déficit d’environ 23 milliards d’euros. 

    Rien n’est simple, car les recettes de la Sécurité sociale (santé, travail et famille) dépendent largement de l’emploi. Même s’il est question de revoir à la baisse les exonérations de cotisations patronales, il n’est pas à l’ordre du jour de changer la « politique de l’offre » en vigueur depuis sept ans — c’est-à-dire les cadeaux aux riches, que ce soit sous forme de déductions d’impôts ou d’exonérations de cotisations sociales (deux budgets bien différents) —supposée « ruisseler »…

    Un ruissellement de chômage

    En guise de ruissellement, le dérèglement climatique nous apporte régulièrement son lot d’inondations et de dévastation, mais pour le reste… il s’agit plutôt d’un fiasco. Borne, Attal et Le Maire avaient manifestement surestimé le taux de croissance et donc les recettes en 2023 et 2024. Or aujourd’hui, non seulement le taux de croissance est de 0,9 %, mais surtout la hausse du nombre de demandeurEs d’emploi est la plus élevée depuis dix ans au quatrième trimestre 2024 (+ 3,9 %). Et quand le chômage monte, les cotisations sociales baissent, donc le déficit de la Sécu augmente. Preuve s’il en était besoin que la politique de l’offre n’a pas d’effet. 

    Et les inégalités continuent de s’aggraver. Alors que le taux de chômage avoisine les 7,5 % de la population active, l’indemnisation chute de – 0,6 %. « Ne sont indemnisés que 40,6 % des inscrits à France Travail ! », dénonce la CGT. C’est une des conséquences des réformes catastrophiques de l’assurance chômage.

    La hausse du chômage chez les moins de 25 ans est de + 8,5 % au dernier trimestre alors même que l’État dépense 24 milliards d’euros en cadeaux aux entreprises. Et elles ne sont pas près d’y renoncer…

    Côté santé

    Même combat, quand le chômage monte, il y a moins de cotisations sociales pour notre « sécu », laquelle reste très efficace en matière de soins et le serait encore plus si l’ensemble du secteur était moins financiarisé… L’UFC-Que Choisir pointe dans une étude du 28 janvier que les frais de gestion des complémentaires santé sont particulièrement élevés, de l’ordre de 20 euros pour 100 euros de cotisations, alors qu’ils atteignent à peine 4 euros pour la Sécurité sociale. Efficace, on vous dit !

    En matière de santé publique, le 100 % Sécu permettrait l’accès aux soins de toutes et tous. Mais évidemment, un tel service  n’est pas au goût des capitalistes. Depuis 2018, les complémentaires santé ont d’ailleurs augmenté leur tarif de 40 %, tout en baissant la part de leur remboursement, s’indigne l’UFC-Que Choisir… Démanteler la sécu pour l’offrir au marché ! Un vieux rêve.

    Alors, motion de censure ou pas, stabilité ou pas… le compte n’y est pas. L’austérité ne sera certainement pas pour les grandes fortunes qui n’ont fait que s’enrichir sous Macron. Les hôpitaux, l’école et les services publics continueront de faire avec des bouts de ficelle. 

    Bayrou s’est mis sous la coupe de Retailleau, lequel n’a rien à envier à Ciotti et Le Pen. Ce qu’il risque de perdre côté PS, Bayrou veut le regagner côté RN. À ce jeu, il pourrait tout perdre. Tout ça pour continuer la politique de la bourgeoisie « de l’offre ».

    Il est temps que tous ensemble, travailleurEs et chômeurEs, jeunes et moins jeunes, immigréEs ou pas, nous leur rappelions la limite et que nous imposions nos propres règles pour produire écologiquement, utilement et gagner la justice sociale. Il est temps que la société tout entière définisse des règles et dans l’intérêt général sur le modèle du 100 % Sécu. Seul le monde du travail, uni et conscient de ses intérêts, peut le faire…

    Fabienne Dolet

  • Trump et la menace fasciste mondiale...

    L’arrivée de Trump au pouvoir nous montre le danger mortel que l’extrême droite fait courir à l’humanité, aux classes populaires en particulier.

    Le refus de l’écologie

    Trump a répété en boucle son slogan « Drill, baby, drill » (fore, bébé, fore) pour montrer sa volonté de multiplier les forages de pétrole et de gaz de schiste, au mépris du changement climatique. Une de ses premières décisions a également été de faire sortir les États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat, pourtant peu contraignant en matière de limitation de l’émission de gaz à effet de serre.

    Les politiques guerrières

    Trump prétend vouloir la paix. En réalité, la courte trêve à Gaza s’accompagne d’une multiplication des occupations illégales de colons israéliens en Cisjordanie. Trump a d’ailleurs proposé de déporter les Gazaoui·es en Égypte ou en Jordanie, et fait reprendre les livraisons de bombes d’une tonne à Israël.

    Il a suspendu les aides versées par les USA aux ONG ukrainiennes, menaçant ainsi concrètement les conditions de vie et la survie d’une large partie de la population supportant les attaques de l’armée russe depuis bientôt trois ans. 

    De plus, l’augmentation à 25 % des droits de douane sur les produits importés de Chine ou de Mexique renforce la concurrence internationale, qui se terminera tôt ou tard par des affrontements militaires. Dans cette optique, Trump a proposé d’annexer le Canada et le Groenland.

    Les politiques antisociales et racistes

    Trump a déjà annulé des dizaines de réglementations relevant du droit du travail, remplacé les inspecteurs généraux chargés de faire appliquer le droit par des partisans de sa politique, et supprimé les agents fédéraux chargés de la diversité, l’équité et l’inclusion. Il a également renforcé son offensive transphobe, invalidant leur état-civil ou menaçant la vie des personnes trans incarcérées.

    Ce à quoi il faut ajouter l’expulsion de migrant·es, qui a déjà commencé et le projet d’en « déporter » des centaines de milliers.

    Les liens avec les fascistes

    Elon Musk, le président de X et Tesla, son nouveau ministre de « l’efficacité gouvernementale » a clairement réalisé un salut nazi lors de la cérémonie d’investiture de Trump et est allé soutenir l’organisation fasciste allemande AfD.

    Même si le gouvernement américain n’a pas encore basculé dans un régime fasciste, le projet politique de Trump et de ses alliés ne fait pas de doute. 

    Quelles conséquences ?

    L’arrivée au pouvoir aux États-Unis d’un tel personnage ne doit pas être prise à la légère. C’est un encouragement pour toutes les organisations et les dirigeants d’extrême droite, comme Netanyahou en Israël, Milei en Argentine, l’AfD en Allemagne ou Bardella en France. Cela donne confiance à Le Pen et à l’italienne Meloni. Trump a été félicité par Poutine, il est possible que de tels dirigeants s’accordent, temporairement, pour se répartir le monde et coordonner des attaques contre les classes populaires.

    Pour les classes populaires, il faut à tout prix s’opposer à ce que les dirigeant·es d’extrême droite prennent le pouvoir. En France en particulier, nous sommes menacé·es par le même type de dangers, qui sont liés à l’actuelle crise profonde du capitalisme. L’unité de la gauche et du mouvement ouvrier est une nécessité pour y faire face.

  • Bardella appelle à l’internationale fasciste en écho à Trump...

    Le 21 janvier 2025 marque un bouleversement des rapports de forces internationaux avec l’investiture de Donald Trump au pouvoir de la première puissance économique mondiale.

    Ces premiers jours de mandat ont donné le triste spectacle de toutes les mesures les plus suprémacistes et réactionnaires : décret anti LGBT, expulsions de personnes étrangères du territoire, appel aux licenciements des fonctionnaires chargés de promouvoir la diversité, purge réactionnaire des sites gouvernementaux, transfert des femmes trans incarcérées vers des prisons pour hommes, attaque du droit du sol, sortie de l’Accord de Paris, etc.

    Le salut nazi minimisé

    Son investiture a surtout été marquée par le salut nazi d’Elon Musk, multimilliardaire, futur ministre de Trump. Par ce geste, Musk a permis de montrer la perspective d’une nouvelle ère fasciste mondiale et la toute-puissance des idées d’extrême droite. Les réactions ont été à l’image de la période : pleine de cette confusion qui ne fait que nourrir l’extrême droite. C’est le cas en France où l’extrême droite, la droite et même une partie de la « gauche » y ont vu « un salut romain », un geste « polémique » ou « maladroit » lié au syndrome du trouble autistique d’Elon Musk…

    Par cette confusion, l’extrême droite gagne sur tous les fronts, comme l’a très bien expliqué Johann Chapoutot invité sur une chaîne de télévision la semaine de l’investiture. Selon lui, la confusion a permis à l’extrême droite de continuer à attaquer tout ce qu’ils combattent : « la bien-pensance, les droits de l’homme, la gauche, les wokistes, qui s’indigneraient faussement », mais il a aussi rappelé que ce geste ne fait aucun doute sur sa nature : c’est un salut nazi.

    Les fascistes du monde entier ont d’ailleurs très bien compris sa portée, comme Andrew Tate « influenceur d’extrême droite » qui prône aujourd’hui l’utilisation normalisée de ce « salut » ou les exclamations de joie sur les réseaux de nombreux néonazis affichés : « On est de retour ».

    L’investiture de Trump reprise par Bardella

    Cet appel qu’ont lancé les États-Unis par cette investiture qui, à bien des égards, fait penser aux premiers jours de Mussolini au pouvoir, a reçu un écho particulier au sein du Rassemblement national et chez son président galvanisé, Jordan Bardella.

    On n’aura jamais autant vu Bardella au Parlement européen que depuis l’élection de Trump ! Lui qui s’est brillamment illustré par son absence dans tous ces mandats de députéEs européenNEs se sert depuis quelques jours du Parlement comme d’une tribune pour appeler à l’internationale fasciste. Le discours qu’il y a tenu le 21 janvier est très éclairant là-dessus.

    Le député européen y marque son plein accord avec les ambitions souverainistes de Trump, « l’Amérique d’abord ». Il la justifie par le fait que le peuple américain serait « livré depuis trop longtemps à un mondialisme sauvage et à l’immigration de masse ». Il fantasme un peuple « qui aspire à retrouver sa fierté, culture, et son identité ».

    Mythe de la civilisation blanche européenne

    Tout cela n’est évidemment que prétexte au parallèle avec l’Europe et la France, afin d’y développer ses idées fascistes de manière encore plus décomplexée.

    « À l’heure du retour en force des Nations sur la scène mondiale, de la saine réappropriation de la politique par les peuples, l’Amérique de Trump lance en réalité à la France et à toutes les Nations d’Europe, le défi de la puissance ». Entre populisme, nationalisme et masculinisme exaltant la « puissance », il précise le projet politique de régénération d’une communauté, ici le mythe de la civilisation blanche européenne.

    Avec ce discours, Bardella coche les cases d’une définition presque parfaite du fascisme. Pour lui, un basculement idéologique et politique est en cours, il appelle les pays européens à suivre la même trajectoire que les États-Unis : « L’Europe est aujourd'hui à la croisée des chemins. [...] Réagissons, ou bien nous sortirons de l’Histoire ». « Subtile » référence raciste au grand remplacement et aux autres complots de domination par des populations considérées comme exogènes à la nation blanche.

    La victoire de Trump est donc pour nous aussi une mise en garde. Cette offensive dans le discours du Président du plus gros parti d’extrême droite en France doit être prise avec sérieux et gravité. Elle doit mener à l’action la plus large possible pour résister face à l’extrême droite qui ne rêve que d’une chose : prendre le pouvoir par la résignation d’une partie de la population et par la répression de toute opposition politique. C’est en ce sens qu’aujourd’hui Angela Davis le rappelle « contre le fascisme, l’espoir est une exigence absolue ».

    LM et Manon Boltansky

  • Grand froid : 330 000 personnes à la rue, dont 2 000 enfants...

    Le plan Grand Froid peut être déclaré entre le 1er novembre et le 31 mars. Ce dispositif intergouvernemental est activé à la suite d’une alerte « vigilance grand froid » de Météo France, après deux jours de températures négatives, sans prévision d’amélioration immédiate. Cette alerte a été faite depuis le 12 janvier, dans 34 départements à ce jour. Le plan Grand froid est donc en cours.

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  • Un vrai statut pour les AESH !

    Le 16 janvier, les assistantes d’élèves en situation de handicap (AESH) ont appelé à la mobilisation, notamment par la grève. Un rassemblement s’est tenu près de l’Assemblée nationale pour rappeler le rôle indispensable des invisibiliséEs des écoles et établissements scolaires et pour une réelle politique d’inclusion. 

    Le lieu du rassemblement était lié à l’examen d’une proposition de loi des parlementaires visant à créer un corps de fonctionnaires pour les AESH.

    L’Éducation nationale manque d’AESH et nombre d’enfants handicapéEs ne sont pas accompagnéEs humainement et pour certainEs excluEs de l’Éducation nationale et privéEs du droit à la scolarité faute de moyens. En cause, les conditions de travail et la rémunération des AESH entraînent un manque ­d’attractivité. Pire, elles font fuir.

    Conditions de travail dégradées

    Face au manque d’AESH, les conditions de travail de ces personnelLEs ont été encore plus dégradées avec les mesures de mutualisation de moyens humains sur un secteur géographique donné : les PIAL (pôles inclusifs d’accompagnement localisés) puis bientôt les PAS (pôle d’appui à la scolarité) qui réorganisent le travail des AESH. Ces mesures de mutualisation des moyens augmentent le nombre d’élèves suiviEs par unE même AESH et le nombre d’établissements et/ou d’écoles d’affectation pour l’AESH.

    Les AESH sont toustes des personnels contractuelLEs qui réclament pour sortir de leur situation précaire la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B. La reconnaissance de leur métier appelle également un droit à la formation initiale et continue, comme l’ensemble des personnelLEs d’enseignement et d’éducation. Elles exigent aussi la suppression des PIAL, des PAS et plus largement la politique de mutualisation des moyens. La fin de ces mesures délétères serait permise grâce à la création de postes d’AESH en nombre, et pour que les postes soient pourvus, par une revalorisation salariale significative. Comme pour les personnelLEs enseignantEs il faut un vivier de remplaçantEs qui n’existe toujours pas, même pour les congés maternité, alors que les AESH sont une profession très féminisée. Le droit à la mobilité n’existe pas non plus pour les AESH.

    Encore de nombreux droits à arracher

    En 2021, les AESH obtiennent l’instauration d’une grille ­salariale indiciaire. En 2023, iels peuvent recevoir l’indemnité REP/REP+ dans le cadre d’un exercice en éducation prioritaire et peuvent théoriquement obtenir un CDI après trois années de CDD. Les droits à arracher restent nombreux (jours de fractionnement, indemnisation des déplacements, temps d’activités connexes…). Dans le même temps, les gouvernements successifs poursuivent la dégradation de leurs conditions de travail. Des missions supplémentaires d’accompagnement sur le temps périscolaire sont imposées parce que leur ministère de tutelle ne reconnaît pas les 24 h d’accompagnement d’élève comme un temps complet (ce qui est revendiqué).

    Une très large intersyndicale a appelé à la mobilisation pour les AESH. Une intersyndicale beaucoup plus réduite a appelé à faire du 16 janvier une date de mobilisation pour les droits des assistantEs d’éducation (AED) qui sont aussi des personnelLEs précaires et aux revendications assez proches de celles des AESH (création d’un corps de fonctionnaires). Tous ces enjeux méritent d’être débattus très largement dans la société mais aussi et surtout de manière interne dans les écoles, établissements et espaces internes aux organisations syndicales, là où s’auto-organise la lutte.

    Commission éducation nationale