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Actualités nationales... - Page 9

  • Kanaky : Naïma Moutchou, encore le passage en force...

    La ministre des Outre-mer effectuait sa visite en Kanaky - Nouvelle-Calédonie du 10 au 14 novembre. Alors qu’elle annonçait au début de son voyage qu’elle « voulait seulement écouter et comprendre », elle a annoncé la tenue d’une consultation citoyenne locale en février 2026 sur l’accord de Bougival.

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  • Marche nationale du 29 novembre : Palestine vivra !

    Deux ans après le début de la destruction de Gaza par Israël, notre mobilisation est plus que jamais cruciale pour la survie du peuple palestinien. A l’heure où le génocide se poursuit, où le « cessez-le-feu » a fait plus de 300 morts supplémentaires, où le « plan Trump » dépossède le peuple palestinien de sa destinée, nous devons répondre en masse à la mobilisation nationale du 29 novembre, à l’appel de l’AFPS et de plus de 70 organisations. Pas une voix ne doit manquer !

    Israël génocidaire, États impérialistes complices

    Ce qui se passe à Gaza n’a rien d’une guerre : c’est un génocide. Entre déplacements forcés, bombardements, famine organisée, exécutions sommaires et tortures, la litanie des crimes israéliens est sans fin. Tuer des familles entières, des soignantEs, des journalistes, des artistes, des athlètes, ce n’est pas une guerre, c’est un génocide. Détruire les hôpitaux, les écoles, les lieux de culte, c’est un génocide. Anéantir la mémoire et l’avenir d’un peuple en éliminant son patrimoine et ses enfants, c’est un génocide. Dans le même temps, Israël profite de la séquence pour accélérer la colonisation en Cisjordanie, à Jérusalem et dans le Néguev, avec ce que le colonialisme charrie de violences racistes, d’expulsions, d’humiliations et assassinats, le tout sous un régime d’apartheid imposé aux PalestinienNEs.

    Depuis toujours, les États impérialistes se distinguent par leur appui sans faille à Israël. Trump propose un “plan pour la paix” à Gaza répondant à la même logique que celui pour l’Ukraine, et les entreprises françaises se distinguent d’ailleurs par le maintien d’activités économiques en Russie comme en Cisjordanie occupée. Outre son soutien diplomatique, la France fournit les moyens du génocide par la livraison de matériel militaire. La fascisation de l’État israélien trouve du répondant en France, ou le gouvernement est particulièrement actif pour réprimer les voix de solidarité avec la Palestine. Ce soutien à Netanyahou n’a rien d’étonnant :  les États impérialistes sont aussi des États coloniaux qui déploient la police, la justice et les médias pour viser les populations raciséEs, en particulier arabo-musulmanes, et celleux qui, en particulier à gauche, luttent à leurs côtés.

    De l’Ukraine à la Palestine, l’occupation est un crime !

    Porté par des millions de personnes, un mouvement de fond s’est mis en marche et obtient des résultats : la reconnaissance de l’Etat palestinien, si symbolique soit-elle, contribue à renforcer l’isolement d’Israël. Partout, les peuples comprennent l’impérieuse nécessité de se soulever pour la survie du peuple palestinien : par les manifestations massives dans de nombreuses villes et campus du monde entier ; par la grève générale comme en Italie ; par les campagnes de boycott du mouvement BDS ; et bien sûr par la solidarité internationale matérialisée par les flottilles pour Gaza.

    Les réactionnaires et les fascistes au pouvoir appliquent leur programme politique contre les peuples du monde entier. C’est en luttant au côté des peuples opprimés que nous pourrons construire la riposte. Quand nous luttons pour les PalestinienNEs, nous luttons pour notre monde. Quand nous exigeons justice et liberté pour la Palestine, c’est contre le racisme et l’oppression coloniale que nous nous dressons. Quand nous crions pour la Palestine, nous crions pour l’autodétermination des peuples, pour une solidarité internationaliste qui va de l’Ukraine à la Kanaky en passant par le Soudan ou le Sahara occidental. Dans cette chaîne immense qu’est l’humanité en lutte, la cause palestinienne nous rappelle depuis 78 ans qu’aucunE de nous n’est vraiment libre tant que tous les peuples ne le sont pas. Free Palestine !

  • Ukraine : Face au plan Trump-Poutine, résistance antifasciste !

    Un an après la réélection de Trump, les contours d’un ordre mondial dominé par les autocrates se partageant des « sphères d’influence » se clarifient. Le plan Trump-Poutine pour l’Ukraine s’inscrit dans la continuité du plan pour Gaza. Les néofascistes s’entendent sur le dos des peuples, la barbarie militaire et les pratiques génocidaires sont récompensées par des « accords de paix » aux conditions de l’agresseur.

    La révélation du plan en 28 points, qui reprend la quasi-totalité des exigences de Vladimir Poutine, a eu l’effet d’un choc violent pour les UkrainienNEs, déjà épuiséEs par bientôt quatre ans de guerre sanglante — mais aussi pour une Union européenne éclectique, en quête de « défense » et de politiques autonomes. La proposition divulguée par les États-Unis conduirait à la capitulation de l’Ukraine sur tous les plans.

    Un plan de capitulation militaire et territorial

    Sur le plan militaire, l’armée ukrainienne devrait être réduite de moitié, perdrait l’accès aux renseignements US et à toute aide en matériel, abandonnerait les armes qui lui permettent des tirs de longue portée. Aucune armée étrangère ne pourrait stationner sur le territoire ukrainien. Au niveau territorial, l’Ukraine devrait céder non seulement la Crimée et les autres territoires occupés, mais aussi les parties des régions non conquises par la Russie de Poutine.

    Un plan de capitulation économique et politique

    Sur le plan économique, ce sont les États-Unis qui bénéficieraient d’un accès privilégié aux ressources et aux contrats de reconstruction en Ukraine. La souveraineté politique serait remise en question, avec l’obligation de rétablir la branche ukrainienne du Patriarcat de Moscou de l’Église orthodoxe et de reconnaître le russe comme langue officielle. Enfin, les garanties de sécurité future se limiteraient à « l’engagement » du régime russe à ne plus attaquer l’Ukraine et ses voisins : une victoire pour celui qui a déjà montré le peu de valeur de sa parole, pendant que les UkrainienNEs devraient inscrire dans leur Constitution l’impossibilité de rejoindre l’OTAN. En outre, l’amnistie totale serait accordée à l’ensemble des dirigeants russes…

    L’Ukraine et l’UE dos au mur

    En cas de refus, l’Ukraine mais aussi l’UE se retrouveraient lâchées par les États-Unis, dont elles dépendent encore pour résister aux menaces russes qui, au-delà de l’Ukraine, inquiètent tous les pays de l’ancienne URSS et d’Europe de l’Est. L’Ukraine est dos au mur, mais Zelensky, soutenu par l’UE, a rejeté le plan tout en s’engageant à des négociations de paix se basant sur les 28 points — et sur des contre-propositions de l’UE. Poutine, de son côté, se frotte les mains tout en réévaluant ses exigences à la hausse, c’est-à-dire la fin complète de l’indépendance de l’Ukraine, espérant la fragilisation intérieure du régime Zelensky face aux coûts humains et civils de la guerre et à la corruption.

    Une accélération de la fascisation mondiale

    Une capitulation de l’Ukraine serait une catastrophe pour ses populations, livrées à la violence génocidaire du régime poutinien, mais aussi un feu vert pour d’autres « incursions » russes, pour les ambitions de Trump sur le Groenland, ou encore de Pékin sur Taïwan. Plus largement, ce serait un coup terrible pour notre camp social et une accélération de la fascisation mondiale en cours. La lutte du peuple ukrainien est au cœur de la résistance antifasciste du 21e siècle — contre le pacifisme abstrait et le militarisme. Les extrêmes droites ne s’y trompent d’ailleurs pas en soutenant comme un seul homme le plan Trump-Poutine. Toujours indépendante des politiques du gouvernement Zelensky et de nos gouvernements, notre mobilisation va être essentielle dans les semaines à venir. De l’Ukraine à la Palestine, l’occupation est un crime ! 

    Groupe Solidarité Ukraine du NPA

  • Construire un front de lutte contre le budget de casse sociale...

    Après 125 heures de débats et d’amendements, la partie recettes du budget a été rejetée à l’Assemblée nationale.

    Fait historique, un seul député a voté pour. C’est désormais le Sénat qui va aggraver la note pour l’immense majorité de la population. Cela étant, qu’il s’agisse de la version Lecornu ou de celle qui sortira du Sénat, nous aurons affaire à un budget de guerre sociale contre les classes populaires.

    Un budget de guerre sociale

    Cette orientation budgétaire épargne les entreprises qui touchent des centaines de milliards d’aides publiques sans contrepartie. Les riches et ultra-riches, qui ont vu leur patrimoine exploser, sont choyés. Les moyens alloués à l’armée vont augmenter, marquant ainsi la volonté de l’État français de défendre ses intérêts impérialistes et coloniaux dans le monde, alors que le budget des services publics et des collectivités territoriales continue de s’éroder fortement. Dans le même temps, les malades, les retraitéEs, la jeunesse, les femmes et les migrantEs, les privéEs d’emplois, les salariéEs des services publics et du secteur privé ou du secteur associatif sont attaquéEs plus que jamais.

    Le PS en renfort de Lecornu

    Lecornu continue d’affirmer qu’un budget pourra être adopté d’ici le 31 décembre. On pourrait penser que le Premier ministre est un adepte de la méthode Coué. Mais sa confiance n’est pas totalement dénuée de réalisme, car le PS est de plus en plus enclin à sceller un compromis avec Macron-Lecornu et ce qui leur reste d’attelage parlementaire. Olivier Faure le réaffirme à chaque micro tendu : le PS ne veut pas bloquer le pays, le PS est prêt à trouver un accord avec le gouvernement. En effet, il est loin le temps où le Parti socialiste défendait le programme du NFP, d’ailleurs cela n’aura duré que le temps des élections législatives provoquées par la dissolution de Macron. Depuis, toute la stratégie du PS consiste à occuper l’espace central laissé vacant par le délitement des macronistes, et ceci en recomposant un arc de force à vocation majoritaire avec une partie de la droite et du centre…

    Avec son positionnement social-libéral, le Parti socialiste vient rappeler à celles et ceux qui l’avaient oublié qu’il y a deux gauches irréconciliables en France. L’une d’adaptation au capitalisme débridé et aux politiques austéritaires, l’autre qui refuse la course à l’abîme social, écologique et démocratique d’un système de plus en plus violent. Le Parti socialiste entend poursuivre ces politiques désastreuses pour la jeunesse, les travailleurs et travailleuses. Il porte une immense part de responsabilité dans la désespérance des classes populaires et dans la montée de l’extrême droite qui se retrouve aujourd’hui aux portes du pouvoir. En rompant l’unité qui s’était construite autour du programme du NFP, le Parti socialiste accroît les divisions au sein de la gauche sociale et politique à un moment où notre camp social doit empêcher Bardella-Le Pen d’accéder à la présidence de la République.

    Pour un front social et politique de combat

    Alors que la situation sociale se dégrade, que la misère et les inégalités explosent, que les plans de licenciements s’accélèrent dans le secteur privé et qu’une saignée est en cours dans le secteur associatif et culturel, nous avons besoin plus que jamais d’un front social et politique de combat. L’ensemble des forces syndicales, associatives et politiques opposées au compromis avec Macron et Lecornu doivent se rassembler pour s’opposer à ce budget de casse sociale et à l’extrême droite qui attend son heure. Il est de la responsabilité des forces antilibérales et anticapitalistes de s’unir dans la rue et dans les urnes. Construisons ensemble des expressions communes et des initiatives unitaires pour dénoncer partout dans le pays les politiques du gouvernement, pour soutenir les mobilisations sociales, pour mettre en mouvement notre camp. Nous devons toutes et tous nous retrouver dans les luttes nombreuses et variées qui existent à l’échelle locale. Nous devons toutes et tous amplifier les échéances nationales des prochaines semaines. À commencer par la manifestation nationale du 29 novembre en solidarité avec le peuple palestinien et le 2 décembre dans le cadre de la journée intersyndicale de grèves et de manifestations.

    Victor Zak

  • Antispécistes contre l’extrême-droite ?

    Si le rapport aux « animaux » est souvent dépolitisé, la tribune « Antispécistes contre l’extrême droite », qui a réuni de beaucoup de signataires situe politiquement la cause animale. Pour prolonger et expliciter la compréhension de cet enjeu, nous avons organisé un dialogue avec Mathilde Millat qui est collaboratrice parlementaire et milite au NPA-l’Anticapitaliste et Florence Dellerie qui est autrice, illustratrice et créatrice du site QuestionsAnimalistes.com

    En juin 2024, Florence Dellerie était une des initiateurices de la tribune « Antispécistes contre l’extrême droite », signée par 600 personnalités, militant·es, associations et collectifs. Mathilde Millat faisait partie des signataires.

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  • Contre Trump et Poutine, continuer à soutenir la résistance ukrainienne !

    Après l'annonce du plan de "paix" de Trump et Poutine, le NPA l'anticapitaliste tient à réaffirmer son soutien et sa solidarité totale au peuple ukrainien, à sa résistance armée et non armée.

    Ce pseudo plan de paix en 28 points est dans le prolongement de celui que Trump a prévu pour Gaza : Les néofascistes s’entendent sur le dos des peuples agressés. La barbarie militaire et les pratiques génocidaires sont récompensées par des « accords de paix » aux conditions de l’agresseur.

    Un tel « accord" élaboré sans l’UE et dans le dos du peuple ukrainien ne propose rien d'autre que la capitulation totale de l'Ukraine : cession des territoires conquis et non conquis, réduction de moitié de son armée, rétablissement du patriarcat de Moscou, reconnaissance du russe comme langue officielle, amnistie pour tous les criminels de guerre russes, financement et logique de la reconstruction au bénéfice des Etats-Unis. En contrepartie, la Russie ne s'engage à rien, pas même à rendre les 20.000 enfants ukrainiens déportés pour être russifiés.

    Une capitulation de l’Ukraine serait une catastrophe pour ses populations, livrées à la violence génocidaire du régime poutinien. Elle encouragerait d’autres politiques d’annexions de la Russie sur ses marges, ou encore les États-Unis vers le Groenland ou la Chine vers Taïwan. Plus largement, ce serait un coup terrible pour notre camp social et une accélération de la fascisation mondiale en cours et à sa logique de partage de sphères d’influence entre autocrates. La lutte du peuple ukrainien est au cœur de la résistance antifasciste du XXIème siècle. Les extrêmes droites ne s’y trompent, d’ailleurs, pas en soutenant à l'unisson le plan Trump-Poutine. 

    Depuis l’invasion russe de l’Ukraine, en février 2022, de larges pans de la gauche renvoient dos-à-dos agresseurs et agressés, prétendent que  l’OTAN menaçait la Russie, et réitèrent leurs appels à "la paix" en faisant de la résistance armée ukrainienne et de l’aide reçue les causes de la guerre - sans voir les crimes de guerre commis par les forces d’occupation : ils  exigent donc l'arrêt des livraisons d'armes à l'Ukraine. Les connivences Trump/Poutine et les paix impériales et génocidaires qui se dessinent rappellent qu'il ne peut y avoir de paix sans justice pour les peuples  colonisés. Le sort des ukrainien•nes et de leurs enfants dans les territoires occupés en témoigne de manière tragique.

    Le NPA l’Anticapitaliste reste plus que jamais mobilisé en faveur de l'autodétermination du peuple ukrainien et continuera d'apporter son soutien à nos camarades militant•es en Ukraine qui résistent sur le front, les armes à la main, et à l'arrière au côté des populations civiles.

    Les États européens doivent apporter l’aide militaire, matérielle, financière dont l’Ukraine a besoin pour défendre son indépendance, et d’utiliser pour ce faire les avoirs russes gelés et les profits des industries d’armement  : nous réclamons l'annulation de la dette ukrainienne ainsi que le respect des sanctions contre la Russie : en continuant de lui acheter gaz et pétrole, l'UE verse plus d'argent à la Russie qu'elle n'en verse à l’Ukraine ! Des sanctions doivent s’appliquer contre les entreprises françaises qui continuent de financer la guerre de Poutine, au premier rang desquelles Leroy Merlin et L'Oréal qui à elles deux ont versé plus de 175 millions d'euros à l'État russe en 2024.

    Notre mobilisation va être essentielle dans les semaines à venir, toujours indépendante des politiques du gouvernement Zelensky et de nos gouvernements. Contre tous les accords sur l’Ukraine sans l’Ukraine et les projets de paix impériale : De l’Ukraine à la Palestine, l’occupation est un crime ! 

  • Meurtre de Mehdi Kessaci : vous n'êtes pas seulEs !

    Le NPA-A se joint à l'appel à la révolte populaire contre le crime organisé et ses causes. 

    Le 13 novembre dernier, Mehdi Kessaci, frère du militant écologiste, fondateur de l'association Conscience et candidat NFP en 2024, Amine Kessaci, a été froidement abattu par un commando en plein jour dans le centre de notre ville. 

    Le NPA-L'Anticapitaliste et son comité Marseille se tiennent plus que jamais aux côtés d'Amine et de toutes les familles de victimes de la criminalité organisée qui prospère sur le capitalisme débridé, l'abandon volontaire et la répression coloniale des quartiers populaires par l'Etat. 

    Nous appelons les forces syndicales, associatives et politiques au sursaut et à l'unité d’action contre la banalisation des crimes d'intimidation dans notre ville et les fausses recettes sécuritaires de la droite et l'extrême-droite qui n'ont, nulle part ni jamais, endigué la criminalité organisée. Répondons à la violence politique par la mobilisation massive des forces populaires. 

    C'est l'état d'urgence social et sanitaire qu'il faut décréter! 

    Légalisation de la consommation et de la plantation domestique de cannabis, prévention et accompagnement des consommateurices de drogues, contrôle accru des marchandises et des flux financiers sales, retour des services publics de proximité dans les quartiers populaires, lutte contre l'assignation raciale et territoriale… voilà les premiers jalons d'une lutte continue et profondément anticapitaliste. Le NPA-A prendra toute sa part dans ce combat et se déclare disponible pour des discussions unitaires avec les organisations qui le souhaitent. 

    Ainsi, nous affirmons que nous ne nous tairons pas, et nous nous joignons à l'appel à la “révolte durable et collective” prononcé par Amine qui commence par la marche blanche demain, samedi 22 novembre à 15h au départ du rond-point Claudie Darcy (4ème arr. Marseille). 

    Marseillaises, Marseillais, n'ayons pas peur, “ils ne peuvent pas tuer tout un peuple!”

  • Sortir l’antispécisme des marges...

    Si aujourd’hui la plupart des personnes se disent opposées à la maltraitance animale et contre l’élevage intensif, ce n’est guère parce qu’il existerait une volonté collective de changement. Bien que ces opinions ne soient plus admises au sein de notre société, la majorité des gens reste en faveur de l’abattage. Force est de constater que l’idée qu’un animal puisse être tué dignement perdure… Alors, comment faire pour que cesse cette production massive et à grande échelle de la mise à mort d’innombrables êtres sentients ?

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  • Les abattoirs, une filière meurtrière à abolir...

    Alors que le secteur de l’élevage est à l’heure actuelle le plus fervent défenseur d’une agriculture productiviste et qu’il a structuré le capitalisme moderne autour de ses intérêts, il n’est plus possible, au regard du consensus scientifique sur la sentience1 des animaux non humains, d’aborder l’agriculture sous les seuls aspects écologiques et économiques.

    Nous souhaitons engager la réflexion sur ce que cachent les éléments de langages spécistes utilisés par l’ensemble de la filière de l’élevage.

    Il n’est en effet pas possible pour un parti comme le NPA-l’Anticapitaliste, qui aspire à défaire l’ensemble des systèmes d’oppression et d’exploitation, de faire sienne une vision de l’élevage comme relation entre humain·es et animaux vidée de sa dimension coercitive et violente, alors que cette relation est un statut de propriété dans laquelle les humains sont les maîtres et possesseurs, et les animaux des individus relégués à l’état d’objet sans la moindre liberté de choix. Il n’est pas possible de dire qu’abattre un individu contre sa volonté et sans nécessité pourrait être en accord avec le fait de le respecter et de lui éviter des souffrances inutiles. Et enfin il n’est pas possible pour notre parti de considérer qu’un service public qui aurait pour mission de réaliser cette besogne serait compatible avec une société dépourvue d’inégalités sociales, comme si la tuerie de masse d’un groupe par un autre pouvait être dépourvue d’inégalités, qu’elles soient inter-espèces ou au sein même de l’espèce humaine.

    Les abattoirs, une industrie qui se cache

    En France 3 millions d’animaux sont tués dans les abattoirs chaque jour2. Cette violence est complètement occultée dans la vie quotidienne de la plupart des gens qui n’y travaillent pas, cela n’a pas toujours été si méticuleusement masqué. Si les publicités ou les étals de boucherie ne présentent que des images proprettes d’animaux vivants associées à des portions soigneusement découpées de leurs corps, c’est parce que l’industrie de l’élevage n’a aucun intérêt à ce que leurs chèr·es consommateur·ices soient exposé·es à la réalité brutale que l’on impose aux animaux. Car éprouver de l’empathie, capacité de nombreuses espèces dont la nôtre, permet de se solidariser avec d’autres individus en souffrance, qu’ils soient humains ou non, et de choisir de ne pas participer à un acte cruel exercé sur l’autre, au point de physiquement s’y opposer.

    Jusqu’au début du 19e siècle, les animaux étaient tués dans les échoppes de bouchers, engendrant de nombreuses nuisances et problèmes sanitaires. Le sang des animaux s’écoulait dans les rues, les odeurs et les cris circulaient dans l’air ; parfois les animaux parvenaient à fuir, mettant en danger les passants. Pour ces raisons, et dans le contexte de la révolution industrielle, des abattoirs sont progressivement construits dans la capitale puis dans le reste du pays.

    S’ils étaient d’abord en périphérie des agglomérations, les abattoirs en furent peu à peu éloignés à cause de l’urbanisation croissante et grâce aux capacités techniques de réfrigération, retardant la décomposition des cadavres. Aujourd’hui au nombre de 960 en France, les abattoirs sont isolés et cachés des regards dans les campagnes. Le rappel de leur existence se fait sur la route où nous croisons les camions qui s’y rendent à toute heure, transportant leurs futures victimes entassées dans des remorques à barreaux.

    Une violence meurtrière exercée sur les animaux

    Ces victimes viennent de toutes les filières de l’élevage. Que les animaux soient génétiquement sélectionnés et élevés pour leurs capacités de développement musculaire, pour leur sécrétion de lait après insémination, ou pour leur production d’œufs, tous sont destinés à une mort violente et prématurée. Car leurs capacités de production diminuent avec l’âge, et la rentabilité économique nécessite que l’on exploite leur corps dans leur entièreté. Leur mort est prématurée en comparaison des années qu’ils pourraient physiologiquement continuer à vivre. Elle est violente, pas uniquement par les conditions de leur mise à mort, mais simplement parce qu’elle leur a été imposée contre leur gré.

    À leur arrivée tout d’abord, les animaux ne sont pas insensibles à leur environnement. Que ce soient les cris de leurs congénères ou les odeurs de sang et d’entrailles, ils comprennent que leur sort prochain est funeste et la détresse qu’ils éprouvent est visible. Ils hurlent, se débattent, certains d’entre eux parviennent à s’enfuir. Parfois même en chemin, pour échapper aux conditions horribles dans lesquelles ils sont transportés. Ils sont malheureusement souvent rattrapés et réintégrés dans la machine.

    Une fois à l’intérieur, plusieurs sévices leurs sont infligés suivant la réglementation officielle de « protection des animaux »3. Et leur intégration dans la chaîne de production se fait de leur vivant. Au prétexte de limiter les souffrances lors de leur mise à mort, on peut les électrocuter, les asphyxier au dioxyde de carbone, leur perforer le crâne avec un vérin pneumatique puis les pendre à des crochets plantés dans leur chair avant de les égorger pour les vider de leur sang. Aucune de ces pratiques n’est indolore et ne permet de garantir la mort instantanée. Une garantie d’autant moins certaine que les cadences sont faramineuses. En moyenne, un abattoir tue en effet 45 vaches ou 840 porcs par heure4.

    Leurs dépouilles sont alors préparées et conditionnées pour rejoindre nos magasins, hypermarché comme boucherie artisanale.

    Une violence sociale, physique et psychologique exercée sur les humain·es

    Si la violence imposée aux animaux est la plus évidente lorsqu’on évoque les abattoirs, celle qui est subie par les travailleuses et travailleurs de ces usines à tuer restent souvent dans un angle mort. Car ce sont bien des usines, bruyantes, sales et puantes, dont la production se fait à la chaîne, soumettant les individus qui la font tourner à une cadence infernale. L’enseignement que nous a transmis le mouvement ouvrier nous permet de dire que de telles conditions de travail sont terriblement aliénantes et usantes physiquement. Les statistiques montrent que 9 travailleuses et travailleurs d’abattoirs sur 10 ont souffert de trouble musculo-squelettiques et qu’à un poste d’abattage, le risque d’accident du travail est 4 fois supérieur à la moyenne nationale.

    Mais on oublie aussi que l’acte de tuer est en lui-même source de souffrance psychologique. La détresse que vivent les employé·es des abattoirs se traduit par de nombreux troubles tels que l’anxiété, la paranoïa, la dissociation ou la dépression5. Ils et elles subissent également un stress post-traumatique important, dont les symptômes sont identiques à ceux que des militaires peuvent subir après avoir tué ou infligé des souffrances à d’autres personnes.

    Isolés des centres urbains ou des sites industriels, les abattoirs sont aussi isolés des organisations syndicales. Ce sont des usines qui ont un taux de turn-over extrêmement élevé et qui ont recours à l’intérim, à des personnes immigrées et souvent sans-papiers. Ces personnes dont les capacités à s’organiser sont sapées par leur précarité, leur méconnaissance de la législation ou de la langue du pays en sont exploitées d’autant plus violemment6.

    Fermons les abattoirs, convertissons les emplois

    Si au cours d’un processus révolutionnaire, nous sommes en mesure d’imaginer la réorganisation de certains secteurs industriels nécessaires à la société pour en exclure l’exploitation violente, l’activité meurtrière même des abattoirs en font une filière à abolir complètement.

    Les abattoirs sont un lieu charnière des systèmes d’exploitation que sont le spécisme et le capitalisme. On oblige un groupe à en massacrer un autre. Les massacrés le sont sans nécessité. Notre alimentation ou nos vêtements ne nécessitent pas de produits d’origine animale, du moins pas dans nos pays riches. Les employé·es des abattoirs y travaillent par nécessité économique, et fuient le lieu dès que possible avec de terribles séquelles.

    Comment pourrions-nous dans notre projet que l’on considérerait communiste, tolérer que des individus soient tués et que d’autres individus soient forcés de mener la sale besogne afin de servir les intérêts d’un groupe social, par définition dominant ?

    C’est pourquoi nous devons revendiquer et œuvrer à la fermeture des abattoirs et la conversion des emplois vers des secteurs utiles qui ne nuisent ni à la planète, ni aux humains, ni aux autres animaux.

    • 1. Pour un être vivant, capacité à ressentir les émotions, la douleur, le bien-être, etc., et à percevoir de façon subjective son environnement et ses expériences de vie (définition du Larousse). Depuis la déclaration de Cambdridge en 2012 qui acte un consensus scientifique mondial, ce concept n’est plus en débat, même s’il continue à être enrichi constamment.
    • 2. L214, Nombre d’élevages et d’abattoirs en France. Site l214.com.
    • 3. Ministère de l'agriculture, de l'agoralimentaire et de souveraineté alimentaire, La protection des animaux à l'abattoir. Site agriculture.gouv.fr, 28 février 2019.
    • 4. L214, Conditions de travail et santé des ouvriers d'abattoirs. Site : viande.info.
    • 5. Tani Khara, Animals suffer for meat production – and abattoir workers do too. The conversation, 4 février 2020.
    • 6. Ella McSweeney and Holly Young, The whole system is rotten : life inside Europe’s meat industry. The Guardian, 28 septembre 2021.
  • Solidarité avec les animaux : de la morale à la politique...

    À l’occasion de son 6e congrès, le NPA-l’Anticapitaliste a voté une motion en faveur de l’intégration des autres animaux sentients dans son programme politique. Elle est motivée par la solidarité politique découlant d’une soumission commune au capital, plutôt que par la responsabilité morale qui pèserait sur l’espèce humaine à l’égard des animaux.

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