Alors que le pouvoir macronien est extrêmement modéré lorsqu’il s’agit de s’attaquer aux lobbies de l’alcool, il est au contraire adepte du tout répressif en matière de politique des drogues, et cela ne va pas en s’améliorant.
Actualités nationales... - Page 41
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Politiques des drogues : où est passé le ministère de la Santé ?
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Nos vœux pour 2025 : qu’un grand mouvement social dégage Macron et l’extrême droite !
Le bilan de l’année est terrible : génocide en Palestine, guerre en Ukraine, les morts et le désespoir des habitant·es de Mayotte, sans compter les milliers de migrant·es qui meurent toujours en mer. Mais aussi les licenciements par centaines de milliers qui vont jeter toujours plus de personnes dans la misère. Et l’inaction climatique sert toujours à maintenir les profits et le productivisme.
Macron pourtant se gargarise sur différents sujets, tentant de masquer son bilan catastrophique, nous parlant de 2050 pour faire oublier 25 ans de politiques antisociales. Il se gargarise en particulier de la reconstruction de Notre-Dame de Paris, mais cela montre bien les choix qu'il opère. Rapide à vouloir restaurer un monument détruit car mal entretenu, comme de nombreux monuments et services publics. Et cela ne l’empêche pas de continuer de dégrader les conditions de vie de la population par la casse continue de l’école, de l'hôpital, des transports…
Il est encore plus risible quand il essaie de faire croire à un mea culpa concernant la dissolution alors qu’il a délibérément choisi à plusieurs reprises de s’asseoir sur le résultat des urnes. Bayrou n’est que la continuité du gouvernement Barnier. Sans légitimité comme son prédécesseur, il finira de même, percuté par la crise politique. Avec le danger que représente l’extrême droite et qui attend son heure pour mener des attaques antidémocratiques et antisociales sans précédent. Une extrême droite à laquelle Macron multiplie les mains tendues, comme ce soir en parlant de sécurité, de militarisme, de nationalisme, à l’heure où il faut construire un monde de solidarité face à la misère, aux guerres et au changement climatique.
Alors, nos vœux pour 2025 sont simples : nous voulons qu’un grand mouvement social balaie Macron et sa politique, marginalise l’extrême droite et recrée un espoir pour les classes populaires. Nous voulons que, en Palestine, en Ukraine ou ailleurs, les guerres, financées par les grandes puissances impérialistes comme la France, les États-Unis ou la Russie, s’arrêtent.
Pour cela, nous savons que l’enjeu de cette année est le maintien de l’unité de la gauche, pas pour aller gouverner ce système en crise, mais pour œuvrer, par en bas, à construire de grandes luttes qui le renversent.
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Toujours mobiliséEs pour la journée internationale des migrantEs !
À l’occasion de la Journée internationale des migrantEs, une cinquantaine de mobilisations étaient prévues entre le 14 et le 18 décembre partout en France, à l’appel de la Marche des Solidarités et des collectifs de sans-papiers.
Plus de 300 organisations nationales et locales ont signé l’appel de la Marche des Solidarités, pour dénoncer la montée du racisme en France. De la « loi Darmanin » sur l’immigration votée début 2024, au projet de « loi Retailleau » qui se préparait avant la censure du gouvernement (et qui est toujours d’actualité puisque Retailleau pourrait se maintenir dans le gouvernement Bayrou), en passant par la perspective de l’arrivée du RN au pouvoir : face à l’offensive raciste, les signataires appellent à la désobéissance civile, à la résistance et à la lutte.
Bienvenue aux migrantEs
À Paris, près de 10 000 personnes ont manifesté le samedi 14 décembre au départ de la place de Clichy pour rallier la place de la République. Par exemple, dans le cortège, le Collectif des Jeunes de Belleville, composé de mineurEs isoléEs, appelait à soutenir leur lutte à la suite de leur occupation de la Gaîté lyrique depuis le mardi 10 décembre (voir page 3). Près de 250 jeunes exigent une solution d’hébergement digne et immédiate et une prise en charge effective de la part des institutions, comme la loi l’exige. Le mercredi 18 décembre, la Marche des Solidarités a initié un meeting unitaire d’organisation de la suite de la mobilisation, avec la présence de plus de 500 personnes à la Bourse du Travail de Paris.
Parmi les autres rassemblements où des camarades du NPA-l’Anticapitaliste étaient présentEs le 18 décembre malgré la pluie, on peut citer : Rennes, environ 800 personnes étaient présentes, avec beaucoup de personnes migrantes en lutte issues de gymnases occupés, de squats avec beaucoup de jeunes en tête de cortège ; Grenoble, avec la présence de 600 personnes à la suite d’un appel signé par une cinquantaine d’organisations ; Rouen, 500 personnes ; Le Havre, 200 personnes à l’appel d’une douzaine d’organisations ; Perpignan, 200 personnes derrière la banderole « Bienvenue aux migrantEs — Chez nous, c’est chez vous ! », à la suite d’un appel signé par 28 organisations ; Romans-sur-Isère, 130 personnes à l’appel de l’Asti, signé par 24 organisations.
On peut toutefois regretter l’absence de couverture de ces mobilisations par les médias nationaux.
Résister , continuer le combat
Partout en France, le NPA-l’Anticapitaliste était donc présent pour apporter son soutien aux premierEs concernéEs. Il soutient les revendications suivantes :
– pour l’égalité des droits de toutes et tous et la régularisation des sans-papiers ;
– pour la fermeture des centres de rétention, l’abolition du dispositif européen Frontex et la liberté de circulation ;
– pour le logement de toutes et tous les sans-abris, avec et sans papiers, l’application de la loi de réquisition et l’abrogation de la loi Kasbarian-Bergé ;
– pour l’accès de toutes et tous à la santé et à l’école ;
– pour l’abrogation de la loi Darmanin, de toutes les lois racistes, du pacte migratoire européen et du règlement Dublin ;
– pour la solidarité internationale avec tous les peuples en lutte pour la justice, la liberté, l’égalité et la fin du colonialisme de la Palestine au Sahel en passant par le Liban, de la Kanaky à la Martinique en passant par Mayotte.
Où que l’on soit néE, solidarité !
Commission nationale immigration et antiracisme -
Vous avez dit « loi spéciale » ?
Le budget de l’État doit être adopté impérativement en décembre chaque année afin d’autoriser dès janvier le prélèvement de l’impôt et des taxes nécessaires aux dépenses de fonctionnement, comme la contribution aux financements des collectivités territoriales ou le paiement des salaires des fonctionnaires par exemple et aux dépenses d’investissement. Cette année avec le rejet du projet de budget et la censure du gouvernement Barnier, il n’a pu être voté.
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À la Gaîté Lyrique, une occupation pour la dignité et les droits des mineurs isoléEs...
Depuis le 10 décembre 2024, la Gaîté Lyrique, lieu emblématique de la culture parisienne, est devenue le symbole d’une lutte fondamentale : celle des mineurs isoléEs de Belleville pour leurs droits et leur dignité.
Organisée par le Collectif des jeunes du parc de Belleville, cette occupation rassemble près de 250 jeunes, soit la quasi-totalité de celles et ceux qui dormaient dehors à Paris quelques jours auparavant. Soutenue par le lieu culturel lui-même, cette action met en lumière une situation intolérable dans une capitale qui se targue pourtant d’être une ville d’accueil.
Un combat pour des droits fondamentaux
Ces jeunes, qualifiés arbitrairement de « majeurs » à l’issue d’évaluations expéditives et souvent racistes, sont laissés dans un vide juridique et institutionnel. Après une décision de refus par l’Aide sociale à l’enfance (ASE), ils et elles doivent saisir unE juge pour enfants. Mais ce recours, qui peut prendre jusqu’à un an, les laisse sans hébergement, sans statut et sans protection, livréEs à la rue.
L’occupation de la Gaîté Lyrique est donc à la fois un acte de survie et une revendication politique. Les mineurEs et leurs soutiens exigent un hébergement immédiat et digne, ainsi qu’une prise en charge effective par les institutions, comme l’impose pourtant la loi. Face à l’indifférence de l’État, ils et elles appellent également la mairie de Paris à réquisitionner les logements vides pour répondre à cette urgence.
Une organisation collective et exemplaire
Dans ce lieu investi, les jeunes s’auto-organisent avec une solidarité exemplaire. Chaque jour, ils assurent des repas chauds pour toustes (iels ont cependant besoin de dons), cohabitent avec les visiteurs et organisent des assemblées générales ouvertes, rassemblant des centaines de soutiens. Malgré les intimidations policières, comme l’intervention brutale du 14 décembre, où des agents armés ont tenté d’interdire l’accès au lieu, la détermination du collectif reste intacte. La mobilisation s’amplifie, portée par un large réseau de soutien.
Cependant, face à l’urgence et à l’injustice criante, les réponses institutionnelles restent insuffisantes. La mairie, tout en se disant solidaire, oppose des discours défensifs, arguant d’un budget épuisé après les Jeux olympiques. Des promesses d’hébergement temporaire dans un lycée du 15e arrondissement ont émergé, mais uniquement pour la période hivernale. Une solution précaire qui ne répond ni à la dignité ni à la pérennité réclamées par les occupantEs.
Une lutte politique contre le racisme et la précarisation
Le Collectif des jeunes du parc de Belleville dénonce avec force le racisme structurel qui sous-tend leur exclusion. Leur situation n’est pas le fruit du hasard ou d’un manque de moyens, mais bien la résultante de choix politiques délibérés visant à précariser et criminaliser les migrantEs. Cette logique antisociale, qui piétine les droits les plus élémentaires, s’inscrit dans un système plus large de rejet des populations migrantes.
Au-delà des revendications immédiates, cette occupation met en lumière la nécessité d’une politique d’accueil fondée sur l’égalité des droits. La lutte des mineurEs isoléEs de Belleville rejoint celle de toutes les personnes précarisées et discriminées. Elle interpelle les forces de gauche, les syndicats et les collectifs solidaires : l’heure est à l’unité pour exiger un changement radical des politiques migratoires et sociales.
Revendications et appel à la mobilisation
Les revendications portées par les mineurs isolés et leurs soutiens sont claires :
– un hébergement immédiat et pérenne pour les 250 occupantEs ;
– la reconnaissance de leur minorité et une prise en charge effective par l’ASE ;
– l’arrêt des contrôles policiers et des expulsions ciblant ces jeunes ;
– un accès à l’éducation, aux soins et à un accompagnement global pour leur insertion sociale.
Le NPA soutient pleinement cette occupation et appelle à une mobilisation massive pour répondre à ces exigences. Loin d’être des faveurs, ces revendications sont des droits fondamentaux, bafoués par des institutions qui préfèrent l’inaction.
Nous appelons toutes les forces progressistes, syndicats, collectifs et citoyenNEs à rejoindre cette lutte. Les rassemblements quotidiens à 18 heures devant la Gaîté Lyrique sont l’occasion de témoigner de notre solidarité et de faire grandir le mouvement. Ensemble, exigeons des solutions dignes pour ces jeunes et construisons une société fondée sur la justice sociale et l’accueil inconditionnel. Soutien aux mineurs isoléEs de Belleville, solidarité avec l’occupation de la Gaîté Lyrique !
Correspondante
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Procès Lafarge contre les écolos : une dérive autoritaire de la justice...
En avril 2024, 17 personnes ont été interpellées pour avoir prétendument participé à une action de « désarmement » de l’usine Lafarge à Val de Reuil. Après des jours de garde à vue par la section antiterroriste (SDAT), huit furent relaxées. Les 19 et 20 décembre, les neuf autres comparaissaient devant le tribunal d’Évreux.
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Sainte-Soline illégale ! La lutte paie !
Mercredi 18 décembre, la cour administrative d’appel de Bordeaux a jugé illégales les autorisations délivrées à quatre « réserves d’irrigation » du Poitou (autrement appelées bassines), dont celle contestée de Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres. Victoire limitée, mais victoire tout de même ! On ne va pas bouder son plaisir !
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Il est toujours temps de donner !!!
Le NPA a lancé une campagne de dons pour racheter le bâtiment de Rotographie, l'imprimerie de la LCR puis du NPA et ainsi continuer l'activité de l'imprimerie au service des luttes et faire de ce lieu un local militant avec une librairie et des espaces de réunion.
Créée en 1976, Rotographie s'est aussi mis au service des luttes internationales et notamment des mouvements révolutionnaires en Amérique du Sud, et ailleurs.
Découvrez une partie de cette histoire grâce à cette séquence d'images inédites du documentaire "Rouge, la couleur qui annonce le journal"Campagne de dons :
http://don.npa-lanticapitaliste.orgInfos et dates de projections du documentaire :
https://lanticapitaliste.org/videos/un-documentaire-sur-rouge-le-quotidien-de-la-lcr -
Un gouvernement qui sent le sapin...
Y aura-t-il un gouvernement à Noël ? Telle était la question en septembre (voir l’Anticapitaliste n° 720). Nous ne pensions pas en être au même point à la veille du réveillon. Avec plus de lassitude, néanmoins. Car, l’histoire se répète : après Barnier, Bayrou Premier ministre, qui une fois encore ne peut survivre sans la bienveillance de Marine Le Pen.
Pour preuve, parmi les noms évoqués celui de Xavier Bertrand, qui n’a pas été au gouvernement depuis 2012, est un véritable casus belli pour le RN ! Du coup, retard et atermoiements. Encore ! Quant aux nominéEs, on prend les mêmes et on recommence. Valls au ministère des Outre-Mer, Darmanin à la Justice, Borne à l’Éducation.
Bien sûr, Bayrou a vraisemblablement surestimé sa capacité à rassembler sur son seul nom, lui qui trente ans durant a voulu accéder à la fonction. Il a aussi sous-estimé bien des éléments de la situation : prendre un Falcon pour aller à Pau à l’heure de l’urgence climatique ; oublier Mayotte à l’heure de l’urgence sociale et démocratique et annoncer le gouvernement le jour du deuil national ; défendre le cumul des mandats, après avoir voté le non-cumul il y a dix ans ; mesurer qu’il n’a pas été élu depuis plus de vingt ans au Palais Bourbon…
Au-delà du personnage, c’est tout un projet qui prend l’eau. Le pays est divisé, et l’Assemblée nationale sortie des urnes en juillet en est le reflet. La cause : le projet de la bourgeoisie qu’incarnait Macron, et tous ces dirigeants qui ne veulent rien lâcher de leur politique antisociale et de cadeaux aux patrons alors que la situation sociale et écologique exige de penser autrement. Ils ont démantelé et dénigré la solidarité au nom du « ruissellement » et se sont érigés en rempart de l’extrême droite… pour finir en forteresse défendant les inégalités sociales et des politiques racistes. Le bateau coule, et il faudra bien plus qu’un « François Bay-roue de secours », comme les macronistes surnomme le Premier ministre, pour surmonter le chaos qu’ils ont semé. Ce « gouvernement de revenants », comme titre Libération, fait de plus en plus figure de « gouvernement de pantins » aux mains du RN !
L’union nationale qui a été faite autour de la loi spéciale votée le 18 décembre (voir « Vous avez dit loi spéciale ? ») masque mal que l’ordre bourgeois, même éclairé, est mis à mal, donnant toujours plus de pouvoir à des magnats comme Bolloré ou Musk prêts à mettre en selle l’extrême droite et les pires défenseurs d’un ordre social raciste et injuste (voir page 4). Quelle que soit la durée du gouvernement Bayrou, il nous faut des résistances, plus fortes, et surtout des victoires pour qu’un projet de société émancipateur pour toutes et tous puisse voir le jour.
Fabienne Dolet
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Procès de Georges Ibrahim Abdallah : la victoire est-elle proche ?
Le 15 novembre dernier, le tribunal d’application des peines a émis un avis favorable à la libération de Georges Ibrahim Abdallah, plus vieux prisonnier politique d’Europe, incarcéré à Lannemezan en France.
Cette fois, contrairement à 2013, le juge n’a pas requis d’expulsion à son encontre (ce qui aurait pu donner la main au ministère de l’Intérieur) mais simplement une libération à la condition d’un retour vers le Liban, prêt à l’accueillir.
Cette décision est le résultat de la mobilisation qui s’amplifie depuis deux ans, grâce à la détermination du collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, et les comités Samidoun locaux : le juge d’application des peines l’a même mentionné dans son réquisitoire en signalant le trouble à l’ordre public que constitue la présence de Georges Ibrahim Abdallah dans une prison française.
Réquisitoire du parquet
Néanmoins, l’État français, à travers la voix du parquet a fait appel de cette décision fin novembre. Et lors de l’audience non publique du jeudi 19 décembre 2024, le parquet, s’associant à la partie civile des États-Unis (un des plaignant de l’affaire) a fait un véritable réquisitoire contre le jugement, témoigne l’avocat du prisonnier, maître Chalanset.
S’il y a un rejet du jugement, le pourvoi en cassation reste possible, ce qui entraînerait des frais conséquents pour le comité de soutien.
Décision le 20 février
La mobilisation pour la libération de George Ibrahim Abdallah doit donc continuer et même s’intensifier, jusqu’à la décision de la cour d’appel le 20 février.
Samedi 21 décembre malgré une pluie battante, toujours aussi déterminéEs, nous étions plus de 1000 soutiens manifester à Paris.
Cette campagne est de plus en plus large, de nombreuses personnalités internationales ont signé une tribune1. Rima Hassan a fait une déclaration au Parlement européen2, et la mobilisation dépasse désormais les cercles militants en soutien au peuple palestinien.
E.M.