L’assassinat de Charlie Kirk, dirigeant de 31 ans de l’organisation de jeunesse d’extrême droite Turning Point USA, a intensifié la polarisation politique aux États-Unis et entraîné des appels du mouvement « Make America Great Again » (MAGA) de Trump à éliminer la gauche de la vie politique américaine.
Actualités internationales... - Page 22
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Après l’assassinat de Kirk, la gauche en danger...
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Nos yeux sur la flottille, pas sur l’ONU...
Alors que la ville de Gaza est réduite en cendres, l’attention médiatique se focalise sur les gesticulations autour d’une « reconnaissance de l’État de Palestine » vaine et empoisonnée. Nous ne devons pas perdre le cap de la solidarité par en bas, soutenir la Global Sumud Flotilla, isoler Israël et contrer le processus de normalisation.
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Assassinat de Kirk, coup d’accélérateur pour l’extrême droite...
L’assassinat de Charlie Kirk aux États-Unis (lire page 4) a eu des retentissements politiques et médiatiques en France. L’extrême droite — du Rassemblement national (RN) aux groupuscules, jusqu’à leurs médias — en fait un prétexte pour hâter l’application de son agenda politique, via des opérations de victimisation et d’instrumentalisation.
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Trump veut une Amérique plus militariste et belliqueuse...
Derrière ses prétentions à incarner la paix, Donald Trump multiplie les actes militaires et les menaces d’escalade. Rebaptisant le département de la Défense en département de la Guerre, il affiche sa volonté d’une Amérique plus belliqueuse, au-dehors comme au-dedans.
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RDC : la paix introuvable...
La guerre continue malgré l’accord de paix entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, signé à Washington sous les auspices de Trump.
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En septembre, « all eyes on Gaza »...
Article de la revue Inprecor.
https://inprecor.fr/ -
Révoltes urbaines à Lausanne : partout, la police tue et la jeunesse résiste...
Au matin du dimanche 24 août, le jeune Marvin M., âgé de 17 ans, a perdu la vie des suites de la poursuite par la police de Lausanne, en Suisse. La police suisse et les médias français évoquent un vol de scooter et dressent le portrait d’un délinquant, à rebours de la manière dont sa famille et ses amis le décrivent, ajoutant au deuil la colère face à la déshumanisation de Marvin. La mort d’un adolescent racisé, poursuivi par la police, s’intègre dans une nécrologie qui ne cesse de s’étendre : en deux mois, après Camilla, c’est le deuxième enfant à Lausanne qui décède des suites d’une poursuite de la police alors que celle-ci est sous le coup d’une vaste investigation qui a mis au jour de nombreux échanges racistes en son sein. En France, c’est un adolescent de 17 ans qui est mort le 9 août à Bièvre, dans l'Essonne, percuté par une voiture de police lors d’une poursuite. Zyed, Bouna, Nahel, Marvin, Camilla et tant d’autres… En Suisse comme en France, la police tue, et principalement des jeunes hommes et enfants racialisés.
Le traitement médiatique des révoltes urbaines opère une inversion raciste des responsabilités. Sous prétexte de légitime défense, les policiers font courir un danger mortel aux personnes pourtant réellement victimes de violences policières. Les vraies sources d’insécurité sont pourtant les patrouilles de police dans les quartiers, comme le montre des enquêtes indépendantes. Par exemple lors du meurtre de Nzoy en 2021, elles ont démontrées que les policiers n’étaient pas réelllement en danger.
Alors que les médias français titrent sur l’exceptionnalité de révoltes urbaines en Suisse, le NPA et SolidaritéS dénoncent le danger croissant, partout en Europe, pour les personnes racialisées devant des forces de l’ordre de plus en plus ouvertement racistes et fascisées. Dans deux mois, nous commémorerons la mort de Zyed et Bouna, morts des suites d’une poursuite policière.sans motif. Nous ne les oublions pas.
Le NPA et SolidaritéS apportent leur soutien à la famille de Marvin et ses proches endeuilléEs.
Le NPA et SolidaritéS affirment la légitimité des révoltes urbaines et appellent à l’amnistie de l’ensemble des jeunes arrêtéEs pendant les nuits de révolte.
Le NPA et SolidaritéS affirment la centralité de la lutte antiraciste contre les violences policières.
Le NPA et SolidaritéS appellent à l’organisation d’une large riposte antifasciste et antiraciste, par-delà les frontières nationales. -
Révolte populaire en Indonésie, contre la corruption et la militarisation...
Depuis fin août, une vague de mobilisations secoue l’Indonésie. Partie d’un rejet de la corruption et de l’enrichissement de l’élite, la révolte a pris de l’ampleur après la mort d’un jeune chauffeur percuté par un blindé de la police. Brutalement réprimé, le mouvement dénonce la militarisation du régime de Subianto et l’aggravation des inégalités sociales.
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Soutenir la Global Sumud Flotilla, briser le blocus, stopper le génocide...
Après plus de 700 jours de génocide, l’arrêt de la CIJ, la dénonciation de la famine à Gaza par l’ONU, il n’est plus possible de dire que l’on ne sait pas. Le nettoyage ethnique apparaît clairement comme un objectif du gouvernement israélien, qui ne cache pas sa volonté de s’accaparer toute la Palestine et même au-delà.
L’impunité encore
Alors que le génocide se poursuit depuis plus de 700 jours, une mobilisation internationale inédite se lève. 60 bateaux et 500 volontaires venus de 45 pays prennent la mer pour Gaza, malgré les menaces et la répression.
Le 8 septembre, suite à l’attaque d’un bus à Jérusalem-Est occupée, Netanyahou a donné l’ordre aux GazaouiEs de partir, promettant une opération terrestre encore plus terrible que toutes les précédentes. C’est le genre d’annonces qui a justifié un mandat d’arrêt contre le Premier ministre génocidaire, mais l’impunité se poursuit. Là où la plupart des gouvernements et responsables politiques s’enfoncent dans la complicité avec Israël, des personnes courageuses s’engagent de mille et une manières, jusqu’à tenter d’aller rompre le blocus de Gaza.
La mobilisation reste forte, la répression aussi
La semaine dernière, plus de 40 rassemblements ont eu lieu dans toute la France pour soutenir l’initiative Thousand Madleens. Dans toute l’Europe, les manifestations ont repris avec une très grande ampleur : des milliers de manifestants à Paris, plus de 100 000 à Bruxelles, pas moins à Londres, où la police a arrêté 890 manifestantEs qui tenaient une pancarte en soutien à Palestine Action. Le gouvernement travailliste a justifié cette répression en qualifiant le groupe de « terroriste ». Les initiatives de solidarité se poursuivent régulièrement partout depuis quasiment deux ans. Pourtant, en France, nous ne sommes pas parvenus à faire fléchir le soutien à Israël. La France a continué à livrer des armes à Israël et aucune sanction n’a été prise.
60 bateaux, 500 volontaires, 45 pays
Heureusement, les peuples ont réussi à se remobiliser contre le génocide en Palestine. Des flottilles ont navigué une semaine depuis Barcelone jusqu’à la Tunisie, avec notamment à bord Ada Colau, l’ex-maire de Barcelone, pour rejoindre le grand départ. Adèle Haenel a annoncé, il y a quelques jours, avoir rejoint la Global Sumud Flotilla en Tunisie : « Notre but est d’apporter de la nourriture et des médicaments à la population de Gaza, qui est en proie (…) à une famine délibérément orchestrée par le gouvernement israélien. Nous sommes uniEs par la volonté d’agir pacifiquement pour ouvrir un corridor humanitaire et briser le blocus illégal imposé par l’État israélien à Gaza. » Parmi ces délégations, on compte aussi des députéEs françaisEs et des personnalités influentes comme la militante écologiste Greta Thunberg ou Mandla Mandela.
Ce ne sont pas moins de 60 bateaux et 500 volontaires de 45 pays différents qui s’élancent vers Gaza, malgré les menaces qui pèsent sur la plus grande délégation humanitaire jamais mobilisée. Une flottille a déjà subi une attaque de drone à Tunis. Cela n’entame pas la détermination des volontaires. L’arrivée des bateaux est prévue pour la mi-septembre.
Parce qu’un génocide il faut tout faire pour l’empêcher, il est essentiel de placer les questions de racisme et la Palestine au cœur du mouvement social. Cela passe par le soutien à toutes les initiatives de solidarité avec la Palestine, une protection citoyenne des flottilles pour briser le blocus de Gaza, et l’amplification des pressions pour obtenir des sanctions contre l’État colonial israélien.
Monira Moon
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Trump limoge des hauts fonctionnaires et prend le contrôle de plusieurs villes...
Donald Trump multiplie les purges à la tête d’institutions fédérales et déploie la Garde nationale dans plusieurs villes. Ces mesures autoritaires suscitent des condamnations massives et une mobilisation populaire.
Trump a mis l’été à profit pour continuer à démanteler la démocratie et avancer vers un État autoritaire et réactionnaire. Trump a limogé trois hauts fonctionnaires. Il a d’abord licencié Erika McEntarfer, commissaire du Bureau of Labor Statistics (Bureau des statistiques du travail), Lisa D. Cook, gouverneure de la Federal Reserve Bank (banque centrale américaine), et Susan Monarez, directrice des Centers for Disease Control and Prevention (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies). Aucun autre président n’avait jamais procédé à de tels licenciements à la tête d’institutions quasi sacro-saintes, qui régulent l’économie et protègent la santé publique.
L’armée contre les mobilisations
Trump a également affirmé son pouvoir dans les rues des villes américaines. Lorsque les habitantEs de Los Angeles ont protesté contre les rafles et les arrestations menées dans le cadre de sa politique d’immigration, ce qui a conduit à des affrontements avec la police de Los Angeles, Trump a directement mobilisé la Garde nationale en juin, envoyant 2 000 gardes à Los Angeles ainsi que 700 marines et de nombreux agents de l’ICE (Service de l’immigration et des douanes). La maire de Los Angeles, Karen Bass, et le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, ont tous deux qualifié l’occupation militaire d’une partie de la ville d’inutile et d’autoritaire. Le gouverneur a intenté une action en justice devant un tribunal fédéral et obtenu une ordonnance restrictive temporaire.
À la mi-août, Trump a déclaré « l’état d’urgence criminelle » dans la capitale nationale et a pris le contrôle de la Garde nationale de Washington, DC, ainsi que du département de police de la ville. Le 8 août, Trump a envoyé des centaines de fonctionnaires fédéraux d’autres agences, telles que le Federal Bureau of Investigation (FBI), patrouiller dans les rues de Washington. Bien que la ville compte effectivement des quartiers à forte criminalité, le taux d’homicides et d’autres crimes violents est en réalité en baisse. Washington, DC étant un district fédéral et non un État, le président est constitutionnellement habilité à en prendre le contrôle. Mais il a également promis d’envoyer des agences fédérales et des troupes dans d’autres villes : Chicago, New York, Baltimore et Oakland, toutes gouvernées par des démocrates.
Résistances institutionnelles et populaires
Dans l’Illinois, le gouverneur J.B. Pritzker et le maire de Chicago, Brandon Johnson, ont tous deux condamné le projet de Trump d’envoyer des troupes, le qualifiant d’inutile et de menace pour la démocratie américaine. Quelque dix-neuf gouverneurs démocrates ont également affirmé qu’ils ne voulaient pas de troupes ni de policiers fédéraux dans leurs États. Les troupes et les agents de Trump ne contribuent guère au maintien de l’ordre, ils jettent les bases d’un potentiel coup d’État militaire.
La manifestation pacifique No Kings Day, qui s’est déroulée à travers les États-Unis le 14 juin 2025, a été la plus grande manifestation d’une journée de l’histoire du pays. En août, les manifestations ont diminué.
Le Democratic Socialists of America (DSA), la plus grande organisation socialiste du pays avec 80 000 membres, a tenu son congrès à Chicago le mois dernier. Les nombreux courants politiques de l’organisation — gauche, droite et centre — se sont disputés sur les procédures et ont adopté une résolution de soutien à la Palestine, mais il y a eu peu, voire pas, de débats sur la politique américaine et sur la manière d’arrêter Trump.
Mais l’automne approche et des mobilisations plus massives sont attendues lorsque les étudiantEs retourneront sur leurs campus et que les gens reprendront le travail. Il faudra être dans la rue par millions.
Dan La Botz, traduction Henri Wilno