La dernière année a été marquée par un nombre remarquable de menaces de grève, de grèves effectives et d’accords à la suite de grèves dans divers secteurs, des cafés aux chemins de fer, des écrivains aux acteurs en passant par les chauffeurs routiers et les ouvriers de l’automobile. À l’heure actuelle, 25 000 travailleurEs de l’automobile et 150 000 acteurEs sont en grève.
Actualités internationales... - Page 75
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États-Unis : la lutte des classes reprend !
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Chili : 50 ans après le coup d’État...
50 ans après le coup d’État du 11 septembre 1973, une question mérite d’être posée : que reste-t-il de la dictature ?
Une autre vient immédiatement après : le Chili actuel n’est-il pas l’héritage direct de celui qui a émergé avec la dictature de Pinochet ? -
Libye : inondations, après le choc, la colère...
Victimes de l’ouragan Daniel, les populations sont en plus confrontées au pouvoir mafieux du maréchal Haftar, de ses fils et des mercenaires de Wagner.
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Solidarité avec les populations du Haut-Karabagh...
L’assaut éclair de l’armée de l’Azerbaïdjan a poussé les personnes arméniennes à fuir en masse le Haut-Karabagh (Artsakh en Arménien). Au moment où nous écrivons, près de la moitié de la population (environ 60 000 personnes) a fui cette enclave où vivent une majorité d’ArménienEs. Cette offensive a lieu après 9 mois de blocus ayant entraîné une catastrophe humanitaire. Elle est le point culminant d’une offensive menée par l'Azerbaïdjan en 2020 qui eut pour effet de reprendre petit à petit le contrôle du Haut-Karabagh avec la volonté de se débarrasser des populations arméniennes. Nous constatons aujourd’hui les suites logiques de cette politique de nettoyage ethnique.
L'Azerbaïdjan ne compte pas d’ailleurs s'arrêter là, car le régime conteste ouvertement la légitimité de l'État arménien lui-même. Ainsi, dans les médias officiels azerbaïdjanais, l'Arménie, à l'intérieur de ses frontières actuelles exactes, est qualifiée d' “Azerbaïdjan occidental", et l’existence même du génocide arménien de 1915 est niée.
La dictature fascisante du pouvoir azerbaïdjanais se mêle à l’hypocrisie des gouvernements européens qui achètent du gaz russe transitant via ce pays pour contourner leur propres sanctions. L'Azerbaïdjan n'est pas seul dans cette guerre, bénéficiant à la fois des armes fournies par son allié Israël et de la puissance diplomatique et probablement militaire de son partenaire historique dans la région,la Turquie… Prise en étau géographiquement entre les dictatures turque et azerbaïdjanaise, c'est la question de la survie de l'Arménie et des Arméniens qui est aujourd'hui à nouveau en jeu.
Le NPA se solidarise des peuples opprimés et apporte son soutien aux personnes déplacées de force et condamné l’épuration éthnique en cours. Nous soutenons sans réserve le droit des Arméniens à se défendre, ainsi que la lutte des militantEs azerbaïdjanais qui combattent leur propre dictature pour défendre les droits humains.
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Syrie : mouvement de protestation, un souffle de résistance de 2011...
De vastes manifestations se déroulent depuis la mi-août 2023 dans le gouvernorat de Soueïda, peuplé principalement de la minorité druze. Les manifestantEs n’ont pas hésité à bloquer les routes principales qui relient les villes et villages de la campagne, créant des perturbations dans l’accès à la capitale, Damas.
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Macron, Charles III : d’un monarque l’autre, sous le soleil de BP...
La France et la Grande-Bretagne se présentent côte à côte, par delà les affres du Brexit. Le roi peut bien planter un chêne à Versailles, la complicité des deux chefs d’État est ailleurs…
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USA : Les immigréEs vénézuélienEs obtiennent un statut de protection temporaire...
Les immigrés vénézuéliens aux États-Unis, dont le nombre a considérablement augmenté ces dernières années, ont remporté une victoire cette semaine lorsque l'administration de Joseph Biden leur a accordé un statut de protection temporaire (Temporary Protective Status, TPS) .
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USA : dans l’automobile, la grève continue et s’étend...
Commencée dans trois usines de montage de General Motors, Ford et Chrysler, cette grève historique de l’automobile aux États-Unis s’est élargie vendredi 22 septembre à 38 dépôts de pièces ajoutant 5 000 grévistes aux 13 000 déjà en grève.
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Jeudi 28 septembre : Journée internationale pour le droit à l’avortement...
Rassemblement Place Masséna – Nice - 18h30
Il y a deux ans, la Cour Suprême des États-Unis portait un coup redoutable contre ce droit fondamental.
En Europe, Malte et Andorre interdisent totalement l’IVG. En Pologne et en Hongrie, les restrictions majeures confinent à l’interdiction.
À côté de nos frontières, en Italie, l’application de la loi est considérablement entravée par des professionnel·les, s’abritant derrière leur clause de conscience, ou par les moyens restreints alloués aux systèmes de soins. Et encore plus près, rappelons que pratiquer un avortement à Monaco est interdit!
De nombreux pays dits démocratiques, poussés par la progression des extrêmes-droites, se désengagent de ce droit fondamental pour les femmes. De fait, ils désagrègent les démocraties.
Le 28 septembre, nous afficherons haut et fort notre solidarité avec toutes les femmes du monde et en particulier celles des pays qui interdisent totalement ou partiellement le droit à l’avortement !
Nous affirmerons que les extrêmes-droites sont partout un danger immédiat pour les femmes et les droits humains.
En France, le respect des droits des femmes exige de la part du gouvernement , non des discours emphatiques, des effets de manche ou des postures, mais des actes constructifs et des budgets conséquents.Nous réclamons :
• L’inscription réellement protectrice du droit à l’avortement dans la Constitution française et dans la Charte européenne des droits fondamentaux pour que ce droit des femmes partout en Europe soit respecté et garanti. En effet, la révision constitutionnelle sur «la liberté des femmes à recourir à l’interruption volontaire de grossesse», n’a toujours pas abouti à ce jour
• La parution des décrets d’application de la loi Gaillot de février 2022 permettant aux sages-femmes de pratiquer des IVG instrumentales
• Des choix politiques qui augmentent les budgets pour la santéLe jeudi 28 septembre, nous descendrons dans la rue partout en France pour exiger aussi :
• l’accès aux soins pour toutes sur tous les territoires avec la réouverture des Centres IVG fermés, des maternités et hôpitaux de proximité même dans les territoires ruraux
• une politique publique de production des médicaments essentiels, de premier recours, incluant les produits nécessaires à l’IVG, pour éviter toute pénurie et rupture d’accès aux soins. Cela passe par la création d’établissements pharmaceutiques nationaux et européens avec financement public qui produiront, diffuseront les médicaments et géreront la constitution des stocks ainsi que leur maintien
• la disparition de la double clause de conscience spécifique à l’IVG
• la garantie pour les femmes du choix des méthodes pour l’IVG et la contraception
• des campagnes publiques d’informations sur les droits sexuels et reproductifs ainsi que les séances d’éducation à la vie affective et sexuelle en milieu scolaire prévues par la loi du 4 juillet 2001 relative à l’IVG et à la contraception. Depuis janvier, le Planning Familial, SOS Homophobie et le Sidaction ont porté plainte contre l’Etat pour non respect de cette loi
• la pénalisation des activistes anti-IVG et la dissolution de leurs associations qui vont à l’encontre des droits des femmes et fragilisent la démocratie
Le Collectif «Avortement en Europe, les femmes décident» appelle à manifester le 28 septembrepartout pour défendre le droit à l’avortement.Dans les Alpes-Maritimes, plus spécifiquement, nous réclamons :
• que les personnes puissent avoir accès à l’IVG gratuitement à l’hôpital quel que soit leur statut en France (AME ou pas)
• le contrôle des dépassements d’honoraires pratiqués par une majorité de gynécologues et de cabinets d’échographie
• que l’autorisation soit donnée aux professionnel·les des PMI du département
de pratiquer des IVG médicamenteuses : les collectivités doivent assurer leur
mission dans l’accès au soin
• un meilleur équipement pour le CIVG de l’hôpital l’Archet afin que les personnes
aient le choix de la méthode d’IVG entre 14 et 16 semaines SA
• plus de clarté de la CPAM dans la possibilité d’anonymat des majeures (et des mineures) et précisions sur les procédures
• le respect de la facturation à 100% des actes de laboratoire et d’échographie
et en particulier en cas de demande d’anonymat chez les mineures, pour le groupe sanguin.Collectif Droits des Femmes 06
Premières signatures : ADN I Afccc I ATTAC 06 I le Centre LGBTQIA + Côte d’Azur I CGT Educ’action 06 I Le Collectif Queer I Les Culottées I Elles voient rouge I Ensemble!06 I Europe Écologie Les Verts 06 I FSU 06 I MRAP 06 I Le Mouvement de la Paix des Alpes Maritimes I NousToutes06 I Nice au Coeur I NPA 06 I PCF 06 I Planning Familial 06 I Parti de gauche I Rassemblement citoyen ViVA! I Solidaires 06 I UD CGT
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Guyane : Plus de 1000 personnes présentes à l’appel à la mobilisation des députés...
Il y avait du monde entre les colonnes qui portent les noms des milliers d’esclaves guyanais affranchis en 1848, pour assister au meeting des deux députés de Guyane. Ce samedi 16 septembre, plus de 1000 personnes ont répondu à l’appel de Jean-Victor Castor et Davy Rimane au jardin botanique de Cayenne.
Pour rappel, Jean-Victor Castor (candidat MDES) est un ancien secrétaire général du MDES et une ancienne figure de proue de l’UTG (Union des travailleurs guyanais) dans les années 1990-2000. Quant à Davy Rimane (candidat LFI), il fut porte-parole et signataire du KPLD (Kolektif pou Lagwiyann dékolé) en 2017 et secrétaire générale de l’UTG éclairage (EDF) jusqu’à son élection. Tous deux avaient reçu le soutien de Philippe Poutou au second tour en 2022, Castor était alors opposé à une candidate soutenue par Mélenchon, et Rimane s’opposait au député LREM sortant.
Pour une augmentation du budget de la Guyane
Depuis leur élection, c’est le troisième grand meeting organisé pour faire part à la population guyanaise des avancées et surtout des difficultés de leur exercice à l’Assemblée nationale. Pourtant jamais une telle affluence n’avait été observée. Ce meeting avait pour but de commencer à se préparer à une offensive contre l’État français dans la perspective du prochain vote du budget. Les députés veulent faire augmenter de manière significative la dotation au territoire guyanais afin de permettre le nécessaire rattrapage structurelle et économique dont le territoire souffre tant.
La création du CHU, qui devrait être opérationnel pour 2025 (engagement arraché lors d’une grève générale en 2020 durant la crise du covid) est l’occasion d’engager l’État dans la construction de nouveaux hôpitaux à Cayenne et Kourou. De même, l’essor démographique de la Guyane, qui a officiellement dépassé les 300 000 habitants, cette année, nécessite de nombreuses constructions scolaires en primaire comme dans le secondaire et un engagement de l’État à hauteur des besoins réels ! Enfin, notons la nécessité impérieuse de construire des routes pour désenclaver l’intérieur de la Guyane, afin de réduire la menace de rupture de continuité territoriale, comme nous le rappelle malheureusement la faillite d’Air Guyane, unique opérateur vers les communes enclavées !
Prime de vie chère et revendications politiques
L’augmentation du budget alloué à la Guyane pourrait permettre également de généraliser une prime de vie chère pour l’ensemble des travailleurEs du public et du privé. Actuellement seules les fonctionnaires, certains contractuelEs de la fonction publique ainsi que des salariéEs de secteurs clés comme le Centre spatial ou le port bénéficient d’une telle prime. Cette mesure permettrait à des milliers de travailleurs de gagner en « pouvoir de vie » comme l’a rappelé Davy Rimane. Le coût de la vie en Guyane est supérieur de 40 % à celui de la France, selon une récente étude de l’Insee.
D’autres revendications historiques telles que la rétrocession totale du foncier (95 % des 8 millions d’hectares en Guyane appartiennent à l’État) ou encore l’autonomie politique (le gouvernement français soufflant le chaud et le froid sur cette question pourtant inscrite dans les accords de Guyane de 2017) afin d’en finir avec la « mise sous cloche de la Guyane » comme l’a rappelé Jean-Victor Castor, ont été mises en avant. Sans qu’une date n’ait été à ce jour arrêtée, de prochaines rencontres devraient avoir lieux afin d’élaborer collectivement un cahier de revendications et d’enclencher la mobilisation et le rapport de forces face à l’État. Du côté des forces sociales, on peut noter l’alignement de l’UTG (principale centrale syndicale de Guyane) qui avait appelé à participer massivement au meeting. Difficile à ce stade de dire quelle tournure prendront les événements, mais l’initiative des députés guyanais est aussi originale qu’intéressante !
Affaire à suivre...Adriel Guilleau