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Actualités internationales... - Page 84

  • Ventes d’armes françaises et militarisme : un scandale d’État, un tabou même à gauche ?

    «Beaucoup de pays sont confrontés à cette situation : avoir livré des armes à d’autres pays alors que ces armes n’étaient pas censées être utilisées. » Ainsi s’exprimait, en février 2018, la ministre des Armées Florence Parly, questionnée sur France Inter à propos des ventes d’armes françaises à l’Arabie saoudite. Une réponse témoignant, selon certains, d’une mauvaise maîtrise des « éléments de langage » du gouvernement, mais qui révèle surtout le cynisme, pour ne pas dire le mépris, affiché par les autorités à l’égard de celles et ceux qui, chaque jour, sont mutilés ou tués par des armes « made in France ». Lorsque l’économie et la diplomatie s’en mêlent, il n’y a guère de place pour l’humanisme. Pour le plus grand bonheur des actionnaires des marchands de mort français que sont Thalès, Naval Group, Safran, Dassault Aviation, le CEA et Nexter.

    Marchands de mort

    Dans l’introduction de l’édition 2018 du « Rapport au Parlement sur les exportations d’armement de la France », la même Florence Parly écrivait : « Nos exportations de défense ont un rôle économique, bien sûr, mais elles comportent également une dimension stratégique centrale. Elles contribuent à tisser des liens avec nos partenaires, engagés, comme nous, dans la lutte contre le terrorisme et toutes les menaces auxquelles la France fait face. Créer une relation d’armement avec un pays, ce n’est pas seulement trouver de nouveaux clients, c’est également bâtir un partenariat fondé sur des impératifs stratégiques communs et sur la défense de nos intérêts de sécurité. » Et le moins que l’on puisse dire est que la France a su, au cours des dernières années, « tisser des liens » avec de plus en plus de « partenaires »… 

    Une mention toute particulière pour le quinquennat Hollande, avec une augmentation des exportations de 45 % entre 2011 et 2016, pour atteindre des records historiques qui placent la France sur le podium mondial des marchands de mort. Une politique assumée par Hollande, que l’on a pu voir déclarer sans ambages, dans le documentaire Mon pays fabrique des armes, réalisé par Anne Poiret : « Est-ce bien notre rôle de vendre des armes ? Oui, c’est notre rôle. Parce que si nous ne vendions pas un certain nombre de matériels, le risque c’est que d’autres le fassent à notre place. » Limpide. 

    Un sujet tabou ?

    L’actualité de ces dernières années a jeté une lumière crue sur cette politique, avec notamment la publication d’un rapport d’Amnesty International sur l’utilisation de matériel français, par la dictature militaire égyptienne, pour réprimer son opposition dans le sang, ainsi qu’avec la tragique situation humanitaire au Yémen, due à l’intervention militaire conduite par l’Arabie saoudite, friande de l’armement « made in France ». Le scandale international consécutif à l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en octobre 2018, qui avait conduit Angela Merkel à annoncer la « suspension » des livraisons d’armes allemandes à l’Arabie saoudite, fut l’occasion, pour certains journalistes, de questionner directement Macron à propos des ventes d’armes françaises. Réponse de l’intéressé : « Il ne faut pas tout confondre. » C’est tout ? C’est tout.

    Les exportations d’armement sont un véritable tabou en France, et l’on ne peut que se féliciter de constater que, grâce à l’action déterminée d’associations, d’ONG et de certains journalistes d’investigation, le voile soit peu à peu levé sur ce qui constitue rien de moins qu’un scandale d’État. Le « savoir-faire » français en matière d’armement contribue en effet grandement à maintenir des régimes autoritaires au pouvoir et à alimenter des guerres qui frappent des millions de civilEs. L’industrie de mort française est co-responsable de la descente aux enfers que connaissent des ensembles régionaux tout entiers, à l’image du Moyen-Orient vers lequel le « pays des droits de l’homme » exporte toujours plus de matériel militaire, en toute impunité. 

    Défendre le désarmement et la démilitarisation

    Et force est malheureusement de constater que du côté des forces politiques institutionnelles, c’est l’unanimisme qui l’emporte. Défense des « intérêts français », défense des groupes industriels, défense des emplois générés par l’industrie de l’armement : tous les arguments sont bons pour ne pas pointer les responsabilités de la France dans les conflits militaires de plus en plus nombreux aux quatre coins du monde. Quitte à verser parfois dans les postures les plus contradictoires, à l’instar de celle de Jean-Luc Mélenchon et de la FI qui, tout en dénonçant les exportations d’armes en Arabie saoudite, n’ont de cesse de saluer la bonne santé du complexe ­militaro-industriel français. 

    À l’opposé de toute apologie des industries d’armement français, de toute logique « bloc contre bloc » et de tout chauvinisme, il est urgent d’assumer des mots d’ordre défendant une perspective de désarmement et de démilitarisation. Cela commence par l’arrêt des exportations des engins de mort français et, au-delà, le démantèlement du complexe militaro-­industriel, avec, cela va sans dire, une reconversion industrielle qui pourrait notamment s’orienter vers le domaine de la transition énergétique (trains, métros, tramways, énergies renouvelables…). Soit une politique de désarmement unilatéral et général, qui implique également la destruction de la force de dissuasion nucléaire française et, sur le plan politique, la sortie de l’Otan et l’arrêt des interventions militaires françaises à l’étranger. Des revendications que d’aucuns jugeront radicales, mais qui ne représentent rien d’autre que le minimum pour mettre un terme à la fuite en avant militariste générée par un système capitaliste au sein duquel les guerres ne sont pas des accidents, mais des nécessités.

    Julien Salingue

  • 17 Octobre 1961: des dizaines d’années de déni et de mensonges organisés...

    Des réactions qui ne furent pas à la hauteur du massacre

    Le 18 octobre au matin, toute la presse évoque la manifestation des Algériens et la répression. La presse de droite, Le Parisien libéré, l’Aurore, Paris-Jour, reprennent la version officielle : « de violentes manifestations nord-africaines emmenées par des tueurs » qui auraient tiré sur les forces de police. Celles-ci n’auraient fait que riposter pour se défendre. Des policiers auraient même été blessés par balles, ce qui s’avérera faux. Paris-Jour écrit : « C’est inoui ! Pendant trois heures 20 000 Musulmans algériens ont été les maîtres absolus des rues de Paris ». La presse de gauche, L’Humanité et Libération, reste très prudente. L’Humanité dénonce les violences, sans parler de massacre ni de crime, et précise qu’elle ne peut pas en dire plus en raison de la censure. Le quotidien du PCF paraît en effet régulièrement avec des colonnes en blanc. France soir fait tout de même état de violences policières et Le Figaro de « violences à froid » dans les lieux où les Algériens ont été internés. Quand au journal Le Monde, il fait porter aux Algériens la responsabilité de ces événements sanglants : « C’est le terrorisme musulman qui porte la responsabilité de ces drames ». Le journal dirigé alors par Jacques Fauvet stigmatise « une contre-société FLN »1.

    Quant à la télévision, gérée alors d’une main de fer par l’ORTF2 et le pouvoir gaulliste, elle consacre deux minutes au sujet, en commençant par montrer… des vitrines brisées. On entrevoit à peine quelques violences et des files d’Algériens que la police fait monter dans des autobus. Jean-Pierre Elkabbach, alors jeune journaliste, soutient le couvre-feu.

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  • L’impérialisme et le colonialisme français sont encore bien vivants, à nous de les combattre !

    Macron sest fait depuis plusieurs années le roi dun double discours sur la position de la France dans le monde. Dun côté il prétend restituer des œuvres dart volées aux pays dAfrique et reconnait formellement la responsabilité de la France dans la colonisation. Mais, « en même temps », il multiplie les mesures racistes et colonialistes. Le « sommet Afrique-France » de Montpellier est un nouvel exemple de cette hypocrisie. Le NPA sera présent et manifestera lors du contre-sommet, avec son candidat Philippe Poutou.

    Macron maintient la dépendance financière des État africains

    La fin du Franc CFA a été annoncée. Celui-ci a permis jusqu’à aujourd’hui à la France de contrôler la monnaie de ses anciennes colonies dAfrique, de maintenir 50% des réserves de change des pays ouest-africains au Trésor français, de faciliter la vie financière des entreprises européennes en Afrique en termes dinvestissements et de vente de leurs produits.

    Face à la contestation contre le Franc CFA, une nouvelle monnaie est en préparation, lECO, mais elle permettra de maintenir la domination de la France et de ses multinationales (Bolloré, Total…) sur les économies africaines.

    De plus, la « dette » de lAfrique continue à se développer, elle a été multipliée par trois en 10 ans, les remboursements représentant le quart des revenus de nombreux pays, à tel point que même le FMI a recommandé la suspension du remboursement pour 77 pays pauvres, dont certains en Afrique.

    Il faut annuler la dette des États africains, maintes fois remboursée, et cest aux puissances coloniales de rembourser ce quelles ont pillé.

    La présence militaire maintenue

    Sous prétexte de guerre contre le terrorisme, la France maintient près de 9000 militaires en Afrique, sans compter les mercenaires, dont 5100 au Sahel dans le cadre de lopération Barkahne qui a coûté officiellement près dun milliard deuros. Et quand aujourd’hui Macron décide de réduire Barkhane, ce n’est que pour remplacer une partie de ses troupes par des troupes de pays africains sous contrôle de la France.

    Cette présence militaire permet à la France d’exercer un contrôle sur les relations entre les pays, de garder la possibilité dintervenir contre des régimes trop indépendants de sa domination ou contre des mouvements menaçant ses alliés dictateurs, au nom de la « lutte antiterroriste ».

    Nous réclamons le retrait de toutes les troupes françaises dAfrique. Leur présence fait partie du problème et non de la solution pour les peuples africains en quête d’émancipation.

    Politique coloniale en Afrique… et en France

    Le gouvernement vient de décider de limiter drastiquement les visas depuis le Maghreb, participant à la campagne xénophobe anti-immigréEs. Même le Figaro sinterroge : « Est-ce l'effet Zemmour sur la campagne présidentielle ? Emmanuel Macron, en tout cas, durcit singulièrement le ton sur limmigration. »

    Ce sont ainsi des familles qui peuvent restées séparées, des étudiantEs privéEs d’études, des victimes de la répression, de la crise climatique ou économique qui ne peuvent pas émigrer, et des échanges culturels, touristiques et scientifiques qui sont impossibles. Les frais dinscription des étudiantEs étrangerEs, ont été décuplés, passant à 2770 euros en licence là où les européenEs paient 170 euros, les extra-européenEs ne bénéficiant qui plus est pas de bourses.

    La liberté de circulation et dinstallation est pour nous la seule réponse à donner pour faciliter les échanges, supprimer le travail clandestin, la pauvreté et les trafics, reconstruire une solidarité entre celles et ceux den bas plutôt que la concurrence, permettre le développement des pays dominés.

    La politique coloniale a aussi un volet intérieur, avec les contrôles au faciès, les blessures et morts par des policiers, ainsi que les discours islamophobes qui ne sont certes pas une nouveauté mais perpétuent les rapports coloniaux entre l’État français et les étrangerEs et descendantEs d’immigréEs. Notre anticolonialisme est aussi un antiracisme !

  • Le fond de l’air est brun – Surenchères sur le dos des Maghrébins (communiqué unitaire)...

    La France réduit drastiquement les visas aux ressortissants du Maghreb, mettant à l’index une population déjà stigmatisée et « instaurant une citoyenneté à deux vitesses », selon un large ensemble d'organisations et partis. « Cette mesure est le signe d’une grave pollution du débat public, cherchant à imposer le thème de l’immigration pour escamoter les véritables questions liées à la justice sociale, la solidarité et l’égalité des droits. »

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  • Solidarité avec les peuples d’Afghanistan ! Accueil inconditionnel de tou·te·s les réfugié·e·s !

    Il n’aura fallu que quelques semaines aux Talibans pour prendre le contrôle des principales villes d’Afghanistan avant de pénétrer dans la capitale Kaboul et de faire tomber le gouvernement. 20 ans après le déclenchement de la guerre par les États-Unis et leurs alliés, l’échec de l’intervention impérialiste est patent, avec le retour au pouvoir de ceux que George W. Bush et consorts prétendaient avoir éliminés.

    Contrairement aux affirmations occidentales, les Talibans n’ont jamais disparu, et ont pu se réorganiser et prospérer sur fond de pauvreté, d’inégalités, d’État failli, de trafic d’opium, de corruption et de rejet de la présence militaire étrangère. L’Afghanistan est demeuré l’un des pays les plus pauvres de la planète (avec le 7e plus faible PIB par habitant au monde), et l’un des plus corrompus (parmi les dix derniers au classement de l’ONG Transparency International).

    20 ans de guerre en Afghanistan, c’est plus de 160.000 morts côté afghan, des centaines de milliers de blesséEs et d’exiléEs, et près de 4000 soldats occidentaux (majoritairement étatsuniens) tués. Les 2200 milliards de dollars dépensés en 20 ans par les États-Unis — soit plus de 300 millions par jour — pour assurer leur présence sur place et « former » les forces de sécurité du gouvernement afghan n’y auront rien changé : le président afghan est en fuite, la police et l’armée afghanes se sont effondrées et les Talibans règnent en maîtres à Kaboul. Une énième démonstration du fait que les interventions militaires impérialistes ne se font jamais dans l’intérêt des peuples, et que pour ces derniers elles font partie du problème et non de la solution.

    Les images de chaos et d’évacuation précipitée des ressortissants occidentaux donnent une idée des menaces qui pèsent aujourd’hui sur des centaines de milliers, voire des millions d’Afghan·e·s. Nous exprimons notre solidarité avec toute la population afghane, qui risque de vivre encore des années de guerre civile, et notamment avec toutes celles et tous ceux qui sont aujourd’hui dans le viseur du pouvoir ultra-réactionnaire des Talibans : journalistes, militant·e·s associatifs, syndicaux ou des droits humains, ainsi que toutes les femmes et les personnes LGBTI, dont la situation déjà dramatique risque de se dégrader encore un peu plus.

    Les pays occidentaux, dont la France qui fut présente militairement pendant 13 ans en Afghanistan, portent une lourde responsabilité dans la situation actuelle. Il est dès lors particulièrement insupportable d’entendre Macron évoquer les « flux migratoires » face auxquels il faudrait « se protéger » : un discours emprunté à l’extrême droite, qui souffle sur les braises du racisme et vise à transformer en menace des réfugié·e·s cherchant à fuir la guerre et la misère.

    La mise en scène, ces derniers jours, de l’accueil de quelques dizaines d’exilé·e·s afghans ne fait guère illusion : les frontières doivent être ouvertes, l’accueil doit être inconditionnel et la traque aux réfugié·e·s déjà présents sur le territoire doit cesser. Solidarité avec les peuples d’Afghanistan ! De l’air, ouvrez les frontières !

  • Assez de complicité avec le régime marocain, liberté pour Omar Radi et les prisonniers politiques au Maroc...

    Le NPA condamne fermement le verdict inique prononcé lundi 19 juillet par la cour d'appel de Casablanca à l'encontre des journalistes indépendants Omar Radi (6 ans de prison ferme, 19 000 euros d'amende) et Imad Stitou (1 an de prison dont 6 mois ferme, 2 000 euros d'amende), ce dernier étant passé du statut de témoin en faveur de Radi à accusé de complicité de crime. Journaliste militant dénonçant depuis longtemps l'accaparement des terres et la collusion entre milieux d'affaires et dirigeants politiques marocains, cofondateur du média indépendant The Desk, observateur et soutien du Hirak du Rif (un tweet en 2019 dénonçant les lourdes condamnations de 42 porte-voix de cette profonde révolte sociale lui avait déjà valu 4 mois de prison avec sursis pour « outrage à magistrat »), Radi était arbitrairement maintenu en détention provisoire depuis le 29 juillet 2020.

    Cette condamnation est d'autant plus scandaleuse qu'elle intervient le jour même des révélations sur « Pegasus », ce logiciel de la firme israélienne NSO utilisé par une douzaine de gouvernements autocratiques, dont celui du Maroc, pour surveiller leurs opposants, nationaux ou non. Or, comble de l'ignominie, Omar Radi, victime de cet espionnage en 2019 — comme l'avaient révélé en juin 2020 Amnesty international et le consortium de médias indépendants Forbidden Stories contre lesquels le Maroc porte plainte aujourd'hui — était accusé non seulement de « viol » mais d' « atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l'État » découlant de « financements étrangers en relation avec des services de renseignement » ! « L'espion c'est Pegasus ! » clamaient en marge de l'audience les soutiens de Radi qui affirme, au terme de ce qui n'est ni plus ni moins qu'un procès politique déguisé en simulacre de procès criminel de droit commun : « Le parquet est motivé par la vengeance et non par la quête de la vérité ».

    Cette condamnation s'inscrit dans le cadre d'une offensive judiciaire généralisée des autorités marocaines contre les militants du Hirak, des droits sociaux et de la liberté d'expression, contre des journalistes et des défenseurEs des droits humains, offensive qui recourt souvent au montage et à l'utilisation de chefs d'accusation à caractère sexuel comme le montre également la condamnation, quelques jours plus tôt, à 5 ans de prison pour « viol avec violence et séquestration » de l'ancien rédacteur en chef du quotidien Akhbar Al-Yaoum (aujourd'hui fermé), Soulaiman Raissouni, en grève de la faim depuis plus de 100 jours et dont la vie est aujourd'hui gravement menacée. Nous dénonçons la complicité constante et scandaleuse des autorités françaises avec le régime marocain, qui ne s’embarrasse ni de ses méthodes de barbouzes ni de l’étouffement des libertés.

    Le NPA exige la libération immédiate d'Omar, de Soulaiman, d'Imad et de tous les prisonniers politiques et d'opinion marocains, arbitrairement détenus au terme de procès entachés d'irrégularités, et appelle à amplifier la campagne de solidarité internationale en leur faveur.